Hygiénisme - Albert Mosseri

source : Kamaraimo
L'homme, le singe et le paradis - Albert Mosseri

L'hygiénisme

Permet la santé par une alimentation la plus adaptée à la physiologie humaine qui est celle des grands singes frugivores : voir tableau ci-dessous.

Ne préconise pas de remèdes, mais la recherche et suppression des causes grâce au jeûne, au repos, et à une activité physique quotidienne de plein air.

La Digestion :

  • La température des aliments doit être celle du corps : éviter les glaces.

  • La durée de la digestion varie entre 12 et 20 heures : laisser un minimum de 12h entre le dernier et le premier repas, 16h permet un jeûne quotidien.

  • Comment vérifier une bonne digestion : Urine et salive doivent être alcalines, les selles moulées, inodores, non salissantes, rapides, peu volumineuses, sans gaz, (plus besoin de papier toilette), absence de règles et accouchement sans douleur.

La bouche :

  • Le suc salivaire, alcalin, contient l'enzyme ptyaline qui digère l'amidon, appellé aussi farineux, sucres lents.

  • L'amidon dans les farineux crus est encapsulé dans une globule cellulosique qui empêche le suc de l'atteindre mais qui éclate à la chaleur. Il n'est pas besoin de faire cuire les fruits mûrs qui ne sont pas farineux sauf la banane ; seul les légumes moyennement farineux nécessite une mi-cuisson.

  •  La salive n'est présente qu'en petite quantité : éviter purées, bouillies, soupes épaissies, remplacées par une mi-cuisson à la vapeur douce ; bien mastiquer jusqu'à ce que les farineux soient doux, signe du début de transformation de l'amidon en sucre : la mastication augmente la production de salive qui peut ainsi poursuivre son rôle dans l'estomac.

  •  La ptyaline est détruite par l'acide : il n'existe pas d'aliments naturels présentant ce mélange acide/amidon sauf dans les fruits pas mûrs.

  • La ptyaline est bloquée par les sucres. Les rares éléments naturels présentant ce mélange amidon/sucre sont les patates douces (les papous vivent en excellente santé avec un régime de 90% de patates douce mi-cuites avec des pierres chaudes + 10% de fruits et verdures), les bananes (les africains les nomment plantains, les font toujours cuire, très mûres mais non alcoolisées), et la châtaigne.

L'estomac :

  • Les sucs gastriques ont un pH déterminé par le type d'aliments : éviter au mieux les mélanges.

  • Les protéines déclenchent l'enzyme pepsine dont le suc acide bloque la ptyaline, donc la digestion des farineux. Il semble que les farineux non digérés bloquent aussi de leur côté la pepsine. Les éléments naturels présentant le mélange protéines/amidon sont les semences : noix, céréales, légumineuses.

  • Les lipides déclenchent l'enzyme lipase dont le suc alcalin bloque la sécrétion de sucs gastriques donc retarde, voire bloque la digestion : éviter les graisses raffinées, chauffées. Il semblerait qu'un contenu acide bloque aussi de son côté la lipase. Il n'existe pas d'aliments naturels présentant ce mélange acide/gras.

  • Chez les enfants, l'enzyme rennine caille le lait. Pour les adultes, le remplacer par le yaourt appelé aussi lait caillé, keffir,... suivant l'ensemencement, à consommer avant qu'il ne s'acidifie trop.

Le duodénum :

        les sucs pancréatiques alcalins, aidés par la bile alcaline venue du foie, contiennent trois enzymes pour la digestion protéines, farineux et graisses : éviter les trop fortes acidités artificielles, préférer le citron au vinaigre.

Le jejunum :

        Ce suc intestinal alcalin contient des enzymes qui complètent la digestion des protéines, farineux et graisses. L'intestin a du mal à compenser un mauvais début de digestion : selles non moulées.

La flore intestinale :

Elle permet :
  • Le transit intestinal.
  • La synthèse des protéines.
  • Le métabolisme des sels biliaires.
  • L'absorption de l'eau et des ions.
  • La fabrication des vitamines (B12 ?)
  • Le renouvellement des cellules de la muqueuse intestinale.
  • L'immunité intestinale en tant que barrière contre les autres souches.

Il n'existe pas d'aliments naturels ou particuliers qui puissent fortifier la flore intestinale. La suppression des causes qui détruisent la flore intestinale devrait suffire à remettre les choses à leur place. Certains aliments sont éventuellement bénéfiques : les verdures pas trop lavées ainsi que le yaourt si on évite le caillage au citron qui n'entraine pas la multiplication de bactéries.

L'alimentation :

        les aliments non spécifiques à l'homme sont ceux trop concentrés en protéines : poisson, viande, lait, œufs, fruits de mer, noix, céréales, légumineuses (voir remarque sur l'uricase et le foie dans le tableau ci-dessous).

        les aliments spécifiques à l'homme sont ceux qui contiennent peu de protéines : les fruits qui contiennent des sucres et acides mais pas d'amidon (sauf les fruits pas mûrs et les bananes) et les légumes légèrement ou moyennement farineux, qui ne contiennent pas d'acide ni de sucre (sauf les patates douces et les châtaignes).

        jeûne quotidien à l'eau jusqu'à midi (détoxination).
        fruits de midi à la fin d'après-midi (maximum d'activité du corps).

        crudités et légumes mi-cuits le soir (si réveil durant la nuit, boire).

à éviter :

  • café (caféine), thé (théine), chocolat (théobromine).
  • sel (antibiotique).
  • épices, aromates : poivre, moutarde, piments, ail cru, oignon cru sans dégazage (hémorroïdes).
  • vinaigre (acide, alcool).
  • levures (champignons, purines).
  • blanc d'œuf (trop protéiné).
  • oseille, rhubarbe, asperge, épinards, tomate (acide oxalique, calculs rénaux).
  • betteraves crus (peuvent colorer selles et urines).
  • avocat (trop gras).

Tolérance :

  • huile d'olive vierge (non chauffée).
  • citron (les fruits les plus acides sont l'ananas et le citron).
  • tahin (crème de sésame meulé à basse température).
  • jaune d'œuf (moins protéiné que le blanc).
  • ail cuit, oignon cuit ou coupé en deux dégazé 24h (pour utiliser de suite hacher fin).
  • yaourt (ensemencement de bactéries bénéfiques à la flore intestinale).

Note concernant les fruits :

        la digestion du fruit requière d'abord la neutralisation de son acidité par les substances alcalines du corps (calcium, sodium, magnésium) puis le fruit bien digéré réapprovisionne le corps de plus de substances alcalines qu'il n'a été dépensé pour le digérer. Mais si le corps manque de substances alcalines, le fruit est mal digéré et acidifie le corps (préférer donc plus de légumes que de fruits en cas de soucis de santé).
        tous les fruits sont suffisamment dotés d'acide gras, y compris les acides gras essentiels (arachidonique, lénolélique et lénolaïque).

        la digestion est assez spécifique, il faudrait éviter tout mélange mais on peut mélanger tous les fruits ensemble (et aussi avec crudités et yaourt).

        le melon et la pastèque sont des cas à part : non acides, neutres, incompatibles avec tout car très aqueux, contiennent un sucre spécial très facilement digeste mais qui fermente très vite au moindre retard dans le transit.

        le sucre raffiné est incompatible avec le sucre des fruits.

        certaines pelures se retrouvent dans les selles, cela signifie qu'elles ne sont pas digérées, on peut donc enlever ou recracher les peaux que l'on aime pas (même si c'est l'endroit où il y a le plus de vitamines, normalement celles de la chair suffisent).

        liste des fruits secs doux : dattes séchées (naturelles en branches et non glucosées), figues séchées, abricots secs, raisins secs (non trempées dans la paraffine sinon les laver en les frottant), pommes séchées en tranche, poires séchées en tranche, pêches séchées, bananes séchées (celles qu'on vend sont excellentes mais manque de parfum car vieille de plusieurs mois : à faire soi- même à partir des archi-mûres à la peau noirâtre : les peler et les mettre au soleil et au vent), cerises séchées, pruneaux (à éviter, comme les prunes, car un peu laxatifs, expulsés par les intestins : ils contiennent en effet un acide que le foie n'arrive pas à oxyder). Préférer faire tremper certains fruits secs avant consommation (raisins, figues).

tableau d'anatomie et de physiologie comparée :

Carnivores
Omnivores
Herbivores
Singes anthropoïdes
Hommes
canal intestinal 3 fois la longueur du corps
canal intestinal 10 fois la longueur du corps canal intestinal 10 (variable) fois la longueur du corps canal intestinal 12 fois la longueur du corps canal intestinal 12 fois la longueur du corps
côlon lisse
canal intestinal lisse et convoluté
canal intestinal lisse et convoluté côlon convoluté
côlon convoluté
foie gros par rapport au corps (uricase*)

?

?
foie plus petit que les carnivores par rapport au corps foie plus petit que les carnivores par rapport au corps
estomac simple
cul de sac arrondi
estomac en 3 (des fois 4) compartiments
estomac avec duodenum (comme 2ème estomac)
estomac avec duodenum (comme 2ème estomac)
glandes salivaires petites
glandes salivaires bien développées
glandes salivaires bien développées glandes salivaires bien développées glandes salivaires bien développées
salive et urine acides
salive et urine acides
salive et urine alcaline
salive et urine alcaline ?
langue qui râpe
langue lisse
langue lisse langue lisse langue lisse
incisives peu développées
incisives très bien développées ?
incisives bien développées incisives bien développées
molaires pointues
molaires avec pli
?
molaires émoussées
molaires émoussées
formule dentaire :
5(8).1.6.1.5(8)
5(8).1.6.1.5(8)
formule dentaire :
8.1.2(3).1.8
8.1.2(3).1.8
formule dentaire :
6.0.0.6
6.1.6.1.6
formule dentaire :
5.1.4.1.5
5.1.4.1.5
formule dentaire :
5.1.4.1.5
5.1.4.1.5
placenta zoniforme
placenta non caduc
placenta non caduc
placenta discoïdal
placenta discoïdal
peau sans pores
peau avec pores
peau avec pores (sauf pachyderme comme éléphants)
millions de pores
millions de pores
vit de chair animal
vit de chair animal et de plantes
vit d'herbe et de plantes
vit de fruits et de verdure
?

*l'uricase est une enzyme  que possède certains animaux carnivores qui sert à la transformation de l'acide urique provenant du métabolisme protidique, en allantoïne, 250 fois plus soluble quand l'acide urique (action qui semble se passer dans le foie). On a pas découvert de sous produit de l'acide urique chez l'homme et les primates.


"Entrevue avec Albert Mosséri"

19 Novembre 2004, par Frédéric Patenaude

M. Mosséri, quel âge avez-vous et depuis combien de temps suivez-vous l’hygiénisme?

J’ai bientôt 80 ans, et je m’intéresse à l’hygiénisme depuis 60 ans, donc depuis l’âge de 20 ans. C’était en Égypte où je vivais à l’époque. J’ai commencé par faire des recherches, mais je n’ai pas trouvé tout de suite. J’ai dû lire tous les auteurs que je connais dans le monde entier, dans plusieurs langues, car je connais plusieurs langues, et je suis tombé finalement sur Shelton et Thompson, qui m’ont paru les plus sérieux. Au début j’avais adopté la naturopathie, mais j’ai abandonné la naturopathie parce qu’elle est à mis chemin entre la médecine et l’hygiénisme. J’ai commencé à publier des livres quand j’avais 20-24 ans. Et quand les événements politiques en Égypte n’étaient plus favorables, j’ai dû émigrer en France, où j’ai pratiqué l’hygiénisme dès le début.

Mais la pratique de l’hygiénisme tel que je la pratique actuellement elle est venue par étapes, de très nombreuses étapes. Parce que d’abord il faut chercher le bon régime, les bonnes idées, ce n’est pas facile à trouver, et quand on les a trouvées, les tentations extérieures et intérieures sont tellement fortes qu’on ne peut pas d’emblée les appliquer. Il faut des années et des années pour pouvoir pratiquer l’hygiénisme pur.

Vous avez fait une différence entre la naturopathie et l’hygiénisme. Quelle est cette différence ?

La différence est capitale. D’abord ce qui nous unis c’est que nous sommes contre les médicaments. Mais nous, les hygiénistes, nous disons qu’il faut supprimer la cause, comme ça les effets disparaissent. Alors que les naturopathes veulent utiliser des remèdes naturels, comme la phytothérapie, c’est-à-dire les plantes médicinales, et nous refusons tous ces remèdes naturels, même s’ils sont certainement moins nocifs que les médicaments.

Donc vous faites une différence à la base entre la médecine et l’hygiénisme, et ensuite entre l’hygiénisme et les autres thérapies naturelles. Quelle est donc la différence fondamentale entre la médecine et l’hygiénisme ?

La différence fondamentale est que la médecine, elle combat les symptômes avec des poisons, et elle ne combat pas la cause, d’ailleurs elle ne comprend rien à la cause. Et puis la médicine dit que l’alimentation n’a rien à voir avec la maladie — ce que nous contestons formellement.

Selon vous, quelle est l’alimentation naturelle ?

L’alimentation naturelle est celle qui se rapproche le plus de l’alimentation des grands primates — c’est-à-dire le gorille, le chimpanzé, l’orang-outang. C’est-à-dire, il n’y aura pas ou presque pas de produits animaux, ni viande, ni poisson, ni huîtres, ni fruits de mer, et il n’y aura pas non plus de céréales, parce que l’homme n’est pas un granivore. Shelton a publié le tableau d’anatomie et de physiologie comparées, que j’ai reproduit dans mon livre « La Nutrition Hygiéniste ». D’après ce tableau, qui a été proposé par les grands physiologistes du siècle passé, français, allemand, comme Cuvier, l’homme est frugivore. Il n’est pas carnivore, ni omnivore, ni granivore. Granivore c’est-à-dire qui mange des graines et des céréales. Les céréales comprennent le pain, les sandwichs, les galettes, les pâtes, etc.

Donc il reste les fruits, les légumes...

Il reste tous les fruits, tous les légumes, et les racines, comme les pommes de terres, les topinambours, les ignames.

Et les noix ?

Et les noix. Mais je ne suis pas d’accord avec Shelton quand il donne 120 à 200 grammes de noix par jour — je trouve cette quantité excessive. Alors moi je limite à 20 ou 30 grammes, et pour les athlètes peut-être 40 grammes.

Et vous avez observé beaucoup de problèmes avec les gens qui mangent plus de noix ?

Évidemment, les noix (en excès) sont indigestes. Elles causent des selles putrides, des gaz. La plupart des gens qui mangent trop de noix ont ces problèmes-là.

Mais à un moment donné vous les aviez complètement éliminées ?

Au départ j’en mangeais comme Shelton le réclamait, mais quand j’ai vu que c’était tellement excessif, je suis allé dans le sens contraire, avec le docteur Lovewisdom en Equateur. Et puis après, dans le doute, j’ai adopté une position médiane avec un peu de noix en quantités limitées. Et qui dit noix dit aussi crème de sésame (tahini), etc.

L’alimentation hygiéniste exclue aussi les épices, le sel...

Ah oui, il faut exclure complètement les épices, les aromates, la moutarde, le poivre, le sel, et le tabac, l’alcool, le vin.

Donc c’est un retour à l’alimentation la plus simple possible ?

Oui, la plus simple possible.Et il faut en plus de cela surveiller les émotions vives, c’est-à-dire les fortes émotions, comme le chagrin, la colère, les soucis — bien tout ça peut causer la maladie, même si votre régime est parfait.

Si quelqu’un tombe malade, que doit-il faire, selon l’hygiénisme ?

Si quelqu’un tombe malade, selon l’hygiénisme, il faut chercher la cause. Et une fois qu’on a découvert la cause, il faut l’écarter. Mais le malade lui-même tout seul n’est pas capable de trouver cette cause. Parfois il l’imagine qu’elle est causée sa maladie par une chose, alors que c’est une autre. Surtout qu’il y a des priorités. Il y a des causes qui sont secondaires, qu’il faut complètement ignorer, et il y a des causes qui sont capitales, qu’il faut écarter en priorité.

Par exemple ?

Les causes principales ça peut être la peur, un très mauvais régime, ça peut être des abus alimentaires, de l’alcool, du vin avec les repas. Quand on boit du vin avec un repas, cela fait fermenter tout le repas qui passe le lendemain dans les selles en état de putréfaction, avec des gaz.

Et les cause secondaires ?

Bien les causes qui ne sont pas tellement importantes. Lorsque qu’on mange du riz une fois tous les 10 jours, c’est pas grave. Même si on mange un tout petit bout de viande tous les 15 jours, c’est pas grave. Mais j’exclus le poisson, car le poisson se putréfie très vite. Même si on mange rarement du poisson, je considère que c’est très nocif. Et les fromages aussi, il faut les supprimer.

Donc toutes ces causes secondaires, comme manger de la viande aux 15 jours, ce ne sont pas des choses que vous recommandez, mais vous dites qu’à cette fréquence, ça ne causera pas la maladie ?

Oui, évidemment, il vaut mieux éviter tout cela. Mais je tiens compte de la nature humaine. Elle peut être tentée. La chair est faible, comme on dit.

Et une fois qu’on a trouvé les causes ?

Il faut les écarter, les supprimer, et ensuite, si c’est possible, entreprendre une cure de jeûne, en sautant un repas, ou un jour, ou plusieurs jours.

Vous avez eu un centre de jeûne pendant longtemps ?

Oui, j’ai eu un centre de jeûne qui a fonctionné pendant 30-40 ans. J’ai surveillé environ 4000 jeûneurs.

Est-ce que vous pourriez nous donner quelques exemples de guérisons qui ont été vraiment miraculeuses ?

De guérisons miraculeuses... bien j’ai eu un monsieur de 60 ans qui était sourd, et quand je donnais des causeries tous les soirs aux curistes qui étaient chez moi — il y en avait entre 15 et 20, il regardait les oiseaux, il regardait le ciel. Il ne m’écoutait pas, parce qu’il était sourd. Au bout de 20 jours de jeûne, il me regardait, il me posait des questions, sa surdité avait déjà disparu.

Et puis j’ai soigné aussi par téléphone il y a un an, une dame suisse, en Suisse, qui avait un ulcère à l’estomac. Elle a fait une cure de 15-20 jours de jeûne, et son ulcère s’est guéri complètement, et elle est en parfait état actuellement. Voilà deux exemples.

Et puis j’ai un autre exemple qui est vraiment le plus terrible qui soit. Il y a un an, j’ai eu un monsieur, de mes adeptes, qui avait laissé de côté le menu hygiéniste et toutes les idées hygiénistes, et qui avait mangé comme tout le monde, avec de la bière, avec de la viande, avec tout. Il a pris 30 kilos. Il pesait finalement 90 kilos. Et il a eu une jambe qui commençait à lui faire mal, il a été voir un médecin qui lui a fait un test médical qui s’appelle le doppler, et il lui a dit : « Monsieur, vous avez un caillot. Alors le caillot peut monter au cerveau et causer une paralysie, ou monter au coeur et vous serez mort en quelques minutes ». Alors il lui a donné des anti-coagulants et des médicaments pour liquéfier le sang. Lui qui était contre les médicaments, il savait plus quoi faire. Il ne pouvait pas marcher 2-3 mètres sans avoir de fortes douleurs dans la jambe. Alors, il m’a appelé, et il a accepté de suivre un jeûne. Je l’ai fait jeûné 32 jours, à l’eau, il a perdu 20 kilos, il a arrêté avec beaucoup de difficultés les anti-coagulants et le médicament qui doit liquéfier le sang. Je dis avec beaucoup de difficultés parce qu’il avait une peur bleue que je me trompe. Si je me trompe, alors c’est la mort pour lui. Il allait dans les bibliothèques consulter des livres médicaux, il a demandé à des médecins de lui faire plusieurs examens, l’un après l’autre, tous des dopplers, et dans les dopplers on voit sur un écrans, des images, des ombres, alors il faut vraiment être expérimenté pour comprendre exactement ces ombres-là et ne pas se tromper.Il avait peur que la doctoresse chez qui il faisait ses dopplers se trompe et ne trouve pas exactement si le caillot se trouve à l’endroit qu’elle avait précisé la fois d’avant. Alors, avec le temps, la doctoresse lui a dit, peut-être au bout de 5 examens, elle lui a dit « Votre caillot n’existe plus ».

Après le jeûne ?

Oui, après le jeûne. Ça ne l’a pas tranquillisé, parce qu’il avait toujours mal à cet endroit. Je lui ai dit, il faut patienter, ça va disparaître. En effet, le corps s’est rétabli, peu à peu, et actuellement il ne souffre plus de rien. Alors il m’a dit, textuellement, « Je suis condamné à suivre le menu hygiéniste. Je n’ai pas le choix ».

Vous avez connu beaucoup de gens qui essayaient de suivre le menu hygiéniste et qui sont revenu à la médecine dans des cas graves ?

Des gens qui suivent le menu hygiéniste à 100%, il n'y en a pas. Il y en a qui le suivent à 30%, 50%, ça varie selon les semaines et les mois. Alors une fois ils retombent avec la viande et le menu de tout le monde, ça les rend malades, ils comprennent, ils reviennent au menu hygiéniste —, ils vont et viennent plusieurs fois. La majorité des gens, c’est comme ça. C’est la nature humaine. Ce n’est pas blanc ou noir.

Mais avec le temps, les gens remarquent qu’il se sentent mal quand ils reviennent au menu traditionnel ?

Oui, les gens le comprennent, ils le comprennent très bien. Mais entre la compréhension et l’application, il y a une marche très très vaste. Très vaste. Les gens veulent appliquer le menu hygiéniste, mais le souvenir des mets anciens qu’ils ont aimés, les sauces, les macaronis, tout cela, ça leur reste dans l’esprit, et de temps et temps ils ont des envies, vous voyez ?

Et il y a aussi le doute de la médicine ?

Aussi. Ils me téléphonent, je remets leurs roses à l’heure, mais ce sont les tentations qui sont les plus mauvaises.

Vous vous êtes occupés de cas assez graves. Est-ce qu’il y a beaucoup de naturopathes qui s’occupent de cas comme ça ?

Non, les naturopathes ne s’occupent pas des cas graves. Ils s’en lavent les mains complètement. La naturopathie, en principe, c’est pour prévenir la maladie. On vous dira, ne fumez pas, ne buvez pas d’alcool, etc. Mais quand le cas est grave, il ne s’en occupe pas du tout, ils laissent le malade à la médecine.

Et vous vous occuper de ces cas-là ?

Oui, je m’occupe de tous les cas, sauf de très rares occasions, et d’ailleurs ils ne viennent pas chez moi. Quand c’est vraiment mortel, et très grave, ils ne s’adressent pas à moi.

Est-ce que vous croyez que l’hygiénisme fonctionne dans tous les cas ? Y a-t-il des cas où les médicaments sont utiles ?

99,9% des médicaments sont des poisons et sont complètement inutiles. Mais je dois avouer qu’il y a une fraction vraiment, vraiment minime, pour laquelle je donne certains médicaments, et pas dans les doses habituelles, et ni dans les durées habituelles.

Comme par exemple ?

Comme par exemple en cas de cystite. La cystite est une maladie où la personne, d’habitude une femme, parfois un homme, a les urines qui brûlent. C’est une inflammation de la vessie. Si la personne commence à faire un jeûne, au bout de 1-2 semaines, la cystite disparaît. Mais chez certaines personnes, la cystite ne disparaît pas au bout de 20 jours de jeûne. Alors je suis obligé de leur demander d’aller voir un médecin, de préférence naturopathe. Il va leur prescrire des antibiotiques. Ils doivent les acheter. Alors le médecin leur prescrit l’antibiotique pendant 10 jours. Je leur dis de ne les prendre que durant 1 jour ou deux seulement, et la moitié de la dose que le médecin a prescrite. Vous voyez ça fait une quantité vraiment minime, et j’ai des résultats excellents de cette façon.

Mais tout cela c’est des choses qu’on apprend avec l’expérience ?

Oui, il faut beaucoup d’expérience pour savoir tout cela.

Et comment voyez-vous l’avenir de l’hygiénisme ?

L’avenir... [rire] Je ne peux pas y penser, parce que la médicine est envahissante. Je ne suis pas tellement optimiste. Moi je travaille pour les individus, mais pour la population en général, je ne suis pas optimiste du tout. Parce que si vous ouvrez la télé, ou la radio, ou les journaux, il y a une publicité incroyable pour les médicaments et pour la médicine.

Et vous avez vu au cours des années beaucoup de nouveaux médicaments, de nouvelles maladies...

Oui, il y a actuellement la maladie d’Alzheimer, dans laquelle le malade ne se rappelle plus de rien. Alors j’ai beaucoup de difficulté à soigner ces malades. Le dernier qui s’est présenté avec sa femme, il était d’accord pour jeûner. Deux semaines après il avait oublié qu’il était d’accord. Alors on ne pouvait plus le faire jeûner.

Est-ce que vous croyez que c’est réversible ?

Oui, je suis certain qu’on peut guérir ces malades-là. Parce que si vous purifiez le sang, le cerveau est un organe, comme tous les organes, il a besoin d’être nourri de sang pur. Si le sang est impur, le cerveau va tourner de travers. Il ne pourra pas fonctionner normalement.

À part vous, y a-t-il d’autres praticiens hygiénistes en France ?

Y en a pas du tout. Il y en a un ou deux qui disent qui sont hygiéniste, mais ce n’est pas vrai, ils sont plutôt naturopathes. Ils utilisent des méthodes que l’hygiénisme réprouve, comme par exemple la bio-respiration, qui est vraiment très nocive pour la santé, comme les massages, comme la psychanalyse, etc.

Qu’est-ce qui fait que l’hygiénisme ne s’est pas aussi bien propagé en France ?

La France a des lois médicales qui sont vraiment dictatoriales. Les fabriques de produits pharmaceutiques sont vraiment des bêtes. On ne peut pas aller contre elles. C’est pour cela que l’hygiénisme ne peut pas se développer. J’ai eu des ennuis depuis un ans, exactement, des ennuis très graves avec les autorités médicales, qui m’ont défendu toute publicité pour les méthodes hygiénistes.

Depuis un an ?

Depuis un an et ça continue. Ça continuera jusqu’à la fin de mes jours. Je n’ai pas le droit de faire aucune annonce, aucune publicité pour les méthodes hygiénistes en général, c’est-à-dire mes livres. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’hygiénisme se développe ?

Vos livres ont quand même eu un certain impact ?

Très faible, en France.

Pourquoi dites-vous cela ?

Où voulez-vous que j’aille ? Je suis de culture française, quoique je ne sois pas français. Si j’étais en Angleterre, j’aurais beaucoup plus de liberté à pratiquer. Mais je ne suis pas de culture anglaise, quoique je parle l’anglais, mais pas parfaitement.

Les difficultés sont tellement fortes, que ça décourage n’importe qui de suivre la même voie, en France. Mais moi je vois qu’au Canada, quoique la population soit très très faible par rapport à la France, il y a beaucoup de maisons qui pratiquent le jeûne, il y a beaucoup de livres sur le jeûne, et ça m’a fait beaucoup plaisir.

Si vous pouviez résumer l’enseignement de l’hygiénisme en quelques phrases, comment le feriez-vous ?

En quelques mots, ça ne va pas couvrir toutes les idées. Il faut chercher à vivre une vie saine, et pour avoir la santé, on ne peut pas autrement que par la vie saine. Ni par les vaccins, ni par les médicaments, ni par aucun remède, il n'y a que la vie saine qui donne la santé. En anglais, ils disent, « Health by healthful living ». C’est beaucoup plus compact, et beaucoup plus correct, mais je n’arrive pas à le traduire en français d’une façon aussi compacte.

Pour rejoindre Albert Mosséri

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