Évaluation

Technologies éducatives

Le portfolio au primaire

963jours après
Le début de l'année scolaire 2011-2012

Mon modèle personnalisé de gestion de classe

Introduction

En tant que futures professionnelles de l’éducation, il est impératif de se questionner sur le sujet chaud qu’est la gestion de classe. Ce n’est pas une réalité nouvelle et plusieurs recherches abondent dans ce sujet. De nouvelles théories se développent au fil des ans et il faut s’arrêter afin de s’informer et de se questionner sur nos valeurs, nos croyances et notre vision de l’éducation. Pour ma part, c’est une réflexion de tous les jours. En consultant divers textes et les différents modèles, j’en suis arrivée à la conclusion que je n’adhère pas qu’à un seul modèle de gestion de classe, mais plutôt à quelques parties de plusieurs modèles. Je vous présenterai donc, dans un premier temps, le style d’enseignant auquel j’adhère. Par la suite, j’indiquerai comment traiter les comportements déviants pour, finalement, vous entretenir sur comment être un enseignant efficace dans sa pratique. Tous ces éléments forment, pour moi, un modèle de gestion de classe efficace à adopter. Vous constaterez que le style d’enseignant va beaucoup influencer la façon dont l’enseignant traitera les comportements déviants et, du même coup, comment l’enseignant sera efficace dans sa pratique.

 

 

Le style d’enseignant

Dans un premier temps, lorsqu’on parle de gestion de classe, on parle de plusieurs façons différentes de gérer sa classe. Un facteur important qui va grandement influencer la gestion de classe est le style d’enseignant. Chaque personne a sa propre personnalité. Cependant, dans le monde de l’enseignement, il est important d’apprendre à évoluer et améliorer sa façon de gérer sa classe. Plusieurs conseils peuvent aider les enseignants. Pour ma part, lorsque j’ai rempli le questionnaire paru dans la revue Vie Pédagogique[1], mon profil était centré sur la pédagogie. Selon M. Chouinard, ce type d’enseignant « appuie principalement sa pratique sur une bonne planification de l’enseignement qui est à la base d’une gestion efficace de la classe et qui encourage les élèves à se comporter de façon convenable »[2]. Je suis en accord avec ce principe. Selon moi, un enseignant qui planifie des activités significatives et motivantes pour ses élèves s’assure de diminuer les risques de mauvais comportements puisque les activités intéressent beaucoup les enfants. De plus, le fait de bien planifier permet à l’enseignant de penser aux imprévus et de prévoir des « plans B » advenant un imprévu.

 

De plus, je crois que, comme Kounin, qu’il est important que l’enseignant accepte de se remettre en question et comprenne qu’il a un rôle énorme à jouer dans la classe. Comme le mentionne Kounin, le comportement et les attitudes de l’enseignant peuvent influencer grandement le comportement des élèves. J’ai pu constater cette influence en stage. Il m’est arrivé d’avoir à enseigner une leçon qui me plaisait plus ou moins et mon comportement a sûrement influencé l’attitude morose des élèves. En prenant conscience de cela et en y faisant attention, l’enseignant peut facilement teinter la dynamique du groupe par sa propre conduite.

 

Finalement, un style d’enseignant à préconiser en salle de classe est le style démocratique. Dreikurs le décrit comme un enseignant qui salue ses élèves de façon individuelle. Ainsi, les enfants se sentent directement interpellés et se sentent inclus dans la classe. De plus, ce type d’enseignant va attendre d’avoir l’attention de tous avant de débuter, il est à l’écoute de ses élèves. Il prend le temps de s’arrêter et de regarder ses élèves quand ces derniers lui adressent la parole. On dit de lui qu’il n’est ni autocratique ni permissif; il se situe à mi-chemin. Cet enseignant est capable de faire respecter fermement les règles et applique les conséquences logiques lorsque ces dernières sont enfreintes. Un élément important est qu’il favorise la motivation intrinsèque des élèves et implique les élèves dans les décisions reliées à la classe. Les élèves sentent qu’ils ont leur mot à dire quant à l’environnement dans lequel ils évoluent. C’est un enseignant qui enseigne aux élèves qu’ils ont une certaine liberté et que chaque action entraîne des conséquences, positives ou négatives, auxquelles ils doivent faire face. Il mise beaucoup sur la compréhension des gestes posés. Je crois qu’il est possible d’accorder une place aux élèves dans les décisions et de leur enseigner le respect des règlements mis en place pour favoriser un bon climat de classe. L’élève est le premier concerné dans ses apprentissages, il est donc nécessaire qu’il puisse s’exprimer sur la classe et les règles. En impliquant les élèves, ceux-ci seront plus enclins à respecter des règles qu’ils auront eux-mêmes choisies et mises en place. L’élève se sentira important dans la classe et le sentiment d’appartenance s’en trouvera renforcé. Par contre, il ne faut pas oublier que l’enseignant, bien qu’il laisse beaucoup de place aux élèves, n’exerce aucune autorité. Au contraire, il est du devoir et de la responsabilité de l’enseignant d’exercer une autorité dans la classe. On parle ici d’encadrement, de structure et non pas de pouvoir abusif. Afin d’exercer une autorité saine, l’enseignant doit accepter de remettre ses actes en question et d’être souple dans sa façon de l’exercer. La souplesse implique que l’enseignant accepte son autorité et qu’il ait confiance en cette dernière. Un enseignant qui ne fait qu’appliquer un pouvoir coercitif favorisera les cas d’indiscipline, puisque ce genre d’autorité encourage la rébellion de la part de ceux qui la subissent. En gardant une autorité discrète, l’enseignant s’assure que les élèves se sentent sécurisés et ces derniers respecteront leur enseignant puisqu’ils sentiront que ce dernier est capable d’imposer des limites lorsque la situation l’exige.

 

 Traiter les comportements déviants

Dans un deuxième temps, dans la majorité des cas, ce qui nous vient en tête lorsque l’on parle de gestion de classe est la discipline appliquée par un enseignant dans sa salle de classe. Depuis l’intégration des élèves à troubles de comportement, les enseignants sont confrontés à de nouvelles réalités et ont à gérer des situations où les élèves ne se conforment pas et dépassent parfois les limites établies. Cependant, il existe des façons de réagir et d’intervenir qui peuvent favoriser une saine discipline en salle de classe plutôt que de se laisser aller à l’autoritarisme pur et à une guerre de pouvoirs. Tout d’abord, il est important de comprendre que les comportements déviants manifestés par les élèves ont une source profonde, une cause qu’il faut tenter de déceler afin de bien intervenir. Par exemple, j’adhère beaucoup à la théorie de Glasser[3] qui stipule que les élèves sont des êtres de besoins. Un élève qui fonctionne bien en classe est un élève qui sent que tous ses besoins sont comblés. À l’inverse, un élève qui démontre des comportements déviants est un élève qui a un ou des besoins non satisfaits. Il cherchera donc à les satisfaire, peu importe la façon dont il s’y prendra. J’adhère à cette théorie. En effet, plusieurs élèves qui n’ont pas déjeuné le matin peuvent présenter des troubles de comportement en classe parce qu’ils sont incapables de se concentrer. De la même façon, un élève qui vit avec des parents absents ou qui s’intéresse peu à lui tentera de trouver l’attention des adultes. Souvent, il obtient cette attention en se comportant difficilement à l’école. Il est du devoir des enseignants d’être à l’écoute de ses élèves et de déceler les besoins qui pourraient ne pas être comblés lorsqu’il y a présence de mauvais comportement en classe. Il ne sert à rien de punir le comportement sans en comprendre la source. On pourra empêcher le comportement de se reproduire lorsqu’on agira sur la source du problème. Par contre, il faut demeurer prudent et ne pas accepter ou excuser le comportement de l’enfant. L’enfant doit apprendre à exprimer ses besoins correctement et ne pas se servir des comportements déviants pour les combler.

 

De plus, Glasser propose de favoriser l’apprentissage coopératif en classe puisqu’il affirme que les élèves satisfont beaucoup mieux leurs besoins au contact des autres élèves. Tout comme Dreikurs, Glasser suggère de ne pas punir, mais de plutôt appliquer des conséquences logiques aux actes répréhensibles commis. Il faut également en discuter avec l’élève afin qu’il comprenne pourquoi il a cette conséquence et pourquoi son geste était répréhensible. C’est par la compréhension que l’on diminuera les comportements déviants.

 

Dans un autre ordre d’idées, l’enseignant doit porter attention aux types de consignes qu’il utilise en salle de classe. Des recherches ont démontré (Walker et Walker, 1994) qu’il existe deux types de consignes : alpha et bêta. Les premières sont adoptées dans une salle de classe puisqu’elle diminue les troubles de comportement chez les élèves. Ces consignes sont simples, claires et directes. Ainsi, l’élève se sent directement interpellé. On offre un temps de réponse raisonnable à l’élève afin d’effectuer ce qu’on lui a demandé. Il faut éviter les directives bêta qui sont confuses ou qui comportent trop d’information à la fois : l’élève ne s’y retrouve plus et ne sait plus ce qu’il doit faire. Ce type de consignes peut conduire les élèves à se désorganiser assez rapidement.

 

Finalement, lors des interventions, il est important de se rappeler qu’il y a plusieurs types d’intervention et qu’il faut trouver celle qui aura l’impact recherché dans une situation donnée. Comme le mentionne Redl et Wineman[4], plusieurs questions sont à se poser telles que « Quelle motivation sous-tend le comportement déviant? », « Le comportement déviant est-il relié de quelque façon à une intervention avec moi? », etc. Une fois que l’enseignant s’est questionné, il peut maintenant se diriger vers les 18 techniques proposées par Redl. Ce dernier les divise en quatre blocs principaux : l’incitation à la maîtrise de soi, l’aide opportune, l’évaluation de la réalité et l’application du principe du plaisir et de la douleur. Pour chacun des blocs, Redl propose des techniques précises qui sont efficaces lorsqu’elles sont appliquées au bon moment et aux bonnes situations. Il est aisé de comprendre que l’on n’appliquera pas la technique de l’ignorance intentionnelle à un élève qui vit le rejet de ses pairs. Comme Glasser stipule que les élèves ont des besoins, il faut trouver la cause des mauvais comportements afin de bien intervenir et d’éviter que les comportements ne deviennent récurrents. En plus de proposer 18 techniques d’intervention, Redl indique également dans quels contextes elles sont indiquées à être utilisées et dans quels autres contextes elles sont contre-indiquées. Si l’enseignant applique ces principes correctement, il deviendra encore plus facile de garder une bonne discipline et un bon climat de classe. Les élèves sauront clairement que leurs actions ont des impacts et que dans le cas où ils décident d’adopter des comportements déviants, l’enseignant interviendra. Ce genre d’attitude et de discipline est très sécurisant pour des enfants. Les élèves ont besoin de se sentir encadrés et dirigés et de savoir que les comportements irréprochables ne seront pas banalisés. En favorisant les techniques de Redl et en appliquant la théorie de Glasser dans laquelle on explique aux élèves pourquoi le comportement était inacceptable et la conséquence logique, les élèves comprendront et seront moins enclins à reproduire ces types de comportement.

 

 

Être un enseignant efficace

Dans un dernier temps, il faut garder à l’esprit que la planification et la discipline ne sont que deux éléments d’une gestion de classe efficace. Afin d’être entièrement efficace, l’enseignant doit également veiller à se questionner et à se remettre en question constamment lors de son évolution dans la profession. En effet, comme le mentionne St-Arnaud (2003), l’enseignant « apprend à partir de sa pratique »[5]. Effectivement, je le vis en stage, un enseignant qui accepte de s’arrêter de regarder son enseignement et sa façon d’enseigner ou d’intervenir, grandira et évoluera. La maxime dit que l’on apprend de ses erreurs. C’est en acceptant de se remettre en question que l’enseignant prendra conscience des éléments qui ont fait qu’une leçon a bien fonctionné, qu’une intervention a atteint le but recherché ou, à l’inverse, il pourra comprendre pourquoi une intervention n’a pas fonctionné et pourra se réajuster pour des situations ultérieures. Pour aller plus loin, Schön (1994 : 178) amène aussi la dimension de « communauté d’apprentissage professionnelle et efficace »[6]. En effet, l’enseignant peut apprendre sur lui-même en pratiquant la pratique réflexive, mais il peut également apprendre en conversant avec des collègues sur la pédagogie, les élèves et l’apprentissage. Cette communauté procurera un soutien externe à l’enseignant et lui permettra d’obtenir des ressources et des stratégies auxquelles ils n’auraient pas nécessairement pensé par lui-même. Ainsi, la responsabilité de l’efficacité professionnelle ne reposera pas seulement sur l’enseignant, mais sur tous les agents éducatifs du milieu qui se soutiendront afin d’atteindre les buts éducatifs visés. En acceptant de se questionner sur sa pratique, l’enseignant sera gagnant, mais ce sont surtout les élèves qui en ressortiront grands gagnants puisque leur enseignant sera à l’affût d’améliorations dans son enseignement. Ce type de pratique ne peut qu’avoir de résultats bénéfiques pour l’ensemble de la communauté éducative.

 

 

Conclusion

À la lumière des éléments soulignés dans ce présent travail, je ne prétends pas avoir présenté le modèle de gestion de classe le plus efficace. Cependant, il est aisé de discerner des modèles de gestion à prioriser dans une salle de classe. Plusieurs recherches ont démontré qu’une bonne planification ainsi que des activités signifiantes pour les élèves permettaient de diminuer les mauvais comportements. De plus, le climat de classe est sensiblement plus propice aux apprentissages lorsque l’enseignant implique les élèves dans les décisions importantes. Les recherches ont également démontré que les comportements déviants avaient tous une source profonde et qu’il faut intervenir sur ces causes afin d’être efficaces et d’éviter que ces comportements indésirables ne se reproduisent. Finalement, un enseignant qui accepte de remettre en question son enseignement verra ce dernier amélioré et en fera bénéficier les élèves qui passeront dans sa classe. À la lumière de tout cela, il n’en tient qu’aux professionnels de l’éducation de se questionner à savoir quel genre de climat de classe ils souhaitent avoir, et d’y appliquer les interventions pour arriver à leurs buts. Il faut que les enseignants trouvent le modèle de gestion qui les rejoigne dans leurs croyances et leur personnalité tout en gardant en tête le bien-être des élèves. Les recherches continueront et d’autres modèles verront le jour. Il est du devoir des enseignants de se tenir à jour de se tenir informés afin de trouver de nouvelles stratégies et de nouvelles ressources afin d’améliorer leur gestion. C’est un défi et une responsabilité que je m’engage à  relever en tant que future professionnelle de l’éducation…


 

Bibliographie

 

Chouinard, R. (2001) Les pratiques en gestion de classe : une affaire de profil personnel   

et de réflexivité, Vie Pédagogique, 119, 25-27

 

École et comportement, page consultée le 8 avril 2010, [En ligne], Adresse URL :

http://www.ecolecomportement.com/trucs1.html

 

Schwanen, C. (2010), PED2083 Gestion de classe et efficacité professionnelle, Notes de  

cours, Université du Québec en Outaouais, diapositives 33 à 60



[1] Chouinard, R. (2001) Les pratiques en gestion de classe : une affaire de profil personnel et de réflexivité, Vie Pédagogique, 119, 25-27

[2] Ibid.

[3] Schwanen, C. (2010), PED2083 Gestion de classe et efficacité professionnelle, Notes de cours :Révision de différents modèles de gestion de classe, Université du Québec en Outaouais, diapositives 33 à 60

[4] Schwanen, C. (2010), PED2083 Gestion de classe et efficacité professionnelle, Notes de cours :L’intervention en classe, outil d’efficacité professionnelle, Université du Québec en Outaouais, diapositives 41 à 67

 

[5] Schwanen, C. (2010), PED2083 Gestion de classe et efficacité professionnelle, Notes de cours :Les définitions globales et spécifiques à la profession enseignante, Université du Québec en Outaouais, diapositives 23 à 30

 

[6] Schwanen, C. (2010), PED2083 Gestion de classe et efficacité professionnelle, Notes de cours :Les définitions globales et spécifiques à la profession enseignante, Université du Québec en Outaouais, diapositives 4-5

 

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