La recherche de l'alimentation idéale est une gageure pour les propriétaires soucieux de la santé de leurs rats domestiques. L'une des questions les plus courantes se situe au niveau du taux idéal de protéines dans la nourriture. Il n'existe malheureusement pas une réponse unique et parfaite convenant à toutes les situations. Cependant, voyons ensemble quelques éléments de réflexion.
Nous noterons que les taux de protéines peuvent varier tout au long de la vie du rat, en fonction de ses besoins (croissance, gestation, vieillesse...).
Chez de jeunes sujets en pleine période de croissance (des "ratons"), une nourriture faible en protéines peut avoir un impact durable. En premier lieu, des jeunes femelles nourries dès le sevrage alimentaire aux extrudés (ou pellets) à 10% de protéines ont présenté des retards dans le cycle œstral ainsi que des chaleurs irrégulières toute leur vie. De même, une femelle gestante nourrie en faibles taux de protéines mettra au monde des bébés significativement plus petits et pouvant présenter une intolérance au glucose (6% de protéines), ou présentant des retards de croissance intra-utérins (9% de protéines). Il a aussi été démontré lors de plusieurs études une sensibilité à l'hypertension artérielle chez les bébés issus de femelles nourries à 6 et 9% de protéines. De même la malnutrition protéique entraînerait une diminution de la vitesse de renouvellement des cellules épithéliales de l'intestin (Deo et Ramalingaswami, 1965).
Cependant, il est important de noter que certaines situations nécessitent une restriction protéique. C'est le cas des rats atteints d'urémie: une alimentation à 8% de protéines leur est bénéfique.
Il est intéressant de noter que le taux de protéines n'a pas d'influence significative sur le poids corporel des rats lorsqu'ils sont très jeunes, et donc présentant une croissance rapide. Ainsi, des ratons nourris avec un taux de protéines atteignant 27% n'ont pas présenté une masse corporelle plus importante que ceux nourris à 10 ou 18%. Cependant, une fois la fin du pic de croissance survenu, les rats nourris avec des taux élevés commencent à développer de la graisse. Bien évidemment, le surpoids et l'obésité sont les risques principaux d'une nourriture trop riche en protéines. Dans un second temps, les rats nourris avec une alimentation hyper-protéinée encourent bien plus de risques de problèmes rénaux.
Si une alimentation faible en protéines encourt au rat le risque de tumeurs tissulaires (avec un taux de malignité de la tumeur directement corrélée à la privation en protéines), et une alimentation riche en protéines encourant plutôt les tumeurs de la vessie, l'alimentation entre 14 et 18% de protéines ne protège par pour autant des risques tumoraux. On notera pour ce type d'alimentation la prévalence des tumeurs hypophysaires ou thyroïdiennes.
Nous pouvons constater que, comme pour tout, les protéines sont bonnes pour le rat à juste dose. Une diminution importante comme une augmentation importante de ces taux peut avoir des effets néfastes sur la santé du rat à long terme. Toutes les études estiment comme étant un taux normal une nourriture située entre 14 et 18% de protéines.
Quelque soit le taux de protéines que vous choisissez pour vos rats, sachez qu'il aura une incidence importante dans sa vie, y compris sur les médicaments que vous lui donnerez ! Par exemple, la strychnine est toxique si elle est donnée à un rat nourri avec un régime à faible teneur en protéines !
Il est cependant intéressant de souligner que le type de protéines donné affecte aussi l'apport reçu par le rat ! Ainsi, la caséine n'a pas exactement les mêmes incidences que la protéine de soja ou le blanc d’œuf ! Ainsi, à tire d'exemple, pour l'alimentation dite "d'entretien" (rat adulte sain non reproducteur), la protéine de soja nécessite d'être 1,5 fois plus élevée pour couvrir les besoins des animaux.
Enfin, notons que la qualité de la source protéique est aussi très importante. Théoriquement, une ration alimentaire d'entretien chez un rat non reproducteur de plus de 6 mois pourrait être uniquement de 5%... si, et seulement si la source de protéines est naturelle et de très haute qualité ! Ce qui n'est évidemment pas concevable dans les rations alimentaires actuelles ou les extrudés et pellets que nous donnons à nos animaux.
Sources:
"Effect of protein nutrition on growth and life span in the rat"
"A low-protein diet protects uremic rats against the negative sequelae of metabolic acidosis"
"Increased systolic blood pressure in adult rats induced by fetal exposure to maternal low protein diets"
"Nephron number in the offspring of rats fed a low protein diet during pregnancy"
"Effect of type of protein on food intake of rats fed high protein diets"
"High-protein diets and renal status in rats"
"Influence of protein under and overnutrition on spontaneous tumor prevalence in the rat"
"Altered glucose tolerance in rats exposed to maternal low protein diets in utero"
"Toxicity and metabolism of drugs in relation to dietary protein"
"Nutrient Requirements of Laboratory Animals"