Plan de reproduction chez Les Voleurs de Miettes et objectifs


 Les origines

Le travail du type Husky

Inutile de s'étendre sur l'origine de ma passion du Husky, je pense l'avoir déjà traité dans de nombreuses pages ! Disons simplement pour résumer que Les Voleurs de Miettes a été créé pour travailler le Husky depuis ses débuts en 2008 et n'a jamais dévié de cet objectif. Ce n'est pas demain que ça changera ^^

Le travail en "optimum de consanguinité"

La consanguinité a toujours été un sujet de réflexion pour moi. Il s'agit peut-être d'un des sujets que j'ai le plus potassé, avec toujours cette impression de n'y rien comprendre, d'être imperméable au sujet et à ses arguments. La consanguinité m'a longtemps donné le sentiment d'être complètement idiote: tant d'élevages d'animaux la pratiquent depuis la nuit des temps, alors pourquoi suis-je si puritaine sur le sujet ? 
Mais loin d'un anthropomorphisme obscur, les causes de ma mésentente avec la consanguinité possède des origines plus rationnelles. 
A l'exception de la création d'un nouveau type et sa "multiplication", je ne comprend pas l'intérêt de faire courir des risques potentiels importants à des animaux. A mes yeux, la consanguinité n'apporte rien: elle fait ressortir certaines tares mais ne les élimine pas... faudrait-il encore pouvoir le faire ! Pire encore: elle encourt le risque de dépression de consanguinité
Mais alors, si tu ne trouve pas d’intérêt à la consanguinité, pourquoi proposer un plan en "optimum de consanguinité", me direz-vous ? 
Nous allons voir que le plan nécessite un taux de consanguinité vraiment minimal ! Le taux idéal de consanguinité de mon plan étant de 0,78% ! 

 Le plan


Merci Ron pour la mise en page !

 Les objectifs du projet

Le but du projet est multiple: améliorer la longévité, la fertilité et le type Husky (qui reste mon travail principal) dans ma famille.

L'optimum de consanguinité

Le déclic de ce projet est dû à une étude Islandaise. Grâce à l'étonnante base de données généalogiques Islandaise, des chercheurs ont pu établir que les cousins au 3e degré se reproduisant ensemble engendraient plus d'enfants avec une meilleure santé, et que ces derniers engendraient aussi plus d'enfants à leur tour. Ces données ont été comparées avec des couples à consanguinité plus élevée, et des couples sans consanguinité du tout, dont les statistiques sont moins bonnes. 
J'ai croisé ces informations avec d'autres sources, y compris provenant de l'élevage bovin et caprin. L'élevage bovin préconise de rester sous le seuil des 3,12% de consanguinité: seuil permettant de limiter les risques dûs à la consanguinité tout en augmentant les qualités d'élevage. En d'autres termes, permettre à la balance bénéfices/risques de pencher en faveur de cette première. 
Une autre source m'a permis de confirmer ces deux précédentes, en utilisant le terme "d'hybridation optimale". Un taux de consanguinité minime permettrait de minimiser les risques dûs à la dépression de consanguinité, mais aussi minimiser ceux dûs à la dépression hybride mal connue. 
Enfin, il peut être intéressant de noter une dernière source: une étude effectuée sur des plantes et prouvant qu'un faible taux de consanguinité permettrait de travailler efficacement un trait physique. Cependant, il s'agit de plantes et non d'animaux... Mais la consanguinité étant plus efficace sur les caractères qualitatifs (dont les traits physiques), nous pouvons donc supposer que cette étude pourrait être applicable aux animaux et cela me permettrait d'obtenir des résultats concernant le type Husky. 
Comme il semble que chaque espèce animale possède son propre taux d'optimum de consanguinité, nous allons tenter des reproductions à plusieurs taux de consanguinité variés, sans jamais dépasser la barrière des 3,12%. 
Bien sûr, il n'est pas certain que notre plan obtienne les effets escomptés car tout cela n'est actuellement que théorie pour les rats. 
Note: toutes les sources dont je parle ici sont citées au dernier chapitre de cette page. 

La sélection des reproducteurs au regard du type Husky

Bien entendu, la sélection des reproducteurs s’effectuera en priorité sur les critères de santé et de caractère. 
Cependant, l'objectif étant de travailler sur le type Husky, nous recherchons aussi à obtenir des résultats dans ce sens. Ainsi, la sélection sera effectuée différemment sur la branche débutant par ETR No Way et sur celle débutant par IKR Aliacensis. 
Sur la branche de ETR No Way, nous sélectionnons les Husky ayant déteint le moins possible pour être reproducteurs de la génération suivante. Nous voudrions ainsi contrôler la déteinte inhérente au type Husky. Sur la branche de IKR Aliacensis, grâce à la naissance (entre autres) de LVM Mademoiselle Noir, nous allons tenter de vérifier la "malléabilité" du Husky en fonction des marquages. L'objectif est de croiser à chaque génération des rats Husky avec des rats Unis ou Irish porteurs Husky. Nous aimerions savoir si cette méthode permet l'obtention de Husky Self: des Husky sans le ventre blanc ! 

 Les points forts et les points faibles du plan

Points forts

Tel quel, le plan court jusque fin 2018. Je n'ai pas jugé utile de le continuer indéfiniment: il est important de voir les effets obtenus avec ces premiers croisements avant d'envisager une suite. Le plan propose 4 croisements en consanguinité (seuil de 3,12% respecté). Comme les résultats doivent pouvoir être visibles sur les enfants et même les petits-enfants de ces couples, nous avons la possibilité d'analyser si oui ou non les effets attendus seront observés. 
Tous les rats nécessaires au plan sont ou seront à la raterie: il nous est donc possible de tourner en vase clos pendant plus de deux ans. Ainsi, si les effets escomptés ne se présentent finalement pas, le plan aura au moins eu l'avantage de tester la famille avec un petit peu de consanguinité et surtout d'avoir grandement facilité la recherche de bons reproducteurs pendant un moment (tous les rats naissant chez moi et ayant confiance dans mes propres suivis...).
Je pense que la bonne santé générale de la famille me permet d'envisager cette consanguinité (suivi visible ici). 
Enfin, le dernier point fort (mais non le moindre), tous les éleveurs dont les rats sont concernés par ce plan m'ont donné leur autorisation et m'ont accordé leur confiance, ce dont je ne peux être que reconnaissante. 

Points faibles

Le plan a déjà changé une fois en novembre 2016, suite au retrait de la reproduction de l'un des rats mâles qui était prévu. Prévoir des plans sur le long terme est un défi intéressant, mais comporte aussi des risques ! 
Le second point faible est la présence inopinée du Pearl dans les gènes d'une branche de la famille (celle de ETR No Way issue de Suède, ayant donné une petite-fille Pearl, LVM Fizzgig). Le Pearl étant létal en homozygote, je dois réfléchir à mes croisements en ce sens. 

 Les sources

"Les comportements pré et post-copulatoires d'évitement de la consanguinité", par Anna Chuine
"Biological basis of the third-cousin crush", "Science" de juin 2008
"Reportage sur l'éleveur et vétérinaire Jean-Marc Van Heule", "Wallonie Élevages" n°12
"Faites des enfants avec vos cousins", "DirtyBiology" n°14
"Evolution of advantageous alleles affecting population ecological characteristics in partially inbreeding populations" par Christian Damgaard