Plan de reproduction chez Les Voleurs de Miettes et objectifs


 Les origines

Le travail du type Husky

Les Voleurs de Miettes a été créé pour travailler le Husky depuis ses débuts en 2008 et n'a jamais dévié de cet objectif. Il est possible de consulter notre page "Zoom sur le Husky" qui décrit le Husky ainsi que les méthodes de travail. 

Le travail en "optimum de consanguinité"

La consanguinité a toujours été un sujet de réflexion pour nous. Il s'agit peut-être d'un des sujets que nous avons le plus étudié, avec toujours cette impression de n'y rien comprendre, d'être imperméable au sujet et à ses arguments. 
Mais alors, si tu ne trouve pas d’intérêt à la consanguinité, pourquoi proposer un plan en "optimum de consanguinité", me direz-vous ? 
Nous allons voir que le plan nécessite un taux de consanguinité vraiment minime, qui nous a paru acceptable selon la balance bénéfices/risques.

 Le plan



 Les objectifs du projet

Le but du projet est multiple: améliorer la longévité, la fertilité et le type Husky (qui reste notre travail principal) dans la famille LVM.

L'optimum de consanguinité

Le déclic de ce projet est dû à une étude Islandaise. Grâce à l'étonnante base de données généalogiques Islandaise, des chercheurs ont pu établir que les cousins au 3e degré se reproduisant ensemble engendraient plus d'enfants avec une meilleure santé, et que ces derniers engendraient aussi plus d'enfants à leur tour. Ces données ont été comparées avec des couples à consanguinité plus élevée, et des couples sans consanguinité du tout, dont les statistiques sont moins bonnes. 
Nous avons croisé ces informations avec d'autres sources, y compris provenant de l'élevage bovin et caprin. L'élevage bovin préconise de rester sous le seuil des 3,12% de consanguinité: seuil permettant de limiter les risques dus à la consanguinité tout en augmentant les qualités d'élevage. En d'autres termes, permettre à la balance bénéfices/risques de pencher en faveur de cette première. 
Une autre source nous a permis de confirmer ces deux précédentes, en utilisant le terme "d'hybridation optimale". Un taux de consanguinité minime permettrait de minimiser les risques dus à la dépression de consanguinité, mais aussi minimiser ceux dus à la dépression hybride, encore mal connue. 
Enfin, il peut être intéressant de noter une dernière source: une étude effectuée sur des plantes et prouvant qu'un faible taux de consanguinité permettrait de travailler efficacement un trait physique. Cependant, il s'agit de plantes et non d'animaux... Mais la consanguinité étant plus efficace sur les caractères qualitatifs (dont les traits physiques), nous pouvons donc supposer que cette étude pourrait être applicable aux animaux. Cela nous permettrait potentiellement d'obtenir des résultats concernant le type Husky. 
Comme il semble que chaque espèce animale possède son propre taux d'optimum de consanguinité, nous allons tenter des reproductions à plusieurs taux de consanguinité variés, sans jamais dépasser la barrière des 5%. 
Bien sûr, il n'est pas certain que notre plan obtienne les effets escomptés car tout cela n'est actuellement que théorie. Des calculs statistiques, des comparaisons et un suivi sérieux sont donc de mise. 
Note: toutes les sources dont je parle ici sont citées au dernier chapitre de cette page. 

La sélection des reproducteurs au regard du type Husky

Bien entendu, la sélection des reproducteurs s’effectuera en priorité sur les critères de santé et de caractère. 
Cependant, l'objectif étant de travailler sur le type Husky, nous recherchons aussi à obtenir des résultats dans ce sens. Ainsi, la sélection sera effectuée différemment sur la branche débutant par ETR No Way et sur celle débutant par IKR Aliacensis. 
Sur la branche de ETR No Way, nous sélectionnons les Husky promettant de déteindre le moins possible pour être reproducteurs de la génération suivante. Nous voudrions ainsi contrôler la déteinte inhérente au type Husky. Sur la branche de IKR Aliacensis, grâce à la naissance (entre autres) de LVM Mademoiselle Noir, nous allons tenter d'obtenir des Husky à la couleur la plus étendue possible. L'objectif est de croiser à chaque génération des rats Husky avec des rats Unis ou Irish porteurs Husky. Nous aimerions savoir si nous pourrions obtenir des "Husky Self": des Husky sans le ventre blanc ! 

La sélection des reproducteurs selon d'autres critères

D'autres critères que le type sont importants à nos yeux: la morphologie (en particulier celle de la tête), mais aussi la fertilité et les capacités maternelles des femelles. Nous avons une famille fertile dont les saillies fonctionnent du premier coup pour donner une moyenne de 14 bébés par portée (chiffres d'avril 2018), et nous tenons à conserver ces statistiques. Pour ce faire, le travail en optimum de consanguinité semble adapté puisqu'il serait garant d'une meilleure fertilité. 

 Les points forts et les points faibles du plan

Points forts

Tel quel, le plan court jusque fin 2020. Il est important de voir les effets obtenus avec les premiers croisements avant d'envisager une suite. Le plan propose plusieurs croisements en très légère consanguinité. 
Comme les résultats doivent pouvoir être visibles sur les enfants et même les petits-enfants de ces couples, nous avons la possibilité d'analyser si oui ou non les effets attendus seront observés, sur du long terme. 
Tous les rats nécessaires au plan sont ou seront à la raterie: il nous est donc possible de tourner en vase clos pendant de nombreuses saillies. Ainsi, si les effets escomptés ne se présentent finalement pas, le plan aura au moins eu l'avantage de tester la famille avec un petit peu de consanguinité et surtout d'avoir grandement facilité la recherche de reproducteurs pendant un moment.
Nous pensons que la bonne santé générale de la famille nous permet d'envisager cette consanguinité (suivi visible ici). 
Enfin, le dernier point fort (mais non le moindre), tous les éleveurs dont les rats sont concernés par ce plan ont donné leur autorisation et nous ont accordé leur confiance, ce dont nous ne pouvons être que reconnaissants. 

Points faibles

Le plan a déjà changé plusieurs fois depuis sa création, suite au retrait de la reproduction de certains rats prévus. Prévoir des plans sur le long terme est un défi intéressant, mais comporte aussi des risques ! 
Le second point faible est la présence inopinée du Pearl dans les gènes d'une branche de la famille (celle de ETR No Way issue de Suède, ayant donné une petite-fille Pearl, LVM Fizzgig). Le Pearl étant létal en homozygote, nous devons réfléchir à nos croisements en ce sens. Des changements ont déjà été effectués pour que deux rats potentiellement Pearl ne se rencontrent pas (le Pearl n'étant visible à l’œil nu que sur du mink). 
Pour éradiquer le Pearl de notre famille, nous essayons d'obtenir des bébés mink. Cependant, le mink n'est pas la couleur idéale pour travailler le Husky... 

 Les sources

"Les comportements pré et post-copulatoires d'évitement de la consanguinité", par Anna Chuine
"Biological basis of the third-cousin crush", "Science" de juin 2008
"Reportage sur l'éleveur et vétérinaire Jean-Marc Van Heule", "Wallonie Élevages" n°12
"Faites des enfants avec vos cousins", "DirtyBiology" n°14
"Evolution of advantageous alleles affecting population ecological characteristics in partially inbreeding populations" par Christian Damgaard