Comportement du rat

Le rat heureux et le bruxisme

Un rat heureux grince des dents, on appelle ce phénomène le bruxisme.
Ses yeux peuvent parfois palpiter de bonheur, on a alors l'impression qu'ils vont sortir de leurs orbites. Parfois, généralement lors de séances de jeu, on peut voir son rat sautiller par petits bonds gracieux. Il exprime son contentement !



Vidéo de bruxisme (dents qui grincent et yeux qui palpitent) par LVM Syo




 Signes d'affection

Un rat qui frotte son menton ou ses épaules contre un autre rat cherche à se faire toiletter. C'est un mouvement social très important pour le groupe. De même, il est faux de croire que s'il vous lèche, c'est que c'est le gout salé de la peau qui l'attire. C'est une marque d'affection.
Le rat peut aussi serpenter de la queue, grincer des dents (voir ci-dessus) ou avoir les yeux qui sortent de leurs orbites par palpitations. 

 La toilette

Un rat qui s'assoit sur ses pattes arrières et courbe le dos se prépare à faire sa toilette. Ainsi commence le rituel: il lave d'abord ses pattes avant, qu'il passe sur son visage, puis sur son dos, ses flancs et ses parties intimes. Les mâles produisent souvent beaucoup de sébum. Cette pellicule graisseuse est liée aux hormones et fait parfois des "taches" jaunâtres sur le pelage du rat. C'est peu esthétique mais nullement dangereux pour lui.
Le rat est un animal très propre qui passe 40% de son temps d'éveil à se toiletter. 







 Le rat peureux

Un rat timide ou farouche demande beaucoup d'attention et de patience. Le laisser dépérir ou enfermé dans sa cage sous prétexte qu'il a un air désapprobateur ou peureux n'est pas la solution. Un rat peureux peut devenir un peu agressif lors des manipulations si elles lui semblent trop brusques. Il n'est pas recommandé de le punir ou le gronder, ce qui ne ferra qu'exacerber sa frayeur. Ce n'est pas non plus une raison pour ne pas perpétuer ses efforts envers l'animal.

 La queue qui ondule

Vous pourrez parfois observer la queue de votre rat serpenter. Cela peut être l'expression de toute émotion offrant une forme d'excitation (plaisir intense ou à l'inverse colère).


Vidéo de Silva et Hao avec leur queue qui serpente ici.




 Le rat agressif

Un rat qui s'apprête à mordre a les poils du corps qui se hérissent. Il bouge au ralenti et marche en crabe, émet parfois un feulement. Il peut aussi montrer les dents. Les femelles ont plutôt tendance à bondir vers l'avant pour tenter de mordre. Avant de stigmatiser un animal qui a une réaction violente, il faut en connaître les raisons. Vérifiez si votre animal n'est pas malade ou blessé. Si c'est une femelle, n'est-il pas possible qu'elle soit gestante? Un jeune rat nouvellement arrivé peut aussi compenser sa peur par de l'agressivité. Dans un groupe de rats réduit, le mâle alpha (le dominant) aura tendance à se montrer plus agressif et territorial que dans un groupe de rats plus dense.
N'ayez pas de réaction disproportionnée, laissez plutôt le temps et votre amour faire leur œuvre. Le mâle en crise d'adolescence ou atteint d'agressivité hormonale peut aussi se montrer violent (voir ci-dessous).






 Agressivité hormonale et crise d'adolescence

L'agressivité hormonale (qu'on résume AH) correspond environ aux 5 à 10 mois du rat (parfois plus tôt ou plus tard), il s'agit d'une agressivité dûe aux pics d'hormones, et particulièrement de la testostérone.
Le rat marque son territoire avec plus d'application, il peut se frotter partout. Il se hérisse souvent, souffle, montre les dents, marche en crabe et adopte un comportement offensif. Il peut chercher à mordre ses congénères aux flancs, testicules, abdomen... Il peut s'en prendre à ses maîtres.
Le rat devient incontrôlable. Ses hormones l'aveuglent et lui font voir les gestes les plus bénins comme étant des agressions. Il voit partout de la concurrence et ça les rends nerveux et agressifs.
Contrairement à une simple "crise d'adolescence" (pendant laquelle le rat "teste" ses limites puis se calme en environ 2 mois), un rat AH verra son comportement s’aggraver. Il cherchera à faire mal, à blesser gravement son maître ou ses copains.
Un seul remède: la castration ! Une fois castré, le rat subira un déclin de sa testostérone une heure après sa castration et un déclin de son agressivité durant 5 semaines environ. Son taux d'agressivité sera réduit de 85% par rapport à un rat entier.
Attention: une femelle peut tout à fait faire de l'agressivité hormonale ! C'est plus rare, mais ça existe.
Ne mettez pas immédiatement un rat mâle castré en présence de femelles: il faut attendre au minimum 15 jours (1 mois par sécurité) pour qu'une castration rende le rat effectivement stérile !






La femelle en chaleurs

La femelle a quant à elle ses chaleurs tous les 4 à 5 jours. On remarque une femelle en période grâce à sa vulve gonflée (parfois bleutée) et sa vivacité un peu fuyante. Lorsque son maître la caresse ou lorsque ses copines de cage la montent, elle cambre le dos. On appelle cette position la lordose. Elle peut aussi remuer très rapidement les oreilles à ce moment.


Vidéo des chaleurs de RKL Shaymin




 Simulations de saillies entres rats de même sexe

Dans un groupe de rats, il est parfois possible d'observer un mâle monter un autre mâle ou à l'inverse une femelle monter une autre femelle. Cette simulation d'acte sexuel chez les rats n'est pas du tout anormal et ne doit pas être sujet d'inquiétudes pour le maître. 
Ce type de comportement apparaît généralement à la puberté de l'animal (avant sa première année): il est à la fois lié aux hormones et à la hiérarchie ! C'est en effet le rat dominant (ou le prétendant à la dominance) qui va simuler une saillie sur le rat dominé. Même s'il est possible d'observer des éjaculations chez les mâles, il n'y a pas lieu de s'inquiéter: il ne s'agit que d'un réflexe "mécanique". Dans le cas des femelles, simuler une saillie posséderait aussi la vertu de soulager la femelle en chaleurs. 

Une théorie personnelle: la recherche a permis de démontrer qu'un rat mâle dominant aura de meilleures performances sexuelles qu'un rat dominé (Moore 1999): durée des accouplements plus longs, meilleure endurance, nombre d'éjaculations plus élevé. La simulation de saillie avec un congénère de même sexe pourrait-elle revêtir une forme "d'entraînement" pour le rat mâle dominant, lui permettant d'améliorer ses performances ? 

 Comportement hiérarchique


Les rats sont des animaux extrêmement organisés avec des structures sociales complexes. Le groupe se compose naturellement de dominants (les "chefs") et de dominés (les "soumis").
Mais la structure hiérarchique du rat est encore plus complexe que cela. Il existe par exemple deux sortes de dominés: les dominés oméga qui fuient la confrontation avec les dominants et les dominés bêta qui côtoient les dominants.
Les dominés oméga seront plus facilement harcelés et agressés par le dominant mais à la disparition de ce dernier, leurs chances de devenir le nouveau dominant seront plus grandes que celles d'un dominé bêta.


Parmi les comportements directement liés à la hiérarchie, il est possible de noter:
* la soumission (voir photo ci-contre): le dominant soumet le dominé et pose ses pattes antérieures sur son abdomen. Ce comportement peut être précédé de bagarres ou de courses-poursuites. 
* la simulation de saillie: le dominant simule une saillie avec un congénère de même sexe (voir ci-dessus)
* la toilette mutuelle: le dominant toilette qui il veut, quand il veut. Souvent, ces toilettes un peu excessives sont accompagnées de petits couinements de protestation de la part du dominé. C'est aussi le dominant qui amorce les séances générales de toilettage individuel.
* le choix de la nourriture: le dominant se sert en premier et se permet de voler la nourriture dans la bouche des dominés. 
* le marquage urinaire: il arrive que le dominant dépose quelques gouttes d'urine sur le dominé








 Le marquage urinaire chez le rat: mon rat fait pipi partout!

Il est bien connu que le rat a tendance à laisser traîner des gouttes d'urine un peu partout. Ce comportement est plutôt représentatif du rat mâle entier et peut parfois désapp
ointer les maîtres. Tout d'abord, il faut bien comprendre que ces marquages urinaires représentent beaucoup de choses
pour un rat. C'est tout d'abord un moyen de s'approprier son environnement. L'animal marque son chemin pour retrouver sa route lorsqu'il ne connaît pas les lieux... Et le marque aussi lorsqu'il le connaît pour se le rappeler: l'endroit est-il sécuritaire ? Des objets ont-ils été déplacés ?
De plus, le marquage urinaire permets aussi de laisser des informations sur soi. Les femelles, par exemple, laissent des gouttes d'urine spécialement "dosées" en phéromones prévenant de l'arrivée de leurs chaleurs.
Le rat peut aussi uriner sur son maître ou ses compagnons. Il indique ainsi certains messages que seuls d'autres rats peuvent comprendre, comme leur position de dominant par exemple. Il arrive souvent que les rats se reniflent entre-eux les parties génitales ou l'appareil urinaire. 





 La cæcotrophie: mon rat mange ses excréments!

Tout d'abord, il ne faut pas confondre
cæcotrophie et coprophagie. Non, malgré l'erreur très courante: le rat n'est pas coprophage. La cæcotrophie consiste en l'ingestion d'un certain type d'excréments, de "crottes" pour assimiler certaines vitamines ou acides aminés qui n'ont pas été correctement digérés au premier passage dans l'intestin. Contrairement à la coprophagie qui est le fait d'ingérer ses excréments sans aucune nécessité biologique.
Car le rat n'ingère pas n'importe quel type d'excréments, uniquement celles appelées
caecotrophes qui sont des crottes molles. Leur composition chimique diffère complètement des crottes dures. Les caecotrophes sont entourées d'une pellicule de mucus et sont très riches en protéines, ainsi qu'en vitamines. Dans la seconde moitié de la nuit majoritairement, le rat va saisir les caecotrophes directement à l'anus pour les mastiquer lentement pendant plusieurs minutes (pseudorumination).
Une fois réingérées, les caecotrophes ne sont pas mélangées avec le reste des aliments mais sont localisés dans le fundus de l'estomac. La suppression de la cæcotrophie chez le rat entraîne des carences en vitamines et la réduction de la croissance allant de 15 à 25%. C'est donc une nécessité biologique.

 Mon rat balance la tête / scanne

Vous constatez que votre rat balance la tête de droite à gauche ou de gauche à droite, de manière un peu hypnotique? Il bouge la tête bizarrement et ça vous fait peur? Pas de panique ! Votre rat a probablement les yeux clairs (roses ou rouges) mais si ce n'est pas le cas ce n'est pas grave: juste plus rare. Votre rat a tout simplement une 'mauvaise vue' ! En effet, ce mouvement de la tête que l'on surnomme le "scan" est tout simplement une parallaxe du mouvement.

Pour expliquer un peu plus précisément, le rat scanne pour déterminer la distance relative et absolue des objets. En effet, ce mouvement de la tête permet d'obtenir un repère de profondeur: le changement de position permet au rat de mieux percevoir l'objet qu'il observe.

 Mon rat rase les murs

La manie qu'a le rat de raser les murs porte le nom de "thigmotactisme". C'est tout simplement le moyen pour le rongeur d'utiliser ses vibrisses. Il est à noter que d'autres animaux (tel le poisson cavernicole) utilisent cette technique, il est donc impossible de dire s'il est relié à la vie en tanière ou à une sorte d'analyse des dangers/obstacles dans un environnement ouvert.
La coupe des vibrisses entraînant un fort regain d'agressivité chez le rat, c'est un comportement important et rassurant pour eux. Les dominants peuvent même tailler les vibrisses des dominés dans un geste de supériorité hiérarchique.
Pour en savoir plus, lisez l'article: "Les vibrisses dans le comportement social du rat". 

 Infanticide chez la mère rat

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer qu'une mère tue une partie ou l'intégralité de sa portée. Tout d'abord, la mère peut manger les ratons faibles, difformes, non viables ou même morts dès la naissance.
Pour le cas d'infanticide perpétré sur des ratons viables, plusieurs causes peuvent être citées. Tout d'abord, le stress: il ne faut pas rôder autour de la cage ou laisser les animaux de la maison déranger la mère (particulièrement lors du moment crucial de la mise-bas). Manipuler la mère ou les bébés à l'excès voire changer entièrement ou trop souvent son habitat peut conduire la mère à renier sa descendance. En effet, les recherches de Charlotte Burn et Georgia Mason (respectivement issues de l'Université d'Oxford et de l'Université de Guelph) ont constaté que l’infanticide était multiplié par deux dans les cages nettoyées deux fois par semaines, d'autant plus quand la cage est nettoyée peu après la mise-bas. Calme, tranquillité et intimité sont les meilleurs remèdes à ce type de comportement.
Ensuite, les femelles malades, mal nourries ou carencées peuvent aussi développer un phénomène de prédation sur leur portée.
Les femelles trop jeunes et inexpérimentées ou à l'inverse trop âgées sont aussi susceptibles d'avoir ce type de comportement, ainsi que les femelles n'ayant pas mis-bas de manière naturelle (césarienne ou parturition prématurée).

Infanticide par les autres rats

Le comportement le plus courant observé de la part d'adultes en présence de ratons est l'ignorance. Cependant, l'infanticide par un rat adulte est un phénomène qui existe, bien qu'il soit rarement évoqué par les éleveurs. L'ayant personnellement vécu sur ma portée 3, je pense que c'est un sujet qui devrait être pleinement abordé sans se contenter de juger que l'animal est "fou" ou "dangereux". L'instinct et le comportement du rat sont bien plus complexes que cela, l'animal n'est pas "anormal" pour autant.
Les rats mâles auraient tendance à tuer les portées ne leur appartenant pas pour saillir la mère et la faire engendrer leur propre descendance. On remarque aussi un lien entre la testostérone et ce type de comportement (les rats jeunes entiers ont plus de chance de commettre un infanticide qu'un rat castré depuis son jeune âge).
Pour les femelles, ce sont généralement les femelles nullipares (qui n'ont jamais eu de ratons) qui sont le plus liés à ce comportement. Le phénomène de prédation et le phénomène de concurrence incitent la femelle à détruire la portée de la mère et s'approprier son nid. Cependant, lorsque les femelles vivent depuis longtemps avec la mère, l'instinct infanticide est inhibé (le taux passerait de 55% entre femelles ne cohabitant que depuis peu, à 9% pour les femelles ayant cohabité avec la mère depuis quelques temps). Plus de la moitié des femelles cohabitant avec la mère adoptent un comportement maternel envers les bébés non apparentés.
Lorsque les femelles sont apparentées avec la mère (sœurs par exemple), le taux de probabilités qu'un infanticide soit commis réduit encore largement.

A noter qu'il est totalement déconseillé de remettre un rat infanticide à nouveau en présence de bébés: il y a fort à parier que son comportement soit le même. 

 Cannibalisme: mon rat a mangé son compagnon mort

Un décès dans la cage et vous découvrez un cadavre partiellement voire presque totalement dévoré ? 
C'est un comportement qui choque souvent les propriétaires de rat, mais comment l'expliquer ? Tout d'abord, il est important de préciser que le cannibalisme n'est pas la preuve que le rat cannibale a tué le rat défunt. Le cannibalisme n'est pas lié à une forme d'agressivité ou de violence. 
En 1949, McCoy suggère un excès soit en vitamine B1, soit en manganèse pour expliquer ce type de comportement. Plus tard, en 1967, Jelinek pointe la malnutrition comme une cause (à ne pas confondre avec la sous-alimentation) qui mènerait les rats à dévorer le cadavre de leur compagnon. En effet, le cadavre du rat représente une source de protéines importante. 
De plus, il faut s'en référer à l'une des fins du rat sauvage: son rôle de nettoyeur, et donc de charognard opportuniste. L'environnement (surtout dans l'espace confiné d'une cage !) doit rester propre pour assurer une sécurité sanitaire au groupe. Il ne leur est pas permis de laisser pourrir un cadavre qui les contaminerait tous. Ce sont aussi des raisons qui expliquent parfaitement le cannibalisme des bébés morts-nés par leur mère. 
Enfin, il ne faut pas oublier que le rat est une proie. De leur instinct sauvage demeure la crainte du prédateur et la forte odeur d'un cadavre attirera des prédateurs qui pourraient mettre en danger le groupe. Le nettoyage est donc indispensable. 
Pour ma part, c'est un comportement que j'ai observé par deux fois: une fois une mère avec une portée de 5 semaines qui a usé de cannibalisme sur une de ses compagnes adulte (ce comportement ne s'étant pas répété par la suite quand un autre décès est survenu, je pense que le but était de "protéger" sa portée du danger représenté par un cadavre). La seconde fois, il s'agissait d'un groupe de rats que j'avais récupéré d'un sauvetage dans une cage bien trop petite pour leur nombre, cette fois je pense que l'espace trop restreint a été le facteur déclenchant. 
Ainsi, le cannibalisme n'est pas une monstruosité du rat mais un moyen pour lui de se protéger des maladies, des prédateurs... C'est un comportement rare, les rats se contentant le plus souvent d'ignorer, voire d'enterrer (!) le cadavre. 

 Mon rat s'arrache les poils / se fait arracher les poils par son congénère

Il arrive de découvrir sur son rat des zones sans poil, propres, sans desquamations, rougeurs, lésions, croûtes... Et sans grattage excessif. 
Il est possible que le rat s'épile lui-même. Généralement, ces zones sont situées au niveau du ventre ou des pattes antérieures, là où l'animal peut atteindre facilement sa fourrure pour l'arracher. Il s'agit particulièrement de symptômes de stress ou d'inquiétude: rat vivant seul,  peu sorti ou vivant dans une cage peu stimulante qui s'ennuie, changement de lieu de vie ou de propriétaire, prédateur qui rôde autour de la cage, décès d'un compagnon...
Il arrive rarement que les femelles gestantes ou allaitantes adoptent ce comportement pendant quelques temps, jusqu'au sevrage de la portée généralement. 
Notons aussi que certains facteurs peuvent être responsables de l'auto-épilation d'un rat: les parasites (évidemment), un mélange trop riche en matières grasses (de l'ordre de 20%), un manque de fibres dans l'alimentation par exemple.
Un rat peut aussi se faire épiler par un de ses copains. C'est durant les séances de toilettage mutuel que l'arrachage de poils se produit. C'est un comportement de dominant envers le dominé, dans le but d'asseoir sa position hiérarchique. L'arrachage se situe particulièrement au niveau de la tête et des épaules, et les moustaches peuvent aussi être rongées. Un arrachage de poils par le dominant peut être le signe d'un malaise dans le groupe de rats ou d'une cage manquant de complexité (cage trop petite, manquant de cachettes ou surpeuplée par exemple).

Le mieux à faire pour s'assurer qu'il s'agit d'arrachage de poils volontaire est de surveiller l'animal incriminé pour assister à une séance d'épilation. Certains rats développent ce comportement sans raisons et ça peut durer des mois, voire durant toute la vie de l'animal. Cela peut s'apparenter à un trouble du comportement compulsif et pourrait avoir une origine héréditaire. Il faut veiller à ne pas faire reproduire les animaux atteints de ce problème. 

 La dépression chez le rat

Le rat est capable de déprimer. Certaines situations dans sa vie peuvent conduire à altérer son comportement tels que le stress, la mort d'un congénère, un changement brutal dans l'environnement (changement de hiérarchie, changement de maître, perte de ses repères...). Un rat présentant des symptômes dépressifs manquera d'intérêt pour les interactions sociales avec son groupe et sera atteint d'anhédonie: il s'agit d'une perte d'attrait pour les sensations agréables. Tandis qu'un rat non stressé préférera à 80% de l'eau sucrée à de l'eau "normale", un rat atteint d'anhédonie se dirige aléatoirement vers l'une ou l'autre des sources d'eau. 
Le rat en état de dépression peut aussi voir ses tendances alimentaires changer (trop manger ou au contraire trop peu), son sommeil perturbé ainsi que développer un désespoir comportemental. Selon les chercheurs de l'UC San Diego, les jours plus longs de l'été pourraient être des vecteurs d'anxiété et de dépression pour le rat. Il est aussi important de noter que les mâles sont plus sensibles à la dépression que les femelles, et que la prédisposition génétique à la dépression est possible: c'est le cas par exemple pour les rats Flinders de lignée sensible (FSL). 
Cependant, les recherches menées par Eva Redei, chercheuse en psychiatrie à l’université de médecine de Northwestern, tendent à prouver qu'un environnement très stimulant offert au rat pendant 1 mois pourrait lutter efficacement contre sa dépression. 

 Conscience de la mort et espoir de vivre

Une étude menée par une équipe de chercheurs (étude moralement contestable d'ailleurs) consistait à plonger des rats dans l'eau sans possibilité d'en sortir. Les chercheurs ont ainsi découvert que les rats que l'on sortait de l'eau pendant une courte période avant de les y remettre, nageaient bien plus longtemps que ceux que l'on ne sortait pas. Un espoir d'être sauvé à nouveau de la noyade et une conscience de la mort permettent à l'animal de se battre plus longtemps pour sa survie. De plus, de nombreuses études ont prouvé que l'animal de boucherie (que ce soit par les phéromones ou les vocalises) exprime sa crainte et sa conscience face à sa mort prochaine. Le monde animal est conscient de la mort, et c'est un fait avéré par la médecine vétérinaire.

 Le rire

Jaak Panksepp, neuroscientifique et psychologue au Washington State University a prouvé que les rats que l'on chatouillait émettaient un son ultrasonique correspondant au rire d'un jeune enfant. Cela permettrait d'assouplir les relations sociales en rassurant et euphorisant.

 Déduire une relation de cause à effet

Dit aussi "raisonnement causal du rat". Aaron P. Blaisdell et son équipe du département de psychologie de l’Université de Californie ont mené une petite expérience. Un signal lumineux précédait dans un premier temps un signal sonore, et dans un second temps l'attribution de nourriture au groupe. On aurait pu s'attendre à ce que les rats guettent le signal sonore comme un modèle. Hors, lorsque l'équipe de chercheurs a intégré dans l'équation une nouvelle donnée (un levier déclenchant le même signal sonore), ils ont vu les rats se détourner. Manipuler le levier (cause alternative) n'entraînait pas le signal lumineux et donc n'apporterait pas de nourriture.

 La conscience du savoir et de l'ignorance

Les rats ont conscience de leur ignorance. Allison Foote et Jonathon Crystal de l’Université de Géorgie, aux Etats-Unis l'ont prouvé. Des rats devaient classer des sons en fonction de leur longueur (sons courts et sons longs). Classer avec succès un son était récompensé en friandises. Ne pas répondre donnait droit à moitié moins de friandises. Les rats ont utilisé ce droit de "non-réponse", mais uniquement lorsque les sons étaient difficiles à classer. On appelle cela la métacognition.

 Pitié et compassion

Franz de Waal psychologue, primatologue et éthologue hollandais évoque une expérience (somme toutes assez barbare) menée avec des rats. Un levier leur donnait accès à la nourriture mais la contre-partie était l'électrocution de leurs voisins. Ces rats ont tout simplement refusé de s'alimenter lorsqu'ils ont compris qu’actionner le levier causait la douleur de leurs pairs.

 Le langage

On ne doute plus du langage évolué des rats, tout en odeurs et ultrasons inabordables pour nous, simples humains. A tel point que le rat a mis au point la "transmission sociale des préférences" consistant à se renfler l'haleine pour savoir ce qu'il est bon de manger... ou d'éviter... Mais leur intelligence va plus loin que cela. Des chercheurs espagnols ont prouvé que les rats sont capable de reconnaître le langage de leur maître. Ils sont capables d'actionner un levier si on leur parle dans une langue, en l’occurrence le Hollandais (une phrase qu'ils auront apprise et même une phrase qu'ils ne connaissent pas du tout, si elle est prononcée dans la bonne langue!) mais refuseront tout net d'actionner le levier si on leur parle en japonnais. Conclusion des chercheurs: le langage n'est pas le propre de l'homme ou des seuls primates.

 Réciprocité et récompense

L'équipe de scientifiques menée par le chercheur Michael Taborsky a pu prouver que le rat est capable de récompenser l'un de ses congénères qui l'aurait aidé par le passé. Ce comportement que l'on appelle "réciprocité directe" a été étudié grâce à 20 rats bruns. Les rats étaient mis par groupes de 2 et séparés par une enceinte. L'un des deux rats pouvait, grâce à un système de leviers, attribuer de la nourriture au second: soit une friandise très appréciée, soit une friandise de moindre intérêt. Il a été prouvé que le rat ayant attribué les friandises appréciées à leur congénère se voyait récompensé par ce dernier en recevant la nourriture en abondance et très rapidement lorsque les rôles étaient inversés. Tandis que ceux qui avaient attribué les friandises de moindre intérêt étaient "boudés" par leur congénère !

 Le rêve

Les chercheurs de l'Université College London ont pu prouver que les rats sont capables de rêver et même de se projeter dans l'avenir dans leurs rêves pour envisager des actions futures. Le cerveau des rats serait capable de faire un lien entre le réel et le virtuel, mais aussi entre le passé et le futur. 
De plus, une expérience menée par le Massachusetts Institute of Technology a permis d'étudier l'activité cérébrale et les mouvements oculaires de 4 rats ayant parcouru un labyrinthe pendant la journée.  Il a ainsi été prouvé que les rats rêvaient très précisément de leur cheminement à travers le labyrinthe durant leur sommeil paradoxal. 

 Le regret

En étudiant les inclinaisons alimentaires des rats, des chercheurs de l'Université du Minnesota ont pu prouver que les rats éprouvent des regrets. Comme chez l'humain, le
cortex orbitofrontal s'active lorsque le rat éprouve du regret vis-à-vis de quelque chose qu'il n'a pas fait. 

 L'orgasme

Selon des chercheurs de l'Université Concordia de Montréal dans une étude canado-mexicaine menée en 2016, les rats sembleraient bien ressentir un orgasme lors de leurs rapports sexuels. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié la présence (ou l'absence) d'indices physiologiques et comportementaux suggérant l'orgasme: l'afflux sanguin présent dans les tissus érectiles, la détumescence, les vocalises, l'éjaculation et la contraction de l'utérus, les contractions du périnée ou même certaines réactions neurochimiques particulières. Le rat aurait répondu positivement à tous ces critères !