Yoga de Madras

" Le but véritable et ultime du yoga est de connaître qui je suis et ce que je suis"

Krishnamacharya, congrès de Zinal, 1973.


L’origine du yoga de Madras :

Elle remonte au XIe siècle avec l’enseignement du Yoga Rahasya, révélé par le yogi Nathamuni, premier d’une grande lignée de sages. Celui-ci contribua à l’élaboration de la philosophie Vaishnava, il introduisit aussi le Véda tamoul dans les cultes. Cet érudit, de culture védique, consacra sa vie à l’étude et à la pratique du yoga. Son enseignement s’est transmis de façon orale de maître à disciple.

C’est ainsi que le père de Desikachar, Krishnamacharya, a reçu cet enseignement. Krishnamacharya, mort en 1989 à l'âge de 101 ans, a enseigné au maharaja de Mysore et à son fils. Yvonne Millerand et Andrée Maman ont eu pour professeur Desikachar, elles ont ensuite transmis cette tradition à la création de l'EFY.


Les principes du Yoga Rahasya :

Asanas et pranayama, pratiqués avec attention et intériorité, permettent d’accéder à une harmonie entre le corps et le mental.

Ce traité défini les techniques particulières telles que Ujjaji, Bandha et Mudra et décrit certaines postures comme sarvangasana (la chandelle) ou shirshasana (la posture sur la tête).

Le souffle est le support privilégié de l’attention, c’est un élément de mesure et de modération. Le souffle doit rester ample et subtil pour respecter le concept de yoga.

Les postures doivent être adaptées aux élèves : la pratique des asanas et des pranayamas doit s’adapter à l’individu et non pas à la pratique. L’adaptation se fait en fonction de l’âge, du moment de la journée …

Le pranayama occupe une place importante dans ce texte qui montre aussi l’importance des bandha au cours des pratiques respiratoires.

Nathamuni a classé les causes de la souffrance en trois catégories :

- adhyatmika (avidité, colère, recherche incessante du plaisir, orgueil, arrogance, jalousie) ;

- adhibautika (souffrance en relation avec les personnes qui nous entourent) ;

- adhidaivika (souffrances venant des catastrophes naturelles).

Une nourriture de qualité permet de maintenir un bon équilibre.

La confiance est nécessaire dans la relation professeur-élève.

La conception d’une séance de yoga :

La séance est conçue comme une « tranche de vie » : elle s’intègre donc à la vie quotidienne sans créer de rupture. Elle est animée par un bhavana, une intention, et soutenue par un vinyasa, c’est-à-dire une progression. Le cheminement vers ce but est sadhana. Elle alterne moments dynamiques - statiques et comporte des postures de compensation (contre-postures). Ceci suppose aussi un certain lâcher-prise de la part du pratiquant.

Les séances peuvent donc être tonifiantes, équilibrantes ou calmantes.


Le Vinyasa

 

Le vinyasa krama est l’approche graduelle de la posture, le terme krama désignant un degré. La séance est ainsi logiquement conçue comme un tout : le professeur propose un cheminement logique vers la posture principale. Mais le point de départ de la séance reste toujours l’élève, sa condition physique, son souffle, ses difficultés comme ses facilités. .. Le début de la séance doit d’ailleurs permettre au pratiquant de créer un sas avec l’extérieur (la rue, le travail …) .Le yoga, c’est créer de l’espace !

Cette progression s’applique aussi bien à la préparation de la posture principale, le sommet de vinyasa, qu’à l’enchaînement entre chaque posture. C’est une approche de la fluidité du yoga ; la préparation d’une posture, suppose donc en amont une réflexion sur la prise de l’asana : quelles sont les parties du corps qui sont sollicitées, qu’est-ce qui travaille ? Existent-ils des adaptations possibles ?

Un usage juste, progressif du corps permet à l’élève de se sentir bien dans la posture : c’est sthira sukha, l’aisance et la fermeté.

La logique du cours emprunte ainsi souvent le même enchaînement de postures : postures debout, mouvements simples de mise en route, flexions latérales et rotations, puis passage au sol … Les postures sont ensuite abordées en dynamique et en statique.

Les postures de compensation, pratikriyasana, s’inscrivent logiquement dans cette logique du vinyasa. Elles rééquilibrent et neutralisent les effets indésirables pour  accentuer les effets favorables des asanas.


A voir : 

un documentaire sur les origines du yoga moderne

http://www.breathofthegods.com/pictures/

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