Maud

La Lecture, une gourmandise…
    Années Cinquante : “Y’a bon Banania! Petit déjeuner familial”.  Première lecture.  Tous les jours, la boîte jaune (en carton)  est sur la table, je dois avoir 4 ou 5 ans,  je  déchiffre, puis je lis (on me l’a dit…) pendant  que  le “Noir” me regarde et me sourit… Il me donne de l’appétit, c’est très bon le Banania, et lire en déjeunant  c’est encore maintenant ce qui me réjouit le plus !!!

    Premier contact avec le jour,  le plaisir de lire,  le plaisir de manger…
Pas encore de vraies bibliothèques alentours, mais le “Patro(nage)”, et le Père (ouvrier) curé qui aménage le presbytère, fan de Bd entre autres et de Jules Verne (on est en pays Nantais) nous alimente : Tintin (évidemment) et en ouvrages, un peu misérabilistes, dont un des titres est resté gravé dans ma mémoire «“Moineau la petite libraire”, l’héroïne étant orpheline, sa maman au « ciel », elle vend des livres pour subsister et manger…
    Le grenier familial aussi recèle bien des trésors, à ne pas mettre entre toutes les mains évidemment,  comme les 3 ou 4 volumes de “Caroline Chérie”  de Cécil Saint Laurent.
    Lire en cachette c’est aussi très excitant … toujours la gourmandise …

    Puis viennent les années soixante, et l’apparition des « Poche ». Un oncle plus grand qui lit beaucoup, et avec lequel j’ai envie de partager  où plutôt de me rassurer sur la  compréhension que je me fais des textes,  en particulier ceux de Sartre, “La P. respectueuse“ , “La nausée” ,  “Les mots”  … ou ceux de Zola, de Camus…
    Mais c’est une entrée dans la littérature réservée au « Grands » qui me met l’eau à la bouche pour la suite…

    Objets faciles à emporter pour « bouquiner » après l’extinction des feux, sous les couvertures avec une lampe…Ils  me suivent pendant les années d’internat, et avec une très proche amie,  on décide d’alimenter la Bibliothèque du Lycée qui nous semble très pauvre car elle ne contient qu’une petite centaine de vieux ouvrages logés au fond d‘une armoire. Le projet est accepté par la direction de l’établissement et nous sommes “nommées” responsables des acquisitions, plutôt du tri des dons,   et des prêts. Cela ne nous suffit pas et nous décidons d’organiser un “Club de lecture” où nous pourrions proposer  des moments de découverte autour de nos textes préférés. Il ne manquait plus alors que le Chocolat…

    Puis les années travail, toujours autour de l’écrit, des arts et de la culture, un boulot de “Médiateur  culturel” au sein d’une Médiathèque,  offrant de multiples possibilités, d’échanges et de rencontres.

     C’est à l’heure du “retrait” que je croise la route des “Mots à la bouche” et que je décide de partager ce nouveau repas, frugal, épicé, fruité, riche en couleur et en diversité, avec toujours, les Mots des Autres, et ce goût chocolaté au bord des lèvres, non pas amer, mais au contraire toujours sucré et si doux…à savourer ensemble.






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