QUAND LA MUSIQUE EST BONNE  (du Bigophone à la fête de la musique)  
version courte publiée dans :  InfosLilas juillet 2018   fb1   
Étonnant, non?
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Grand concours de Bigophones aux Lilas ! En cette année 1911, "la Branche des Lilas" organise le 1° concours du genre, ouvert aux sociétés de musique. Qui va gagner? "Le Bon accord" a ses chances, en tant que plus ancienne formation, mais il faut compter avec la toute nouvelle "Cuillère à moutarde". D'autres bigophonistes
prendront la relève, comme "la Grappe de raisins" en 1922 ou "la Trompette en bois" en 1928. Les fêtes et bals si fréquents sont voulus pour attirer l'intérêt sur notre ville, nouvellement créée. Toutes sortes de sociétés y concourent : "l'Union musicale" -toujours active aujourd'hui- "l'Avenir laïc" et son groupe de tambours et trompettes, "le Bien aller lilasien" avec ses sonneurs de trompe de chasse en 1890, ou 100 ans plus tard "le Paris and district Pipe Band" et ses cornemuses. En 1892, on ne dénombre
pas moins de 13 chorales, 8 harmonies et 18 fanfares aux Lilas. Peu après, apparaissent "les Cliques", "le Réveil des Lilas", "l'Espérance lilasienne" et "la Société Philharmonique". On peut aussi écouter "Ernest gueule de travers" et son piano mécanique chez Baroin, après la nouvelle gendarmerie. Au tournant du siècle, les pratiques évoluent. Une Ecole de piano et de mandoline est créée et, dès son ouverture, un orchestre d'enfants se produit à la Salle des Fêtes. La chorale "le Diapason" donne le ton en 1925. Pourtant, juste avant-guerre, deux nouvelles fanfares voient encore le jour: "la France des Lilas" et "Les diables verts", regroupant clique, harmonie et ensemble de jazz. Et puis, en 1949, Léon Legron crée une Ecole de musique dans l'ancienne propriété Decros. Elle sera transférée dans l'immeuble rénové du Centre Culturel de la rue Esther Cuvier en 1966, avant de s'installer plus confortablement dans l'Espace d'Anglemont en 1988. L'école des débuts est devenue entre-temps Conservatoire municipal en 1969, agréé en 1972, à rayonnement communal aujourd'hui. Le nom du compositeur Gabriel Fauré lui sera donné à son arrivée sur le site actuel.
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Le facteur derrière la poste
De nombreux instruments de musique ont été conçus dans notre cité. Madame Schouzen, facteur d'orgues et de pianos, est établie au 199 rue de paris, dès 1890. Un luthier pratique son art rue de l'Avenir en 1918. Dix ans après, on fabrique des accessoires pour luthiers rue des Ecoles. Au 15 passage des Lilas, la manufacture
d'accordéons Tabezen connait son heure de gloire dans les années '20. Rue des Villegranges, Emile Marie, futur conseiller municipal, fabrique ses cithares pour enfants. Plus près de nous, un fabricant de flûtes officie encore en 1960. Et en 1985, au 14 rue Raymonde Salez, le facteur et restaurateur de clavecins Reinhard von Nagel choisit d'installer son second atelier, plus spacieux que celui du faubourg Saint-Antoine. Le renouveau de la musique baroque ne pouvait alors trouver meilleur serviteur. Près de 300 heures de travail sont nécessaires pour chacun de ces instruments de haute facture, décoré parfois par de très grands peintres, comme Marc Chagall.

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les Lilas en-chanteurs et en chansons
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De nombreux talents musicaux se sont révélés chez nous ou tout près. Jean-Baptiste Clément, l'auteur du "Temps des cerises", était le petit-fils du 1°meunier du moulin de la Galette de la rue Floréal (côté Bagnolet). Dans les années '20, on écoute dans nos salles Fréhel et ses chansons réalistes. La môme Piaf a 16 ans à peine lorsqu'elle
chante devant la caserne des Tourelles, Porte des Lilas. C'est là qu'elle rencontre P'tit Louis, son premier amour. Après guerre, Line Renaud participe à plusieurs de nos galas. Les Petits chanteurs à la croix de bois se produisent chez nous en 1946 et Yves Montand en 1949, sans demander un centime, puisque c'était pour les gosses du
curé, comme il disait. Maurice Chevalier pousse la chansonnette devant les grilles de l'institution Gay, pour le tournage du film "Ma pomme" en 1950. L'accordéoniste Marcel Azzola connaît mieux Les Lilas que Pantin, la ville de sa jeunesse. La chanteuse Régine est pensionnaire de l'Institution Gay à la libération. Le trompettiste Georges Jouvin habite chez nous vers 1950 et Toni Scala y crée son orchestre de tango. Jusqu'en 1963, Eddy Mitchell est notre voisin du 9 bd d'Algérie, face à l'actuel hôpital Robert Debré. En 1974, Richard Clayderman suit des cours de piano aux Lilas. Gérard Berlioz, le tympaniste et percussionniste bagnolétais, enseigne dans notre conservatoire dans les années '90. Catherine Ringer (les Rita Mitsouko) réside depuis longtemps au nord de l'ancienne cité-jardin. Enfin Slimane qui y a habité quelque temps parle des Lilas comme de sa ville de coeur et du berceau de sa démarche artistique. Au fil du temps, quelques titres de chansons ont célébré notre ville des Lilas. Les plus connus sont "Le Poinçonneur des Lilas" de Serge Gainsbourg en 1958 ou "Henri, Porte des Lilas" de Philippe Timsit en 1982. Bien plus nombreux sont les auteurs et interprètes ayant choisi la fleur du lilas, pour en parfumer leurs mélodies, comme Jack Lantier, Georges Brassens, Guy Béart ou Huges Auffray.
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Faites de la musique
Finalement, cette envie de pleinement profiter de la musique trouve chaque année son apogée le 21 juin, à l'occasion du solstice d'été, quand les soirées sont les plus longues (et les nuits les plus courtes). La Fête de la musique créée en 1982 par Jack Lang, alors ministre de la Culture, n'a pas été fixée au hasard. Ainsi, les traditionnelles
fêtes de la Saint-Jean d'été et les feux les illuminant ont été remis au goût du jour. Cette année encore, on a célébré la musique aux Lilas : dans les Parc et dans la rue, au Triton, aux Espace d'Anglemont et Louise Michel, à l'Eglise, à la Maternité ou dans les Résidences pour retraités. Cette grande manifestation populaire et gratuite est de nos
jours également partagée par plus de 120 pays.