Les institutions Gay et Ségaux  
Enseigner, une vocation héréditaire  
Famille Ségaux et famille Gay : elles auront été pionnières et actrices de l’histoire de notre ville. Certains s’en souviennent encore, pour s’être assis durant leur jeunesse sur les bancs de ces institutions. 
également publié dans :  InfosLilas avril 2018   fb1   fb2   fb3   fb4

Deux INSTITUTIONS d'ENSEIGNEMENT LAÏC aux LILAS

Pierre Ségaux est aujourd'hui le dernier représentant d'une dynastie d'enseignants ayant fondé l'institution du même nom aux Lilas. Cette vocation pédagogique familiale remonte au début du 19° siècle, à Sarnois, dans l'Oise. Les écoles étaient alors le plus souvent privées et payantes. C'est l'aïeul, Nicolas Joseph, ancien hussard de Napoléon 1er , qui de retour de ses campagnes, ouvre une classe dans sa grange. Il y accueille 80 élèves en classe unique : les plus grands étudient le matin et sont les "moniteurs" des petits l'après midi. Ses petits fils, Alexis et Florentin vont perpétuer la tradition. Ils ouvrent une école en externat, rue Montorgueil à la fin du second empire. En 1868, Alexis va s'installer aux Lilas et créer un internat pour garçons rue de l'Avenir: l'institution Ségaux est née.

Dans la même rue, dans ce qui était encore le bois de Romainville, il y a déjà une institution depuis 1856. C'est celle de Bernard Gay. La ville des Lilas qui vient de se créer en 1867, n'a pas encore d'école. C'est à Bernard Gay que, lors du premier conseil municipal, on confiera l'éducation de cinquante garçons de la commune. Il reçoit une indemnité de 50 francs dans un premier temps. Devant l'importance des problèmes scolaires et sociaux, il cesse sa collaboration avec la ville et c'est Alexis Ségaux qui prend temporairement en charge les garçons, en attendant qu'un instituteur soit recruté et des locaux loués .

Henri Gay , le fils de Bernard, succède à son père à la tête de l'institution, à la suite de son décès en 1897. Il a épousé Antoinette Delorme, qui ouvrira la première institution pour jeunes filles au n°40 de la rue de l'Avenir, tout à côté de celle de son mari, au n°44. La vocation devient familiale. Les affaires d’Antoinette sont florissantes et, ses locaux devenus vite trop petits, elle se porte acquéreur de l'hôtel particulier du Comte d'Anglemont, place du Rond-Point. Le Comte est décédé sans descendance en 1898 et Antoinette s'installe en 1902 dans ce qui deviendra sa "Campagne à Paris", une belle carte de visite pour les parents qui lui confient leurs enfants.


les HÉRITIERS

Chez les Ségaux, le flambeau se transmet de père en fils. Au décès d'Alexis Ségaux en 1884, son fils Hector, qui vient de se marier, reprend la direction de l’Institution. A Hector succéderont Maurice, puis Jacques en 1958, puis Pierre. Au fil des années, l'institution s'était agrandie d'un 3° étage, d'une aile droite supplémentaire et d'un pavillon rue de la Rochefoucauld. Elle fermera ses portes en 2004, remplacée aujourd'hui par une résidence immobilière.

Chez les Gay, c'est par les femmes que la continuité sera assurée. Au début des années 30', Georges, fils d'Henri et Antoinette, tombe amoureux de Gisèle Barbier, toute jeune surveillante de l'internat. La nouvelle madame Gay, devient vite adjointe de sa belle-mère. Dotée d'une forte personnalité, elle dirigera l’établissement pendant 50 années, de 1932 à 1982. A sa retraite, elle souhaite que sa "villa du Rond-Pont" demeure un lieu consacré aux enfants et à l'éducation. Elle déclinera des offres plus avantageuses, pour finalement céder la propriété à la ville des Lilas qui en fera le Centre Culturel que l'on connaît. 

une FORTE IMPLICATION dans la VIE LOCALE

Les deux familles s’impliquent dans les affaires de la commune. Dès 1870, du côté des Ségaux, c'est Alexis qui entre au Conseil Municipal. Son fils Hector devient à son tour conseiller en 1887. Son engagement grandira jusqu'à assumer, en 1896 et pour six ans, la charge de maire des Lilas. Parallèlement, il est vénérable de la Loge de francs maçons de Pantin (Grand-Orient). 
Du côté des Gay, Henri sera conseiller municipal pour 10 ans dès 1934. Gisèle suivra son chemin en 1959 et pour 5 ans. Elle s'impliquera par ailleurs dans de nombreuses associations. A la Croix Rouge elle deviendra présidente du comité des Lilas en 1984. 

Les Ségaux et les Gay: deux familles aux destins parallèles qui auront marqué notre ville et ses habitants.