La page "Histoire" dans InfosLilas   -   avec le Cercle de Généalogie et d'Histoire Familiale des Lilas   -   pour le Centcinquantenaire de la ville... et plus encore
De la Foire aux puces à la couverture du périphérique  (version InfosLilas mars 2018)

Qui sait encore qu’entre les deux guerres, on pouvait chiner le dimanche à la Foire aux puces de la Porte des Lilas ? Elle s’installait alors sur le trottoir sud de la rue de Paris, en partant de la rue des Bruyères. Il existait aussi une Foire à la ferraille le dimanche matin, entre Porte des Lilas et le Pré Saint-Gervais. Comme à Saint-Ouen ou Montreuil aujourd’hui !

C’est Porte des Lilas que la môme Piaf, âgée de 16 ans à peine, vient chanter avec son père pour quelques sous. C’est là qu’elle rencontre « P’tit Louis », son premier amour. On y croise la diseuse de bonne aventure, l’homme-orchestre avec ses clochettes, le cracheur de feu, l’avaleur de sabre. On se laisse endormir par le bonimenteur qui vous promet de retrouver les cheveux de vos 20 ans, grâce à sa kératine. Plus loin, un autre camelot vous vend pour presque rien une montre en or... qui se révèle être en toc. Il y a un homme avec sa perche à ballons, et puis le manège qui fonctionne toute l’année. Sur le trottoir en descendant de la Porte des Lilas vers le Pré, les biffins (chiffonniers) vendent tout ce qu’ils ont récupéré et parfois retapé dans la semaine : fripes, vaisselle, meubles. Quelques sous permettant à leur famille de manger. 

Et puis soudain, au milieu des années vingt, tout s’arrête….
Paris s’étend : on démolit, on reconstruit. Le 19 avril 1919, les fortifications et leur zone ont été définitivement reconnues comme inutiles et militairement déclassées. Paris peut s’étendre une nouvelle fois, avec le décret de 1925 qui rattache la zone à la capitale (en trois étapes: 1925, 1929 et 1930 pour notre secteur Nord-Est). Autour des boulevards des maréchaux, une ceinture de logements sociaux sera édifiée avant-guerre (les HBM ou habitations à bon marché). Les pierres des murs d’enceinte détruits seront utilisées pour leurs fondations.
Des squares (Butte du Chapeau Rouge..) et des terrains de sports verront le jour. Après-guerre, en 1954, sur le versant nord de la Porte des Lilas, côté 19ème arrondissement, la nouvelle église Sainte Marie Médiatrice (actuelle Notre Dame de Fatima) sera érigée, à côté de l’énorme réservoir d’eau potable des Lilas (datant de 1863).

Les Lilas rétrécissent. 
Dans cette affaire, la commune des Lilas est amputée d’une vingtaine d’hectares. Les terrains habités (rues de l’Aviation, de l’Amodion, du Parc, des Peupliers, de la Prévoyance et le début de la rue de Paris) deviennent parisiens du jour au lendemain. Les baraques, cabanes et roulottes du début voisinent par endroits avec de vraies maisons en dur, les propriétaires ayant parfois obtenu une autorisation de construire tout à fait officielle. Les zoniers sont peu à peu expropriés et quittent leur logement, avec des indemnités quasi nulles. D’autres peuvent rester, en payant un loyer à la Ville. Ils finissent par être expulsés, pour les derniers dans les années 1950, sans pour autant pouvoir bénéficier de relogements en HBM, les loyers étant toujours bien trop chers pour eux. Les Lilas devront faire face à la crise du logement, aggravée par la surpopulation due à ces expulsions (officiellement 177 personnes recensées en 1921).

Le périphérique, une nouvelle ceinture pour Paris 
Le périphérique est juste une idée en 1925, un projet en 1943, un plan en 1954. Finalement, un boulevard périphérique de 35 km sera construit, de 1956 à 1973, sur l’emprise des terrains annexés de la zone. Le tronçon « Porte de St Ouen - Porte des Lilas » sera inauguré le 28 décembre 1966 par Georges Pompidou, pour ouvrir début 1967. Son pendant vers la Porte de Montreuil attendra décembre 1969.

Une couverture qui réunit 
En 2005-2007, une couverture de ce périphérique est venue rétablir la continuité disparue entre Paris et Les Lilas au niveau de la Porte des Lilas et du quartier des Fougères. Le projet a été réalisé en concertation entre les villes de Paris et des Lilas. Grâce à cette couverture, des entreprises, des restaurants, le cinéma Etoile Lilas (2012), le Cirque Electrique ont pu s’installer et les habitants peuvent aussi flâner dans le jardin Serge Gainsbourg inauguré en 2010. De Paris aux Lilas, il n’y a plus qu’un pas... qu’il est redevenu agréable de franchir !





Porte des Lilas: de la Foire aux Puces au Périph  (version de travail)


Qui sait encore que, entre les deux guerres, on pouvait chiner le dimanche à la Foire aux Puces de la Porte des Lilas? C'était sur le trottoir sud de la rue de Paris, en partant de la rue des Bruyères. Sans ignorer la Foire à la Ferraille du dimanche matin, entre cette même Porte et le Pré Saint Gervais. Comme à Saint-Ouen ou à Montreuil aujourd'hui !


C’est qu’on y fait la fête le dimanche, à la Foire aux Puces ! 


C’est là que la môme Piaf, à 16 ans à peine, vient chanter avec son père pour quelques sous. C’est là qu’elle rencontre P’tit Louis, son premier amour. On y croise la diseuse de bonne aventure, l’homme orchestre avec ses clochettes, le cracheur de feu, l’avaleur de sabre. On se laisse endormir par le bonimenteur qui vous promet de retrouver les cheveux de vos 20 ans, grâce à sa Kératinisine. Plus loin, un autre camelot vous vend pour presque rien une montre en or... qu’on constate être en toc, dès le lendemain chez soi. Claude, un ancien gamin d'alors, venait y rejoindre sa grand-mère qui vendait des bonbons. A coté, il y avait un homme avec sa perche à ballons, et puis le manège qui fonctionnait toute l’année. Sur le trottoir droit de la rue de la République (ex rue du Plateau, disparue), en descendant de la Porte des Lilas vers le Pré, les biffins (chiffonniers) vendaient tout ce qu’ils avaient récupéré et parfois retapé dans la semaine : fripes, vaisselle, meubles. Quelques sous permettant à leur famille de manger. Et puis soudain au milieu des années vingt, tout s’arrête….


Paris s’étend et la fête est finie : on démolit, on reconstruit 


Le 19 avril 1919, les fortifications et leur zone ont été définitivement reconnues comme inutiles et militairement déclassées.  Paris peut s'étendre une nouvelle fois, avec le décret de 1925 qui rattache la zone à la capitale (en trois étapes: 1925, 1929 et 1930 pour notre secteur Nord-Est). Autour des boulevards des maréchaux, une ceinture de logements sociaux sera édifiée avant guerre (les HBM ou habitations à bon marché). Les pierres des murs d’enceinte détruits seront utilisées pour leurs fondations. Des squares (Butte du Chapeau Rouge..) et des terrains de sports verront le jour. Après-guerre, en 1954, sur  le versant nord de la porte des Lilas, côté 19°arrondissement, la nouvelle église Sainte Marie Médiatrice (actuelle Notre Dame de Fatima) sera érigée, à côté de l'énorme réservoir d'eau potable des Lilas (1° de Paris depuis 1863). 

 

... mais  Les Lilas rétrécissent de 20 ha

 

Dans cette affaire, la commune des Lilas est amputée d'une vingtaine d'hectares. Les terrains habités (rues de l'Aviation, de l'Amodion, du Parc, des Peupliers, de la Prévoyance et au début de la rue de Paris) deviennent parisiens du jour au lendemain. Les baraques, cabanes et roulottes du début voisinaient par endroits avec de vraies maisons en dur, les propriétaires ayant parfois obtenu une autorisation de construire tout à fait officielle.  Les zoniers sont peu à peu expropriés et quittent leur logement, avec des indemnités quasi nulles.

D'autres peuvent rester, en  payant un loyer à la ville. Ils finissent par être expulsés, pour les derniers dans les années 1950, sans pour autant pouvoir bénéficier de relogements en HBM, les loyers étant toujours bien trop chers pour eux. Les Lilas devront faire face à la crise du logement, aggravée par la surpopulation due à ces expulsions (officiellement 177 personnes recensées en 1921). On ne regrettera ni les habitations précaires, ni l'insalubrité de la zone, sans eau ni gaz ni électricité.  Mais ses habitants ont peut être moins apprécié de se faire déloger.

 

Le périphérique, une nouvelle ceinture pour Paris

 

Une idée en 1925, un  projet en 1943, un plan en 1954 : un  boulevard périphérique de 35 km sera construit finalement, de 1956 à 1973, sur l'emprise des terrains annexés de la zone. 

Le tronçon  Porte de St Ouen - Porte des lilas sera inauguré le 28 décembre 1966 par Georges Pompidou, pour ouvrir début 1967. Son pendant vers la Porte de Montreuil attendra décembre 1969. Depuis, une couverture de ce périph en 2005-2007 est venu rétablir la continuité disparue, entre Paris et les Lilas, aux niveaux de la porte des Lilas et du quartier Fougères.

 

Que la fête continue !

 

On ne prendra plus de bon temps, comme auparavant, au cabaret "la Caisse d'Epargne" (maison Hallope), au Bal de l'Etoile du Berger, au coin de l'avenir Pasteur ou au Casino du 2 rue de paris, juste en bas des fortifs. Aujourd'hui on va plutôt au cinéma Etoile-CGR (2012), dans les restaurants (pub le Corcoran, restaurant Sur le toit..) ou au Cirque électrique (2010), en face du jardin écologique Serge Gainsbourg (2010). Autant de nouveaux lieux qui ont pu se créer grâce à la couverture du périph de 2007. De Paris aux Lilas, il n’y a plus qu’un pas... qu'il est redevenu agréable de franchir !


      
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