Naissance des Lilas - Un premier Conseil municipal... impérial
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Le dimanche 27 octobre 1867, se tenait rue de Paris, déjà, le premier Conseil municipal de la jeune commune des Lilas, née le 24 juillet de la même année.

 Au programme, prestation de serment, travaux, fiscalité et renumérotation de la rue de Paris. 27 octobre 1867. L’Empire de Napoléon III est à son apogée. Les grands travaux du baron Haussmann, le Préfet de Paris, sont pratiquement terminés. Le Paris des 20 arrondissements est créé depuis 1860 avec l’annexion de la première couronne. La Tour Eiffel n’existe pas encore. La voiture non plus… 

On est dimanche, il est 15 heures. Au 45 de la rue de Paris se tient le premier Conseil municipal de la nouvelle commune des Lilas. Sous la férule du premier Maire M. Guérin Delaroche, ancien Maire de Romainville, 18 des 19 premiers Conseillers municipaux (l’un d’eux est malade) nommés, comme le Maire, par le Décret impérial du 5 octobre, se préparent à prêter serment. Celui-ci est lu à haute voix : "Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur". Puis un à un, les 18 Conseillers présents prononcent debout, la main droite levée, les mots sacramentels "Je le jure".
Un programme chargé 


La formalité remplie, le Maire déclare le Conseil municipal des Lilas régulièrement installé et la première délibération peut avoir lieu. Pas moins de 10 points sont à l’ordre du jour. Le Conseil aborde tout d’abord la question du cimetière : une commission est nommée, chargée de rechercher sur le territoire de la commune un terrain à acquérir pour créer le cimetière. Une seconde commission est chargée de préparer l’établissement d’un "octroi municipal et de bienfaisance". A l’époque, toutes les villes de France prélèvent des taxes d’octroi à l’entrée. Ce prélèvement fiscal sur la circulation des marchandises alimente les caisses de la commune. Puis, une troisième commission se voit missionnée pour "choisir une maison convenable" pour y établir la Mairie et les écoles communales et "les locaux nécessaires aux autres services civils et religieux de la commune". 

Dix nouveaux candélabres 
Ensuite, il s’agira d’autoriser le Maire à s’opposer à des travaux de canalisation menés par Paris faisant éprouver aux Lilasiens "un trouble assez grave" ; d’exiger des exploitants de carrières de remettre en état un chemin vicinal et deux sentiers détruits par des éboulements ; de faire installer par la compagnie du gaz parisien 10 nouveaux candélabres dans une partie de la ville mal éclairée ; de récupérer 7 à 8.000 pavés de rebut auprès du Préfet de la Seine pour la réfection d’un trottoir ; et enfin de nommer « Rue de Paris » la route allant de Paris jusqu’à Romainville, auparavant partagée par 3 communes, et d’en effectuer la renumérotation. Un projet que le Maire propose de financer par une souscription auprès des riverains. L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.

 En ce 27 octobre 1867, il aura été question de travaux, de voirie, de fiscalité, de défendre les intérêts des Lilasiens… Amusant de constater que 150 ans plus tôt, les préoccupations locales des Lilasiens n’étaient pas si éloignées des nôtres….