Résister à la vague brune - Henri Messager

Ce mois-ci, un habitant des Lilas, s’est intéressé à une plaque commémorative dans le passage des Sablons. Intrigué, il s’est plongé dans les archives de la Défense à Vincennes pour raconter la trop brève existence d’Henri Messager, résistant et mort en déportation.
 AUDIO 

Franc-tireur partisan
Né le 9 avril 1913, Henri Messager habitait aux Lilas, au n°15 du passage des Sablons. Il était peintre en bâtiment, marié, père de deux enfants. Franc-tireur partisan (FTP) dès 1941, sous le pseudonyme de Dupré, il est rattaché aux Forces Françaises de l’intérieur (FFI), dans le groupe du XVe arrondissement de Paris, au début de l’été 1942. D’après l’un de ses chefs, Laurent Armand, ancien responsable régional FTPF, il a d’abord "fait de la propagande anti-allemande par tracts et inscriptions et au mois de mars 1941, notre camarade Messager devenait membre des FTP". Après plusieurs attaques contre l’occupant, il est nommé responsable de plusieurs groupes, ce qui correspond au grade de Lieutenant.
Arrêté devant l’usine Citroën 
En 1942, la résistance s’intensifie et l’occupant, en retour, accroît sa politique répressive par des arrestations massives et des prises d’otages. Il y a 75 ans, le 27 août 1942, Henri Messager est arrêté pendant qu’il assurait la protection d’une manifestation devant les portes de l’usine Citroën, place Balard, afin d’empêcher le départ des ouvriers pour le STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne. Il est interné à la Santé puis à Fresnes et enfin à Compiègne. Il est déporté en Allemagne le 24 janvier 1943. Il fait partie d’un convoi de près de 2000 militants, comportant une très forte majorité d’hommes au départ de Compiègne. Ce convoi se scinde en deux pour se voir grouper ensuite -pour les femmes- dans le fameux "convoi des 31 000" qui emportait les résistantes communistes (Charlotte Delbo, Danielle Casanova, Marie-Paule Vaillant-Couturier…).
Mort dans un camp ou sur la route 
Les conditions dans lesquelles est décédé Henri Messager sont méconnues. Le Registre des décès de la Ville des Lilas, où il résidait 15 passage des Sablons, le donne décédé à Oranienburg, ce qui semble conforme à l’arrêté officiel du 3 juillet 1995 qui situe son décès dans ce même camp. Mais les arrêtés de juillet 1995 sont connus pour être imprécis. Une fiche du 2e bureau du Ministère des prisonniers et déportés, de janvier 1946, indique bizarrement "déporté à Buchenwald" et précise : "achevé par les SS alors qu’il partait avec l’armée russe". Monsieur Bortzmeyer évoque également d’autres archives de son dossier militaire, qui indiquent un décès le 24 avril 1945, "au cours d’un transfert entre deux camps" ou "sur une route le 24 avril 1945".


Une plaque commémorative a été installée en hommage à Henri Messager dans le passage des Sablons.