Société de défense et d’illustration de la langue française

 
Les Bibliophiles de France, société créée en 1948 par la fusion de différentes associations beaucoup plus anciennes, réunit des amateurs qui ont porté au premier rang la défense et l’illustration de la littérature en langue française.

Son objectif est l’édition d’ouvrages de bibliophilie en tirage limité, réservés à ses membres, et répondant à des critères de qualité très élevés quant à la typographie, à la mise en pages et à la gravure.









Vient de paraître (septembre 2012) :

Chancah de Jean-Marie Gustave Le Clézio, illustré de lithographies de Tony Soulié.


Chancah est la première ville du recueil Trois villes saintes de J.M. G. Le Clézio, publié en 1980 (Gallimard). 

« Ce sont des villes antiques, aztèques ou mayas, que Le Clézio chante durant son trip mexicain des années 1970. Tout tourne autour des dieux morts, ceux qui faisaient venir la pluie, sans laquelle nulle vie n’est possible. Les envahisseurs blancs ont vu, sont venus, ont vaincu, et la sécheresse s’est installée avec la fin des hommes. Mais, pour Le Clézio, les lieux terrestres où sont nées les civilisations, ne sauraient mourir. Ils attendent. Qu’un autre peuple ou d’autres circonstances permettent la renaissance. » (sur argoul.com)



Publications des Bibliophiles de France :

1948             Contes et nouvelles de Denis Diderot, bois de A.J. Roulet.

1949-1950   La Célestine de Fernando de Rojas, lithographies en couleurs de Maurice Lalau.

1950             Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud, eaux-fortes de Lucien Coutaud
                      (publié avec les éditions Overseas Book-Lovers, New York).

1951             Le Bouc étourdi de Paul Vialar, eaux-fortes de Claude Hertenberger.

1952             L’Oiseau de Jules Michelet, eaux fortes d’André Jacquemin.

1953             L’Iliade d’Homère, burins d’Albert Decaris.

1955             L’Ensorcelé de Jules Barbey d'Aurevilly, lithographies en couleurs d’André Minaux.

1956             L’Écornifleur de Jules Renard, pointes sèches de Jacques Boullaire.

1957             Remorques de Roger Vercel, lithographies en couleurs de René Genis.

1959             Manosque des plateaux de Jean Giono, eaux-fortes d’Aymar de Lézardière.

1962             Le Bestiaire de Guillaume Apollinaire, lithographies en couleurs de Jean Picart Le Doux.

1964             Gustalin de Marcel Aymé, lithographies en couleurs de Guy Bardone.

1967             Du monde entier de Blaise Cendrars, eaux-fortes de Jacques Ramondot.

1969             Apocalypse de Jean, lithographies en couleurs de Simon Segal.

1972             Parallèlement de Paul Verlaine, eaux-fortes de Michel King.

1974             Canisy de Jean Follain, lithographies en couleurs de Pierre-Eugène Clarin
                     (publié sous le nom des Bibliophiles de France et de Normandie).

1976             Les Mascarades de Pierre de Ronsard, eaux-fortes en couleurs et en noir d’Édouard Pignon.

1978             La Longue Histoire d’André Dhôtel, eaux-fortes de J.J.J. Rigal.

1980             Benito Cereno d’Herman Melville, eaux-fortes d’Érik Desmazières.

                     Sterne des solitudes de Juliette Darle, sérigraphies de Patrice Pouperon.

1982             Le Marquis de Bologne par le Marquis de Foudras, lithographies en camaïeu de Christian Lernould.

                     Guitare d’Eugène Guillevic, bois en couleurs de Gérard Blanchet.

1984             La Route de Julien Gracq, eaux-fortes de Jean-Michel Mathieux-Marie.

1986             La Voie du guerrier de Vincent Bardet, eaux-fortes en couleurs d’Alain Bar.

1989             Situations de New York de Jean-Paul Sartre, lithographies en couleurs de Gottfried Salzmann.

1991             Le Diamant de l’herbe de Xavier Forneret, eaux-fortes de Proszynska.

1992             Jean de Noarrieu de Francis Jammes, lithographies en couleurs d’A.D Steinlen.

1994             XXIV sonnets de Shakespeare traduit par Yves Bonnefoy, eaux-fortes de Zao Wou-Ki.

1996             Trois nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar, burins d’Hélène Nué.

1997             Fête des arbres et du chasseur de René Char, plaquette éditée pour le 50e anniversaire de la Société.

1998             Corsica de Kenneth White, édition originale, gravure sur carborundum de Jacqueline Ricard.

2000             Libation pour le siècle de Philippe Delaveau, édition originale, gravures en taille douce et calligraphies de Julius Baltazar.

2002             Trois contes de Hans Christian Andersen, gravures en taille douce de Catherine Keun.

2004             Pierres réfléchies de Roger Caillois, aquatintes de Christiane Vielle.

2006             Hosties noires de Léopold Sédar Senghor, lithographies de Nicolas Alquin.

2008             Ne me quitte pas de Jacques Brel, gravures en couleurs de Dominique Van Der Veken.
 
2010             Des confitures de Nostradamus, préface inédite de Michel Chomarat, gravures à la manière noire en couleurs de Mario Avati.

2012            Chancah de Jean-Marie Gustave Le Clézio, illustré de lithographies de Tony Soulié







 

Zoom sur...

Des confitures

En 1961, Mario Avati illustra de 25 manières noires Aphorismes, menus & variétés d’Anthelme Brillat-Savarin pour Les Francs bibliophiles. Cet in-8 sur Rives, tiré à 175 exemplaires, pouvait être truffé d’une des 15 suites des gravures sur Japon Hosho. 

49 années plus tard, Les Bibliophiles de France éditent 11 des 30 recettes de confitures et de gelées extraites du Traité des fardements et des confitures de Nostradamus avec des gravures de cet artiste. Depuis longtemps, Avati portait en lui l’illustration de cet autre texte de cuisine puisqu’il en grava les 12 cuivres en 1998 et qu’Olaf Odalie en avait tiré les épreuves essais. Depuis, ces images étaient dans le secret de son atelier de la cité Vaneau. Décédé en février 2009, pendant la création de cet ouvrage, l’artiste ne le vit pas terminé. Nostradamus n’est pas seulement l’écrivain des Prophéties, il est aussi celui du Traité des fardements et des confitures, composé entre armillaire et lunette astronomique. 

Michel Chomarat évoque l’histoire de cet ouvrage, rappelant que ces desserts s’adressaient « au feu Roy François tel la gellée de coings ou aux grands Seigneurs comme la gellée de guignes ». Les recettes – citron orengeat, limonz & orenges, poires confites, gellée de coings, amandes confites, gyngembre verd, courdes, guignes amarènes, guignes rubis, guignes délicates – dialoguent avec les manières noires très délicates de figues, citrons, fraises, pêches, poires, noisettes, noix, pastèque, framboises, rose et cerises, autant de fruits ou de fleurs entrant dans la composition de confiture ou de gelée. Les fruits sont représentés entier ou en quartiers, dans une grande économie des couleurs aux teintes très douces. 

Le texte de l’édition lyonnaise de 1555 d’Antoine Volant a été imprimé en vieux français, concédant plus de charme à la lecture des recettes.

Et maintenant place aux bassines de cuivre, écumoire, « succre et cartiers de fruits » pour cuisiner comme il y a 456 ans.

Gilles Kraemer

(Article paru dans Art & Métiers du Livre, n° 283, mars-avril 2011 - rubrique : livres d’artiste)

Fiche technique :

Des confitures. Nostradamus. Préface de Michel Chomarat. Gravures à la manière noire en couleurs de Mario Avati tirées par Olaf Idalie à Paris. Composé au plomb en Jaugeon corps 13 et 16 et imprimé sur BFK Rives 250 gr sur les presses de l’Imprimerie nationale sous la direction de Christian Jourdain. 

Achevé d’imprimer le 30 septembre 2010. Format 22 x 23 cm. Éditions Les Bibliophiles de France. Tirage à 125 ex. (15 réservés, 100 nominatifs et 10 collaborateurs). 25 suites sur Lana 300 gr. Etui par Paxion. 

Renseignements auprès de : biblioph.defrance@gmail.com.