Petits extraits

Luna murmura quelques mots à l’oreille de Persée et sortit. Ensuite, elle partit visiter Paris et ses environs, traversa un parc, quand soudain quelque chose attira son attention : une femme était assise sur un banc, un landau trônait devant elle d'où l'on pouvait entendre des pleurs d'enfants. Elle tremblait comme une feuille, et regardait droit devant elle. Luna s’avança avec prudence. La Déesse arriva au niveau du landau, y jeta un coup d'oeil, et put observer la forme d'un bébé emmitouflé dans plusieurs couches de couvertures. Elle s'approcha ensuite de la femme, regarda ses yeux, ferma les siens, et, après quelques instants, la vit penchée sur le landau, jouant avec son bébé. Un homme encapuchonné vint, s'assit auprès de la femme qui stoppa net. Par la suite, elle tourna la tête et plissa les yeux pour mieux voir qui se trouvait sous le capuchon. À cette seule vue, elle poussa un petit cri d'effroi, commença à trembler de tout son corps, et se figea.
L'homme se transforma en ombre, puis disparut dans le berceau. Luna avait déjà senti une présence hostile derrière elle, mais n'avait pas réagi ; quand elle rouvrit les yeux, elle entendit une voix lugubre dans son dos:
- Bravo, vous m'avez trouvé ! Qui êtes-vous pour avoir de si grands pouvoirs ?
- Je suis l'Impératrice des Dieux ! Répondit Luna.
- Il n'y a pas d'Impératrice des Dieux ! Fit l’inconnu d’une voix tonitruante.




Ils avancèrent ainsi dans la pénombre, avec un étrange vent glaçant dans le dos. Finalement, ils arrivèrent dans une clairière ; au centre de celle-ci, trônait un gigantesque marronnier. Nathan demanda alors :
- Combien d'années cet arbre a-t-il ?
- Au moins 200 ans ! Avoua-t-elle. Je n'ai jamais eu le courage de le faire couper.
- 200 ans ! Comment cela est-il possible ? Questionna Louis-Philippe.
- « D'après la légende, un farfadet a habité dans cet arbre. Un jour, une jeune fille se perdit dans la forêt, et se reposa à l'ombre de ce marronnier. Le farfadet apparut derrière elle et lui demanda ce qu'elle faisait là. Elle lui expliqua qu'elle venait de se marier, et que son époux lui avait demandé de cueillirdes champignons ; n'en trouvant pas, elle décida d'aller dans la forêt. Elle y découvrit de magnifiques bolets, et, comme il y en avait partout, elle choisit les plus beaux et les plus gros, mais plus elle s’enfonçait dans la forêt, plus les champignons étaient gros. Elle était à tel point absorbée par son travail qu'elle sortit du sentier et se perdit. Le farfadet lui dit alors :
- Ne sois pas triste ma petite ! Je vais t’indiquer le chemin pour rentrer au village.
Le farfadet ajouta aussi qu'elle ne se sera pas perdue pour rien.
En effet, il continua :
- Va me chercher des feuilles de trois couleurs différentes.
La jeune fille fit ce que le farfadet lui demandait. Elle vida son panier des champignons qu'il contenait, et alla chercher des feuilles. Ce n'était pas difficile, car c'était l'automne. Après une dizaine de minutes, elle revint avec son panier rempli de feuilles multicolores. Le farfadet lui expliqua alors le chemin pour rentrer au village. Quand ce fut fait, elle voulut aller chercher ses champignons. A sa grande surprise, elle trouva, non pas ses bolets, mais un monticule de pièces d'or. Le farfadet lui expliqua que c'était son cadeau de mariage. Elle
mit les pièces dans son panier et le remercia mille fois, puis elle se remit en route, en chantonnant gaiement. En effet, le farfadet lui avait donné un essuie-mains pour couvrir son panier, pour que personne ne sache qu’il contenait de l'or. À mi-chemin, un esprit malin approcha. Il lui proposa de le suivre, lui affirmant que les pièces d'or qu'elle détenait se transformeraient en pierres précieuses, bijoux et autres
merveilles. La jeune fille hésita. Mais la tentation fut la plus forte, et elle suivit l'esprit qui lui fit traverser la forêt. Ils arrivèrent alors à une tanière. L'esprit malin lui dit de passer par le trou : quand elle serait au bout du tunnel, une pièce remplie de trésors s’offrirait à elle. Elle réfléchit un instant. Toutefois, ne percevant pas la ruse, elle entra dans la tanière. Elle avança dans le tunnel de plus en plus sombre. Après un certain temps, elle s'arrêta, s’assit et s'essuya le front tout en sueur. Quand un grognement sourd lui fit tourner la tête : deux yeux jaunes la fixaient et scintillaient tels des diamants. Elle poussa un hurlement d'effroi, de stupeur et d'adieu. Quelques jours plus tard, le farfadet la retrouva dans un buisson : son corps était déchiqueté, n'avait plus d'estomac, et ses autres viscères étaient en lambeaux. Le farfadet retrouva aussi les pièces qu’il lui avait données. Il l’emmena dans son abri, construisit un cercueil en bois, et, au milieu des racines du grand marronnier, il a décidé d’enterrer la jeune femme avec l’or. On dit que le farfadet jeta un sort sur l'arbre qui ne
vieillirait plus, tant que la jeune femme sommeillerait à ses pieds. »
- C'est une très belle histoire, très émouvante, très touchante, mais il faudrait penser à rentrer. La nuit est tombée, et je n’ai pas envie de me perdre dans ce dédale d'arbres identiques ! Indiqua Louis-Philippe.
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