Qui a tué l'abbé Gélis ?
Élémentaire mon cher... !

Retour à ‎larcderoseline




Rappel des faits.
Dans les années 90 (1890 pas 1990) Trois curés de trois villages voisins du sud-ouest de la France se voyaient et partageaient un même secret...
Pourtant un jour, l'un d'entre eux s'est fait assassiné. Voilà qui a du refroidir l'ambiance !.
Une fois l'abbé Gélis de la paroisse de Coustaussa enterré, les deux abbés Saunière et Boudet,  officiant respectivement à Rennes-le-Château et à Rennes-les-bains, ne se seraient plus rencontrés.
Mais que s'est il donc passé en cette nuit du 31 Octobre au premier Novembre 1897 dans le presbytère de ce petit village proche des deux autres villages de l'Aude ?
Le crime fut particulièrement sanglant, pourtant le ou les assassins n'ont laissé aucune empreinte de pas ou de main malgré les mares et tâches de sang salissant la modeste sacristie.
Une chose est certaine, le(s) meurtrier(s) est (sont) mort(s) sans avoir jamais été inquiété(s) par la justice française.

Le mobile du crime n'a lui non plus jamais été élucidé et l'on suppose que le ou les assassins sont venus chercher un document puisqu'il n'ont rien pris de la petite fortune que recelait son logement.... La rumeur n'est du reste guère charitable quant à la dévotion pour l'argent de la part de l'homme d'église.
Le mystère se fait encore plus épais lorsque l'on sait que l'abbé Gélis n'ouvrait pas ses fenêtres pour dormir même en plein été, s'enfermait systématiquement et n'ouvrait pas sa porte sans savoir à qui il avait à faire.
Malgré tout il a été retrouvé mort dans la position du gisant, signature d'un crime commis par, ou en présence d'un homme d'église !
Aucun témoin, aucune preuve contre qui que ce soit, non rien ne pourra nous en dire d'avantage, à moins que...

Certains ont su et l'ont écrit...

Si rien n'est simple dans cette affaire, comme tout ce qui touche à Rennes-le-Château, j'ai comme l'impression que là encore tout a déjà été codé, écrit  et exposé sur la place publique sans que personne ne s'y attarde vraiment... 
Michel Lamy a heureusement fait le lien entre certains écrivains initiés et les mystères locaux. 
C'est ainsi que nous savons qu'Arsène Lupin doit sans doute son nom à deux éminentes personnes à jamais présentes (de différentes façons, certes) dans la cathédrale de Carcassonne :
Monseigneur Félix Arsène Billard, cet évêque qui a soutenu l'abbé Saunière, aux manières peu communes à ce qu'il parait, y est enterré à côté d'une statue représentant saint Lupin !

Lors de la première série d'aventures d'Arsène Lupin publiées en 1907, notre héros passe la soirée en compagnie d'un abbé Gélis dans un château qu'il projette de dévaliser de ses nombreux trésors.  
Mais pour une fois tout ne se passera pas comme prévu pour le bel Arsène Lupin puisque à la suite d'une coïncidence dont seul le destin possède le secret, son amour secret, la belle Nelly fait irruption à l'improviste prenant la main dans le pot de confiture cet homme pour lequel elle nourrit des sentiments... contradictoires ou ambigus comme on voudra. 
Arsène (permettez que je l'appelle Arsène ?) s'enfuit par un souterrain, dès que la belle Nelly tourne la tête, croyant entendre un bruit.

Son équipe et lui-même avait pourtant réussi à dévaliser avec leur méthode coutumière, cette riche demeure. 
Mais alors qu'il s'est trouvé seul en face de Nelly, il lui a fait la promesse de tout restituer à trois heures.
Parole donnée, parole tenue et lors d'une dernière entrevue en tête à tête, les deux jeunes gens ne peuvent que constater le fossé social qui désormais les sépare. Arsène laisse même voir sans le vouloir une bague de rubis à son doigt qu'il n'a pas rendu au propriétaire des lieux et qu'il conserve !
La venue annoncée d'Herlock Sholmes décide une bonne fois pour toutes le malheureux Lupin à tenter l'aventure en un endroit moins dangereux pour sa liberté.
L'histoire n'est pas terminée pour autant puisqu'un mystère demeure et Herlock (permettez que je l'appelle Herlock ?) va battre des records de vitesse pour expliquer comment trouver le souterrain (qui a servi au pillage et à la fuite d'Arsène), puis pour le visiter et enfin quitter définitivement ce lieu qui désormais ne présente plus aucun mystère à élucider... pour lui sans doute, mais pas pour nous !

C'est là que notre enquête commence et nous devons trouver les points qui vont accrocher le roman à l'histoire tragique du véritable abbé Gélis.
Sortons notre loupe et commençons notre examen.

Et maintenant je vais vous mettre en garde. 
Etant donné que je connais déjà la fin de cet article, je sais que je vais attrister un grand nombre d'entre vous pour au moins l'une de ces deux raisons :
- La première pourrait être que la pertinence de mon propos ne pourra que vous laisser sans voix en face de la culpabilité que vous jugerez évidente d'(au moins) un être que vous chérissez sans doute si vous vous intéressez au mystère de Rennes-le-Château !
- La seconde pourrait être l'immense pitié que vous aurez de moi qui aura osé vous raconter un tissu de ce que vous aurez légitimement le droit de nommer "conneries" puisque je ne dispose d'aucune preuve scientifique.
Et je vous répondrais alors, dans le seul but d'apaiser votre chagrin si faire ce peut, que tous les coupables que notre belle justice française a exécutés ne l'ont pas toujours été sur l'autel des preuves scientifiques, mais sur celui de l'intime conviction des jurés !
Certaines têtes innocentes tombèrent, il est vrai... d'autres ne l'étaient pas.

Allons reprenons notre loupe et voyons ce qu'il en est.
Il est certain que présenter un abbé Gélis dix ans après un assassinat qui défraya les chroniques locales ne pouvait pas être le fruit du hasard (de la destinée peut-être, mais pas du hasard !)
Non loin du château se trouve la forêt d'Arques, c'est là qu'Arsène fait déposer par son équipe la totalité du butin pour qu'il soit retrouvé par son légitime propriétaire "à trois heures". L'heure est précisée plusieurs fois. Pourquoi cette redondance si ce n'est pour nous indiquer une direction ; "à trois heures" signifiant à l'Est sur une carte puisque le chiffre 3 se situe à droite de tous les cadrans de montre à aiguilles.
Il est un fait que  la commune de Arques se situe à l'est de Coustaussa et de Serres.
Serres, mais que vient faire le nom de Serres dans cette explication, allez vous demander ?
Le domaine cambriolé se nomme Thibermesnil... (le "domaine du Tibre" en langage des oiseaux pourrait-on dire). 
On le sait, le Tibre, fleuve qui traverse Rome, se nommait autrefois Serra, Serres en bon français et le village de Serres qui occupe une place si importante dans le codage templier ainsi que plus tard dans celui de monsieur Plantard, se trouve entre Arques et Coustaussa. Là se trouve effectivement un petit château de province toujours habité et qui a pu inspirer le romanesque père d'Arsène Lupin.

La belle Nelly avait laissé à ce pauvre Arsène une rose lors de leur première rencontre dans une précédente histoire, rose oubliée par elle (volontairement ou non ? On ne sait pas). Puis lorsqu'elle quitte l'amoureux dépité pour la seconde fois, elle laisse derrière elle une seconde rose. Il ramasse les pétales comme on ramasse des reliques... 
Or les reliques de sainte Roseline se trouve aux Arcs-sur-Argent dans le sud-est de la France d'où elle était originaire et que tout le monde peut encore voir de nos jours

Voilà qui ne peut que nous faire penser à l'épisode légendaire de sainte Roseline ayant vécu au Moyen Age laissant échapper des pétales de roses lorsque son père la gronde en la sommant de lui montrer les restes du pain qu'elle a osé distribuer aux pauvres sans la permission paternelle. 
Tout le monde sait que le Méridien de Paris est nommée la Rose ligne dans le "milieu ésotérique" en souvenir de cette sainte. Ce que tout le monde ne sait pas, sauf ceux qui ont lu notre livre, c'est qu'il existe effectivement deux Rose-lignes. 
La première, oubliée ou ignorée du grand public, que nous avons retracée, passe à la fois par la Tour de l'Horloge de Paris et par la "Pierre levée" du hameau des Pontils, à proximité d'Arques.
La seconde, celle que tout le monde connait sous le nom de Méridien de Paris passe à quelques dizaines de mètres de là, dans le hameau même des Pontils.
Ainsi donc Maurice Leblanc connaissait l'existence des dessous de l'affaire de Rennes-le-Château !


Mais le plus intéressant reste à venir.

Une fois le bel Arsène disparu de la scène, Herlock réussit à n'utiliser que son intelligence pour ouvrir le souterrain. Après l'avoir parcouru, il en sort par la tombe du duc de Rollon, homme ayant réellement existé et très riche si j'en crois Wikipedia. Cette tombe se situe dans le roman au cœur d'une église en ruine.
Voilà un parallèle intéressant à faire entre la tombe d'un mort (un gisant ?) riche  et le véritable abbé Gélis étonnamment  riche lui aussi mais ayant été trouvé mort dans la position d'un gisant et dans un lieu appartenant effectivement à l'Eglise.

---

Pourquoi se donner tant de mal pour décrire une situation si ce n'est pour y dissimuler un secret... celui du meurtre de l'abbé Gélis ?

Maintenant examinons le mobile du crime :
Tout comme dans la réalité, Arsène ne vole finalement rien...à l'exception d'une bague sertissant un magnifique rubis. Or cette pierre a été autrefois comparée en raison de sa couleur rouge sang, au Sang du Christ.
Ainsi donc la seule chose que les assassins auraient emporté de chez l'abbé Gélis à Coustaussa aurait été un document ou quelque chose concernant le sang de Jésus. Qu'est-ce à dire ? 
- Le secret d'une descendance (du sang !) de Jésus pourrait être le fin mot de cette histoire.

En effet, le secret du souterrain du roman a été partagé par deux rois de France, les rois Henri IV et Louis XVI. Or chacun sait que ces deux monarques ont été assassinés et que leur sang a coulé.
On pourrait penser que le véritable abbé Gélis s'est finalement fait dérober le secret du sang des rois de France en même temps que sa vie... 
De là à penser que les rois de France sont du même sang que Jésus.. et de Marie-Madeleine, car si une femme peut être fécondée par Dieu (parait-il !), un  homme ne peut être père sans le secours d'une femme, du moins dans la normalité des choses.

Mais qui donc a tué le véritable abbé Gélis ?
Si nous établissons un parallèle entre les deux extrémités du souterrain du roman et ce que nous savons par ailleurs, alors nous avons d'un côté le duc Rollon dont nous savons désormais qui il représente et de l'autre un monsieur propriétaire d'un château, monsieur Devanne, désignant par son identité et, par un effet miroir avec la réalité, le meurtrier...
De Vannes pourrait être l'orthographe exacte qui indiquerait une provenance et/ou un titre de noblesse.
Quelle ville se trouve donc symbolisée par ce nom...? 
- J'ai pensé à Rennes puisque Rennes se trouve dans le département voisin de celui de Vannes. 
Comment ne pas y penser puisque ces deux villes ont toutes les deux le même statut, celui de préfecture et surtout  parce qu'il existe deux autres Rennes, Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains désignant ainsi deux abbés qui se trouvent alors en position de deux suspects.
Monsieur Devanne ne se nomme pas Devannes (avec un s) comme il aurait du logiquement se nommer, et si nous inversons tout comme il est de coutume lorsque nous avons un élément "pas logique" ou paraissant "bizarre", alors il faut peut-être comprendre qu'il vient des deux Rennes, au pluriel.

Un autre indice se trouve sur un plan du château laissé par Arsène Lupin, sur lequel est dessiné le souterrain avec d'un côté la tombe du duc de Rollon désigné par une croix (normal pour une tombe comme le soulignent les protagonistes de l'histoire) et de l'autre, la pièce où arrive le souterrain, désigné par un... cercle, sans explication du célèbre détective, ce qui nous laisse sur notre faim, non sans raison donc !
Un cercle qui accuse à mes yeux l'abbé Boudet et son cher cromleck.
On pourra objecter que ce cercle pourrait symboliser la source du cercle, à l'entrée du village de Rennes-les-bains, non loin de l'église... de l'abbé Boudet !

Dernier indice : La présence dans le souterrain de plusieurs escaliers, aussi bien dans le sens de la montée que dans celui de la descente comportant 12 marches chacun ! Or le domaine de l'abbé Saunière comporte un chemin de ronde en plein air qui se termine des deux côtés par deux escaliers de 21 marches chacun (et non pas 22 comme il est noté un peu partout, je les ai comptées à plusieurs reprises pour être bien sûr de moi).
Un escalier monte dans la Tour Magdala et l'autre descend dans la Tour de l'Orangeraie.
 (il faut tenir compte du fait que 21 à l'envers se lit 12 et que les arcanes du Tarot 12 et 21 sont également liés par de multiples contraires. Il semble que ce parallèle entre les nombres 12 et 21 ait inspiré par la suite, comme par hasard, d'autres ésotériciens qui s'en prévalent aujourd'hui. Mais là n'est pas notre affaire, je ne peux toutefois m'empêcher de penser que le hasard fait parfois bien les choses !)

Qu'a donc fait l'abbé Gélis pour déchaîner la fureur criminelle de son ou de ses collègues ?
- J'imagine qu'il a voulu vendre le secret du sang de Jésus et des rois de France à qui il ne fallait pas et pour une raison purement mercantile.
Un document ou une "pièce à conviction" devait constituer ce secret... 
Ce document ou cette "pièce à conviction"qu'il nous reste à trouver et sur lequel (sur laquelle) nous pourrions peut-être retrouver l'ADN de nos... trois abbés !
En attendant, si j'étais juge d'instruction, je mettrais volontiers l'abbé Boudet ainsi que l'abbé Saunière en garde à vue, tout en leur offrant autant d'oranges que possible, car il m’apparaît vraisemblable que l'abbé Gélis se préparait à ruiner l'oeuvre des deux abbés des deux Rennes (et pas seulement) en se préparant à commettre l'irréparable. 

Si cette aventure d'Arsène Lupin a pu être écrite alors d'autres ont pu savoir...  
Le meurtre est demeuré impuni, sans doute parce que sinon, il aurait fallu tout dire au public.
Alors, aucune empreinte digitale ou trace de pas  sur le terrain du meurtre ? Permettez moi d'en douter.
Les cigares allumés l'ont peut-être été pour masquer l'horrible odeur qui devait commencer à se dégager, après le carnage.
Lorsque la belle Nelly fait son apparition dans la pièce dévastée par les voleurs, elle ne se doute pas encore qu'elle est épiée par le bel Arsène qui se cache derrière un rideau. Ce dernier ne peut que sentir un parfum lui annonçant que l'intrus est une dame. Oui ce détail de nature olfactive a peut-être là encore un rôle d'indicateur.
 Le vin cuit consommé a pu l'avoir été lors d'une négociation qui aura finalement mal tourné.

Évoquons enfin la façon dont le ou les assassins sont entrés puisque l'on n'a retrouvé, tout comme dans le roman, aucune trace d'effraction dans le presbytère du prêtre assassiné. Toutes les ouvertures du logement étaient closes et fermées de l'intérieur.
Souvenez vous comment, dans le roman, le château est reliée à une église en ruine, eh bien dans la réalité nous avons probablement un souterrain reliant le véritable château de Coustaussa en ruine (situé non loin du village), au presbytère qui, lui, ne l'était pas. Effet miroir bien entendu, car là encore il faut tout inverser !
Comment pourrait-il en être autrement ?

Tout cela expliquerait pourquoi les deux abbés n'avaient plus trop envie de se rencontrer après cette horrible nuit.
Plus trop envie... à moins qu'on leur ait interdit de se revoir !


Revenons à Maurice Leblanc et félicitons le d'avoir bien placé ses indices.
En réalité, la victime et les assassins sont logiquement reliés par le souterrain qui les a rapproché physiquement !
Par le jeu de la superposition du roman et de l'histoire réelle, on se rend compte que :
Grâce au plan que Lupin laisse, on peut comprendre que le lieu d'où vient l'assassin dans la réalité est désigné par un cercle !   
Or en cours de route, on se rend compte que le souterrain comporte plusieurs fois 12 marches et dans les deux sens de la montée et de la descente.
L'abbé Saunière a construit son domaine et ses deux escaliers après la séparation d'avec l'abbé Boudet.
L'abbé Boudet a écrit son livre sur le "Cromleck de Rennes-les-Bains" bien avant de rencontrer l'abbé Saunière.
Deux symboles pour désigner deux œuvres de deux curés indépendamment l'un de l'autre, c'est imparable !


Jacques Lefranc



PS : Après coup je rajoute ceci : ATTENTION ne prenez pas cet article pour une preuve scientifique malgré tout. Nos deux curés ont encore droit à une part de doute de façon à leur laisser une chance de sortir blanc comme neige de cette vilaine histoire.
Ceci n'est que ma théorie, et si je suis absolument certain de ce que j'avance pour les douze marches symbolisant le domaine de l'abbé Saunière, j'avoue devoir me montrer moins catégorique envers le cercle désignant l' abbé Boudet... Mais alors pourquoi un cercle sur un plan et pourquoi ce nom Devanne ! (Deux Vannes ou plutôt Deux Rennes, une pour chacun des deux curés) ?
Si vous pensez nos curés tant aimés, coupables de ce meurtre, pensez que ce crime a pu les tourmenter de façon indescriptible jusqu'à leurs morts ! J'avoue être réellement triste. 
N'oubliez pas que l'abbé Rivière est sorti profondément choqué de la confession lors des derniers sacrements donné à l'abbé Saunière. Est-ce seulement à cause d'un secret concernant Jésus ou bien est-ce à cause de l'aveu d'un meurtrier ? (l'un n'excluant pas l'autre)

Si l'un d'entre vous pouvait me prouver que j'ai tort (et pas seulement avec l'argument massue "je ne crois pas", celui là je l'ai trop entendu dans ma vie) alors, pas de problème !  BIENVENUE AU CONTRAIRE. 
Voilà j'ai tout dit et croyez moi, je n'en suis pas spécialement très fier.




Retour à ‎larcderoseline