- Ce qui me plaît, voyez-vous, dans la vie, c’est qu’elle s’envole comme un ballon. Elle est solennelle et frivole, majestueuse et à pois blancs. Cérémonieuse. Voilà… Pompeuse, pompeuse, c’est le mot... Quel spectacle pompeux ! Elle s’envole comme une montgolfière. Ce monde, ce globe de pourpre et d’or, couvert d’arabesques brillantes, de proverbes chinois, d’hiéroglyphes de feu, de rébus arbitraires !... Autant en emporte le vent… Il faut la prendre avec cérémonie (…)
Une Montgolfière ! La voyez-vous ? (Il la montrait du doigt.) Pour les savants en noir et les badauds en rose… emportant l’homme dans sa nacelle, en bas de soie et en perruque à trois marteaux… Jamais on n’a vu tant de sérieux ni d’extraordinaires fanfreluches ! Tant d’hydrogène acoquiné avec tant d’ors ! Quel spectacle pompeux !
(…)
Quelle mappemonde !... je ne sais pas si vous sentez comme moi ?... La vie est pompeuse, Mademoiselle. C’est un spectacle du Grand Siècle.
(…)
Pompeuse, pompeuse, oui, Mademoiselle. Une montgolfière ! Et gonflée de vent !... Pure apparence ! Voilà la vie ! Pure apparence ! Et c’est précisément pour ça que c’est une chose mystérieuse !... Mais quelles dorures !
(Camille et les grands hommes)