201 Quelque chose au beau fixe comme une fin d'après midi notes lentes et verticales poste restante des élégies l'ombre portée du marcheur. Strofka
202 – Epitaphe Hurla en naissant Chantait se douchant Rimaillait se réveillant Bruitdebouchait dégustant Déclamait chemindferant Gémissait en jouissant Bégayait s’expliquant Hésita en mourant Alain Lance
203 Un chien jappe dans l'air écaillé Rien peut-être sinon la transparence Contre une porte une ombre de vigile Le soir descendu effronté Presque vif dans une rue du monde. Philippe Leuckx
204 – Asperges Un élan sur place, poussé par dessous. Elle surgit de sa butte de fine cassonade, presque à vue d’œil, perçant l’ombre de son museau aux pâleurs violettes. Une voilette d’asparagus est sa feuille de vigne, mais le pampre (ornement mythologique pour index de marbre tendre) lui irait comme un gant. André Balthazar
205 Grelots de velours grenadin comme les roses cette année furent belles dans le jardin que de belles beautés fanées La vie tourne sur ses talons nos passés n’ont plus d’avenir les jours d’aujourd’hui sont moins longs encore un peu il faut mourir allons Peut-être ferons-nous cette autre route ensemble Louis Calaferte
206 - Silence dans l'oiseau Dans l’oiseau le silence à tâtons fait son nid. C’est ainsi que le chant lentement s’élabore. Dans l’oiseau le silence et le vol se conjuguent pour élucider l’air et distancer le cri. Le pollen et l’oiseau fertilisent l’espace à force de silence sous l’aile délébile. Pour éluder l’abîme l’oiseau se fait vertige et se vêt de sa chute : le risque est sa pudeur. Marc Alyn
207 qu’avons-nous recueilli des mots brisés rien sinon l’évidence de la césure quel contre-nous siégeait entre les lignes dans la voix du poète dans les brouillons les charabias quelle lune a décidé notre affleurement. Saïd Dib
208 Juin enfantin et tendre Dans la forêt de Malgovert La limonade de la mousse La liqueur des aisselles D’une jeune institutrice Auxiliaire. Paul Vincensini
209 A la fin, l'arbre se ravise et s'oriente au-delà des couleurs. Il voit que le ciel cesse de nacrer le monde. Il tend désormais vers des certitudes sans prisme ni formule. François Jacqmin.
210 tu n’applaudis pas toujours l’entrée et la sortie de la nature le buste de ton chapeau salue tendrement la noix des portes closes ta voix est chaussée ton sirop perd connaissance entre tes limites et tes figures pousse l’algue de l’aumône vert comme la mousse d’éclair nuage mécanisé œuf dynamite jamais le vide ne sera nu le souvenir le couvre à cor et à cri tu es le sujet de l’eau douce qui s’endort dans la valise d’azur tu es l’inaction de la cuisine perfide et froide dans laquelle deux enfants doux comme une cervelle malade craignent tout de la paix de montpellier Jean Arp