la Route de la Soie

1984


Alors que le projet Europort bat son plein, les friches de l'usine attirent de nouveaux investisseurs.

jusqu'en 2015, l'import/export d’ampleur de marchandises avec le continent asiatique ne peut se faire que de deux manières :
    - par voie maritime : avec des délais d'acheminement de plus de 30 jours,
    - par voie aérienne : avec des coûts très lourds et des contraintes importantes sur les volumes.


Annoncé officiellement le 09 juin 2015 à Yutz, une nouvelle voie peut s'ouvrir : LES CHEMINS DE FER



09/06/2015 : Le vice-président de l’Europort, Jean-Charles Louis, devant le projet final d'implantation de la concession - sce Luxemburger Wort


Avec des coûts bien plus raisonnables que le transport par avion, cette nouvelle Route de la Soie mettrait le cœur de la Chine à 15 jours de l'Europe de l'Ouest avec un objectif de descendre même à 12 jours (en effet, traversant plusieurs pays, l'absence de standard dans l'écartement des rails nécessite des manipulations que les industriels cherchent à supprimer en créant des machines à écartement variable des roues pour pouvoir s'adapter aux différents réseaux ferrés).

Ce nouveau mode de transport va permettre l'import/export de marchandises et denrées entre l'Asie, l'Europe de l'Ouest, mais aussi l'Europe Centrale et l'Europe du Nord soit un potentiel économique majeur.

Pour Uckange, c'est la totalité des anciens parcs à fonte qui serait concernée (33 hectares) ainsi que 17 hectares sur le site du crassier, un projet global donc de 50 hectares qui verra s'installer :
    - des "docks" avec opérations de chargement - déchargement,
    - une douane,
    - des sociétés de transport,
    - des unités d'assemblage,
    - des sous-traitants dans tous les domaines,
    - des négociants et autres société commerciales ...


Avec 70 millions d'euros d'investissements à réaliser, au final ce sont plus de 2.000 emplois directs à créer sans compter les activités induites par l'arrivée de nouvelles familles sur le territoire (commerces, logements, ...).

A l'image du Phoenix, alors que, fut un temps, nous faisions partie du TEXAS LORRAIN, un nouvel ELDORADO est en train naître.

Uckange s'inscrit dorénavant et durablement comme un acteur incontournable de l'économie européenne.


Portés par les industriels et par un syndicat mixte composé du Conseil Général de la Moselle, de la Chambre de Commerce et de l'Industrie et du G6 (groupement de communautés d'agglomérations locales), les différents projets implantés sur les vestiges de la sidérurgie de Uckange et de Thionville (sur les bans de Uckange, Illange, Florange et Thionville), ouvrent un nouvel avenir aux territoires.


de Chengdu à Lodz - le tracé de la voie à prolonger jusque Uckange




article du Luxemburger Wort - 10/06/2015 :

Par Thierry Labro

Petit à petit, le rail fait son nid. Plus cher que le bateau, il peut être trois fois plus rapide pour aller de Chengdu, dans le Sichuan, à Illange, à 35 kilomètres de Luxembourg. Sofiane Rachedi en est persuadé. Il travaille chez Compal Electronics, un assembleur de matériel informatique de Taïwan, il y a trois ans, lorsqu’il se rend compte que les solutions logistiques qu’on lui propose ne lui conviennent pas. En mai 2013, il relance le “train de la soie” avec l’appui de deux sociétés chinoises et HA Trans, première société polonaise de logistique. Son train va de Chengdu à Lodz. L’Eurasia Express Bridge livre en 15 jours ce qu’il faudrait 45 jours pour livrer par bateau. Et encore le train doit décharger et recharger deux fois en cours de route pour s’adapter à la largeur des rails biélorusses et russes.

La tendance est désormais à 12 jours et l’homme d’affaires d’Avignon cherchait un port français pour poursuivre son impressionnant développement vers l’Europe de l’Ouest. Il se trouve qu’en novembre 2014, ArcelorMittal voulait se débarrasser de ses 185 hectares de terrain entre Illange et Uckange, dont les 90 hectares du Gassion qu’il devra dépolluer d’ici trois ans. 

Un syndicat mixte voit le jour, composé de représentants des six communautés d’agglomération, du Conseil général de Moselle et de la Chambre de commerce de Moselle, qui décide de profiter de la localisation du port d’Illange, au carrefour des axes nord-sud (Amsterdam-Marseille) et est-ouest (Le Havre-Strasbourg) par rail, du fluvial entre les ports de la mer du Nord (Rotterdam, Anvers, Zeebrugge), des autoroutes et de l’aéroport de Luxembourg, pour placer son concept et met 5,8 millions d’euros pour récupérer le terrain, qui devrait faire l’objet de 70 millions d’euros d’aménagement. 

Reste à savoir qui les investira puisque l’heure est plutôt à la réduction des subventions publiques, que le préfet qui avait promis 4 millions d’euros de l’Etat est sur le départ et que le flou encore le plus complet entoure les subventions de l’Union européenne.

70 millions d'investissements pour 2.000 emplois

C’est au salon de la logistique de Munich, début mai, que l’affaire se conclut pourtant avec la volonté d’aller vite. Peut-être même avant l’été, a laissé entrevoir le vice-président du syndicat, Jean-Charles Louis, “le pape de la logistique” comme son employeur le surnommait autrefois, hier à l’occasion de la présentation du projet. Mieux même, le premier train de 40 conteneurs partirait d’Illange chargé de produits alimentaires dont les Chinois ont besoin! 

Pour les Mosellans, l’intérêt n’est pas seulement dans le transport des produits dans un sens ou dans l’autre mais aussi dans leur assemblage, sur le site même de l’Europort, comme le Delta 3, la plate-forme multimodale de la banlieue de Lille, inaugurée il y a 12 ans et qui a permis de créer 3.000 emplois sur une surface équivalente à celle d’Illange, où l’on parle d’un objectif de création de 2.000 emplois. Visiblement, M. Rachedi y croit puisqu’il a injecté 8 millions d’euros dans le projet, sans que son banquier suédois ne sourcille: les volumes transportés ont augmenté de 25% ces dernières années.



Comments