Eglise Sainte Barbe et Grotte Mariale

Uckange a compté au moins 4 églises Catholiques successives, toutes situées au même endroit, les nouvelles remplaçant les précédentes



          Sur les 2 premières, il n’existe pas de renseignements les décrivant, l’on sait juste que c'était le point central du hameau de la Haute-Uckange. D'abord en bois, elle fut remplacé par un édifice en pierre.

 

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            Pour la dernière, placée sous l’Egide de Sainte BARBE, dont elle porte le nom, et de Saint Jean-Baptiste, tous deux Saints-Patrons d’Uckange, les renseignements sont par contre très conséquents :

 

            Les deux dernières églises ont été l’objet de nombreux travaux de rénovation.

            En 1707, le sieur JEAN, Abbé de Hayange, constata l’urgence des travaux à réaliser soulevé en 1706 dans le projet de Pierre BETTO, maître architecte bourgeois de Thionville qui prévoit, en plus des travaux sur Uckange, la réfection des églises de Florange, Angeviller et Fleurange. 

        L’église est le seul bâtiment du village pouvant offrir à ses habitants l’asile lors des batailles qui rythmaient la vie du comté. Aussi, à chaque danger, les Uckangeois s’y réfugient pour y passer quelques heures ou plusieurs jours. La vie qui s’y organise dégradera fortement l’édifice, on y dort, on y vit et on y cuisine, le foyer réchauffe les corps mais endommage irrémédiablement les murs et le mobilier.

        Toutefois ce ne sera qu’en avril 1740 que les travaux furent entrepris, il faut alors raser la nef et la reconstruire à neuf. Pendant cette période les  offices religieux seront dispensés dans le grenier de la maison des jésuites. Béni le 9 octobre de la même année, le nouvel édifice put à nouveau recevoir les fidèles. L’hôpital de Thionville contribuera au financement de la reconstruction pour une somme de 500 livres, sur les 2.395 de la facture, versée en 1742.

            Les travaux seront confiés au Sieur Jean COFFE à la suite d’une adjudication du 20 avril 1740. L’acte de cette adjudication est  fort intéressant car la procédure diffère complètement de ce que nous pouvons connaître maintenant. En effet, l’Appel d’Offre consiste pour un entrepreneur à faire un devis complet des travaux sollicités avec un prix final tenu secret, les donneurs d’ordre ont alors la charge de choisir le meilleur rapport qualité et de ne retenir que les dossiers donnant satisfaction sur cet unique point.  En 1740, l’on pratique  le système des  enchères  inversées.  Ainsi,  7 maçons, essentiellement de Thionville, se sont livrés à une sous-enchère de leur devis en démarrant de 6.000 livres pour aboutir à la somme de 2.395 livres ( ! ) proposée par Monsieur COFFE.



            Un inventaire complet du 12 juin 1766, sous la tutelle de l’abbé SAINSIGNON, vicaire général du diocèse de Metz, permet de découvrir le patrimoine exact à cette époque. Un relevé exhaustif des 4 pages ne présente pas un grand intérêt, pourtant on pourra retenir les éléments suivants :

            L’église est constituée d’un Autel de la Nativité, une Chaire à prêcher, un Chœur, un confessionnal, un Autel de la Vierge et un autre à St Jean, plusieurs Fonts baptismaux, deux bénitiers à l’entrée, une sacristie, un clocher …

            Les biens meubles sont constitués entre autres de deux calices, un ciboire, un cierge, deux chasubles, trois écharpes, quatre aubes, deux croix, quatre bannières …

            Les échevins ont même à leur disposition deux bancs situés à côté des autels de la Vierge et de St Jean pour « surveiller les petits enfants et les contenir … pendant l’office ».

            Le cimetière est situé autour de l’église et possède un ossuaire, une partie est dédiée aux tombes des enfants morts sans baptême.

            L’ensemble est soit en bon état soit « tout y est décent ». Pour ce qui est des tableaux ou sculptures représentant les Saints, il sera toutefois signalé que le Missel et un graduel sont à remplacer et il faut des cordes aux cloches.

            Ce document est signé du Curé d’Uckange (l’Abbé DUBOURG DUMESNIL), de Jean-Claude COUVREUR (habitant de la commune), de Jean MIRSCHE et de l’abbé Curé de Beuvange (Archiprêtre de Thionville).


            Une des statues qui ornait l’église est aujourd’hui exposée dans une cours du cloître reconstitué au musée de Metz.

 



           La Commune achètera à Jean BROUQUART un bâtiment comprenant une maison, une grange, une écurie et un jardin par acte notarié du 29 Vendémiaire de l’an 12 (1803) pour 1772 livres, « 1750,12 francs au cours de la République » par devant Maître MARCHAL à Thionville. Cette propriété devint le presbytère.

 

            En 1819, on apprend par l’abbé STEPHANI, Curé de Thionville, que l’Eglise et la Sacristie sont dans « un état actif parfait », seul le ciboire doit être remplacé car il a perdu son couvercle. Pourtant quelques améliorations doivent être apportées à l’édifice, un de vis de 1822 prévoit un budget de 2.200 francs pour des agrandissements.

 

novembre 2014


            Les travaux de reconstruction à la fin des années 1860, ne sont pas tout à fait conformes aux plans qui avaient été décidés en 1867. Les travaux portaient sur la reconstruction à neuf du Transept, du Chœur, de la sacristie et du clocher. Les murs de la nef devront également être consolidés par des contreforts extérieurs et des piliers intérieurs.

            En effet, on découvre dans une lettre du 20 juin 1869, que Louis BECKER, Maire d’Uckange et représentant de la commission de surveillance desdits travaux, a été informé par le Préfet que les diverses parties du plan sont déposées au presbytère et qu’à cette date les murs du chœur et de la nef « sont à hauteur », la commission ne pouvant donc que constater l’avancée du chantier. Ces travaux furent achevés avant la guerre de 1870, pour un coût de 40.800 francs, les paroissiens participèrent au financement à hauteur de 13.473 francs.


            Il est à noter que dans l’étude initiale de 1867, le devis faisait état de 21.040,56 francs, soit près de la moitié du coût définitif.

            Ils portaient sur les planchers de la nef, de la sacristie et du clocher, sur les lambris du plafond de la nef, et le remplacement de la couverture de la toiture pour remplacer les tuiles par des ardoises doubles. Ce seront les reconstructions à neuf qui entraîneront sur ce surcoût.

            La Commune a également participé sur ces travaux à hauteur de 6000 francs. Les revenus du village sont très modestes et cette somme provient de la vente en 1854 de parcelles de terre aux Chemins de Fer de l’Est pour qu’ils puissent y construire la voie ferrée. Ces 6000 francs auraient du être destinés à l’édification d’une « salle d’asile », mais le conseil municipal préféra l’entretien du bâtiment religieux par décision des délibérations du 5 juillet 1857, offre faite à la condition que la grange de l’église soit rendue à la Commune pour y entreposer les pompes à incendie, et c’est ainsi qu’est donc née la première « caserne » des Pompiers d’Uckange.

 

            Un certain nombre de travaux d’entretien ou de remplacement a été réalisé au cours des siècles. On notera, par exemple, que les Etablissements E. DEMANGE eurent la tâche de décorer la nef et le transept courant 1903, travaux achevés à la mi mai, en 1930 des planchers ont été réalisés par le menuisier Uckangeois, Monsieur HAQUIN.


plaque en bois du mobilier de la sacristie - mentions de l'ébéniste en 1907


             Les travaux continuent toujours : en 2012 l'intérieur est repeint, en 2014 révision de la toiture ...

 

           été 2012


            Dès le 19 août 1823, l’église acquière une horloge à cadran unique pour 600 francs. En 1890, le clocher s’est équipé d’une nouvelle horloge avec un cadran placé sur chacun des quatre côtés, elle se met alors à égrainer au son des cloches, les heures et les demies, mais elle connut rapidement le chômage. En effet, le Curé PERRIN a décidé pendant un temps de conserver la clé du mécanisme rendant ainsi impossible son remontage.

 

            1910, dans le rapport de l’ordonnance de Willibrord BENZLER, évêque de Metz, pour la visite canonique du 9 novembre 1909, est évoquée l’ouverture des portes latérales de chaque côté du clocher que l’on peut voir aujourd’hui.




 

            La grotte de Lourdes, représentant l’apparition de la Vierge à Bernadette SOUBIROU, ne sera construite qu’en 1923 pour la somme de 21.867 francs. Elle fut le lieu de pèlerinages qui attirèrent de très nombreux fidèles, par exemple en 1933, près de 4.000 pèlerins y chantèrent « les louanges de Marie ». Le premier pèlerinage Marial à Uckange a vu le jour en 1876, c’était l’un des tous premiers de France.

Pèlerinage, environ 1920


et aussi l'un des plus important, rassemblant des milliers de fidèles dans la ferveur catholique sur des décennies


Pèlerinage, environ 1960




            Le premier Coq, symbole emblématique et incontournable en son temps, qui orna le clocher de l’église fut fabriqué par un Uckangeois, on ne sait pas exactement à quelle date, toutefois elle peut être située entre 1761 et 1788 car il y fut gravé le nom de Bernard FRIEREN, Maire de la Cour de Justice de Pépinville (dont Uckange) - les dates étant celles de son mandat.

            Un nouveau Coq a été réalisé pour la girouette en 1948 ou 1949, ce dernier a été déposé et remplacé. Il est conservé par un ancien membre du Conseil de Fabrique.


MAI 2014 - coq girouette faisant également office de paratonnerre - une étude a mis en évidence que cette installation était radioactive, cela nécessitera une attention toute particulière pour son remplacement.


            Parmi les Présidents de ce Conseil, on relèvera tout particulièrement que les rapports signés de Jean VEBERT s’étalent sur une période de 82 ans jusqu’en 1930 ! Cette étonnante longévité n’a pas laissé de me surprendre, après recherches, il s’avère en fait que ce sont succédés à cette tâche le grand-père, le père et le fils VEBERT, tous trois ayant, comme ce fut la coutume dans beaucoup de familles, le même prénom. A ce jour, la présidence est confiée à Monsieur BERINGUES qui succède à Madame Yvette FRENTZEL, veuve de l’ancien Maire d’Uckange.

 



              Ce Conseil de Fabrique, depuis toujours composés de paroissiens, eut et a encore la charge d’administrer financièrement l’édifice religieux et d’en préserver le patrimoine.

 

Les comptes, suite aux legs de Lucien ARCHEN et Jeanne BECKER, derniers représentants des plus anciennes familles d’Uckange , permettront la restauration des peintures des murs intérieurs durant l'été 2012 et d'autres travaux d'envergure.

Qu'il leur soit rendu un hommage tout particulier.

 

 

 

2005

 

 

 

             Büro Klein & Loosen   1911



EGLISE ET GROTTE MARIALE


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