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Album de poésies de Julie Jaffiol (Anduze, 1902-1919)




Julie Jaffiol, née en 1888, est une tante de François Mossand, (voir ses cahiers de dessin), lui-même gendre d'Andrée Méline, notre écolière modèle.
Julie habitait Anduze, dans les Cévennes.
Sur cet album de poésies,  sa tante, ses sœurs, sa cousine et ses amies ont composé de nombreux poèmes. Les pages sont ornées de chromos découpis et de jolis dessins.
Dimension : 17,5 x 27,5 cm


Les pages de l'album


Album de poésies de Julie Jaffiol

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Les poèmes retranscrits



Souvenir à ma nièce

Je voudrais avoir autre chose
Que quelques vers à t'offrir
Mais je n'ai pas même une rose
A te donner en souvenir

Cependant garde cette page
Où j'écris ce que me dit mon cœur
Peut-être un jour dans un autre âge
La liras-tu avec bonheur

Bien que sa place soit petite
Elle restera plus longtemps
Qu'une rose qui flétrit vite
Et qui ne dure qu'un printemps

En relisant ces quelques lignes pense quelquefois chère Julie à ta tante qui t'aime et t'aimera toujours

Lydie Jaffiol


Anduze le 3 Février 1902

Souvenir

Si une blanche marguerite
Se présente sous tes pas
Effeuille la pauvre petite
Elle ne te trompera pas
Elle te dira que je t'aime
D'abord un peu et puis beaucoup
Mais jamais dans la douleur même
Elle ne dira point du tout

Une amie qui t'aime
Julie Chaptal


Anduze le 10 Février 1902

A une amie

Plus puissant qu'une amie
Plus tendre qu'une mère
Toujours auprès de toi
Se trouvera Jésus
Tes larmes, tes soupirs, ta plus faible prière
Parviendront à lui
Par lui seront reçus
Doux et compatissant, de son trône de grâce
Il t'appelle et te dit : "Ouvre moi tout ton cœur"
Il est puissant et bon et jamais ne se lasse
D'écouter, de bénir, de sauver les pécheurs

Une amie qui t'aime
Nancy Teissonnière


Anduze le 24 mars 1902

A ma nièce Julie

Appuyée ce matin au bord de ma fenêtre
J'admirais en rêvant le soleil se lever
Voici qu'un papillon voltigeant sur ma tête
Qui de ma rêverie est venu me tirer

Il m'a dit de sa voix si sublime et si tendre
Ne regarde pas tant ces astres radieux
Ecoute ces oiseaux qui viennent tous se rendre
Pour t'annoncer en chœur un jour des plus heureux

Ecoute-les chanter c'est aujourd'hui la fête
De celle que tu aimes à avoir près de toi
De celle que tu dis je donnerais ma tête
Plutôt que de la voir s'éloigner loin de moi

Combien à ce discours j'ai senti mon cœur battre
J'ai réfléchi longtemps sur ce qu'on m'avait dit
Et je suis devenue plus blanche que l'albâtre
Tout en me reprochant un si funeste oubli

Ne pense pas pourtant oh ! ma bien chère nièce
Que de mon souvenir tu te sois éloignée
Non car j'aimerais mieux te consacrer ma vie
Plutôt que de penser que je t'ai oubliée

Aussi dans ce beau jour qui marque tes années
Ai-je formé pour toi des vœux les plus ardents
Si toutes mes prières ont été exaucées
Sois assurée Julie que tu vivras longtemps

Regarde moi toujours comme une tante sincère
Qui partage tes joies tes malheurs tes plaisirs
Qui te consolera lorsqu'une larme amère
Viendra mouiller tes yeux et changer tes désirs

Et puis lorsque Dieu réclamera notre âme
Et que pour quelque temps nous pourrons nous revoir
Nous sentirons alors une secrète flamme
Qui viendra répéter ce doux mot : "Au revoir"

Ce revoir aura lieu dans la sainte demeure
Où nous serons de plus en plus bénies
Nous n'aurons plus à craindre alors la dernière heure
Nous serons à jamais pour toujours réunies

Ta tante qui t'aime
Lydie Jaffiol


Anduze 24 mars 1908

L'écho

Rôdant, triste et solitaire
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! »
L’Écho m’a répondu : « Bah ! »

« Écho, la vie est méchante ! »
Et, d’une voix bien touchante,
L’Écho m’a répondu : « Chante ! »

« Écho, Écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’Écho m’a répondu : « Crois ! »

« La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »
Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »

Comme l’Écho des grands bois
M’a conseillé de le faire :
J’aime, je chante et je crois !
Et je suis heureux sur terre !

(Théodore Botrel)


Ce n'est pas l'amour qu'on soupire
Qui satisfait l'âme
C'est celui qu'on ressent

Mériter le bonheur
C'est venger le sort
Qui ne l'accorde pas

Souvenir affectueux
d'une amie sincère
Jeanne Bernard


Valunés (?) 21 février 1909

A une amie

J'aime après l'hiver voir les saules reverdir
Et les tendres boutons humectés par l'aurore
Sous une tiède haleine aux chauds rayons s'ouvrir
Tout me parle de paix, Seigneur, et je t'adore.

Mais bien plus que les champs les ruisseaux et les fleurs
Plus que tout ce qu'ici la nature a de charme
J'aime ce pur amour qui rayonne de cœurs
Et donne tour à tour un sourire ou des larmes.

-

Comme le flot que le vent chasse
Et qui vient à mes pieds mourir
Ainsi tout passe tout s'efface
Tout, excepté le souvenir.

Souvenir d'affectueuse amitié
Irma Valmalle


Dimanche 17 mars 1918

Tendre bouquet

Sur chaque fleur que j'ai cueillie,
Ma bouche un instant s'est posée,
Ainsi pour ma sœur jolie,
J'ai fait un bouquet de baisers.

J'ai prononcé des mots charmants,
Tout bas, au fond de leur corolle :
Au cœur de ma chère Julie,
Leur parfum dira mes paroles.

Les roses savent bien pourquoi
Je les caresse à mon passage
C'est, pour que ma sœur à moi,
Ait ma tendresse à son corsage.

Sur chaque fleur que j'ai cueillie,
Ma bouche un instant s'est posée.
Ainsi pour ma sœur jolie,
J'ai fait un bouquet de baisers.

Souvenir affectueux de ta sœurette,
Blanche Jaffiol


Anduze le 7 septembre 1919

A ma cousine,

Il existe une fleur dont j'aime le prestige
Son vaporeux éclat ne saurait se ternir
Elle est toujours joyeuse et fraîche sur sa tige
Elle se nomme : "Souvenir".

Le temps passe, l'amitié reste
ta cousine qui t'aime
Berthe Laporte

A une amie

Quand tu liras ces vers, oh chère Julie
Ces vers tracés pour toi par une main Amie,
Rappelle-toi toujours de la grande amitié
Que je te témoigne, pendant le cours de ta vie

Rappelle-toi toujours de moi sur cette terre,
Rappelle-toi l'amie qui voulut ton bonheur
Invoque son doux nom dans sa courte prière
Garde son Souvenir dans le fond de ton cœur

Ici-bas sur la terre toutes les choses passent
Le bonheur les trésors la puissance ici-bas
Mais la douce amitié et le souvenir restent
Comme gravés toujours au fond de chaque cœur

Ton amie qui t'aime
Evelina Granier


Anduze le 6 Février 1902

Souvenir

Puisqu'en tes souvenirs tu me donnes une place
Puisqu'à ton nom aimé tu veux mêler mon nom
C'est avec bonheur que je trace
Ces quelques mots sur ton album

Oh lorsque tu seras sur la terre étrangère
Lorsque tes amis entoureront tes pas
Accorde un souvenir un mot une prière
A celle qui toujours de toi se souviendra

Je t'oublierai quand on verra l'abeille
Fuir le travail pour aimer le plaisir
Je t'oublierai quand la rose vermeille
Refusera le baiser du zéphir

Je t'oublierai quand la biche timide
Viendra s'offrir au trait qui la poursuit
Je t'oublierai quand le fleuve rapide
Remontera vers la source qu'il fuit

Tandis qu'en souvenir tu reliras ces pages
Dont seule tu pourras pénétrer les secrets
Puisses-tu n'y trouver que de douces images
Qui jamais dans ton cœur n'éveillent des regrets

Une cousine qui t'aime beaucoup
Césarine Lafont


A mon amie

Sur cette page blanche où mes vers vont éclore
Qu'un regard quelquefois y ranime ton cœur
De notre vie aussi la page est blanche encore
Que ne puis-je graver un seul mot : "Bonheur"

Anduze le 1er mai 1902
Ton amie Elise Brès


A mon amie

Rappelle-toi que sur la terre
L'isolement est un malheur
Et qu'il faut à un cœur solitaire
Le battement d'un autre cœur

Anduze le 18 août 1902

Souvenir est ma devise
Amitié est ma prière
Ton amie Marthe Lapize


Anduze 26 juillet 1903

A une amie

Penseras-tu à moi, si l'étoile qui file
D'une âme qui s'envole indique le chemin ?
Si la fleur se penchant sur sa tige débile
Eclose avant l'aurore, expire au lendemain
Si le vent qui gémit, si l'onde qui murmure
Dans ton esprit rêveur jette un doux émoi
Si l'air plus pur plus doux ... Si toute la nature
Te charme ... En ce moment penseras-tu à moi ?

Ton amie affectionnée
Madeleine Faïsse


Anduze 2 mars 1907

Son Amour

Plus doux que la fleur printanière
Dont l'aspect vient charmer nos yeux ;
Plus pur que la pure lumière
Qui pourtant nous descend des cieux ;
Plus beau que l'étoile brillante
Et que la voûte transparente
Dont nous admirons la splendeur ;
Plus profond que la mer immense,
Plus consolant que l'espérance :
Tel est ton amour, ô Seigneur
Mme Robert
-
L'amitié est un baume qui adoucit les chagrins de la vie et conserve cette pureté de l'âme qui prépare à l'immortalité ; ceux qui craignent Dieu jouiront de ses bienfaits.

Souvenir affectueux d'une amie
Suzanne Donnadieu


La Fauvelle 24 janvier 1909

Le Myosotis

Il est une fleur d'un bleu tendre,
Vrai bijou par Dieu ciselé,
Qui pour se poser semble attendre
Le front d'un petit ange ailé.

Fleur qu'aucun papillon n'approche
Car les mots qu'elle lui dirait
Sembleraient un amer reproche
A l'inconstant qui s'enfuirait.

En elle est toute une espérance !
Elle est la fleur du souvenir !
Elle peut calmer la souffrance !
Et l'oubli seul la fait mourir !

-

A une amie

Se connaître, s'aimer, se quitter, c'est la vie.
Hélas, on cherche en vain le bonheur ici-bas.
Il ne s'y trouve pas, le ciel est sa patrie.
S'il y descend parfois, il ne s'y trouve pas.
A peine a-t-on trouvé un cœur qui vous comprend
Que le souffle du vent l'entraîne loin de vous.
Plus chère cette amie, plus de peine on ressent.
Et nous payons bien cher les moments les plus doux.

-

Le vie est un combat dont la palme est aux cieux !
Affectueux souvenir d'une amie qui t'aime.
Jeanne Auger


Anduze 16 janvier 1910 4h du soir

Ce que j'aime

J'aime la prairie émaillée
Des premières fleurs du printemps,
J'aime le soir à la veillée
Evoquer des rêves charmants.
J'aime, aux premiers feux de l'aurore
Ecouter le chant des oiseaux ;
J'aime la fleur qui vient d'éclore
Et le murmure des ruisseaux.

J'aime de la brise embaumée
Respirer le doux parfum
J'aime la rose parfumée
Mais j'aime surtout son nom

Une amie qui ne t'oubliera pas
Juliette Roux

"La vie est un automne éternel,
Toujours jonché de feuilles mortes,
D'espérances déçues, d'illusions évanouies que le vent du tombeau disperse avec un bruissement sinistre."

Le souvenir est un vieux photographe qui conserve tous ses clichés

La fleur du souvenir est comme l'immortelle. Elle germe et fleurit, mais elle ne meurt pas.


Souvenir

Je pense à toi quand le soleil se lève
Je pense à toi lorsqu'il finit son cours
Et si parfois la nuit je rêve
C'est au plaisir de t'aimer toujours

Ta sœur
Augustine

Si la mer était d'encre
Et le ciel en papier
Je saurais te montrer
Toute mon amitié






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Les photos de Julie et sa famille



Julie Jaffiol


Dans la famille Jaffiol, vieille famille Cévenole, (la famille de la maman de François),
il y avait 9 enfants ! Parmi eux, deux sont devenus instituteurs, Marcel qui a exercé à Anduze, et Blanche (1904-1984), l'auteur du poème "Tendre Bouquet", qui a exercé le plus souvent à Marseille. Blanche avait une sacrée personnalité !
Pendant la guerre, elle a dirigé un pensionnat où elle cachait des jeunes filles juives parmi les autres pensionnaires. Elle a aussi exercé plus tard dans un refuge de lépreux, la Chartreuse de Valbonne. François enfant l'a visité et a été très impressionné.

Voici Blanche à 18 ans, c'était une femme magnifique, taille mannequin, très fine, yeux bleus, et très cultivée :



*

A Pâques dans les Cévennes, il était de tradition de réunir toute la famille au Mazet. Presque toutes les familles possédaient un terrain (jardin, vigne, etc.), où on enterrait aussi les morts, vieille tradition datant des guerres de religion, les protestants n'ayant pas droit au cimetière public. Le mazet (ou maset) était une simple petite construction avec un point d'eau et de quoi faire du feu.
Donc, au mazet, on faisait cuire une énorme omelette, et on faisait la fête !
Voici une photo de la famille Jaffiol prise à Pâques au mazet en 1914 :


Au premier rang : la petite fille debout à côté de l'étui à violon, c'est Blanche (10 ans).
Au dernier rang,  jeune fille à gauche du jeune homme, une broche noire au cou, c'est Julie.
Il y a aussi les frères et soeurs de Julie, les parents, les oncles et tantes, et la grand'mère.
Le violoniste : Gaston, l'ainé des enfants, est parti juste après à la guerre, il a été gazé et est revenu aveugle. Mais il avait conservé son joyeux caractère et son talent de musicien.
Julie était la deuxième, ma belle-mère la petite dernière.