Notre cercle, son manifeste



C’est du 21 septembre 2009, date anniversaire de la proclamation de la République en 1792, que nous sommes convenus de dater la création du Cercle Lakanal. Son but, outre ceux qui sont énoncés dans le texte du manifeste qui suit, est de participer de la recomposition des idées transformatrices, préalable nécessaire à la transformation de la société elle-même. Association libre de citoyens qui ne le sont pas moins, le Cercle Lakanal est un lieu de résistance et de propositions, un lieu de débat comme un lieu de combat.

                                                                                                             
                                                                                                                                                                    Michel Naudy


  Le Cercle Lakanal a pour vocation de promouvoir toutes les initiatives publiques visant à favoriser l’avancement des idéaux de la république sociale. Il est une libre association de citoyens déterminés, à l’exemple du révolutionnaire Joseph Lakanal, à faire progresser, avec la liberté, l’égalité, valeur centrale de la grande révolution, la notion de bien commun et la laïcité aujourd’hui mises à mal de toutes parts.

Si la chute du mur de Berlin en 1989 a clos le XXème siècle par l’effondrement du système soviétique, le XXIème s’ouvre avec l’entrée en crise structurelle du capitalisme financier qui saccage les hommes comme la planète et maintient son ambition de laisser l’individu seul  face au marché. En dépit des démentis apportés par sa faillite majeure, l’objectif du système reste le même : rien ne doit échapper à la marchandisation dès lors qu’une source de profit existe ou surgit. La santé, la culture, l’éducation, le transport, l’énergie, l’eau, les moyens de communication… Pas un domaine ne doit lui être étranger. Sous le manteau de l’individu roi, libéré de toutes contraintes, on assiste, en vérité, à un grand bond en arrière. Une régression historique  sur tous les fronts : social, démocratique, écologique et pacifique. Le renflouement par les Etats des banques et des entreprises mondialisées n’a pour but que de permettre de renouer avec la loi de la jungle dès la première éclaircie venue. Sous la direction des Etats-Unis d’Amérique, la main mise de fer du capitalisme se veut  commerciale, politique, sociale, idéologique et culturelle. Ce système combat l’égalité, il refuse les solidarités. Là où la politique était un processus qui devait permettre aux citoyens de décider des modalités du Contrat Social, le capitalisme cherche aujourd’hui à briser tout cadre qui permettrait l’exercice d’une pensée critique et d’une action collective. L’espace des Etats nations, lui-même, doit se dissoudre devant l’impératif financier et le suffrage universel est devenu, singulièrement dans la Communauté Européenne, un embarras que l’on contourne dès le lendemain de scrutins dont le résultat est jugé défavorable.

En rendant le politique au peuple, en s’appuyant sur l’héritage des Lumières, de la grande révolution de 1789 et de figures historiques comme celle de Lakanal, il est plus que temps de réaffirmer la vitalité du modèle républicain. Celui-ci, loin d’être dépassé, est au contraire d’une grande pertinence, et le sera plus encore dans les années à venir. Car la république ne peut s’entendre comme une proclamation gravée dans le marbre. Le contenu du projet républicain est bel et bien inachevé, en évolution permanente, et se doit d’être porteur de la transformation des structures sociales, politiques et économiques. Selon l’heureuse formule de Jaurès, « le socialisme, c’est la République poussée jusqu’au bout ». Dans ce contexte, l’émiettement extrême de la gauche radicale, le primat des intérêts partisans, la volonté de préservation des rentes de pouvoir ou de représentation  portent un tort considérable à la mise en échec de la stratégie d’une droite française qui tente de liquider les derniers acquis du mouvement populaire. Le Parti socialiste, quant à lui, a renoncé depuis longtemps à toute politique de changement et lorgne ouvertement vers le centre dans le déchirement des ambitions et la concurrence des infimes.

Le cercle Lakanal se propose, en conséquence, de favoriser la convergence des forces de la transformation comme le renouveau de la réflexion théorique et culturelle sans prétendre ajouter à un morcellement déjà fort dommageable. Il prendra position dans l’espace public, participera des actions unitaires et lancera ses propres manifestations sous toutes les formes possibles sans prétendre se substituer ni concurrencer les forces déjà organisées.

Ce projet, on le voit, dépasse et de beaucoup les limites de l’Ariège, la patrie de Lakanal. Mais c’est d’Ariège, (des Arièges…) qu’il est lancé, c’est ici qu’il s’enracine d’abord dans une terre de résistance, une terre républicaine.

                                        Foix, le 21 septembre 2009




                                                                                                               

           

 

 

 

 

 

 

 

 

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