AU FIL DU KANAL



   ÇA Y EST (PRESQUE...) !

 

 

                 

 

  


BONREPAUX N’A PAS FINI DE FRÉQUENTER LE PALAIS (de Justice)

 

 

 

Dix-huit mois, il a fallu dix huit mois pour que l’enquête publiée en février 2011  dans le numéro 14 du Kanal, le journal du Cercle Lakanal, trouve une traduction judiciaire conforme à nos révélations : A. Bonrepaux, président socialiste du Conseil Général de L’Ariège vient d’être mis en examen ! Résumons l’affaire : à force de patience et de ténacité, nous révélions que Bonrepaux et son ami Loubet (lui aussi mis en examen cette semaine) avaient couvert dans le cadre de la communauté des communes des vallées d’Ax (CCVA) ce qui ressemblait fort à une prise illégale d’intérêt. En effet, en juillet 2008 l’entreprise de conseil CRP Consulting se voyait octroyer un marché de plus de 60.000 euros pour la rénovation d’une maison de retraite. Détail gênant : le dirigeant de cette entreprise n’était autre que P. Peyronne, le maire d’Ax-les-Thermes membre, comme ses deux amis, du bureau de la même communauté de communes... Autrement dit : les élus socialistes votaient des crédits publics à une entreprise dirigée par l’un d’eux pour une rénovation qui d’ailleurs ne serait jamais entreprise.

En dépit de la dissimulation de la plupart des dossiers, des menaces physiques, de la « couverture » de l’opération par la préfecture de l’Ariège, des injures publiques proférées par les dirigeants socialistes contre des « opportunistes dangereux pour la démocratie » (Bonrepaux dixit) nous avons si bien persisté que le procureur de la République a fini par transmettre le dossier à Toulouse  où un juge d’Instruction a été saisi de l’affaire. Ce dernier, Philippe Guichard, après avoir conféré le statut de témoins assistés aux membres de notre joyeuse bande a confié l’enquête au SRPJ de Toulouse qui a trouvé suffisamment d’éléments troubles pour permettre au magistrat de procéder aux mises en examen en milieu de semaine.

Certes, une mise en examen de vaut pas culpabilité. Elle indique cependant que notre enquête n’avait rien de fantaisiste et reposait sur les indices les plus sérieux.

De la même manière c’est avec le plus grand intérêt et toujours aussi patiemment que nous attendons les suites de l’affaire du CAPI dans laquelle le même Bonrepaux semble avoir joué un rôle éminent, autre dossier succulent dont nous avons saisi le procureur de Foix et qui a été transmis à la cour régionale des comptes.

Etrangement, depuis nos révélations, le maire d’Ax-les-Thermes a quitté la direction de sa petite entreprise et le CAPI s’est sabordé. Le hasard, sans doute au moment même où s’ouvre le congrès du PS de Toulouse et où l’on ne manquera pas de croiser le président du Sénat que ce remue-ménage sur ses terres d’élections doit préoccuper quelque peu. Non ?

 

                                                                      Michel-Stanislas Naudy

                                                                  Président du Cercle Lakanal

 


 

 

 


Edito                                                                                                     Juin 2012


  Serait-on parvenu à la fin d’une époque ? Tout le montre. L’écrasante victoire des socialistes en est le signe le plus manifeste. Désormais, qu’on se le dise, l’exception française risque d’être rangée au magasin  des accessoires : le bipartisme est en route et la pluralité politique en déroute. La normalisation est là et avec elle le culte de l’infime, la spectacularisation du politique et la mise au rencard des réprouvés du système.

Les législatives ? Vous avez-vu des élections législatives vous ? Un débat national portant sur des programmes, un affrontement d’idées, des lignes claires de partage ? Que nenni. Par la grâce des socialistes et de la modification du calendrier électoral, la désignation de ce qu’on appelait naguère la représentation nationale est devenue une sorte de troisième tour de l’élection présidentielle, un simple scrutin de confirmation qui transforme le pouvoir législatif en pur appendice de l’exécutif. La constitution de la Vème République est allé au bout de sa logique : un homme seul tient désormais en main les reines d’une nation convoquée tous les cinq ans pour choisir un maître dont on changera au gré des circonstances et des apparences dans un cadre politique que l’on veut inamovible.

Bien sûr le peuple renâcle comme il peut mais le seul moyen qui lui est désormais offert est de s’abstraire du jeu. Jamais depuis 1958 le taux d’abstention n’avait atteint pareils sommets : près de 43% au premier tour, plus de 44% au second. Une condamnation silencieuse, un désaveu muet qui s’accroit régulièrement depuis 1988 et dont personne ne semble vraiment se préoccuper tant ces catégories sont jugées hors-système : 53% des employés, 49% des ouvriers et pas moins de 66% des jeunes de 18 à 24 ans détournent les yeux quand moins l’on a de revenu et plus on reste chez soit.Entre les deux tours des législatives, Mme Duflot parlait, elle, de la dépénalisation du cannabis tandis que la compagne du président faisait irruption dans l’arène politique pour une querelle de préséance dans le cœur présidentiel... Les ragots familiers des principautés d’opérette ne sont plus très loin quand Le Monde ne consacra pas moins de trois pages et d’un éditorial à la mauvaise humeur de la nouvelle dame et à la rage contenue de l’ancienne. On avait connu plus d’élévation au journal de référence. La chronique politique va-t-elle devenir désormais le monopole des échotiers de la Cour ?

Il y aurait pourtant beaucoup à réfléchir sur d’autres phénomènes. Un des succès majeurs de Mme Le Pen par exemple  qui fut moins de faire entrer deux ou trois des siens à l’Assemblée que de commencer à s’implanter durablement dans le paysage au gré même de ses évolutions sociologiques. On observe, en effet, que non seulement elle a peu perdu de suffrages entre les deux élections mais qu’elle réalise ses meilleurs résultats dans les grandes zones péri-urbaine là où réside de plus en plus les sacrifiés du système, là où les services publics disparaissent où les liens se distendent, où l’autre fait peur. Là où on souffre, précisément. Et le pillage de son fond de commerce par Sarkozy et les siens n’y a rien changé. Au contraire, peut-être. On aurait tort de se satisfaire du renvoi à leurs chères études des plus droitiers des sarkozystes tant l’imprégnation idéologique de la droite par son extrême progresse chaque fois. La mise sur le même pied du Front National et du Front de gauche par M. Copé  n’a pas d’autre sens et son « ni, ni » n’est qu’une forme transitoire d’acclimatation des idées les plus extrêmes de la droite.

Quant au Front de Gauche, l’illusion n’aura duré que le temps d’un premier tour des présidentielles d’ailleurs fort décevant pour ses partisans. Un accord de pure tactique entre le PCF et le PG (tu me donnes tes militants, je te donne ton candidat) n’a pas résisté bien longtemps faute d’avoir mis en chantier les formes nouvelles de la réappropriation de la politique par les couches populaires quand trois fois plus d’ouvriers on préféré Mme Le Pen à M. Mélenchon. On voit ici les limites des prestations explosives devant les caméras, des coups de gueule et des coups de menton. Le théâtre n’est pas le terrain, les spectateurs ne sont pas des propagandistes et la recherche effrénée de la notoriété dans le Pas-de-Calais ne fut rien d’autre qu’un « coup » destinée à se perpétuer sur les antennes sinon dans les urnes. A l’arrivée les communistes perdent près de la moitié de leur groupe parlementaire et devront chercher des petits arrangements pour tenter d’en former un. Gennevilliers, Saint-Denis, Ivry : trois bastions, trois échecs. Les dernières places fortes s’écroulent, les socialistes débarquent. Et le « succès » tant évoqué tient en une simple addition : 7,70% des suffrages pour l’extrême-gauche et le PCF aux législatives de 2007, 7,92% cette année. 0,2 %...La modestie serait la bienvenue.

C’est que désormais le Parti Socialiste décide tout. Combien de Verts, de radicaux de gauche, de chevènementistes siégeraient-ils au Palais Bourbon sans eux et les accords d’arrière-boutique ? Les « alliés » sont placés sous tente à oxygène et ne respirent qu’autant qu’ils peuvent être utiles.

Mais désormais finies les amusettes. Tous les pouvoirs en main, les dominants du jour n’auront plus la moindre excuse. Les marchés financiers sont là qui les attendent et avec eux on ne plaisante pas. Déjà, on parle de rigueur, déjà les fédéralistes s’avancent, déjà on discute de nouveaux abandons de souveraineté nationale. Déjà.

                                                                                           

                                                                                                 Michel Stanislas Naudy

 

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 Edito                                                                                                      Mai 2012



  Mieux que de crier « On a gagné ! On a gagné ! » en ne sachant pas trop qui est ce « on » fort indéterminé, on peut préférer clamer « Il a perdu ! Il a perdu ! » tant il est évident que tout le monde connaîtra d’emblée le nom du vaincu. Car, au delà du soulagement immédiatement ressenti à la défaite de Sarkozy, les questions viennent vite sur la nature de la victoire de Hollande. Une victoire qui n’a rien d’éclatant. Annoncée écrasante elle est devenue même légèrement inférieure à celle de Mitterrand en 1981 après vingt-trois années de règne sans partage de la droite. C’est notable et d’autant plus que le champion des droites réunifiées s’était rendu détestable de toutes les manières possibles. Dur aux humbles, prodigue pour les nantis, plein de morgue, le mépris en bouche et l’inculture en étendard. Et malgré tout et plus encore avec sur les bras une crise économique peut-être inédite depuis celle des années trente, malgré les positions de F. Bayrou et celle de M. Le Pen, le petit sire est parvenu a rassembler largement les forces de droite de ce pays. A six cent mille voix près, on en reprenait pour cinq ans... C’est dire que le succès de Hollande est aussi limité que sa marge de manœuvre quand 55% de ceux qui se sont prononcés en sa faveur ont d’abord voté pour se débarrasser de son prédécesseur et que les votes blancs ont été multiplié par trois entre les deux tours de scrutin. Un vote de rejet donc qui n’est en rien l’expression d’une adhésion à un projet socialiste d’ailleurs à peu près inexistant tant Hollande a peu dit, a peu dessiné, a peu projeté. C’en était même à se pincer au soir du débat qui l’opposait à Sarkozy entre les deux tours de l’élection présidentielle. Trente années auparavant Mitterrand et son programme de nationalisation aurait pu passer pour un rouge impénitent, une barricadier échevelé...

D’autant qu’en face la droite a changé de pratique comme de discours. Ce n’est pas une droite classique et modérée qui s’est rangée en bon ordre au second tour. Délestée de son centre, c’est une droite droitisée parfois jusqu’à l’extrême qui a levé la bannière. Quoi qu’il s’en dise c’est bien un ancien journaliste de Minute qui fut l’inspirateur et cette orientation a eu, contre beaucoup d’attentes, des résultats assez remarquables. Courir derrière les discours xénophobes, désigner l’ennemi dans l’immigré, le parasite dans le chômeur, le paresseux dans le fonctionnaire n’a dissuadé que sur les marges et n’a en rien (peut-être au contraire) affaibli l’adhésion aux thèses du Front National. Il se peut ainsi que dans quelques années, l’an 2012 marque davantage la naissance d’une droite durcie que le retour de la gauche au pouvoir. La porosité entre les électorats de Sarkozy et de Le Pen est le signe majeur de cette évolution et comment ne pas s’inquiéter quand 70% des électeurs du premier sont favorables à des accords avec la seconde ? On ne sait que trop que l’alliance Berlusconi-Fini a pu s’opérer en Italie pour juger exclue pareille combinaison en France où des tentations existent déjà en faveur d’ »arrangements » électoraux pour les législatives.

Il est à craindre que l’évolution rapide du Parti Socialiste vers le social-libéralisme ne soit guère de nature à enrayer le phénomène quand il n’aura plus bientôt aucune excuse détenant à lui seul tous les pouvoirs. Mais quels pouvoirs exactement que ceux qui laissent intacts les mastodontes de la finance mondiale ? Pur hasard, c’est la semaine même de l’élection de F. Hollande que l’on apprenait que, n’ayant rien appris ni rien oublié, la plus grande banque des Etats-Unis, venait de perdre entre deux et quatre milliards de dollars pour avoir joué sur des produits risqués et cela en observant toutes les « règles » du métier. Quelle alternance en effet quand toute alternative semble d’ores et déjà exclue et que le P.S. accepte le cadre politique comme le cadre économique de ses prédécesseurs. D’ailleurs, ces renoncements n’abusent plus guère et malgré leur vote plus de la moitié des Français jugent dès à présent que la nouvelle présidence n’améliorera en rien la situation. Comme l’écrit Alain Garrigou dans la dernière livraison du Monde Diplomatique : « Une sociographie des dirigeants politiques donne l’impression d’une grande homogénéité sociale et intellectuelle, qui exclut souvent les divergences au-delà de la concurrence pour le pouvoir. » On ne saurait mieux dire quand c’est le président de l’Autorité des Marchés Financiers, ancien secrétaire d’Etat de Sarkozy et ami proche de Hollande qui a annoncé la nomination du nouveau premier ministre. Un acte manqué par trop réussi. Un signe.


                                                                                        Michel Stanislas Naudy

 




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Edito                                                           29  avril 2012   

 

  Une fois n’est pas coutume, commençons par une bonne nouvelle : Sarkozy, le battu du premier tour,  sera probablement rebattu le 6 mai et sans doute, malgré les airs qu’il se donne, doit en être fort abattu. Dans une semaine il ne sera qu’un très mauvais souvenir, ou pour mieux dire un cauchemar dont on ne sait matin ce qui nous a poussé à le vivre si fort la nuit précédente. Une trop longue nuit. Il allait à la France comme la selle au chat. Roquet arrogant, inculte comme un avocat d’affaires, valet des puissants, arborant conquêtes, Rolex et maillot de la police new-yorkaise, vulgaire, servile de vocation qui parvint même à grandir un Giscard sans toutefois nous le faire regretter. Un conseiller général de banlieue huppée fait pour y demeurer entre les dames patronnesses et les bourgeoises emperlousées. Rien. Rien ? Non, pas rien, pire encore : un petit sire qui ne tardera pas à aller se vendre au plus offrant et à traîner dans les cocktails.

Ça c’était pour le « fun » comme on dit chez les « djeuns ».

Car pour le reste ce serait plutôt la soupe à la grimace. Ici, il faut confesser notre erreur d’appréciation, la seule au demeurant : nous craignions  un refuge massif dans l’abstention et c’est la fille Le Pen qui a raflé la mise. De Charybde en Scylla, en quelque sorte. La désespérance a trouvé une issue : la pire. Il ne s’agit pas d’affoler le populo mais, désormais, les gars de la Marine sont devenus une force conquérante, la force des relégués, de ceux qui ont tout essayé, de ceux à qui on ne la fait plus et qui, un peu honteux encore, échappés aux griffes sondagières, vont voter rage, colère, dégoût, un peu comme un crachat à la face des Tartuffes qui depuis si longtemps les bernent. Prenez donc vos journaux, locaux de préférence, et regardez où Mme Le Pen fait son beurre. Il n’y a presque pas d’exception, c’est là où le Haut Mal cogne : chômage, précariat, minces retraites, menaces du mal vivre et des services publics à l’encan. Pour se borner à deux exemples pris dans le département qui a vu naître le Cercle Lakanal, les scores frontistes sont impressionnants là où l’industrie disparaît (Lavelanet) et là où elle risque de le faire (Luzenac). Cherchez autour de chez vous, les mêmes causes produisent des effets similaires. Le danger est là quand Mme Le Pen peut-être tentée par une stratégie à la Fini qui rendrait sa formation fréquentable pour une fraction de l’UMP déjà inspirée par un ancien rédacteur-en-chef de Minute. Alors, gare à la prochaine alternance que ne manquera pas de produire à son tour une gauche mollusque charmée par les fifres libéraux jusqu’à en perdre sa raison d’être.

Quant au Front de Gauche, il ne s’agit pas de faire dans l’emporte pièce. Deux choses apparaissent : la valeur des vantardises  d’un Mélenchon qui après s’être vu au second tour a prétendu coiffer l’extrême droite et la capacité du même à « siphonner » l’électorat trotskiste et une partie de celui des Verts. Mais là encore, restons prudent. L’addition de toutes les composantes concernées ne monte guère qu’à un résultat comparable à celui de 2007 mais à un niveau inférieur à celui atteint en 2002. Pas de quoi pavoiser de rouge le Palais Brogniart même si cette fois un regroupement significatif  a pu se faire autour du Front de Gauche.

D’autant que la question de la configuration de la future majorité parlementaire se pose déjà et qui croire d’un Laurent (fils) qui indiquait le 3 avril que « les conditions - d'une majorité - ne sont pas remplies » ou de Mme Billard, députée mélenchonienne qui vient de se déclarer prête à négocier avec le PS pour quelques sièges de députés ? C’est là l’un des délices du scrutin majoritaire qui, s’il ne fait pas l’objet de tripatouillages en amont (celui opéré avec les Verts par exemple), n’accorde aux formations mineures que la portion congrue.

Et pour faire quoi ? Les citoyens n’auront droit à une réponse qu’après les élections législatives. Votez, leur dit-on, on fera notre cuisine après. Jusque là c’est le clair obscur, l’à peu près, le flou ténébreux, bref la bouteille à l’encre. Le mode de scrutin (toujours lui) exige une politique de désistement systématique à gauche. Autrement dit : les centaines de candidats socialistes qui arriveront en tête à l’issue du premier tour auront besoin d’une claire consigne de vote des communistes lesquels, pour espérer avoir une poignée d’élus, auront besoin du renvoi d’ascenseur des socialistes. Tout le reste n’est que baliverne et Mélenchon, le sait aussi bien qu’un autre. Brodant sur le thème « plus à gauche que moi, tu meurs », il n’ignore pas qu’au soir du second tour des législatives, il faudra bien que ses amis se mettent à la même table que les officiers de bord d’Hollandréou, fameux capitaine de pédalo. Et là, fini de rire... Des ministres frontistes ? Oui, mais pas sans solidarité budgétaire du PCF, ce qui donnerait à la couleuvre des allures de boa constrictor. Un soutien sans participation ? Peut-être et d’autant plus si le PS tient seul sa majorité parlementaire ce qui est possible et donc n’aurait nul besoin des voix communistes. Un soutien à éclipse alors ? Probablement, mais qui décidera de priver un jour Hollande de sa majorité au risque de faire revenir une droite devenue plus dure encore ?

On voit comment une stratégie peut s’abîmer dans la tactique. Le fond de l’affaire est que ce régime peut très difficilement tomber de l’intérieur. Il est verrouillé. On peut jouer sur ses marges, pas davantage. Pourquoi donc un Jospin et avant lui un Mitterrand s’en sont si aisément accommodés sans rien y changer sinon en l’aggravant ? Parce que le régime sert le régime. Voilà tout. Hollande l’a compris qui pour seule attitude adopte celle de ce héros de Kurosawa qui se plantait sur la montagne en attendant que la victoire vienne à lui. Faire le moins, dire le moins. En voilà une posture...

Trente-six n’aurait été qu’une pichenette si le peuple était demeuré derrière ses postes à galène. Votez, oui, mais n’en rester jamais là. Voilà le dernière et la plus claire leçon de cette élection.


                                                                      Michel Stanislas Naudy






Edito                                        17  mars 2012                      


"... je sens mon cœur s’enflammer chaque jour davantage, quand je considère ce que sera notre avenir, si nous ne travaillons pas nous-mêmes à conquérir notre liberté."

                                                                                                Saluste, Catilina

 

   Nos lecteurs habituels le savent, si Le Kanal est un journal politique, il n’est le journal d’aucun courant et moins encore d’un parti politique. Il y a cela une excellent motif qui tient au fait que sa création, consécutive à celle du Cercle Lakanal, n’était jamais qu’un signe de la crise du politique et notamment de ses formes partis. On comprendra aisément que dans ces conditions nous nous abstenions de la moindre consigne à l’occasion des prochaines élections présidentielles.

Mais trois autres raisons de notre prise d’écart viennent compléter la première.

La première tient à la nature de l’élection présidentielle elle-même. Créée au prétexte de lutter contre les combinaisons de la IVème République, elle s’est transformée en un véritable poison: l’occasion de dépolitiser le politique. La transformation des grands media publics comme privés en caisse de résonnance de l’idéologie dominante aidant, ce scrutin participe de la dissimulation des vrais enjeux au profit d’une personnalisation outrancière que cautionnent tous les candidats. Il me souvient qu’en 2002, lors de la tentative infructueuse d’aboutir à une candidature unique de la gauche antilibérale, mes amis et moi avions cherché un candidat dont le première mesure en cas d’élection, le premier point du programme, aurait été la transformation radicale de la Constitution. Aujourd’hui, celui qui se présente parfois comme l’héritier de ce mouvement défend la procédure référendaire pourtant toujours combattue en son principe même par toutes les forces progressistes... C’est désolant. Au prétexte de donner la parole au peuple, on a le plus souvent à faire à une tentative plébiscitaire qui autorise l’exécutif à poser quand il veut la question qu’il veut et à priver ainsi la représentation nationale de tous ses droits. L’exception de 1995 ne saurait devenir une règle.

La seconde raison est, elle aussi de principe. Elle est le refus de la consigne. La plupart des lecteurs du Kanal sont fortement insérés dans l’action et le débat qui traversent notre société et témoignent chacun à sa manière d’un haut degré d’insatisfaction de l’offre politique actuelle. Beaucoup sont d’anciens ex de tous les courants de la gauche déçus par les dérives propres à chacune des familles de pensée. De quel droit tenter de leur dicter une conduite qui variera en fonction de leur passé, de leur présent, de leurs analyses et de l’idée qu’ils se font d’un avenir souhaitable ?

Enfin, la troisième raison est hélas de circonstance et relève de ce qu’est devenu la gauche. La social-démocratie, longtemps honteuse d’elle-même, s’assume désormais pleinement. De Stauss-Kahn à Hollande, elle porte des candidats qui font de l’adaptation au marché leurs fonds de commerce. A gauche de la gauche on  prétend soit attendre en baillant le grand soir, soit  être en mesure de modifier un rapport de force pourtant durablement en faveur d’un réformisme mou et circonscrit aux mesures dites sociétales.

Alors qu’y faire ? disent les désespérés révoltés contre notre discours désespérant ? Reprendre avec constance le long chemin de la lutte et de la pensée radicales. Pas à pas.

 

                                                                                    Michel Stanislas Naudy

 

 

 

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Les "dossiers ariégeois" dans nos numéros 15 à 22, dans les  deux suppléments au Kanal numéro 22 et celui du numéro 25 (y accéder par notre sommaire).

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Édito                                                                                                 Le 15 février 2012

      

Je l’avoue sans la moindre vergogne, je n’achète jamais Libération. Mon père fut longtemps abonné à celui de d’Astier de la Vigerie. Mais depuis que son illégitime héritier est passé des délices de la révolution culturelle maoïste au statut de future cocotte (en papier) du banquier Rothschild, je m’abstiens avec constance. Sauf... sauf le 27 janvier dernier. Là, je me suis précipité, monnaie en main, sur l’édition du jour de la feuille boli-boli (bourgeois libertaires-bohêmes libéraux). Il faut dire que la une était à couper le souffle : Hollande en pied, allure d’employé de banque content de lui et de son destin planétaire, planté devant un micro et qui, en dépit du régime minceur, conserve quelque chose de mou, de flasque,  quelque chose de l’ancien rondouillard. Une allure ayant peu avoir avec  celle d’un Bonaparte au pont d’Arcole, d’un Jaures à la République, en 1914, d’un De Gaulle en promenade intérieure sur une plage d’Irlande, voire même d’un Mitterrand roublard (pléonasme, j’en conviens) gravissant Solutré et sa roche.

Mais le mieux, si l’on peut dire, était à lire plus bas en gros caractères : DE GAUCHE.

Si l’on a bien compris, le fait que la feuille bancaire juge que l’empereur corrézien avait tenu la veille un discours « de gauche » valait la Une. Une sorte de révélation d’ailleurs démentie aussitôt par le sous-titre : La social-démocratie serait donc et sans discussion devenue une forme « de gauche », atténuée certes, mais néanmoins certifiée par les plumitifs branchés.

La notion même de gauche pose désormais question.
Qu’était la gauche quand elle était la gauche et ce, quelles que soient ses nuances internes ?

Elle était pour la transformation sociale et non pour l’adaptation au marché. Elle égalitaire et non pour  réduction marginale de l’énormité des inégalités sociales. Elle était pour l’appropriation collective au moins partielle d’une part du système bancaire et non pour la privatisation de ce dernier ce qui a été fait par tous les gouvernements de « gauche » depuis 1983. Elle était pour la maîtrise des plus grands moyens de production et de circulation et non pour leur concession au privé comme le ministre « communiste » Gayssot s’y est employé. Elle tétait pour une laïcité intransigeante et non pour le vote au Sénat à majorité socialistesu financement des crèches privées

Elle était pour une politique extérieure indépendante et non pour un alignement systématique sur la politique étatsunienne dont la version obamiste n’a rien changé. Bref, elle était de gauche.

On entend la réplique déjà, le mot qui tue, celui qui invalide : archaïsme et peut-être même réactionnaire. Et, au lieu de combattre ces qualificatifs qui se veulent infamants, le mieux est de les assumer. Archéo ? Réac. ? Et ne l’étaient-ils pas les Robespierre, Saint-Just, Couthon, Marat et combien d’autres qui, pour inventer l’avenir allaient chercher dans la Rome républicaine, les modèles, les concepts et les héros. Est-il réactionnaire de rappeler que c’est Blum et les siens qui ont laissé étrangler la république sœur qui se battait seule derrière les Pyrénées  contre le franquisme? Est-il archaïque de se souvenir que c’est à Stalingrad  que les nazis furent défaits pour la première fois et de quelle manière ?

Luc Ferry, ancien ministre de Sarkozy, « recasé » par  les soins de ce dernier dans une planque argenté, a déclaré à la radio le 4 février qu’il était étonnant que les socialistes fasse mine de ne pas savoir que pour le première fois ils ont nommé un vrai social-démocrate à la tête du P.S. Même Ferry s’en est aperçu, alors pourquoi pas nous ?

                                                                                Michel Stanislas Naudy

 



URGENCE
: l'entretien exclusif de Michel Bégon. L'ancien trésorier du CAPI dénonce manoeuvres et détournements de fonds.   Voir notre rubrique "Suppléments du Kanal
".
                                                                                           

                                                                                                                                                     janvier 2012

 L'édito

 2012 se présente sous des prémisses réjouissantes. Le 27 décembre, on apprenait ainsi que  le nombre des personnes à la recherche d’un emploi venait de passer allégrement le chiffre des quatre millions, le nombre des chômeurs « à temps plein » celui des trois millions et que désormais, le phénomène après avoir concerné les intérimaires et les contrats à durée déterminée, commençait à frapper les emplois les plus stables et à marginaliser la jeunesse. Pendant la crise financière, la crise économique rampe, les plans de licenciements se multiplient, la fonction publique est mise au régime minceur et la France se désindustrialise.

Sur ces décombres et c’est peut-être plus préoccupant encore, monte une crise morale, crise des valeurs, crise du sens.

Les exemples viennent d’en haut, comme si le libéralisme financier induisait chez ceux qui en sont maîtres à la fois le goût de la prédation, le mépris des lois, une sorte de sauvagerie. On ne tiendra pas ici le compte des « affaires » qui émaillent le chronique. Mais comment ne pas remarquer qu’elles émanent aussi bien de droite que de « gauche » et que l’accaparement obsessionnel du pouvoir ne fait qu’en aggraver les conséquences et la répulsion chez ceux que les subissent ?

En perspective politique, d’infimes variations socialistes sur le « sens » de la rigueur, la reculade sur les retraites et une « renégociation » possible des calamiteux accords européens. De quoi soulever les « masses », en effet.

Une citation de Bourdieu vient à l’esprit : « Pour changer la vie il faudrait commencer par changer la vie politique. » Commençons.

                                                                                   

                                                                                 Michel Stanislas Naudy

 


L'ensemble du N°24 du Kanal , ainsi que son supplément consacré à la guerre "oubliée" du Sahara occidental, sont disponibles à partir de notre sommaire, rubriques Notre Mensuel et Suppléments du Kanal.                                                                            

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                                                                                                 Le 14 janvier 2012

 

                                    RIEN À DIRE ?

 

Par une curieuse coïncidence, deux des principaux media ariégeois n’ont retenu de la dernière conférence de presse du Cercle que l’immixtion du Directeur Général des Services de l’Ariège dans une réunion qui ne lui était pas destinée car, si l’homme a bien été joueur de rugby, à ce que l’on sache, il n’est pas devenu échotier à Midi-Olympique. Une seule interprétation paraît plausible : la volonté d’intimidation. Car le plus surprenant est que les deux signataires des articles (dont l’un était absent de la conférence...) sont d’accord sur un autre point : Naudy n’avait rien à dire.

Reprenons donc rapidement l’argumentaire développé par Michel Naudy

-  La chronologie complète de l’affaire CRP Consulting, depuis 21 mois que le Cercle a lancé ses investigations et sans laquelle on ne comprend rien, a été longuement exposée.

-  Contrairement à ce qu’écrive ces deux media depuis des mois et en dépit des démentis du Cercle, le procureur Leroy n’a pas lancé son enquête préliminaire après un dépôt de plainte mais à sa seule initiative.

-  Le Statut de « témoins assistés » sous lequel sont placés Bonrepaux, Loubet et Peyronne, loin  d’être un brevet d’innocence, est une manière classique pour le juge d’Instruction de poursuivre son enquête, ce qu’il fait activement.

-  Le marché initial passé avec le CRP Consulting de Peyronne pour la maison de retraite de Luzenac n’a pas fait l’objet d’un appel d’offre et dans tous les cas, les deux autres chefs d’entreprise soit disant concernées, affirment en ignorer tout.

-  Le CRP Consulting depuis 1985 est contrôlé par des cadres socialistes qui le dirigent, y « captent » des marchés socialistes et y forme l’encadrement socialiste de la région.

-  Deux membres du Cercle Lakanal dont son président, ont porté plainte contre X dans la nouvelle affaire, celle du CAPI, structure de lobbying de Bonrepaux à Paris. Cela été rapporté la veille dans la presse. Mais pour qu’elles raisons ? Mystère. Pourtant, elles sont limpides : « abus de confiance, escroquerie, recel d’abus de bien sociaux, favoritisme », le tout fondé sur un dossier étayé (notamment par les analyses du trésorier M. Bégon) avec photocopie de chèque suspect et contrats de complaisance.

-  Une nouvelle structure, Panathénées, dirigée par l’un des deux inspirateurs du CAPI Toulouse a « vendu » à la station de ski d’Ax-les-Thermes, tenue par le patron du CRP Consulting, l’image d’un joueur du Stade Toulousain qu’elle avait sous contrat. Cette société a obtenu en outre de nombreux marchés avec des collectivités ariégeoises dont le Conseil général de l’Ariège. Et pendant ce temps, comme par hasard, le même CRP « formait » le colonel de Basire, futur membre du Conseil d’Administration du CAPI. CRP-CAPI même motif et peut-être bientôt même punition ? (1)

On est en droit de considérer que tout cela n’est « rien », mais est-ce une raison pour n’en avoir jamais rien dit à ses lecteurs et à persister ?

                                                                   Le bureau du Cercle Lakanal

 

PS : Nous publierons prochainement de nouveau documents « édifiants ».

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            K’BREF

   

            Bombe

«2010, un grec sur dix présentait des symptômes psychopathologiques, mais surtout un sur douze présentait des psychopathologies graves (dépression majeure,  psychose, schizophrénie). La proportion atteint 22% des catégories au chômage ou qui connaissent de graves difficultés financières. C’est une véritable bombe de santé sociale.» Stelios Stylianidis (psychiatre).

 

            Rêve

Les clandestins africains qui ont cru trouver refuge en Israël sont depuis quelques semaines l’objet de véritables ratonnades. Solution trouvée par le gouvernement: la construction d’un camp d’internement en plein désert du Néguev pouvant retenir 20.000 personnes et ce, sans procès, pendant trois années pleines... Comme l’a dit le chef du parti ultra Shass: «n’est pas une guerre contre les infiltrés (sic), mais une guerre pour le préservation du rêve sioniste et juif sur la terre d’Israël».

 

            Fortunes

La crise? Quelle crise? Singapour, le Qatar, le Koweït et la Suisse détiennent dans l’ordre le plus grand pourcentage de millionnaires (en dollars) par rapport à leur population. Mieux, les plus fortunés de la planète  (plus de cent millions de dollars) ont vu l’année dernière leurs avoirs financiers progresser de 3,6% et détiennent désormais 5,8 % du patrimoine mondial. Quant à la France, contrairement aux autres pays européens, elle conserve le même nombre de grandes et de très grandes fortunes. C’est le Figaro qui le dit.

 

 

         Qui l’eut cru ?

Montebourg nouveau ministre du nouveau « redressement productif » l’affirme : « Oui, il y a eu un temps pour l'égoïsme, il a même été au pouvoir au sommet de l'Etat. Maintenant nous sommes entrés dans le moment où les Français se donnent la main. C'est le moment de l'entraide nationale. » Y croit-il lui-même ?

 



                    Rimes

«  Je sais bien, dit le majordome, mais si moi je préfère/Puisque je peux choisir /L'insolence de Molière /Au masque du Vizir/Le mensonge m'exaspère/Les faux-fuyants aussi/Croix de bois croix de fer/Je vote pour Sarkozy. " » C’était signé Barbelivien à trois jours du second tour. La défaite du petit sire devenait en effet inévitable.

                 Simple

Selon l’ancien ministre Sapin, «  il y a dans la culture de François Hollande une part "première gauche" et une part « deuxième gauche »... Idéologiquement, il appartient à la seconde mais, politiquement, il se rattache à la première en ceci qu'il a retenu les leçons de Mitterrand pour ce qui est de la conquête du pouvoir... » Traduction : Hollande s’est toujours situé à la droite du PS mais parvient à se faire élire à gauche pour rester à droite. Simple.

               Socialistes

" Aux Etats-Unis, un socialiste n'est pas un réformateur de centre-gauche. C'est quelqu'un qui est opposé au système capitaliste et hostile à notre modèle américain ", assure Jonah Levy, professeur de sciences politiques à l'université de Californie. A cette aune on est en mesure de rassurer nos amis américains : les socialistes ont disparu et du breuvage le PS n’a  gardé que l’étiquette.

 

 

                 Rappel

Se voulant des plus rassurant notamment pour les marchés, Pierre Moscovici vient d’indiquer qu’ « en 2012, la droite a toujours du mal à digérer la défaite, mais le peuple français s'est clairement exprimé et personne ne peut contester que nous avons exercé le pouvoir pendant quinze ans sur les trente dernières années. » Un rappel salutaire qui « partage » les responsabilités. : 50/50.

 

             Proportions

La droite s’inquiète de la naissance d’un vote communautariste pour ce que 90% des électeurs qui se disent musulmans auraient voté en faveur de Hollande. Que 66% des catholiques pratiquants se soient prononcés pour le chanoine de Saint-Jean de Latran ne semble pas l’avoir ému.

 

               Litote


« Qu’il ait fallu dix ans à nos socialistes pour prendre leurs distances envers l’occupation militaire de l’Afghanistan, où l’inepte le dispute à l’inique, n’est pas de bonne augure ». C’est signé Régis Debray.

 

                    Divin


Il paraît que le PDG de Goldman Sachs estime que son entreprise financière fait « le travail de Dieu ». Il est ainsi des jours où l’on est heureux d’être athée.

 

                Pas blanc


Le juge Mc Keon qui sera en charge du procès au civil que  Nafitassou Dialo intente à l’ancien dirigeant socialiste à New-York, est bien plus clair que bien de commentateurs français : « M.Strauss-Kahn n’a pas été blanchi, il n’a pas été poursuivi. » La nuance est d’importance, elle a été publiée dans le Journal du Dimanche du 25 mars.

 

              Scoop


Peu de temps avant sa visite à Cuba, le Pape a affirmé que « l’église est toujours du côté de la liberté, de conscience et de religion. » Ah, bon ! Et depuis quand ?

 

                Évolution


On connaissait l’affection immodérée portée par Mélenchon au colonel Chavez. Changement de cap. Si « les révolutions sud-américaines l’inspirent toujours, désormais il se sent « plus proche de Lulla ... que de Chavez. » Il est vrai que le parcours d’un ancien gauchiste devenu un authentique social-démocrate est plus proche de sa propre évolution.

 

            Retour d’âge


Quarante-quatre ans après y avoir animé en mai 1968 le « Mouvement du 22 mars », Cohn-Bendit vient d’être nommé comme personnalité extérieure à l’université Paris-Ouest Nanterre. Faut-il en rire ?

 

        In memoriam


Raymond Aubrac aura été fidèle jusqu’à son dernier souffle. Le héros de la Résistance reprochait à la droite « d’aller contre les idées de la République, les idées de démocratie, d’égalité et de ce que nous pensions être le besoin de progrès social ». Quant au PS il affirmait qu’il « n’est pas un parti, c’est un club, disait-il, dont le cherry est certain soir frelaté. »


           Bien vu


" Nous avons sérieusement affaibli la capacité des talibans de lancer une offensive de printemps majeure par eux-mêmes » avait déclaré le 15 mars, le commandant en chef des forces de l’Otan en Afghanistan. Le 15 avril les mêmes talibans forts « affaiblis » ont attaqué pendant dix-huit heures le centre de Kaboul et de trois villes du pays. Bien vu.

 

 

 

         Tout va bien


+17% pour la mode et la maroquinerie, +22% pour les spiritueux, +17% pour les montres et la joaillerie, +12% pour les parfums et les cosmétiques, LVMH se porte bien. Avec 6,58 milliards d’€ de croissance au premier trimestre 2012, la petite entreprise d’Arnaud, l’ami de Sarko, ne ressent pas la crise. Quelle crise ?

            








                        Peur


Dans son bulletin électronique en date du 17 février, le Front de Gauche se plaint qu’Hollande ait déclaré au journal britannique le Guardian : « Aujourd'hui il n' y a plus de communistes en France. Ou pas beaucoup. La gauche pendant les 15 ans qu'elle a gouverné, a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation." Commentaire laconique du Front de Gauche : « Ça fait peur ». Certes, mais la peur n’évite pas le danger.

 

              

              Récidive


Après être parvenu à faire annuler une conférence à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, les « amis » d’Israël (pour ne pas parler de lobby) viennent d’obtenir la suppression d’un colloque à l’université de Paris VIII. Intitulé de la manifestation : »Des approches sociologiques, historiques et juridiques à l’appel au boycott international : Israël, un Etat d’apartheid ? » Une formulation intolérable, n’est-ce pas ?

 

           

            Cornélien


Il est des jours où on n’envie pas les écologistes. Ainsi celui où le tribunal administratif de Marseille a donné raison à la Ligue de Protection des Oiseaux qui jugeait incompatible le projet de la société Voltalia d’installer 17 hectares de panneaux solaires sur un site protégé des Bouches-du-Rhône. Argument avancé : la protection d’espèces rares de rapaces. « C’est pour nous une déchirure d’avoir eu à faire un recours contre un projet de production d’énergie renouvelable... » a avoué le directeur de la Ligue de Protection des volatiles. On compatit.

 

            

                Embarras



Plusieurs organisations de médecins et de défense des droits de l’homme viennent de s’élever contre la conception de la protection des libertés des « révolutionnaires » libyens : séquestrations, tortures, assassinats. Il paraît qu’après avoir organisé l’accession de ces individus au pouvoir à Tripoli (à coup de Mirage, de Rafale et d’agents secrets), l’Elysée est embarrassé pour condamner pareilles pratiques. On comprend.

             

            Peur

Dans son bulletin électronique en date du 17 février, le Front de Gauche se plaint qu’Hollande ait déclaré au journal britannique le Guardian : « Aujourd'hui il n' y a plus de communistes en France. Ou pas beaucoup. La gauche pendant les 15 ans qu'elle a gouverné, a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation." Commentaire laconique du Front de Gauche : « Ça fait peur ». Certes, mais la peur n’évite pas le danger.

 

                Récidive


Après être parvenu à faire annuler une conférence à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm les « amis » d’Israël (pour ne pas parler de lobby) viennent d’obtenir la suppression d’un colloque à l’université de Paris VIII. Intitulé de la manifestation : "Des approches sociologiques, historiques et juridiques à l’appel au boycott international : Israël, un Etat d’apartheid ?" Une formulation intolérable, n’est-ce pas ?

 

         Conseiller spécial


« La plupart des Français ont le sentiment d’avoir perdu le contrôle de leur vie. Cela vaut aussi bien pour le cadre dont le statut dans l’entreprise s’est inexorablement dégradé depuis trente ans que pour le travailleur pauvre qui a beau travailler dur et qui ne s’en sort pas. » Tout cela paraît l’évidence, l’étrange est que ce soit signé Guaino, conseiller spécial de Sarkozy.

 

               Laïcité


La « révolution » égyptienne  vient de porter ses premiers fruits : 10 femmes sur un total de 508 députés et  71 % d’islamistes au parlement. Des élus salafistes ont prêtés serment en ces termes :" Je jure de protéger la patrie, la République, de servir les intérêts du peuple, de respecter la Constitution et la loi ... dans la mesure où cela ne contrevient pas à la loi de Dieu. ". Tout est, en effet,  « dans la mesure ».

 

          Triste fin


Le MUP pour les ignares, c’est le micro parti de M. Hue lui même ancien secrétaire national du PCF pour les amnésiques. Donc le MUP vient de passer un accord électoral avec le PS. En échange du soutien socialiste à un candidat « huiste » aux législatives dans le Val d’Oise, le sénateur Hue apporte sa voix à Hollande dès le premier tour des présidentielles. On ne sait si le candidat socialiste en tirera bénéfice mais on est en revanche assuré que Hue finit aussi mal qu’il avait commencé.

 

             Lignes


Le 1er février, J.P. Chevènement a fait une déclaration d’importance : « je me suis porté candidat à la Présidence de la République, a-t-il rappelé, le 5 novembre 2011, "pour faire bouger les lignes" et mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qu’elles doivent relever. » Conséquence : il renonce à sa candidature. Les « lignes », en tremblent encore...



          
Prédestination


Anne Lauvergeon, conseillère de Mitterrand pendant des mois et pour cette excellente raison devenue directrice d’Areva, c’est faite virer de ce poste par Sarkozy en juin dernier. Aujourd’hui, elle crie à l’écorchée car on ne lui a pas encore versé la somme convenue lors de son départ : 1, 5 millions d’Euros. C’est ce que l’on appelle le socialisme de marché. Détail qui ne s’invente pas, le mari de la dame se nomme Olivier Fric. Une sorte de prédestination.



      


            Lamentable

Israël a décidé mardi 1er novembre d'accélérer la construction de 2 000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. L'Etat hébreu a également annoncé le gel provisoire des transferts de fonds dus à l'Autorité palestinienne. Ces mesures constituent une réponse  à l'entrée le la Palestine à l'Unesco. Pour faire bonne mesure le gouvernement américain lendemain suspendait ses versements à l’Unesco. Mauvais perdants.



              Modèle

Nous aurions beaucoup à apprendre en France de la façon d’être des Américains. Leur réflexion sur l’abus est beaucoup plus aboutie que la nôtre. » a déclaré Mme Parisot qui n’évoquait pas là la consommation excessive de sodas et de hamburgers mais le comportement sexuel des hominidés. Outre qu’un homme (mâle) ne peut plus sans crainte prendre seul un ascenseur en présence d’une femme, les prouesses puritaines ont atteint outre-Atlantique un tel degrés  que le président du MEDEF Paris, ancien cadre d’une multinationale U.S. déclarait il y a peu qu’au siège newyorkais de l’entreprise « on m’appelait pour me faire souffler à n’importe quel moment de la journée. » Souffler n’est pas jouer, n’est-ce pas ?

 

        Triomphe


Les talibans ayant résisté les armes à la main pendant près de vingt heures au cœur du quartier « sécurisé » de Kaboul, on est en droit de s’inquiéter du retrait des forces de l’OTAN en Afghanistan, d’autant que les désertions dans l’armée afghane ne font que progresser et que deux provinces frontalières du Pakistan sont aux mains des insurgés. L’ancien président Rabbani, chargé des pourparlers avec les talibans, lui,  est parti en éclats en même temps que la bombe qui explosait à deux pas de l’ambassade étatsunienne. Bref, on n’est pas près de voir le triomphe de Sarkozy à Bengazi se reproduire de si tôt.