Accueil

Bonjour.

Ce blog-site sera un blog d'humeurs et d'actualités.
Il est — bien sûr — essentiellement consacré à Wagner.

Les articles les plus récents ne sont pas toujours en tête de liste sur la colonne de gauche: n'hésitez pas à dérouler pour trouver ce qui vous intéresse.

De même, certaines pages sont enrichies au fur et à mesure.

Bonne lecture !

ARTICLES RÉCEMMENT POSTÉS

Berlin, Staatsoper, Tristan und Isolde
Salzbourg 2018, Salomé
Bayreuth 2018, Lohengrin : un nouveau choix merdique de Katharina Wagner plonge un peu plus le festival dans le ridicule.

Aix, Didon et Énée : pschittt !
Aix, Ariadne auf Naxos, une foutaise de mise en scène
Parsifal à la Staatsoper de Munich: flop de luxe
Bayreuth 2017: Die Meistersinger
Bayreuth 2018: Lohengrin
Philippe Godefroid: Essai sur le théâtre wagnérien


CONTACT ?

L'afflux de messages de phishing et autres sales petites bêtes de l'internet m'a obligé à interrompre cette fonction lors d'un essai précédent.















UN TIMBRE CADEAU POUR WAGNÉRIENS

Vous trouverez ci-dessous un dessin à télécharger gratuitement. Faites-en un timbre, grâce au service ad hoc de La Poste.
http://montimbramoi.laposte.fr
Enjoy !
P.S. Les services postaux vous demanderont sans doute de prouver l'accord de l'auteur pour un tel usage : il vous suffit de leur indiquer le lien de cette page.
Le timbre ressemble à ceci, avec en plus les mentions de La Poste:








PARUTION DE MON NOUVEAU
(ET ULTIME)
LIVRE DE DRAMATURGIE
WAGNÉRIENNE :
ESSAI SUR LE THÉÂTRE WAGNÉRIEN
Mises en scène et réception de Parsifal
Éditions L'Harmattan
à l'automne 2017

ÉDITORIAL
POURQUOI JE N'ÉCRIRAI SANS DOUTE PLUS SUR WAGNER

Franchement, j’ai éclaté de rire en découvrant l’épaisseur de mon dernier livre sur Wagner. Si j’avais déjà envisagé qu’il s’agirait du dernier, je crois avoir pris ce jour-là la décision de m’en tenir à cette ultime livraison. Il y a en effet une forme d’absurdité à tant noircir de pages sur un sujet pareil. J’entends par là que la démonstration, concernant Wagner, d’une évidente toxicité idéologique, se doublera tôt ou tard de l’aveu relatif au caractère idéologique de sa musique. Il ne sera donc plus possible de prétendre rester fidèle à Wagner sans affronter la nécessité d’une distance consciente. La question la plus intéressante demeure toutefois : comment se fait-il que des générations se sont elles-mêmes aveuglées à ce point, ont voulu envers et contre tout maintenir la fiction d’un Wagner à la limite du philosémitisme, puis a minima auteur de musique « pure » ? La question dépasse le wagnérisme et concerne le pouvoir des images, c’est-à-dire le rapport que notre culture européenne entretient avec ses propres montages dogmatiques, avec l’instance dont elle estime être la fille et à laquelle elle prétend référer son histoire. Et cela intéresse l’ensemble des procédés de théâtralisation, de récit, soit en définitive notre relation au réel. C’est le vrai sujet de mon Essai.
L’analyse des différentes mises en scène de Parsifal, je pourrais la reproduire à l’identique s’agissant de tous les autres opéras du divin Richard, exploiter le filon, mais à quoi bon ? On a compris maintenant et si certains ne veulent toujours pas comprendre, qu’ils ne comprennent pas. J’estime avoir assez donné pour ma part. Le combat est ailleurs. Il concerne ce dont rend compte la crispation autour du Regietheater idéal, celui qui traitera bientôt par force du retour des néonazis et autres populistes nationalistes racistes sur des bancs légitimés par les urnes, ou d’affaires comme celle de la Judensau de Wittenberg, ou qui par force toujours finira par interroger les attributs modernes du statut de victimes, ou qui obligera les Églises européennes à reconsidérer leur théologie bien plus vite et plus radicalement que selon les procédés habituels, ce qui ne sera pas forcément un bien absolu, tandis que l’unique système économique dont l’homme ait vraiment réussi à se doter, le capitalisme, entame sa dernière mutation, débridée, fouettée par la virtualisation du monde et par le remplacement du vivant par un vivant de synthèse monnayable. À moins que nous ne soyons déjà condamnés sans vouloir le savoir par les effets probables du dérèglement climatique, auxquels répondent avec un synchronisme troublant et pas forcément coïncidentiel les dérèglements des relations communautaires et internationales. Face à ces menaces d’une précision inédite, le silence des anciens systèmes de pensée ou leur transformation en bavardage peinent à endiguer les certitudes grossières des plus archaïques d’entre eux, ceux qui reposent sur la violence mimétique en phase désormais dérégulée, pandémique. Tout vient comme si les quatre points cardinaux géopolitiques entamaient le travail promis aux cavaliers de l’Apocalypse.
Dans un pareil contexte, à un moment quelconque, interroger l’Allemagne peut servir utilement de loupe, ou de miroir, et en ce cas le wagnérisme peut demeurer un point de visée utile. Je parle là du wagnérisme comme système, comme une des modélisations possibles de notre aventure, et non comme ce pour quoi il se donne, un des plus hauts sommets de la pensée salvifique immaculée. S’il existe un présent nécessaire du théâtre wagnérien — et du théâtre tout court — le voici. Or le théâtre se nourrit de dramaturgie, certes, mais s’écrit d’abord sur des scènes et sans doute doit-on réinventer celles-ci hors des maisons closes que sont devenus les opéras traditionnels coincés entre l’orgiaque musical et le sadomasochisme scénique. La contestation radicale du Gesamtkunstwerk comme apogée artistique ressemblera peut-être à la pulvérisation du veau d’or, le jour où l’on cessera de croire que le théâtre wagnérien dont nous avons besoin est moins celui qui crucifie Wagner que celui qui nous montre comment Wagner crucifie l’homme auquel nous devrions aspirer. Mais ce combat, probablement, n’est plus que d’arrière-garde. À l’avant, existent d’autres urgences.
Sous-pages (1) : Bayreuth Festival 2015