Notices nécrologiques - U V

Notices nécrologiques des ALMANACHS MATOT-BRAINE


URBAN (Claude Émile Théodore).
Docteur est médecine à Isles-sur-Suippe, né le 17 avril 1817 à Rethel, où son père exerçait la médecine, décédé à Isles le 2 août 1878, à l’âge de 61 ans.
Reçu docteur en 1840, il vint se fixer à Isles, où il exerça jusqu’à sa mort cette profession, toute de dévouement et de fatigue.
En dehors des sciences, il se livrait à l’étude des arts, de la musique et de la peinture ; c’est lui qui fut l’inventeur des forges portatives, dont il présenta le modèle à l’Académie de Reims, qui l’honora d’une médaille.
Doué d’un esprit ingénieux et chercheur, il s’occupait avec amour de toutes les questions humanitaires. C’est dans ce dernier but qu’il imagina des tablettes alimentaires ou bouillon concentré. Partisan de la crémation comme elle se pratique en Italie, il écrivit sur ce sujet une brochure intitulée l’Andro-Lithe, dans laquelle il préconisa le système de brûler les morts et de transformer les cendres restantes en les solidifiant. Il laisse en outre de nombreux manuscrits.
Il était membre de l’Association médicale des Médecins de la Marne.
Source : AMB 1879.

VACELET (Victor Eugène).
Inspecteur primaire honoraire, officier de l’Instruction publique, décédé à Épernay le 27 septembre 1899, après une maladie implacable qui l’avait obligé de demander sa retraite, il y a quelques mois, était né à Cuvier (Jura), 1e 19 août 1842.
Sa vie fut droite, toute de dévouement. À ses obsèques, M. Payot, inspecteur d’académie, et après lui, M. Hue, inspecteur primaire a Reims, ont retracé sou existence laborieuse.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

VAGNY (Alexis).
Chevalier de la Légion d’honneur, architecte honoraire de la ville de Châlons, architecte diocésain et du gouvernement à l’École des Arts et Métiers, président honoraire de la Société des Architectes de la Marne, capitaine honoraire des pompiers, membre titulaire de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, ancien président de la Société de secours mutuels, membre du Conseil d’arrondissement, ancien président de la Commission des bâtiments civils, membre du bureau central des incendiés de la Marne, né à Châlons-sur-Marne le 9 janvier 1821, décédé en la même ville le 15 novembre 1888.
Issu d’une famille honorable mais peu aisée, il se fit remarquer dès son enfance par ses succès aux écoles municipales ; il entra comme élève architecte chez M. de Grandrut, puis fut reçu comme pensionnaire de sa ville natale à l’École Centrale, et dès l’âge de 23 ans il était nommé architecte de la ville de Châlons, position qu’il garda depuis l’année 1844 jusqu’en 1879, époque où il fut nommé honoraire. Il a été plus de 30 ans architecte diocésain en second sous MM. Eugène Millet, Ouradou et Isabelle, auquel il succéda comme architecte en titre du gouvernement pour l’École nationale des Arts et Métiers en 1876.
C’est à lui que l’on doit les plans de la porte de Marne, les abattoirs, plusieurs écoles, la caisse d’épargne, les musées, la chapelle de l’adoration perpétuelle, la synagogue, les églises de Somme-Vesle, de Saint-Martin, etc.
Il commanda la compagnie de pompiers depuis l’année 1852, jusqu’en 1883, époque où, après plus de 30 ans de signalés services, il fut nommé capitaine honoraire.
Outre toutes ces fonctions, il en remplit encore une foule d’autres gratuites, et ne cessa d’être utile à sa ville natale, à l’arrondissement et à ses anciens confrères. Aussi avait-il été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 11 février 1879.
Il a succombé après quelques jours de maladie, le 15 juin 1888.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

VALENCE (Duchesse de).
Née de Tascher, décédée à Paris, le jeudi 13 décembre 1901.
Fille du comte de Tascher, pair de France, apparenté à l’impératrice Joséphine, elle se rattachait par sa mère née Maulgué d’Aurainville, aux familles de Pinteville, du Cauzé de Nazelles, Deu de Vieux-Dampierre, etc.
Son grand-père avait été adjoint au Maire de Châlons en 1816.
Elle avait épousé en 1843, le maréchal de Narvaez, duc de Valencia, mort en 1868, après avoir vaillamment soutenu son parti contre les Carlistes et défendu le trône de la reine Isabelle II d’Espagne.
Sa veuve était devenue d’ailleurs une des amies intimes de la reine.
C’est dans son appartement de la rue de Clichy, à Paris, qu’elle succombait, laissant le souvenir d’une des plus grandes dames de la colonie espagnole.
La famille Tascher est honorablement connue à Châlons-sur-Marne depuis le XVIe siècle.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

VALENTIN (Nicolas).

Curé de Neuvizy (Ardennes), né à Matton (Ardennes), canton de Carignan, le 19 avril 1818, décédé à Neuvizy le 1er décembre 1876, à l’âge de 58 ans.
Ancien curé de Montigny-sur-Vesle, M. Valentin a publié dans ce premier poste une notice sur « la vie et la mort édifiantes de douze associées » ; « notice sur mademoiselle Élisa Gervais » ; « notice sur la vie et les travaux du R. P. Thierrard ».
En 1859, il fut appelé à Neuvizy, où il s’occupa de faire construire une magnifique église. Tour à tour architecte, menuisier, peintre sur verre, statuaire, il dirigeait les travaux de cette vaste construction avec un goût particulier. Malgré toutes ces occupations, il put écrire encore une notice historique sur les monuments civils et religieux du canton de Fismes, qui fut couronnée par l’Académie de Reims ; une notice sur l’abbaye d’Omont, une histoire du pèlerinage de Neuvizy ; il laisse en manuscrit une histoire de Montigny et de ses dépendances et un ouvrage intitulé : « Souvenir intime de famille ».
Source : AMB 1878.

VALENTIN.

Docteur en médecine, né à Vitry-le-François en 1810 ; décédé le 19 mars 1871.
M. le Dr Valentin avait su, au début de sa carrière médicale, se placer au premier rang ; il s’y maintint avec la plus grande distinction.
Tous ceux qui l’ont connu ont conservé le souvenir de l’exquise politesse et de la franchise qui distinguaient le savant docteur.
Source : AMB 1872.

VALLERAND (Louis).
Agriculteur à Moufflaye, arrondissement de Soissons, lauréat de la prime d’honneur au concours régional de 1859, chevalier de la Légion d’honneur, président du comice de Soissons, vice-président de la société des agriculteurs de France, maire de Saint-Chistophe-à-Berry, né le 9 août 1815 à Rozet-Saint-Albin (Aisne), décédé à Soissons le 11 juin 1883, dans sa 68e année.
M. Vallerand était un des agriculteurs les plus distingués d’une région qui compte tant d’hommes dévoués au progrès.
Il est l’inventeur d’une charrue qui est un des meilleurs instruments de la culture et la société nationale d’agriculture allait, quand il est mort, consacrer par une de ses plus hautes récompenses, les services qu’il a rendus.
Source : AMB 1884.

VALLIEZ (Ferdinand).
Journaliste, ancien imprimeur, né à Margival (Aisne) le 24 août 1824, décédé à Compiègne le 22 octobre 1881.
M. Valliez était l’homme de ses œuvres, il avait débuté comme simple ouvrier dans l’imprimerie à Soissons, chez M. Gilles-Gibert et après de longues années d’étude et de travail persévérant, dans les meilleures maisons de la capitale, vint s’établir à Compiègne en 1853, où il fonda le Progrès de l’Aisne.
Sous sa direction intelligente et active, son œuvre prospéra rapidement, il sut faire de son journal un des organes les plus répandus de sa contrée.
Source : AMB 1882.

VALSER (Alfred).
Ancien pharmacien de 1ère classe, professeur suppléant à l’École de Médecine, membre de l’Académie de Reims et ancien membre titulaire de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, dont il est resté correspondant, né à Châlons-sur-Marne en 1838, décédé à Reims le 19 janvier 1891.
Il fit ses études au collège de Châlons-sur-Marne où il obtint de brillants succès. M. Valser qui, en sortant de l’École de Pharmacie de Paris, avait obtenu la grande médaille d’or, revint s’établir comme pharmacien dans sa ville natale où ses concitoyens purent bientôt admirer sa science professionnelle, ses profondes connaissances en physique et en chimie, aussi bien que dans la littérature et les arts, et en particulier 1a musique.
La Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne fut heureuse de l’accueillir dans son sein où i1 se rendit des plus utiles.
Depuis quelques années, il avait cédé sa pharmacie pour se retirer à Reims où il fut bientôt sollicité d’accepter la charge de professeur adjoint de pharmacie à l’École de Médecine. L’Académie de Reims le nomma membre titulaire.
Son esprit délicat et l’aménité de son caractère lui avaient créé de nombreux amis auxquels sa mort prématurée causa une perte sensible.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

VANIER (Jean Nicolas).
Ancien greffier de la justice de paix de Bourgogne, ancien conseiller d’arrondissement, administrateur du Comice agricole, agent principal de la Compagnie du Soleil, né à Bourgogne le 28 Germinal an XIII, décédé à Bourgogne le 5 janvier 1888.
M. Vanier était l’un des doyens de l’Association des anciens élèves du lycée de Reims, et il fut pendant bien longtemps l’un des hommes les plus influents du canton de Bourgogne. Il avait su, par sa probité, son esprit droit, son jugement sain, se concilier l’estime et la considération de ses concitoyens. Ses relations privées étaient empreintes de franchise et d’amitié.
Il était déjà d’un âge avancé lorsque la surdité l’obligea à se démettre de ses diverses fonctions et à prendre un repos si laborieusement acquis.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

VARAGNE-GARDOUCH (Mme la Marquise de).

Comtesse de Belesta, née Hériot de Vroïl, décédée au mois d’août 1879, en son château de Bettancourt-la-Longue (Marne).
Elle était parente de plusieurs familles rémoises.
Restée veuve depuis longtemps, elle s’était livrée avec intelligence à l’agriculture et avait fait dans son domaine de Bettancourt des améliorations notables qui ont été récompensées par le Comice central du département de la Marne.
Source : AMB 1880.

VARENNES (Auguste).
Président du tribunal civil de Reims, chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’Académie de Reims, décédé le 12 mai 1876, né le 16 novembre 1816 à Suippes. M. Auguste Varennes, après de solides études, entra à l’école de droit de Paris, où il compta parmi ses professeurs Rossi et Bugnet.
Nommé, le 26 juillet 1846, juge suppléant à Vitry-le-François, il devenait juge au même siège le 1er octobre 1849. Dix ans plus tard, il était appelé au tribunal de Reims.
Juge d’instruction, le 10 novembre 1860, son tact et sa connaissance approfondie du cœur humain lui facilitèrent l’exercice des délicates et redoutables fonctions de magistrat instructeur ; enfin, après avoir été vice-président du 22 août 1866 au 23 mai 1868, il succédait à M. de Saisseval au fauteuil de la présidence.
Dans ce poste important, M. Varennes se montra vraiment un homme de grande valeur et un magistrat rempli de science et de dignité.
D’une grande indépendance de caractère, fuyant le bruit, dédaignant le faste, évitant soigneusement d’être mêlé aux luttes politiques, M. Varennes ne connaissait que son devoir. Il le remplit jusqu’à la dernière heure, sans tenir compte de l’épuisement de ses forces, en dépit de la maladie contre laquelle il luttait si courageusement durant plusieurs années.
De tels services lui avaient valu la croix de la Légion d’honneur en 1869.
Source : AMB 1877.

VARIN (Pierre Adolphe).
Membre des Sociétés académiques de Reims, de Châlons et de Château-Thierry, décédé à Crouttes (Aisne), le 21 septembre 1897, dans sa 77e année.
Il appartenait à une famille de graveurs dont on suit la filiation à partir du XVIe siècle. Fils de Joseph Varin, il était frère puiné de Pierre-Amédée Varin, mort en 1883.
On lui doit des albums de planches de serrurerie gothique, d’orfèvrerie religieuse ; des vignettes religieuses pour la maison Mame, et surtout 200 portraits, la plupart dessinés pour des publications de valeur, notamment « l’Art au XVIIIe siècle » de MM. de Goncourt. Cet artiste distingué a gravé également de nombreux portraits de Champenois célèbres, des vues d’église, telles que les églises d’Oger, d’Avize, de Cramant, de Chouilly, de Plivot, etc. Il a souvent exposé au Salon des Champs-Élysées et y a obtenu diverses médailles, dont la médaille d’or.
À côté de l’artiste distingué, il y avait l’homme privé, cœur honnête, ami sûr et d’une bonté rare. M. Pierre Varin était né à Châlons-sur-Marne, le 24 mai 1820.
M. Frédéric Henriet lui a consacré une notice nécrologique reproduite dans le « Journal de Château-Thierry » du 10 octobre 1897.
Source : AMB 1898.

VARIN (Pierre Amédée).
Graveur en taille-douce, né à Châlons-sur-Marne le 21 septembre 1818, décédé à Crouttes, canton de Charly (Aisne) le 25 octobre 1883, est le frère aîné de Pierre Adolphe Varin et de Pierre Eugène Napoléon Varin, tous trois, ainsi que leur sœur Caroline Varin, artistes distingués.
Fils et petits-fils de graveurs, leur origine châlonnaise est constatée sûrement dès le XVIe siècle.
Joseph Varin leur père, mort à Châlons en 1843, était professeur de dessin à l’École d’arts-et-métiers, au collège et à l’école municipale de cette ville, puis à l’École de dessin d’Épernay ; il produisit un certain nombre d’œuvres remarquables et se livra à quelques essais de lithographies. Charles François Varin, leur aïeul, mort en 1812, était lui aussi professeur à l’École de dessin de Châlons, conservateur du Musée de peinture et membre de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, dont il grava le diplôme.
Leur bisaïeul et leur trisaïeul étaient potiers d’étain et graveurs sur métaux, ces deux professions se tenaient par plus d’un point.
On prétend faire remonter leur origine artistique à Jean Varin, graveur de médailles et des monnaies sous Louis XIII et Louis XIV ; quoiqu’il en soit, l’on voit à Châlons l’origine de cette famille aussi loin que remontent les actes de naissance des paroisses.
On trouve dans la Biographie châlonnaise, de M. A. Lhote, des renseignements précis sur cette famille.
La mort vient d’enlever Pierre Amédée Varin, l’aîné des trois frères, qui représentent si bien, en ce temps, l’art de la belle et bonne gravure.
Il collaborait d’abord avec ses trois frères, puis cette collaboration se restreignit entre Amédée et Eugène Varin, pendant que chacun de leur côté, ils produisaient des œuvres particulières. M. Armand Bourgeois a fait dans le Journal de la Marne, du 27 avril dernier, une étude collective sur les frères Varin dans laquelle il énumère les travaux de chacun d’eux.
Nous ne pouvons citer ici toutes les œuvres des trois frères, ni celui particulier à Amédée qui vient de mourir. Elles sont magistrales et ont figuré dans tous les catalogues des salons depuis bien des années. Citons particulièrement le portrait de M. Eugène Deullin, banquier à Épernay, le Printemps, que nous avons vu à l’exposition des Amis des Arts de Reims, ainsi que la Noce dans les Abbruzes.
L’exposition triennale contient une œuvre des deux frères intitulée Patrie.
En résumé les arts ont fait par la mort d’Amédée Varin une perte qui sera particulièrement ressentie en Champagne.
Source : AMB 1884.

VARINET (Jules Hilaire).
Conseiller municipal de Sedan ; puis maire pendant de longues années de la commune de Floing, c’est dans ce village qu’il mourait le 28 avril dernier.
M. J. Varinet était chevalier de la Légion d’honneur. Voici en quelles circonstances il avait vaillamment gagné cette distinction :
C’était au mois de novembre 1870. Il fallait un homme d’énergie et de toute confiance pour faire une tentative auprès du Gouvernement afin d’en obtenir des fonds dus par l’État à la ville de Sedan ; deux conseillers s’offrirent spontanément ; l’un d’eux M. Varinet fut choisi : il arriva jusqu’à Tours malgré des difficultés inouïes, plaida notre cause, finit par obtenir le remboursement de 420 mille francs, dont 110 mille francs en or et le reste en « acceptations » ; avec ce précieux dépôt franchit six fois, au risque de ses jours, les lignes allemandes, se trouva mêlé à la bataille du Buchy près Rouen, et après un voyage mouvementé, rapporta intacte cette somme qui nous sauva des persécutions de l’ennemi. Aussi, le Conseil témoigna à son délégué toute sa reconnaissance, et la Municipalité rendit hommage à cette « abnégation complète qui lui avait fait accepter une responsabilité peu commune ». Il fit plus encore ; pour obtenir les 420.000 francs de la Délégation de Tours, il avait dû s’engager, au nom de la Ville et même personnellement, à livrer le plus tôt possible soixante mille mètres de drap pour nos soldats qui manquaient de vêtements ; mais aider les Français de quelque manière que ce fût était alors un acte de « félonie » ; les Prussiens eurent vent de la chose : ils lancèrent leurs espions à la piste des caisses dirigées sur Anvers et sur Londres ; quand ils les eurent suivies jusqu’au bout, quand ils furent suffisamment éclairés, ils vinrent un matin arrêter chez lui notre concitoyen qui, après un interrogatoire sommaire et sans autre forme de procès, s’entendit condamner à mort. On obtint cependant un sursis, puis une commutation de peine, et notre courageux conseiller allait être déporté lorsque l’armistice l’arracha à la vindicte des Allemands.
M. Jules Varinet était né à Balan (Ardennes) le 6 avril 1826.
H. R.
Source : AMB 1905.


VARINET (Louis Florimond).
Ancien capitaine des mobiles de la Marne, chevalier de la Légion d’honneur, né à Châlons le 24 février 1830, décédé le 22 décembre 1890, à Châlons-sur-Marne.
Ancien militaire, fut nommé capitaine des mobiles de la Marne, et comme tel fit la campagne de 1870, où ses brillantes actions lui valurent, après la conclusion de la paix, la croix de la Légion d’honneur.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

VARLEMONT, voir MEUNIER de.

VARLET (Louis Julien).

Filateur, maire de Remilly, ancien président du tribunal de commerce de Sedan, ancien conseiller général, ancien député des Ardennes, né à Vailly-sur-Aisne, le 19 septembre 1837, est décédé à Remilly, le 7 décembre 1895, dans sa 59e année. À ses obsèques, qui ont eu lieu, le 10 décembre, trois discours ont été prononcés par M. Martin-Feuillée, sous-préfet de Sedan, par M. Charles Bertèche, au nom du tribunal de commerce, et par M. Colson, au nom de la commune de Remilly.
Source : AMB 1897.

VARNIER (Eugène Gustave).
Décédé le 4 août 1876 à Avize, à l’âge de 41 ans.
Ancien adjoint au maire, M. Varnier avait su depuis longtemps conquérir l’estime de tous. Collectionneur infatigable, il avait réuni une intéressante série d’objets gallo-romains et d’antiquités diverses, trouvés dans les environs d’Avize et de Vertus. Il possédait la plupart des ouvrages relatifs à l’histoire de la Champagne et quelques curiosités typographiques. Son portefeuille renfermait un beau choix d’estampes sur les départements de la Marne et de l’Aube et d’objets de ses prédilections d’amateur. Enfin, ses faïences et les diverses curiosités de son cabinet dénotaient en M. Varnier un goût artistique chez lui très pur et très développé.
Il était membre de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne.
Source : AMB 1877.

VARNIER (Henri Victor).
Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, accoucheur des hôpitaux, décédé à Costebelle (Var), le 31 décembre 1902, était né à Épernay le 26 juin 1859.
Malgré son âge, il avait acquis une place importante dans le monde scientifique. Encouragé par ses professeurs, les maîtres Farabeuf et Pinard, il s’occupa surtout de l’anatomie obstétricale et se consacra à l’étude clinique des accouchements.
Le docteur Varnier occupait aussi les fonctions de rédacteur en chef des « Annales de Gynécologie ». Il laisse à ses maîtres et à ses élèves le souvenir d’un grand caractère.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

VARNIER (Jules Hilaire).

Né à Alliancelles (Marne) en 1828, avait repris en 1857, à Vitry-le-François, l’étude de Me Delaunoy qu’il a dirigée jusqu’à ce dernier jour.
D’une très haute compétence au point de vue du notariat, M. Varnier joignait aux plus précieuses qualités professionnelles une intégrité poussée jusqu’aux dernières limites de la délicatesse. Aussi jouissait-il de l’estime de tous et cette estime, il la rencontrait surtout, mêlée de sympathie, près de ses collègues. Ils le prouvèrent en le nommant président et plusieurs fois membre de la Chambre des Notaires de l’arrondissement.
M. Varnier fut aussi président du bureau de l’Assistance judiciaire. Il était depuis longtemps membre du conseil de Fabrique, et membre du comité consultatif de l’Hôpital.
M. Varnier fut un travailleur et un consciencieux ; l’amour du devoir fut l’unique et constante règle de toute sa vie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

VASNIER (Henry Dominique).
Négociant en vins de Champagne, chevalier de la Légion d’honneur, président d’honneur et fondateur de la Société de Secours mutuels des tonneliers et ouvriers de caves, etc., décédé le 28 février 1907, à 1'âge de 77 ans, était né à Paris.
Le nom de M. Vasnier peut être cité comme celui d’un grand philanthrope. Très longtemps associé de la maison Louis Pommery fils et Cie, il en fut le dévoué collaborateur et rendit d’unanimes services au commerce des vins de Champagne.
Depuis cinquante ans, M. Vasnier, répandit le bien autour de lui et en 1891, le président Carnot, lors de sa visite à Reims, fut heureux de lui remettre la croix de la Légion d’honneur.
Les nombreux legs qu’il fit en faveur de nos établissements de bienfaisance, aux crèches locales, sa large participation à l'œuvre patriotique de l'érection de la statue de Jeanne d’Arc et le don magnifique à la Ville de son incomparable galerie de tableaux réunie avec tant d’art et de goût dans son hôtel du boulevard Lundy, lui assurent à jamais une vénérée mémoire parmi tous les amateurs épris du beau.
Les pauvres, surtout, ne peuvent oublier ce bienfaiteur insigne qui, à toute heure critique, fut leur mécène discret et grandement généreux.
À ses obsèques assistaient toutes les notabilités de la ville de Reims et sur sa tombe des voix autorisées retracèrent les différentes phases de son existence.
Albert Baudon.
Source : AMB 1908.

VASSEUR (Pierre Louis Firmin).
Ancien professeur, inspecteur d’Académie, officier de l’Université, né à Beaumé, canton d’Aubenton (Aisne), le 10 mars 1824, décédé à Mézières le 20 mai 1882.
M. Vasseur présente l’exemple de ce que peut la persévérance et l’étude pour parvenir à la science et au succès.
Entré à 18 ans à l’École normale de Laon, il y conquit bientôt le premier rang et en sortit avec le brevet supérieur pour occuper le poste d’instituteur à Origny-en-Thiérache.
Trop à l’étroit dans cette situation modeste, il obtint au bout de six ans le poste de maître-adjoint à l’École primaire de la Somme. Là, il subit avec succès l’examen d’inspecteur primaire.
Ce n’était point assez pour son ambition ; sans maître, à force de travail et de persévérance, il conquit successivement les diplômes de bachelier, puis de licencié ès sciences et fut nommé, en 1873, inspecteur d’Académie à Oran, puis à Constantine.
Après trois années passées en Algérie où il avait organisé le service de l’inspection dont il avait été chargé, il fut rappelé en France et passa successivement comme inspecteur d’Académie à Niort, puis à Troyes. Il occupait depuis quelques semaines seulement le même poste à Mézières, quand il fut atteint, à l’âge de 58 ans, de la maladie qui l’enleva le 20 mai 1882. Il publia, en 1873, un volume intéressant où il retraçait lui-même sa laborieuse existence.
Après de magnifiques obsèques à Mézières, où deux discours furent prononcés sur son cercueil, son corps fut ramené à Origny pour y être inhumé.
Source : AMB 1886.

VATIN (Charles).
Ancien maire de Bohain, décédé en cette ville le 3 novembre 1873.
Homme d’initiative et de progrès, la ville de Bohain lui doit de notables améliorations.
Source : AMB 1874.

VATIN (Jean-Louis).
Maître de chapelle de la Basilique de Saint-Quentin, professeur de musique au lycée et aux écoles communales, directeur honoraire de la Société d’harmonie, officier d’Académie, né à Holnon (Aisne) le 9 mai 1817, décédé à Saint-Quentin le 31 mars 1889, dans sa 72e année.
Travailleur infatigable, il a fourni une carrière artistique de plus de 50 années. Il a vu se succéder plusieurs générations d’élèves.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

VAUCOULEUR (Charles Memmie Alphonse).
Ancien instituteur, puis chef d’une institution privée à Sermaize, né dans cette commune le 12 septembre 1808, décédé le 11 janvier 1890. Pendant plus de 50 ans, cet excellent homme a donné l’instruction et l’éducation à une foule de générations, qui garderont un pieux souvenir de son enseignement consciencieux et intelligent.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.


VENDRAND (Docteur Henri François).

Les vertus les plus belles étaient l’apanage de celui qui disparaissait le 5 octobre 1901.
Bon et doux avec les malades, sa physionomie souriante accueillait aussi ses amis et c’est avec justice que la croix de la Légion d’honneur et la rosette d’officier de l’Instruction publique, étaient venues récompenser cette existence loyale.
M. le docteur Vendrand était tenu en haute estime par ses confrères. C’était un lettré et sa connaissance de plusieurs langues l’avaient placé à un rang supérieur. On retrouvait son savoir dans les conversations toujours animées où il se plaisait, après le labeur quotidien. Sa mémoire survivra dans la population de Villers-Cotterêts, qui témoignait par sa présence aux obsèques, de son profond attachement et de sa vénération sincère.
Nous manquons de renseignements sur la carrière du médecin, mais nous nous associons aux paroles prononcées sur sa tombe par le docteur Brassart, qui donnait sa vie en exemple, en rappelant tout ce qu’elle eut de beau et de grand.
M. le docteur Vendrand, décédé à Vez (Oise), était né à Crépy-en-Valois, le 12 février 1837.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

VENOGE (Louis Henri Gaétan de).
Né à Épernay en 1843, décédé à Nice, le 24 mars 1898, inhumé à Épernay, le lundi 28, dans sa 55e année.
M. de Venoge, chef d’une importante maison de vins de Champagne à Épernay, s’était fait considérer et aimer par sa bonté et sa libéralité. Aussi une foule imposante et attristée se pressait à ses funérailles. Des délégations de Sociétés de secours mutuels des ateliers, des ouvriers de la ville et de Saint-Vincent, de la Société d’horticulture, l’Association amicale des anciens militaires décorés et médaillés avec leurs bannières, le Pigeon Messager, l’Orphelinat de la Borde, les Vieillards de l’Hospice, précédaient le clergé et le corbillard.
Après la famille, venaient les représentants et les employés de la maison, ainsi que les ouvriers et les Vignerons : une foule de notabilités et de prêtres d’Épernay, d’Ay et des environs. Le cercueil disparaissait sous la multitude des couronnes.
Pendant la messe, dite par M. l’abbé Baur, directeur de l’orphelinat de Laborde, M. Renaud, de l’Opéra, a chanté le « Miserere » de Haendel, le « Pie Jésu », d’Ambroise Thomas, et un « Agnus Dei », de Mozart.
Source : AMB 1899.

VÉRON (François Gervais).
Instituteur, officier d’académie, décédé le 17 juin 1874, à l’âge de 54 ans.
Cet instituteur est un des exemples les plus remarquables que l’on puisse présenter aux jeunes gens qui se destinent à la même carrière. Après avoir fait d’excellentes études à Laon et à Soissons, il professa les langues vivantes à Paris, Londres et New York : rentré en France, il fut instituteur à Fère-en-Tardenois, et son dévouement à l’instruction primaire, lui attira les récompenses du gouvernement. En 1856, mention honorable ; en 1862, médaille de bronze ; en 1865, deuxième prix départemental ; en 1867, médaille d’or au concours cantonal, enfin en 1870, il fut nommé officier d’académie. Il termina sa carrière à Moy, regretté de ses élèves et de tous les habitants.
Source : AMB 1875.

VERRIER (François Achille).

Né le 12 octobre 1833, à Mareuil-sur-Ay, décédé au même lieu, le 11 avril 1897.
Maire de Mareuil, chevalier du Mérite agricole, M. Verrier avait rempli durant six années, en dépit des illusions et des déboires de toute espèce, les fonctions délicates et difficiles de président du Syndicat départemental contre le phylloxéra, ce qui l’avait pas empêché de rendre à l’administration de sa commune de signalés services. Il avait été le promoteur de la Société de secours mutuels de Mareuil, qui est depuis 25 ans en pleine prospérité.
Sapeurs-pompiers, musique municipale, chorale, société de secours mutuels, de tir, d’horticulture d’Épernay, formaient un cortège imposant, précédé des Écoles de la commune, et dans lequel on remarquait bon nombre de maires et de notabilités des environs. Le cercueil disparaissait sous les fleurs.
Les coins du poêle étaient tenus par MM. A. de Montebello, député, Fernand de Montebello, négociant, Collard, conseiller municipal, Dr Grangé, conseiller d’arrondissement. – L’église était trop petite pour contenir la nombreuse assistance.
Au cimetière, M. Lamarle, adjoint, et M. A. de Montebello, ont successivement rappelé et apprécié les remarquables qualités du défunt, les importants services rendus par lui à sa commune. On peut dire qu’il est mort à la tâche : car c’est à la suite d’un concours agricole à Paris, où il avait été appelé comme membre du jury, qu’il a contracté un refroidissement qui l’a enlevé en deux jours.
Source : AMB 1898.

VERZAUX (l’abbé Gustave).
Né à Biermes, le 26 janvier 1840, décédé curé-doyen de Raucourt, le 3 décembre 1896.
Entré au Petit-Séminaire de Reims en 1857, il montra dès l’abord de sérieuses qualités : la régularité, la piété, l’application au travail, un esprit plus solide que brillant, mais réfléchi, juste et bien pondéré, enfin, un caractère aimable et enjoué.
Ordonné prêtre le 10 juin 1865, il fut successivement vicaire de Rethel, curé d’Étrépigny et de Balaives (1867), ensuite de Sapogne et Feuchère (1876), de Haybes (1886), et enfin curé-doyen de Raucourt (1892). Dans tous ces postes, il fut l’homme du devoir et du parfait dévouement, le prêtre digne de l’estime et de la reconnaissance de ses paroissiens.
Source : AMB 1898.

VERZAUX (l’Abbé Pierre François Achille).

Né à Biermes, près Rethel, le 5 janvier 1837, d’une famille vraiment patriarcale, fit ses études au Petit, puis au Grand Séminaire de Reims. Successivement vicaire d’Ay, puis de Château-Porcien, il fut curé de diverses paroisses, dont la dernière a été le Châtelet-sur-Retourne, du mois de juin 1890 au cours de l’année 1896, époque à laquelle il dut se résigner à prendre sa retraite à la maison Saint-Joseph d’Avenay. Suivant son désir, il fut transporté au Châtelet pour y être enterré. Toute la population l’y attendait à la gare, avec les pompiers en tenue, le drapeau voilé d’un crêpe.
Source : AMB 1899.

VERZEAUX (Félix Noël).

Né à Attigny en 1829, s’était engagé à l’âge de 18 ans dans le 48e.
Ses états de service sont des plus brillants ; nous ne pouvons mieux faire que de les citer sommairement :
20 ans de service effectif passés en campagne, 4 blessures graves et 7 décorations.
Rentré dans ses foyers, Verzeaux se maria ; il comptait jouir en paix d’un repos si bien gagné, le destin de le voulut pas. Après avoir affronté cent fois la mort sur les champs de bataille à l’étranger ce brave devait succomber dans son pays.
Aussitôt la guerre engagée entre la France et la Prusse, Verzeaux demanda et obtint un commandement dans la mobile. Ce devait être sa dernière campagne !
À la bataille de Saint-Quentin, le 19 janvier, l’héroïque commandant du 2e bataillon des mobiles ardennais eut la tête fracassée par une balle.
Source : AMB 1872.

VESSERON (Charles).
Avocat, membre du Conseil municipal de Charleville, capitaine au 45e régiment territorial d’infanterie, né à Sedan en 1848, mort à Charleville le 28 mars 1891, était fils et petit-fils d’avocats distingués ; aussi sa voie fut-elle bientôt choisie. Aussitôt sa sortie del’École de droit, il entra au barreau, où son nom était déjà si connu, et vint s’établir à Charleville, où il partagea son temps entre ses devoirs professionnels, la poésie et le journalisme. Comme avocat il se faisait apprécier par des plaidoiries qui ne manquaient point d’originalité ; on a de lui des vers très bien tournés attestant une verve facile ; il écrivit encore pour les journaux des chroniques charmantes. Son caractère aimable, son accueil cordial et serviable, et son esprit élevé, avaient fait de ses confrères et de ses clients des amis qui garderont le souvenir de toutes ses qualités de l’esprit et du cœur.
Ses funérailles ont eu lieu à Charleville, et son corps repose au cimetière de Saint-Charles à Sedan.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

VÉTAULT (Alphonse).
Né à La Ménitré le 15 mai 1843, décédé à Rennes le 19 mars 1898.
Conservateur de la Bibliothèque de Rennes, M. Vétault avait été archiviste de la Marne de 1868 à 1878, à sa sortie de l’école des Chartes ; il s’était fait de nombreux amis à Châlons et on n’a pas oublié avec quelle compétence et quels soin il administra le vaste et précieux dépôt qui lui avait été confié.
Le bâtiment actuel des archives était à peine achevé, il dut y installer et classer ces nombreuses pièces historiques et administratives qui étaient reléguées dans les combles de la Préfecture. C’est lui qui, avec M. Hattat, y introduisit l’ordre et la lumière, car organiser ce travail lui fut un labeur pénible.
Il avait su pourtant au milieu de ses occupations et loisirs, se livrer à d’importants travaux historiques ; c’est pendant son séjour à Châlons qu’il publia les « Vies de Suger et de Godefroy de Bouillon » et surtout celle belle « Histoire de Charlemagne » qui lui valut le grand prix Gobert, décerné par l’Académie française aux meilleurs ouvrages historiques. On lui doit encore une étude sur « l’ancienne manufacture de Châlons ».
En 1878 la ville de Rennes lui confia le soin d’administrer sa bibliothèque : il y déploya toutes ses connaissances pour la réorganiser, en dressa un catalogue complet. Il mourut à Rennes, ne laissant dans cette ville que des regrets, ayant su par sa modestie, sa délicatesse de sentiments s’attirer toutes les sympathies.
Source : AMB 1899.

VIDAL de LÉRY (Madame la baronne).

Veuve du général baron Vidal de Léry, est décédée à Rimogne (Ardennes) le 22 octobre 1888.
Née à Givet le 11 janvier 1800, elle appartenait à l’honorable famille Rousseau, qui rendit une nouvelle prospérité aux célèbres ardoisières de Rimogne, et dont les descendants composent encore seuls aujourd’hui la Société anonyme qui les exploite.
Très intelligente et très charitable, Mme de Léry est regrettée de la population ouvrière de Rimogne, qu’elle entoura constamment d’une sollicitude dévouée.
H. J.
Source : AMB 1890.

VIELLE (Jean-Baptiste Edmond).

Né à Gournay-en-Bray le 23octobre 1837, décédé à Château-Thierry le 11 janvier 1898, occupa le greffe de la Justice de Paix de Beauvais de 1869 à 1878. Nommé juge de paix du canton de Fère-en-Tardenois, en 1879, il occupa ce poste pendant treize ans et sut conquérir, par son intégrité et son affabilité, l’estime de ses justiciables. Juge de paix à Château-Thierry depuis quatre années seulement, l’honorable magistrat avait su faire apprécier ses qualités de droiture et de loyauté. Toujours prêt à rendre service, il s’oubliait lui-même pour faciliter, autant que possible, la tâche de ses subordonnés.
Frappé d’une mort foudroyante, ses obsèques furent célébrées en l’église de Château-Thierry. Les notabilités judiciaires suivaient le convoi et les coins du drap étaient tenus par MM. Magnaud, président du Tribunal civil, Paillard, notaire et suppléant de la Justice de Paix, Merle, juge de paix du canton de condé-en-Brie, et Bove, avoué.
Parmi les personnalités administratives, on remarquait MM. Merlin, sous-préfet, Guériot, maire, Royer, adjoint, les juges de paix de Neuilly-Saint-Front et Fère-en-Tardenois, le procureur de la République, le lieutenant de gendarmerie, le receveur de l’Enregistrement.
Après le service à l’église, le cortège s’est dirigé vers la gare, l’inhumation devant avoir lieu à Gisors (Eure), et là M. Merle, collègue du défunt, a prononcé l’adieu suprême.
Source : AMB 1899.

VIÉVILLE (Arthur).

Né à Sains (Aisne). Engagé volontaire depuis la dernière guerre, se distingua particulièrement au siège de Paris où il fut promu au grade de lieutenant, au 11e régiment d’artillerie, et proposé pour la décoration à la bataille de Champigny. Par un ordre du jour daté du 15 novembre 1872, il avait été nommé aux fonctions de juge du conseil de guerre, séant à Versailles, où il est mort le 17 mai 1873 ; ses états de services et l’estime dont il était entouré en faisaient un officier plein d’avenir.
Source : AMB 1874.

VIÉVILLE (L’abbé Joseph Isidore Julien).

Né à Chigny (Aisne), le 16 février 1841, décédé à Villers-Cotterêts, le 7 mai 1899, n’était curé-doyen de cette paroisse que depuis neuf ans. Il avait suffi de cette courte période pour que les amitiés les plus vives vinssent à lui, ayant déjà fait preuve d’ailleurs d’une âme ardente et d’un cœur généreux dans les précédents postes de son ministère à la Bouteille, où il releva l’église et à Fresnoy-le-Grand, où il créa des hôpitaux et des ouvroirs. De même à Villers-Cotterêts, il restaura l’édifice paroissial, trouvant dans l’accomplissement de sa tâche le bonheur désiré, sans jamais vouloir accepter d’autre poste plus élevé, que celui auquel son dévouement l’avait conduit et où il désirait consacrer son existence.
Membre des Sociétés archéologiques de Vervins et de Soissons, M. l’abbé Viéville publia une intéressante étude sur l’Abbaye de Foigny, un savant commentaire du « Syllabus » et un travail sur l’histoire de l’Église.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

VIGNON (Auguste Albert).
Né à Élise le2 avril 1868, décédé à Reims le 18 novembre 1902.
Il était directeur des Abattoirs de la ville de Reims depuis 1895 et avait précédemment exercé à Vitry-le-François. C’était un homme consciencieux dans ses occupations professionnelles, non dépourvu de science, consacrant son activité dans l’un des plus importants services municipaux.
Il était secrétaire de la Société de médecine vétérinaire de la Marne et comme tel acquit une notoriété, qu’effaçait peut-être sa modestie, mais, que les membres de cette compagnie savaient reconnaître.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

VIGREUX (Marie-Anne).
En religion mère Sainte-Euphrasie, née le 9 février 1793 à Cormicy (Marne), décédée le 7 novembre 1873, à l’âge de 81 ans, après 58 ans de profession et 61 ans au service des pauvres de la maison de Hôtel-Dieu de Reims.
Suivant l’usage, la morte revêtue de son costume de religieuse, tenant dans ses mains son crucifix et la formule des vœux qu’elle avait signé au jour solennel de sa profession, demeura exposée jusqu’au matin des obsèques, et là, chaque malade put venir s’agenouiller, pour payer par une prière, la dette de leur reconnaissance.
Source : AMB 1874.

VIGY (Louis Émile).
Né à Vitry-le-François, mort le 22 octobre 1891, à Simona-Dongouri, sur le Bani, des suites de la fièvre jaune. Lieutenant de marine, il avait fait les campagnes du Tonkin et rentrait, quand il succomba d’une mission dans le Haut Niger.
Charles Remy.
AMB 1893.

VILCOQ (Jules Louis Eugène).
Ancien interne des Hôpitaux de Paris, est décédé à Château-Thierry, le 2 juin 1903, à peine âgé de 45 ans. Il a été enlevé en quelques jours, par une pneumonie infectieuse, à l’affection des siens et à l’estime de ses concitoyens.
Vilcoq est né à Compiègne, le 20 novembre 1858. Après cinq années d’internat dans divers hôpitaux, notamment à « La Pitié » et à « l’Hôpital des Enfants malades », il passa sa thèse de doctorat en 1889 et vint exercer la médecine à Soissons où il se fit promptement une excellente situation.
Allié par son mariage à une honorable famille de Château-Thierry, des convenances d’ordre privé le décidèrent à quitter Soissons en 1898, pour venir se fixer à Château-Thierry. Son bon renom l’y avait devancé, et il s’y fit bien vite apprécier par son tact, sa discrétion et son expérience médicale, due à ses études sérieuses et à une pratique déjà longue.
À la mort du très regretté docteur Joussaume-Latour, il devint médecin de l’Hôtel-Dieu. Il remplaça le docteur Germain comme médecin de la Compagnie du Chemin de fer de l’Est. Il était aussi médecin légiste, membre du Conseil d’hygiène et de diverses Sociétés d’études.
La Société historique et archéologique de Château-Thierry le comptait au nombre de ses membres. Il était officier d’académie.
F. H.
Source : AMB 1904.

VILESTIVAUD (de).
Décédé le 13 juillet 1872 à Merlieux (Aisne), ancien directeur des domaines, président de la société académique de Laon, commandant de la garde nationale de Laon, M. de Vilestivaud, venait d’être nommé juge de paix d’Anizy-le-Château, lorsqu’il fut victime d’un accident de voiture, et mourut le lendemain, à l’âge de soixante-treize ans.
Source : AMB 1873.

VILLAIN (Jean Louis Henri).
Député de l’Aisne, né au Catelet le 27 décembre 1819, décédé au Mont-Saint-Martin, commune de Gouy, le 19 janvier 1886, exerça d’abord les fonctions de notaire, puis s’établit fabricant de sucre au Mont-Saint-Martin.
Il était entré dans la vie politique aux élections de 1871 et avait été- élu député de l’Aisne le 7e sur 11.
Nommé le 20 février 1876, député de la 1ère circonscription de Saint-Quentin, il fit partie des 363 en 1877, et fut réélu au scrutin d’arrondissement.
Au scrutin de liste, il fut élu au 2e tour le 18 octobre 1885, le 5ème de la liste, par 63.292 suffrages.
Source : AMB 1887.

VILLÉ (Abbé Charles Félix).
Curé de Vauxaillon, né en 1809 à Orainville, d’une honorable famille de cultivateurs, décédé le 5 novembre 1889. Ordonné prêtre en 1834, il fut successivement curé de Belleau, de Folembray et de Vauxaillon, depuis 1849 jusqu’à son décès, c’est-à-dire pendant 40 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

VILLEMANT (Félix).
Ancien sous-préfet de Vitry-le-François, ancien receveur particulier à Lille, est mort à la maison des Frères de Saint-Jean de Dieu.
M. Villemant, sous-préfet de Vitry, avait été arrêté par les Prussiens, et avait failli être fusillé en défendant les droits de la ville. Il fut décoré pour sa courageuse conduite.
Source : AMB 1898.

VILLEMINOT-HUARD (Antoine Barthélemy).

Manufacturier, chevalier de la Légion d’honneur, membre du Jury d’admission de l’exposition de l878, ancien président de la Société industrielle, ancien membre du Conseil municipal et ancien membre de la Chambre de commerce, né à Paris le 29 août 1805, décédé à Merfy le 26 septembre 1877.
Les obsèques de M. Villeminot ont eu lieu à Reims le samedi 29 septembre, au milieu d’une nombreuse assistance.
Le deuil était conduit par M. Warnier, ancien député ; les juges du tribunal de commerce, les membres de la Légion d’honneur et la plupart des notabilités de la ville ont suivi le convoi, ainsi que les ouvriers de l’usine Villeminot, portant chacun une couronne d’immortelles.
Depuis longtemps on n’avait vu à Reims une aussi grande affluence de monde ; on a évalué à 3.000 personnes la foule qui formait le cortège.
Nous ne pouvons mieux faire, pour retracer les qualités éminentes de ce grand industriel, que de reproduire les principaux passages du discours de M. Warnier :
M. Villeminot-Huard était dans la forte et saine acception du mot, le fils de ses œuvres. Né d’un père qui trouvait à peine dans un modeste emploi les moyens de subvenir aux besoins d’une famille nombreuse, M. Villeminot entra dès l’âge de 11 ans dans un atelier de construction. Il n’était qu’un enfant sans appui, sans ressources, sans autre savoir que celui puisé à l’école primaire ; mais il rencontrait au seuil de la vie la souffrance et la lutte, deux saintes protectrices qui ont frappé sa volonté et ouvert son âme au dévouement.
Au début, manœuvre attaché au soufflet de la forge, puis apprenti, puis ouvrier mécanicien, quelques années après il devenait contremaître. Alors au travail qui lui assurait le pain de chaque jour il faisait succéder 1es longues veilles studieuses qui comblaient les lacunes de son instruction première, étendaient son savoir, fortifiaient son intelligence et fécondaient les aptitudes dont il était doué. C’est ainsi, Messieurs, que de son humble origine il est monté à un si haut rang dans l’industrie.
Bientôt, de simple ouvrier il devenait chef à son tour et fondait un établissement de construction. Faut-il vous rappeler les soins éclairés qu’il a apportés, les perfectionnements si nombreux qu’il a introduits dans la construction des machines appliquées à l’industrie lainière ? Vous savez quelle influence considérable ses travaux et ses conseils ont exercée sur les progrès et le développement de notre industrie. M. Villeminot faisait autorité. On s’inclinait partout devant sa compétence. Sa renommée avait passé les frontières ; elle était européenne dans le monde de l’industrie. Et plus tard, après la création de son établissement de filature, quand il eut cette bonne fortune de s’adjoindre le digne associé qui le pleure avec nous, quand il aborda l’industrie manufacturière, aidé par ce précieux concours, quel essor nouveau donné à une intelligence si ample et si active ! Quelles conceptions larges et prévoyantes ! Quelle constante inquiétude du mieux ! Quelle vive et salutaire impulsion transmise à notre industrie !
Président de la Société industrielle, membre de la Chambre de commerce et du Conseil municipal, il apportait au service des intérêts publics, dans les occasions trop rares où il pouvait leur consacrer ses soins, des opinions mûrement réfléchies et solidement motivées qui ont maintes fois entraîné les convictions.
Telle fut, résumée trop brièvement, la vie extérieure de M. Villeminot, vie semée d’épreuves dures et multipliées, supportées avec une énergie persévérante et sereine qui n’a pas faibli.
Ce que sa vie privée ajoutait encore à ses mérites, ceux-là le savent qui ont eu le bonheur, chèrement expié aujourd’hui, d’approcher plus près de son cœur. Et pourtant, Messieurs, combien parmi vous ont pu apprécier cette nature bienveillante et modeste, cette âme délicate et généreuse que l’âge n’avait pas refroidie, ouverte aux idées élevées et libérales, douce et résignée devant l’injustice, dont elle a connu plus d’une fois l’amertume, sans en manifester jamais ni ressentiment ni haine !
Source : AMB 1878.

VILLIERS (vicomte de).
Décédé à Paris le samedi 23 octobre 1897, à l’âge de 76 ans, inhumé le lundi 25, à Sézanne.
M. le vicomte de Villiers, qui fut pendant plus de vingt ans membre du Conseil général de la Marne, pour le canton d’Esternay, avait été maire de La Noue, président du Comice agricole de Sézanne et administrateur de la colonie agricole de Mettray. Dans toutes ces fonctions, il avait fait apprécier de tous son exquise urbanité, le charme de ses relations, la droiture et l’élévation de son caractère.
Source : AMB 1898.

VILLIN (Achille).
Mort à Paris à l’âge de 74 ans, fut sous l’Empire, chef de cabinet du Préfet de la Marne et chef de la première division de la préfecture.
Par la distinction de son esprit, par ses aimables qualités, M. Villin s’était fait à Châlons de nombreux amis dont quelques-uns survivent encore aujourd’hui.
Il y a une trentaine d’années, M. Villin avait été appelé à Besançon, en qualité de secrétaire en chef de la mairie de cette ville ; depuis un certain nombre d’années, il résidait à Paris comme bibliothécaire du Musée social fondé par le marquis de Chambrun.
Le corps de M. Villin repose à Châlons-sur-Marne.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

VIMONT (Jean François Georges).

Viticulteur, né à Coudrecieux (Sarthe), le 6 juillet 1837, décédé au Mesnil-sur-Oger, le 19 février 1902.
M. Vimont devait à son caractère et à sa clairvoyance l’influence qu’il s’était acquise dans la société des Agriculteurs de France et du Comice agricole d’Épernay dont il avait été vice- président.
Son nom avait surtout attiré l’attention du monde viticole il y a une vingtaine d’années lorsque prévoyant le péril de l’invasion phylloxérique, il préconisait les mesures à prendre pour arrêter le fléau, mais loin d’être écouté, il eut, au contraire, à soutenir les luttes des vignerons et même celle de l’Administration.
Aujourd’hui que l’on a reconnu le bien fondé du ses conseils, on peut apprécier à juste valeur l’homme qui apporta non seulement une persévérance digne d’être cité en exemple, mais encore par ses travaux personnels, un appoint important à l’étude de la question phylloxérique.
M. Vimont était aussi un agriculteur distingué ; son ouvrage sur la création des prairies suivant la méthode de Goetz obtint lors de sa publication un légitime succès qui ne fit que s’accroître avec les éditions successives.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

VINCENT (docteur Henri).
Né le 10 décembre 1820 à Binson-Orquigny, chevalier de la Légion d’honneur, membre du Conseil’ municipal de la ville d’Ay, médecin des épidémies, président de la Société philharmonique, décédé à Ay le 10 janvier 1886.
Toute sa vie, il a mis les qualités maîtresses que la nature lui avait prodiguées, au service de l’humanité et de la France. Ses concitoyens d’Ay conserveront longtemps au cœur le souvenir du bien qu’il a fait dans les milieux où il a été appelé à vivre.
En 1854, lors de la terrible épidémie cholérique, il a combattu jour et nuit contre le noir fléau, avec un dévouement de tous les instants et un oubli de soi-même qui égale l’héroïsme du soldat au milieu des balles.
En 1870, comme administrateur d’Ay, il eut à lutter de nouveau contre cet autre fléau : l’invasion victorieuse. Il fit preuve encore de courage, de fermeté et de sagesse en restant debout devant les exigences du vainqueur, qu’il a pu souvent faire rentrer dans la légalité.
L’empire avait oublié de récompenser les services rendus en 1854 par ce serviteur de l’humanité. Ce fut un honneur pour la République de réparer cette injustice : elle le créa chevalier de la Légion d’honneur en 1878.
Que dire encore de cette vie si remplie ?
Possédant une science profonde autant que modeste, il se serait fait un crime de manquer l’occasion de l’utiliser en faveur de tous.
Une vaste et souple intelligence, de rares facultés d’assimilation et une activité sans seconde lui permirent de mener à bien une foule de choses utiles qu’il avait entreprises.
Musicien de beaucoup de talent, il fonda la Philharmonique d’Ay qui doit à ses conseils et à son énergie les nombreux succès remportés par elle.
Il fit preuve de réelles qualités administratives dans la gestion des intérêts communaux de la ville d’Ay.
Il était, en outre, membre de la Société de médecine de Paris et de la Société médicale de la Marne.
Sa mort couronne dignement sa vie. Bien que se sachant, condamné depuis longtemps, il cacha héroïquement à ses enfants sa fin prochaine et jusqu’à sa dernière minute il conserva une force d’âme digne d’un citoyen de la République antique.
Source : AMB 1887.

VINCENT (Jean-Baptiste Charles).
Chevalier de la Légion d’honneur, président de la Chambre de commerce des Vosges était étranger à notre région, mais il s’y rattachait étroitement par l’alliance que sa fille avait contractée avec l’une de nos plus honorables familles rémoises, la famille Benoist. C’est chez son gendre, M. Albert Benoist, président du tribunal de commerce, qu’il mourut, le 17 juin 1899, à l’âge de 81 ans, après une vie entièrement consacrée aux affaires et surtout à la cause coloniale ; il donna à cette dernière une large part de son dévouement et de son activité.
M. Ch. Vincent était né à Vasperviller (Lorraine annexée), le 12 juin 1817 ; il était un ancien élève de l’école des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, dont il était sorti major de sa promotion.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

VINCENT (Joseph).

Maire de Villers-sous-Châtillon (Marne), ancien conseiller d’arrondissement, décédé le 6 décembre 1869.
Source : AMB 1871.

VINCHON (Louis Alexandre).
Naquit à Péronne (Somme) le 26 mars 1821, d’une des plus honorables familles de cette ville; décédé à Laon le 20 août 1884.
Ses études littéraires et juridiques terminées, il vint se fixer à Laon en 1847, pour s’y allier à l’une des familles les plus justement considérées.
M. Vinchon se fit inscrire en 1848 an barreau de Laon et y demeura dix année. Durant cette période, ses confrères, après l’avoir appelé à remplir dans le conseil de leur Ordre les fonctions de secrétaire, le placèrent deux fois à leur tête en qualité de bâtonnier.
Depuis quatre années environ, M. Vinchon était l’un des suppléants de M. Pourrier père dans les fonctions de juge de paix lorsque le 9 septembre 1858, il en devint titulaire par suite de la retraite volontaire de cet honorable magistrat.
En 1863, M. Vinchon succédait à l’honorable M. de Beauvillé comme maire de Laon, il administra la ville de Laon pendant huit années consécutives. Son passage aux affaires a été marqué par le développement continu et régulier des ressources municipales, par une gestion prudente et habile, soucieuse de nos finances, tout en se montrant libérale et progressive.
Les terribles événements de 1870-71 ont traversé l’administration de M. Vinchon et en ont assurément précipité le terme, en même temps qu’ils déposaient dans son organisme, surmené par des angoisses patriotiques et des préoccupations de tontes sortes, le germe du mal qui nous le ravit aujourd’hui.
Son sang-froid, son intelligente énergie et son courage civique triomphèrent alors de tous les obstacles, disons plus, de tous les dangers. La journée du 9 septembre 1870, où le maire de Laon faillit payer de sa vie l’explosion de la poudrière de la citadelle, est une page douloureuse dans les annales de notre ville, mais à jamais glorieuse pour la mémoire de son premier magistrat municipal. Nos contemporains et la postérité devront toujours se souvenir de l’attitude si loyale, si digne, si simplement vaillante, en cette décisive circonstance, de l’honorable M. Vinchon qui épargna ainsi à la ville de terribles représailles.
Ses concitoyens le portèrent en 1871 au Conseil genéral.
Comme maire de Laon, il fut préfet provisoire de l’Aisne en mars et avril 1871 ; lourde charge s’il en fut à cette époque, ce qui ne l’empêcha pas, nous le savons, de renoncer spontanément, en faveur du Trésor public, au traitement attaché à cette haute fonction, traitement qui avait été ordonnancé à son profit.
Parmi ses éminents services, il ne faut pas omettre la part personnelle qu’il prit au développement et au progrès de la société de secours mutuels dont il était président ; une médaille d’argent vint en 1878, récompenser ses services.
Il était chevalier de la Légion d’honneur depuis le 12 août 1866.
La nouvelle de la mort de M. Vinchon attrista ses amis et toutes les personnes qui le connaissaient.
Source : AMB 1885.

VIOLART (Philippe).

Né à Ay, le 20 juillet 1809, décédé au même lieu le 15 mai 1889.
Membre du Comice agricole de l’arrondissement de Reims, membre correspondant de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. M. Violart dut cette distinction à plusieurs recueils de poésies (Mes Loisirs, Poésies champenoises, le Vin de mon pays, etc.). Il fit paraître, en 1877, le Calendrier du vigneron champenois, résumé des travaux viticoles de chaque mois.
M. Violart était un enfant d’Ay dans la force du terme la plus absolue. Il a écrit quelque part ces vers, en parlant de sa ville natale :
C’est le pays des merveilles,
C’est le pays où l’on rit,
Où l’on sait mettre en bouteilles
Le trop plein de son esprit.
Le rapporteur sur sa candidature à l’Académie de Châlons, s’exprime ainsi qu’il suit, après avoir fait l’éloge de M. Guillaume de Sauville, de Cumières, comme poète :
« Un autre poète s’est révélé à nous avec non moins d’éclat, je veux parler de M. Violart-Truchart, dont M. Royer vous a fait connaître quelques œuvres détachées : Dire que M. Violart est originaire d’Ay, c’est indiquer suffisamment les sujets que sa muse affectionne. Il chante la vigne et le vin de Champagne, mais son inspiration n’a rien de banal, elle fait songer à des géorgiques champenoises. Avec un autre poète, M. Violart pourrait dire :
Mon verre n’est pas grand, mais je bois dans mon verre.
(Alfred de Musset).
Jean-Louis Plonquet.
Source : AMB 1890.

VIRLET (François Édouard).
Colonel d’artillerie en retraite, ancien directeur des études à l’école d’artillerie de Metz, ancien adjoint au maire de Metz en 1870-71, ancien président de la Société d’agriculture, sciences et arts de la Marne, officier de la Légion d’honneur, chevalier de la Tour et de l’Épée de Portugal, né à Nancy, le 18 février 1810, décédé à Fontainebleau, le 24 décembre 1889.
Après l’annexion de la Lorraine, le colonel Virlet était venu se fixer à Châlons, où son aménité, la variété de ses connaissances scientifiques, et artistiques, lui avaient bientôt créé de belles et nombreuses relations. Membre de la Société d’agriculture, en 1883, il en fut élu président, et il remplit ces fonctions avec une autorité et une compétence qui ont laissé un long souvenir dans les rangs de cette Société.
Le colonel Virlet quitta Châlons en 1880 pour suivre son gendre, le commandant Quillet, nommé conservateur des collections à l’école d’application de Fontainebleau. C’est là qu’il est mort, après une vie bien remplie et utile à son pays.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

VISSEAUX (Jean).
Maire de Carignan, né à Sailly (Ardennes) le 27 octobre 1830, décédé le 17 mars 1898, à l’âge de 67 ans. Il avait été seize ans maire de la ville de Carignan, et à peu près aussi longtemps conseiller d’arrondissement. On lui doit la création d’une Société de Secours mutuels, la constitution d’une Société d’éclairage électrique, l’agrandissement des locaux scolaires et enfin l’adduction d’eaux potables.
Industriel intelligent, administrateur dévoué, il sut s’attirer l’estime et l’affection de tous ceux qui s’étaient trouvés en relations avec lui.
Source : AMB 1899.

VITRANT (Jules).

Né en 1851, à Saint-Remy (Nord), décédé subitement à Laon, le 19 janvier 1898, inhumé à Soissons, le lundi 24.
Il avait été avoué à Laon, de 1876 à 1836, et durant ces dix années d’exercice, fut le modèle de l’homme d’affaires de bon conseil. De Laon, il vint habiter Soissons, où i1 s’était marié, et y fut nommé successivement administrateur des hospices, suppléant de justice de paix, conseiller municipal et maire. Il fut également élu juge supplément du tribunal le 9 janvier 1894, et juge titulaire le 26 octobre 1897. Préparé par la pratique des affaires aux fonctions judiciaires, M. Vitrant se fit, apprécier immédiatement comme un magistrat de haute valeur. Sa science juridique, son expérience consommée, lui conquirent, parmi ses collègues, une réelle et légitime autorité.
Pendant son court passage à la mairie, il sut créer et organiser une institution de bienfaisance fort appréciée par de nombreux intéressés qui en profitent, c’est la fondation du fourneau économique, qui rend de si grands services aux pauvres.
Malheureusement, le surmenage intellectuel tarit prématurément en lui les sources de la vie.
Quatre discours ont été prononcés sur sa tombe par MM. le Président du Tribunal civil ; Macherez, au nom de la Société de Secours mutuels ; Letellier, maire ; Maxime Lecomte, sénateur du Nord.
Source : AMB 1899.

VIVÈS (Anatole de).
Général de brigade en retraite, commandeur de la Légion d’honneur, né à Écueil (Marne) le 8 mai 1802, décédé à Paris le 1er juin 1884.
M. de Vivès sortit de l’École po1ytechnique dans l’artillerie, en 1823, fut nommé général de brigade en 1855, commanda pendant la campagne d’Italie une brigade d’artillerie et fut promu commandeur de la Légion d’honneur en août 1859.
Il entra dans le cadre de la réserve eu 1864, et prit sa retraite en 1878 ; l’un de ses frères a été longtemps adjoint au maire de Reims.
Source : AMB 1885.

VIVÈS (Hippolyte de).

Né à Écueil, près Reims, le 5 janvier 1801, décédé à Reims le 10 février 1875.
M. de Vivès dut à son caractère affable et à la sympathie qu’il sut inspirer d’être durant 35 années chargé des fonctions publiques dont voici l’énumération : membre de la Chambre de commerce de 1836 à 1844 ; suppléant, puis juge au tribunal de commerce et adjoint au maire de la ville de Reims de 1852 à 1868. Il sut mériter l’estime et l’affection de tous dans ces diverses fonctions. M. de Vivès était chevalier de la Légion d’honneur.
Source : AMB 1876.

VIX-BARA (Henri).
Négociant en vins de Champagne à Avize, né à Bouxviller (Bas-Rhin), le 7 février 1832, décédé à Avize, le 2 avril 1897, à l’âge de 65 ans.
Une foule considérable où l’on remarquait les chefs des principales maisons de Champagne et bon nombre de notabilités d’Épernay et des pays environnants, accompagnaient le convoi funèbre de M. Vix-Bara, qui, grâce à son intelligence et à un labeur incessant, parvint à fonder une importante maison de commerce, et qui sut encore, au milieu de ses préoccupations commerciales, se distinguer dans les fonctions publiques, qu’il a remplit durant plusieurs années.
Au cimetière, le pasteur protestant de Reims et son collègue d’Épernay, ont fait l’éloge du défunt, et ont longuement parlé de ses qualités d’homme privé et de ses vertus.
Un ouvrier de sa maison, au nom de ses camarades, a parlé en termes émus de ce patron, qui était pour ses ouvriers plutôt un père qu’un maître.
M. Lucotte, maire, au nom du conseil municipal, a retracé chaleureusement à grands traits la vie du défunt, depuis son arrivée au pays, où on l’a vu s’élever peu à peu, tout en restant modeste et serviable ; puis il a énuméré ses services rendus comme conseiller et comme maire d’Avize, aussi bien que comme juge d’abord, ensuite président du tribunal de commerce d’Épernay.
Source : AMB 1898.

VUIÈME (Louis Auguste).

Né à Reims le 6 novembre 1815. Engagé volontaire au 13e régiment de ligne, il revint avec le grade de sergent-fourrier ; en 1838 il entra dans la compagnie des sapeurs-pompiers volontaires de la ville de Reims. Vuième y mérita et obtint le grade de lieutenant, il fut l’un de ceux auxquels la compagnie des pompiers doit la haute réputation dont elle jouit dans la ville de Reims.
Source : AMB 1871.

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