Notices nécrologiques - H

Notices nécrologiques des ALMANACHS MATOT-BRAINE


HABERT (Théophile).

Le 7 août 1899, disparaissait en même temps qu’un savant une vieille et originale figure, M. Th. Habert, conservateur du musée archéologique de Reims. D’un caractère entier, d’un abord difficile même, M. Th. Habert, pour peu qu’on s’intéressait à ses collections, devenait l’homme communicatif et sociable dans toute l’acception du mot. C’est surtout devant ses vitrines qu’il avait enrichies de nombreux objets dans ces dernières années, en face des poteries gauloises et gallo-romaines, débris des vieux cimetières de la Marne et de l’Aube, que la physionomie du chercheur s’illuminait quand quelque amateur sincère l’interrogeait sur ses trouvailles.
Lors de l’« Exposition du Centenaire de Valmy », qui eut lieu à Reims, en 1892, M. Habert, alors à Troyes, apporta son concours d’exposant à cette manifestation historique et militaire. Ses collections y furent très remarquées ; encouragé par cet accueil, il entra en pourparlers avec l’administration municipale, et l’année suivante, en 1893, il donnait son Musée à notre ville ; il en conserva le titre de conservateur.
Ignoré de la foule, il fut suivi seulement jusqu’au fourgon funèbre qui devait emporter sa dépouille mortelle à son pays natal, par les rares admirateurs de la science avec lesquels mêmes, il n’avait eu que des rapports étroits et obligés. Mais devant la mort, ceux-ci avaient oublié tout ressentiment personnel pour rendre hommage au savant et à l’homme particulièrement honorable que fut M. Habert durant sa vie entière.
On lui est redevable d’un bel ouvrage sur la « Poterie antique », contenant plus de 1.800 noms et marques de potiers gallo-romains. Il était membre de l’« Association française pour l’avancement des Sciences », de la « Société d’Anthropologie de Paris », correspondant de la « Société des Antiquaires de France », etc.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

HACHET-SOUPLET (Jules).
Architecte de l’Aisne, président de la Société des architectes du département, membre du conseil municipal de Saint-Quentin, vice-président de la Société des amis des arts, membre de la commission du musée, né à Saint-Quentin le 4 mai 1834 et décédé dans sa maison de campagne de Savy le 7 septembre 1893.
Il était très populaire à Saint-Quentin où ses talents et son caractère étaient fort appréciés. Élève de M. Péron, architecte à Paris, il se créa un idéal empreint de l’art classique tempéré par les exigences de la civilisation moderne. C’était un artiste ami des Puvis de Chavannes, des Laugée, des Hiolin, il maniait aussi bien le pinceau et l’ébauchoir que le compas de l’architecte.
Il fut l’un des fondateurs à Saint-Quentin de la Société des amis des arts, et enrichit le musée de cette ville. Il laisse à Saint-Quentin des œuvres durables et l’on cite comme l’une de ses principales constructions, l’Asile des Vieillards.
Il avait été élu au conseil municipal de Saint-Quentin avec une grande majorité et rendit de très grands services par son dévouement et ses connaissances spéciales dans les conseils de l’Hôtel de Ville.
Sur sa tombe, deux discours furent prononcés l’un par M. Hugues, maire et député de Saint-Quentin ; l’autre par M. Pierre Bénard, président d’honneur de la Société des architectes de l’Aisne.
Charles Remy.
AMB 1894.

HACHETTE (Amédée)
Inspecteur général, des ponts et chaussées en retraite, ancien membre du Conseil général de l’Aisne, ancien maire de Gland (Aisne), né à Paris le 25 juin 1811, décédé à Gland le 9 décembre 1886.
Son père avait concouru à la fondation de l’École polytechnique, et y fut l’adjoint de Monge comme professeur de géométrie descriptive. La carrière de son fils était toute tracée. Il sortit de l’école en 1831 et suivit la carrière d’ingénieur ; il entra à la compagnie de l’Est aussitôt sa fondation.
Il était président de la Société historique et archéologique de Château-Thierry.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

HAIZET (Jean Simon).

Maire de Beaumont-sur-Vesle, né le 5 nivôse an 5 (25 décembre 1796), conseiller municipal de cette commune en 1830, adjoint au maire pendant cinq ans et maire depuis 22 ans ; il sut se concilier l’estime et la confiance de ses concitoyens par sa prudence et sa fermeté.
L’invasion dernière l’a trouvé toujours à la tête de la commune, et par son énergie, il sut préserver les habitants des horreurs de la guerre en résistant aux demandes exagérées des Prussiens et en préservant par tous les moyens possibles les mauvais traitements que l’on avait à redouter de nos orgueilleux vainqueurs.
Source : AMB 1874.

HAMET (Abbé Charles Isidor).
Curé doyen de Crécy-sur-Serre, né à Pontru (Aisne) le 16 octobre 1830, est décédé subitement par suite d’une congestion pulmonaire, à Marle, le 22 février 1894, au moment où il était venu pour assister aux funérailles de l’abbé Guerlant, curé de La Neuville ; ordonné prêtre en 1858, il fut placé à Laigny. En 1869, il fut envoyé à Seboncourt où il resta jusqu’en 1880. Appelé à celte époque à Saint-Martin, de Laon, il était en 1887 nommé curé-doyen de Crécy-sur-Serre où il était très apprécié. Ses talents pour la prédication étaient très remarquables, et ses confrères lui faisaient de fréquents appels.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HANNEQUIN (Félix André).
Docteur médecin, naquit à Château-Porcien le 2 juillet 1795, décédé, dans son pays natal, le lundi 28 Juin 1875, à l’âge de 80 ans (Note manuscrite : le Dr Hannequin était le neveu de M. l’abbé Hannequin, décédé curé de Château-Porcien en 1845 à l’âge de 96 ans).
Après avoir appris de son père les premières notions de la langue française, M. Hannequin fut placé à l’âge de onze ans au Lycée de Reims, où il fit d’excellentes études. Il avait à peine terminé sa philosophie lorsqu’il fut reçu du même coup bachelier ès lettres et bachelier ès sciences. Ces succès le décidèrent à embrasser la carrière difficile de la médecine. Il alla faire à Paris de brillantes études médicales qui furent terminées à 25 ans.
Pourvu du diplôme de docteur le 13 août 1819, M. Hannequin vint s’installer dans la ville de Reims, qui devait fournir de nombreuses ressources à ses talents. Lors du terrible choléra de 1832, il alla suivre dans les hôpitaux de Paris les causes et la marche du fléau, afin de prodiguer ses talents à ses concitoyens. Rentré à Reims au moment où l’épidémie faisait le plus de ravages, il déploya un zèle et un courage infatigable qui lui firent mériter la médaille du choléra. Dès ce moment sa renommée fut acquise. Il soigna les premières familles de Reims, fut nommé médecin des principaux établissements publics. L’Hôtel-Dieu, l’Hôpital-Général, le Séminaire et le Lycée reçurent des soins de lui jusque ces dernières années.
Il fut aussi membre du conseil d’hygiène et du jury médical, professeur à l’École de médecine et directeur titulaire de cette école.
À ces postes élevés, il fut souvent appelé à rendre de grands services ; aussi, en 1845, le gouvernement le décora-t-il de la croix de la Légion d’honneur ; depuis deux ans, il avait cessé d’exercer, à la suite d’une paralysie qui l’affaiblissait le jour en jour. M. Hannequin était le doyen d’âge des médecins de la ville de Reims.
Source : AMB 1876.

HANNEQUIN (Louise Sidonie).
Épouse de Me Charneau, notaire, née à Reims le 24 novembre 1838, a légué à l’Hôpital-Général de Reims la somme de 10.000 fr. qui devront être affectés à élever et à instruire de jeunes orphelines.
Enlevée à la fleur de l’âge, le 16 mai 1873, Mme Charneau, qui possédait toutes les qualités de l’esprit et du cœur, était appelée par sa position pécuniaire à soulager bien des infortunes.
Source : AMB 1874.

HANNEQUIN (Mme Rose Émilie), voir HUBERT.

HANNESSE (abbé Pierre).
Chanoine titulaire, né en 1808, décédé à Reims le 27 octobre 1889, était d’une famille qui a donné au diocèse de Reims plusieurs ecclésiastiques distingués. Ordonné prêtre en 1832, il remplit pendant sa longue carrière plusieurs charges des plus importantes.
Pendant longtemps professeur au Petit Séminaire de Reims, il fut ensuite successivement secrétaire général de l’archevêché, vicaire général du cardinal Gousset en 1862, puis directeur de l’établissement de Bethléem ; en 1869, il était nommé chanoine titulaire de la cathédrale.
Telles sont les étapes que M. Hannesse a parcourues avec distinction pendant 57 ans de ministère.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

HANNESSE (Charles).
Curé-doyen d’Ay, chanoine honoraire du diocèse de Reims, né à Rethel le 11 septembre 1825, décédé à Sermaize le 17 septembre 1879.
Ordonné prêtre en 1828, il avait été successivement professeur au Petit-Séminaire de Reims pendant 19 ans, doyen de Fismes, directeur du Collège de Notre-Dame de Rethel, et enfin il avait été nommé doyen d’Ay, en 1876.
Il a, avec M. Cerf, travaillé à la Description historique de la Cathédrale de Reims, ouvrage d’une profonde érudition, couronné par l’Académie de Reims. Il est l’auteur d’une Vie de Sainte Macre, patronne de Fismes, d’une brochure sur l’église d’Ay, et d’un ouvrage sur le Sacre, récompensé également par l’Académie ; ce dernier n’a pas encore été publié.
Épuisé par le travail, il allait demander quelque soulagement aux eaux de Sermaize ; il y avait apporté les germes d’une maladie mortelle ; il y succomba malgré les soins dont il a été l’objet.
Source : AMB 1880.

Hannesse (M. le Chanoine Marie Alexandre).
Était certainement le plus modeste des prêtres du clergé rémois, il incarnait en lui l’humilité la plus complète comme aussi les qualités de l’esprit et du devoir sacerdotal. La maladie eut vite raison de ce corps débile et sa mort qu’appréhendaient ses proches, l’emportait le 23 août dernier, dans un âge où il pouvait encore rendre d’importants services.
Issu d’une famille profondément chrétienne, M. l’abbé Hannesse était le neveu de M: Pierre Hannesse, secrétaire de l’Archevêché, vicaire-général, chanoine titulaire de Reims et de M. Pierre-Charles Hannesse, directeur de l’institution Notre-Dame de Rethel, décédé curé-doyen d’Ay en 1879.
Tout d’abord vicaire à Saint-Maurice (1868), à Saint-André (1869), puis à la Divine-Providence dont il devint aumônier, il fut appelé ensuite au secrétariat de l’Archevêché. M. l’abbé Hannesse devait y passer le reste de sa vie. Ces fonctions, des plus laborieuses, ne l’absorbèrent pas tout entier, car il trouva moyen de satisfaire sa passion pour l’histoire locale. Après une « Histoire populaire de !a Ville de Reims », il donna une « Vie de Nicolas Roland », fondateur des sœurs de l’Enfant-Jésus, ouvrage des plus appréciés. Il préparait aussi un travail généalogique de cette famille, l’une des plus anciennes de la bourgeoisie rémoise. C’était surtout dans la biographie qu’il excellait ; on lui doit des articles des mieux documentés sur M. Collinet, confesseur de la foi pendant la Révolution, sur M. le chanoine Cerf, le prêtre érudit de regrettée mémoire et sur M. le chanoine Regnart, ancien émigré. Un style simple et clair se retrouve dans ces consciencieuses études comme dans les nombreux articles qu’il écrivit pour le « Bulletin du Diocèse » dont il eut quelque temps la rédaction.
Cet ensemble de travaux montre quelles étaient, sous une apparence modeste, les qualités érudites du défunt.
Les obsèques de M. le chanoine Hannesse eurent lieu à Saint-André le 27 août, en présence d’un grand concours de prêtres et de fidèles. M. le chanoine Hannesse était né à Reims le 27 décembre 1844.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

HANNESSE (l’abbé Pierre Charles Marie).
Né à Reims, le 12 mai 1860, mort en la même ville à l’âge de 37 ans, le 27 mars 1897, était d’une famille pour ainsi dire lévitique. Ses deux oncles, MM. Pierre et Charles Hannesse sont morts, l’un chanoine, l’autre curé-doyen d’Ay. Avant lui, deux de ses frères étaient aussi entrés dans les ordres : un seul survit, M. le chanoine A. Hannesse, secrétaire de l’archevêché.
Ordonné prêtre le 7 juin 1884, après de bonnes études au Petit et au Grand-Séminaire, il fut nommé vicaire Saint-Jacques et s’y adonna surtout aux soins du catéchisme, se rapprochant le plus possible de la méthode de Saint-Sulpice.
En 1887, M. Hannesse fit, en compagnie de quelques prêtres de Reims, un voyage à Rome, et malheureusement il y contracta les germes d’une maladie qui devait l’enlever dix ans plus tard. – En juin 1888, il fut nommé curé de Chenay. On espérait que dans ce séjour paisible, au milieu d’un air pur, sa santé se rétablirait. Mais en dépit de tous les soins, son état allant toujours s’aggravant, il vint prendre du repos chez son frère, n’ayant plus à s’occuper que de la rédaction du « Bulletin » de l’aumônerie de l’orphelinat Saint-Joseph. Mais la santé ne revint pas et, malgré plusieurs saisons au Mont-Dore, il dut, en 1894, prendre définitivement sa retraite. Pendant trois ans, ses forces allèrent toujours déclinant, et le 27 mars 1897, il rendit le dernier soupir. Ses obsèques furent célébrées à Saint-André le mercredi 31 mars, devant une nombreuse assistance, où se trouvaient environ cent prêtres.
Source : AMB 1898.

HANRION (Général Louis François Joseph).
Commandeur de la Légion d’honneur, général de brigade en retraite, ancien commandant de l’école de Saint-Cyr, né à Besançon le 24 janvier 1821, décédé à Belfort le 5 avril 1894, où il s’était retiré en 1894.
Nous regrettons de ne pas avoir de renseignements sur sa vie militaire, qui eussent fort intéressé nos lecteurs.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.


HANRION (Pierre Charles).
Ancien négociant, membre du Conseil municipal de Mézières, était né à Sainte-Barbe (Lorraine) le 9 décembre 1838.
Outre ses fonctions de conseiller municipal qu’il remplit avec zèle pendant de longues années, il fut membre de la commission administrative de l’Hospice, du bureau de bienfaisance et du conseil de Fabrique.
Sa mort survenue le 15 janvier 1904, a causé une profonde émotion à Mézières et dans la région.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

HANROT (Mme Marie Félicie).
Religieuse de la Congrégation de la Divine Providence de Reims, née à Rimogne (Ardennes), le 28 août 1844.
Deux fois brevetée en 1866, elle fut demandée par M. le préfet des Ardennes, pour diriger l’école de Vireux, où elle est décédée le 28 mai 1870, après avoir mis de côté toutes les jouissances de vie d’ici-bas qu’auraient pu lui procurer son intelligence, pour se dévouer à l’instruction de la jeunesse.
Source : AMB 1871.

HAPPILLON.
Décédé à Cormontreuil, était un de ces vaillants patriotes, un « passionné de l’armée » ainsi que le disait M. le Dr Colleville en retraçant sa vie toute d’honneur.
Qui ne connaît cette belle collection d’armes réunies dans l’hôtel qu’il exploitait à Cormontreuil. Placée sous la mâle figure du général Kellermann qu’il avait prise pour enseigne, elle évoquait bien des faits historiques de la période révolutionnaire et même contemporaine. La guerre de 1870-71 où M. Happillon prit une part sinon active du moins distinguée, y était aussi largement représentée. L’hôte qui faisait si bon accueil aux visiteurs, se plaisait à en décrire les multiples objets et à parler, avec enthousiasme de son rôle pendant la campagne. Sa conduite a été d’ailleurs grandement appréciée par la presse rémoise.
En 1892, lors de l’organisation de l’Exposition de Valmy, il fut un des premiers qui offrit son concours à cette grande manifestation patriotique et populaire. Entre autres pièces curieuses, nous nous rappelons le sabre de Kellermann, ce sabre qu’il présenta au banquet officiel et dont se servit le général Cœuret de Saint-Georges pour commander le défilé des troupes devant la statue du vainqueur de Valmy.
En M. Happillon disparaît en même temps qu’un membre dévoué de la Croix-Rouge et du Souvenir français, un véritable et dévoué citoyen.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

HARANT (Henri Armand).
Né à Offroye (Somme) le 2 juillet 1827, décédé à Reims le 26 mars 1870, dans sa 42e année.
M. Harant était l’un des 14 fondateurs de l’Indépendant Rémois.
Source : AMB 1871.

HARDY-CAPITAINE.
Décédé à Mouzon, le 25 octobre 1896.
Enfant du peuple, obligé de se suffire à lui-même dès son plus jeune âge, il entra dans l’industrie métallurgique comme simple ouvrier. À force de patience, de travail et d’économie, il devint bientôt petit patron, puis manufacturier, est franchit progressivement toutes les étapes qui devaient l’amener à une des plus hautes situations industrielles du département des Ardennes. Son industrie, limitée d’abord aux travaux de forgeage, fut étendue successivement à la fonderie de fonte malléable et à la fabrication des moulages en acier, améliorant et perfectionnant sans cesse ces diverses branches : ce qui lui valut d’autres récompenses et d’honorables encouragements. Il s’intéressa largement, dès l’origine, à la constitution de la Société des aciéries de Longwy et peut revendiquer une grande part de ses succès. La fortune ne modifia nullement la simplicité et la modestie de ses goûts et de ses habitudes. Il a été la personnification du travail et a hautement honoré son industrie. Il laisse derrière lui un établissement qui est une source de richesse pour la ville.
Des discours ont été prononcés sur sa tombe par M. Dreux, administrateur des aciéries de Longwy, Vellatini, directeur de la fonderie, Tisseron, directeur des ateliers de construction et Létinois, employé à la fonderie de fonte malléable.
Source : AMB 1898.

HARGIVAL (François Georges d’).

Était l’Un des représentants les plus connus de nos grandes familles agricoles de l’Aisne. Agronome, il a rendu au Comice de Saint-Quentin de réels services, il en était le fondateur et en devint le vice-président en 1852. Président de cette Association en 1872, il fut nommé président honoraire en 1881. Membre de la Chambre consultative d’agriculture, vice-président de section à la Société des Agriculteurs de France, président du comité central des fabricants de sucre, il fit montre dans ces fonctions de véritables qualités.
Élu conseiller général pour le canton du Câtelet, en 1852, M. Georges d’Hargival fit partie de ce conseil depuis cette époque jusqu’en 1877, c’est-à-dire pendant vingt-cinq ans. Lors du vote de la loi du 10 août 1874 sur les attributions et le fonctionnement des conseils généraux, il se trouva être le doyen de cette assemblée qui comptait alors dans son sein des intelligences distinguées.
M. Georges d’Hargival fut aussi, de 1871 à 1877, président de la Commission des chemins vicinaux.
Il était chevalier de la Légion d’honneur. Ses obsèques furent célébrées à Vendhuile le 15 novembre 1899, au milieu d’un grand concours de personnes.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

HARLAY (Jean Nicolas Remi).
Premier adjoint au maire d’Épernay, administrateur de l’hospice, délégué cantonal, directeur de la caisse d’épargne, membre du conseil d’hygiène, membre de la commission de perfectionnement du Collège, né à Breuil (Marne), le 8 janvier 1834, décédé à Épernay, le 4 octobre 1889.
M. Fleuricourt, maire d’Épernay, et M. R. Bonnedame, membre de la délégation cantonale, ont retracé, sur sa tombe, la vie si bien remplie de cet homme de bien.
Pendant de longues années, M. Harlay avait exercé la profession de pharmacien, que sa santé, déjà compromise, l’avait obligé d’abandonner. Il avait puisé dans de brillantes études une instruction solide et variée.
L’Union médicale du Nord-Est a publié, dans ces derniers temps, une suite d’intéressants articles sur l’Analyse des eaux potables de la ville d’Épernay. M. Harlay, malgré ses fonctions multiples, ne négligeait pas le côté de la science, lui consacrant une partie de ses loisirs. Rien ne lui était étranger, et toutes les inventions nouvelles, les découvertes scientifiques le séduisaient aussitôt, et il savait bientôt en pénétrer tous les secrets.
Jean-Louis Plonquet.
Source : AMB 1890.

HARMEL (Anne André Félix Léon).
Maire de Warmeriville (Marne) décédé le 14 juin 1899, à l’âge de 42 ans, possédait les qualités ct les vertus traditionnelles de cette grande famille chrétienne du Val-des-Bois, dont le chef, M. Léon Harmel, reste comme le puissant créateur. Celui-ci voulut lui-même, et eut la stoïque énergie de préparer à la mort son fils affectionné en lui annonçant sans détour la gravité de sa maladie et l’approche de sa dernière heure.
La vie de M. Félix Harmel fut entièrement consacrée au bien-être de ses ouvriers, au soulagement de l’infortune, et à l’amour de sa famille dont il était tendrement aimé.
Regretté par toute la population de Warmeriville, il fut suivi au cimetière paru une foule recueillie dans laquelle se remarquaient de nombreuses notabilités ecclésiastiques.
M. Félix Harmel était grand officier de l’ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand, chevalier de Pie IX et Camérier d’honneur de cape et d’épée de Sa Sainteté Léon XIII.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

HARMEL (Jacques Joseph).
Filateur et manufacturier au Val-des-Bois, commune de Warmeriville, né le 23 mars 1795, décédé au Val-des-Bois le 5 mars 1884.
Fondateur en 1840 de la filature du Val-des-Bois, maintenant l’une des plus importantes de la région.
Source : AMB 1885.

HARMEL (Jules).
Était l’un des frères et associés de M. Léon Harmel, manufacturier au Val-des-Bois, né à La Neuville-lès-Wasigny (Ardennes) le 29 novembre 1827, décédé au Val-des-Bois, commune de Warmeriville, au mois de mai 1894, est connu comme créateur d’un genre de fil spécial qu’il porta encore dans la suite à son plus haut point de perfection, et comme coadjuteur de son frère dans l’administration de l’usine importante du Val-des-Bois, où l’on ne s’occupe point seulement des progrès matériels mais des institutions fondées sur la religion et la charité en faveur des ouvriers, le nom des Harmel comme patrons chrétiens est connu dans l’univers entier.
On a déjà assez dit et écrit sur l’excellence de leur œuvre pour nous dispenser d’insister davantage sur la foi et les vertus de celui dont le père et le frère ont été par les ouvriers reconnaissants qualifiés du nom de « bon père ».
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HATAT (Henri).
Né à Châlons en 1845, avait obtenu les galons de caporal au 3e bataillon de chasseurs à pied, lorsque la fatigue des marches pénibles exécutées par les 16e et 17e corps avant la bataille de Patay, jointe à la petite vérole, qui exerça tant de ravages dans nos armées le força d’entrer à l’ambulance de Tours. C’est là qu’il succomba le 12 décembre 1870, d’une mort horrible et plus redoutée par nos soldats que celle du champ de bataille.
Source : AMB 1873.

HATAT (Noël Prosper).
Archiviste, né à Lenharrée (Marne), mort à Châlons le 26 mars 1891, à l’âge de 78 ans.
D’abord employé dans les bureaux de la Préfecture, ensuite attaché au service des Archives départementales, sous M. Bouquet, il devint archiviste en titre en 1854.
Sur ses instances, le Conseil général vota la construction du bâtiment actuel des Archives, rue Sainte-Croix, où l’on transféra de 1864 à 1867, l’immense quantité de papiers accumulée dans les combles de la préfecture.
Jamais fonctionnaire n’eût plus de complaisance et d’urbanité. On lui doit partie du premier volume de l’Inventaire dont le plan a été amélioré ; des communications documentaires insérées dans le Cabinet historique, l’Annuaire de la Marne et autres recueils régionaux. L’éditeur du présent Almanach lui doit la collaboration d’écrivains châlonnais.
Mis à la retraite en 1868, M. Hatat avait eu la douleur de perdre son fils, mort d’épuisement, à Tours, pendant la guerre de 1870.
Charles Remy.
AMB 1893.

HAUTERIVE (comte d’).
Secrétaire d’ambassade honoraire, chevalier de la Légion d’honneur, ancien capitaine des mobiles de la Marne dans la compagnie de Ville-en-Tardenois, est mort à Paris à l’âge de 53 ans, au mois de mai l893.
Attaché au ministère des affaires étrangères sous l’Empire, il eut pendant la guerre, à l’armée du général Faidherbe, une brillante conduite et se fit remarquer à la bataille de Pont-Noyelle par un fait d’armes constaté au rapport du général en chef.
Petit-neveu du célèbre collaborateur de Talleyrand, il épousa Mlle de Staal, sœur de l’ambassadeur de Russie à Londres.
Charles Remy.
AMB 1894.

HAZARD (Abbé Constantin Maurice).
Curé de Saint-Nicolas de La Ferté-Milon, né à Saint-Erme (Aisne) le 21 septembre 1821, décédé à La Ferté-Milon le 26 avril 1894.
Ordonné prêtre en 1848, après avoir successivement occupé plusieurs postes, il était nommé en 1859 curé de Saint-Nicolas de la Ferté-Milon, en même temps que son frère aîné qui vient aussi de mourir au mois de juin dernier, était placé à la tête de la paroisse de Notre-Dame de la même ville.
Les deux frères ont eu, comme on le voit, la destinée assez rare de vivre ensemble dans la même localité, d’y exercer le même ministère pendant 35 ans, d’y avoir été appelés à la même époque et d’y mourir aussi presqu’en même temps.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HÉBERT.
Né à Paris le 21 avril 1810, vint à Chauny, où son père occupait des fonctions municipales. Il en fut nommé maire le 24 août 1848, et gravit successivement tous les degrés de l’échelle administrative. En effet, nous le voyons d’abord conseiller de préfecture, puis secrétaire de la Préfecture, conseiller général, député, questeur au Corps législatif, jusqu’à la proclamation de la République (4 septembre 1870).
Outre ces fonctions, M. Hébert fit partie de la Commission administrative des Hospices et de la Société de secours mutuels. Ses nombreux mandats et les services qu’il rendit, lui valurent d’être nommé commandeur de la Légion d’honneur.
Souffrant depuis longtemps, il ne quittait plus paris, où il habitait place des Vosges, avec sa sœur, Mme de Tourville.
Ses obsèques eurent lieu à Chauny, au milieu d’une affluence considérable. C’est qu’en effet tout le monde aimait cet homme loyal et franc, heureux du bonheur qu’il répandait autour de lui par tant de donations, d’encouragements et de constante urbanité.
Source : AMB 1899.


HEGAY (Jules).
Ancien magistrat, né à Metz, le 11 avril 1831, décédé à Charleville le 30 juin 1902.
Fils d’un juge de paix au Tribunal civil de Metz, M. Hegay était destiné à remplir les mêmes fonctions. Son habitude des affaires publiques, sa connaissance des tares humaines, son esprit observateur et subtil, qualités qu’il cachait sous un air quelque peu bonasse, l’avaient mis eu relief et l’avaient fait apprécier par tous et en particulier par les humbles.
L’ancien magistrat occupait auparavant dans son pays d’origine les fonctions de maire à Château-Rouge et avait été conseiller général de la Moselle.
Il était depuis 1867 dans nos Ardennes où il fut élu conseiller d’arrondissement à Rumigny, puis juge de paix de ce canton, de Buzancy, et enfin de Charleville.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

HEIDSIECK (Mme Thérèse Émélie), voir HENRIOT.


HÉMART (Armand).

Graveur et sculpteur, né à Vertus, est décédé prématurément à Épernay, le 31 janvier 1871, à l’âge 42 ans. Sa dernière composition artistique, exécutée pour un calendrier de l’an 1871, retrace un paysage accidenté dont les lignes centrales accusent le profil de l’ex-empereur des Français, Napoléon III.
Source : AMB 1872.

HENAU (Jean-François).
Né à Bothey, diocèse de Namur, le 18 août 1808, ancien curé de Saint-Masmes, de Château-Regnault et de Levrezy, curé de Chooz (Ardennes), décédé le 11 mars 1870, à l’âge de 60 ans.
Source : AMB 1871.

HENN.
Médecin- vétérinaire, décédé le 29 novembre 1873 à Sainte-Ménehould.
Brillant élève de l’école de Belfort, ses nombreux clients ont trouvé en lui un médecin instruit et un propagateur ardent de la vulgarisation de l’art vétérinaire.
Source : AMB 1874.

HENNIQUE (Agathon).
Né à Couvron (Aisne) le 12 septembre 1810, commandeur de la Légion d’honneur, général de brigade, gouverneur de la Guyane française, décédée à Cayenne le 13 avril 1870.
Engagé volontaire en 1830 dans le 61e de ligne il passa dans l’infanterie de marine en 1832 et conquit tous ses grades dans cette arme. Major en 1849, colonel en 1861, il prit part à l’expédition du Mexique, le 5 mars 1862. À la première attaque de Puebla, il reçut les félicitations publiques du chef de l’expédition. Nommé général le 15 décembre 1863, il fut nommé gouverneur de la Guyane à la fin de l’année 1864.
Le général Hennique laisse trois fils dont l’un est déjà aspirant de marine.
Source : AMB 1871.


HENRIOT (Abbé Anatole Henri).
Curé de Cormontreuil. Le jour de la Toussaint 1900, le diocèse de Reims perdait un de ses prêtres les plus pieux et les plus instruits, en la personne de M. l’abbé Anatole-Edmond Henriot, curé de Cormontreuil.
Né, le 13 février 1839, de parents honorablement connus à Reims et profondément pieux, le jeune Anatole reçut, dès l’enfance, les exemples et les principes des vertus qui font l’honnête homme et le chrétien. Il fit ses premières études au Lycée de Reims, puis au lycée Henri 1V, à Paris. À l’âge de treize ans, en 1852, il entra chez les jésuites, au collège de Vaugirard et il y termina ses études. Jusque-là il n’avait manifesté aucune disposition particulière pour une carrière quelconque ; mais il avait dans sa famille des modèles à imiter. Un de ses cousins, l’abbé Théodore Henriot, prêtre recommandable par son zèle et sa piété, était mort chanoine honoraire et vicaire de la cathédrale ; une de ses tantes maternelles, après avoir été supérieure des Carmélites de Reims alla fonder le Carmel de Montréal où elle mourut. Aussi, vers la fin de sa rhétorique manifesta-t-il son désir d’embrasser la vie religieuse et de se faire jésuite. Ses parents, redoutant l’enthousiasme de la jeunesse, s’opposèrent à son entrée immédiate au noviciat et l’envoyèrent à Rome pour y faire sa philosophie. Il entra au séminaire français et là, sous la conduite du P. Strempf, plus tard évêque de Strasbourg, il s’adonna avec ardeur aux études ecclésiastiques.
En rapports fréquents avec de fervents religieux, en particulier avec Mgr Luquet, évêque franciscain d’Hésébon, qui l’affilia au Tiers-Ordre de Saint-François, excité par les souvenirs que rappelaient les monuments qu’il visitait, Anatole Henriot fortifia sa piété et fit de grands progrès dans la vie spirituelle. Il aimait à faire le chemin de la Croix au Cotisée, à communier dans les sanctuaires célèbres de Rome et à vénérer les reliques des saints Martyrs.
Rappelé à Reims, il entra au grand séminaire en octobre 1858, et là, sous la direction du vénérable M. Aubry, alors supérieur, il se distingua par son amour pour l’étude de la théologie et le l’Écriture sainte, par son goût pour le recueillement et la vie intérieure. Plusieurs fois M. Aubry dut le modérer dans sa ferveur et ses mortifications, surtout pendant les hivers dont il voulait supporter les rigueurs presque sans feu. Il envisageait le sacerdoce comme une dignité dans laquelle on doit se dépenser pour la gloire de Dieu et le salut des âmes et il pratiquait déjà le renoncement, l’humilité, le détachement parfait de toutes choses. Il se fit l’apôtre du Tiers-Ordre de Saint-François et il éprouva une joie bien douce quand M. l’abbé Tardif, du clergé de Paris, vint à Reims agréger plusieurs personnes à cette pieuse association.
Ordonné prêtre, le 22 juin 1862, l’abbé Henriot refusa un vicariat à Saint-Remi, préférant le ministère plus humble de la campagne. Il fut nommé curé de Pouillon. Dans cette modeste paroisse, il se concilia de suite l’estime et l’affection de tous. Sa générosité, sa bienveillance, son zèle empreint de douceur, sa piété communicative sont restés vivants, après plus de vingt années, dans la mémoire de ses anciens paroissiens, qui parlent encore de lui comme du prêtre idéal, dévoué aux intérêts des âmes et à la gloire de Dieu.
M. l’abbé Henriot continua ses habitudes de travail et de régularité ; il édifiait ses confrères qui l’aimaient et méritait l’estime de ses supérieurs, qui voyaient en lui un prêtre modèle. Jeune encore, il fut nommé examinateur synodal.
En 1880, il refusa l’aumônerie de l’Assomption de Reims et fut appelé à la cure de Cormontreuil. Il continua dans cette paroisse les traditions du savant abbé Gainet. Il y composa une « Vie de saint Pierre », imprimée à Lille, chez Desclée, et qui a eu un légitime succès. Outre cet ouvrage qui a vu le jour, M. l’abbé Henriot a laissé un certain nombre de manuscrits, fruits de ses continuelles études. Nous devons citer les principaux :
1° « Étude sur les actes des Apôtres », qui comprend au moins trois volumes ;
2° « L’Évangile selon saint Jean » ;
3° « Le surnaturel dans l’Évangile », étude sur les miracles de N.-S. Jésus-Christ.
4° « Les prophéties de Notre-Seigneur Jésus-Christ » ;
5° « La vie dans l’autre monde » ;
6° « L’ascétisme du Nouveau Testament » ;
7° « Le prêtre dans la pratique du saint Ministère » ;
8° « Le consolateur du prêtre dans les paroisses peu chrétiennes ».
Les deux derniers ouvrages sont d’une valeur supérieure et mériteraient d’être publiés. On y reconnaît l’abbé Henriot tout entier avec son esprit si ecclésiastique et si doux, si détaché et si mortifié.
Doué d’une aptitude peu commune pour le dessin, il a laissé en outre une quantité d’aquarelles, de caricatures, de croquis toutes sortes, qui feraient honneur à un artiste de profession.
Cependant les forces du corps trahirent la bonne volonté de cet excellent prêtre ; la maladie le saisit il y a deux ou trois ans et un affaiblissement graduel l’empêcha bientôt de remplir comme il l’aurait voulu les fonctions de son ministère. Il offrit à Dieu ce sacrifice ; mais Dieu lui demanda davantage : il fut un long temps privé du bonheur de dire la messe, et enfin, il se vit aux portes du tombeau. Il remercia le confrère voisin qui lui conseillait de recevoir les derniers sacrements, et il se prépara à la mort en pleine connaissance, se confiant en la miséricorde divine. Après avoir pieusement reçu les sacrements de l’Église, il rendit sa belle âme à Dieu pour aller jouir au Ciel de la vie des bienheureux dont il avait essayé de donner une idée dans un de ses ouvrages.
La mort fut un deuil pour les deux paroisses qu’il avait administrées : Pouillon et Cormontreuil. Un premier service, célébré le 5 novembre à Cormontreuil, attesta les regrets unanimes de ses paroissiens ; un autre service, célébré la semaine d’après à Pouillon, montra que la population n’avait pas, après vingt ans, oublié le pasteur qui lui avait été si dévoué et lui avait consacré sa jeunesse.
Sa dépouille mortelle, transportée à l’église Saint-André de Reims, fut accompagnée au caveau de la famille dans le cimetière du Nord, par une foule considérable de fidèles et de prêtres, ayant à leur tète M. le vicaire-général Labarre et plusieurs membres du Chapitre métropolitain. Que sa mémoire soit bénie !
Abbé A. Haudecœur.
Source : AMB 1902.

HENRIOT (Mme Élisa).
Veuve de M. Robillard, ancien vice-président honoraire du Tribunal civil de Reims, officier de la Légion d’honneur, née à Reims le 13 mars 1815, décédée à Reims le 19 octobre 1877, à l’âge de 62 ans.
Cette dame appartenait à une ancienne famille de Reims. Femme de beaucoup d’esprit et d’une générosité sans bornes, elle était très bonne pour la classe ouvrière ; du reste, elle faisait partie de beaucoup de sociétés de bienfaisance de la ville.
Source : AMB 1878.

HENRIOT (Thérèse Émélie).
Veuve de M. Charles Henri Heidsieck, née à Reims le 30 septembre 1798.
Fondatrice de l’Œuvre de la Miséricorde, membre très active de la Charité maternelle, elle consacra tout son temps au soulagement des pauvres qu’elle visitait elle-même pour se rendre bien compte de leurs besoins : décédée à Reims le 15 mai 1873.
Source : AMB 1874.

HENRIQUET (Louis Paul).

Conseiller général à la Cour d’appel de Paris, né à Châlons-sur-Marne le 25 février 1818, décédé le 20 décembre 1878.
Ce magistrat est venu présider plusieurs fois les assises de Reims il y a quelques années.
Source : AMB 1880.

HENROT.
Nous donnons ici un extrait du discours prononcé sur sa tombe par M. le docteur Maldan :
« Messieurs,
« Si la modestie de celui que nous accompagnons à sa dernière demeure pouvait être consultée, elle se refuserait absolument à tout éloge. – Si donc quelques mots sont prononcés aujourd’hui sur sa tombe, c’est moins pour honorer sa mémoire, qui n’en a pas besoin, que pour servir de consolation aux siens et d’exemple peut-être à nous-mêmes. – Une vie d’activité, d’honnêteté, de dévouement à ses semblables est toujours mise utilement sous les yeux.
« Jean-Baptiste Henrot naquit le 19 janvier 1791, à Liry (près Monthois, Ardennes), d’un père cultivateur et qui fut longtemps maire de sa commune. Comme il n’y avait pas d’école dans son village, on l’amène, à sept ans, à Reims. Il suit les petites écoles du haut quartier dont il est devenu pour ainsi dire l’enfant, entre au lycée à dix ans environ, sous l’abbé Gros, qui vient de revenir de l’émigration ; il a des succès, est plusieurs fois dictateur, 1er, 2e, 3e consul, plusieurs fois lauréat, quitte ses études à treize ans et demi à la mort de son père, retourne à Liry pour y aider sa mère, met la main à la charrue jusqu’à quinze ans et demi.
« Son goût, les conseils de ses professeurs le déterminent à revenir à Reims pour y étudier la médecine.
À dix-huit ans, en 1809, il part en qualité de chirurgien sous-aide dans le 6e dragon, pour l’Allemagne. – C’était l’année de Wagram. – L’année suivante, transporté en Espagne, attaché au 8e corps d’artillerie, il fait un rude apprentissage dans cette guerre si sauvage, si meurtrière. – Sièges d’Astorga, de Ciudad Rodrigo, d’Almeida, bataille de Busaco, soins multipliés de son art dans les tranchées, à l’assaut, dans une épouvantable explosion de poudrière, sur le champ de bataille ; puis la misère, la faim elle-même, si désespérante dans un pays entièrement dévasté, qu’il faut la tromper avec des fruits sauvages, et qu’un de ses compagnons, à bout de courage, veut se brûler la cervelle ; une blessure au pied à Santarem, la fièvre intermittente d’abord, puis enfin le typhus, le terrible typhus à Largo Pispo sur le Tage ; et alors du foin pour lit, une seule couverture pour envelopper ses membres malades, point de bouillon, point de viande fraîche, voilà tout ce dont sa jeunesse, la force de sa constitution, son énergie morale parviennent à triompher, mais c’est pour tomber prisonnier aux mains des Anglais, à la prise de Madrid, le 13 août 1812.
« Transporté par les guérillas et embarqué à Lisbonne, chassé par une tempête à 400 lieues sur mer, en vue de Madère, il est amené enfin en Angleterre pour y rester six semaines sur le ponton l’Europe, et être interné ensuite dans le pays de Galle, où il arrive pieds nus, sans argent, et demeure deux ans, pauvre et malheureux, jusqu’à la paix de 1814, qui le ramène à Morlaix, où il lui est donné d’embrasser la terre de la patrie.
« Il revient après quatre ans, onze mois et onze jours de service militaire, rentre à Liry et y fait de la pratique médicale et de la clientèle pendant deux ans et demi. De fréquents voyages à Reims l’y font marier et s’y établir définitivement en 1813.
Médecin d’une grande ville, une louable ambition le porte alors à aspirer au titre de docteur en médecine. Il se remet au travail des livres, qu’il cumule avec l’exercice médical, il va subir successivement ses quatre examens à Paris, et y conquiert enfin son grade en passant en 1828 sa thèse doctorale, qui a pour sujet la péritonite puerpérale. II poursuit alors parmi nous sa carrière médicale et sa carrière civile. Médecin du bureau de bienfaisance de 1830 à 1849, dans un quartier populeux et fécond en misères, dont il n’est pas une pauvre maison qu’il n’ait cent fois visitée, et lorsque ce service gratuit se partageait pour toute la ville entre deux médecins seulement, il se dévoue jour et nuit, pendant deux mois, au choléra de 1832 ; il acquiert une clientèle qui s’étend aux quartiers les plus distants de la ville, et à laquelle il ne peut suffire que par une force et une activité spéciales ; aide-major de l’artillerie de la garde nationale, électeur, membre du conseil municipal de 1830 à 1848 ; suppléant de la justice de paix de 1830 à 1849, fonctions qui conviennent si bien à son esprit modéré et conciliateur, il finit peu à peu et spontanément par laisser ces emplois à de plus jeunes, de même que la pratique de son art à ses fils, et passe au milieu de ses concitoyens une vieillesse tranquille, estimée et respectée de tous.
Source : AMB 1869.

HENROT (Adolphe Jean-Baptiste).
Docteur en médecine, né à Reims le 14 septembre 1828, décédé dans cette ville, le 24 mars dernier.
Adolphe Henrot était une figure ; si ce terme est trop facilement appliqué aux hommes qui disparaissent après avoir rempli une existence quelque peu brillante, il caractérise ici un tempérament et peint d’un trait la vie du regretté docteur.
Sa physionomie manque à nos rues; elle manque dans cette salle de la Bibliothèque municipale où nous le vîmes maintes fois ; elle manque dans ce monde médical rémois qui tenait Adolphe Henrot en haute estime, celui-ci y appartenant plus que tous autres par de solides attaches à une science à laquelle s’étaient voués de longue date les membres de sa famille.
Il fut le médecin bon, désintéressé, étudiant non seulement le malade et la maladie, mais aussi le milieu dans lequel vivait l’être souffrant ; on retrouvait dans sa conversation toujours spirituelle et imagée ces observations quotidiennes qui étaient le plus souvent le montant d’aléatoires honoraires.
Adolphe Henrot était un lettré, un ami des livres et il rapporta de ses nombreux voyages une foule d’impressions auxquelles l’originalité de sa parole donnait une saveur particulière.
Sa thèse sur la « Paracenthèse du péricarde » (1855) fut suivie d’autres communications dont il fit profiter la Société médicale de Reims et qui se trouvent rappelés à leur place, dans l’« Union médicale du Nord-Est » du 30 mars 1902, à la suite des discours de MM. les docteurs Langlet et Bagneris.
Une foule énorme suivit le cercueil jusqu’au cimetière du Sud où avait lieu l’inhumation. On remarquait, dans 1e cortège, la présence de M. le général Hartschmidt ; de Montebello, député ; Noirot ancien maire ; Bourge et Poullot, président de la Chambre de Commerce ; Victor Lambert, etc. ; le corps médical rémois au complet et la plupart des notabilités de la ville, officiers de pompiers, sauveteurs, une délégation de la Société des facteurs dont M. Henrot était membre honoraire ; une délégation des enfants de Saint-Vincent-de-Paul, etc.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

HENROT (Jules).
La ville de Reims a perdu en Jules Henrot un de ses meilleurs enfants. II était de cette remarquable famille, dont tous les membres ne sont pas seulement citoyens de Reims, parce qu’ils y sont nés et y demeurent, mais parce qu’ils lui ont rendu des services dans l’administration, la science et la bienfaisance. Race forte et bonne, qui regarde le dévouement comme un devoir et en fait son habitude.
Nous nous rappelons tous sa physionomie un peu sévère, mais douce, exprimant le souci constant qu’il eut du sort des malheureux, souci dont il a donné des preuves nombreuses à son pays La plus belle est ce don de 34.000 francs qu’il fit à la ville en 1897, pour la fondation d’une rente perpétuelle de 1.000 fr. à distribuer chaque année « en livrets de retraite à un certain nombre d’enfants pauvres travaillant dans les diverses industries de la ville ».
Jules Henrot fut l’un des fondateurs de l’Association générale des pharmaciens de France, vice-président du Bureau de bienfaisance de Reims, administrateur de la Caisse d’épargne, vice-président de la Société de prévoyance pour la retraite, et vice-président de la Société d’horticulture...
À tous ces titres qui lui ont fait une si large place dans la vie rémoise et y perpétueront longtemps son souvenir, nous joindrons l’infatiguable activité qu’il a, jusqu’à la fin de sa carrière, déployée pour ses concitoyens.
Déjà touché par les infirmités de l’âge, on le voyait encore à la caisse des Écoles, à la Société d’hygiène, dans les écoles surtout, continuant son œuvre d’encouragement matériel et moral, donnant son argent, son temps, son cœur. La mort seulement a arrêté sa bienfaisante action. Honneur à sa mémoire !
M. Jules Henrot décédé le 9 mars 1904, était né à Reims en 1822.
P. D.
Source : AMB 1905.

HENRY (Gustave).
Capitaine en retraite, né à Reims le 5 février 1827, décédé dans cette ville le 23 juillet 1902.
S’il est des hommes constants dans le devoir : le capitaine Henry en fut un. Il le montra sur le champ de bataille du soldat comme sur le champ de bataille du chrétien. Son patriotisme et sa foi allaient de pair.
Sa physionomie reflétait bien cet énergique sentiment de la défense du droit et des idées qui ne cessa de l’animer jusqu’à la mort.
Gustave Henry était capitaine d’artillerie lorsqu’en 1870, se trouvant à Sedan, il eut le bras gauche fracassé en portant un pli du général de Villegly au général Lebrun. Recueilli par un paysan et conduit dans une famille sedanaise, il y reçut les soins que nécessitait son état, mais l’amputation du membre blessé n’en fut pas moins indispensable. Compris dans la capitulation, il dut suivre ses frères d’armes en Allemagne. Il resta prisonnier jusqu’au 25 avril 1871.
Rentré dans la vie privée avec la croix de la Légion d’honneur que lui avait value sa noble conduite, le capitaine Henry obtint l’emploi d’inspecteur des travaux de la ville de Reims, puis devint chef de service de la Compagnie du gaz. Il quitta ce poste en 1892 et, depuis cette époque, son existence fut absorbée par les œuvres religieuses et sociales.
Directeur du Cercle catholique ouvrier de Saint-Maurice pendant de longues années, il était devenu directeur laïque du Tiers-Ordre de Saint-François.
Sa mémoire restera vénérée dans ces œuvres qu’il dirigea avec tant de dévouement et auxquelles il consacra les dernières années de sa vie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

HERBÉ (Charles Auguste).
Peintre d’histoire, élève de Gros, né à Reims le 17 août 1801, décédé au même lieu le 30 septembre 1884.
Nous extrayons du journal l’Indépendant Rémois, les parties les plus saillantes de l’article qui lui est consacré :
« Herbé, après de très bonnes études an collège de Reims, poussé par ses goûts artistiques, entra chez M. Courtois, fondeur de cuivre, qui avait la spécialité des ornements d’église. Le métier était contraire à son tempérament des plus délicats, et l’assiduité, la passion qu’il apportait à son travail, ne tardèrent pas à compromettre sa santé. Il dut quitter 1a fonte et le repoussage du cuivre ; il entra comme dessinateur aux Longaux. Au montage du volant de la première machine à vapeur qui parut à Reims et qu’on installait dans cette filature, il eut le pied cassé et dut garder la chambre pendant de longs mois. Ce temps ne fut pas perdu pour l’artiste, il se perfectionna dans le dessin sous la direction d’un bon maître d’alors, M. Rondelet.
M. Herbé avait alors vingt ans. Lorsqu’il fut remis sur pied, il prit le chemin de Paris et entra dans une grande maison de fonte d’ornements et de bronze d’art.
Les heures de loisirs que lui laissaient ses travaux, il les passait dans les musées, dans les bibliothèques, où il accumulait, avec un travail de bénédictin, les matériaux de son « Histoire du costume civil et militaire des Français », qui devait plus tard être une des plus solides assises de sa réputation artistique. Charlet avait remarqué ce studieux jeune homme et le prit en amitié ; Raffet, qui l’affectionnait, lui enseigna la lithographie et le fit entrer en 1826 dans l’atelier de Gros.
Gros avait une paternelle affection pour M. Herbé et lui prodigua ses conseils. Il trouvait sa récompense dans les progrès et le travail de son élève qui ne tarda pas à faire ses preuves.
Dès 1829, il faisait son entrée à l’exposition qui se tenait alors au Louvre et son tableau : La Mort du Pauvre, ne passa pas inaperçu.
En 1830, il présidait la commission des beaux-arts. Depuis lors, ses œuvres se succédèrent sans interruption. Parmi celles dignes d’une remarque particulière et qui eurent les honneurs du Louvre, nous citerons :
La vieille Maîtresse ; Une Scène de la Révocation de l’édit de Nantes ; Henriette d’Entragues aux pieds de Henri IV ; Une Scène de la Folie de Charles VI ; Les Échevins de Reims devant Louis IX (au musée de Reims), qui obtint la médaille d’or ; Louise de Lorraine pansant les malades à l’Hôtel-Dieu, etc.
C’est à cette époque, vers 1837-1838, qu’il publia l’Histoire des costumes en France, et partit en Italie avec le peintre Debou, étudier les maîtres.
En 1840, il faisait paraître « l’Histoire des Beaux-Arts » dont les gravures sur acier ont été exécutées par M. Auguste Garnier, et, presqu’en même temps, une série remarquable d’études physionomiques de la tête et des diverses attitudes du corps en proie aux sensations vives et aux passions tyranniques.
M. Herbé, durant cette période si bien remplie de sa vie, n’oubliait pas sa ville natale, il y revenait de temps à autre, se reposant de ses grands travaux en faisant à Reims quelques portraits des sommités de la ville ou des amis auxquels il voulait laisser un souvenir.
Nous en pourrions citer quelques-uns qui sont absolument remarquables, parmi lesquels il faut citer les portraits de M. et Mme Herbé-Périnet, M. Houzeau-Muiron, Mme la comtesse de Mouy, Mme Belot, et vingt autres qui décèlent un grand talent.
À la sollicitation de M. Houzeau-Muiron et de M. Poisson, sous-préfet de Reims, M. Herbé consentit à revenir dans sa ville natale où l’accueil le plus flatteur l’attendait, où son atelier devint le rendez-vous de tous ceux que les beaux-arts intéressaient. Il fut, lors de sa création, nommé membre de l’Académie, où il ne consentit à siéger qu’après avoir obtenu que l’on remettrait au jour les magnifiques tapisseries de la Cathédrale qui pourrissaient dans un coin de la vieille sacristie.
Sous les auspices de M. de Saint-Marceaux, maire de Reims, on créait alors l’école municipale supérieure ; il fut nommé professeur de dessin, puis il prit la direction du cours municipal de l’Hôte1-de-Ville.
Mais l’âge était venu, et l’artiste qui avait fourni une si honorable carrière, s’était confiné dans son atelier comme Charles-Quint à Saint-Just. Il n’exposait plus que de loin en loin, de petites toiles d’un fini adorable, qu’il ne mettait pas en vente et qu’il conservait dans son atelier dont il avait fait un véritable musée.
Là se trouvaient grand nombre de ses bons tableaux dont il n’avait pas voulu se séparer et de magnifiques études, les premiers jets des peintures qu’il avait envoyées au Louvre. Ces études sont très remarquables et d’un beau fini.
Source : AMB 1885.

HERBÉ (Général de brigade Jean François Jules).
Commandeur de la Légion d’honneur, né à Reims le 13 juin 1824, décédé au domaine de Mont-d’Arras, près Trévoux (Ain), le 14 décembre 1893, fit ses études à Reims.
Sorti de Saint-Cyr en 1844, il était officier au 20e léger lors de la guerre de Crimée : il était fait capitaine le 27 mai 1854, et se distingua à la bataille de l’Alma. Adjudant-major en 1855, il passa au corps d’observation commandé par le général châlonnais Herbillon, fut blessé à La Tchernaïa d’une balle à la banche, puis évacué sur Constantinople.
Le 4 avril 1856, il était chargé de porter aux postes ennemis la nouvelle officielle de la paix, ce qui causa parmi les Russes une joie voisine du délire.
Rentré en France le 20 mai 1856, il demandait à Dieu de ne jamais être appelé à combattre contre les Russes, mais avec eux contre les ennemis de la France.
Blessé au Mexique, il fut nommé chef de bataillon. En 1870, il combattait a Gravelotte où il fut blessé.
Il était lieutenant-colonel quand il fut appelé en 1880 comme colonel au commandement du 76e de ligne.
Commandeur de la Légion d’honneur en 1880, officier de l’Instruction publique, il était fait général de brigade en 1882 et prit sa retraite en 1886.
On a de lui : Français et Russes. Lettres d’un officier Français ; cet ouvrage est dédié à son fils.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HERBILLON (Colonel Émile Alexandre).
Né à Châlons-sur-Marne en 1826, était fils du général Herbillon, le héros de Zaatcha et de Tracktir, dont la famille habite encore Châlons et les environs.
Le fils avait suivi les traces du père et avait gagné ses grades en Afrique jusqu’à celui de chef de bataillon.
En 1870, il prit part au siège de Metz en qualité de lieutenant-colonel et, après le retour de captivité, fut fait colonel. Il avait depuis quelque temps pris sa retraite à Paris, où il mourut au mois de février 1893, à l’âge de 68 ans. Il laisse un fils lieutenant au 4e hussards.
Charles Remy.
AMB 1894.

HERBULOT (Pierre Eugène).
Décédé à Carignan (Ardennes) le 12 mai dernier, était né dans cette petite ville le 27 septembre 1822 et y exerçait les fonctions de juge de paix depuis une vingtaine d’années.
Malgré son grand âge, sa lucidité d’esprit ne s’était pas altérée ; il se rendait toujours à ses audiences, et la veille de sa mort, il remplissait encore le noble exercice du devoir professionnel.
Chrétien convaincu et pratiquant, conciliant dans les différends soumis à sa conscience, impartial dans ses jugements, on retrouvait dans ces qualités le citoyen honorable et le magistrat tout à la fois intègre et juste.
C’est une figure très caractéristique qui disparait en la personne de M. Herbulot.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

HERBULOT (Pierre Gustave).
Remplissait à Charleville, et à Mézières où il est décédé le 31 mars 1899, de nombreuses fonctions publiques dont il s’acquitta toujours avec zèle et dévouement.
Président du Tribunal de commerce de Charleville, conseiller municipal, membre de la commission administrative de l’Hospice de Mézières, président du conseil de fabrique de cette dernière ville. M. Herbulot était parvenu à ses différents honneurs par ses qualités personnelles et sa grande expérience des affaires.
À ses obsèques se pressait une nombreuse assistance. Sa vie d’administrateur à été rappelée par M. Mialaret, maire de Mézières, qui a su faire ressortir la haute valeur morale du défunt ; de même, M. Edmond Vany, au nom du Tribunal de commerce, a dit, en termes éloquents, tout le bien du magistrat loyal qui s’était acquis dans les deux villes une respectueuse sympathie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

HERDING (Jean Émile Ernest).
Né à La Rochelle le 23 février 1852, pasteur de l’église réformée, décédé à Reims le 23 janvier 1898, à 45 ans Il exerçait son ministère à Reims depuis cinq années, se signalant par son zèle évangélique. Cruellement éprouvé par la perte de deux de ses enfants en moins d’un an, il en conçut un chagrin mortel.
L’affluence sympathique qui se pressait à ses obsèques témoigne combien il avait su gagner l’affection et l’estime de tous.
M. Goulden, président du Consistoire de Sedan et MM. les pasteurs Nyezard, de Nancy, et Loux, de Sedan, ont prit la parole, au Temple. Le juste éloge du défunt a été prononcé au cimetière par M. P. Krug, au nom du Conseil presbytéral, et par un pasteur, ancien condisciple de M. Herding.
Source : AMB 1899.

HERIEZ (Jean-Baptiste).
Né à Phalsbourg, de parents rémois, le 26 mars 1816, mort à Paris le 23 septembre 1873.
Enrôlé volontaire dans la presse militante, il a, dans ces derniers temps, collaboré accidentellement à la rédaction de divers journaux démocratiques de Paris.
Quoique dépourvu d’instruction, il a écrit des articles vraiment remarquables, que les lecteurs du Réveil, journal fondé à Reims, par M. E. Guillemart, n’ont pas oubliés.
Source : AMB 1874.

HÉRIOT de VROIL (Jules Marie).
Ancien avocat, propriétaire au château de Rocquincourt, commune de Courcy, membre correspondant de l’Académie de Reims, né à Reims le 13 septembre 1820, décédé à Paris le 31 décembre 1893.
Fils de M. Hériot de Vroil, ancien officier de cavalerie, et de Mlle Ruinart de Brimont, il était allié aux familles de Conantray, de Savigny, de Varagne, du Chavigné, etc. Il avait épousé une des filles du célèbre hygiéniste, le docteur Parent du Châtelet.
M. de Vroil, qui habitait à Paris l’hiver et Rocquincourt pendant la belle saison, avait été longtemps maire de Courcy. I1 s’occupait de belles lettres et d’économie sociale.
On a de lui une Étude sur la vie et les œuvres de Clicquot de Blervache, des études sur Lévesque de Pouilly, sur l’archevêque de Reims Le Tellier ; sur la Suisse et sur les questions fiscales et douanières.
Sous une apparence parfois un peu brusque, il possédait les plus précieuses qualités de l’esprit et du cœur. Ses obsèques ont eu lieu au cimetière de Courcy.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HERMANT (J.-E.).
Né à Chauny le 20 mai 1850, chef d’escadron d’artillerie, chevalier de la Légion d’honneur, décédé à Laon, le 19 juin 1898, dans sa 48e année.
Les obsèques ont eu lieu à Saint-Martin, avec tout l’appareil imposant des funérailles militaires. Les trompettes du 29e d’artillerie alternaient avec la musique du 45e d’infanterie. Les coins du drap étaient tenus par M. le chef d’escadron d’artillerie Gentil, M. le chef de bataillon Lambin, M. le chef d’escadron Huin, de l’arsenal de Laon et M. le chef de bataillon du génie Maniguet. Derrière la famille venaient MM. les généraux Basset et Roux, de La Fère ; le colonel, le lieutenant-colonel et tous les officiers de la garnison. Après le service religieux, le corps a été dirigé vers la gare le regretté commandant devant être inhumé le lendemain au Père-Lachaise.
Source : AMB 1899.

HERMANT (Louis Augustin).
Curé de la cathédrale de Châlons, naquit dans cette ville le 1er janvier 1806. Il fit ses premières études au séminaire de Meaux, dont l’évêque, M. de Cosnac, administrait les anciens diocèses de Reims et de Châlons.
Ordonné prêtre le 13 juin 1829, par M. de Prilly, et nommé vicaire de la cathédrale, il exerçait ces modestes fonctions avec l’abbé Appert, depuis curé-doyen d’Épernay, lorsqu’il fut nommé curé de Vitry-la-Ville (20 janvier 1831). Curé-doyen de Vienne-le-Château, le 9 avril 1838, l’évêque l’appelait, sept ans plus tard (20 décembre 1845), à la cure de l’église cathédrale de Châlons.
Pendant la durée de son apostolat, le curé de Saint-Étienne édifia ses paroissiens par ses œuvres charitables. Plusieurs tableaux des écoles françaises et italiennes, des ivoires précieux et de nombreux ouvrages à figure, conservés dans son cabinet, montraient aux visiteurs que l’abbé Hermant possédait le sentiment du beau artistique, sentiment chez lui très pur et très développé.
Décédé subitement le 7 février 1871, l’abbé Hermant a fait plusieurs legs de bienfaisance. Il laisse à la fabrique de l’église Saint-Étienne une statue de la Vierge, de grandeur naturelle, en cuivre, repoussé et doré.
Source : AMB 1872.

HERMENGE (Jean Nicolas Auguste).
Ancien chef de musique, né à Voncq (Ardennes) le 14 juin 1818, décédé à Reims le 19 mars 1889, s’engagea dès l’âge de 14 ans comme élève musicien. En 1840, i1 était nommé sous-chef de musique au 9e de ligne, et obtenait un prix du Conservatoire.
En 1856, il reçut la médaille militaire, et, en 1863, il était décoré de la croix de ta Légion d’honneur.
À la suite d’une expédition sous les ordres du duc de Joinville, i1 fut atteint d’une surdité partielle et fut obligé de prendre sa retraite, à la veille d’être nommé chef de musique.
Il vint se fixer à Reims, où il eut le bonheur inespéré de recouvrer suffisamment l’ouïe pour percevoir fidèlement les sons musicaux.
Il y forma plusieurs corps de musique, entre autres les fanfares de 1’École Professionnelle, de la Société la Rémoise et de l’École des Frères.
Il est mort chez sa fille, Mme Cavarrot, à l’âge de 71 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

HERMENT (Dr Arnould Maximilien).
Né à Minécourt, canton d’Heiltz-me-Maurupt, le 6 mai 1817, mort le mardi 19 février 1897, à Vandeuvre (Aube).
C’était le frère de M. Auguste Herment, ancien maire de Jussecourt-Minécourt, et de M. Herment-Mélaut, ancien maire de Saint-Amand.
Source : AMB 1898.


HERMENT (Lucien).
Général de brigade en retraite, né à Vitry-le-François, le 10 juillet 1837, décédé à Chaillevois (Aisne), le 25 août 1902.
Le général Herment avait appartenu à l’artillerie. Il sortait du rang. Sous-lieutenant en 1861, après avoir fart la campagne de Chine, il fut nommé capitaine pendant la guerre franco-allemande. Il prit part aux batailles de Villersexel et de Héricourt. Général et gouverneur de Langres en 1896, il avait reçu la cravate de commandeur de la Légion d’honneur, lors de son passage au cadre de réserve, en 1899.
À ses obsèques, célébrées à Laon, assistaient une foule d’officiers et de notabilités civiles. Les coins du poêle étaient tenus par M. le général Lacoste ; le lieutenant-colonel Belin, le colonel Rambaud et le commandant du génie Chevannes.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

HERVÉ (Général).
Né en 1837 à Uzel (Côtes-du-Nord) et quoique étranger à notre région, a droit à une mention dans cette publication, en raison du séjour qu’il fit à Châlons-sur-Marne, comme commandant du 6e corps d’armée.
Sorti de Saint-Cyr en 1855, il fut d’abord envoyé dans la Grande Kabylie, sous le maréchal Randon. En 1859, il fit la campagne d’Italie avec le 3e zouaves et combattit à Palestro. Au début de la guerre contre l’Allemagne il était capitaine. Il prit part à la bataille de Froeschwiller, coopéra, avec les débris du régiment à la fameuse charge de cuirassiers en se lançant sur l’ennemi à la baïonnette.
Promu chef de bataillon le 20 avril, il combattit encore à Sedan, où il défendit le pont et le village de Daigny. Puis il fut emmené en captivité. À son retour il rentre au 3e zouaves et prit part sous les ordres du général Saussier, à la répression de l’insurrection arabe.
Lieutenant-colonel en 1874, colonel en 1878, il fit partie de l’expédition de l’Aurès et de celle de Tunisie. Brigadier en 1883, divisionnaire en 1888, il fut, l’année suivante, mis à la tête de l’importante division de Nancy, à laquelle il contribua à faire donner son nom de division de fer.
Enfin il reçut le commandement du 6e corps d’armée en 1894, après le général Jamont et, l’année suivante, fut nommé membre du conseil supérieur de la guerre.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

HERVEUX (Ulysse).
Président de la Chambre de commerce, ancien président du tribunal de commerce, président du Conseil d’administration de l’Union Républicaine, le défunt avait donné à des titres divers une forte somme de son temps et de son travail qu’il avait vu récompenser par la rosette de l’Instruction publique.
Sa situation était des plus en vue à Châlons où il passa presque toute son existence et où il laisse les meilleurs souvenirs.
Magistrat plein de tact, arbitre éclairé, son .jugement sûr autant que la clarté de ses décisions étaient bien connus au tribunal de commerce où il était entré comme juge suppléant en 1884. Juge titulaire en 1886, il en avait été élu président le 20 décembre 1889. Nous devons ajouter que c’est à son initiative qu’est due la transformation de la Chambre des arts et manufactures de Châlons en Chambre de commerce.
M. Herveux appartint aussi en qualité d’administrateur à la Caisse d’épargne, aux hôpitaux, à la Banque de France, etc.
Né à Mairy-sur-Marne le 23 octobre 1835, il termina ses jours à Châlons-sur-Marne le 20 avril 1900.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

HEURPÉ (Eugène).
Docteur en médecine à Tours-sur-Marne, est né dans cette localité, le 4 mai 1815, et y est mort le 2 septembre 1884, après y avoir exercé la médecine depuis 1840 jusqu’à sa mort.
C’est une belle et noble vie que celle qui est consacrée au soulagement de ses semblables et surtout de ses concitoyens. Non seulement M. Heurpé fut pour ses compatriotes un médecin dévoué, mais il était encore le père des pauvres de la commune.
Source : AMB 1885.

HEYRING (Charles).
Fabricant de sucre à Berry-au-Bac, conseiller général de l’Aisne, officier d’Académie, décédé à Berry-au-Bac le 4 décembre 1890.
Ancien élève de l’École des Arts et Métiers de Châlons, M. Heyring dirigeait il y a 30 ans un établissement important de constructions mécaniques.
À sa sortie de l’École des Arts et Métiers, il débuta comme ingénieur dans les ateliers de la maison Carion-Delmotte, à Anzin. Il fut plus spécialement chargé des travaux pour les sucreries, pour lesquels cette maison avait déjà acquis une réputation bien méritée. C’est sous son patronage et avec l’aide de quelques cultivateurs de la région qu’il fonda vers 1865 la fabrique de sucre de Berry-au-Bac, qui, sous sa gérance aussi active qu’intelligente, ne cessa pas d’être prospère. Ceux qui ont visité cette fabrique et qui ont pu juger la haute compétence de M. Heyring comme fabricant doublé d’un ingénieur, ont pu se rendre compte des causes de cette prospérité.
Comme conseiller général il apporta dans le sein de cette assemblée départementale sa collaboration active, intelligente et indispensable, même dans la période de cette crise agricole et industrielle que cette industrie traversait.
Aussi tous ses collègues avaient pour lui une estime justifiée.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

HIDÉ (Charles).
Propriétaire, ancien conseiller municipal, ancien secrétaire général de la Société académique de Laon, membre de la commission du musée, né à Laon le 6 juillet 1825, décédé à Bruyères le 15 mai 1894.
Ayant habité à Laon pendant la plus grande partie de sa vie, il s’y était allié à une famille des plus honorables. C’était un lettré des plus érudits, un musicien de grand talent.
Après avoir marié ses deux filles dans le meilleur monde, il s’était retiré à Bruyères où il était conseiller municipal et président du conseil de fabrique.
M. Hidé était un amateur éclairé. Il avait réuni une collection de tableaux, de faïences, de pièces archéologiques, de monnaies et de meubles qu’il livrait avec obligeance aux visiteurs. Il avait réuni non seulement des raretés, mais des pièces uniques ; sa collection est une mine à exploiter pour l’histoire locale.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

HOCQUART (Anne).
Sœur supérieure de l’Ordre de la doctrine chrétienne, en religion sœur Nathalie, décédée à Givet le 21 novembre 1872, à l’âge de soixante sept ans, après avoir professé pendant cinquante ans dans cette ville.
Source : AMB 1873.

HOLLEAUX (David Jules).
Ancien notaire, ancien maire de Château-Porcien, né à Amagne le 3 juillet 1823, décédé à Reims le 19 janvier 1886.
Il exerça le notariat pendant 12 ans avec intégrité et une connaissance parfaite des affaires et du droit, fut membre du conseil municipal pendant vingt ans, puis maire de Château-Porcien de 1862 à 1879.
En cette qualité, il exposa courageusement sa vie pendant l’invasion de 1870 pour le salut commun : au mois de décembre, il fut arrêté par les Prussiens et conduit à Rethel, devant les chefs de la garnison allemande qui eurent le bon esprit de le relâcher, non sans amende.
En 1867, il fut nommé suppléant du juge de paix du canton duquel il remplissait comme maire les fonctions du ministère public près le tribunal de simple police.
En 1879, il quitta Château-Porcien pour habiter Reims, où il mourut entouré de l’estime de tous ceux qui l’ont connu.
Source : AMB 1887.

HORGUELIN (Cyrille Onésime).
Directeur des contributions directes en retraite, ancien président de la Société d’Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne, chevalier de la Légion d’honneur, est décédé à Châlons-sur-Marne le 13 décembre 1899, à l’âge de 75 ans ; il a été inhumé à Pogny (Marne), son pays natal.
Sa carrière administrative fut des plus honorables. En 1857, il fut chargé de diriger la reconstitution des documents cadastraux du département de la Somme, détruits par un incendie. Sa haute compétence le fit désigner pour les fonctions d’inspecteur de la Seine, de chef de bureau à 1’Administration centrale, puis de directeur de la Marne. Il resta 12 années à la tête de ce dernier et important service ; son dévouement absolu, son esprit d’équité lui valurent l’estime générale.
Pendant son séjour dans la capitale, et sans négliger aucunement ses devoirs professionnels, M. Horguelin avait suivi les cours de la Sorbonne et du Collège de France ; il avait été à l’école des Chartes l’auditeur le plus assidu de l’illustre Quicherat ; aussi, dès son arrivée à Châlons, trouva-t-il ouvertes toutes grandes les portes de la Société académique ; il en devint président et y traita avec autorité des questions d’histoire locale, d’archéologie et de numismatique.
Quand la mort vint foudroyer ce laborieux vieillard, il rédigeait une notice destinée à la Société où il laisse une place difficile à combler et des souvenirs inoubliables.
C. B.
Source : AMB 1901.

HOSTEAU (Abbé Jean Vincent).
Curé de Sapogne, né aux Mazures le 10 décembre 1820, décédé à Sapogne le 22 juillet 1890.
Élève du Petit-séminaire de Charleville et du Grand-séminaire de Reims, l’abbé Hosteau fut ordonné prêtre en 1845 et nommé aussitôt à la cure de Sapogne ; intelligent, énergique, il déploya dans ce poste un zèle ardent que rien ne ralentit jamais durant sa longue carrière.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

HOULON (Pierre Jules).
Ancien négociant, ancien adjoint au maire de Reims, président de la Société anonyme rémoise pour le développement de l’enseignement primaire chrétien, président du Syndicat mixte chrétien des arts-et-métiers du bâtiment, trésorier du conseil de fabrique de Saint-Jacques, trésorier du Comité d’entretien des écoles chrétiennes libres de Reims, secrétaire du Comité libre de Charité, membre du Bureau diocésain, administrateur de la Caisse d’épargne, né à Reims le 14 décembre 1831, est décédé subitement à Château-Thierry le 18 octobre 1894.
Houlon aîné, issu d’une honorable famille de commerçants, exerça lui-même une trentaine d’années le commerce de marchand de fer, et se retira laissant à ses fils une maison en pleine prospérité. À partir de ce moment, tout son temps, toute sa généreuse activité furent consacrés à l’amélioration du sort des ouvriers, à l’organisation et à l’entretien des écoles chrétiennes libres. Et toutes les œuvres poursuivant l’un ou l’autre de ces résultats, était jalouses de s’attacher, comme coopérateur ou comme président, cet homme qui n’avait d’autre préoccupation que de faire le bien sous toutes ses formes. Malheureusement il fut subitement frappé au cours d’un petit voyage qu’il venait d’entreprendre plein de force et de santé.
Trois discours furent prononcés sur sa tombe : le premier par M. Harmel, au nom de l’enseignement chrétien, le second par M. l’abbé L. Baye, curé-doyen de la basilique de Saint-Remi, au nom de l’archiconfrérie de Notre-Dame de l’Usine et de l’Atelier, et le troisième par M. Chodez, représentant la fabrique de l’église Saint-Jacques.
Source : AMB 1896.

HOURLIER (Jean Louis Jules).
Manufacturier, né à Neufchâtel-sur-Aisne, décédé à l’âge de 70 ans, le 7 janvier 1890.
À la suite de mauvaises affaires, son père avait perdu tout l’avoir de sa famille. Devant cette situation, M. Hourlier, jeune, actif et plein d’espérance, quittait Neufchâtel et venait à Reims en 1840, en quête d’un emploi. Il se plaça d’abord comme petit employé aux appointements de 1.000 fr. par an. Avec cette faible somme il put suffire à ses besoins et trouver encore le moyen d’aider sa famille. En 1858, la maison Aubert où il était entré comprenant son intelligence et voulant se l’attacher définitivement, l’intéressa dans les bénéfices. À partir de ce moment, la situation de M. Hourlier fut transformée. Sa rare intelligence des affaires, son coup d’œil sûr, son travail assidu et opiniâtre, le conduisirent rapidement à la pleine prospérité.
Sa première pensée fut de réhabiliter la mémoire de son père, dont il paya toutes les dettes.
M. Hourlier fut un des premiers à organiser les écoles chrétiennes libres pour lesquelles il n’épargna ni son temps ni sa bourse. À sa mort, il laissa 500 francs au bureau de bienfaisance pour être distribués aux pauvres.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

HOUSSART.

Ancien notaire et ancien maire de Vailly (Aisne), était un des hommes les plus distingués du département de l’Aisne, aussi fut-il nommé en 1830 membre du Conseil général, fonctions qu’il conserva jusqu’en 1870, époque où l’âge et des souffrances physiques l’obligèrent à donner sa démission. On peut dire que pendant les longues années qu’il consacra aux affaires du département, il fut comme l’âme et la direction du Conseil général, surtout pour la partie financière, dans laquelle il excellait ; on peut même dire qu’il n’avait pas d’égal. Un préfet de l’Aisne, bien connu par des sentiments politiques très opposés à ceux de M. Houssart, disait de lui : Je ne l’aime pas, mais je dois lui rendre cette justice, qu’il est taillé pour faire un ministre des finances ; parole vraie, et qu’à un certain âge, M. Houssart était en mesure de justifier. Obligé de se retirer, comme nous l’avons dit, dans sa chère résidence de Vailly, il y finit sa longue carrière dans un âge avancé, entouré de l’estime et de la considération générale.
Source : AMB 1874.

HOUSSAYE (Arsène).
Housset, de son vrai nom, – né à Bruyères, prés de Laon, le 28 mars 1815, mort le 26 février 1896 à 81 ans. Il fut romancier, poète, journaliste, administrateur du Théâtre-Français, enfin, un artiste et un fervent d’art. Son cœur, comme sa maison furent largement ouverts. Son bagage littéraire est très important. Ses études sur le XVIIIe siècle sont ravissantes ; l’histoire du « Quarante-et-unième fauteuil de l’Académie » sera lue longtemps encore. Il aimait chaque année revoir son lieu natal, où il s’était fait construire un superbe château.
Plus heureux que lui, son fils s’est fait récemment recevoir membre de l’Académie française.
À ses obsèques, célébrées à Paris le 1er mars, des discours ont été prononcés par MM. Henri Roujon, Jules Claretie et Émile Zola.
Source : AMB 1897.

HOUSSAYE.
Décédé le 10 décembre 1869, à l’âge de 78 ans, ancien agriculteur, ancien maire de Bruyères (Aisne), père de MM. Édouard et Arsène Houssaye, hommes de lettres et fondateurs du Courrier de l’Aisne, journal libéral et indépendant.
Source : AMB 1871.

HOUZEAU (Jean Jacques Jules).
Né le 7 avril 1829, fabricant d’huiles et de savons, chimiste, membre de la Chambre de commerce, ancien conseiller municipal, décédé le 3 mars 1878, à moins de cinquante ans, a laissé chez tous ceux qui ont pu le connaître et l’apprécier le souvenir d’un homme, d’honneur, d’un industriel dévoué au progrès, d’un citoyen utile ; c’est à ce dernier titre surtout qu’il a sa place dans ces notices. Il a consacré beaucoup de temps et d’efforts à la recherche d’une solution pratique du problème de l’assainissement de la rivière de Vesle par l’épuration des eaux à l’aide de procédés chimiques. Quel que soit l’avenir réservé à cette question, son nom demeurera attaché à une œuvre d’intérêt général, dont ses travaux auront préparé l’accomplissement ; il a ainsi dignement porté le nom de son père, autrefois député de la ville de Reims en récompense d’éminents services.
Source : AMB 1879.

HUARD (Victorine Armande).
En religion sœur Stéphanie, supérieure des Filles de la Charité de 1’Hôpital-Général de Laon, décédée le 11 février 1887, à l’âge de 61 ans, après 38 ans de vie religieuse, toute de dévouement et de charité.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

HUBERT (Ernest François).
Né à Reims le 26 novembre 1810, fils de Guillaume Hubert et d’Elisabeth Bauchart.
M. Hubert fit de brillantes études au Lycée de cette ville ; reçu avocat en 1846, l’administration profita bientôt de ses lumières, il fut envoyé dans la Meuse comme conseiller de préfecture. Sous-préfet de Rethel en 1850, chevalier de la Légion d’honneur en 1858, officier de l’instruction publique en 1863, membre correspondant de l’Académie de Reims. M. Hubert a quitté Rethel, après 21 ans de services rendus à l’arrondissement pour se retirer à Jonchery-sur-Vesle où il est mort le 5 mars 1872.
Source : AMB 1873.

HUBERT (Jean).
Un de ceux qui importèrent dans notre Champagne les premiers germes de cette nouvelle école romantique, qui devait lutter si ouvertement avec les classiques anciens, vient de disparaître.
Jean Hubert, né à Auteuil (Seine) le 21 novembre 1807, est mort à Charleville le 28 décembre 1886.
Après avoir fait de brillantes éludes à Paris, il entra dans l’enseignement et professa successivement à la Flèche, à Château-du-Loir, à Mamers et enfin à Charleville, ville qu’il ne devait quitter que pour entrer dans l’éternité, et qu’il habita depuis 1832. Il avait débuté dans la littérature comme secrétaire particulier de Sophie Gay et de notre grand Michelet ; il avait puisé dans le commerce de ces esprits d’élite cet art de bien dire qui fait le charme de tous ses ouvrages.
Nous avons étudié, dans un travail spécial (MM. Natalis de Wailly et Jean Hubert, étude présentée à l’Académie de Reims, dont ils étaient membres correspondants), 1a vie et les œuvres de cet homme, nous nous bornerons, faute de place, à rappeler ici les titres qu’il a à la reconnaissance des Ardennais.
Comme professeur, il occupa pendant trente-cinq ans les deux chaires de rhétorique et de philosophie au collège de Charleville.
Jusqu’au moment où il prit, sa retraite, il fut l’âme de ce collège ; les nombreux élèves qu’il a eus attestent tous de la haute érudition du maître.
Journaliste, – il le fut plus de cinquante ans, – il a toujours été remarqué tant, par la finesse de son style et la profondeur de ses articles, que par la courtoisie qu’il apportait dans la discussion avec ses adversaires.
Écrivain, il a donné de nombreux articles politiques et littéraires, ses Lettres d’un Champenois sur le temps présent, sont empreintes d’une finesse d’esprit et écrites dans un style si pur et si concis, qu’on peut les donner comme un modèle d’étude et de critique des mœurs, du caractère et des sentiments humains ; tout en rendant justice à cette œuvre, nous n’irons cependant pas jusqu’à dire, ainsi que le fait un de ses biographes, « que Balzac les eût signées des deux mains ». Il laisse, en outre, plusieurs romans, des souvenirs, des études, des traductions d’auteurs anglais, des poésies, précieux travaux aujourd’hui entre les mains de son fils et que celui-ci ne publiera probablement jamais.
Historien, il publia en 1846 : Le siége de Reims par les Anglais en 1421, mémoire qui fut couronné par l’Académie de Reims ; en 1851 : Histoire de Charleville, histoire qui, quoique bien incomplète, révèle chez son auteur une profonde érudition, et pour l’élaboration de laquelle il dut avoir de nombreuses difficultés à surmonter, si on songe à l’état dans lequel se trouvaient nos archives à cette époque.
M. Hubert publia aussi, en 1860, un Guide itinéraire historique et descriptif des Chemins de fer des Ardennes, livre attrayant à cause de la description des sites remarquables et de l’histoire des localités parcourues.
C’est dans l’étude de la géographie ardennaise que M. Jean Hubert a laissé les plus profondes traces de son amour du travail. On peut dire qu’il est le créateur de la géographie des Ardennes. Les professeurs qui ont essayé après lui de nous donner une géographie conçue suivant les progrès de cette science, et les transformations qui se sont accomplies sur tous les points de notre territoire, à quelque point de vue qu’on se place, sont tous restés au-dessous de la tâche que s’était imposée M. Hubert. La Géographie historique des Ardennes fut citée par le ministre de l’Instruction publique, comme un modèle ; l’Académie des inscriptions décerna à son auteur une mention honorable.
La dernière publication de M. Hubert est : Mélanges d’histoire ardennaise, réunion de nombreux articles historiques publiés dans le Courrier des Ardennes.
M. Hubert obtint, pour ces divers ouvrages, une médaille d’or et quatre médailles d’argent qui lui furent décernées par l’Académie de Reims, dont il fut correspondant pendant de longues années.
À côté de ses œuvres, M. Jean Hubert se distingua dans plusieurs missions qui lui furent confiées.
En 1833, nommé membre de la Commission départementale pour l’organisation de l’instruction primaire (loi Guizot), il fit preuve de rares qualités d’organisateur. Dans cette mission, il eut à surmonter bien des obstacles. Qui ne se souvient de cette polémique si vive, qu’il soutint contre M. Hennecart, alors directeur de l’École normale, et à la suite de laquelle M. Hubert publia un mémoire qui lui valut de nombreuses et chaleureuses félicitations. Il fut récompensé de cette mission par les palmes d’officier d’Académie. Il fut nommé, peu de temps après, officier de l’Instruction publique.
L’étude spéciale que M. Hubert fit de la loi Guizot, lui permit de rédiger un mémoire qui produisit en haut lieu une profonde sensation, et dont la publication remonte à 1845.
Dans le but d’alléger autant que possible la tâche imposée aux instituteurs par la loi nouvelle, M. Hubert publia un recueil périodique ayant pour titre : l’École primaire, et qui forma, en trois années, un cours complet des matières de l’instruction primaire.
En 1840, il était nommé sous-bibliothécaire de la ville et devint, en 1847, titulaire de la charge qu’il devait conserver quarante ans. C’est à lui que revient l’honneur de l’organisation actuelle de cette bibliothèque si riche et cependant à la veille d’être abandonnée des travailleurs, par suite du peu d’intérêt que lui porte la municipalité.
Correspondant du ministère de l’Instruction publique, pour les travaux et monuments historiques, il classa et décrit les principaux monuments des Ardennes.
Retenu, depuis longtemps, par cette maladie qui devait l’emporter, M. Hubert ne put voir se réaliser son projet, qu’il espérait toujours mettre à exécution ; donner une seconde édition de son Histoire de Charleville, et publier l’Histoire de Mézières. Mais, avant que ces travaux vissent le jour, l’heure du repos éternel sonnait pour lui à l’horloge du temps.
Jules Poirier.
Source : AMB 1888.

HUBERT (Louis).
Né à Saint-Hilaire. Médecin vétérinaire et maire de Saint-Hilaire-le-Petit (Marne), décédé le 16 mars 1870, à l’âge de 46 ans.
Source : AMB 1871.

HUBERT (Mme Rose Émilie).
Épouse de M. Hannequin, docteur en médecine, née à Soupir (Aisne) le 25 octobre 1807, a fait don, par son testament, à la Société de Charité maternelle, de la somme de 5.000 fr. Mme Hannequin est décédée à Reims le 21 janvier 1873.
Source : AMB 1874.

HUE (Mme Veuve), voir TANTON.

HUERNE de POMMEUSE (Louis).

Chevalier de Saint-Grégoire depuis 1854, ancien juge au Tribunal civil de Reims, né à Paris le 10 janvier 1800, décédé à Reims le 21 avril 1870.
M. Huerne avait été appelé à Reims comme magistrat en 1827. D’une extrême simplicité de goûts ainsi que d’habitudes, il a consacré la plus grande partie de sa fortune à soulager les misères du pauvre qu’il visitait lui-même avec une bonté remarquable.
Source : AMB 1871.

HUET (Pierre Félix Alexandre).
Né à Bezannes en 1815, décédé à Reims le 16 mars 1890.
M. Huet était un paisible citoyen de Reims, célibataire, qui avait réussi dans ses affaires dans le commerce, physionomie très connue et très sympathique, et qui a voulu à sa mort être un bienfaiteur insigne de la ville de Reims, car il a institué cette ville sa légataire universelle à la charge d’acquitter quelques legs particuliers faits par lui, savoir : 5.000 fr. aux hospices, 1.000 fr. au bureau de bienfaisance, 1.000 fr. aux petites sœurs des pauvres, 2.000 fr. à la paroisse Saint-Jacques, et pareille somme à l’église de Bezannes, son pays natal, 200 fr. à chaque curé des paroisses pour être distribués aux pauvres, et 1.000 fr. à la nouvelle église de Saint-Jean-Baptiste. Sa fortune est évaluée à 250.000 fr., non compris une maison rue Chanzy, dont il laisse la jouissance viagère à l’un de ses parents. Les charges s’élèvent à 21.000 fr. environ ; comme on le voit, la ville de Reims lui doit une grande reconnaissance.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

HUGOT (Dr François Charles Philémont).
Né à La Fère le 28 janvier 1824 décédé à Laon le 19 juin 1898.
Le Dr Hugot était membre du Conseil général de l’association des médecins de France, président de la Société des médecins des arrondissements de Laon, Vervins, Château-Thierry, chirurgien honoraire des hospices de Laon, ancien professeur du cours d’accouchement de l’Hôtel-Dieu de Laon, médecin des Compagnies des chemins de fer du Nord et de l’Est. Homme de mérite d’une bonté familière, il avait su s’assurer foules les Sympathies de la région laonnoise. Il s’était fixé à Laon en 1853, et personne n’ignore les nombreux services qu’il a rendus pendant sa brillante carrière.
À ses obsèques, toutes les notabilités de la ville de Laon ont tenu à lui, rendre un dernier hommage de reconnaissance.
Source : AMB 1899.

HULOT (Jacques Émerie).
Propriétaire, ancien conseiller municipal, président de la société de Saint-Pierre, président d’honneur du Syndicat des sociétés de secours mutuels, vice-président des Établissements économiques, directeur de la Caisse d’épargne, membre de la compagnie des Sauveteurs, membre honoraire médaillé de la compagnie de sapeurs-pompiers, né à Reims le 9 novembre 1810, décédé en cette ville le 28 mai 1886.
Ancien ouvrier, M. Hulot apprit à lire, à écrire et à compter dans le régiment d’artillerie où il servait pour son sort ; il put avec l’instruction qu’il y avait puisé arriver à être maître-maçon.
Il fut l’un des premiers à comprendre les avantages qui découlaient de l’association et le fit comprendre aux autres.
Il fut successivement mis à la tête de toutes les sociétés qui se fondaient à Reims ; en 1871, il était nommé membre du Conseil municipal de Reims, et ce ne fut ni le moins dévoué ni le moins utile. Il fut réélu successivement en tête de toutes les listes, jusqu’aux dernières élections où il demanda lui-même à être remplacé à cause de son âge.
Il fut aussi membre de toutes les commissions du bâtiment et de toutes celles qui concernaient l’étude du bien-être des ouvriers.
Nous ne redirons point tous les titres honorifiques dont le comblèrent ses concitoyens ; nous constaterons seulement que peu de personnes ont reçu autant de marques d’estime que cet homme de bien, et nous ajouterons aussi que plus rares encore sont celles qui les ont autant méritées.
Source : AMB 1887.

HUOT de SAINT-ALBIN (Alexandre).
Chevalier de l’ordre de Pie IX, homme de lettres, né à Sézanne le 13 septembre 1818, où son père était inspecteur des Eaux et Forêts, décédé à Angers le 31 mars 1879, appartenait à une famille noble de Champagne, descendant par son bisaïeul des du Boys du Bassigny ; l’un de ses grands-oncles, M. du Boys de Morembert, était président de l’Élection de Chaumont.
Il entra dans les bureaux de la Préfecture de la Seine et y devint bibliothécaire de la ville de Paris. Il collabora à de nombreux journaux politiques et religieux et a laissé plusieurs ouvrages estimés. Il était frère de M. l’abbé de Saint-Albin, archiprêtre actuel de Sainte-Ménehould.
Source : AMB 1880.

HUSSON (abbé Jean-Baptiste).
Chanoine honoraire, curé de Donchery, né à Brévilly (Ardennes) le 11 juillet 1821, décédé à Donchery le 19 janvier 1893.
Il reçut les premières leçons de M. l’abbé Tarpin, curé de Brévilly, qui le fit entrer au petit séminaire de Charleville et passa au grand séminaire de Reims, où il fit d’excellentes études. Ordonné prêtre en 1844, et après avoir été quelques années professeur au petit séminaire de Reims, il fut successivement curé de Prunay, vicaire de Sedan, curé d’Hermonville, de Revin. En 1876, il fut envoyé à Donchery et nommé chanoine honoraire.
Il souscrivit pour une somme considérable pour la réédification d’une église à Brévilly, son pays natal. Dans ces dernières années, des infirmités graves lui firent demander sa démission de curé de son importante paroisse, mais elle ne fut acceptée qu’un an plus tard ; on lui avait envoyé pour administrateur M. l’abbé Detante.
À sa mort, la population de Donchery montra par ses regrets et son empressement à assister à ses funérailles l’estime qu’elle avait conservée pour son ancien curé.
Charles Remy.
AMB 1894.

HUSSON (Louis Marc).
Décédé à Sedan le 31 mai dernier, l’un des fondateurs du Musée de cette ville, fut surtout un numismate éclairé et un érudit consciencieux : ses collections et ses travaux d’histoire locale en témoignent il publia :
« Souvenirs de l’Invasion prussienne ». – « Blocus du Château de Sedan, 1815 ». –« Biographie de Louis-Florentin Bertèche, dit La Bretèche, 1764-1841 ». – « Le Cabinet d’un collectionneur sedanais de la fin du siècle dernier ». – « L’Ossuaire Robenhausien de Liry (Ardennes) ». – « Médailles relatives à l’histoire locale » ; et enfin, dans la « Revue d’Ardenne et d’Argonne » à laquelle il collabora dès sa fondation : « Études sur quelques deniers tournois de Frédéric Maurice de la Tour, comte d’Auvergne, attribués à tort à son frère Godefroi-Maurice de La Tour, duc de Bouillon ». – « Sceau inédit de Pierre d’Essone, abbé de Mouzon ». – « Vie de Nicolas Philbert, évêque constitutionnel du département des Ardennes (1724-1797) ». – « Notes numismatiques : les premières monnaies sedanaises, un douzain inédit ».
M. Marc Husson était Officier d’Académie et membre de plusieurs sociétés savantes.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

HUSSON.
Le général Husson, qui vient de mourir à l’âge de 82 ans, était fils de Jean Husson, ancien chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Reims, et frère de Henri Husson, célèbre médecin de l’Hôtel-Dieu de Paris, et membre de l’Académie de Médecine.
Né à Reims le 19 mars 1786, élève en 1803 de l’École militaire de Fontainebleau, Husson fit avec le 25e léger les campagnes de Prusse et de Pologne. Fait prisonnier en Espagne, il resta sur les pontons anglais de 1808 à 1814. Il reçut de la Restauration son grade de chef de bataillon (1819), et, sous la monarchie de Juillet, devint successivement lieutenant-colonel du 33e de ligne et colonel du 42e. Ce régiment fit échouer par sa résistance la tentative du prince Louis-Napoléon à Strasbourg.
Maréchal-de-camp en 1845, le général Husson fut mis à la retraite en 1848. Il fut alors choisi pour colonel de la garde nationale de Troyes et porté comme candidat à L’Assemblée législative. Il fit partie, dans cette assemblée, de la majorité contre-révolutionnaire. Il a été élevé à la dignité de sénateur par décret du 25 janvier 1852.
Le général Husson a publié, de 1819 à 1822, quelques petits Manuels d’instruction militaire, un Aide-mémoire de l’officier supérieur d’infanterie, etc.
Voici en quels termes M. le premier président Troplong s’est rendu l’interprète des regrets éprouvés par le Sénat à l’occasion de la mort du général Husson :
« Messieurs, je viens encore annoncer au Sénat une triste nouvelle : le général Husson vient de nous être enlevé ; il est mort à Fontainebleau où le retenaient depuis quelque temps son grand âge et la faiblesse de sa santé. Soldat du premier Empire, il en vit avec les transports les triomphes éclatants. Mais après avoir pris part à ces exploits, il eut la douleur d’être fait prisonnier et de languir plusieurs années sur les pontons de l’Angleterre. Sa captivité ne fit qu’échauffer son amour pour son pays et son enthousiasme pour le chef qu’il considérait comme la personnification de la grande nation. Après la paix, 1’armée qui le reçut dans son sein fut sa consolation et son espoir. Mais ses affections ne furent satisfaites que lorsqu’il vit les destinées de la France remises entre les mains de l’héritier de Napoléon 1er. Ce nom était pour lui le palladium de la société moderne. Le gouvernement provisoire de 1848 l’avait mis à la retraite ; ses compatriotes l’en tirèrent pour 1’envoyer à l’Assemblée législative. Il y montra, au milieu des périls de cette époque agitée, un courage civil égal au courage du soldat, ainsi que le bon sens et le patriotisme d’un citoyen inébranlable dans le bien ; c’était l’épée mise au service de la raison.
Source : AMB 1869.

HUTIN (Dr Léon).
Né à Bar-le-Duc (Meuse), le 15 novembre 1844, décédé le 3 avril 1895 à Cernay-en-Dormois.
Ancien aide-major de l’armée, le docteur Hutin était très estimé de ses confrères, honorant par sa science la corporation médicale. C’était aussi un charmant causeur, un lettré fin et délicat, possédant toutes les qualités de l’esprit et du cœur. Il remplissait avec dévouement les devoirs de sa profession : aussi est-il vivement regretté, et toutes notabilités du canton tinrent à devoir d’assister à ses funérailles.
Il était officier d’Académie et délégué cantonal.
Source : AMB 1896.

Huvey (Jacques).
Né à Saint-Germain-de-Fresney (Eure), le 12 décembre 1822, décédé à Laon, le 26 décembre 1900, avait été inspecteur des enfants assistés du département de l’Aisne. Ces fonctions l’avaient fait connaître d’une grande partie de la population laonnoise qui était venue assister à ses obsèques.
M. Huvey a fait don à chacun des hospices de Laon, de Saint-Quentin et de Soissons d’une somme de 200 francs et d’une somme de 100 francs au Bureau de Bienfaisance de Laon, à la Société de Secours mutuels et a l’union chorale de cette ville.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

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