Notices nécrologiques - G

Notices nécrologiques des ALMANACHS MATOT-BRAINE


GAIGNIÈRE (Constant).
Ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées en retraite, né à Vouziers le 9 fructidor an X, décédé le 1er février 1879 à Neuilly, près Paris.
Doué d’une rare intelligence et des plus remarquables aptitudes, il entra à l’École polytechnique à l’âge de dix-huit ans, le second de sa promotion ; il en sortit deux ans après, en conservant le même rang.
Au sortir de l’École, il fut admis dans le corps des Ponts-et-Chaussées, où sa science profonde, ses aptitudes de travail et d’application réfléchie, le portèrent bientôt aux premiers grades.
Il prit la part la plus active aux grands travaux de notre époque laborieuse, et devenu ingénieur en chef dans son département d’origine, il reçut, en 1853, en récompense de ses talents et de ses services, la croix de la Légion d’honneur.
En mourant, il fit à l’hospice de sa ville natale un legs de 100.000 francs et à la ville elle-même un autre de 50.000.
M. Gaignière est inhumé à Vouziers. Il laisse à ses concitoyens une mémoire des plus honorables et le souvenir d’un grand bienfaiteur.
Source : AMB 1880.

GAIGNOT (Henri François Désiré).
Né à Chestre près Vouziers, ancien négociant, adjoint au Maire de Rethel, conseiller municipal, administrateur du bureau de bienfaisance de Rethel. – Il a légué une rente de 50 francs qui chaque année, doit être remise à la mère de famille qui se sera fait remarquer par les soins apportés à l’éducation de ses enfants – une autre somme de 500 francs pour être distribuée aussi chaque année aux jeunes filles pauvres, pour leur apprendre un état. Mort à Rethel, le 19 août 1872, âgé de soixante-sept ans.
Source : AMB 1873.

GAILLARD (Joseph).
Né à Vierzy (Aisne), le 13 août 1817, officier d’académie, était un ancien membre du conseil général de l’Aisne. Il avait été juge du tribunal de commerce de Soissons et maire de Villeneuve-Saint-Germain. C’est là qu’il mourut le 17 novembre 1898.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

Gaillard (Nicolas Auguste).
Décédé à Charleville le 5 décembre 1900, était l’un des survivants de la fameuse charge de Reischoffen où fut tué à quelques pas de lui, le colonel Lambert. M. Gaillard, alors capitaine au 3e cuirassiers, fut blessé lui-même à la jambe par un éclat d’obus et sur le point d’être fait prisonnier, il ne dut son salut qu’à la faveur de la mêlée.
Le défunt, chevalier de la Légion d’honneur, était né à Monthureux-sur-Saône (Vosges), le 9 avril 1826.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

GAILLET (Henri).
Chirurgien, né à Saint-Aubin-d’Appenay (Orne) en 1827, mort à Cannes le 3 décembre 1891.
Élève de Nélaton et Gosselin, il fut appelé à Reims en 1853, comme professeur d’anatomie à la nouvelle École de médecine. Chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Reims, il excellait dans les opérations qu’il effectuait avec une prudence, une sûreté de main incomparables. Ses brillantes opérations de taille sont restées célèbres.
On a de lui divers écrits publiés dans le Bulletin de la Société médicale de Reims, des communications et divers discours de circonstances sur l’art médical.
Charles Remy.
AMB 1893.

GAILLOT (Sylas).
Docteur en médecine, né à Sommepy (Marne) le 25 décembre 1824, est décédé à Reims le 27 août 1876, dans sa 52e année.
Après de brillantes études au Petit-Séminaire de Saint-Memmie-lez-Châlons, il entra dans l’Université.
Successivement maître d’études à Strasbourg et professeur dans plusieurs institutions de Paris, puis répétiteur aux lycées de Nancy et de Reims, Gaillot abandonna l’instruction publique à 26 ans, pour aller étudier la médecine à Paris, tout en donnant des leçons particulières pour subvenir à ses besoins.
Il se fit d’abord recevoir officier de santé et alla se fixer à Saint-Martin-d’Ablois, près d’Épernay.
Travailleur infatigable et dévoré du besoin d’apprendre, tout en soignant sa clientèle, il se mit en devoir d’obtenir le titre de docteur. Il lui fallait désormais un théâtre plus vaste ; il vint à Reims, où il exerça la médecine jusqu’à sa mort.
Il ne négligeait point pour cela les Muses ; on lui doit diverses publications poétiques, entr’autres : Les Vices à la Mode, publiés, sous le pseudonyme de Vir liber et Un Petit-Fils d’Attila, dont le sujet est l’invasion allemande.
II était atteint depuis longtemps de la maladie dont il vient de mourir.
Source : AMB 1877.

GAIRAL (docteur Victor).
Né à Lauzerte (Tarn-et-Garonne,) le 24 mars 1803, ancien médecin militaire, chevalier de la Légion d’honneur, décédé à Carignan le 14 août 1889, étudia la médecine à l’École militaire de Metz, où il eut pour condisciples les Larrey, les Maillot et autres illustrations médicales militaires. Après trois années passées à Metz, il concourut pour les hôpitaux de Paris, et fut nommé au Gros-Cailloul, qu’il quitta pour entrer au 12e dragons, en qualité d’aide-major.
En 1830, il fut envoyé à Lyon, où il fut blessé dans une émeute, ce qui lui valut la croix de la Légion d’honneur. Après deux ans passés à Lyon, il alla soutenir sa thèse doctorale à Montpellier, puis revint à Verdun, où après six ans, s’étant marié, il quitta la carrière militaire ; il inventa des méthodes opératoires et des instruments nouveaux, et vint s’établir à Carignan, où i1 exerça la médecine pendant plus de quarante ans, avec un talent, un dévouement et un désintéressement dont M. Benoît, conseiller d’arrondissement, et M. le Dr Peltier ont fait sur sa tombe un éloge mérité.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GALLOIS (Charles Édouard).
Né à Saint-Germain-la-Ville le 24 février 1820, décédé à Paris le 11 mars 1895.
Après de brillantes études au collège de Châlons-sur-Marne, il fut admis dans un bon rang à l’École polytechnique et classé à sa sortie dans le corps des ponts et chaussées. Il fut d’abord envoyé à Angers au service de la Loire, et sa belle conduite, pendant une inondation, lui valut une récompense honorifique. En septembre 1844, il passa au service de la construction des chemins de fer de Paris à Strasbourg, et fut chargé, à la résidence de Château-Thierry, de la partie de la ligne comprise entre La Ferté-sous-Jouarre et Épernay. C’est alors qu’il parvint à arracher à la mort 19 ouvriers surpris par un éboulement dans le tunnel de Nanteuil. Attaché ensuite à la construction de la ligne d’Épernay-Reims, il y fit exécuter le tunnel de Rilly, long de 4 kilomètres, et, à l’inauguration de la ligne, le 1er septembre 1849, il reçut la croix de la Légion d’honneur. Étant passé au service de la Compagnie des Ardennes, il fixa sa résidence à Reims, s’y maria, fut membre du conseil municipal, et construisit les lignes de Reims à Soissons et de Reims à Charleville. La Compagnie des Ardennes ayant fusionné avec celle de l’Est, il resta attaché à cette dernière jusqu’à sa mort, d’abord comme ingénieur en chef, puis en 1870, comme sous-directeur de la construction, puis en 1881 comme administrateur et membre du Comité. En 1879, il avait été élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur.
M. Gallois peut-être considéré comme un des bienfaiteurs de la région de l’Est ; car pendant 51 ans de sa vie laborieuse, il y construisit près de 1.200 kilomètres de chemins de fer.
Mort à Paris, M. Gallois fut transporté à Reims pour y être inhumé dans le caveau familial. M. Barabant, président du conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, a prononcé au cimetière l’éloge funèbre du défunt, qui laisse le souvenir et l’exemple d’une longue carrière, consacré toute à l’accomplissement de tous les devoirs publics et privés.
Source : AMB 1896.

GALLOIS (Dr Auguste François).
Décédé à Rilly-la-Montagne, son village natal, le 19 décembre 1899, était une figure des plus connues de la région. Il y tenait assurément une plus large place comme défenseur de la République démocrate que comme docteur, non pas que dans l’exercice de sa profession il ne fit preuve d’un dévouement constant et absolu, mais chez lui, l’homme politique avait surpassé de beaucoup le praticien.
M. le Dr Gallois appartenait à la phalange des Thomas, des Bienfait, des Warnier ; il se montra en toutes circonstances le propagateur des idées républicaines, poussant même son culte, comme on l’a dit, jusqu’à en exiger le respect avec un jacobinisme quelque peu sectaire.
Élu conseiller général du canton de Verzy le 19 août 1883, il s’y occupa surtout des questions d’enseignement et d’assistance publique ; ses connaissances multiples le désignèrent pour faire partie du Conseil départemental de l’instruction primaire. Successivement, il fut appelé à la commission départementale de permanence, au Conseil d’administration de la Caisse des Incendiés, etc.
L’administration communale de Rilly à la tête de laquelle il resta vingt ans, après avoir été conseiller municipal pendant trente-quatre ans, lui doit de nombreuses améliorations et, particulièrement le groupe scolaire et l’Hôtel de Ville.
Le gouvernement de la République l’avait déjà récompensé le 14 juillet 1889 en lui donnant les palmes académiques, mais il voulut faire plus et par décret du 2 décembre 1891, il lui conférait la croix de la Légion d’Honneur.
À ses obsèques purement civiles, où assistaient un grand nombre de ses amis et de ses compagnons de lutte, sept discours furent prononcés : par M. Gilbert, préfet de la Marne ; M. Monfeuillart, député, au nom du Conseil général ; M. Ducanoy, maire de Rilly, au nom de la commune ; M. le Dr Langlet, au nom de l’Association médicale de 1a Marne ; M. Marcel Pochet, président du Conseil d’arrondissement, au nom de la population du canton de Verzy, M. André, inspecteur primaire, au nom des instituteurs, et enfin par M. le Dr Gibert, de, Rilly, au nom de 1a délégation cantonale et comme ami du défunt.
M. le Dr Gallois était né le 3 septembre 1829.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

GANAULT (Gaston).
Ancien député de l’Aisne, conseiller général et conseiller municipal, décédé à Vorges-sous-Laon le 1er août 1894, était une des figures les plus honorables et les plus en vue de la ville de Laon et du département de l’Aisne.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

GAND (Jean Nicolas Henri).
Manufacturier, né à Nancy (Meurthe), décédé à Bühl (Alsace), le 18 mars 1873. Il a contribué puissamment au développement de l’industrie rémoise et il a voulu reposer sur le sol de la mère patrie.
En 1839, M. Croutelle, alors négociant à Reims, fonda dans le faubourg Fléchambault une manufacture destinée à appliquer les procédés mécaniques au tissage de la laine. Cette industrie naissante fit bientôt de notables et heureux progrès. M. Croutelle ne pouvait mieux choisir que de confier la direction de sa maison à M. Gand. En 1848, cet établissement garni d’un matériel considérable, avait en activité plus de 100 métiers et s’apprêtait à en recevoir un plus grand nombre. Il occupait 190 ouvriers et 30 employés, mais la manufacture de Fléchambault n’échappa pas à ces préventions irréfléchies et impatientes que rencontre trop souvent dans la partie peu éclairée des populations ouvrières l’application de l’élément mécanique à une industrie quelconque. Cela a suffi pour qu’à la première fermentation causée à Reims par la nouvelle de la Révolution du 24 février, cette manufacture se trouvât désignée aux violences et aux excès de ces hommes qui cherchent avant tout dans les agitations publiques la satisfaction de leurs rancunes privées et le triomphe du désordre.
Le 25 février 1848, entre cinq et six heures du soir, une bande tumultueuse se porta à la manufacture de Fléchambault. Après avoir demandé avec des cris et des menaces, l’ouverture de la porte qui lui fut refusée, elle enfonça la palissade dont une partie fut jetée à l’eau. M. Gand, directeur de l’usine, se présenta courageusement à ces hommes et leur demanda ce qu’ils voulaient. « Nous voulons briser tes machines ! » Il essaya de faire entendre le langage de la raison et de parler de l’intérêt bien entendu des ouvriers. Il offrit de l’ouvrage à ceux qui en manquaient, des secours à ceux qu’il ne pourrait employer. « Il est trop tard, retire-toi ! » répondent les meneurs.
Aussitôt une grêle de pierres se mêla aux cris de la foule. Il fut atteint à la poitrine par un pavé qui le fit chanceler.
M. Gand, dont toute l’attitude, dans ces difficiles circonstances, révéla un homme de cœur et d’énergie, s’élança alors dans une barque pour traverser la rivière et aller lui-même requérir au poste voisin le secours de la garde nationale.
Mais en touchant la rive, où il venait de débarquer, il fut assailli par trois hommes qui le terrassèrent, tandis qu’un quatrième leur criait : « Tirez vos couteaux ! » Échappé à grand peine de leurs mains, sa résistance avait découragé les plus intrépides, et il entendit les assaillants crier en se retirant : « À demain, nous seront en force. »
Ces menaces ne l’intimidèrent pas. Le 26, au matin, il fit reposer les palissades et les portes enfoncées la veille, et le soir, à la même heure que la veille, l’établissement est de nouveau envahi. M. Gand n’avait avec lui que quinze ouvriers, armés seulement de barres de fer ; la résistance est impossible.
Toutefois, pour défendre jusqu’à la fin l’accès des ateliers, il ouvre le robinet destiné a y amener de la vapeur et les fait inonder d’un brouillard impénétrable. Mais parmi les assaillants se trouvent des chauffeurs de machines ; ils brisent à coups de pierres les vitres des ateliers, l’air extérieur y est ramené. Le robinet est fermé, et cet obstacle d’un instant disparaît encore. Les cris : « Brûlez ! brûlez ! » se font entendre, et M. Gand, qui s’était retiré dans le jardin, est résigné à n’être plus que le triste spectateur de ces sauvages dévastations.
Bientôt après, il dirigea, rue Brûlée, un nouveau tissage mécanique et devint associé de MM. Croutelle et Ch. Rogelet. Plus tard, il contribua, par l’établissement de Bühl, succursale de la maison de Reims, à donner à sa maison un développement jusqu’alors inouï dans le commerce et l’industrie rémoise.
Suivant l’exemple de généreux bienfaiteurs, M. Gand a légué 100.000 fr. aux pauvres de Reims et 50.000 fr. aux pauvres de Bühl.
Source : AMB 1874.

GANDON (Victor Achille Théodule).
Né à Savigny-sur-Aisne (Marne), le 11 mars 1833, décédé à Laon le 3 novembre 1896. Entré à l’école d’Alfort en 1850, il est nommé en 1855 aide-vétérinaires à l’école de Saumur, d’où il passe successivement au 6e escadron du train des équipages et au 11e régiment de chasseurs ; puis il est envoyé sur sa demande en Algérie, au 3e chasseurs, le 4 avril 1861. À sa rentrée en France, il passe dans l’artillerie de marine le 21 janvier 1868, et fait avec ce régiment la campagne de 1870. Prisonnier à Sedan, il est interné à Darmstadt jusqu’au mois de mars 1871.
Nommé vétérinaire en 1er au 10e régiment de hussards en 1872, il passe au 29e d’artillerie en 1875. Décoré de la Légion d’honneur le 18 janvier 1881, il est admis à la retraite le 10 avril 1883.
Rentré dans la vie civile, M. Gandon continue de se rendre utile à la ville où il s’était retiré. Il est nommé inspecteur de l’abattoir de Laon en 1883, membre du conseil départemental d’hygiène et de salubrité, la même année, et vétérinaire départemental en 1884. Ces divers services lui ont mérité du ministre de l’intérieur une médaille de bronze en 1888 et une médaille d’argent en 1889, et du ministre de l’agriculture, en 1892, une médaille d’or.
Homme du devoir et homme d’honneur toujours et partout, il a suscité autour de lui les amitiés les plus chaudes et les plus vivaces, et sa mort est vivement regrettée de toutes les personnes qui l’ont connu et apprécié. Ses obsèques avaient le caractère d’un deuil public : le maire, les adjoints, toutes les notabilités de la ville se trouvaient au cortège funèbre. Les honneurs militaires étaient rendus au légionnaire par un piquet du 45e de ligne. Les coins du drap mortuaire étaient tenus par MM. Sorlin, Rol, Boulogne et le capitaine en retraite Lefèvre.
Après l’absoute, donnée par M. l’archiprêtre, le corps, qui doit être transporté à Mareuil-en-Dôle, pour y être inhumé, fut déposé dans une chapelle, où deux discours ont été prononcés par M. le docteur Blanquinque et par M. le capitaine Lefèvre, apportant à celui qui vient de si brusquement disparaître, l’hommage des regrets publics que sa mort inspire à tous, et à sa famille les plus sympathiques condoléances.
Source : AMB 1898.

GARDEUR-LEBRUN (Antoine).
Inspecteur général honoraire des Écoles d’arts et métiers, ancien directeur de l’École de Châlons, officier de la Légion d’honneur, né à Metz en 1795, est décédé à Paris le 16 février 1880.
Ancien élève de l’École polytechnique, il fut de cette promotion de 1814 qui est restée célèbre par l’héroïsme qu’elle montra à la défense de Paris ; la médaille de Sainte-Hélène, qu’il portait, était un souvenir de cette mémorable journée. M. Lebrun fut nommé chef des travaux et des études à l’École de Châlons le 1er décembre 1839 ; il passa en cette qualité à celle d’Angers en 1843 ; il revint à Châlons comme directeur en 1846. Il succéda en 1855 au général Morin, son condisciple, dans les fonctions d’inspecteur général des Écoles. C’était toujours avec satisfaction qu’il revenait chaque année passer quelques jours à Châlons lors de la journée d’inspection ; il ne manquait jamais d’assister à la séance de la Société d’agriculture, dont il était membre honoraire, après en avoir été pendant sa résidence à Châlons membre titulaire. On a conservé de lui plusieurs rapports, et en outre une notice sur Gay-Lussac et une autre sur M. Vincent, qui l’avait précédé comme directeur à Châlons.
Source : AMB 1881.

GARINET (Jules).
Né à Châlons-sur-Marne en 1797, ancien avocat à la Cour Royale de Paris, Conseiller de préfecture honoraire, littérateur, historien, est décédé le 21 août 1877.
À l’exception de quelques années de sa jeunesse passées à Paris, pour faire son droit et pour suivre les leçons de l’École des Chartes pendant qu’il était inscrit au tableau des avocats prés la Cour Royale, il parcourut sa longue carrière dans sa ville natale, plus honoré que si cédant à l’entraînement il eût réalisé des vues ambitieuses.
Mais l’étude le sauva de la politique et lui fit dédaigner les honneurs.
À l’exemple de son père, il rendit à sa ville et au département d’éminents services, soit comme conseiller de préfecture, soit comme conseiller municipal ou comme membre des nombreuses commissions dont il fit partie. Sa vaste érudition et sa prodigieuse mémoire faisaient de lui un répertoire vivant où se trouvait la solution de toutes questions.
Il fut notamment l’un des principaux fondateurs et constamment administrateur de l’école normale primaire, il administra plusieurs fois temporairement les villes d’Épernay et de Sainte-Ménehould, où il marqua son passage par des mesures utiles.
D’une obligeance sans bornes sous des dehors un peu rudes, il ne refusa jamais un service à qui que ce fût, quand la demande lui paraissait juste, et sa générosité égalait sa grande fortune.
Le nom de Garinet donné par la ville de Châlons à l’une de ses rues se rapporte aussi bien à la popularité qu’avait conquise le fils par sa science et ses sentiments élevés qu’aux services éminents du père, ancien maire de Châlons, qui, entre autres services, se dévoua de sa personne en 1814 pour sauver la ville du sac et de l’incendie dont elle était menacée par l’armée prussienne.
Mais ce qui distinguait surtout M. Jules Garinet, c’était son érudition, à laquelle il était parvenu par un travail incessant. Les questions historiques n’avaient point de secrets pour lui, et ses ouvrages sont tous frappés au bon coin d’une critique judicieuse, car on ne doit point rappeler ici quelques productions plus spécieuses que solides de sa jeunesse qu’il a lui-même désavouées avec courage.
Membre de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne depuis 1826, il y débuta par un rapport sur un mémoire intitulé : Essai sur l’origine de la parole.
Et à cette occasion nous dirons ici que ses nombreux rapports sur toutes sortes de questions se distinguaient par des considérations d’une haute portée qui en faisaient presque toujours une œuvre originale.
Ses notices nécrologiques sur l’abbé Brisson, l’abbé Dupuis, l’abbé Périn, sont des témoignages d’une affection profonde pour ses anciens maîtres au Collège et à l’école centrale de Châlons ; ses biographies de Mgr de Prilly et du docteur Prin retracent les sentiments d’amitié qui l’avaient uni avec ses dignes personnages.
II avait étudié l’histoire sous toutes ses formes, et il citait avec précision tous les auteurs français, chroniques, mémoires, chartes et documents rares.
Les fastes de l’histoire de la province de Champagne et de la ville de Châlons lui étaient familiers.
En 1830, il publiait son Mémoire sur l’établissement du christianisme à Châlons et sur les établissements qui s’y rattachent, et en 1840 son Histoire de l’église cathédrale de Châlons et de son chapitre, avec preuves, notes et éclaircissements.
Notre cadre ne nous permet point d’énumérer tous ses ouvrages ; nous nous contenterons de dire que plusieurs fois président de la Société d’agriculture, il charmait ses auditeurs aux séances générales par le choix intéressant de ses discours et par l’entraînement de son style.
Bibliographe éminent, artiste, bibliophile, archéologue, il avait réuni chez lui une bibliothèque nombreuse et choisie, une galerie de tableaux de maîtres, une collection d’objets d’arts et de souvenirs historiques que tous les étrangers de distinction qui passèrent à Châlons ont visitées. Il en faisait volontiers les honneurs à quiconque lui en faisait la demande.
Il nous a été donné si souvent de jouir des charmes de son entretien que nous voulons payer une dette à sa mémoire en lui consacrant cette insuffisante notice.
Malgré le vide qu’ont fait autour de lui, de ses familiers et de ses amis, la mort et l’absence, il se trouvera certainement une plume plus autorisée qui, écrivant comme ont parlé sur sa tombe M. de la Barre du Parcq, avec l’autorité du talent, et M. Leloup, avec la mémoire du cœur, donnera sur M. Garinet une étude bibliographique et littéraire digne de lui.
C. R.
Source : AMB 1878.

GARINET (Mme).
Veuve de M. Garinet, ancien conseiller de préfecture, ancien président de la Société d’agriculture de la Marne, est morte à Châlons le 25 octobre 1897, dans sa 90e année, et ses obsèques ont eu lieu le mercredi 27 octobre à l’église Notre-Dame.
Madame Garinet laisse le renom d’une généreuse bienfaitrice. Il y a quelques années elle faisait donation à l’Asile municipal des vieillards d’une somme dont la rente devait permettre de servir du vin au repas des pensionnaires cette maison de retraite. Elle a, en outre, fait don à la ville de la belle bibliothèque réunie par son mari.
De plus, elle lègue à la ville sa maison, rue Pasteur, 13, avec tous les tableaux, objets d’art, collections qu’ici trouvent, à charge de les conserver : ce sera le Musée Garinet, sorte d’annexe du Musée de la ville. À ce legs s’ajoute une rente de 2.500 francs, pour faire face aux frais d’entretien de la maison. – Une des charges du legs est de mettre à la disposition de la Société d’agriculture une grande salle, précédée d’un vestibule.
La Société d’agriculture reçoit en outre de la testatrice une rente de 600 francs, à la charge de fonder trois prix à décerner à des serviteurs qui seraient restés plus de vingt ans attachés aux mêmes maîtres.
À la maison de Saint-Maur, legs de 2.500 fr. de rente.
Legs de pareille somme à l’Asile municipal Saint-Jacques, pour augmenter le bien-être des vieillards qui y sont recueillis.
La respectable défunte a ajouté ainsi à la vénération qui entourait ce nom de Garinet, si honorablement porté dans le cours de ce siècle par MM. Garinet, père et fils, nom que la reconnaissance publique avait déjà donné à l’une des rues de la cité châlonnaise.
Source : AMB 1898.

GARNIER (Général).
Ancien commandant du 8e corps d’armée, né à La Chaussée le 3 décembre 1816, décédé à Paris le 18 novembre 1892, était entré comme simple soldat en 1834. Il conquit en Afrique tous les grades d’officier ; à 38 ans, il était chef de bataillon.
Il fit successivement les campagnes de Crimée, où il fut signalé comme officier d’avenir ; d’Italie, où il fut nommé colonel, et du Mexique où le 51e de ligne mérita sous son commandement de voir son drapeau décoré de la croix de la Légion d’honneur. Il fut lui-même gravement blessé devant Puebla, et reçut les étoiles de général de brigade.
Le 7 septembre 1870, il assista devant Metz à une mémorable bataille où l’ennemi fléchit sur toute la ligne et que le général en chef aurait pu transformer en victoire par un ordre opportun. À la suite de cette dernière et sanglante bataille, le brigadier fut nommé général de division. Quoique blessé, on le revoit quelques jours après à la tête de sa division avec laquelle il revint à Paris avant le siège.
Après la paix, il fut placé à la tête du 8e corps d’armée à Bourges. C’est là qu’il atteignit l’âge de la retraite, laissant dans l’armée le renom d’un brave soldat et d’un chef intelligent et plein de décision. Ses obsèques furent célébrées à Saint-Augustin et son corps transporté à La Chaussée pour y être inhumé.
Charles Remy.
AMB 1893.

GAROT (Mgr).
Né à Raillicourt (Ardennes), le 15 août 1811, décédé le mercredi 8 septembre 1897, à Montcy-Saint-Pierre, dans sa 87e année, inhumé le samedi 11, au cimetière de Charleville.
Ordonné prêtre en 1837, il fut d’abord nommé curé de Dom-le-Mesnil et chargé de desservir la commune de Flize. Bientôt nous le voyons vicaire de Mézières, où il sut se concilier l’estime et la confiance de tous. Il fut ensuite appelé successivement à la cure de Revin, à la cure décanale de Fumay et à l’archiprêtré de Rethel. Dans tous ces postes, il se montra prêtre modèle, exact à tous ses devoirs, d’une charité et d’une mansuétude infatigables, d’une éloquence éminemment persuasive, en même temps qu’élégante et correcte, et d’une sérieuse valeur littéraire. Le cardinal Gousset le fit passer de Rethel à Charleville en 1862, et les principaux fruits de son ministère, ce furent l’établissement des écoles libres, la construction d’une seconde église sous le vocable du Sacré-Cœur et enfin l’excellente maîtrise paroissiale. Quand Son Éminence Mgr Langénieux se rendit à Rome pour recevoir le chapeau cardinalice, il choisit Mgr Garot pour l’accompagner, et c’est à la suite de ce voyage que celui-ci fut nommé Prélat de la maison de Sa Sainteté (1887). Le 24 juin de cette même année eurent lieu les fêtes inoubliables du cinquantenaire du sacerdoce du nouveau prélat, fêtes présidées par Son Éminence elle-même et auxquelles assistait un nombreux clergé.
En 1891, sentant le poids des années s’appesantir de plus en plus, il demanda et obtint d’être déchargé de son fardeau, et se retira à Montcy-Saint-Pierre, aux portes de Charleville. C’est là que la mort vint le frapper le jour de la Nativité. On lui fit des obsèques dignes de lui. Elles étaient présidées par Mgr Cauly, spécialement délégué par le Cardinal ; Mgr Péchenard, Mgr Juillet et Mgr Baye y assistaient, revêtus des insignes de la prélature. Une centaine de prêtres, archiprêtres, doyens et chanoines assistaient au service funèbre.
Les glands du poêle étaient portés par MM. Eug. Regnault, président du conseil de fabrique ; Wargnies-Hulot, président du tribunal de commerce ; Promsy, juge au tribunal civil ; Mgr Baye et M. l’abbé Robert, archiprêtre de Rethel, ces deux derniers, anciens vicaires de Mgr Garot. La messe fut chantée par M. l’abbé Vassal, archiprêtre de Mézières. Avant l’absoute, Mgr Cauly, vicaire général, monta en chaire pour se faire l’interprète des regrets de Son Éminence et payer à la mémoire de Mgr Garot un juste tribut d’éloges.
Mgr Garot était officier d’Académie.
Source : AMB 1898.

GARREZ (Louis Victor).
Licencié ès lettres, agrégé de grammaire, officier d’Académie, ancien professeur de quatrième au Lycée de Reims, né à Bar-le-Duc le 30 mai 1828, décédé à Reims le 29 novembre 1879.
M. Garrez était le fils de ses œuvres, il avait débuté par les emplois les plus humbles : d’abord maître d’études, puis surveillant général à Nancy. Agrégé, il fut envoyé pendant quelque temps à Rouen ; ensuite il fut appelé à Reims à la chaire de quatrième, qu’il occupa avec distinction pendant plus de vingt années.
Professeur consciencieux, doué d’une érudition solide, d’un goût sûr et fin, parfaitement maître d’une classe toujours nombreuse qu’il dirigeait d’une main ferme, sévère sans rudesse, bon surtout, il était respecté et estimé de ses élèves.
Source : AMB 1881.

GASQUIN.
Agrégé ès lettres, chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Instruction publique, proviseur du Lycée de Reims, né dans le département des Vosges en 1832. décédé à Reims le 29 avril 1888, était fils d’un instituteur, et sortit lui-même comme instituteur de l’École normale du département des Vosges. Par un travail obstiné, il put être admis au baccalauréat ès lettres et au baccalauréat ès sciences, et fut nommé inspecteur des écoles primaires à Nancy. Son but n’était pas atteint : il travailla encore et travailla toujours jusqu’à ce qu’il eût atteint la licence, puis l’agrégation ès lettres.
Témoin d’une telle ténacité, M. Duruy, ministre de l’Instruction publique, l’avait appelé à la direction du lycée de Pontivy ; il justifia dans ces nouvelles fonctions les espérances que l’on avait fondées sur lui ; après la guerre, il fut nommé proviseur du lycée de Belfort, nouvellement créé, et c’est de là qu’il fut appelé en 1877 comme proviseur du lycée de Reims ; en récompense de ses services, il avait été aussi nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Sous son administration, le lycée de Reims reçut des améliorations notables, et par sa prospérité et ses succès, il conquit sa place parmi les premiers lycées de France. Mais la lame avait usé le fourreau ; M. Gasquin, qui paraissait d’une constitution robuste, avait gagné par son travail si persévérant une maladie de cœur, dont il mourut en quelques heures dans la nuit du 29 avril 1888.
Sa mort a été une perte sensible pour le lycée de Reims et pour l’Université tout entière.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

GAULET (Hippolyte).
Né à Châlons en 1838, était appelé, en 1859, par le tirage au sort, à faire partie de l’armée d’Italie. Ses études sérieuses sur l’emploi de l’artillerie lui ouvrirent un avancement assez rapide dans cette arme spéciale. Lieutenant au 20e régiment placé sous les ordres de Mac-Mahon, il est nommé capitaine sur le champ de bataille de Frœschwiller après avoir vu tomber autour de lui presque tous les officiers et soldats. Sa batterie sauvée il prend part au carnage de Bazeilles et à la sanglante bataille de Sedan. Envoyé dans l’héroïque armée de la Loire comme capitaine en premier, il rectifiait le pointage d’une pièce à la bataille de Coulmiers, lorsqu’un boulet lui enleva les deux jambes, en même temps qu’un obus lui fracassait la tête.
Source : AMB 1872.

GAVET-RONCIN (Prosper).

Juge au Tribunal de Commerce de Charleville, né à Paris le 7 mai 1844, décédé à Charleville le 26 mai 1902.
M. Gavet était entré au Tribunal en 1896, comme juge suppléant. Nommé en 1899 juge titulaire, il avait été réélu l’an dernier. En lui donnant ce témoignage d’estime, ses collègues rendaient hommage à ses qualités éminemment précieuses de magistrat.
Comme le disait le jour de ses obsèques, M. Ed. Vany, président du Tribunal, M. Gavet avait su, par « son amabilité, son travail, son dévouement et son équité » conquérir toutes les sympathies et c’est « soin et compétence que son avis était toujours reçu, car il était celui d’un homme loyal et intègre ».
M. Gavet appartint aussi au Conseil municipal de Charleville de 1881 à 1888. Ses concitoyens lui avaient renouvelé son mandat au mois de mai 1900.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

GAYOT (Eugène).
Ancien directeur des haras du Pin et de Pompadour, ancien inspecteur général des haras, membre du Conseil général des haras et de la Société nationale d’agriculture, conseiller honoraire de la Société des Agriculteurs de France, membre honoraire de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, né à Capone (Italie) en 1808, décédé à Paris au mois de mai 1891.
L’homme distingué dont la science hippologique déplore la perte, appartient au département de la Marne, par sa famille, par sa première éducation pendant son enfance, et par les nombreuses relations qu’il y a entretenues jusqu’à la fin avec tout ce que le département, et particulièrement l’agriculture, comptait de sommités.
Lorsque la Révolution éclata, M. Nicolas Gayot, son père, était clerc de notaire à Châlons-sur-Marne ; celui-ci voyant qu’il n’y avait en ce temps-là d’avenir que dans l’armée, entra à l’École d’Alfort comme élève militaire, y fit d’excellentes études et en sortit avec le grade de vétérinaire adjoint dans un régiment d’artillerie.
En 1807 il était l’un des vétérinaires militaires les plus distingués de l’armée ; à cette époque le général de Don organisait l’artillerie du roi Joseph dans le royaume de Naples ; il obtint du ministère de la Guerre de France l’autorisation d’emmener le vétérinaire Gayot qui passa avec les mêmes attributions au service du frère de Napoléon.
L’année suivante, Murat succédait à son beau-frère sur le trône de Naples. C’était le premier général de cavalerie et le premier amateur de cavalerie de son temps.
Aussi la position de Nicolas Gayot ressentit-elle par un rapide avancement l’influence des goûts du nouveau roi. Il devint inspecteur général des haras royaux, et fut logé dans les dépendances du palais. La reine Caroline elle-même lui témoignait de l’intérêt.
Il avait épousé à Naples en 1807, Séraphine Fiorini dont il eut comme premier né Eugène Gayot.
Mais en 1814, Murat s’étant allié à l’Autriche pour faire la guerre à la France, M. Gayot malgré la belle situation qu’il occupait, voulut revenir en France, où il fut classé dans les remontes du parc d’artillerie, sous les murs de Paris.
Après l’abdication de l’empereur, il fut mis en demi-solde, et se retira avec sa famille à Sermaize où il perdit sa femme. Après son second mariage, il fut appelé à Châlons en 1821, comme vétérinaire du département de la Marne, charge qu’il exerça pendant plus de 40 ans. Tout le monde sait les services qu’il a rendus à M. le vicomte de Jessaint, préfet de la Marne, dans la formation de la race mérinos au parc du château de Beaulieu (Notice nécrologique Claude-Nicolas Gayot, médecin-vétérinaire du département de la Marne, par Ch. Remy. Châlons, Le Roy, 1867. Extrait des Mémoires de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne).
M. Eugène Gayot, l’aîné de ses enfants, commença ses études au collège de Châlons et les acheva au collège Henri IV à Paris, où il eut pour condisciple, le duc de Chartres qui devint en 1830 le duc d’Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe.
D’abord il s’occupa de littérature, mais habitué dans sa famille à entendre parler de chevaux et d’hippologie, il entra à l’école d’Alfort et on sortit au premier rang.
C’est alors que le duc d’Orléans, grand amateur de chevaux, se souvint de son condisciple et que lui et ses frères le choisirent comme conseiller de leurs recherches, pour la satisfaction de leur goût favori.
Eugène Gayot se montra digne de ce choix ; et cette circonstance fut peut-être pour quelque chose dans le développement de ses belles facultés et de ses connaissances spéciales.
Mais ce n’est point à la faveur qu’il dut d’arriver à être un homme supérieur, car son indépendance de caractère lui fit plus d’une fois perdre le bénéfice de ses hautes relations ; et cependant il acquit et conserva par ses talents la première place de son temps, non seulement dans la science hippologique, mais dans la connaissance sur toutes les parties de la zootechnie.
Outre sa collaboration avec M. Moll dans le grand Dictionnaire d’agriculture pratique, on a de lui des traités sur l’Histoire naturelle, l’économie rurale et l’éducation de tous les animaux domestiques.
Ami de sa famille, nous avons eu souvent l’occasion d’admirer avec les grandes qualités de son esprit, celles de son cœur et sa grande vénération pour son père, à qui il reportait modestement tout ce qu’il était.
On lit dans le Journal d’Agriculture pratique du 28 mai 1891, quelques détails dont nous allons donner le résumé :
« M. Eugène Gayot fut depuis 1853 le collaborateur de ce journal. Il collaborait aussi auparavant au journal l’Univers. Il y traitait habituellement les questions de zootechnie et d’économie des animaux, mais sur un autre terrain, il savait se faire écouter. Le savant hippologue était doublé d’un homme d’esprit et de cœur. D’un caractère droit et ferme, il sut sacrifier sa carrière à son indépendance ».
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

GÉANT.
Vétérinaire, doyen de l’Association médicale de la Marne, décédé à Passavant le 29 novembre 1869, à l’âge de 88 ans.
Source : AMB 1871.

GÉNEAU de LAMARLIÈRE (Léon).
Né à Tardinghem (Pas-de-Calais), le 4 avril 1865, décédé chargé de cours à l’École de médecine de Reims, en septembre 1903.
C’est dans toute la plénitude de ses facultés intellectuelles, dans l’ardeur des recherches qu’il poussait avec une volonté tenace que la mort vint surprendre le jeune professeur Il était devenu un maître en botanique, poursuivant sans relâche ses études, ses expériences, s’imposant par une série de travaux déjà longue.
M. Géneau de Lamarlière voyait, en 1895, son catalogue des Cryptogames vasculaires et des Muscinées du Nord de la France couronné par l’Académie des Sciences (prix de La Fons-Mélicocq) et la même année, le Comité des Hautes Études le chargeait de mission en Espagne pour étudier la flore du littoral.
C’est en 1896 qu’il fut appelé à l’École de médecine de Reims, comme chargé de cours d’histoire naturelle et c’est là qu’on put le voir à l’œuvre et l’apprécier. L’un des plus éminents professeurs do l’École, son collègue et son ami, M. Jules Laurent, a retracé dans une page pleine de douloureuse affection, la vie de labeur du défunt.
« Non seulement, a-t-il dit, il conquiert rapidement la confiance et aussi l’amitié des élèves, mais encore à la Société d’étude des sciences naturelles dont il fut successivement le vice-président et le secrétaire et dont il refusa la présidence en janvier dernier pour ne pas se laisser distraire dans ses recherches ».
Plus de 80 mémoires out été publiés par M. Géneau de Lamarlière dans les revues scientifiques et parmi eux, il faut citer, comme nous intéressant particulièrement, ses « Notes bryologiques » sur les environs de Reims; et ses « Études sur la géographie botanique du département de la Marne », précieuse contribution à la flore de notre région et qui laisse loin derrière elle, les travaux pourtant déjà si complets des Saubinet, des Levent, des Lambertye, etc.
Sa mémoire restera honorée dans notre ville et surtout à l’École de médecine et à la Société d’histoire naturelle.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

GENET (L’abbé Jean Vincent).
Aumônier du Sacré-Cœur à Charleville, né aux Mazures le 7 novembre 1817, décédé à Charleville le 2 avril 1886.
Après avoir été pendant une année sous-directeur à la maîtrise de la Cathédrale, il fut nommé, au lendemain de son ordination à la prêtrise (1841) curé de Trigny ; il s’y fit aimer par sa simplicité et son dévouement et transforma sa modeste église. Onze ans après, Mgr Gousset lui confia la paroisse de Tagnon, où il renouvela les mêmes œuvres de zèle. Sa santé étant épuisée, le Cardinal plaça M. Genet comme précepteur chez M. le comte de Villegos, en Belgique. En 1870, il put revenir dans le diocèse et devint aumônier du Sacré-Cœur, à Charleville ; là, il s’appliqua à l’instruction religieuse des jeunes filles des principales familles des Ardennes. En 1876, Mgr Langénieux le nomma chanoine honoraire de la Métropole.
M. Genet était un homme d’études ; trois fois, l’Académie de Reims le couronna pour de remarquables travaux : l’Histoire de Trigny, celle des Mazures, et une très consciencieuse étude sur MM. de Pouilly, de Burigny et de Champeaux, ouvrages des plus intéressants au point de vue de l’histoire locale.
Source : AMB 1887.

GÉNICOT (Pierre Augustin).
Poète, né à Isles-sur-Suippe en 1820, mort à Reims en 1891.
Fils d’un manouvrier, il avait dix-huit ans, quand un pauvre ouvrier tisserand lui apprit à lire, à écrire et compter. Le jeune homme dévora ce qui lui tombait sous la main et devint bientôt fouriériste, puis il adopta les doctrines économiques de Proudhon et ne les quitta plus. Enfant de ses œuvres, il a laissé des brochures historiques et politiques sur les questions d’actualité, les salaires, la restauration monarchique. On a de lui des poésies légères et des articles disséminés dans le Réveil, l’Écho sparnacien, l’Avenir de l’Est, le Franc Parleur, l’Employé, etc. Sa Vie de Jésus, achevée sous l’étreinte d’une maladie mortelle, est restée manuscrite.
Libre-penseur, Génicot eût le courage de ses opinions : prévoyant sa fin, il écrivit ses dispositions dernières, chanta sa mort, et dressa la liste des invités à son convoi, avec une sérénité antique. Il était le dernier ouvrier militant des républicains rémois, ayant vu « l’âge héroïque » et les déceptions de 1848. Il avait eu des relations épistolaires avec le comte de Chevigné, Proudhon, Sainte-Beuve, etc.
Henri Menu.
AMB 1893.

GÉNIN (Jacques).
Quelqu’un qui a fait du bruit à Reims pendant plus de cinquante ans, c’est Jacques Génin, le sonneur de cloches de la cathédrale, né à Reims le 26 mars 1801, décédé le 10 décembre 1890.
Il était fort connu à Reims, non seulement de ceux qui aiment l’harmonie des cloches, mais aussi des nombreux touristes dont i1 a guidé l’ascension dans les clochers et galeries supérieures de Notre-Dame. Il n’abandonna ses modestes fonctions que forcé par la perte de sa vue.
Il était très obligeant pour tous, et quelques fois jovial à ses heures ; ayant vu beaucoup de gens, il avait beaucoup retenu d’anecdotes et de gaies plaisanteries qu’il avait arrangées à son usage, non sans un grain de sel, et qui lui ont acquis une réputation de gaieté et d’amabilité que l’on ne trouve pas toujours chez ses collègues.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

GÉNIN (Jean-Baptiste Victor).
Né à Reims le 20 mai 1824 ; artiste graveur lithographe habile, décédé à Paris le 7 février 1871.
Source : AMB 1872.

GENTEUR (Maxime).
Fils de M. Genteur, président de section au Conseil d’État et membre du Conseil général des Ardennes, auditeur lui-même, se distingua depuis longtemps par une profondeur et une netteté de vue que rehaussait une éloquence vraiment remarquable.
Comme commissaire du gouvernement, il sut se faire écouter et toujours estimer ; M. Haussmann, qui l’entendit parler devant le conseil de Préfecture, avait deviné en lui un homme de mérite. Il le recommanda vivement à l’empereur ; mais son jeune âge, – il est mort à trente ans –, fut un obstacle à son avancement.
Il était néanmoins secrétaire général de la préfecture du Loiret ; c’est dans cette position que le trouva le 4 septembre 1870. Il refusa de reconnaître le nouveau gouvernement. Le 5, il ouvrit encore la séance du conseil de révision, qu’il présidait, au nom de l’empereur.
Après avoir donné sa démission, il rendit, dans les dures épreuves que traversa Orléans, les plus grands services à l’armée de la Loire.
Source : AMB 1872.

GENTIL (Gabriel Marie Auguste).
Né à Aubigny (Ardennes). Ancien architecte, maire de Rocroi du 30 mai 1848 au 30 juillet 1852. Issu d’une famille des plus honorables, son père fut arrêté et amené à Reims en 1793 dans la prison de la Belle-Tour pour y être exécuté, il a été assez heureux de n’y arriver que le lendemain du 9 thermidor, il fut mis en liberté.
M. Gentil avait épousé Mademoiselle Moreau, fille du chef du 1er bataillon des volontaires ardennais, qui mourut général de division sous les murs de Luxembourg.
La bonne administration, la sévère droiture de son caractère et son esprit de conciliation lui avaient attiré l’estime universelle de la ville de Rocroi, où il est décédé le 1er mai 1870, à l’âge de 86 ans.
Source : AMB 1871.

GENTILHOMME.
Docteur en médecine, professeur de pathologie externe à l’École de médecine de Reims, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, secrétaire du bureau de l’École, officier d’Académie, médecin des chemins de fer et du lycée, est né à Courcy-la-Neuvillette le 23 avril 1837 ; il est mort à Reims 1e 5 février 1888.
Il fit ses études au lycée de cette ville, alla ensuite à Paris pour y suivre les cours de l’École de médecine et fut reçu le sixième de la promotion interne des hôpitaux ; bientôt après reçu docteur, il revenait en 1863 à Reims, où il fut bientôt attaché à l’École de médecine en qualité de chef des travaux anatomiques.
En 1867, il était nommé suppléant de la chaire d’anatomie ; enfin en 1878, il devint professeur titulaire de la chaire de pathologie externe, et secrétaire de l’École. Il fut appelé encore à plusieurs autres fonctions, auxquelles il suffisait par un travail opiniâtre : il était arrivé au point culminant de sa profession, lorsque, comme beaucoup de ceux qui ont surmené leurs facultés, il succomba à une terrible et cruelle maladie à l’âge de 50 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

GENTY (abbé).
Ancien lieutenant au 13e de ligne, chevalier de la Légion d’honneur, ancien vicaire de la Basilique de Saint-Quentin, chanoine de Soissons et de Saint-Brieuc, né à Lamballe (Côtes-du-Nord) le 13 février 1799, décédé à Saint-Quentin le 16 septembre 1889. À l’âge de 30 ans, après avoir donné sa démission d’officier de l’armée au moment où il pouvait espérer de l’avancement, il s’était fait prêtre, et par modestie avait renoncé aux postes plus élevés qui lui furent offerts, pour rester dans l’humble fonction de vicaire à Saint-Quentin, où l’attachaient de solides amitiés, où tous les pauvres savaient son nom, où tous saluaient en lui le représentant de toutes les vertus chrétiennes et en particulier de la charité.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GEOFFROY (Alexandre Martin).
Né à Reims le 2 février 1798, ancien entrepreneur de bâtiments, ancien capitaine-commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers, chevalier de la Légion d’honneur, décédé à Reims le 11 mars 1878.
De bonne heure M. Geoffroy se destina à reprendre l’état de son père ; il acquit des connaissances sérieuses et approfondies de son art sous la direction de M. Serrurier, alors architecte de la ville ; grâce à son intelligence, à son habile direction, ses ateliers comptèrent bientôt, jusqu’à cent ouvriers.
En dehors de sa vie privée, M. Geoffroy donna tout son temps à ses concitoyens. Il entra en 1813 dans la compagnie des sapeurs-pompiers de Reims, à laquelle il resta attaché 65 ans, pendant lesquels il passa par tous les grades, et fut nommé le 10 juillet 1852 capitaine-commandant, poste qu’il occupa jusqu’en 1866 ; depuis cette époque, il était capitaine honoraire.
Dans ces différents grades, il fut toujours un modèle de courage et de dévouement ; à tous les instants de sa vie, il posséda un grand sang-froid dans le danger et une grande énergie dans le commandement : on le voyait toujours un des premiers dans les incendies, où il prenait surtout de grands ménagements pour ses hommes, qui le tenaient tous en une profonde estime. La croix de la Légion d’honneur vint, en 1864, le récompenser dignement des nombreux services rendus à ses concitoyens. Il était, en outre, répartiteur des contributions.
Source : AMB 1879.

GEOFFROY (l’abbé Constant Louis).
Né à Charly-sur-Marne, le 13 mars 1811, décédé le 2 juillet 1898 (88 ans), au petit séminaire de Notre-Dame de Liesse, dont il avait été successivement professeur et supérieur. Il avait ensuite été curé de Fresnoy-le-Grand et curé-doyen de Braisne. S’étant démis l’an dernier de son doyenné, il s’était retiré à Liesse. Ce fut à la fois un saint prêtre, un professeur érudit et un écrivain délicat.
Il était chanoine honoraire depuis 1862.
Source : AMB 1899.

GEOFFROY (L’abbé Jean-Baptiste).
Décédé curé de Jonval (Ardennes), le 2 mai 1899, était un des doyens du clergé diocésain. Il était né, en effet, le 7 août 1809 à la Rowa, paroisse de Monthermé, où son père exerçait la profession de maître d’école.
Ses études classiques terminées, il reçut la prêtrise à Reims, le 20 mai 1837, et après quelques mois passés au vicariat de Mouzon, il fut successivement chargé de desservir les paroisses d’Amblimont, de Wagnon (1838) et Antheny (1842). Sollicité par un de ses parents, prêtre lui-même, il obtint de quitter cette paroisse (1848) pour entrer dans le diocèse de Paris, où il espérait pouvoir plus facilement subvenir à l’entretien de son père et de sa mère.
Après vingt-six ans passés dans le clergé parisien, pendant lesquelles il enseigna dans les familles et desservit plusieurs églises, il revint dans le diocèse de Reims et remplit le saint ministère à Villers-le-Tourneur (1874) et à Vandières (1881). Il resta sept ans dans cette paroisse, mais devenu octogénaire, il demanda un poste modeste où il put tranquillement finir ses jours. La paroisse de Jonval s’étant trouvée vacante, il y fut appelé et c’est là qu’il s’éteignit presque subitement entouré de l’estime de ses paroissiens.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GÉRARD (Abbé Louis Auguste Zacharie).
Curé de Livry, né à Chervey (Aube) le 24 mai 1812, décédé à Livy-sur-Vesle le l0 octobre 1894 ; était venu faire ses études théologiques au grand Séminaire de Châlons-sur-Marne où il fur ordonné prêtre en 1839 ; successivement curé de Souain, puis de Meix-Thiercelin ; on a conservé de son passage dans ces deux paroisses, un souvenir respectueux et cordial.
En 1847, il fut appelé à Livry où il exerça les fonctions pendant 47 ans.
L’ordre qu’il mettait à accomplir les moindres détails de son ministère et de ses obligations sacerdotales révélaient en lui une fois vive, qu’il cherchait à communiquer à tous ses paroissiens.
Le conseil municipal lui a concédé au cimetière de Livry, la place qu’il avait désirée au pied du calvaire.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

GÉRARD (Joseph).
Médaillé de Sainte-Hélène, ancien militaire du premier Empire, est né au Mesnil-sur-Oger en 1794 (28 pluviôse an II), décédé à Bergères-lès-Vertus le 12 février 1889.
Il fit les campagnes de 1813, 1814 et 1815. Nous trouvons dans l’histoire de la guerre de Crimée quelques-uns de ses faits d’armes : il sauva la vie à un officier français. Il vient de mourir à Bergères-lès-Vertus, à l’âge de 95 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GÉRARD (Mgr Joseph).
Protonotaire apostolique, doyen du chapitre métropolitain de Reims, décédé le 7 janvier 1880. Ce vénérable prêtre était neveu de l’éminent cardinal Gousset. Né en 1821 à Montigny-lès-Cherlieu (Haute-Saône), il fit de brillantes études au petit et au grand-séminaire de Reims. Il rendit de grands services à l’illustre prélat au moment du rétablissement de la liturgie romaine et du chant grégorien dans le diocèse. Le pensionnat de l’Enfant-Jésus, dont il était le chapelain, gardera longtemps le souvenir des solides instructions qu’il sut donner pendant plus de 30 ans aux élèves de cet établissement.
Source : AMB 1881.

GÉRARD.
Né à Chuineux (Belgique), décédé à Reims le 13 mars 1870, à l’âge de 106 ans. M. Gérard a conservé toutes ses facultés jusqu’à sa dernière heure.
Source : AMB 1871.

GÉRARDIN (François Napoléon).
Ancien percepteur des contributions directes de la commune de Broyes, décédé a Sézanne le 9 février 1878, à l’âge de 71 ans.
Numismate infatigable, il avait réuni une nombreuse collection d’anciennes pièces de monnaie et de médailles du plus haut intérêt.
Source : AMB 1879.

GERBAULT (Armand Henri Louis).
Ancien négociant et administrateur de la succursale de la Banque de France, né à Sapicourt (Marne) le 25 mai 1802, décédé le 27 octobre 1878, à l’âge de 77 ans.
Longtemps négociant en laines dans notre ville. M. Gerbault jouissait de l’estime générale. Homme très charitable, faisant beaucoup de bien aux pauvres, il possédait une collection d’antiquités et d’émaux assez nombreuse.
Source : AMB 1879.

GERBOULET (François Ernest).
Né le 12 janvier 1814, à Sedan. Docteur en médecine, décédé dans sa ville natale, le 13 février 1873.
Source : AMB 1874.

GERMAIN (Nicolas).
Né à Cons-la-Grandville (Ardennes) le 15 février 1793.
Décédé à l’infirmerie Marie-Thérèse, à Paris, en 1872, après avoir été successivement aumônier à l’hospice civil de Sedan, vicaire de la Cathédrale de Reims, directeur du Petit-Séminaire de Reims depuis 1824 jusqu’en 1830, puis curé de Verzenay, enfin maître de pension à Reims.
M. l’abbé Germain trouva, dans une de ses paroissiennes, celle qui devait faire son bonheur, comme l’Américaine, Mme X***, fait celui du révérend père Hyacinthe ; il fut employé decommerce, puis marchand et fabricant de casquettes, à Paris.
Sic transit gloria mundi !
Source : AMB 1873.

GIBOUT (Victor Alfred).
Né au Chesne-le-Populeux (Ardennes) le 25 janvier 1847, décédé curé de Breuil le 1er janvier 1874.
Source : AMB 1875.

GILBERT (Augustin Hubert).
Voici les paroles qu’a inspirées à M. Werlé, maire de Reims, la fin prématurée de son honorable collègue :
Messieurs,
L’émotion profonde qui me domine ne me permettra pas d’exprimer, comme je sens et comme voudrais, l’amertume des regrets et l’étendue de la douleur causés par la perte irréparable d’un ami sincère, d’un collègue dévoué.
Mais ces regrets, cette douleur, vous les éprouverez comme moi ; la ville entière les partage, et ce deuil public dont vous êtes ici l’expression, deuil auquel M. le préfet, par sa présence, a voulu associer le département, témoigne mieux que ne pourraient le faire mes paroles, combien était justement apprécié celui que nous accompagnons pour la dernière fois.
Tous vous rendez hommage à ce noble caractère, qui se résume par dévouement, désintéressement, loyauté, bienveillance, fermeté et modération ; caractère qui s'est vérifié dans toutes les phases de sa vie et qui toujours et partout à mériter à M. Gilbert la confiance, l’estime et l’affection de ses concitoyens.
Le notariat d'abord s’honore de l’avoir compté parmi ses membres les plus dignes.
L’industrie, plus tard, acquiert en M. Gilbert un adepte laborieux et intelligent, qui par ses constants efforts vers le perfectionnement, par la rigoureuse loyauté dans les transactions, place bientôt au premier rang l’important établissement qu’il avait créé.
Dans la vie privée, son exquise politesse, l’égalité de son humeur, son empressement à rendre service, lui assurent autant d'amis qu’il compte de connaissances.
Dans la vie publique, nous trouvons M. Gilbert :
Au tribunal de commerce, juge intègre, éclairé et conciliant ;
Au conseil général, le défenseur zélé et convaincu des intérêts qu’il représente ;
Au conseil municipal, la droiture de ses sentiments, la rectitude de son jugement, la connaissance exacte des affaires, la netteté de ses aperçus, donnent à ses avis une autorité incontestée ;
À l’administration municipale, M. Gilbert apporte le précieux concours de son intelligence, de son expérience et de son caractère. Magistrat vigilant et impartial, ferme autant que modéré, bienveillant toujours, il est plein de sollicitude pour tous, est particulièrement heureux quand il peut aider au développement du bien-être des ouvriers.
Telles sont les qualités qui distinguaient notre excellent et regretté collègue, qualités que vous avez eu tant de fois occasion de constater, et que je n'indique ici d'une manière si incomplète que pour que vous disiez avec moi : « Ce n'est pas un éloge prononcé, c'est une justice rendue ».
Vous me permettrez de croire que dans notre cité industrieuse et honnête, on gardera précieusement le souvenir de cette vie si utilement, si honorablement remplie ; qu’elle sera souvent rappelée comme un exemple à suivre.
Vous trouverez juste au nom du corps municipal, au nom de la ville entière, j’offre ici à celui qui ne peut plus nous entendre, des remerciements publics sincères pour tout le bien qu’il a fait, pour tous les services qu’il a rendus.
Source : AMB 1865.

GILBERT (Jean-Marie).
Soldat de la classe de 1805, décédé le 16 juin 1876, à Jouaignes (canton de Braine), à l’âge de 91 ans.
Il eut l’honneur d’être incorporé le 23 brumaire en l’an IX, dans le 32e de ligne, fameux par ses exploits en Italie, et fit les campagnes de 1806, 1807, 1808 et 1809. Il fut deux fois porté à l’ordre du jour : à Iéna et à Friedland. Blessé au brillant combat d’Almonacid, le 11 août 1809, il fut renvoyé dans ses foyers avec une modeste retraite.
Source : AMB 1877.

GILBERT (Mme Auguste), née Henriette Olympe GODET.
Présidente honoraire de La Maternité, née à Craonne (Aisne) le 20 décembre 1814, décédée à Reims, dans sa 79e année, le 7 octobre 1893 ; elle était restée veuve sans postérité, en 1864, de M. Gilbert, ancien notaire, ancien industriel, ancien juge au tribunal de commerce, ancien adjoint au maire de Reims, ancien membre du conseil général de la Marne, dont la mémoire est restée vive dans le cœur de ses concitoyens.
Mme Gilbert, elle aussi, a conquis par sa charité la reconnaissance des Rémois.
Cette dame était de tout point une personne supérieure par son intelligence et son grand cœur.
C’est à elle que l’on doit, pour une grande part, la prospérité de la Société de Charité maternelle, dite La Maternité, dont elle fut l’une des principales fondatrices. Elle en fut longtemps la présidente et donna à cette œuvre si utile un grand développement, jusqu’au moment où ses forces ne furent plus en rapport avec sa bonne volonté, elle résigna ses fonctions actives et fut alors nommée présidente honoraire.
Sa charité s’étendait à toutes les souffrances et sa manière si discrète de donner rehaussait encore le prix de ses bienfaits devant les honorables infortunes qu’elle savait soulager aussi bien que consoler. Ses salons s’ouvraient à la meilleure société, sa main et son cœur s’ouvraient à toutes les véritables misères.
Avant sa mort, elle a donné et fait approprier de ses deniers un asile aux écoles chrétiennes libres pour les deux sexes.
Après sa mort, elle n'a pas oublié les pauvres et les malades.
Charles Remy.
AMB 1894.

GILBERT (Marie Joseph Jules).
Manufacturier, né à Namur (Belgique), le 27 mars 1827, décédait à Givet (Ardennes), le 14 septembre dernier.
Universellement connu était le nom que portait la manufacture des crayons de Givet et celui qui en était le directeur, M. Jules Gilbert, avait acquis dans le monde industriel une grande réputation.
Depuis 35 ans à la tête de son établissement fondé au commencement du siècle dernier par M. Gilbert père, il avait su y donner un essor considérable, aussi le Gouvernement lui conférait-il, il y a quelques années, la croix de la Légion d’honneur. Peu de temps après il recevait les palmes académiques, et la ville de Givet elle-même, tenant à honorer la mémoire de cet homme qui, par son activité, avait contribué à l’extension industrielle du pays, donnait son nom à une de ses rues. C’était là une marque de gratitude et de reconnaissance, rendue non seulement au labeur incessant, mais aussi à la philanthropie du chef de maison qui laissait à sa mort un témoignage sensible de sa sympathie et de sa bienfaisance aux œuvres sociales.
M. Jules Gilbert léguait en effet, une somme de 20.000 fr. à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale à Paris, 10.000 fr. à la Société de secours mutuels, 1.100 fr. au Bureau de bienfaisance, une somme de 40.000 fr. à la ville de Givet pour la construction d’un Hôtel de Ville et enfin 5.000 fr. à répartir entre les ouvriers de la manufacture de crayons.
Ses obsèques célébrées le 18 septembre réunirent autour de son cercueil, de nombreuses personnalités administratives et industrielles.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

GILLET (l’abbé Henri Joseph).
Décédé curé-archiprêtre de Charleville, était l’un des membres les plus éminents du clergé rémois.
Il était né à Malmédy (Prusse rhénane), le 5 avril 1842, d’une famille de race française. Ordonné prêtre le 10 juin 1865, il fut nommé, à l’âge de 23 ans, directeur au Petit Séminaire de Charleville, et aumônier de l’école normale d’instituteurs. En 1867, il devint aumônier et professeur de philosophie au collège municipal de la même ville, dont les séminaristes suivaient les cours, à titre d’externes.
Il occupait cette charge quand éclata la guerre de 1870 M. l’abbé Gillet se dévoua généreusement au service des blessés dans l’ambulance établie au Petit Séminaire. Son patriotisme et sa noble conduite en ces tristes circonstances lui valurent, après la guerre, une croix de bronze.
En 1876, un incendie détruisit les bâtiments du collège ; celui-ci fut alors transféré au Petit-Bois, et transformé en lycée. M. l’abbé Gillet demeura professeur de philosophie au Petit Séminaire, qui eut désormais ses cours spéciaux ; il fut en même temps aumônier du nouveau lycée.
En 1880, Mgr Langénieux l’appela à la tête de son Petit Séminaire de Reims, en remplacement de M. l’abbé Péchenart, devenu vicaire général : il le nommait à la même date à la dignité de chanoine honoraire. M. l’abbé Gillet fut là un éducateur de premier ordre : il fit régner dans sa maison une discipline à la fois très ferme et très souple ; il imprima aux études un vif élan, et les brillants succès dont elles furent couronnées, montrèrent bien quels progrès avaient été réalisés ; surtout, il sut élever les âmes, il sut les ouvrir aux pensées généreuses, aux nobles sentiments, et ce fut là, peut-être, le plus grand talent de cet homme qui en avait tant; sa parole vive et brillante avait sur l’ardente jeunesse qu’il gouvernait un ascendant souverain ; on l’écoutait en frémissant, et, au contact de cette âme de prêtre si haute et si vaillante, on se sentait devenir meilleur.
Cette œuvre d’éducation n’absorbait pas tellement M. l’abbé Gillet, qu’il ne trouvât encore le moyen de faire œuvre d’apostolat, et les Rémois ont gardé le souvenir de sa parole toujours simple, mais alerte, spirituelle et vraiment évangélique.
Il écrivit aussi plusieurs ouvrages : deux thèses, l’une en latin sur Pierre de Celles, abbé de Saint-Remi, « De Petro Cellensi », l’autre en français, « Étude sur Charles-Maurice Le Tellier » ; elles lui valurent le titre de docteur ès-lettres. Il publia ensuite d’importantes études historiques : « Camille Le Tellier de Louvois », « La Chartreuse du Mont-Dieu », la « Vie de Mgr Tourneur ». Il y joignit plus tard la « Vie de Mgr Garot » et « Dix ans au Petit Séminaire de Reims ». Tous ces écrits ont les mêmes qualités, la clarté et le bel ordre des idées, l’élégance et l’harmonie du style. En 1881, M. l’abbé Gillet fut lauréat de l’Académie de Reims il en devint membre titulaire en 1882.
En 1891, Son Eminence Monseigneur le Cardinal le choisit, pour succéder à Mgr Garot à la cure de Charleville. C’était un poste de combat. M. l’abbé Gillet, qui se sentait une âme de soldat, l’accepta sans trembler, et, pendant treize ans, on le vit sur la brèche. Ce furent treize années d’un labeur ininterrompu. Celui qui jusqu’alors avait vécu dans le calme de la vie de communauté, devint un pasteur d’âmes, allant à tous, et de préférence aux plus abandonnés. Il fut le grand aumônier de sa paroisse, distribuant aux pauvres, à leur domicile, tout ce qu’il possédait, et suscitant autour de lui les plus généreux dévouements ; il fut l’organisateur des œuvres paroissiales, auxquelles il sut donner une vie intense et féconde ; il fut surtout l’apôtre de la vérité, prodiguant à tous, et sous toutes les formes, son ardente parole, jetant à pleines mains les tracts et les brochures, montant une garde incessante autour du dépôt de la foi chrétienne confié à sa vigilance, et ne laissant passer, sans riposte, aucune attaque, d’où qu’elle vint.
En 1903, son école libre de jeunes filles fut fermée, M. l’abbé Gillet protesta en termes si énergiques, qu’il se vit supprimer son traitement concordataire ; il déclara que c’était là, dans son estime, le plus grand honneur qui pût lui être fait.
Cependant, à cette rude vie, son tempérament s’était épuisé. Au printemps de 1904, il se sentit atteint mortellement. Il se retira alors à Villers-Allerand, chez son excellent ami, M. le chanoine Dogny, et il y attendit la mort. Elle l’emporta le 1er août dans la soirée.
Charleville lui fit de splendides funérailles, et son corps fut déposé auprès de celui de Mgr Garot, son prédécesseur. C’est là, au milieu des siens, que repose la dépouille mortelle de cet homme dont l’âme était si noble, et dont l’existence, si bien remplie, restera comme un modèle de vie sacerdotale.
V. B.
Source : AMB 1905.

GILLET (abbé Louis).
Né à Autrecourt le 6 avril 1812, était l’un des doyens du clergé diocésain.
vicaire d’Ay, puis successivement curé de Saint-Laurent, de Crugny, d’Imécourt, il fut nommé le 1er juillet 1865 à la cure de Bayonville. Il restaura avec soin l’église de ce village, et comme dans ses précédentes paroisses, il sut se faire aimer de tous.
M. l’abbé Gillet mourut le 19 février 1900 âgé de 88 ans dont 64 de vie sacerdotale.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

GILLET (Charles).
Né à Châlons le 4 novembre 1825, mort dans la même ville le 18 juillet 1895.
Après de brillantes études au collège de Châlons, M. Gillet, que recommandaient des goûts studieux et des aptitudes spéciales, fut attaché en 1859 à la Bibliothèque communale en qualité de sous-directeur. Le 1er mars 1861, il était nommé bibliothécaire en chef après le décès de M. Joppé, et peu après conservateur du Musée. Dès lors, sa seule passion fut le développement et l’agrandissement de ces établissements confiés à ses soins, la prospérité morale, intellectuelle de la ville. On peut dire que pendant les 33 ans qu’il exerça ces honorables fonctions, il déploya un merveilleux talent pour obtenir de la ville, de l’État, des particuliers, soit des subventions, soit des dons de livres ou d’objets d’art, soit surtout d’importantes et riches collections, qui ont plus que triplé l’effectif de la bibliothèque et doté Châlons d’un magnifique Musée.
Une autre qualité tout à l’honneur de M. Gillet, c’est l’affabilité serviable avec laquelle il accueillait les chercheurs et les jeunes professeurs, heureux de mettre à leur disposition ses connaissances personnelles et les ressources de la Bibliothèque. S’intéressant activement à toutes les œuvres d’instruction, il avait, avec quelques amis, fondé en 1869, la « Société de lecture et d’enseignement ».
À l’époque de l’exposition historique et militaire du centenaire de Valmy, en sa qualité de bibliothécaire, il apporta son bienveillant concours et aida beaucoup à la tâche ardue des organisateurs.
De temps à autre, il s’essayait dans le journalisme local. Franchement républicain, il modérait la fougue intempestive des jeunes par l’autorité de son expérience, et apportait, dans la polémique de presse cette modération, cet esprit de conciliation et de tolérance qui était le propre de son caractère.
De nombreux amis et fonctionnaires composaient son cortège funèbre. Les coins du poêle étaient tenus par M. Dudez, vice-président de la Société châlonnaise de lecture et d’enseignement, par M. Le Roy, ancien directeur de l’Union républicaine, par M. Mallet, son successeur à la Bibliothèque et au Musée, par M. Royer, secrétaire en chef de la mairie, par M. Vallée, professeur à l’École normale d’instituteurs.
Trois discours étaient prononcés sur sa tombe par MM. Mallet, Royer et Le Roy.
M. Gillet était officier de l’Instruction publique.
Source : AMB 1896.

GILLET (Dieudonné).
Né à Fay-les-Venneurs, le 24 janvier 1795, décédé curé d’Estrebay le 18 mai 1872.
Source : AMB 1873.

GILQUIN (abbé Clovis).
Ancien économe de l’Institution Saint-Charles, de Chauny, né à Charly, le 97 juin 131h, décédé à Branle le 27 septembre 1889.
Nature excellente, M. Gilquin avait su s’acquérir les sympathies unanimes des élèves de Saint-Charles, qui conserveront à sa mémoire un affectueux souvenir.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GIOVANINELLI (Le général Ange Laurent).
Né le 15 septembre 1837, à Pastoreccia-de-Rostino (Corse).
Ce n’est pas à son lieu d’origine que le général Giovaninelli doit cette notice nécrologique ; il justifie par d’autres titres ce souvenir ému que nous apportons à sa mémoire : son alliance à la famille Brincourt, – étant le gendre de M. Jean-Baptiste Brincourt, le sympathique numismate et collectionneur ardennais – ; à un long séjour comme colonel du 128e à Sedan ; à l’adoption de cette ville après avoir été atteint par la limite d’âge; enfin – simple appréciation personnelle – il appartenait un peu à toute la France, étant un de ceux sur lesquels s’appuyaient tant… d’espérances.
Giovaninelli était entré à l’École spéciale de Saint-Cyr en 1855. Son tempérament ardent, sa fermeté de caractère, le firent remarquer de ses professeurs militaires et ce ne fut une surprise pour personne lorsque le 1er octobre 1857, à sa sortie de l’École, il déclara opter pour la Légion étrangère. Il reçut le baptême du feu pendant la campagne d’Italie. Le deuxième galon lui fut donné après ; c’est avec le grade de lieutenant qu’il prit part à la campagne du Mexique. Le moment viendra où une histoire impartiale de cette expédition sera écrite ; elle redira les souffrances endurées par nos vaillantes troupes ; le nom de Giovaninelli sera cité plusieurs fois parmi ceux des officiers qui firent leur devoir et qui furent braves. On dira particulièrement sa brillante conduite â Ozuluama, le 22 octobre 1863, où il fut grièvement blessé ; son attitude fut si appréciée des Mexicains que Giovaninelli, prisonnier, fut remis en liberté sans aucune condition. Ce fait est assez rare pour être retenu. Une citation à l’ordre du jour, le grade de capitaine et la croix de la Légion d’honneur furent la triple récompense de sa conduite.
Il était au 9e bataillon de chasseurs à pied, à Sétif, lorsqu’éclata la guerre de 1870. Il arriva en France dans le courant de juillet et son régiment fut versé dans le corps Canrobert (6e), division Texier (1ère), brigade Péchot (1ère), de l’armée du Rhin.
Pouvons-nous évoquer sans un sentiment de légitime fierté, malgré le douloureux souvenir de la défaite, la conduite du 9e bataillon de chasseurs à Saint-Privat ? La nuit était descendue sur ce champ de bataille, les flammes du village en feu éclairaient sinistrement l’horizon, les morts et les blessés ne se comptaient plus. La Garde prussienne faisait rage au milieu de nos chasseurs à pied qui lui disputaient pas à pas le moindre monceau de ruines. Les rangs de nos chasseurs s’éclaircissent, mais ceux qui restent vengent la mort des leurs en faisant une affreuse hécatombe parmi les Allemands. Le commandant du bataillon M. Mathelin, tombe blessé dans la mêlée ; le capitaine Giovaninelli le remplace et quand vint l’heure de laisser la position au vainqueur, il ramena ses débris sous Metz.
Giovaninelli fut maintenu à la tête du 9e bataillon de chasseurs pendant toute la durée du blocus de Metz. Le 1er septembre, deuxième journée de la lutte de Servigny-Noisseville, ce bataillon sut encore se montrer à hauteur de sa mission et son chef « se révéla officier habile et tacticien consommé ». La bataille, on le sait, se livra sur la rive droite de la Moselle, dit la « France Militaire » ; le 9e bataillon avait été laissé sur la rive gauche d’où il suivait les mouvements de l’armée, furieux de son inaction. Mais cette fureur dura peu. L’ennemi occupait les villages de la rive gauche devant nos troupes, et leurs tirailleurs couvraient les crêtes de la rive droite où ils gênaient beaucoup nos mouvements. Le capitaine Giovaninelli se rend compte de la situation du premier coup d’œil ; pendant qu’il dispose une partie de ses hommes pour maintenir l’ennemi au nord, il attaque, par-dessus la rivière, les Allemands postés sur la rive droite, et, par un rapide mouvement en avant, il les prend à revers et les débusque de leurs positions où ils sont immédiatement remplacés par nos troupes.
Nous arrivons au 28 octobre : Metz a capitulé, les officiers sont prisonniers avec leurs soldats. Beaucoup des uns et des autres s’échappèrent et réussirent à regagner la France : Giovaninelli fut du nombre et il vint, par la Belgique, remettre son épée au service de l’armée du Nord. Il fut promu chef de bataillon et reçut le commandement du 2e bataillon de marche de chasseurs à pied, brigade Lecointre, dans la première organisation de l’armée du Nord. Ce contingent n’était pas très facile à commander, il était composé de jeunes Bretons à peu près ignorants de la langue française. Giovaninelli en sut tirer un brillant parti cependant. Le 27 novembre, jour de la bataille de Villers-Bretonneux « postés en avant pour soutenir nos troupes sur le point d’être écrasées, dit la « France Militaire », les chasseurs qui se trouvaient pour la première fois devant un ennemi éprouvé, lâchèrent pied malgré les efforts de leurs chefs. Ramenés au combat par leur commandant, ils reprennent peu à peu leur sang-froid et rentrent à la baïonnette dans leurs positions, sous une terrible fusillade qui mit hors de combat 11 officiers, dont M. Giovaninelli, et plus de 300 hommes ».
La paix signée avec l’Allemagne n’assurait pas encore le repos à notre armée qui en avait cependant bien besoin pour se refaire.
Après l’envahisseur vint la guerre civile, cette Commune qui sera toujours une honte pour ses auteurs. Giovaninelli, appelé au commandement du 19e bataillon de marche de chasseurs à pied, fut envoyé, le 26 mars, à l’armée de Versailles et prit part à la répression de cette guerre civile, et se distingua à la prise du plateau d’Avron.
Après la révision des grades, Giovaninelli fut maintenu avec le grade de chef de bataillon, et c’est seulement le 25 août 1875 qu’il reprit son grade de lieutenant-colonel. En 1880, il reçut le cinquième galon et le commandement du 128e d’infanterie alors en garnison à Sedan. Pendant quatre années il se consacra à l’instruction de son régiment, qui était considéré comme l’un des mieux entraînés de notre armée.
Arrive la campagne du Tonkin : le colonel Giovaninelli est appelé au commandement d’un régiment de marche d’abord, ensuite à celui de la 1ère brigade. C’est dans cette position qu’il accomplit son plus haut fait d’armes qui le désigna à l’attention de ses chefs.
Le 1er février, le corps expéditionnaire avait été concentré à Chu ; il poussa une reconnaissance jusqu’au col de Déo-Van. Le 3, les troupes se mirent en route et le colonel Giovaninelli resta au débouché du col, tandis que de Négrier, se portant plus en avant, enlevait Cau-Nhat. Mais les Chinois ont réussi à barrer la route. Brière de l’Isle ordonne à Giovaninelli d’entretenir un combat démonstratif à l’ouest pour jeter une diversion dans les vues de l’adversaire. Dans l’après-midi Giovaninelli enlève un fort qui couronne la crête ; la lutte dura jusqu’à 9 h. 1/2 du soir, après laquelle nos troupes réussissent à enlever quatre lignes de retranchements. Le lendemain fut encore une nouvelle victoire qui mit de nouveaux ouvrages entre nos mains. Le 6 février, Giovaninelli reprit sa marche en avant ; il traversa Dong-Son et enleva une autre redoute.
Tous ces événements n’étaient que les préliminaires d’autres plus importants. Il s’agissait d’emporter la citadelle de Lang-Son, qui barrait la route pour la marche vers Hanoï. Le 12 février, à 9 heures, la brigade Giovaninelli commençait l’attaque des masses ennemies installées à 4 kilomètres de Pho-Vy ; à sept reprises différentes l’ennemi fut repoussé laissant plus de 150 hommes sur le champ de bataille. La nuit fit cesser le combat et les adversaires couchèrent sur leurs positions. Le lendemain, dès la première heure, les hostilités reprirent et à midi le drapeau français flottait sur la citadelle de Lang-Son. Le 16, elle reprend sa marche sur Hanoï et en moins de 7 jours elle parcourt 140 kilomètres par une route qu’elle a été obligée de réfectionner en partie.
Chacun se souvient, dans l’histoire de cette campagne, du nom de Tuyen-Quan et de celui du vaillant Dominé, un Champenois qui a son nom marqué dans le livre d’or de l’armée française. Nous ne pouvons rappeler dans quelles circonstances il s’était trouvé enfermé dans cette place où il aurait succombé sans le secours de Giovaninelli. Le commandant de la 1ère brigade s’embarqua le 22 février pour Bac-Hat, d’où il remonta vers Tuyen-Quan ; il débarqua à Phu-Doan, à 22 kilomètres de la citadelle, à travers des chemins difficiles, hérissés d’obstacles, puisqu’il mit trois jours pour franchir cette distance. Le 1er mars, à 11 h. 1/2, il arriva à 3 kilomètres des lignes chinoises, et le soir quelques ouvrages avancés tombaient déjà en son pouvoir. Le 3 mars seulement il eut raison des Chinois après avoir perdu 27 officiers et 465 hommes pendant ces deux journées.
La poursuite de l’ennemi fut impossible faute de moyens de transport.
Giovaninelli fut promu général de brigade le 4 mars et, quelques mois après, commandeur de la Légion d’honneur. Il rentra en France en 1886 et fut appelé au poste d’adjoint du gouverneur d’Épinal, le 25 octobre 1887 adjoint au gouverneur de Paris. Le 12 juillet 1890 il reçut sa troisième étoile et le commandement de la 13e division d’infanterie à Chaumont. Le 13 octobre 1893, il vint commander à Rouen le 3e corps. C’est dans ce poste qu’il reçut en 1894, la présidence du Comité technique de l’infanterie, et le 1er mars 1898 il entra au Conseil supérieur de la guerre. Relevé de cette fonction en octobre 1899, il conserva néanmoins la présidence du Comité technique jusqu’à sa mise au cadre de réserve le 15 septembre 1902. Il continua à résider à Paris et c’est à Sedan où il vint en juin dernier que la mort l’a frappé après un bien court séjour au milieu d’une population qui aimait à se souvenir de l’ancien colonel du 128e.
Comme Faidherbe, Chanzy et Bourbaki et tant d’autres témoins de nos défaites, Giovaninelli est parti avant l’heure suprême de la revanche de Sedan. Il avait foi en cette heure : puisse cette foi rester vivace au sein de cette armée qu’il a tant aimée et à l’avenir de laquelle il a consacré le meilleur de sa vie.
Jules Poirier.
Source : AMB 1904.

GIRAULT (Gaston).
Architecte à Épernay, décédait à Paris le 12 août 1899, au moment où une brillante carrière s’ouvrait devant lui. Quoique jeune encore – il n’avait que 33 ans – ses travaux l’avaient déjà signalé comme un professionnel habile. C’est à la suite de l’importante construction de l’Hôpital Auban-Moët, dont il dirigea l’entreprise avec zèle et savoir, que se révélèrent surtout ses connaissances techniques. Il était officier d’académie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GIRAUX (Dr Henri Alexandre).
Né à Loisy-sur-Marne, le 2 février 1840, décédé à Châlons-sur-Marne, le 2 avril 1898.
M. le Dr Giraux qui avait suivi les cours du collège de Châlons, et fait ses études médicales à Reims, débuta, en 1866, comme officier de santé dans son village natal. Malgré la vie de rude labeur nécessitée par les voyages dans les campagnes environnantes, il continua ses études pour parvenir au doctorat et passa sa thèse en 1875.
Président de la Société d’Agriculture de la Marne, président de la commission de météorologie du département, médecin adjoint de l’Hôtel-Dieu, médecin du collège ; M. le Dr Giraux était officier d’académie et chevalier du mérite agricole.
En 1870, à la première nouvelle de la déclaration de la guerre, il fit convertir sa maison de Loisy en ambulance, et prodigua ses soins aux blessés.
Ses obsèques eurent lieu an milieu d’une affluence considérable, on remarquait parmi les assistants, M. le Préfet de la Marne, le général Lafouge, M. le Maire de Châlons, plusieurs conseillers municipaux, de nombreux officiers de la garnison.
Source : AMB 1899.

GIRET (Paul Édouard).
Libraire de l’Académie nationale de Reims, éditeur bibliophile, né à Coutances (Manche) le 17 octobre 1815, décédé à Reims, le 3 juillet 1877.
M. Giret était fixé dans cette dernière ville depuis dix ans seulement, mais sa connaissance des livres, son urbanité et son extrême délicatesse en affaires l’eurent bientôt mis en rapport avec ce que Reims et les villes voisines renfermaient d’amateurs sérieux.
Il était un intermédiaire discret et utile entre ceux qui achetaient et ceux qui produisaient. II avait d’ailleurs une grande habitude de ces opérations, car il avait exercé longtemps la profession de commissionnaire en librairie à Paris, où il était en relations avec les meilleurs éditeurs de la capitale.
En succédant à feu M. Brissart-Binet, l’éditeur bien connu des productions rémoises, le bibliophile distingué et le collectionneur accompli, il ne resta point au-dessous de la réputation de son prédécesseur ; ses relations avec le monde savant et l’Académie de Reims, dont il éditait les travaux, en font foi.
On lui doit la réimpression de quelques brochures et plans locaux, parmi lesquels nous citerons l’ouvrage de son prédécesseur sur le libraire Cazin.
Un travail assidu et une préoccupation constante pour se tenir au niveau de la bibliographie lui causèrent une maladie dont il souffrit longtemps sans se plaindre et qui l’enleva à sa famille et à ses amis à l’âge de 62 ans.
Source : AMB 1878.

GIRRÈS (Jean-Baptiste).
Né à Glaires (Ardennes), décédé à Sedan, le 30 avril 1899, à l’âge de 57 ans, avait été filateur pendant de longues années. Sa vie particulièrement honorable l’avait fait nommer adjoint de la ville, lors de l’élection de M. J. Stackler à la tête de la municipalité sedanaise. Il rendit dans ces fonctions de réels et appréciés services. Sur sa tombe, M. Stackler, maire, et M. Charpentier, conseiller général lui ont fait les derniers adieux.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GIVELET (Charles).
Archéologue, né à Reims le 29 juillet 1822, s’éteignait le 15 septembre dernier en son hôtel de la rue de la Grue. Il appartenait à l’une de nos plus honorables familles rémoises. C’était un de nos savants locaux.
Bibliophile éclairé, historien des plus consciencieux, il avait réuni sur Reims de nombreux documents. Ceux qui ont pu pénétrer dans le vaste cabinet où il travailla, pour ainsi dire, jusqu’à sa mort, peuvent se rappeler les tableaux, les gravures et les vieilles estampes qui retraçaient, à toutes les époques, l’histoire de notre vieille cité. Il avait pu se rendre acquéreur du Plan de Picart, le plus ancien document sur la topographie rémoise, unique exemplaire connu des amateurs. Il s’occupait surtout à enrichir la collection que lui avait laissée un autre chercheur, M. Saubinet, augmentant chaque année, le fonds de ce dernier et formant ainsi une de nos plus précieuses collections locales destinée à la Bibliothèque de Reims.
Membre de Société des Antiquaires de France, membre depuis 1857 de l’Académie nationale de Reims, dont il était devenu le doyen depuis la mort du regretté M. Paris, M. Givelet avait donné à cette dernière Société le fruit de ses recherches.
Il s’était occupé avec passion des vieux hôtels rémois. Il avait pu donner, grâce à sa connaissance du vieux Reims et à l’étude approfondie de ces immeubles, de remarquables notices sur les « Hôtels de la rue du Marc » et de la « rue de Vesle », sur les « Maisons de la place des Marchés » et de la « rue des Anglais ».
M. Charles Givelet publia dans les « Travaux de l’Académie » d’autres mémoires relatifs aux « Vitraux de Longueval » (Aisne), à un « Évangéliaire provenant de Saint-Pierre-les-Dames » conservé à Saint-Remi, aux « Toiles brodées de l’Hôtel-Dieu de Reims » avec figures de ces étoffes au XIIIe et au XVIIe siècles, mais c’est surtout son « Armorial des Lieutenants des habitants de Reims » et son bel ouvrage sur « l’Église et l’Abbaye de Saint-Nicaise », sans oublier sa collaboration érudite au « Répertoire archéologique de l’arrondissement de Reims », que nous voulons signaler.
La mort a surpris cet homme de mérite au moment où il travaillait encore à une histoire de l’église Saint-Pierre-le-Vieil.
Bon, serviable, d’une modestie que seuls pouvaient connaître ceux qui l’approchaient, il personnifiait le véritable savant, sachant beaucoup, écoutant toujours, défendant son opinion devant les autorités plus ou moins falotes en archéologie, ne blessant personne, sachant toutefois juger les valeurs et les nullités.
Nous ne ferons pas connaître M. Givelet sur le terrain de la bienfaisance. Seuls les paroissiens de Saint-Remy pourraient dire ce que fut cet homme de bien, dont les largesses, répandues avec discrétion, rehaussèrent, en plus d’une circonstance, les cérémonies du culte comme elles contribuèrent aussi à l’embellissement de la basilique elle-même.
C’est dans la plus grande simplicité qu’ont eu lieu, en l’église Notre-Dame, les obsèques, en présence d’une nombreuse assistance où l’on remarquait l’Académie de Reims, les notabilités du commerce rémois et les représentants des anciennes familles de la ville.
Le deuil était conduit par M. de Sapicourt, accompagné de MM. P.-A. et P. Givelet, H. Jadart, conservateur de la Bibliothèque, et le docteur Bagnéris, neveux de M. Ch. Givelet.
L’inhumation a eu lieu au cimetière du Nord ; suivant les dernières volontés du défunt, aucun discours n’a été prononcé sur la tombe.
Albert Baudon. Source : AMB 1904.

Givelet (Henri).
Né à Reims le 18 mars 1824, décédé en son château de Flamboin (Seine-et-Marne), le 5 juillet 1901, chevalier de l’ordre do Saint-Grégoire-le-Grand, Président du Conseil de Fabrique de Saint-Jacques, Président de l’œuvre de Saint-François-Régis, Président de la Commission internationale de Législation de Saint-François-Régis, ancien Président du Conseil central des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, Administrateur de la Caisse d’Épargne, membre de l’Académie nationale de Reims, M. Henri Givelet était un homme humble et bon dont la perte se fera principalement ressentir dans les Sociétés de Bienfaisance.
Appartenant à une vieille famille rémoise des plus honorablement représentée dans le clergé, dans l’armée et dans les lettres, M. Henri Givelet se tourna, lui, vers l’étude des sciences sociales. Il en médita les grands principes et sut, par sa parole douce et persuasive, les étendre et les faire pénétrer dans les milieux ouvriers. En consacrant son temps à l’Œuvre de Saint-François-Régis, l’une des œuvres nées de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et dont l’objet, on le sait, est de faciliter le mariage des indigents, M. Givelet atteignit le but qu’il rêvait en améliorant la condition morale de ceux-ci. Il est, d’ailleurs, l’auteur d’un petit opuscule intitulé : « Réformes exigées dans la législation du mariage par l’étal actuel des mœurs de la classe ouvrière », dont il fit la lecture le 8 mars 1899 en séance de l’Académie de Reims. Il parvint même, en signalant ces réformes aux pouvoirs publics, à les faire passer dans nos lois.
Partout il se multiplia, ne comptant ni son dévouement ni ses sacrifices que Dieu seul peut connaître. Il ne recherchait nullement les honneurs, mais c’est cependant avec une joie bien vive qu’il recevait de Sa Sainteté le Pape, la croix de chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand.
Une assistance recueillie l’accompagnait au cimetière du Nord, de Reims, où l’inhumation eut lieu.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

GIVELET (Dom H.-M.).
Religieux bénédictin, né à Reims en 1824, décédé à l’abbaye de Solesme le 8 décembre 1869.
M. Givelet s’est livré à de remarquables études sur l’ancienne musique sacrée.
Source : AMB 1871.

GIVELET (Edmond Joseph).
Manufacturier, né à Reims le 19 mars 1824, est décédé dans cette ville le 20 février 1896, à l’âge de 72 ans. Il avait fait naguère partie du tribunal de commerce, dont il fut élu président. Son esprit éclairé et sa haute impartialité étaient fort appréciés du monde industriel. Sa vie, des plus honorables, a été toute de travail, de dévouement à la chose publique et d’attachement à sa nombreuse famille.
Il était fort souffrant : la nouvelle de la mort de son gendre, le capitaine du génie Renaud, décédé le 12 février, en Algérie, à 40 ans, lui porta le dernier coup.
Source : AMB 1897.

GIVELET (Mathieu).
Chevalier de la Légion d’honneur, né à Reims le 8 mars 1793. M. Givelet dès son adolescence comptait parmi les intrépides jeunes gens de la garde qui en 1814 défendirent si vaillamment l’entrée de Reims à l’approche des armées ennemies.
Les fonctions publiques lui ont depuis fourni l’occasion de faire preuve de dévouement et d’honnêteté.
Au conseil municipal, au tribunal de commerce dont il a été juge, à la Société des Déchets qui l’a compté au nombre de ses créateurs et de ses administrateurs, il a mérité l’estime de ses concitoyens. Bienfaisant, bon, charitable, la société de Saint-Vincent de Paul l’avait choisi pour président. Aussi dans tous les rangs de la société quand on apprit le 24 Juillet 1872 qu’il venait d’être tué dans un accident de voiture en se rendant dans sa propriété de Cormontreuil, la ville entière s’associa au deuil de sa nombreuse famille.
Source : AMB 1873.

GLŒSEL (Louis Philippe).
Né le 27 mars 1816 à Brumath (Bas-Rhin), mort à Reims le 3 août 1896, âgé de 80 ans.
Après de brillantes études au Lycée de Strasbourg, il entra, après concours, dans la médecine militaire et fut nommé chirurgien sous-aide à l’hôpital militaire de Toulon. Il fit campagne en Algérie, et en 1855 fut envoyé en Orient et lutta avec énergie et dévouement contre le typhus et le choléra dans les hôpitaux de Constantinople. En 1859, il prit part à l’expédition d’Italie, dans l’ambulance de la garde impériale, et reçut la décoration des Deux-Sicile pour soins dévoués aux soldats italiens et celle de la Légion d’honneur pour ses loyaux services. Nommé médecin-major de 2e classe en 1859, il fut promu en 1863 dans la première classe, et prit sa retraite, le 25 mai 1872.
M. le médecin principal en retraite, Dr Weill, qui avait été sous ses ordres, lui a adressé, à ses obsèques, l’adieu suprême
Source : AMB 1897.

GLOUX (Jules Antoine).
Né à Caurel en 1821, décédé également à Caurel le 5 décembre 1895, à l’âge de 74 ans : vétérinaire, membre fondateur du Comice agricole de l’arrondissement de Reims, ancien membre du conseil cantonal d’hygiène.
À ses obsèques, M. Charles Lhotelain, conseiller général et président du Comice, a rappelé en quelques mots les qualités qui distinguaient le défunt et les services qu’il rendit, pendant sa longue carrière, aux cultivateurs de sa région. M. Mauclère, vétérinaire à Reims, a ensuite, en excellents termes, payé un respectueux hommage au confrère et à l’ami, chez qui le savoir professionnel se joignait à un caractère plein de bienveillance et d’aménité.
Source : AMB 1897.

GODARD (Paul).
Né à Sains-Richaumont, le 22 janvier 1858, y est décédé le 12 mars 1898. Conseiller général de l’Aisne, maire de Sains-Richaumont, il a succombé en pleine force intellectuelle.
Serviable et généreux, il est regretté de tous, des pauvres surtout. M. Godard partageait son temps entre la gestion de ses biens, ses livres et l’accomplissement des mandats que lui avait confiés l’estime de ses compatriotes.
Il se rattachait, en ligne collatérale, à la famille de Camille Desmoulins.
Source : AMB 1899.

GODART (Docteur Paul).
Médecin honoraire de l’Hospice de Fismes, président de la compagnie des sapeurs-pompiers, membre honoraire de la Société de secours mutuels et de la Musique municipale, né a Beaurieux le 17 septembre 1840, décédé à Fismes le 1er février 1894.
Fils de médecin, il fit ses études médicales à l’École du service de santé Strasbourg, alors ville française, d’où il passa à l’École d’application du Val-de-Grâce pour sortir aide-major et être envoyé en Afrique.
Il ne resta pas longtemps en Algérie et vint s’établir à Fismes, berceau de sa famille du côté maternel.
Il fut nommé successivement médecin de l’Hôtel-Dieu et de la Société des secours mutuels, places ingrates et peu rétribuées, mais que sa générosité et le plaisir de faire le bien lui firent accepter.
Il avait été à bonne école, il y avait acquis une science profonde, et avait toutes les qualités du bon médecin. Tous ses clients devenaient bientôt ses amis ; à Fismes et dans les communes voisines où il exerça si longtemps la médecine, il a laissé un renom de science, de dévouement professionnel et de probité.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

GODART (Eustache Maxime Constant).
Né à Sains le 14 janvier 1824, où il a été notaire pendant 19 ans, membre du conseil municipal, membre du bureau de bienfaisance, suppléant de la justice de paix, délégué cantonal pour les écoles primaires.
M. Godart fils ses études au collège de Laon, sous la direction de son oncle, un éminent professeur, qui fit de lui un homme de cœur et d’esprit, il est décédé à Reims le 1er août 1874.
Source : AMB 1875.

GODBERT (Rose-Croix).
Né à Reims, le 16 janvier 1849, décédé en cette ville, le 14 novembre 1897.
Fabricant depuis 1849, M. Godbert, né d’une famille d’ouvriers, avait débuté comme apprenti tisseur. Grâce à son activité, il sut prendre une place dans le monde des affaires où il était très apprécié. Sa maison faisait école. Aussi, pendant de nombreuses années, il sut se maintenir au premier rang des vieux fabricants qui ont contribué, pour une large part, à la prospérité de l’industrie rémoise.
Conseiller municipal depuis 1878, M. Godbert remplissait les fonctions de censeur de la Banque de France, de délégué cantonal, d’administrateur de l’école des arts industriels, de président de la commission des dessins de fabrique et de président du conseil d’administration de 1a Société des déchets, il avait été juge au Tribunal de Commerce.
Source : AMB 1899.

GODELLE (Camille).
Né à Guise en 1804, décédé au château de Robizeux (dépendance de Bergues-sur-Sambre) le 31 décembre 1874.
Après avoir étudié le droit à Paris, il racheta une étude de notaire dans sa ville natale. En 1839, il vendit sa charge pour s’occuper des affaires de son pays.
Il fut successivement conseiller général, conseiller d’État, sénateur, grand commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur et de Charles II d’Espagne. La révolution de 1870 le rendit à la vie privée.
Source : AMB 1876.

GODELLE (Camille).
Ancien magistrat, ancien député, officier de la Légion d’honneur, décédé subitement en son domicile de la rue de Strasbourg, à Paris, était né à Guise (Aisne) en 1832.
Sa carrière de magistrat se passa lors de la région. Il débuta comme substitut à Châteauroux; avocat général en 1864, il resta quelque temps sans fonctions à la suite du 4-septembre ; mais en octobre 1871, il fut nommé procureur général à Nancy, puis quatre ans après directeur des affaires criminelles au ministère de la justice et enfin en 1875, avocat général à la cour de cassation.
C’est deux ans après que commença sa carrière politique. Élu député de l’Aisne en octobre 1877, mais invalidé il fut élu de nouveau en 1879, dans le huitième arrondissement de Paris. N’ayant pas été réélu en 1881, il rentra dans la vie privée.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GODELLE (Monseigneur).
Le département des Ardennes, si riche en célébrités religieuses, a perdu, le 15 juillet 1867, un de ses enfants les plus distingués en la personne de Mgr J. Godelle, évêque des Thermopyles, vicaire apostolique de Pondichéry.
Né en 1806 à Hannapes, modeste village qui eut la gloire de fournir un patriarche à Jérusalem ; Mgr Godelle fit ses études au séminaire de Reims. Aussitôt son ordination, il fut nommé curé de Remaucourt, puis de Librecy.
La modeste carrière du curé de campagne convenait peu à son ardente imagination ; poussé par une vocation irrésistible, fort de l’appui de ses supérieurs, il entra, le 5 mai 1839, au séminaire des Missions étrangères.
Un an plus tard, sans autre soutien que son zèle évangélique et sa foi d'apôtre, Mgr Godelle arrivait à Pondichéry, centre d’une périlleuse mission.
Supérieur du séminaire indigène et, coadjuteur de Mgr Bonnaud en 1859, Mgr Godelle resta bientôt seul chargé de l’administration de cet immense diocèse ; ce ne fut qu’en 1865 que le vicariat de Coimbatour fut confié à Mgr Dépommier.
Revenu en Europe pour assister aux fêtes du Centenaire, Mgr Godelle, en quittant Rome, ressentit les premières atteintes d'un mal inexorable ; mais il lui tardait de revoir la France, le sol sacré de la patrie lui promettait des joies inconnues depuis 27 ans. Forcé de s’arrêter à Chambéry, Mgr Godelle succomba, malgré les soins qui lui furent prodigués. Ses obsèques, présidées par le cardinal Billiet, donnèrent lieu à des manifestations honorables pour le souvenir de l’humble enfant des Ardennes, cette terre classique des illustrations humaines et des grands souvenirs.
Source : AMB 1868.

GODFROY (Alexandre Isidore).
Ancien notaire, ancien secrétaire-adjoint de la Mairie de Reims, secrétaire de l’administration des Hospices, né à Barricourt (Ardennes) le 13 novembre 1816, décédé à Reims le 30 janvier 1886.
Tout d’abord notaire à Châtel (Ardennes), comme successeur de M. Auguste Maille, il cédait son étude en 1861 et dès 1862, il entrait à la Mairie de Reims en qualité de secrétaire-adjoint. Il devint secrétaire des Hospices en 1867 ; c’est donc pendant près de 35 années que M. Godfroy a rempli ici des fonctions publiques.
Type d’employé modèle, M. Godfroy avait su s’acquérir, durant cette longue carrière, l’estime et la considération de tous. Grâce à une énergie peu commune, il avait pu, après de grands revers de fortune, relever sa situation et donner à ses enfants une instruction et une éducation solides ; c’était un caractère doux, affable, serviable et de tels hommes méritent un bon souvenir.
Source : AMB 1887.

GOEPP (Charles Frédéric Théodore).
Ministre plénipotentiaire en retraite, officier de la Légion d’honneur et décoré d’un grand nombre d’ordres étrangers, né à Paris le 1er mars 1815, décédé à Reims le 26 mai 1893.
D’origine alsacienne, M. Goepp, dont la fille était mariée à M. Édouard Walbaum, était venu se fixer à Reims depuis environ douze ans. Après avoir suivit la carrière diplomatique, il entra au ministère des affaires étrangères en 1831, il en avait parcouru tous les degrés de la hiérarchie pour être élevé en 1875 au poste de ministre plénipotentiaire.
Il fut successivement consul, puis consul général, chargé d’affaires en Orient, à Tunis, à Alep, Erzeroum, en Chypre, à Belgrade, puis à Bahia (Brésil), Fernanbouc, à Newcastle (Angleterre). Il résida pendant quinze ans en Allemagne, à Mayence et à Mannheim, de 1855 à 1869. Il revint ensuite à Bogota (Colombie), à Caracas (Venezuela), de 1872 à 1874.
À cette époque il prit sa retraite pour jouir d’un repos bien mérité, par une carrière si bien remplie, pendant laquelle, par son aménité et sa fermeté, il sut faire aimer et respecter le nom de la France.
Aussi outre le titre d’officier de la Légion d’honneur, pouvait-il montrer un grand nombre de décorations étrangères noblement méritées : la croix du Sauveur de Grèce, celle du Nicham iftikar, la décoration du Médjidié, celle de commandeur de Philippe de Hesse, de l’Ordre de Saint-Michel, ordre de la Couronne royale de Prusse, commandeur du Lion de Bade.
Charles Remy.
AMB 1894.

GOËRG (Jacques).
Négociant en vins de Champagne, ancien député au Corps législatif, ancien président du tribunal de commerce, ancien membre du conseil général de la Marne et du conseil municipal de Châlons, né à Châlons le 28 mars 1815, décédé en cette ville le 6 mai 1890.
Doué d’une grande intelligence et d’un esprit cultivé, M. Goërg avait un caractère énergique et droit, mais, ennemi de toute aventure, il ne voulut jamais se lancer dans les spéculations hasardeuses. Aussi, sa maison de commerce conquit-elle une place des plus honorables parmi celles du commerce de Champagne.
De bonne heure, M. Goërg entra dans la vie publique, car dès l’année 1848, à l’âge de 32 ans, il était juge suppléant au tribunal de commerce ; un an plus tard, il en était juge titulaire, et ce mandat lui fut renouvelé trois fois jusqu'au mois de juillet 1859, époque où il fut investi des fonctions de président, pour lesquelles il était depuis longtemps désigné par sa science du droit commercial et sa connaissance des affaires.
Il fut encore réélu en 1864 et occupa ces fonctions jusqu'en 1869. Depuis, il déclina l’honneur d’être de nouveau élu président. Il fit partie du conseil municipal pendant fort longtemps, siégea au conseil général et fut un des principaux fondateurs de la Société de secours mutuels, dont pendant plusieurs années il eut la présidence.
Élu député une première fois en 1862, il fut réélu, non sans une vive opposition, en 1865. Il siégeait au centre-gauche. Dans toutes les situations où il se trouva, M. Goërg travailla ardemment en faveur du bien public, soutenant la vérité et sans parti pris d’opposition. C’est à lui, à son attitude énergique, et surtout à ses actives démarches, que Châlons doit d’avoir obtenu la tête de ligne du chemin de fer de Châlons à Orléans ; c’est aussi devant sa résistance justifiée que l’État abandonna le projet de la dérivation des sources de la Marne pour alimenter Paris.
Depuis 1871, M. Goërg abandonna la vie publique pour se livrer entièrement à la direction de sa maison de commerce. Il ne faut pas croire que toutes ses graves occupations eussent absorbé ses affections de famille. Il fut l’époux le plus affectueux et le meilleur des pères. Nous avons eu l’honneur de connaître M. Goërg comme homme privé : l’affabilité avec laquelle il nous recevait, ses conversations aimables et roulant toujours sur des sujets distingués ont fait sur nous une impression que 17 ans d’absence n’ont pu effacer. Les discours prononcés sur sa tombe par MM. Herveux, président du tribunal de commerce, Garet, adjoint, et Léon Roger, président de la Société de secours mutuels, ont rendu à M. Goërg les hommages dus à une vie si bien remplie et si utile, faite toute de dévouement et de vertus civiques.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

GOLDITÉ (le Capitaine Jean).
Né à Carling (Moselle), prés Forbach, le 21 août 1840 ; il fut nommé adjudant en 1870, sur le champ de bataille de Metz, et capitaine en 1880. En même temps il recevait la croix de la Légion d’honneur, témoignage d’une vie toute de labeur et de dévouement.
Rentré dans 1a vie civile et retiré à Châlons, il fait partie de tontes les institutions patriotiques, telles que la Société de Tir, les Anciens Combattants de 1870-1871, du Souvenir Français et de la Société des Alsaciens-Lorrains.
M. Goldité est mort à Châlons. Ses obsèques ont eu lieu au milieu d’une grande affluence. Après le service à Châlons, le corps a été transporté à la gare, pour être de là dirigé, sur Forbach, où a eu lieu l’inhumation.
Source : AMB 1899.

GOLZART (Jean Charles Henri).
Percepteur des contributions, né à Vouziers, a eu le bras emporté la veille de la fête du roi Louis-Philippe, en 1835, en bourrant un canon dont la lumière était mal bouchée par le pointeur, décédé à Reims le 15 janvier 1869.
Source : AMB 1870.

GOMARD (Charles).
Chevalier de la Légion d’honneur, ancien président de la Société académique de Saint-Quentin, correspondant du ministère de l’Instruction publique, né à Ham (Somme) en 1805, décédé à Saint-Quentin (Aisne), le 21 décembre 1884.
Il était l’un des érudits les plus distingués du département de l’Aisne.
Il laisse une collection de travaux très remarquables sur le Vermandois.
Source : AMB 1886.

GONEL (Eugène Napoléon).
Né à Reims le 21 décembre 1806, décédé à Paris en décembre 1878.
Après avoir fait de brillantes études au Lycée de sa ville natale, notre concitoyen a été successivement avocat, juge suppléant au tribunal de Château-Thierry et juge de paix de la même ville, à la mort de M. Mangin. Il n’a occupé ce dernier poste que quelques années, puis, pour des raisons de santé, est rentré dans la vie privée.
M. Gonel était poète à ses heures. On trouva dans ses papiers nombre de pièces de vers qui ne sont pas sans mérite, notamment l’Éloge du grand Colbert, né, lui aussi, dans la bonne ville de Reims.
Source : AMB 1880.

GONZALLE (Jean-Louis).
Né à Reims le 12 juillet 1815, décédé à la Maison de retraite le 29 septembre 1879, poète, homme de lettres, ancien employé de l’administration des hospices de Reims, s’exerça dans la poésie satirique, lyrique, dans le dithyrambe, l’ode, l’élégie, et dans d’autres genres de poésies.

En 1843 parut son premier volume, sous le titre de la Muse prolétaire ; en 1847, son second volume portait le titre de l’Euménide.
En 1859, il donna les Coups de Fouet et À bas les Masques, publication qui a eu à l’époque un certain retentissement.
Un peu plus tard, il écrivit un poème lyrique sur le Vin de Champagne. On a aussi de lui plusieurs poésies sur des sujets divers, entre autres un poème sur Bethléem, qui valut à son auteur une récompense de l’Académie de Reims, et l’Éloge du maréchal Drouet d’Erlon.
S’il est impossible à la plupart des lecteurs d’adopter toutes ses idées, il ne faut point lui reprocher trop sévèrement : ni d’avoir satirisé les heureux de la terre, il était né pauvre, il est mort pauvre ; ni d’avoir encensé le soleil levant, d’autres, plus heureux que lui, ont réussi à ce jeu.
Il aborda d’abord le genre satirique et mordant de la Némésis, de Barthélemy ; il fit quelquefois vibrer la corde du patriotisme ; il eut des accents religieux et des échos de la libre pensée.
Toujours son vers est facile, harmonieux et agréable à lire ; très souvent il s’élève jusqu’à la vraie poésie. Ses différents poèmes témoignent d’un talent réel, et l’on doit reconnaître qu’il était doué des Muses.
Il s’était proposé d’écrire l’Histoire de Reims et de la Guerre de 1870, et pour des motifs que nous ne pouvons apprécier, il donna ses manuscrits, qui ne comportent pas moins de 20 volumes, à la Bibliothèque de Châlons.
Pendant plusieurs années il a collaboré à notre Almanach, pour lequel il écrivit des articles très intéressants sur les hospices et hôpitaux de Reims, etc.
Il était membre correspondant des sociétés académiques de Sens et de Châlons.
Source : AMB 1880.

GOSSEREZ (Joseph).
Directeur de l’École professionnelle et préparatoire aux écoles d’Arts et Métiers.
Né à Mamey (Meurthe-et-Moselle) en 1826, décédé à Châlons-sur-Marne le 2 février 1904.
Ancien élève de l’école normale de Nancy, M. Gosserez est entré, en 1849, comme maître surveillant à l’école primaire supérieure de Châlons-sur-Marne, dirigée par M. Barat et alors subventionnée par la ville.
Deux ans après, il prenait lui-même la direction de l’établissement et, par la création d’ateliers, le transformait en école professionnelle pour la préparation aux écoles d’Arts et Métiers.
Le succès fut rapide et complet. La réputation de « l’école Gosserez » s’étendit, non seulement dans toute la France, mais encore dans nos colonies, en Angleterre, en Espagne, aux États-Unis d’Amérique et même en Chine (lorsqu’éclata la guerre du Tonkin trois officiers chinois étaient à la fois élèves libres de l’institution et de l’École des Arts).
Chaque année 200 élèves suivaient les cours des professeurs et des chefs d’ateliers de l’École des Arts et Métiers de Châlons que M. Gosserez avait su s’attacher.
Par son dévouement absolu, sa direction ferme et paternelle, M. Gosserez avait acquis l’estime et la reconnaissance de ses élèves ; aussi, nombreux furent ceux qui, après avoir passé par cette école y envoyèrent leurs enfants.
C’est par milliers que l’on pourrait compter les anciens élèves parvenus à la fortune ou occupant des situations en vue dans l’industrie et dans nos grandes administrations.
L’aîné des fils de M. Gosserez succéda à son père, en 1888 mais, pour des raisons de santé il dut, quelques années plus tard abandonner l’École toujours prospère.
Le second fils est actuellement ingénieur à la Cie des Chemins de fer de l’Est.
La méthode d’enseignement inaugurée par M. Gosserez est poursuivie à l’École primaire supérieure annexée au Collège de Châlons-sur-Marne.
C. B.
Source : AMB 1905.

GOSSET (Pierre Louis).
Architecte, ancien conseiller municipal, adjoint au maire de la ville de Reims, né à Soissons (Aisne) le 2 août 1802, décédé le 18 mars 1875.
M. Gosset, venu jeune à Reims, se fit bientôt remarquer par ses aptitudes et ses connaissances spéciales dans l’architecture. Il fut adjoint à M. Sérurier, architecte de la ville, et chargé pendant deux années du cours municipal de dessin. Il fit des élèves qui obtinrent plus tard un rang distingué dans leur profession. Mais son principal mérite fut le bon goût et l’art avec lesquels il construisit les principaux établissements civils industriels de Reims. Les établissements des Vantaux, de Fléchambault, des Anglais, pour l’industrie lainière, ses constructions en dernier lieu pour le commerce des vins demeureront des types d’architecture. Aussi, après M. Legendre, M. Gosset comptera parmi les architectes qui se sont dévoués le plus à l’embellissement de notre ville.
En mourant, M. Gosset n’a pas oublié les travailleurs ; il a donné à l’hospice général 1.200 francs pour fonder un lit en faveur d’un infirme ou paralytique qui aurait travaillé à Reims dans l’industrie du bâtiment, et que sa position rendrait digne d’intérêt.
Source : AMB 1876.

GoUbault (Ernest Alexandre).
La carrière d’un travailleur peut, le plus souvent, se résumer en quelques mots. Telle n’est pas celle de M. Ernest Goubault dont les obsèques, célébrées à Épernay, le 17 juin, témoignèrent de la place qu’il occupait dans cette ville. Il fut le fils de ses œuvres. Après un apprentissage et un stage assez long dans la maison Moët et Chandon, il était nommé directeur des caves en 1863, poste qu’il conserva jusqu’en 1892 et dans lequel il révéla ses éminentes qualités d’ordre et son expérience des affaires. La confiance qu’il s’était acquise de la part de ses patrons, et les services qu’il n’avait cessé de leur rendre le firent regretter de ceux-ci alors qu’il se retirait pour jouir de quelque repos.
Ses concitoyens l’ayant élu au Conseil municipal, il se montra parfait édile, apportant toujours une grande sagesse dans les discussions où il était appelé à donner sa voix.
M. Goubault avait été nommé en 1892, directeur de la Caisse d’épargne, puis secrétaire de conseil des Directeurs de cet établissement. Ces nouvelles fonctions lui permirent de s’occuper de l’avenir de l’ouvrier qu’il avait appris à connaître et qu’il avait toujours affectionné. Il était également administrateur chef du matériel de la société de secours aux blessés militaires.
M. Ernest Goubault fut un homme de bien dans toute l’acception du mot et surtout un homme d’une grande honnêteté. Né à Reims, le 3 juin 1835, décédé à Épernay, 1e 15 juin 1901, il n’avait que 66 ans.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

GOUILLY (l’abbé Louis).
Né le 25 octobre 1830 à Vienne-le-château (Marne), décédé à Châlons le 4 janvier 1895.
M. Louis Gouilly, mort chanoine titulaire de Châlons, avait été successivement curé de Mardeuil, de Fleury-la-Rivière, enfin, directeur de l’orphelinat de La Borde. Ses obsèques ont eu lieu le 7 janvier, à la cathédrale de Châlons : Mgr Latty voulut y assister. Nous y avons remarqué MM. Gallice et Jean Chandon de Briailles, ainsi qu’une délégation importante de la société d’horticulture d’Épernay, dont M. l’abbé Gouilly était l’un des vice-présidents. Après la soulte, le cercueil était dirigé sur Vienne-le-Château, pour y être inhumé dans le caveau de famille.
Source : AMB 1896.

GOUILLY (Mme Anne Eugénie).
En religion sœur Amélie, née à Vienne-le-Château le 24 janvier 1827, décédé à Constantinople le 11 août 1890.
Elle était sœur de M. le chanoine Gouilly, membre du Chapitre de la cathédrale de Châlons et entra en 1859 dans la Congrégation des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul et, l’année suivante, elle s’embarqua avec nos soldats pour la Crimée, où elle exerça pendant la guerre son ministère de charité. La paix faite, elle demeura à Constantinople sans autre abri que les tentes dont l’Empereur Napoléon avait fait don au sœurs de charité ; elle fut l’une de celles qui allèrent demander au Sultan un terrain pour la construction d’un hospice qu'elles contribuèrent de leurs mains à bâtir.
Sœur Amélie y soigna là tous les malades de tous les pays et de toutes les religions jusqu'à ce que la maladie la forçat à rentrer en France vers la fin de l’Empire.
Elle était sœur d’école à Villers-sous-Châtillon, quand la guerre franco-allemande éclata. Sur sa demande, l’ancienne infirmière de Crimée fut envoyée à Metz ; là encore, elle prodigua sa vie dans les ambulances.
En 1871, elle retourna à Constantinople, où son souvenir était resté vivant ; elle y fonda un orphelinat, qui est aujourd’hui très prospère et au milieu duquel elle a voulu terminer son existence toute de dévouement et de sacrifices.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

GOULDEN (Edmond Félix).
Chevalier de la Légion d’honneur, négociant en laines, né à Bischwiller le 12 juin 1833, mort à Reims le 13 juillet 1881. Ancien officier, chef d’escadron dans l’armée territoriale.
Sorti de St-Cyr dans les meilleurs numéros, il préféra le service dans la cavalerie à celui de l’état-major. Lieutenant de cuirassiers dans la garde impériale, puis capitaine dans un autre régiment, il fit les campagnes d’Italie et du Mexique.
Rentré dans l’industrie, les malheurs de la patrie et le siège de Strasbourg lui firent reprendre les armes. À la suite de la guerre, il fut nommé officier de la Légion d’honneur.
Les journaux de Reims ont consacré quelques lignes émues au souvenir de cet homme distingué, chevaleresque et bienfaisant, qui avait su conquérir parmi nous tant de sympathie, et se faire de nombreux amis.
Source : AMB 1882.

GOULET (George).

Décédé au château de l’Abbaye (Seine-et-Marne), le 18 juillet 1904, portait le nom d’une grande famille qui compta et compte encore beaucoup de représentants.
La vie lui souriait de tous côtés, il y entrait avec ardeur. Saisissant l’occasion que lui offrit son père, de chercher de nouveaux débouchés au vin de Champagne, abandonnant le commerce da la laine qui avait été celui de ses parents, il n’hésita pas à entreprendre de faire concurrence aux vieilles renommées... Il alla de l’avant et il fit une grande marque et une grande maison.
Rémois de bonne race et par conséquent aimant son pays et ses concitoyens, il vint largement en aide à la ville lors de la funeste guerre, établit une ambulance dans sa maison de commerce, indemnisa ses ouvriers du chômage forcé et participa à toutes les mesures qui hâtèrent le départ des Allemands. Il eut pu facilement alors être décoré de la Légion d’honneur; il n’avait pas fait le bien pour obtenir une récompense : il remercia les intermédiaires qui voulaient s’occuper de lui.
À Chaumes (Seine-et-Marne), où il demeurait pendant la belle saison, il avait conquis toutes les sympathies.
Nous ne parlerons pas de ses qualités d’homme du monde et de ses sentiments de famille. George Goulet était d’une urbanité parfaite et attirante pour les étrangers. Dès qu’on le connaissait, on lui devenait ami. On peut deviner par là l’affection profonde qu’il témoignait aux siens et celle dont on l’entourait.
M. G. Goulet était né à Reims, le 13 septembre 1839.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

GOULET (Henri Pierre).
Négociant en vins de Champagne, ancien membre du Tribunal et de la Chambre de commerce, né a Reims le 20 octobre 1810, décédé dans cette ville le 17 novembre 1888, appartenait à une des anciennes familles dont la prospérité est le résultat du travail, des mœurs, de l’ordre et de l’économie de plusieurs générations.
M. Henri Goulet fut placé de bonne heure à la tête de la maison paternelle, et secondé par ses frères il lui imprima un essor nouveau, élargit le cercle de ses opérations et réunit avec succès les deux branches de l’industrie rémoise, la laine et le vin de Champagne. Il fit partie de la Chambre et du Tribunal de commerce, dont il accomplit minutieusement toutes les charges.
Il fut aussi administrateur de la Banque de France et du Comptoir d’Escompte.
M. Goulet, pendant la guerre de 1870, installa une ambulance dans sa propre maison et soigna lui-même les blessés.
Catholique convaincu, il se distingua par ses œuvres, ainsi que le prouve le don généreux de 25.000 fr. qu’il fit pour l’établissement des écoles chrétiennes libres.
Nous devons noter aussi les sacrifices qu’il fit pour soutenir, selon ses convictions profondes, le parti royaliste et la cause conservatrice à Reims.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GOULET (Henry).
Négociant en vins, chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, administrateur de la Banque de France et du Comptoir d’Escompte, ancien membre de la Chambre de commerce, ancien juge au Tribunal de commerce, ancien conseiller d’arrondissement, né à Reims en 1810, décédé à Reims le 17 novembre 1888.
M. Goulet appartenait à une ancienne famille rémoise qui, par le travail et la probité, s’est élevée au premier rang dans le commerce des laines et du vin de Champagne.
M. Henry Goulet avait repris la maison de commerce de son père, en société avec ses frères, dont il avait la direction. Par son activité et son habileté en affaires, il lui imprima un essor nouveau.
Il fut porté par ses concitoyens à la Chambre de commerce et au Tribunal de commerce. Il fut aussi élu membre du Conseil d’arrondissement, mais il tenait à se renfermer dans les affaires en dehors de la politique ; il fut élu administrateur de la Banque de France et du Comptoir d’Escompte.
En 1870, il installait une ambulance dans sa maison pour nos soldats blessés. Sa générosité quand il s’agissait de soulager des misères ou de fonder des établissements utiles n’avait point de bornes.
Sa charité, son attachement à la religion chrétienne, et les hautes qualités de son esprit et de son cœur lui valurent d’être décoré par le Pape chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

GOULET-LECLERCQ (François Nicolas).
Né à Reims le 29 février 1808, décédé dans la même ville le 20 décembre 1894, dans sa 87e année.
Il appartenait à l’une des plus honorables familles du vieux Reims, et a longtemps compté parmi les négociants notables de la place. Cette situation lui eût permis de prétendre aux fonctions publiques ; mais, tout en s’intéressant aux affaires de la ville, il déclina toujours l’honneur et le péril de les diriger.
En 1893, la mort prématurée de son fils René, sur lequel il fondait de brillantes et légitimes espérances, fut pour M. Goulet une cruelle épreuve. Il se retira alors des affaires, emportant dans sa retraite, avec son deuil, l’estime et la sympathie de tous.
C’était un chrétien convaincu, et sa fin très pieuse, qui a fait la consolation et l’édification des siens, n’a été que le digne couronnement d’une longue vie toute de travail, d’honneur et de vertu.
Source : AMB 1896.

GOURCY (la comtesse de).
Née Flavie de Mellet, décédée le 6 mars 1880 au château de Chaltrait (Marne), à l’âge de 42 ans.
Son père, M. le comte de Mellet, d’une très ancienne famille de la noblesse du Périgord, est le doyen des archéologues de la Champagne. Son mari est bien connu pour un talent remarquable comme aquafortiste ; on lui doit une collection de châteaux de la Marne. Mme la comtesse de Gourcy était justement aimée dans le pays, qu’elle comblait de ses bienfaits.
Source : AMB 1881.

GOURJAULT (Camille Jacques, baron de).

Vingt sept ans, ancien lieutenant au 8e régiment de hussards, ayant donné sa démission après la campagne de 1870, décédé à Mézières le 19 juin 1872.
Source : AMB 1873.

GOURJAULT (Mathilde Louise Henriette, comtesse de).
Née à Paris en 1815, décédée à Mézières le 27 mars 1889, dans son hôtel, quai de l’Esplanade.
Mme de Gourjault était une femme supérieure, qui réunissait toutes les qualités du cœur et de l’esprit.
D’une inépuisable charité, sa bourse était ouverte à toutes les infortunes, et les pauvres perdent en elle leur meilleure bienfaitrice.
La vénérée défunte était présidente pour les Ardennes de la Société de secours aux blessés.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GOUTANT (François Arthur).
Né à Omont (Ardennes) le 23 avril 1835, décédé le 27 mai 1876, juge d’instruction au tribunal civil de Vouziers. Les rares qualités qu’il déployait dans ses fonctions importantes lui avaient fait mériter l’estime générale.
Source : AMB 1877.

GRANDREMY (Mme Marie Joséphine).
Religieuse de l’Hôtel-Dieu de Reims, née à Reims le 23 février 1802, décédée le 6 décembre 1871, après avoir consacré 42 années de sa vie au service des pauvres.
Source : AMB 1872.

GRANDVAL (Jean-Baptiste).
Est né le 2 mai 1803, à La Houblonnière, près de Lisieux (Calvados). – Il a fait son apprentissage de pharmacie à Jocto (Seine-Inférieure), puis à Lisieux, pharmacie de M. Duval, et a montré dés lors un goût très vif pour la botanique et la chimie. – En 1824, il se présenta au concours de l’internat en pharmacie de Paris et arriva au premier rang de sa promotion, après une lutte brillante, comme le constate une lettre de M. Pelouze lui-même, également candidat de cette époque. Il rencontre dans les hôpitaux, l’y ayant précédé d’une année, MM. Houzeau, Cochard, de Reims, M. Motard. Il passa ensuite ses examens de pharmacien, puis se lance dans l’industrie et va fonder à Berlin, avec son condisciple Motard, l’une des premières et remarquables fabriques de bougie stéarique. Revenu en France en 1843, il vint occuper à Reims, en 1847, comme successeur de M. Leconte, la place de pharmacien en chef des hospices.
Esprit inventif, il imagina en 1849 son appareil à évaporer dans le vide, qui a fait une révolution dans l’art de préparer les extraits pharmaceutiques et industriels, et donne un ordre de produits supérieurs que rien n’a encore égalé.
Il en a été récompensé par de nombreuses distinctions et médailles honorifiques à Reims, à Châlons, à Troyes, à Bruxelles, aux grandes expositions de Paris, à Valence (Espagne), où il eut un mémoire couronné. Il est pendant de longues années président du Cercle pharmaceutique de Reims, expert des tribunaux, membre de la commission d’hygiène, du jury médical d’inspection.
En 1853, il est nommé et est resté jusqu’à sa mort professeur de chimie et pharmacie à l’École de médecine de Reims.
Homme modeste, désintéressé, fuyant toute réclame avec autant de soin que d’autres la recherchent, nature essentiellement droite et honnête, esprit conciliant, bon, doux, indulgent à chacun, il est resté jusqu’à son dernier jour, le 28 octobre 1877, entouré du respect, de l’estime et de l’affection de tous.
Source : AMB 1878.

GRANDVARLET (Louis Joseph).
Né à Lyon (Rhône), le 11 septembre 1791. Officier d’état-major en retraite, ancien major de la Garde nationale de Reims, chevalier de la Légion d’honneur, chevalier de plusieurs ordres étrangers, médaillé de Sainte-Hélène, membre de la société philanthropique des débris de la grande armée, décédé à Reims le 6 novembre 1870.
Source : AMB 1871.

GRANGÉ (Marie Anaïs).
En religion Sœur Angèle, née à Oléron (Basses-Pyrénées) le 18 octobre 1805, supérieure depuis 40 ans de la communauté de la Compassion, décédée à Reims le 11 décembre 1876.
Source : AMB 1878.

GREHEN (Abbé Charles Armand).
Curé de Laval et Nouvion-Vineux (Aisne), né à Landrecourt le 22 novembre 1822, décédé à Laval le 22 septembre 1893.
Ordonné prêtre en 1849, il fut successivement vicaire de Ribemont, curé d’Ollery, de Paizy, de Gizy et enfin il fut envoyé en 1868 à Laval et Nouvion-le-Vineux, où il vient de mourir après 25 ans de résidence, emportant l’estime de tous ceux qui l’ont connu.
Charles Remy.
AMB 1894.

GREMET (Léon Nestor Constantin).
Préparateur de physique au Muséum, né à Vaux (Aisne) le 26 juin 1845, décédé dans cette commune, le 21 février 1877.
Entré à l’École normale de Laon en 1862, Gremet en sortait en 1865 muni du brevet supérieur.
Après plusieurs années passées au lycée de Saint-Quentin, il était en 1873 licencié en sciences physiques. – Appelé à Paris au lycée Charlemagne, il continua ses études en sui¬vant les cours de la Sorbonne, où il obtint en 1872 le prix Tremon, d’une valeur de 1.500 fr., comme l’élève le plus méritant ; ensuite il fut chargé de faire des conférences de physique au Muséum comme suppléant de M. Becqueret.
Depuis cette époque, il ne cessait de poursuivre ses re¬cherches, qui, d’après l’opinion de ses professeurs, devaient l’amener à des découvertes importantes.
Ces travaux excessifs avaient altéré sensiblement sa santé quand la mort est venue l’emporter. Comme on le voit, il n’a manqué à ce laborieux travailleur que quelques années d’existence pour arriver à plus de notoriété dans le monde scientifique.
Source : AMB 1878.

GRÉMION (Jean Charles Maurice).
Général de brigade en retraite, commandeur de la Légion d’honneur, né à Saint-Maur-des-Fossés (Seine) le 19 septembre 1817, décédé à Soissons le 26 décembre 1883, dans sa 67e année.
Il était entré à Saint-Cyr en 1837 ; sorti sous-lieutenant en 1839, il parcourut rapidement tous les grades. Il était colonel en 1868 ; il fut fait général le 19 octobre 1870,
Il avait fait les campagnes de Crimée et d’Italie, puis il fit partie de l’armée de Metz en 1870 et de celle de Paris en 1871. Sa carrière est une longue suite de belles actions, ainsi que le témoignent ses états de services jusqu’en 1875.
Il avait vécu à l’ombre du drapeau français et il emporta dans la retraite toutes les qualités du soldat.
La ville de Soissons, où il s’était retiré, vit bientôt en lui l’homme dévoué à ses intérêts. Aimable pour tous, charitable pour les pauvres, l’on a pu dire sur sa tombe, avec M. le Dr Billaudeau : « Il a passé parmi nous une vie trop courte ; ces hommes-là, on ne se lasse jamais de les posséder » ; et avec le général d’Arguesse : « Soldat, repose en paix ».
Source : AMB 1885.

GRENO (Pierre Narcisse).
Né à Neuve-Maison le 28 décembre 1810, mort subitement à 1'hôtel du Lion d’Or, le 21 octobre 1892, à l’âge de 82 ans.
Ancien associé de la maison Pommery, M. Greno s’était retiré à Landouzy-la-Ville (Aisne), où il est inhumé, après avoir été incinéré.
Par son testament olographe en date du 6 juillet 1890, il lègue à l’hôpital d’Hirson, 10.000 fr. ; à la commune de Landouzy-la-Ville, 6.000 fr. ; au bureau da bienfaisance, 200 fr., plus le terrain dit Le Bosquet, emplacement de l’ancien château ; deux tableaux au musée de Vervins ; 1.000 fr. aux écoles maternelles de Reims et trois tableaux au musée de Reims, au bas desquels on devra mettre l’inscription suivante : « Souvenir à la Ville de Reims où j’ai trouvé travail et protection sympathique dans l’infortune ».
Charles Remy.
AMB 1893.

GRÉTERIN (Théodore).
Ancien directeur des douanes à Nancy, ancien receveur principal des douanes à Bordeaux, chevalier de la Légion d’honneur, né à Étroeungt (Nord) le 24 février 1829, mourait à Charleville, le 28 février dernier.
Il appartenait à une famille qui donna plusieurs de ses membres à l’administration des douanes où ils occupèrent des postes élevés et où il laisse lui-même d’unanimes regrets.
Son fils est aujourd’hui inspecteur de cette administration au Havre.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GRIFFON (Docteur Charles).
Est décédé le 2 juillet 1893, à Ay, dans sa 79e année, après avoir exercé la médecine pendant près de 54 ans dans cette ville. À la suite d’excellentes études au Lycée de Reims, et après avoir suivi les cours des meilleurs professeurs de l’époque, le jeune Griffon présenta et soutint sa thèse pour le doctorat devant la Faculté de Paris, le 3 janvier 1840. Dans ce travail, il traitait : 1° De la pleurodynie ; 2° De la tumeur blanche du poignet. Questions médicales et pharmaceutiques.
Dès 1a création de l’hospice d’Ay, fondé en 1846 au moyen de souscriptions recueillies par Mme Ritterbandt, née Sophie Durand, M. Griffon fut désigné comme médecin titulaire de cet établissement. Plus tard il devint médecin des chemins de fer (1852) ; délégué cantonal, membre de la commission d’hygiène et de salubrité, médecin du Bureau de bienfaisance, membre de l’Association de prévoyance des médecins de la Marne, de la Société de médecine de Reims, président d’honneur du comité d’Ay de la Société de secours aux blessés militaires.
Si le docteur Griffon a peu écrit, en revanche il était recherché pour ses causeries spirituelles, anecdotiques, toujours pleines d’intérêt. Le charme en était surtout dans les souvenirs du cours du célèbre chirurgien Duquenelle, son premier maître à l’École de Reims.
Pendant 45 ans rien n'est venu troubler nos bonnes relations professionnelles.
J.-L. Plonquet.
AMB 1894.

GRIFFON (René Adolphe).
Né à Mareuil-sur-Ay le 20 mai 1860, décédé à Chefoo (Chine) le 7 octobre 1896, dans sa 36e année. Brillant élève du Lycée de Reims, où il obtint en 1878 le prix Rouget-Liénard, il fut cette même année reçu et à Centrale et à Polytechnique : il opta pour celle-ci, d’où il sortit le 3e l’École des ponts et chaussées. Il accepta en 1887 d’être envoyé en mission comme directeur des travaux de Port-Arthur, dans le golfe de Petchili. Parmi les autres travaux de cet ingénieur distingué, il faut citer la rectification du Hun-Ho, un important et turbulent affluent du Peiho, opérée pour le compte de Li-Hung-Chang, vice-roi du Tchili, qui lui fit accorder tous les titres honorifiques pouvant être conférés en Chine à des Européens : ainsi il était « Ingénieur-Conseil » du gouvernement chinois et commandeur du Double-Dragon de Chine.
De plus, il devait recevoir la décoration de la Légion d’honneur au 1er janvier, ainsi que l’affirme le Ministre des affaires étrangères, M. Hanotaux lui-même, dans la lettre par laquelle il annonce à M. Griffon la mort de son fils.
Quoique tout jeune encore, M. René Griffon, un des membres les plus distingués de nos colonies d’Extrême-Orient, représentait en Chine de puissants syndicats financiers et d’importants établissements industriels de France.
Tombé malade, il se dirigeait vers Shanghai, quand le mal empirant, il dut s’arrêter à Chefoo, où il mourut. On lui fit de magnifiques funérailles. Le corps a été renvoyé en France par la Malle des Indes, pour y reposer au caveau de famille.
Source : AMB 1897.

GRIGNON (Louis).
Officier d’administration en retraite, auteur de nombreuses études d’histoire locale, était né à Châlons-sur-Marne en 1830 ; il est mort à Paris au mois d’août 1891.
Après avoir fait des études pour entrer dans la pharmacie, il s’engagea au service militaire comme soldat du génie ; il fut admis ensuite dans l’intendance et devint rapidement officier d’administration.
Pendant les loisirs de sa vie militaire, il acquit par une étude persévérante les connaissances les plus variées. Il apprit la musique dans ses parties les plus compliquées ; l’harmonie, le contrepoint, l’orgue n’avaient point de secret pour lui ; il en était de même de l’archéologie, de la paléographie et de l’architecture à ses différentes époques. Ses diverses étapes dans la vie militaire furent pour son esprit sérieux et observateur l’occasion de s’approprier une foule de connaissances sur les sujets les plus divers.
Aussi après avoir pris sa retraite à Châlons, dans son pays natal, il prit la plume pour donner un corps à toutes ses impressions.
Il aborda les sujets les plus divers. Il écrivit avec succès des nouvelles humoristiques comme le Côté des hommes, des récits où revivait le vieux Châlons du Moyen âge et de la renaissance dans la Tour maudite, le Barbier Jodet et la Dame de Trosnay ; des feuilletons d’une originalité étrange, comme le Train des suicidés.
Il publia aussi de curieuses études sur la musique et les musiciens, sous le titre de Vieilles orgues et vieux organistes.
Ce que nous connaissons le mieux de M. Grignon, ce sont les diverses monographies sur les églises de Châlons, Saint-Alpin, Saint-Jean, Notre-Dame où son esprit vif et alerte donnait un jour nouveau à l’érudition. Il publia aussi l’histoire de diverses corporations, cordonniers, tonneliers et marchands de vins, pharmaciens, confrères dudit denier.
On peut dire que toutes les archives du dépôt concernant la ville de Châlons lui ont passé par les mains. D’un parchemin, d’un contrat, d’un registre de l’état-civil il savait faire jaillir une lumière qui éclairait le passé. Son dernier et plus intéressant ouvrage est sa Topographie châlonnaise, où chaque quartier, chaque rue et presque chaque maison ont leur histoire.
Il avait commencé l’État du diocèse en 1405 que la mort l’a empêché d’achever.
Ses ouvrages lui valurent de nombreuses récompenses des sociétés savantes, la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne avait tenté de l’attirer à elle ; il fut pendant quelques années membre titulaire, et même secrétaire ; mais son esprit d’indépendance et un certain besoin de liberté dans la direction de ses travaux littéraires lui firent bientôt donner sa démission.
En dernier lieu il s’était retiré à Paris sans cesser de s’occuper de l’histoire de Châlons ; il prêtait sa plume à une société patriotique auxiliaire de la Croix-Rouge, celle des Mariniers ambulanciers de la Seine.
Il n’avait que 61 ans quand la mort vint le saisir et couper court à tous les services qu’il pouvait encore rendre à la science archéologique de son pays.
Si sa modestie l’a empêché de monter sur un théâtre plus élevé, où il aurait pu se faire une belle place, sa ville natale, au profit de laquelle il a travaillé à la décentralisation littéraire, lui rendra amour pour amour, et le comptera parmi ses enfants les plus illustres et en même temps des plus utiles.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

GRILLEAU (voir MICHEL de GRILLEAU)

GRIMALDI (Honoré), prince CHARLES III.
Duc de Valentinois et souverain de Monaco, décédé dernièrement en son château de Marchais (Aisne) était né le 8 décembre 1818, marié le 28 septembre 1846 à la princesse Antoinette Ghislaine de Mérode, il succéda le 20 juin 1856, à son père Florestan Ier. Lors de l’annexion du comté de Nice et de la Savoie, ce prince avait vendu à la France les villes de Menton et de Roquebrune, ne se réservant que la principauté de Monaco, Monte-Carlo et Condamine, et en 1854 le prince Charles achetait, en remplacement, la terre et le château de Marchais bâti au XVIe siècle par le cardinal de Lorraine, où il fit constamment sa résidence d’été. C’est dans cette magnifique propriété qu’il aimait à passer la belle saison. C’est là que le 10 septembre il s’éteignait laissant une mémoire vénérée et des regrets qui ont survécu à ses splendides funérailles, aussi bien au village de Marchais qu’à Monaco, où reposa sa dépouille mortelle.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

GRISON (Jean-Baptiste Jules).

Né à Château-Porcien le 7 décembre 1842, organiste de Notre-Dame de Reims, décédé à Reims le 29 juin 1896.
Cet habile artiste, élève très distingué de l’excellent M. Robert, était titulaire de son poste depuis 1864. Il était alors tout jeune et tenait l’orgue du chœur de la Cathédrale. Il fut nommé après un concours auquel prirent part quatorze concurrents.
Très bon harmoniste, M. Grison excellait par le charme de ses accompagnements. Tous les artistes qui se sont fait entendre au grand orgue rendaient justice à son remarquable talent. Le grand Gounod l’avait beaucoup apprécié lors de ses différentes exécutions à Reims.
Il n’y a guère eu d’inauguration d’orgue, dans un large rayon autour de Reims, à laquelle n’ait participé M. Grison. Il s’était également fait remarquer dans des concerts d’orgue au Trocadéro et en Angleterre.
Source : AMB 1897.

GRIZOT (Paul).
Né à Laon, lieutenant de vaisseau, mort de la fièvre jaune à Valparaiso, au moment où il rentrait en France après une navigation de deux années. Son mérite, son aptitude, lui promettaient un brillant avenir dans la marine, où il avait déjà un grade signalé.
Source : AMB 1875.

GRIZOU (le docteur Pierre Thomas).
Né à Limoux (Aude) le 4 octobre 1853, vint commencer ses études médicales à Reims et les termina à Paris. Reçu docteur à l’âge de 22 ans, il se fixa en 1877 à Châlons, et c’est là qu’il passa cette brillante carrière qui promettait encore de longs services au soulagement des malades, mais que la mort devait prématurément briser.
M. le docteur Grizou était membre du Conseil départemental d’hygiène, médecin des épidémies, chirurgien en chef des hôpitaux, membre de la Société d’agriculture, sciences et arts de la Marne, et dans chacune de ces associations, il laissa le souvenir de l’homme dévoué, franc et loyal.
Ses obsèques eurent lien à Châlons le 28 mai 1899, au milieu d’une foule respectueuse ; sur sa tombe, M. le Dr Richard et M. Doutté, président de la Société d’agriculture, lui firent les derniers adieux.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GROS (Jean-Baptiste).
Ancien avocat, ancien juge suppléant du Tribunal civil, ancien juge de paix du 3e canton, ancien membre du Conseil municipal, ancien directeur de la Caisse d’Épargne de Reims, né à Reims le 20 octobre 1801, décédé dans sa ville natale le 30 novembre 1878.
Homme très affable et très conciliant, d’une intégrité au dessus de tout éloge, il a su mériter par là l’estime de ses concitoyens dans les fonctions délicates qui lui ont été confiées.
Source : AMB 1880.

GROSSELIN (Augustin).

Né à Sedan, fondateur de l’enseignement simultané des sourds et muets, sténographe au Corps législatif, décédé à Paris le 5 janvier 1870 à l’âge de 70 ans.
M. Grosselin était aussi membre du Conseil de l’instruction élémentaire et sa vie a été consacrée à soulager les infirmités dignes de la sollicitude des gens de bien.
Source : AMB 1871.

GROULARD (colonel de).

Colonel du 106e de ligne, officier de la légion d’honneur, chevalier du Medjdié et de N.-D. de Guadeloupe, né à Libourne le 3 février 1835, décédé à Châlons-sur-Marne le 4 décembre 1891.
Voici ses états de services :
Entré à Saint-Cyr, le 14 novembre 1854, il faisait partie d’une promotion qui ne resta qu’un an à l’École, en raison de la guerre de Crimée. Sous-lieutenant le 1er octobre 1855, au 16e bataillon de chasseurs à pied, il partit pour l’armée d’Orient ; le 8 septembre 1861, il était appelé au 12e bataillon comme lieutenant, et le 6 janvier 1864, il passait sur sa demande avec son grade en Afrique au 2e bataillon d’infanterie légère ; et le 30 août 1867 capitaine au 58e de ligne.
Au moment de la guerre de 1870, il revint en France, il était alors capitaine-adjudant-major ; le 1er janvier 1871, il était nommé chef de bataillon et l’année suivante il passait avec son grade au 20e régiment de ligne et au 143e le l3 octobre 1873.
Après une mise en non activité pour infirmités temporaires, il reprit du service en 1876, et fut nommé le 6 octobre 1882, lieutenant-colonel au 20e d’infanterie, et le 13 janvier 1887, colonel au 106e.
Chevalier de la Légion d’honneur, le 17 mai 1865, il en fut nommé officier, le 17 mai 1888.
Il comptait 9 campagnes : en Crimée, en Syrie, en Algérie, au Mexique, contre l’Allemagne et contre l’insurrection lyonnaise.
Le colonel de Groulard était estimé et chéri de ses soldats, dont il avait toute la confiance, et M. le lieutenant-colonel de Luxer, dans son ordre du jour au régiment à l’occasion de sa mort, fait le plus grand éloge de ses qualités du cœur et de l’esprit, de sa bravoure et de son expérience.
On cite de lui partout où il a été appelé à combattre de glorieux faits d’armes.
Charles Remy.
AMB 1893.

GUÉGUIN (François Louis Marie).
Lieutenant-colonel des étapes, chevalier de la Légion d’honneur, président du « Souvenir Français », né à Baud (Morbihan), le 18 novembre 1835, est décédé à Lumes (Ardennes), le 26 août 1896, où il avait pris sa retraite. Engagé volontaire à 19 ans, il passa successivement par tous les grades, jusqu’à celui de lieutenant-colonel, qu’il obtint lors de sa retraite.
Source : AMB 1897.

GUELLIOT (Jean-Baptiste).
Né à Vrizy (Ardennes) le 25 juillet 1819, était fils d’un officier du premier Empire. Après avoir fait ses études au Lycée de Reims, il vint à Paris, où il fut reçu docteur en médecine le 6 mars 1846, après avoir soutenu une thèse sur la coqueluche. Il vint aussitôt s’établir à Vouziers, où il eut bientôt acquis une clientèle nombreuse à laquelle il ne ménagea ni son temps ni sa santé.
À la confiance des clients, il joignait celle de l’administration.
En 1850 le ministère de l’agriculture et du commerce lui avait décerné la médaille d’argent pour la propagation de la vaccine.
Vice-président du conseil d’hygiène, président du jury d’inspection des pharmacies, médecin du parquet, de l’hôpital, de la prison, etc., il a été le fondateur de la Société des Médecins de Vouziers et Rethel, que, par son activité et ses moyens persuasifs de propagande, il a pu, en 1875, étendre à tout le département des Ardennes, et dont il est resté le président jusqu’à sa mort, arrivée subitement le 29 mars 1878.
Source : AMB 1879.

GUÉNARD (Adolphe).
Homme de lettres, ancien professeur au collège de Sedan, membre de la société des gens de lettres, notre ami sincère et l’un de nos dévoués collaborateurs, décédé à Bruxelles (Belgique), le 22 novembre 1868.
Source : AMB 1870.

GUÉRIN (Adolphe).
Docteur-médecin, maire de Rimogne lors de l’invasion allemande, décédé le 6 Août 1872.
Source : AMB 1873.

GUÉRIN (Charles).

Chanoine honoraire, né à Reims le 18 mars 1806, décédé le 18 janvier 1871.
Source : AMB 1872.

GUÉRIN (l’abbé Jean).
Né le 16 septembre 1810 à Liry (Ardennes), mort à Givet le 18 mars 1895. Une longue existence consacrée au bien sous toutes ses formes, le type du bon pasteur, aimant ses ouailles et s’en faisant aimer.
M. Guérin, après ses études faites au petit séminaire de Charleville, fut ordonné prêtre le 13 juin 1835, nommé curé de Saint-Marcel, envoyé quatre ans plus tard à Rethel comme vicaire de Saint-Nicolas, de là à Bignicourt-sur-Vence, et en 1848 à Givet-Notre-Dame. Après onze ans de séjour dans cette importante paroisse, il fut nommé curé-doyen de Rumigny, poste qu’il occupa 10 ans, et renvoyé ensuite en 1869, à Givet, comme doyen et curé de Saint-Hilaire, et en même temps aumônier de l’hospice militaire.
En 1875, il était nommé aumônier auxiliaire de la garnison. Sa conduite avait été admirable pendant la guerre, et au dire d’un médecin en chef, sa présence dans les hôpitaux réconfortait les blessés ou malades. Il fut décoré de la Légion d’honneur en 1893. Il serait difficile d’énumérer le bien qu’il a fait dans sa paroisse pendant les 26 dernières années de sa vie. Il mourut comme un saint, assisté dans ses derniers moments par M. l’abbé Bocquillon son successeur. La cérémonie de ses obsèques été présidée par M. l’abbé Collignon, curé-archiprêtre de la cathédrale de Reims, assisté de nombreux doyens, entre autres de ceux de Beauraing et de Dinant.
Source : AMB 1896.

GUÉRIN (Marie-Madeleine).
En religion mère Sainte Scholastique, religieuse supérieure de la Congrégation de Notre-Dame de Reims, née à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne), décédée le 9 janvier 1870, à l’âge de 63 ans, et de profession 43.
Source : AMB 1871.

GUÉRIN (Nicolas Alexandre).
Né à Reims le 13 janvier 1817, décédé aumônier des Frères des écoles chrétiennes à Reims, le 14 Juillet 1872.
Source : AMB 1873.

Guérin (Pierre Louis Désiré).
Juge de paix à Château-Thierry, est mort dans cette ville, le 26 décembre 1900, à l’âge de soixante-neuf ans.
Il naquit à Artemps, arrondissement de Saint-Quentin, le 8 mai 1831. Il s’initia aux affaires chez un avoué de cette ville, et dès qu’il fut en âge de traiter, il acheta une charge d’huissier à Saint-Simon. Après vingt années d’exercice qui lui valurent un juste renom d’expérience et d’honorabilité, il fut nommé en 1856 juge de paix du canton de Vassigny, arrondissement de Vervins. De là, il passa à Ham en 1877 où il jouit pendant vingt ans d’une considération méritée.
Nommé juge de paix à la résidence de Château-Thierry en février 1898, son esprit conciliant, sa droiture, son affabilité lui avaient déjà conquis les sympathies générales, quand une mort soudaine vint l’enlever brutalement à l’affection des siens et à l’estime de tous.
Il fut inhumé, le 28 décembre 1900, à Doullens (Somme), où réside l’aîné des ses fils et les petits-enfants qu’il chérissait.
F. H.
Source : AMB 1902.

GUIDICELLI (Henri).
Critique d’art, chevalier de la Légion d’honneur, décédé à Paris le 29 novembre 1901 à l’âge de 51 ans.
Un banal accident de chemin de fer terminait l’existence de cet homme de valeur qui, s’il n’était pas rémois, n’en appartenait pas moins à la région par ses relations avec la ville de Reims et son intérêt marqué pour les manifestations de l’art chez nous. Il fut, en effet, délégué à plusieurs reprises pour venir présider nos expositions du Cirque.
Sa mémoire reste vivace chez les artistes qui eurent l’honneur de l’approcher et qui purent l’apprécier comme un délicat et un admirateur du beau.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

GUILBERT (Louis Lambert).
Ancien manufacturier, vice-président de la Chambre de commerce de Saint-Quentin, administrateur de la Banque de France et du chemin de fer de Saint-Quentin à Guise, ancien juge au tribunal de commerce, né à Roye (Somme) le 14 mars 1807, décédé à Saint-Quentin le 20 août 1889, est le fondateur de l’une des plus importantes usines Saint-Quentinoises.
Il n’a cessé, durant sa longue existence, de s’intéresser au progrès industriel de la ville de Saint-Quentin, auquel il a puissamment contribué lui-même.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

Guillaume (Mademoiselle Blanche Maria).
Le 13 juillet dernier, la mort enlevait, dans la fleur de l’âge, une nature d’élite au corps de l’Université. Mlle Blanche Guillaume, agrégée des lettres, professeur au lycée de jeunes filles de Reims, succombait au mal dont elle était atteinte depuis longtemps. Son travail incessant ne fut pas sans hâter l’œuvre de la maladie. D’un dévouement sans bornes qui égalait son savoir, elle laissera de son passage à Reims comme dans les cours qu’elle dirigea à Roanne, où elle avait débuté, un souvenir durable de son intelligence et de ses hautes capacités.
Titulaire du brevet de l’enseignement primaire, Mlle Guillaume ne tarda pas, après avoir suivi les cours du lycée Fénelon à Paris, à entrer à l’École normale supérieure d’enseignent secondaire, de Sèvres et à conquérir le certificat d’aptitudes à l’enseignement des lettres et l’agrégation.
C’est dans la petite ville de Fère-Champenoise, où elle mourut dans les bras d’une mère éplorée, qu’eurent lieu ses funérailles, cérémonie touchante où assistaient beaucoup de dames professeurs et de ses anciennes élèves. C’est dans le cimetière de cette paroisse, où Mme Toubhans, directrice du Lycée, retraça sa vie trop tôt brisée, que repose maintenant cette délicate jeune fille dont on se souviendra longtemps à Reims et sur la tombe de laquelle iront désormais le souvenir et les regrets de nombreuses amitiés rompues par la mort.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

GUILLAUME de SAUVILLE.
Ancien sous-préfet de Sainte-Ménehould, ancien secrétaire général des Ardennes, né à Cumières (Marne) en 1813, décédé à Versailles le 8 décembre 1884, appartenait à l’ancienne famille champenoise de Saint-Eulien, dont plusieurs membres ont occupé des charges à Châlons et dans l’intendance de la Champagne.
Il a été collaborateur de la Revue des Ardennes et de la Revue de Champagne et de Brie.
Source : AMB 1886.

GUILLEMART (Jean-Baptiste Élie).
Ancien publiciste, né à Reims, le 28 décembre 1824 et décédé dans cette ville, le 28 novembre 1892, à l’âge de plus de 70 ans, a laissé la mémoire d’un homme original du genre des Ponsludon.
Fils d’un bouquiniste rémois ayant eu en son temps une certaine notoriété, il se trouvait en sortant du collège, au milieu d’une énorme quantité de livres plus ou moins précieux provenant de l’effondrement des anciennes bibliothèques conventuelles ou particulières, d’où il tira une science variée mais indigeste et des idées qui parurent avancées pour son temps.
Au lieu de continuer le commerce paternel, il se fit journaliste et travailla d’abord à la rédaction du Courrier de la Champagne, puis du Courrier de l’Aisne. Il fonda en 1865 avec le concours de quelques autres, une revue hebdomadaire, le Réveil, que ses hardiesses firent bientôt supprimer.
En 1867, il créait la Semaine rémoise qui succomba en police correctionnelle, malgré le mérite de sa défense personnelle tirée des Romains et des Grecs.
En 1868, Guillemart fut mis en communication avec Émile de Girardin qui voulait fonder à Reims avec son concours, un journal politique. Mais l’apparition à cette époque de l’Indépendant rémois anéantit les projets de Girardin et de son protégé.
Depuis, Guillemart fit des chansons, des pièces satiriques et des brochures de circonstance dont la valeur poétique ou littéraire était relevée par leur causticité. Il se mit plusieurs fois sur les rangs sans succès pour les fonctions électives. Enfin, se regardant comme un homme méconnu, il se retira dans sa tente au milieu de ses bouquins qu’il affichait à vendre mais dont il repoussait brutalement les acheteurs.
Enfin oublié des anciens Rémois, inconnu des nouveaux, il vécut longtemps encore dans un état sordide, et en 1892, laissant empilés sans ordre où gisant çà et là plusieurs milliers de volumes, dont quelques-uns ayant conservé le mérite de la rareté furent vendus des amateurs ou prirent place dans les rayons de la Bibliothèque de la ville ; mais la plus grande partie alla chez l’épicier, pour envelopper le poivre et la canelle. Ne plaignez point le maître de toutes ces choses qui a trouvé au milieu d’elles, un genre de bonheur et des jouissances inconnues aux profanes.
Charles Remy.
AMB 1894.

GUILLEMIN (Théophile).
Docteur en médecine, né à Sainte-Ménehould en 1831, décédé dans la même ville le 20 août 1891. Après de bonnes études littéraires et scientifiques et sa réception au doctorat, il était venu s’établir dans sa ville natale en 1857. Il était chirurgien de l’hospice et membre du Conseil d’hygiène. Son confrère, le Dr Langlet, a prononcé au nom de l’Association des Médecins de la Marne, un discours sur sa tombe, rappelant sa vie et les services rendus à la contrée.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

GUILLEMOT.

Vétérinaire, conseiller d’arrondissement du canton de Fère-Champenoise, né à Linthelles, canton de Sézanne, le 4 décembre 1829, décédé le 10 novembre 1878.
Ancien élève de l’École d’Alfort, d’où il sortit en 1852, il vint s’établir à Fère-Champenoise.
Grâce à ses connaissances spéciales et étendues, il se fit une juste renommée et rendit bien des services aux populations rurales de la contrée.
Source : AMB 1880.

GUIMBERT (Francisque).
Né à Reims, soldat au 4e chasseur d’Afrique, tué le 15 avril dans un combat à l’arme blanche sur les frontières du Maroc, en voulant sauver son capitaine qui s’était emparé d’un drapeau au centre d’un groupe de 40 à 50 Arabes.
Source : AMB 1871.

GUIPON.
Docteur médecin, né en 1825, décédé à Laon le 20 mai 1875, médecin en chef des hospices de Laon et des épidémies, président de l’association des médecins des arrondissements de Laon, Vervins et Château-Thierry, vice-président du conseil départemental d’hygiène publique et de salubrité de l’Aisne. On a de lui un traité de la dyspepsie qui le fit nommer membre correspondant de l’Académie nationale des sciences.
Source : AMB 1876.

GUY (François).
Ancien directeur de l’École des arts et métiers de Châlons-sur-Marne, chevalier de la Légion d’honneur, membre de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, né à Tulle (Corrèze) en 1818, décédé à Châlons-sur-Marne, à la fin de septembre 1880.
Il fut véritablement le fils de ses œuvres, et il ne dut qu’à son travail opiniâtre, secondé par les plus heureuses dispositions, la place honorable qu’il sut acquérir dans la société.
Après avoir quitté l’École des arts et métiers d’Angers, d’où il sortait avec le premier rang, il entra à l’École centrale des arts et manufactures, où il acquit le titre d’ingénieur et une instruction théorique et pratique des plus complètes.
En 1816, il vint à Châlons en qualité de professeur de mathématique et de mécanique à l’École des arts et métiers, où il resta attaché pendant 33 ans, dont 18 années eu qualité de directeur ; il remplit ces fonctions avec une grande distinction.
Il était fort apprécié en haut lieu, tant pour son mérite, que ne pouvait cacher sa grande modestie, que pour la fermeté de son caractère dans les circonstances difficiles qu’il a eues à traverser.
S’il était la terreur des mauvais élèves, il fut très apprécié de ceux qui travaillaient ; il savait les encourager par de bons conseils, et même après leur sortie de l’école, ses recommandations ne furent pas sans influence sur leur avenir.
Un grand nombre de ceux-ci ont acquis une position élevée, et tous lui out conservé un affectueux souvenir.
Il fut nommé en 1864 chevalier de la Légion d’honneur.
Pendant sa gestion, l’École des arts et métiers obtint de hautes récompenses aux expositions de Londres et de Paris.
Depuis 1852, la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne se l’était attaché comme membre titulaire ; elle conserve de lui ses cahiers de leçons comme professeur, qu’il avait modestement confiés à l’autographie, se réservant de les publier plus tard ; ses explications sur la règle à calcul et sur le calendrier perpétuel sont des travaux de haute valeur, et qui ont demandé un travail considérable, malgré leur modeste apparence. Il fit au sein de cette Société de nombreuses communications ; on lui doit en particulier un Coup d’œil sur l’Exposition universelle de Londres en 1852, des Conférences sur le Charbon, etc.
Il refusa toujours l’honneur, qui lui fut souvent offert, de présider cette société.
Doué d’une parole éloquente, il fit en public quelques conférences qui étaient fort suivies, et ses rapports à la Société d’agriculture, qu’ils fussent verbaux ou écrits, étaient fort écoutés ; les questions les plus ardues devenaient claires pour tous sous sa plume ou sa diction.
Dans la vie privée, il était le plus agréable compagnon et le plus charmant conteur, surtout dans l’intimité.
Il fit partie du jury des concours régionaux depuis son institution, et il a beaucoup fait pour les progrès de la mécanique agricole par les conseils qu’il donnait aux fabricants de machines et aux cultivateurs.
Il prit sa retraite à la fin de l’année scolaire 1879, mais il ne jouit guère des loisirs que celle-ci devait lui procurer. Il n’eut pas le temps, comme il se le promettait, de publier ses travaux scientifiques et littéraires, car il était aussi bien poète qu’il était calculateur.
Il fut bientôt atteint d’une maladie qui devait le conduire au tombeau ; ses obsèques ont eu lieu à Châlons, au milieu d’une affluence considérable.
Après le service funèbre, M. le colonel Virlet, président de la Société d’agriculture, prononça sur son cercueil des paroles pleines de cœur au nom de la Société qu’il présidait. Son corps fut ensuite emmené à Semilly (Haute-Marne), où il devait être inhumé.
Ch. R.
Source : AMB 1881.

GUYENNE (M. l’abbé J.-B.).
Chanoine titulaire de la cathédrale de Soissons, vicaire général honoraire, ancien curé-archiprêtre de la paroisse de la Cathédrale, succombait à l’âge de 82 ans le 31 mars dernier.
Né à Saint-Erme le 8 février 1822, M. J.-B. Guyenne fut ordonné prêtre le 17 juin 1848 et nommé immédiatement vicaire à Saint-Martin de Laon. Devenu vicaire de Guise le 10 août 1849, il fut appelé au Grand Séminaire de Soissons en octobre 1852 pour y occuper la chaire de théologie morale.
Nommé curé-doyen de Montcornet le 16 mars 1859 ou son ministère fut fécond, M. l’abbé Guyenne devint, au mois da juin 1875, chanoine titulaire et curé-archiprêtre de la Cathédrale.
M. l’abbé Guyenne apporta dans cette charge le même dévouement qu’il avait déployé dans ses précédentes fonctions. Il se surpassa même et si nous taisons ici le bien qu’il fit autour de lui par de larges et discrètes aumônes, par ses secours aux malades, il nous faut signaler ses principales fondations telles que le Cercle catholique ; les Confréries de Sainte-Anne ; de Saint-Crépin et Saint-Crépinien, de Saint-Fiacre, et aussi les Écoles libres des Frères (école Saint-Georges) et son œuvre de prédilection : l’asile et l’école des filles (Saint-Joseph).
C’est un homme des plus dignes qui disparaît.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

GUYOT de VILLENEUVE (Madame).
Décédée à l’âge de 61 ans, dans son château de Montalivet, était la veuve de M. Guyot de Villeneuve, préfet du département lie l’Aisne, du 13 avril 1876 au 3 juillet 1877 et la fille du comte de Montalivet, mort sénateur et membre de l’Institut.
En elle disparaît une grande dame de l’aristocratie provinciale en même temps qu’une femme de cœur et d’esprit. Son amabilité et sa grâce présidaient toujours aux réceptions dans les salons de la préfecture de Laon, et la ville n’a pas oublié non plus le souvenir de l’administrateur compétent et éclairé que fut M. Guyot de Villeneuve, justement apprécié dans sa constante sollicitude.
Madame Guyot de Villeneuve était la belle-sœur de M. le Marquis de Gouvion-Saint-Cyr et de M. Georges Picot.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

GUYOT de VILLENEUVE.
Ancien préfet de l’Aisne, du 13 avril 1876 au 3 juillet 1897, mort à Paris en mars 1898, dans son hôtel de la rue de Messine, où il avait accumulé de véritables trésors bibliographiques. Gendre de M. de Montalivet, il avait eu l’honneur de succéder à Mgr le duc d’Aumale, comme président de la Société très éclectique et très fermée des Bibliophiles français.
Source : AMB 1899.

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