Notices nécrologiques - F

Notices nécrologiques des ALMANACHS MATOT-BRAINE


FALETANS, voir THIERRY de FALETANS.

FAGOT (Jean-Baptiste).

Ancien député des Ardennes, ancien membre du conseil supérieur de l’agriculture, chevalier du mérite agricole, né le 1er janvier 1831 à Mazerny (Ardennes), décédé à la Haute-Maison, prés Mazerny, le 6 septembre 1894, était membre du conseil d’arrondissement de Charleville de 1871 à 1886, lorsqu’il fut élu député de cet arrondissement en 1885 ; il ne se représenta plus à la législation suivante, atteint déjà du mal cruel qui devait l’emporter.
Mais il fut élu par ses pairs membre du conseil supérieur d’agriculture, fonctions qu’il remplit avec toute la compétence d’un agriculteur consommé, qui avait reçu le prix cultural des propriétaires en 1877.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

FAILLY (Pierre Louis de).
Né à Rozoy-sur-Serre le 21 janvier 1810, mort à Compiègne le 15 novembre 1892.
Sorti de l’école de Saint-Cyr en 1828, il fit ses premières armes à Paris, dans la triste affaire de la rue Transnonain, où il gagna une réputation de cruauté militaire. Le crayon de Daumier a reproduit l’épisode de la maison Doyen avec une singulière énergie.
Colonel au mois d’août 1851, général de brigade le 29 août 1854, il fit la campagne de Crimée et revint général de division.
Après la campagne d’Italie, de Failly fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur. En 1867, il était chargé d’arrêter net la tentative de Garibaldi sur les États-Romains ; c’est alors qu’après Mentana il écrivit : « nos fusils Chassepot ont fait merveille », phrase malencontreuse qui lui fut durement reprochée.
Sénateur, commandant le 5e corps d’armée en 1870, le favori impérial donna la mesure de son esprit militaire en laissant écraser Mac-Mahon à Reichshoffen, le 6 août 1870.
Le 30 août, méprisant les avertissements des habitants de Beaumont-en-Argonne, il se laissait surprendre, près de la Meuse, au moment où ses soldats mangeaient la soupe. Victime de l’impéritie de son chef, la division de Failly écrasée, découvrit le corps principal de l’armée, en marche sur Sedan, et sa déroute précipita le désastre final.
À sa rentrée d’Allemagne, le général de Failly, échappé au Conseil de guerre, se fit oublier et vécut dans la retraite.
H. Menu.
AMB 1893.

FALAIZE (l’abbé Severin Louis Antoine).
Décédé curé-doyen de Montcornet le 18 juin 1903, originaire de Chéry-les-Rozoy où il naquit le 18 août 1830.
Sa vie sacerdotale se partagea seulement entre Soissons et Montcornet, son pays d’affection. Ordonné prêtre en 1855 à Soissons, vicaire de cette ville puis premier vicaire de la Cathédrale, il fut nommé en 1875 doyen de l’importante paroisse de Montcornet, Lislet et Vincy. Promu à la dignité de chanoine honoraire en 1881, Président de la Société de secours mutuels de Montcornet le 25 août 1855 où il remplaça M. l’abbé Guyenne, son président-fondateur, nommé curé-archiprêtre de Soissons ; membre du Bureau de bienfaisance en 1881, en 1894 il fut élu vice-président de cette charitable assemblée.
Maître Séverin Falaize mourut le 18 juin 1903, âgé de 72 ans, dont près d’un demi-siècle de prêtrise (48 ans). Ce digne ecclésiastique avait acquis dans sa commune et dans son doyenné toutes les sympathies. Aussi ses solennelles obsèques eurent-elles un caractère triomphal. De nombreux et éloquents discours furent prononcés par M. Édouard Forget, adjoint au maire; par M. Boudreaux, chevalier de la Légion d’honneur, maire de Lislet ; par M. Froment, vice-président de la Société de secours mutuels et par M. P. Caron, officier d’Académie, directeur du Pensionnat et président de la Musique; sans oublier la touchante oraison funèbre de M. Guyenne, ancien archiprêtre de Soissons, ex-doyen de Montcornet, doyen des chanoines titulaires de la Cathédrale.
L. Lépinois.
Source : AMB 1904.

FALOT (Joseph Jules).
Lieutenant-colonel, né à La Harazée (commune de Vienne-le-Château) le 14 février 1828, mort dans le même hameau, le 27 juillet 1896, provenait d’une modeste famille de fort braves gens. Il fit à l’école communale de Vienne-le-Château, ses premières études, qu’il compléta avec succès à l’École normale de Châlons. Mais il préféra l’armée à l’enseignement et s’engagea en 1848 au 25e d’infanterie légère. Après avoir traversé tous les grades inférieurs, il partit en Algérie, en 1855, avec l’épaulette de sous-lieutenant et en revint lieutenant en 1859. Il fit la campagne d’Italie, puis celle du Mexique où il conquit le grade de capitaine et à son retour la croix de la Légion d’honneur. Dans la guerre néfaste de 1870, il reçut la rosette d’officier, fut fait prisonnier à Sedan et emmené à Wiesbaden, d’où il revint assez à temps pour prendre part à la lutte contre la Commune. Chef de Bataillon au 58e de ligne (1873), puis, major au 106e (1874), il prit sa retraite en 1880 ; toutefois, il fut nommé lieutenant-colonel du 48e territorial, avec service des étapes : délicate fonction qu’il remplit avec zèle jusqu’au 1er février 1888, époque de sa retraite définitive.
Source : AMB 1897.

FANART (Louis Simon).
Homme de lettres, membre fondateur de l’Académie de Reims, né à Reims le 8 avril 1807, décédé dans sa ville natale le 6 septembre 1883.
En sortant du collège royal, il s’adonna de bonne heure à l’étude de la musique ; tint l’orgue du Petit-Séminaire, puis celui de Saint-Remi. Il fut bientôt maître de chapelle de Saint-Jacques, et ensuite organiste de Notre-Dame.
Professeur distingué, il laisse des élèves qui sont devenus eux-mêmes des maîtres renommés.
On lui doit un traité de musique liturgique, intitulé le Livre Choral, qui fut appelé à rendre de grands services surtout à l’époque de l’introduction du chant romain dans le diocèse de Reims et dans les autres diocèses de la France.
Outre son talent pour la musique, M. Fanart était l’un des hommes les plus érudits de Reims ; on lui doit des travaux nombreux sur l’art et l’archéologie aussi bien que des rapports remarquables sur les divers concours de l’Académie.
Sa modestie égalait ses talents et ses amis étaient nombreux.
Lors de ses obsèques, M. Loriquet, président de l’Académie, prononça sur sa tombe un discours où il énuméra tous les mérites et toutes les qualités du cœur qui étaient l’apanage de M. Fanart.
Source : AMB 1884.

FARRE (Charles Narcisse).
Négociant en vins de Champagne, né à Marsanne (Drôme), le 29 juin 1828, mort à Reims, le 23 mai dernier, tenait dans cette dernière ville une large place comme homme public et y avait acquis par l’aménité de son caractère, de sympathiques et nombreuses relations.
M. Narcisse Farre avait débuté dans l’administration des Postes. Appelé par le service, il partit et ne tarda pas à devenir sous-officier. Il fit la campagne de Crimée dans laquelle il fut blessé deux lois. La croix de la Légion d’honneur récompensa sa brillante conduite, mais ses blessures ne lui permettant pas de poursuivre la carrière militaire, il rentra dans la vie civile. C’est alors qu’il vint à Reims et qu’il trouva un emploi dans la maison de son cousin, M. Charles Farre, dont il était appelé à devenir plus tard l’un des chefs les plus estimés.
Mais sa vie se retrouve sur un autre champ d’action : dans les sociétés patriotiques et sportives de notre ville qu’il encouragea de ses paroles et de ses deniers. M. Narcisse Farre était le fondateur de la compagnie des sauveteurs dont il resta jusqu’à la mort le président actif; il était le vice-président de la Société française de secours aux blessés militaires la « Croix Rouge » et faisait partie, comme membre d’honneur, de nombreuses sociétés rémoises.
En 1872, ses concitoyens lui confièrent le mandat de conseiller municipal qu’il conserva une douzaine d’années. Il était aussi depuis longtemps membre du conseil de surveillance de « l’Indépendant rémois ».
C’était un homme de valeur que la longue honorabilité d’une carrière consacrée au bien public avait mis en vue parmi les personnalités rémoises. Ses obsèques eurent un caractère imposant et réunirent les délégations des diverses sociétés, les représentants du haut commerce et de l’industrie de notre ville. Un piquet d’infanterie rendait les honneurs au chevalier défunt.
M. Narcisse Farre était aussi décoré de la médaille militaire et de celle de Crimée.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

FASSIN-SAUTRET (Jules).
Chevalier de la Légion d’honneur, ancien officier, né à Reims en 1833, décédé à Bétheniville le 11 mai 1892.
Il avait fait en 1854 la campagne de Crimée et s’était retiré du service après son congé.
À la guerre de 1870, i1 reprit du service comme capitaine de mobiles ; il fit partie de la garnison de Paris pendant le siège, et sa conduite lui valut, après la guerre, la croix de la Légion d’honneur.
M. Fassin aimait l’armée et entretenait les meilleures relations avec les officiers de la garnison de Reims.
Il était un des administrateurs du chemin de fer de la Suippe.
Charles Remy.
AMB 1893.

FAURE (Joseph Louis).

Ancien chef d’escadron de gendarmerie, officier de la Légion d’honneur, né à Asfeld le 18 décembre 1825.
M. Faure, officier brillant de l’armée d’Afrique et de Crimée, avait longtemps exercé à Saint-Quentin les fonctions de capitaine de gendarmerie, où il s’était créé de sérieuses amitiés. En 1870 il fut nommé prévôt d’une des divisions de l’armée de l’Est. Fait prisonnier à Metz, il avait été à son retour de captivité nommé commandant de gendarmerie à Rennes et officier de la Légion d’honneur. Il avait pris depuis quinze ans sa retraite à Saint-Quentin, où il mourut le 31 août 1890.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

FAUVET (Jean Marie).
Né à Prouilly (Marne), le 13 août 1834, fut durant vingt années (1854-1874), instituteur successivement à Marfaux, à Bouvancourt et à Saint-Brice. Il a quitté cette dernière commune pour entrer, comme employé, à la sous-préfecture de Reims. Son expérience, son travail intelligent, son affabilité lui valurent bientôt le poste de secrétaire en chef, qu’il conserva jusqu’en 1891. Il avait reçu successivement les palmes d’officier d’Académie et d’officier de l’Instruction publique, justes récompenses de ses dévoués services.
Retiré à Saint-Brice, il avait d’abord été appelé à faire partie de l’administration municipale et avait été nommé délégué cantonal. Mais sa faible santé l’obligea bientôt à ménager ses forces. Il est mort à Saint-Brice jeudi 22 avril 1897.
M. Fauvet fut toute sa vie un fonctionnaire modèle. Il laisse de sa sincères regrets à tous ceux qui l’ont connu.
Source : AMB 1898.

FAUVET (Pierre Élie).
Officier d’Académie, ancien instituteur, ancien chef de bureau à la Sous-Préfecture de Reims, né à Prouilly (Marne) le 9 février 1828, décédé à Jonchery-sur-Vesle le 9 mars 1894 ; avait débuté dans l’instruction à Bouvancourt d’où il passa successivement au même titre à Branscourt, puis à Bazancourt. Il avait été très apprécié dans ces trois communes lorsqu’en 1869, obligé pour cause de santé, de prendre sa retraite après vingt ans de services, il entra à la Sous-Préfecture de Reims ; il se retira en 1889 pour prendre une repos bien mérité, à Jonchery-sur-Vesle, où il fut victime d’une congestion pulmonaire. Il était allié à une famille des plus honorables des Ardennes, la famille Belin.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

FAY de MISSY (de).

Quoique issu d’une des plus anciennes et des plus nobles familles de France, rompit dès son jeune âge avec une tradition d’un passé que la Révolution française avait aboli ; il voulut se créer par le travail une position libre et indépendante.
Appelé au Conseil général par le choix de ses concitoyens, il sut répondre à leur confiance et fut longtemps à la hauteur de ses fonctions. Il est mort avec la réputation d’un homme simple et méritant, dit un de ses panégyristes, qu’on inscrive sur son tombeau : Vir probus, agendi peritus (L’homme probe, habile à faire le bien).
Source : AMB 1872.

FAYNOT (Jean Marie Léon).
Né à Rethel le 29 décembre 1832, fit toutes ses études au Lycée de Reims (1844-1850), et son droit terminé, entra dans la magistrature. Il fut nommé juge suppléant à Rethel en 1859, substitut en 1863, procureur à Vouziers en 1869, procureur à Charleville en 1875, procureur à Épinal en 1882, avocat général à Nancy en 1878, président de chambre à la cour de Caen en 1883 et la même année conseiller à Paris et décoré de la Légion d’honneur. Il est mort à Paris, le 29 décembre 1895, et a été inhumé le 2 janvier suivant à Bourgogne, pays de la famille de sa femme. Sur sa tombe, M. Lantiome, avocat à Reims, lui adressa le dernier adieu au nom du barreau de Reims et au nom de l’Association des anciens élèves du Lycée.
Source : AMB 1897.

FAYOLLES (Louis Charles), comte de MELLET.
Né à Paris le 23 thermidor an XII, décédé dans son château de Chaltrait, près Épernay, le 1er janvier 1882, à l’âge de 77 ans.
Quoique étranger à la Champagne, M. de Mellet était venu s’y fixer par suite de son mariage avec Mlle de Saint-Chamans.
Il avait débuté dans l’armée et avait pris part à l’expédition d’Alger en 1830 comme officier d’état-major. Rentré dans le civil, il s’était adonné à l’étude de l’archéologie pour laquelle il avait beaucoup de goût ; travailleur infatigable, il suivait assidûment les Congrès et avait été l’un des disciples les plus actifs et les plus intelligents de M. de Caumont.
Source : AMB 1883.

FEILLET-PILATERIE (Edmond Romain).
Général de brigade, commandeur de la Légion d’honneur, né à Verdun le 11 août 1818, décédé à Sainte-Ménehould le 28 décembre 1895. Sorti de Saint-Cyr comme sous-lieutenant d’infanterie le 1er octobre 1818, il fut promu lieutenant en 1840, capitaine en 1846, chef de bataillon en 1856, lieutenant-colonel en 1863 ans, général de brigade le 31 octobre 1870, et commanda la subdivision de Chambéry jusqu’en 1880, où il passa dans le cadre de réserve. Il revint alors se fixer à Sainte-Ménehould, berceau de la famille de sa femme, où la mort est venue le frapper à l’âge de 77 ans.
Source : AMB 1897.


FENÉ (Victor Adrien).

Docteur en médecine, était né à Urcel (Aisne), le 20 mars 1812.
Reçu docteur en 1836 il vint s’établir à Beaurieux (Aisne), où il exerça effectivement jusqu’en 1870. à cette époque il maria sa fille au docteur H. Lécuyer, mais ne se désintéressa pas de la médecine qu’il exerça, on peut le dire, jusqu’à sa mort, remplaçant son gendre pendant ses voyages, donnant des consultations en son absence.
Aimé et vénéré dans toute la contrée, il s’éteignit le 30 décembre 1903 à près de quatre-vingt-douze ans.
M. Fené n’était pas seulement un praticien des plus distingués, quoique des plus modestes, c’était encore un homme d’un grand cœur et d’un inépuisable dévouement. Aussi ses obsèques ont-elles été une véritable manifestation de cordiale estime et d’ardente reconnaissance pour l’homme excellent « qui a passé en faisant le bien ». C’était le doyen des médecins de l’Aisne.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.


FERCO (Auguste Nicolas).
Ancien négociant, receveur économe des hospices de La Fère, président du Conseil de fabrique, né en 1814, décédé à La Fère le 29 mars 1890.
Pendant 33 ans, M. Ferco avait rempli ses fonctions avec une intégrité parfaite, il fut pour les administrateurs qui se sont succédés pendant cette longue période, un conseil et un collaborateur des plus utiles.
Homme de devoir, aux idées arrêtées, il ne transigeait point avec les principes de probité et d’honnêteté, auquel tout se rendaient hommage.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

FERRAND (Jean François Xavier).

Ancien représentant du peuple en 1848, ancien contremaitre de filature, né à Reims le 6 janvier 1802, décédé le 14 avril 1885.
M. Ferrand était un ouvrier dévoué aux intérêts de ses compagnons de travail et qui prit à Reims l’initiative de 1a première Société de secours mutuels.
Il fut élu en 1848 représentant du peuple, en même temps que MM. Soullié, Dérodé et Leblond.
Rendu à la vie privée après la session, il reprit son travail comme auparavant et consacra sa vie aux œuvres philanthropiques.
Devenu aveugle en 1870, il vivait modestement avec sa femme du petit revenu d’un bureau de tabac et d’une pension de la Société des Déchets.
M. Ferrand ne laisse à Reims derrière lui que la sympathie et l’estime. C’était un homme dévoué, désintéressé et modeste : il est mort dans la dignité et la pauvreté.
Sur sa tombe, M. Leblond, sénateur, a prononcé quelques paroles d’adieu.
Source : AMB 1886.

FERRY (Hubert dit Henri).
Chevalier de la Légion d’honneur, ancien sergent d’artillerie du 1er Empire.
Engagé volontaire, M. Ferry a fait les campagnes de 1808 à 1814. À l’attaque de Méry-sur-Seine où il eut le rare bonheur de rester presque seul de sa compagnie, tous ses chefs étaient tués ; avec la poignée de braves qui survivaient au massacre, il battit en retraite en ordre, quand l’Empereur passant près d’eux lui remit la croix le 22 mars 1814.
Source : AMB 1871.

FERTON (Charles).
Horticulteur, conseiller général de l’Aisne, né a Épernay le 5 mai 1827 ; ancien maire de Chierry, où il est décédé le 19 février 1883, membre fondateur de la société d’agriculture et d’horticulture de Château-Thierry.
M. Ferton était propriétaire d’un établissement d’horticulture de premier ordre, qu’il dirigeait avec une grande compétence, et ses pépinières de Chierry étaient avantageusement connues et appréciées dans l’Europe entière.
Pendant la guerre de 1870-71, il rendit de très grands services à sa commune et à son canton, aussi ses concitoyens l’élevèrent-ils conseiller municipal et maire de sa commune, puis conseiller général. Il apporta dans ces fonctions des qualités qui lui firent surtout une grande position au Conseil général, il faisait partie de la commission départementale.
Miné par une maladie qu’il avait gagnée par l’excès de son travail, M. Ferton est mort encore jeune, regretté de tous, laissant le souvenir d’un homme de bien.
Source : AMB 1884.

FÉRUSSAC (comte de), voir AUDEBARD.

FÉTON (Mme Léocadie Zélie).
En religion sœur Sainte-Claire. Le 20 octobre dernier, la communauté des sœurs hospitalières de Saint-Augustin, de l’Hôtel-Dieu de Soissons faisait une perte sensible en la personne de cette religieuse.
La regrettée défunte rendait les services les plus précieux dans les soins constants qu’elle prodiguait aux malades, soit dans son assistance aux opérations chirurgicales, soit dans sa sollicitude pour les blessés eux-mêmes.
Elle était âgée de 45 ans dont 24 de vie religieuse.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

FEUILLET (Alphonse).
Étranger au département de la Marne, mais s’y rattachant par ses publications sur : La misère au temps de la Fronde, et son édition des Œuvres du cardinal de Retz ; né à Montmirail, décédé à Paris, en novembre 1872.
Source : AMB 1874.

FIÉVET (Auguste Eugène).
Né à Épernay en 1816, décédé le 24 février 1870.
M. Fiévet s’était occupé pendant longtemps d’astronomie, ses goûts et ses aptitudes lui avaient fait faire plusieurs voyages en Angleterre et en Amérique. On a de lui deux petits ouvrages assez remarquables sur les mouvements terrestres.
Source : AMB 1871.

FIÉVET (Victor).
Ancien imprimeur à Épernay, décédé à Abbeville le 21 août 1880.
Né à Épernay le 23 août 1810, M. Fiévet fit ses études au collège de sa ville natale. De bonne heure il occupa un poste de confiance dans l’importante Maison Senart-Colombier, de Reims. Plus tard, à la mort de son père, M. Fiévet-Varin, il reprit la direction de l’imprimerie et la rédaction du Journal d’Épernay. En dehors de ses vingt années de journalisme provincial, où il acquit, comme il le dit, la rude expérience de reproducteur de la pensée d’autrui, il fut auteur lui-même.
La simple énumération des sujets qui constituent son œuvre historique et littéraire prouve combien il lui fallut déployer de prodigieuse activité.
Nous mentionnons, par ordre chronologique, parmi ses principaux travaux :

1) Les Tablettes d’un Champenois. – Tout Chemin conduit à Rome, 1853, vol. in-8° de 330 pages, dédié à M. Senart-Colombier et à son ami E. Desrosiers.
2) Notice de M. Arnoult, de Fleury-la-Rivière, 1856, avec cette épigraphe : Labor omnia vincit.
3) La Récompense de la Vertu dans la Pauvreté, Prix-Arnoult, de Fleury-la-Rivière, 1861, où nous trouvons, page 29, ces mots du défunt : « Le travail et l’économie sont les véritables aïeux de la fortune ».
4) Biographie de Jean-Remy Moët et de ses Successeurs, 1864, où M. Fiévet commence par dire : « Si une autre plume que la mienne eut donné plus de couleur à ce petit livre et plus d’intérêt aux souvenirs qu’il retrace, je puis dire au moins qu’elle n’aurait pu me vaincre en sympathie et en respect ».
5) Madame Veuve Clicquot, son Histoire et celle de sa Famille, avec cette dédicace : A M. le Comte de Chevigné, ancien colonel de la garde nationale de Reims, « son ancien voltigeur, reconnaissant ».
6) Les Biographies de la Famille Perrier et de. M. le Duc de Montebello sont terminées, mais elles restent inédites.
7) Les Éphémérides locales publiées dans le Journal d’Épernay.
8) L’Histoire de la Ville d’Épernay, en 3 vol. in-8°,1868, avec atlas, dédiée à M. Charles Perrier ; son ancien condisciple.

Ces intéressantes publications, ne devaient pas rester sans récompense : le 1er mars 1865, M. Fiévet fut nommé membre correspondant de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. La même année, l’Académie de Reims lui ouvrit ses portes, et la Société des Gens de Lettres, dont il était également membre, le tenait en grande estime. En 1867, M. Fiévet fut élevé à la vice-présidence du Congrès des imprimeurs de France, réunis à Tours.
L. Plonquet.
Source : AMB 1881.

FISCHER (Ernest Léon).
Né à Laon, le 19 janvier 1833, décédé à Chaillevois (Aisne), le 13 octobre 1897, à l’âge de 64 ans. Élu en 1871, le 15 octobre, conseiller d’arrondissement du canton d’Anizy, il fut envoyé au Conseil général le 30 juillet 1876. Là, il fit partie de toutes les commissions où l’on travaille avec assiduité dans l’intérêt du département : membre des commissions départementales, des conseils d’administration des écoles normales, des commissions de surveillance des établissements hospitaliers, membre de la commission administrative de la station agronomique. Dans son canton, il était aussi membre de la commission cantonale d’hygiène et président de la délégation cantonale pour les écoles primaires.
Malgré toutes ces fonctions, M. Fisher trouvait encore le moyen de consacrer beaucoup de temps et de dévouement à la Société d’Apiculture de l’Aisne, dont il était le président. Enfin, il est l’un des parrains de la Société d’Apiculture de Reims, et il nous souvient de l’avoir vu il y a quelques mois à l’Exposition apicole des Promenades.
Propriétaire des grandes usines de Chailvet, il possédait des cendres pyriteuses d’une grande richesse, qui ont été employées avec grand succès depuis quelques années dans les vignes de Champagne. Doué d’une infatigable activité, il s’était fait au Conseil général une spécialité des questions de prévoyance et d’assistance, et il consacrait à leur étude un travail consciencieux et une rare compétence. Passionné pour la chimie agricole et pour l’apiculture, le président de cette branche de la production nationale avait en Mme Fischer un collaborateur aussi dévoué qu’éclairé. Président de la section d’horticulture du canton d’Anizy, il avait amené aux conférences de M. Lambin un auditoire attentif et vite conquis. C’est lui encore qui dans le même canton, organisait, il y a quelques années, avec le concours de Mme Fischer, un comité cantonal de la Société de la Croix-Rouge. Enfin, dans le canton, rien d’utile et de bon n’a été fait sans lui. Il y a donné à tous tout son temps, tout son travail, toute sa peine, tout son cœur.
À ses obsèques, on remarquait MM. Malézieux, sénateur, président du Conseil général, et Mariolle-Pinguet, vice-président de la même assemblée ; Sébline, sénateur ; Castelin, députés ; Ermans, député et maire de Laon ; Legry, Maguin, de Trétaigne, Deviolaine, etc. Au cimetière, trois discours ont été prononcés, dont l’un par M. Legry, au nom du Conseil général.
Source : AMB 1898.

FISSIAUX (Abbé Pierre-Antoine).
Curé de Noircourt, né en 1803 à Faucoucourt, décédé en 1890.
Après avoir été vicaire à Marle, il fut avant l’âge de trente ans nommé curé de Noircourt et de Berlise, où il passa sans interruption sa longue carrière sacerdotale, avec la fidélité constante à tous ses devoirs de prêtre et de pasteur. M. l’abbé Fissiaux était connu par sa bienveillance exquise et sa parfaite cordialité.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

FLAGEL (Antoine).
Prêtre de la Mission, supérieur de la maison des prêtres de Saint-Vincent-de-Paul et directeur du Couvent de Saint-Walfroy, vicaire général de son Éminence le cardinal Langénieux, décédé à Saint-Walfroy le 10 janvier 1889, à l’âge de 84 ans, avait été appelé par Mgr Landriot, qui l’avait connu à La Rochelle, et qui lui confia la direction du pèlerinage de Saint-Walfroy. Il reconstitua les bâtiments et en fit un lieu de retraite, non seulement pour les prêtres de la Mission, mais pour les prêtres de cette partie du diocèse de Reims, qui, chaque année, y viennent retremper leurs âmes en commun pendant quelques jours ; un grand nombre de fidèles y vont en pèlerinage en tout temps et surtout à la fête de Saint-Walfroy.
Aussi, à cause de l’importance de son ministère, Nos Seigneurs les archevêques lui avaient-ils conféré le titre de vicaire général.
M. Flagel avait été supérieur du séminaire de Saint-Flour, de Montpellier, de Sens et de La Rochelle.
Toutes ses qualités et ses vertus ont été résumées dans son épitaphe, qui retrace sa simplicité patriarcale, sa science, son humilité, sa bienveillance pour tous, son activité dans l’action, sa prudence dans le conseil.
Le zélé fils de Saint-Vincent-de-Paul repose dans ce lieu de repos auquel il avait consacré ses affections.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

FLEURY (Édouard).
Ancien rédacteur du Journal de l’Aisne, historien et antiquaire.
Né à Laon le 7 septembre 1815, son père greffier de la mairie, collaborait déjà au Journal de l’Aisne ; il était le beau-père de M. Champfleury, l’artiste et le romancier bien connu.
Doué d’une grande activité, M. Éd. Fleury prit, vers 1840; le Journal de l’Aisne, qui, sous son habile direction acquit une grande et légitime influence et devint à l’époque l’organe le plus important et le plus écouté de la presse départementale.
Pendant 30 ans, M. Fleury fut constamment sur la brèche, luttant sans relâche et conquérant, 1a plume à la main, 1a plus haute situation. Son ardeur était telle qu’il suffisait, presque seul, à cette immense tâche de chaque jour.
Rien ne passait inaperçu pour lui, ni les questions politiques les plus importantes, ni les faits quotidiens. Il traitait tout avec une connaissance de cause, avec une science certaine.
Il rentra en 1862 dans la vie privée, après avoir cédé son journal à M. Coquet et se retira à Paris, puis à Vorges, où il se consacra uniquement aux études historiques et archéologiques, pour lesquelles il avait toujours eu une véritable passion.
Ses obsèques ont eu lieu à Vorges, où il est décédé le 4 juillet 1883.
Ses principaux travaux en ce genre sont nombreux et il nous suffira d’en citer les titres :
Le département de l’Aisne en 1814 ;
Le Clergé du Département pendant la Révolution ;
50 ans de l’Histoire du chapitre Notre-Dame de Laon ;
Les Élections aux États-Généraux de 1789, dans le Bailliage du Vermandois ;
Les Éphémérides de l’Aisne en 1870-71 ;
Les Manuscrits à miniature de Laon et de Soissons ;
Les Origines du Théâtre ;
Enfin sans compter d’autres opuscules intéressants, publiés sous le titre d’Études révolutionnaires, contenant les biographies de Saint-Just, Babœuf, Camille Desmoulins, etc., nous devons parler de son grand travail sur les Monuments et Antiquités du département de l’Aisne.
Ce travail comprend déjà 4 volumes parus et un cinquième qui n’est pas encore terminé.
Cette dernière œuvre constitue un véritable monument en l’honneur du département ; il l’étudie dès son origine à l’âge de pierre et devait le continuer jusqu’au siècle dernier. Ce merveilleux travail, enrichi d’une grande quantité de gravures dues en partie au burin de Madame Fleury, en faisait une œuvre unique, que les départements voisins enviaient à celui de l’Aisne et qui a fait obtenir, à son savant auteur, des témoignages unanimes d’admiration.
M. Fleury avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1854, et ses grands travaux pouvaient faire espérer que bientôt on lui décernerait la rosette d’officier.
Membre de beaucoup de sociétés savantes, notamment celles de Laon, Soissons, Vervins, Saint-Quentin, etc ; il fut nommé plusieurs fois président de la société historique du chef-lieu et il était encore en fonctions lorsque la mort implacable est venu l’enlever.
Dans ses derniers jours, il s’occupait de former une exposition qui eut effectivement lieu à Laon, mais qui s’est trouvée forcément reculée par son décès.
Source : AMB 1884.

FLON (Raulin).
Né à Connages, le 22 janvier 1826, décédé à Logny-Bogny, le 1er novembre 1897. Après de premières études chez l’un de ses parents, M. l’abbé Colson, à Thin-le-Moutier, il les continua au petit séminaire de Charleville et au grand séminaire de Reims. Ordonné prêtre en 1849, il fut successivement curé de Foisches, près de Givet, et de Tramery, près de Ville-en-Tardenois. En 1857, il était nommé, curé de Marlemont et de Logny-Bogny, et administra ces deux paroisses jusqu’en 1888. Il fut ensuite promu au doyenné de Rumigny, jusqu’en 1896, où il démissionna pour infirmités, et se retira à son ancienne paroisse de Logny-Bogny.
Source : AMB 1899.

FLORION (Pierre Arthur).
Industriel, décédé à Épinal le 13 février 1900 où il remplit diverses fonctions publiques, appartenait à notre région il était né, en effet, à Sainte-Ménehould le 18 février 1835.
Il fut maire à Épinal de 1881 à 1883 et conseiller général du canton de 1886 à 1895. Son grand dévouement aux intérêts de la ville et de ses concitoyens n’avait d’égal que son profond désintéressement.
Le défunt était chevalier de la Légion d’honneur et officier d’Académie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

FLUCHER (Virgile).
Né à Brunehamel, le 13 décembre 1848, y mourut le 7 avril dernier.
L’assistance qui l’accompagnait à sa dernière demeure, montrait la place qu’avait occupée, à une heure néfaste mais héroïque de notre histoire, celui que la mort venait de frapper.
Virgile Flucher avait assisté à l’une des plus terribles catastrophes de l’armée où témoin impuissant de nos désastres, à Laon, l’explosion de la citadelle l’avait jeté sur le sol, brisé, presque anéanti.
La mort l’épargna. L’union d’une femme à laquelle il consacra le reste de sa vie lui donna le bonheur en lui donnant deux enfants qui firent sa joie jusqu’à ses derniers jours. Virgile Flucher était bien connu dans la région.
À ses obsèques, le deuil était conduit par MM. Barbier et Meurant et les deux fils du défunt, l’un clerc de notaire et l’autre ancien élève de l’école vétérinaire de Toulouse.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

FLYE-SAINTE-MARIE (Paul Émile).
Ancien député de la Marne en 1871-72, né à Vitry-le-François le 21 septembre 1830, décédé à Kerguen-en-Arradon (Morbihan) le 4 octobre 1896, à l’âge de 66 ans. Officier d’artillerie, il perdit un bras au siège de Sébastopol et néanmoins fit encore la campagne d’Italie. Réformé à cause de sa blessure, il fut nommé receveur particulier les finances. Ayant repris du service pendant la guerre de 1870, il fut nommé commandant d’artillerie et officier de la Légion d’honneur. En dernier lieu, il occupait le poste de trésorier payeur général.
Source : AMB 1897.

FLYE-SAINTE-MARIE.
Né à Vitry-le-François en 1794, ancien adjoint au maire de cette ville, père de notre député démissionnaire en ce moment. M. Flye est mort à Vitry, le 26 juillet 1872, emportant l’estime générale du pays.
Source : AMB 1873.

FONTAINE (Édouard).
Ancien juge de paix, né à Fismes, le 24 février 1817, décédé à Laon le 11 janvier 1889, fut pendant 30 ans juge de paix, successivement, de 1849 à 1879, à Sissonne, à Coucy-le-Château, à La Fère et à Laon, où il prit sa retraite.
Partout il se créa de solides amitiés par les par les qualités de son esprit et le charme de son commerce.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

FOUQUE (Paul Charles).
La catastrophe de la Martinique a douloureusement touché une honorable famille de notre ville.
Paul-Charles Fouque, né à Reims le 24 décembre 1874, lieutenant d’artillerie coloniale, a disparu le 8 mai 1902 dans les ruines accumulées par l’éruption du mont Pelée.
Paul Fouque était entré au Lycée de Reims à neuf ans, il en était sorti à dix-sept, admis à l’École polytechnique. Il passa deux ans à Fontainebleau, sept ou huit mois à Toulon et vingt-deux mois à la Martinique.
Il avait, d’excellents états de service et était sur le point d’être promu capitaine.
Une cérémonie funèbre a eu lieu en sou honneur à l’église Sainte-Geneviève de Reims. Les généraux présents à Reims, M. le Proviseur du Lycée et beaucoup de hautes personnalités y assistaient.
P. D.
Source : AMB 1904.
 

FOUQUET (Charles).
Ancien député dé l’Aisne, avait tenu un rang important comme représentant du Peuple. Il occupait la charge d’entreposeur des poudres et tabacs à Rouen lorsque la mort est venue le surprendre le 14 février 1904.
Originaire de Sinceny, il habita longtemps cette commune où, comme industriel, il laissa le souvenir ineffaçable d’un homme loyal, tout de droiture et d’honneur. Ces qualités, il les avait montrées au Tribunal de Commerce de Chauny où il siégea de 1862 à 1870, époque à laquelle il fut élu député.
Les personnes qui le connurent dans son poste d’entreposeur, ne purent que ratifier l’éloge qu’en faisait, lors de ses funérailles, M. le Directeur des Contributions indirectes de la Seine-Inférieure.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.


FOREST (Alexandre Joseph Édouard).
Propriétaire, ancien négociant en vins de Champagne, né à Reims le 26 février 1822, décédé à Reims le 31 janvier 1894, était un bibliophile distingué et très connaisseur en éditions originales.
Il avait rassemblé une belle collection de livres illustrés par les plus célèbres graveurs des siècles passés comme aussi du XIXe siècle.
Les plus belles reliures ornaient aussi sa bibliothèque.
Beau-frère du savant M. Louis Lucas, il avait suivi son exemple.
C’était un luxe distingué et coûteux que lui permettait sa position de fortune dont il faisait ainsi l’emploi le plus distingué.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

FORTEL (Marie Renauld).
Ancien industriel, ancien colonel de la garde nationale de Reims, président du Conseil du Comptoir d’escompte, vice-président de la Compagnie des Assurances Rémoises, président de la Compagnie du Gaz du Nord et de l’Est, né à Reims le 2 septembre 1808, décédé dans cette même ville le 3 juin 1886.
Cette existence est celle d’un homme de bien qui s’est élevé à la fortune par un travail persévérant et une intelligence droite et forte ; aussi a-t-i1 laissé une réputation des plus honorables. Ses concitoyens lui confèrent plusieurs charges délicates et très importantes dans la cité.
Son désintéressement égalait sa bienfaisance. Colonel de la garde nationale de Reims, il fit placer la croix de la Légion d’honneur qui lui était destinée sur la poitrine d’un courageux officier, M. Besnard, dont les mérites étaient connus de tous.
Sur sa tombe, M. de Tassigny rappela en termes émus les services rendus à sa ville natale par M. Fortel, pendant sa longue carrière.
Avant de mourir, il avait disposé de 50.000 francs pour des legs charitables envers plusieurs établissements publics et hospitaliers de Reims : l’Hôtel-Dieu, la Maison de Retraite, Saint-Marcoul, Bethléem; il avait fait en outre plusieurs legs particuliers.
Source : AMB 1887.

FORZY (Émile Théophile).
Agriculteur, vice-président du Comice agricole de Soissons, décédé à la ferme d’Aconin, près Soissons le 25 décembre 1890.
Cet homme, dont les commencements furent modestes, arriva à conquérir une des premières places parmi les agriculteurs, que la persévérance et l’étude des améliorations culturales avaient amenés à une belle situation.
Il fut l’un des défenseurs zélés du principe de la rémunération due au fermier pour les améliorations apportée au sol par ses avances ; mais il était trop conciliant pour ne point reconnaître que tant qu’une loi n’aurait pas sanctionné ce principe, en reconnaissant le droit du propriétaire et du fermier, il existerait toujours en dehors de la persuasion, des difficultés et des impossibilités insurmontables.
Son mérite fut reconnu et jugé par un homme de la plus haute compétence, par M. Lecoulteux, qui, à la tête des élèves de l’Institut agronomique, visitait la ferme d’Aconin, et qui proposa à ces jeunes gens l’exemple de M. et Mme Forzy comme des modèles, et le résultat de leurs efforts réunis comme des leçons de choses.
Charles Remy.
Source : AMB 1892.

FOSSÉ (F.-F.).
Maire de Chivres-et-Mâchecourt, accusé de n’avoir pas déclaré les armes que possédait sa commune ; il fut emmené prisonnier à Laon et traîné pendant deux jours de cette ville à Marchais et à Liesse où se trouvaient des chefs de corps. Il tomba sous les balles des Prussiens qui le fusillèrent sur le bord de la forêt de Samoussy.
C’est sur le lieu de l’exécution qu’on vient d’élever une pyramide à quatre faces en pierre noire, posée sur un socle et entourée d’une grille en fer. Sur un des piliers de la pyramide, au-dessous d’une croix en relief est gravée l’inscription suivante :

À la mémoire de M. F.-F. FOSSÉ
Maire de Chivres-et-Mâchecourt
Fusillé par les Prussiens le 12 Septembre 1870
Ce monument élevé avec le produit d’une souscription faite dans toutes les communes du canton de Soissons, est un témoignage de reconnaissance et d’admiration pour la conduite du digne maire de Chivres, mort martyr de son devoir.
Source : AMB 1873.

FOSSÉ d’ARCOSSE (François Barthélemy Thérèse Émilien).
Ancien imprimeur à Soissons, et propriétaire-gérant de l’Argus Soissonnais, ancien président du Tribunal de commerce, membre de la Société archéologique et de plusieurs autres sociétés scientifiques ou de bienfaisance, né à Paris le 24 janvier 1810, mort à Soissons le 23 août 1887.
La vie de cet homme de bien fut l’une des mieux remplies que l’on puisse imaginer, soit comme services rendus à ses compatriotes, soit comme collaboration à toutes les entreprises généreuses. Les titres qu’il acquit ainsi à l’estime et aux regrets de tous, ont été exprimés sur sa tombe par M. Lecercle, conseiller général, par M. Choron, président de la Société archéologique, par M. Cortilliot, au nom de la presse départementale, et par le doyen d’âge des ouvriers de l’Argus Soissonnais. Ces discours, reproduits dans le Journal de l’Aisne du 26 août 1887, forment à eux seuls la biographie du défunt.
Après de solides études littéraires, Fossé d’Arcosse devint le directeur de l’imprimerie si célèbre de la maison Firmin Didot. En 1836, il fut nommé imprimeur à Soissons, où il déploya sans retard ses aptitudes professionnelles, sa vocation littéraire et ses talents si variés. Il appartint bientôt au Tribunal de commerce, où il occupa la présidence pendant dix-sept années, à huit reprises différentes. Il contribua à fonder la Société archéologique, à laquelle il apporta une collaboration constante. Il prit sa part consciencieuse dans l’administration du collège, des écoles, de la caisse d’épargne, de la fabrique de la cathédrale. À chacune de ces institutions, il laissa un legs comme une dernière offrande de son inaltérable dévouement. Homme de société, homme de goût, il favorisa les arts, l’horticulture. Homme de prévoyance, il participa à la création des Sociétés de Secours mutuels, et il s’intéressa sans relâche au sort des ouvriers de sa maison de commerce, où son fils poursuit ses traditions d’honneur et de savoir.
H. J.
Source : AMB 1888.

FOSSIER (Jean-Baptiste Gorgon).
Chanoine honoraire, curé-doyen de Tourteron, né le 2 septembre 1797 à Avaux-le-Château, décédé le 19 août 1873.
Source : AMB 1874.

FOSSIER (Jean-Louis).
Curé de Brimont, né à Poix le 18 août 1794, décédé à Brimont le 4 décembre 1870.
Source : AMB 1872.


FOURNIER (Jean François).
Chanoine titulaire de la Métropole, ancien curé de Rethel, ancien archiprêtre de Notre-Dame de Reims, né en 1804 à Savigny-sur-Aisne (Ardennes), décédé à Reims le 26 novembre 1869.
Source : AMB 1871.

FOURNIER (le commandant Michel).
Né à CourcellesChaussy (Moselle) le 15 mai 1838, fut un officier distingué : il vient de mourir à Bayonne le 6 janvier 1896, où il occupait le poste de commandant de recrutement. Il avait, en 1868, épousé la fille de M. Victor Fiévet, publiciste et imprimeur à Épernay, et avait adopté cette ville comme seconde patrie. Aussi son corps y fut-il transporté.
M. Bonnedame, successeur de M. V. Fiévet, a prononcé un discours sur sa tombe.
Source : AMB 1897.

FOVET (Louis Émile).
Né à Cerny-en-Laonnois en 1823. Président de la Chambre des notaires de l’arrondissement de Laon, membre du Conseil d’arrondissement, maire de Roucy et suppléant de la justice de paix de Neufchâtel (Aisne), décédé le 12 janvier 1873.
Esprit droit, caractère aimable, discret et profondément attaché à ceux à qui il avait donné son estime : personne plus que lui n’a pousser plus loin le scrupule de sa profession.
Source : AMB 1874.

FRANCIÈRE (Aimable Charlemagne).
Né en Picardie, au village de Condor (Oise), le 28 janvier 1824, d’une famille de modestes cultivateurs, eut l’ambition de se faire lui-même une position, et vint à Châlons, chez un de ses cousins, conducteur des Ponts-et-Chaussées, qui lui donna des leçons et lui prêta des livres. Avec une infatigable ténacité il parvint à acquérir lui-même l’instruction qui lui manquait. En 1848, à 24 ans, il surveilla déjà lui-même d’importants travaux, et obtenait, en 1849, un emploi de garde du canal. En 1853, il entrait à la Compagnie de l’Est, comme chef de district. Chef de section en 1861, il prit une part active à l’établissement des lignes stratégiques de Thann à Wesserling, de Mulhouse à Guebwiller, lignes que devait nous ravir peu après le traité de Francfort. Pendant la guerre, il collabora à la défense de la trouée du bas des Vosges et à la création de la ligne de Belfort à Porrentruy et à Bâle.
Admis à la retraite le 1er janvier 1890, il se retire à Châlons, fait partie du Conseil municipal, de la Commission administrative du Bureau de bienfaisance, et est nommé directeur titulaire de la Caisse d’Épargne.
M. Francière mourut à Châlons, 1e 13 février 1898.
Source : AMB 1899.

FRANÇOIS (Henri).
Manufacturier à Vienne-le-Château, conseiller d’arrondissement pour le canton de Ville-sur-Tourbe, membre de la Chambre de Commerce de Châlons-sur-Marne, mort subitement à Paris, le 11 décembre 1902, dirigeait l’importante filature de Vienne, l’une des ressources principales du pays. M. François avait su gagner l’amitié de tous par son caractère loyal et juste.
Il était né à Vienne-le-Château, le 25 février 1856.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

FRANÇOIS (Louis Aimable).
Docteur en médecine, naquit en 1820, à Cormicy, d’une honorable famille de cultivateurs. Ses goûts se portèrent de bonne heure vers la médecine, et il alla exercer son art pendant deux ans à Paris. Plus tard, il s’embarqua deux fois pour l’Amérique, habita Santiago pendant 10 ans ; à son second voyage, il contracta, à la suite d’une grande frayeur causée par un tremblement de terre, la terrible maladie de l’épilepsie.
Il revint de nouveau en France se fixer à Paris, où il mourut le 29 décembre 1875, à la suite d’une nouvelle attaque et d’une manière vraiment tragique, car on ne s’aperçut de sa mort que le 13 janvier 1876.
Le corps de l’infortuné gisait dans la chambre, la face contre terre et le corps en pleine décomposition.
Source : AMB 1877.

FRANÇOIS (Nicolas Alfred).
Filateur à Vienne-le-Château, né le 12 octobre 1820, décédé dans son pays natal le 25 octobre 1877.
Manufacturier très intelligent, il sut, grâce à son travail et à son esprit d’initiative, donner une vive impulsion à son industrie, qui avait été des plus modestes à ses débuts. Tout en augmentant ses affaires, il s’occupa d’améliorer la position des nombreux ouvriers qu’il occupait.
C’est dans ce but qu’il fonda une Société de secours mutuels, aujourd’hui composée de plus de 200 membres, qui, par cette noble institution, se trouvent à l’abri de toute misère.
Source : AMB 1879.

FRAPPART (Nicolas François).
Ancien maire de Vernancourt et d’Alliancelles, ancien juge de paix du canton d’Heiltz-le-Maurupt et de celui de Vitry-le-François, ancien membre du Conseil général de la Marne, né à Vernancourt en 1802, décédé à Vitry-le-François, le 2 septembre 1893.
Son père était notaire et pendant de longues années le fils dirigea l’étude, sans jamais vouloir en prendre la charge.
Son influence fut dès cette époque très grande dans son pays natal dont il fut longtemps maire et dans le canton d’Heiltz-le-Maurupt où il exerça les fonctions de juge de paix pendant dix ans. En 1848, il fut nommé juge de paix à Vitry-le-François, et après quelques années il donna sa démission pour revenir habiter Alliancelles dont il fut bientôt nommé maire.
Il avait acquis comme maire la réputation d’un bon administrateur, et les intérêts des deux communes qu’il dirigea prospérèrent à souhait. Comme juge de paix, il était pour la conciliation et excellait dans cette tâche, aussi toutes ces qualités firent que dans son canton l’on ne jurait plus que par lui. Il fut élu et réélu membre du Conseil général, jusqu’à ce que la vieillesse arrivant, i1 jugea à propos de se livrer au repos qu’il employait encore jusqu’à ses dernières années, à obliger ses compatriotes par de bons conseils.
Retiré à Vitry depuis une vingtaine d’années, il y mourut le 2 septembre 1893, dans sa 91e année, et dans la plénitude de ses facultés.
Charles Remy.
AMB 1894.

FRÉNOY.
Capitaine d’infanterie au 26e bataillon de chasseurs à pied, né en 1850 à Travecy, canton de La Fère, décédé dans son pays natal le 30 novembre 1875.
Entré à Saint-Cyr en 1867, à l’âge de dix-huit ans, le jeune Frénoy sortit le 1er de l’école, comme sous-lieutenant au 4e bataillon de chasseurs à pied. Promu lieutenant au 9e bataillon de la même arme, le 8 octobre 1870, il fit la campagne de Prusse du 8 novembre 1870 au 1er février 1871.
Le 6 février 1874, à l’âge de 24 ans et demi, il était nommé capitaine au 26e bataillon de chasseurs, en garnison à Épernay, où il tomba malade.
C’est pendant la guerre que le capitaine Frénoy a contracté le germe de la maladie qui l’a enlevé ; il a ajouté son nom à la liste de ceux qui sont morts pour la patrie, en laissant parmi ses amis le souvenir du travail et de la modestie.
Source : AMB 1877.

FRÉROT (Jules).
Sylviculteur-pépiniériste, membre de la Société des agriculteurs de France, ancien maire d’Aussonce, délégué cantonal, ancien suppléant de la justice de paix du canton de Juniville, né à Thin-le-Moutier le 9 janvier 1823, décédé à Aussonce le 5 octobre 1894.
M. Frérot était venu depuis longtemps s’établir à Aussonce et y avait créé des pépinières qui, avec le temps, après des débuts pénibles, ont obtenu un grand succès, grâce à l’intelligence et à l’activité de leur créateur.
Il était arrivé au moment où l’industrie du tissage à la main périclitait, et put donner à de nombreux ouvriers, un travail rémunérateur et les retenir à la campagne.
M. Frérot avait conquis par son caractère et son affabilité pour tous, l’estime de ses compatriotes qui l’ont nommé membre du conseil municipal et l’y ont maintenu pendant trente ans. Pendant vingt-et-un ans, il fut maire de la commune et rendit de très grands services pendant la guerre.
Ses aptitudes le firent choisir aussi pour suppléant de la justice de paix de Juniville.
Les peines de la vie ne l’ont pas épargné, et il lui reste de toute sa famille une fille et un petit-fils qu’il eut voulu guider dans la vie, mais la mort n’épargne personne, et il vient de mourir, en emportant l’estime de tous.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

FRESSENCOURT (Isidore).
Né à Chaumont-Porcien (Ardennes) en 1810, décédé au même lieu en 1892.
Il mérite de prendre place dans la biographie régionale par l’activité bienfaisante qu’il déploya pendant sa longue existence.
Sa nécrologie a paru dans le Courrier des Ardennes du 3 mars 1892.
À la suite d’études variées et de voyages à l’étranger, il s’établit en 1841 à Reims, où il venait d’épouser la fille de M. Dérodé-Brochart.
Devenu veuf un an plus tard, il retourna dans son pays natal qu’il ne quitta plus. C’est là qu’il donna essor à des projets multiples que sa situation de propriétaire foncier lui permit d’entreprendre, sinon de faire tout aboutir. Il tenta d’amener à Chaumont une eau abondante en captant les sources des coteaux voisins ; il s’adonna à la pisciculture et à l’apiculture avec succès pendant un certain temps ; et surtout il construisit une fabrique de produits céramiques très appréciés dans la contrée pour le drainage des sols humides et la couverture des bâtiments ruraux.
Il occupa en tout temps de nombreux ouvriers pour ces travaux divers, pour d'utiles plantations, pour la viabilité et pour la fabrication du cidre qu’il essaya d’améliorer.
Conseiller municipal pendant de longues années, il procura à la commune un local pour la création d’une école de filles, et lui en fit l’abandon gratuit pendant vingt-cinq ans. Trésorier de la fabrique de l’église, il contribua à la doter d’une riche châsse pour y renfermer le chef de Saint Berthauld. Il fit bâtir, en l’honneur du même saint, une chapelle d’un aspect pittoresque sur le sommet de- la montagne, à l’endroit où s’élevait le donjon féodal, et l’entoura de bosquets et d’arbustes qui ont embelli notablement la perspective de Chaumont. Souhaitons que la partie vraiment méritoire de ces œuvres survive à leur auteur et se perpétue dans la mémoire des habitants.
H. J.
AMB 1893.

FROMAGE (Georges Théophile Virgile).
Né à Marcy (Aisne) le 23 avril 1832, décédé à Soissons le 16 octobre 1895, de simple instituteur communal à Pontavert, vint fonder à Soissons l’institution Saint-Georges, qui bientôt, sous sa direction, acquit une grande notoriété. Il fut pour ses élèves un maître intelligent et distingué : il les aimait et sut s’en faire aimer. Aussi tout Soissons se pressait à ses funérailles, qui semblaient un deuil public.
Source : AMB 1897.

FUZY (Joseph Désiré).
Chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la Médaille militaire, né à Gentilly (Seine) le 9 septembre 1827, décédé à Épernay le 21 janvier 1889.
Fuzy était un ancien militaire qui a fait nombre de campagnes et entre autres celle de Crimée. Ce fut lui qui planta le drapeau tricolore sur le bastion de Malakoff, le 8 septembre 1855, au milieu d’une grêle d’obus et de mitrailles. Cette scène est rappelée dans un célèbre tableau d’Yvon, au Musée de Versailles.
Un piquet de chasseurs à pied rendait les honneurs funèbres.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.


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