Notices nécrologiques - D

Notices nécrologiques des ALMANACHS MATOT-BRAINE


D’HÔTEL (le docteur Pierre Marie Alfred).
Était né à Vendresse (Ardennes), le 11 octobre 1825 et y revint en 1851 exercer la profession de médecin après avoir subi ses examens devant la Faculté de Paris. Il mourut à Poix-Terron, le 25 juin 1899. C’est donc une existence entière qu’il consacra au soulagement de ses concitoyens, ne ménageant ni son dévouement, ni ses forces pendant les cinquante ans passés au service de la médecine.
D’Hôtel était le contemporain de Landouzy, de Thomas; de Bienfait, mais alors que ses anciens condisciples acquéraient la célébrité ou la notoriété, il n’avait jamais recherché les honneurs, attaché par des liens immuables au clocher natal. Il n’en tenait pas moins un rang important dans le monde médical et sa vie, d’une grande honnêteté, a été retracée par l’un de ses confrères, M. le docteur Pillière, qui a rappelé son passage à la « Société médicale de Reims », sa collaboration à l’« Association des Médecins des Ardennes » et aussi son rôle durant la guerre de 1870.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.


DAGONET (Émile).

Décédé le 21 décembre 1900, à Châlons-sur-Marne, était le frère de M. Léon Dagonet. Avec lui, il avait dirigé l’importante maison de Champagne qui porte leur nom et avait su continuer les traditions d’honneur de cette vieille famille châlonnaise. M. Émile Dagonet s’occupait beaucoup d’agriculture et d’horticulture; les récompenses qu’il obtint dans les concours régionaux, justifient de ses efforts persévérants et de sa passion native.
II fit partie pendant plusieurs années da Conseil municipal de Châlons.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DAGONET (Henri).
Docteur eu médecine, né à Châlons-sur-Marne.
M. Henri Dagonet appartenait à une vieille famille médicale ; son père entomologiste distingué, dirigeait l’asile de Châlons. Ayant embrassé la même carrière, il devint médecin en chef de l’asile de Stephansfeld (Bas-Rhin).
Pendant son séjour en Alsace, il fut nommé, après concours, professeur agrégé de la faculté de médecine de Strasbourg, et institua le premier cours universitaire des maladies mentales en France ; il publia ses leçons dans un ouvrage aujourd’hui classique.
En 1867, à la suite d’un rapport sur l’organisation du service des aliénés qui fut très remarqué, le baron Haussmann l’appela à la tête de l’asile de Sainte-Anne, qu’il venait d’ouvrir. Membre de la Société médico-psychologique, il fit paraître une série de mémoires très appréciés sur l’aliénation mentale.
X…
Source : AMB 1903.

DAGONET (Léon).
Ancien négociant en vins de Champagne et ancien commandant du 1er bataillon des mobiles de la Marne, mourait le 3 décembre 1900. La figure de M. Dagonet était connue de tous les habitants de Châlons et nul n’ignorait la part active prise par cet ardent patriote pendant la guerre de 1870.
Aussitôt le commencement des hostilités, M. Léon Dagonet, quoique son âge l’eut dispensé de partir, n’écoutant que la voie intérieure du devoir, quitte la vie de famille et organise sur le champ huit compagnies, plus 1.200 volontaires, qu’il présente au général Ladret de la Charrière. Celui-ci ne peut retenir son admiration et adresse ces paroles au vaillant chef : « Commandant, avec vous et vos hommes, je voudrais avoir l’honneur de marcher à l’ennemi ».
Le commandant Dagonet se trouve à la bataille de Champigny où son attitude reste calme et fière au milieu de ses soldats qui avaient essuyé le feu d’une batterie prussienne. Nos désastres ne purent ébranler sa foi dans l’avenir et au lendemain d’une défaite, sa parole était aussi chaude, aussi persuasive.
La croix de la Légion d’honneur fut la juste récompense de cette brillante conduite.
Investi du mandat de juge au tribunal de Châlons, M. Dagonet apporta dans ces fonctions, son esprit d’ordre et ses hautes qualités d’homme loyal et droit.
D’une humeur toujours égale, charmant dans l’intimité, il possédait une bonté du cœur peu commune et une grande élévation de principes qu’il tenait de ses ascendants. M. Léon Dagonet était né à Châlons-sur-Marne, le 5 juin 1829.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DAIRE (Marie Victoire Augustine).
En religion mère Saint-Honoré, décédée le 16 janvier 1901, était supérieure de l’Établissement de Sainte-Chrétienne à Mézières qu’elle dirigeait depuis vingt-cinq ans, environ.
Elle était née à Vaux-Champagne (Ardennes), le 15 avril 1841, d’une honorable famille de cultivateurs.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DAMADE (André Félix Jules).
Né à Amiens le 3 février 1817, mort à Saint-Quentin le 26 mai 1896, à l’âge de 79 ans, des suites d’une chute dans l’escalier de sa maison, avait été successivement avocat au barreau d’Amiens, juge à Blaye, substitut à Abbeville et enfin juge à Saint-Quentin, où il acheva sa carrière judiciaire. C’était un homme modeste, instruit et d’une intégrité absolue.
Source : AMB 1897.

DAMAS (Eugène Ernest).
Artiste peintre, né à Rimogne (Ardennes) le 9 mars 1844, décédé à Charleville le 4 août 1899. Artiste consciencieux et tellement épris de son art, il avait puisé dans les leçons de son maître, le célèbre Cabanel, alors qu’il suivait les cours de l’École des Beaux-Arts, de précieuses qualités qu’il mit à profit dans les nombreuses toiles, la plupart brossées devant la nature ardennaise qu’il aimait profondément. Damas fut surtout un paysagiste ; il excellait à rendre les prairies ensoleillées et les lointains bleuâtres comme aussi l’humble travailleur des champs campé à l’orée d’un bois ou courbé devant le travail de la terre. Plusieurs de ses œuvres furent admises aux Salons parisiens, et, il y a deux ans, il avait été nommé officier d’Académie. Professeur des plus recherchés, il s’était créé un grand nombre d’élèves dont quelques-uns ont acquis la notoriété.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DAMIDE (César Auguste).
Décédé à Reims, le 17 juillet 1899, à l’âge de 82 ans, était le doyen du conseil municipal de cette ville et remplissait au bureau de bienfaisance les fonctions d’administrateur.
M. Damide était bien connu par les pauvres du 3e canton ; il se rendait compte par lui-même de leurs besoins, et soulageait leurs souffrances en véritable philanthrope, ouvrant sa porte à toutes les infortunes.
C’était un républicain convaincu et un honnête homme dans toute la force du terme.
M. Damide était né à Louvil (Nord) le 25 décembre 1817.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DAMIDEAUX (Jean-Baptiste Floréal).
Docteur en médecine, originaire de Saint-Thierry où il était né le 7 mars 1831.
M. Damideaux était venu s’établir à Saint-Martin-d’Ablois, aussitôt la fin de ses études médicales. Il y exerça pendant trente ans, non sans une certaine renommée, vivant modestement, sans bruit, faisant le bien, simplement, dignement.
M. le docteur Damideaux était le type de l’ancien médecin de campagne, type qui, malheureusement, tend de plus en plus à disparaître. Tout rond, tout d’une pièce, actif et gai, rempli d’une bonhomie familière qui le rendait sympathique à ses clients et, disons-le, savant distingué et praticien émérite, malgré sa modestie. Le docteur était une de ses personnalités qui sont destinées à vivre longtemps dans toutes les mémoires. Il était le médecin de toutes les classes de la société et il savait, aux déshérités de cette terre, demander des honoraires si minimes, que ses soins pouvaient souvent passer pour gratuits...
Aussi, M. Damideaux, dont la longue existence a été faite de dévouement et d’abnégation, s’était-il concilié de nombreuses amitiés à Ablois, dans les environs et à Épernay, qu’il habitait, en dernier lieu, depuis plusieurs années.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

DAMOURETTE (Louis Nicolas Léopold)
Né à Challerange (Ardennes) le 10 décembre 1822, fit ses premières études au collège de Sainte-Ménehould, qu’il quitta pour entrer au collège de Reims, dont il fut un des brillants élèves, il doubla sa rhétorique et fit sa philosophie à Paris au collège Bourbon (lycée Condorcet), et à 23 ans il était reçu licencié en lettres. Il appartenait à une famille qui comptait alors dans l’enseignement des maîtres illustres ; il nous suffit de nommer M. Hector et Victor Lemaire, de Triaucourt, il entra donc dans la carrière de l’instruction publique, fut nommé professeur d’histoire à Saint-Quentin, à Soissons, puis à Châteauroux ; enfin, arrivé à l’agrégation, il fut nommé à Bar-le-Duc.
Allié à une des plus honorables familles de Sermaize, où il prit sa retraite, il allait pouvoir jouir en paix du repos dont il avait besoin après une carrière longue et pénible. Mais la mort en décida autrement. Il est décédé à Sermaize le 30 novembre 1873.
Source : AMB 1875.

DAMPIERRE (Maurice Henri, comte du VAL de).
Général de division, décédé au château de Hans le 8 septembre 1892.
Représentant la dixième génération d’une très ancienne famille qui vint d’Écosse en Normandie, sous François Ier, pour fuir les persécutions auxquelles étaient soumis les catholiques, lors du schisme d’Angleterre, sous Henri VIII. Guillaume du Walk ou du Val, le premier, fit construire l’hôtel de ville actuel de Caen gui est encore aujourd’hui appelé la maison du Val. Son petit-fils, Jacques du Walk, épouse en 1578, Anne de Bossut-Longueval, comtesse de Dampierre, baronne de Hans, de la famille de Grandpré-Lemanges, qui lui apporte ces deux terres qui sont demeurées, depuis ce temps, dans la famille.
Le général de Dampierre s’est distingué à la guerre de Crimée, où il fut fait prisonnier devant Sébastopol. Il était alors chef d’escadron au 3e lanciers ; il revint à l’armée avant la prise de Malakoff. Il se trouvait aux côtés du général Bosquet, lorsque celui-ci fut blessé à l’assaut de cette tour. Il fit aussi brillamment la campagne d’Italie, et après plusieurs années passées en Afrique, il revint en France pour défendre le sol de la patrie.
Colonel au 8e lanciers, il assistait à la bataille de Sedan en 1870 ; il essaya sans pouvoir y parvenir à percer avec divers corps de cavalerie, d’artillerie et d’infanterie, le cercle qui se rétrécissait autour d’eux. Il fallut se rendre.
Après la guerre, il fut successivement nommé général de brigade et général de division. Il fut le bienfaiteur de la commune de Hans et le restaurateur de son église, où se trouve le caveau de sa famille, dont il fit consacrer le titre de Notre-Dame du Soldat, par Mgr Sourrieu, évêque de Châlons, et confirmer par le pape Léon XIII.
Pour justifier ce titre, il avait fait exécuter par les meilleurs artistes divers sujets religieux et historiques, tels que le Baptême de Clovis, Saint Alpin et Attila, Saint Vincent de Paul, la Vierge de Mignard, la Messe en Kabylie et le Zouave Trappiste, d’après Horace Vernet.
Il avait conservé des relations intimes avec ses anciens officiers et ses camarades. Une inscription, aux fonts baptismaux, en marbre des Pyrénées, porte cette mention : Dons et souvenirs des maréchaux Saint-Arnaud, Randon, Canrobert, Bosquet et Lebœuf.
Ses obsèques furent un véritable triomphe. Les cordons étaient tenus par le général d’Orcet, commandant la brigade de cuirassiers de Sainte-Ménehould et Vouziers, M. Margaine, sénateur, M. le colonel Joppé, son ami et son condisciple et un officier supérieur. Le 7e cuirassiers qui était en manœuvre dans les environs s’est trouvé dans le cortège et lui a rendu les honneurs militaires.
Le général de Dampierre laisse pour continuer ses traditions d’honneur et de devoir un fils, le vicomte de Dampierre, et une fille, mariée au marquis d’Hugleville.
Charles Remy.
AMB 1893.

DANTON (Victor).
Né à Arcy-Sainte-Restitue, en 1808, se destina dès ses jeunes années au sacerdoce. Après des études brillantes faites à Soissons, on l’envoya à Saint-Sulpice pour y continuer ses études théologiques et s’y former aux fonctions si importantes du professorat auquel on le destinait. Il occupa, en effet, la chaire de théologie morale au grand séminaire de Soissons pendant plusieurs années. Mais il quitta bientôt cette carrière où il eût pu rendre de grands services à la religion par un enseignement solide, pour la cure de Saint-Martin de Laon. À l’époque où il était chargé de cette paroisse, après quelques démêlés avec son évêque, Monseigneur de Garsignies, il fut relégué dans la petite commune de Brecy, canton de Fère, qu’il résigna peu d’années après pour renoncer au ministère et se confiner dans une retraite absolue. Des infirmités précoces, amenées sans doute par les contrariétés et les chagrins, lui en avait fait une obligation. Toutefois, il en occupa les loisirs par des études sérieuses et notamment par une traduction de Saint-Thomas qu’il se proposait de publier. L’abbé Danton était, sans contredit, l’un des prêtres les plus éminents du clergé soissonnais, sous le rapport du savoir, du talent et de l’étendue de l’esprit, mort à Braine, le 12 février 1873.
Source : AMB 1874.

DARAS (Jean-Baptiste).
Ancien secrétaire de l’évêché, né à Châlons-sur-Marne, le 23 avril 1797, est décédé le 17 février 1871.
D’abord commis de comptabilité dans l’administration des domaines et secrétaire général de l’état-major des gardes nationales de la Marne ; il entra au collège Stanislas, de Paris, et devint professeur au petit de séminaire de Versailles. Ordonné prêtre le 10 mars 1827, par Mgr Cotteret, évêque de Carixte, in partibus infidelium, il fut nommé curé de Juvigny au mois d’août de la même année.
Curé de Vraux en 1833, malgré des offres d’avancement, il demeura quatorze ans dans ce poste rural. Nommé secrétaire de l’évêché et chanoine honoraire en 1847 ; un arrêté du pouvoir exécutif en date du 28 mars 1848 le nomma chanoine titulaire en remplacement de M. Dubois de Livry, décédé.
M. Daras lègue 500 fr. la paroisse Saint-Alpin, 500 fr. à la caisse de retraite des prêtres âgés ou infirmes, et une somme dont nous ignorons le chiffre aux pauvres de la ville de Châlons.
Source : AMB 1872.

DARCE.
Notaire à Écury-sur-Coole, suppléant de la Justice de Paix, ancien conseiller d’arrondissement, né en 1819 à Estissac (Aube), décédé le 2 février 1880. Il joignait à la connaissance du droit et à l’habitude des affaires une grande rectitude de jugement ; durant sa carrière, il sut se faire apprécierde tous par la droiture de son caractère et par son aménité.
Source : AMB 1881.

DARRAS.
Chanoine de l’église de Châlons, décédé en cette ville le 3 mars 1873.
Un décret du 2 juillet autorise l’acceptation de divers legs faits par lui au profit de divers établissements religieux et de bienfaisance.
Ces legs consistent en 500 fr. à la Caisse de secours des prêtres âgés et infirmes ; – 6.000 fr. au Séminaire diocésain ; – 1000 fr. à la fabrique de la Cathédrale ; – 500 fr. à chaque église de Juvigny, La Veuve et Vraux ; – 1000 fr. au Bureau de bienfaisance de cette dernière commune, et 500 fr. au Bureau de Châlons.
On ne pouvait mieux terminer une carrière si dignement remplie que celle de M. Darras.
Source : AMB 1874.

DARSONVILLE (Geneviève).

Religieuse de l’Hôtel-Dieu de Château-Thierry ; morte à l’âge de 69 ans, en 1872, après plus de quarante années consacrées au soulagement des pauvres et des malades.
Source : AMB 1873.

DARU (Joseph Eugène, vicomte).

Ancien caissier général de la Caisse des dépôts et consignations, officier de la Légion d’honneur, décédé au château des Trois-Moulins, près Melun, en novembre 1888, à l’âge de 75 ans.
Il avait été membre du Conseil général de la Marne pour le canton de Montmirail ; et l’un de ses fils, chef d’escadron au 31e d’artillerie, a épousé Mlle Magne, petite-fille de M. Werlé, ancien maire de Reims.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

DAUPHINOT (Adolphe).
Ancien manufacturier, né à Reims le 14 août 1822, décédé dans la même ville le 31 octobre 1896.
Grand industriel et mécanicien distingué, il était autrefois l’associé de l’importante maison manufacturière Dauphinot frères & Cie ; mais il s’était de bonne heure retiré des affaires pour se livrer sans contrainte à ses goûts artistiques.
Collectionneur éclairé, il eut de fréquentes relations avec les artistes de la région, qu’il encourageait et secourait au besoin. Il fut pendant longtemps le président de la Société des Amis des Arts, et on l’appelait volontiers le ministre des Beaux-Arts de la ville de Reims. Au reste, dans les nombreuses sociétés dont il accepta la présidence, il prenait au sérieux son titre de président, n’épargnait ni efforts, ni voyages, payant toujours largement de sa personne et de sa bourse.
C’est à lui que la « Gauloise », qu’il conduisait lui-même dans les concours, a dû sa réputation de bonne tenue, de discipline et de force, tant admirée en 1875 à Paris, à la première fête fédérale.
C’est à lui principalement que nous devons l’organisation de la belle Société de Tir de Reims que l’on renomme comme modèle ; il en a été le premier président, il en était toujours président d’honneur.
N’a-t-il pas été encore président de la Société Industrielle de Reims et membre de l’Académie de Reims ? Il a publié, en collaboration avec M. A. Marguet, les planches photographiées des Tapisseries de la Cathédrale.
N’a-t-il pas installé de toutes pièces, à l’Exposition de 1878, à Paris, et, plus tard, à Reims, de splendides expositions rétrospectives de nos trésors artistiques ?
Mais où il s’est le plus distingué par son patriotisme et son dévouement, c’est au moment de la guerre. Dès la fin de juillet 1870, il fonda avec le Dr Gaillet et le comte Werlé un comité sectionnaire rémois de la « Croix-Rouge » et organisa d’une manière active une ambulance à la Gare, des postes de service, des cadres et des systèmes de veilles. Aux plus mauvais jours de l’occupation prussienne, il était à la fois le créateur, le président, le secrétaire, le banquier même, l’âme en un mot de ce Comité.
Plus de 500 soldats lui durent alors la guérison et la liberté. Le Gouvernement lui donna pour récompense la croix de la Légion d’honneur (novembre 1871).
M. Dauphinot habitait alors rue du Cloître : et, durant les huit jours que le grand État-major resta à Reims, il eut pour hôte obligé le comte de Bismarck, de qui il obtint diverses faveurs relatives pour nos blessés.
Depuis, la « Croix-Rouge », dont il était encore le président d’honneur pour la section de Reims, et le délégué régional du 6e corps d’armée, n’a cessé d’être l’objet de ses plus chères préoccupations. Le service des ambulances lui doit même l’invention d’un appareil ingénieux qui porte son nom, facilitant grandement le transport des blessés.
Atteint, il y a quelques années d’une grave maladie, il semblait tout à fait rétabli, quand se levant de table, il fut atteint d’une congestion qui l’enleva presque aussitôt.
Cette mort est une perte sensible pour la Ville et pour les Beaux-Arts. On a bien vu au jour des obsèques, quelle large place il y tenait. Toutes les sociétés de Reims y étaient représentées par des délégués des couronnes ; toutes les notabilités de Reims y assistaient. Au cimetière, 6 discours ont été prononcés par :
M. Diancourt, au nom de l’Association rémoise la Légion d’honneur ;
M. Neveux, au nom de la Commission administrative des Hospices ;
M. Maillet-Valser, au nom de la Société des Amis des Arts ;
M. de Gosselin, secrétaire-général de la « Croix-Rouge », au nom du duc d’Aumale, président de la Société ;
M. le docteur Decès, au nom des sociétés de la « Croix-Rouge » ;
M. Jadart, au nom de l’Académie de Reims.
Source : AMB 1897.

DAUPHINOT (Jean Simon).

Officier de la Légion d’honneur, manufacturier, ancien maire de Reims, ancien député, ancien sénateur, ancien président de la Chambre de commerce et du tribunal de commerce, ancien président de l’association amicale des anciens élèves du Lycée, né à Reims le 21 janvier 1821, décédé dans sa ville natale le 10 septembre 1889.
Après de bonnes études au Lycée de Reims, il entra en 1845 à la maison de commerce de son père, M. Dauphinot-Pradine, alors fabricant de tissus à Reims. Grâce à son travail et à son activité, il contribua à donner à cette maison l’extension qu’on lui connaît. Il fut du reste bien secondé dans sa tâche par son frère, M. Adolphe Dauphinot.
Industriel de premier ordre et négociant fort honorable, ses concitoyens ne tardèrent pas à l’honorer de leurs suffrages, en l’envoyant au conseil municipal en 1860 ; il fut nommé maire par l’empereur en 1868, époque où il succédait à M. Werlé.
Sous son administration eut lieu la restauration de l’Église Saint-Maurice et celle de l’église Saint-Thomas, la construction du groupe scolaire de Courlancy, la continuation des travaux du théâtre, de l’hôtel de ville, du lycée et de l’école professionnelle ; puis vint l’année terrible de la guerre.
M. Dauphinot ne resta point au-dessous de sa tâche, et son patriotisme saigna à la vue de l’occupation de Reims par l’état-major prussien et par le roi de Prusse. Nous n’avons pas besoin de rappeler avec quel zèle, quelle activité, quel dévouement et quelle dignité fière et courageuse, il soutint le lourd fardeau des affaires municipales aux heures douloureuses de l’invasion ; ce que firent le maire et ses collègues de l’administration et du conseil municipal est encore présent à la mémoire de ceux qui les ont vus à l’œuvre.
On se souvient de son attitude courageuse vis-à-vis de l’ennemi, qui exigea qu’il montât sur une locomotive afin de garantir contre le feu des francs-tireurs les troupes allemandes qui étaient dans le train.
En février 1879, i1 fut nommé député à l’Assemblée nationale ; alors il quitta la mairie pour se livrer tout entier à ses nouveaux devoirs.
Nous le retrouvons en 1878 au Sénat où il fit partie du centre gauche, dont il devint bientôt le président ; partout il fut un homme d’étude et de réflexion dont les conseils étaient appréciés. À la Chambre et au Sénat, M. S. Dauphinot est resté jusqu’à ce jour le représentant officiel et incontesté de l’industrie et du commerce rémois, car il avait su s’acquérir au Parlement une grande notoriété dans les questions économiques. Il fit aussi plus d’une fois preuve des qualités de l’orateur.
En 1888, il renonça à se représenter à la réélection sénatoriale, pour donner les restes de son activité aux affaires de sa ville natale, à la Chambre de commerce, à l’Exposition universelle de 1889, dont il était l’un des commissaires les plus écoutés.
Atteint par la maladie qui devait l’enlever, il travaillait encore avec les membres de sa commission qui s’étaient transportés à Reims pour recueillir ses derniers avis.
La Ville de Reims perd en M. Dauphinot l’un de ses enfants les plus distingués et les plus brillants, car on peut résumer sa vie dans ces trois mots : honneur, travail et dévouement.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DAUTREVILLE (Antoine Henri).
Ingénieur des arts et manufactures, architecte, adjoint au maire de la ville de Reims, né à Châlons le 6 octobre 1840, décédé à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) le 13 octobre 1893.
Petit-fils par sa mère de M. Barbat, chez qui l’art était l’objet d’un culte, il avait hérité des goûts distingués de son aïeul. Architecte de talent, il vint s’établir à Reims après la guerre, et y fut bientôt apprécié autant pour ses connaissances spéciales que pour son urbanité.
Il siégeait au conseil municipal depuis dix ans et remplissait depuis six ans les fonctions d’adjoint chargé du service de la voirie communale. Il faisait partie de la commission de surveillance de l’École des arts industriels ; et comme délégué cantonal, il avait pour les élèves de nos écoles des soins tout particuliers en ce qui concernait l’étude du dessin.
À l’âge où l’expérience venait compléter le talent, Dautreville atteint depuis quelque temps d’une maladie grave qui lui laissait cependant la liberté de se livrer à ses occupations, il mourut subitement à l’âge de 53 ans, à Bois-le-Roi, chez son frère, où il était en villégiature.
Ses funérailles célébrées à Reims ont prouvé par l’affluence d’une nombreuse assistance qu’il avait été apprécié à une haute valeur. M. Henrot, maire, dans le discours qu’il prononça sur sa tombe, a fait valoir les services rendus à la ville de Reims, et M. Fossier, secrétaire de la Société des architectes du département de la Marne, en fit l’éloge comme homme privé et comme architecte.
Charles Remy.
AMB 1894.

DAVAUX-MENNESSON.
Maire de Château-Porcien, conseiller général des Ardennes, ancien notaire, banquier, suppléant de la justice de paix, président de la société de secours mutuels, etc., né à Draize (Ardennes), le 27 octobre 1811, décédé à Château-Porcien le 11 novembre 1897, dans sa 87e année et à la suite d’un exercice actif des plus longs et des plus dévoués comme magistrat municipal. Il était venu se fixer à Château-Porcien comme notaire en 1837, et, dès 1840, il prit place au Conseil municipal, qu’il dirigea bientôt comme adjoint et comme maire ; beaucoup d’autres fonctions gratuites lui échurent pendant les soixante années de son séjour dans cette ville.
Les titres qu’il acquit ainsi à la gratitude de ses concitoyens ont été dignement retracés dans les discours prononcés sur sa tombe par M. le préfet des Ardennes, au nom du Gouvernement et du département, par M. Linard, député, au nom du Conseil général, par M. Baudemant, au nom de la société de secours mutuels, et par M. Ledoux, au nom de la commission administrative de l’hospice. L’assistance, extraordinairement nombreuse et recueillie, s’associa aux témoignages évoqués par ces hommages légitimes. On y sentait revivre les divers souvenirs et les preuves d’une sollicitude et d’une bienveillance pour tous qui ne se démentirent jamais au cours de cette féconde et honorable carrière.
Les services rendus aux malades, aux pauvres, aux victimes des fléaux et des incendies, aux ouvriers nécessiteux, comme il s’en trouva toujours beaucoup à Château-Porcien, sont de ceux qui touchent le plus et assurent à une mémoire la plus légitime durée. Nous nous plaisons à les rappeler, en adressant à la famille de M. Davaux nos plus sincères condoléances.
H. J.
Source : AMB 1898.

DAVENET (Général Jean-Baptiste Victor).
Grand-officier de la Légion d’honneur, ancien chef d’état-major du 6e corps, ancien commandant de la division militaire à Chaumont, né le 19 mars 1821, à Château-Villain, mort à Bologne (Haute-Marne), le 18 décembre 1896.
Ancien élève des écoles Saint-Cyr et d’état-major, il avait eu un avancement rapide. Ayant suivi le général Douay au Mexique, il y avait conquis le grade de lieutenant-colonel. Il resta attaché à ce général pendant la guerre de 1870, et combattit à ses côtés à la bataille de Sedan et pendant le siège de Paris. Colonel en 1871 et général de brigade en 1876, il fut chef d’état-major du 6e corps, à Châlons, à l’organisation de ce corps d’armée sous le général Douay, et conserva ces fonctions sous les généraux Clinchant, Saussier, de Courcy et Chanzy. Il ne quitta Châlons qu’à sa nomination de divisionnaire, au mois de mars 1883
Source : AMB 1898.

DAVID (Émile Louis).
Négociant, conseiller municipal de Charleville, né à Charleville le 1er juillet 1839, décédé le vendredi 19 août 1876.
Homme très actif et intelligent, il s’était fait remarquer par une étude consciencieuse des questions intéressant la cité. Il avait été vice-président du festival.
Source : AMB 1877.

DAVID (Louis Anselme Guillaume).
Né à Sedan le 22 septembre 1820, décédé à Sedan le 24 février 1898, inhumé le lundi 28. Président du Comité de la Croix-Rouge et du Souvenir Français, ancien vice-président du Tribunal de Commerce, il a tenu à Sedan une large situation, acquise par son travail, son énergie et son cœur. Il était animé d’un ardent désir de donner sa coopération la plus active à tout ce qu’il sentait devoir être utile à un degré quelconque à ses concitoyens.
Ses obsèques furent l’occasion d’une vive et patriotique manifestation. En tête du cortège marchaient les élèves de l’École chrétienne libre des Frères ; venaient ensuite les Brancardiers, puis le personnel de la Banque de France. dont il était l’un des administrateurs appréciés. Le cercueil disparaissait sous les fleurs. La Société de Secours aux blessés et le Souvenir Français avaient envoyé d’admirables couronnes.
Une lettre de M. le duc d’Auerstaedt, président du Comité central de la Société française aux blessés militaires, avait exprimé au Comité de Sedan, ainsi qu’à la famille du regretté défunt, l’expression de ses sincères condoléances. La Chambre de Commerce de Sedan, en apprenant sa mort, le jeudi 24 février, avait immédiatement levé sa séance en signe de deuil.
Source : AMB 1899.

DAVID (Paul).
Paul David portait un nom illustre dans l’histoire politique de Reims.
Son père, Adolphe David, commissaire du gouvernement sous la seconde République, s’était signalé par l’énergie de ses convictions et son dévouement aux intérêts publics. Allié à deux familles qui comptaient parmi les plus anciennes et les plus nombreuses de la ville, son influence et son autorité étaient considérables.
Paul David, dès sa sortie du lycée de Reims, entra dans les affaires. Intelligence vive, très bon camarade, obligeant, il sut étendre les relations de la maison de tissus qu’il avait créée avec son beau-frère Adolphe Warnier, ancien député à l’Assemblée nationale, dont le souvenir est encore si vivant à Reims. Il se plaisait dans le commerce et y déployait une activité qu’interrompaient seulement ses relations privées.
Amateur et connaisseur, il embellissait sa vie par les jouissances que procurent l’art, les lettres, les voyages aux heureux du monde, favorisés de la fortune, et volontiers y faisait participer ceux qui les goûtaient comme lui.
Il habitait Paris lors de sa mort. Mais chaque année, dans sa belle propriété de Vrilly, magnifiquement ornée par ses soins, il venait respirer l’air natal au milieu de ses parents et de ses amis et y exercer sa large hospitalité.
Il ne songea jamais à la politique malgré le nom qu’il portait et l’aisance que ce nom lui aurait donnée pour y réussir.
P. D.
Source : AMB 1904.

DAVID-BACOT.
Décédé à Sedan le 10 novembre 1880, dans sa 67e année.
Ancien manufacturier, chevalier de la Légion d’honneur, conseiller général des Ardennes, président de la Société de secours mutuels, membre du Conseil académique de Douai, délégué pour l’inspection des écoles primaires, officier d’Académie, membre de la commission administrative du Bureau de Bienfaisance, ancien capitaine de la compagnie des sapeurs-pompiers, ancien conseiller municipal, ancien président du Conseil d’administration du journal le Nord-Est, dont il avait été l’un des fondateurs, républicain dévoué et convaincu, n’ayant jamais dévié, il rendit de grands services à la cause démocratique dans les Ardennes. D’un esprit cultivé, d’un caractère agréable, il jouissait de l’estime publique et d’une véritable popularité parmi les ouvriers, à qui il s’intéressait beaucoup. C’est lui qui, en 1842, établit à Sedan la première société de secours mutuels. Sa mort a laissé des regrets sincères et mérités.
Source : AMB 1881.

DEBALLE (Noël).
Cultivateur, ancien maire de Gricourt, né en 1819, décédé à Gricourt en 1889, était conseiller municipal de la commune depuis 1855, et maire depuis 1870. Il a rendu de signalés services à la commune pendant l’invasion allemande.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DEBAYE (Gilles).
Né à Thillois, près Reims, le 3 septembre 1783, chevalier de la Légion d’honneur, vice-président de la société de secours mutuels de Saint-Pierre, décédé à Reims le 18 mars 1870.
M. Debaye faisait partie de l’armée française au passage de la Bérésina, le dévouement qu’il montra à sauver ses camarades lui mérita la décoration des mains de l’Empereur.
Source : AMB 1871.

DECARSIN.
Conducteur des ponts et chaussées, né à Abbécourt en 1839, décédé à Vailly pendant l’année 1889, donna à l’administration des ponts et chaussées 32 ans de bons services, comme employé à la navigation, au tracé des chemins de fer de l’État et à la direction des travaux. Il fut enfin appelé au service de la navigation de l’Aisne, à la résidence de Vailly, où il est mort à l’âge de 50 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DECÈS (Arthur Marie).
L’homme qui disparaissait le 7 février 1900, avait de nombreux titres à la reconnaissance publique. Sa modestie et son abnégation rendaient encore plus sympathique cette figure si connue de tous les Rémois, riches et pauvres, surtout de ces derniers, car c’est à eux qu’allait sa sollicitude et son entier dévouement. Aussi ses obsèques, célébrées le 10 février, avaient-elles pris les proportions d’un deuil public.
Fils du chirurgien J.-B. Decès, professeur des plus estimés, et héritier par sa mère des qualités du clinicien Duquénelle, de ce savant que l’Académie de Médecine avait tenu à faire entrer dans son sein, le docteur Decès continua les traditions et les nobles vertus de ses ascendants.
Ancien interne des hôpitaux de Paris, successivement professeur suppléant, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, titulaire de la chaire de pathologie en 1861 et de clinique externe en 1883, membre de la société médicale qu’il avait présidée, de l’Association des Médecins de la Marne qu’il avait contribué à fonder, etc., il fut à l’École de Médecine comme dans les diverses assemblées qui l’avaient élu, le professeur toujours respecté. Ses élèves l’aimaient et leur attachement pour leur maître montrait à quel degré ils le tenaient en vénération.
Au Conseil municipal où le docteur Decès avait été appelé il y a quatre ans, il se montra comme partout ailleurs, l’homme dévoué aux intérêts de ses concitoyens.
Il n’est point besoin de longues phrases pour retracer l’existence de telles vies : les actes parlent eux-mêmes. La longue carrière sacerdotale d’humanitaire insigne que fut le docteur Decès est un exemple ; la mémoire de l’homme de bien et du savant, survivra longtemps encore dans la vieille cité rémoise qui avait vu avec joie son enfant recevoir la croix de la Légion d’honneur et la rosette d’officier de l’Instruction publique.
M. le docteur Decès était membre du Conseil de Fabrique de Notre-Dame, membre de l’Académie nationale de Reims, délégué de la « Croix-Rouge » pour la 6e région militaire, et président du Comité rémois, président de la Fraternelle, de 1a Société de Tir, de l’Association des Sociétés de gymnastique de Reims, etc.
Malgré la dernière volonté du défunt qui avait exprimé qu’aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe, des voix s’élevèrent et dirent tout le bien de l’homme charitable, du savant modeste, de l’ardent patriote vers lequel, en ce jour de deuil, se porta plus d’une reconnaissante mémoire.
Tout récemment encore, à la séance de rentrée de l’École de Médecine, le 7 novembre dernier, M. de Bovis, professeur de clinique obstétricale, retraçait d’une façon magistrale la vie du médecin, du « bon docteur », comme l’appelaient plus particulièrement ceux vers lesquels allait son inépuisable charité.
M. le Dr Décès était né à Reims le 31 mai 1831.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DECÈS (Jean-Baptiste Louis).
Docteur en médecine, vice-président du Conseil d’hygiène chirurgien en chef honoraire de l’Hôtel-Dieu, professeur honoraire de l’École de Médecine, membre correspondant de l’Académie de médecine et de la Société de chirurgie de Paris, membre de l’Académie de Reims et du conseil de fabrique de la Cathédrale, né à Saint-Martin-d’Ablois (Marne) le 29 décembre 1804, décédé à Reims le 1er octobre 1886.
M. Decès fit ses premières études à Reims et les acheva à Paris où il reçut le diplôme le docteur en médecine en 1879. À cette époque, il vint se fixer à Reims, où il exerça la médecine pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à ce que dignement remplacé par son fils, il prit un repos bien mérité, sans pour cela délaisser l’étude d’une science qui lui était si chère.
Il avait épousé la fille du savant docteur Duquenelle dont la mémoire est conservée à l’École de Médecine et dans la ville de Reims comme une pieuse tradition.
M. Decès fut successivement professeur suppléant, puis titulaire d’anatomie à l’École de Médecine et professeur de pathologie externe ; il n’abandonna l’enseignement de la médecine qu’en 1861 et fut nommé professeur honoraire.
Il fut chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de 1829 à 1865, époque où il prit sa retraite et reçut l’honorariat.
M. Decès avant de mourir eut la consolation de voir qu’après son fils, ses traditions passeraient encore directement à sa famille.
Depuis 1870, M. Decès retiré dans la vie privée, s’occupa de travaux de sciences et de philosophie religieuse. Ces différentes monographies ont été imprimées soit en brochures, soit dans les publications médicales ; son œuvre principale est le Traité des cicatrices vicieuses, publié par la Société de chirurgie de Paris.
En finissant, nous citerons la fin de l’allocution prononcée sur sa tombe par M. le docteur Luton, directeur de l’École de Médecine :
« L’existence de Decès offre un exemple précieux à méditer : il a montré une rectitude de jugement et une fermeté d’exécution qu’il nous faut hautement proclamer et nous devons tous nous incliner respectueusement devant cet homme, qui fut à la fois : un travailleur, un sage et un croyant. »
Source : AMB 1887.

DECHEVERRY (Messire Marie Alfred).
Chanoine titulaire et grand-pénitencier de l’Église métropolitaine de Reims, né à Poitiers, le 17 septembre 1828, décédé à Reims, le 17 juin 1902.
Les belles vertus de ce prêtre, son austérité, la noblesse de son caractère firent de sa vie un apostolat.
Élevé par une famille chrétienne, Alfred Decheverry, après être resté employé dans une maison de commerce de La rochelle, s’était uni aux liens du mariage, quand la mort lui ayant ravi sa jeune épouse, il vit une nouvelle voie s’ouvrir devant lui.
Après plusieurs années d’un travail assidu, il put entrer au Grand-Séminaire et, le 30 mai 1863, recevoir l’ordination des mains de Monseigneur Landriot, alors évêque de La Rochelle.
Le prélat, connaissant les qualités du jeune prêtre se l’attacha en qualité de secrétaire particulier et le nomma aumônier des Petites-Sœurs des Pauvres.
Devenu secrétaire général le 28 mai 1866, il recevait cette année le camail de chanoine honoraire.
Mgr Landriot ayant été appelé à Reims en 1867, emmena avec lui l’abbé Decheverry ; il lui confia le secrétariat général de l’Archevêché et le fit chanoine titulaire en 1869.
Toujours dévoué aux œuvres, cherchant sans cesse à faire le bien en donnant de salutaires conseils, il trouva dans les fonctions qui lui furent dévolues comme aumônier des sœurs de l’Espérance et comme protecteur de la communauté des sœurs de Saint-Joseph de quoi satisfaire ses saintes inspirations.
M. Decheverry était encore supérieur des Petites-Sœurs des Pauvres, membre du bureau diocésain des Œuvres, directeur de l’Œuvre des Campagnes et de l’Œuvre des Tabernacles, aumônier des Dames de l’Espérance.
Mais malgré une santé robuste et un tempérament énergique, la maladie atteignit ce beau vieillard, aux traits ascétiques ; les soins qui lui furent prodigués ne purent retarder l’heure fatale qu’il vit venir avec résignation, expirant avec ces sentiments de sainteté et d’ardente foi qui l’avaient guidé durant toute sa vie.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

DÈCLE (Charles).
Directeur des distilleries de Rocourt, près Saint-Quentin, né à Paris le 21 septembre 1826, décédé en ce lieu le 1er mars 1888, à l’âge de 62 ans.
Depuis près de 30 ans, il était à la tête de l’une des usines les plus importantes de distillerie fondée par M. Robert de Massy, frère de l’ancien sénateur du Loiret, dans laquelle fut appliquée pour la première fois la distillation des mélasses.
M. Dècle était d’une intelligence remarquable, c’était encore un savant et un chercheur. Outre ses recherches sur la chimie industrielle, il se consacra à l’étude des phénomènes hypnotiques, et c’est à lui, en collaboration avec le docteur Chazarin ; qu’est due la découverte de la polarité humaine qui a produit une véritable révolution dans l’application de l’hypnotisme et de l’électricité au point de vue de la médecine.
Charles Remy.
Source : AMB 1889.

DÉDIN (Le Révérend Père).
De l’Oratoire de Saint-Philippe de Néri, de Reims, succombait presque subitement le 21 mars 1899, alors qu’une vie faite d’abnégation et de vertus, l’avait déjà signalé à ses supérieurs comme l’un des plus dignes représentants de la communauté.
Ordonné prêtre le 19 juin 1886 il avait été nommé vicaire à Mézières, mais là, tout en s’acquittant avec le plus grand devoir du ministère paroissial, il sentait en lui grandir le désir de l’austère vie des ordres réguliers, et bientôt il sollicitait de Son Éminence l’autorisation d’entrer dans la communauté diocésaine de Binson. Il obtint satisfaction, et, en 1895, lorsque les missionnaires du prieuré furent transférés à Sainte-Geneviève de Reims, le Père Dédin mit tout son amour et tout son dévouement à se consacrer à la nouvelle paroisse. Il acquit bientôt l’estime de tous, et c’est avec peine que la population apprit sa mort si prématurée.
Le R. P. Dédin était né à Buzancy (Ardennes) le 17 avril 1862.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DEFRANCE (Abbé Nicolas Eugène).
Vicaire-général honoraire, doyen du chapitre de la cathédrale de Châlons, né à Argers près de Sainte-Ménehould (Marne) le 21 novembre 1807, décédé à Châlons le 26 août 1894, est un des prêtres qui rendirent les plus grands et les plus nombreux services a son diocèse.
Ordonné prêtre en 1842, i1 était envoyé à Vitry comme vicaire et fut bientôt appelé au même titre à la cathédrale de Châlons. C’est de là que Mgr de Prilly le tira en 1845 pour le mettre à 1a tête du Petit Séminaire de Saint-Memmie, où il s’était fait remarquer moins de dix ans auparavant comme l’un des meilleurs élèves, quand cet établissement était encore a la rue de l’Autre-Monde.
Il avait alors 28 ans. Il resta à la tête de cet établissement jusqu’en 1864. Mgr Bara l’avait pris pour vicaire-général et l’avait nommé aumônier de la Congrégation.
Après la mort de celui-ci, il fut l’un des vicaires capitulaires pendant la vacance du siège.
À l’arrivée de Mgr Meignan à Châlons, il fut remplacé comme vicaire-général par M. l’abbé Deschamps, mais il ne resta pas longtemps au repos. L’année suivante, il était appelé comme supérieur du Grand Séminaire diocésain, qu’il administra jusqu’en 1871, époque où il fut nommé chanoine titulaire du chapitre dont il fut doyen de 1853 jusqu’à sa mort.
Pendant sa longue carrière si bien remplie, il fut toujours à la hauteur de toutes les éminentes fonctions dont il fut chargé. Modèle des vertus sacerdotales, il en inculqua par l’exemple la pratique à la plus grande partie du clergé du diocèse de Châlons dont il fut l’éducatenr pendant 26 ans.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DEFRANÇOIS (Jean Claude Henri).
Chevalier de la Légion d’honneur, officier dn l’instruction publique, médaillé d’honneur, professeur honoraire au Lycée de Reims, professeur aux écoles municipales de la ville de Reims, sous-lieutenant honoraire de la compagnie des sapeurs-pompiers, membre d’honneur de la compagnie des sauveteurs, chef de section à la Société de secours militaires aux blessés La Croix-Rouge Française, né à Lyon le 10 avril 1816, décédé à Reims le 26 décembre 1893.
Le 26 décembre de l’année 1893 mourait presque subitement à Reims, où i1 habitait depuis quarante ans, l’homme de cœur et de bien, Claude Defrançois, si connu sous la dénomination familière de Père de la Gymnastique.
Né à Lyon, le 19 avril 1826, M. Defrançois était au service militaire depuis cinq ans, quand le hasard des garnisons l’amena à Reims en 1853. Il était déjà maître d’armes et gymnaste émérite. Ses officiers, qui lui portaient un vif intérêt, s’occupèrent aussitôt de lui procurer des leçons, et bientôt il était admis au Lycée comme professeur d’escrime. Mais il n’eut dès lors ni cesse ni repos, qu’il n’y eut ressuscité l’enseignement de la gymnastique ; et c’est à ses propres frais qu’il renouvela et reconstitua l’ancien matériel du gymnase, frais assez élevés et qui ne lui ont pas été remboursés. Mais l’intérêt lui tenait peu au cœur : il l’a bien des fois prouvé. Sa grande, son unique préoccupation, son idée fixe, c’était la gymnastique, qu’il envisageait déjà comme un puissant levier d’éducation, de moralisation et de patriotisme.
À partir de ce moment, toute la vie de M. Defrançois n’est qu’un laborieux apostolat pour la propagation de la gymnastique. À Reims se forment successivement autour de lui les premières sociétés gymniques du Nord-Est de la France.
Ainsi que le disait à ses obsèques le docteur Doyen, un autre fervent zélateur de la gymnastique :
« En 1870, c’est lui qui sut enflammer d’un souffle patriotique nos jeunes gymnastes, dont pas un ne manque à l’appel pour voler à la défense de la patrie.
Plus tard, après les cruelles épreuves de l’année terrible, nous le voyons prodiguant à tous ses encouragements et ses conseils ; et quand la cause de la gymnastique est définitivement gagnée, il poursuit sans relâche la mission qu’il s’est donnée ; il assiste aux concours et aux congrès, et partout il est le champion respecté de la dignité et de la moralité ».
En effet, l’assiduité qu’il mettait à l’accomplissement de ses devoirs professionnels au Lycée et en ville ne pouvait satisfaire à son incessante activité. Grâce à ses efforts persévérants, la gymnastique rayonne du Lycée aux autres établissements scolaires, et même aux écoles primaires de garçons et de filles. Il veut et fait plus encore, et donne, dans ses rares instants de loisir, des leçons gratuites de gymnastique aux enfants déshérités de l’Hôpital-Général.
À la longue, la réputation du Père de la Gymnastique se répandit au loin : les récompenses et les distinctions honorifiques ne tardèrent pas à, lui être décernées, sans aucune sollicitation de sa part. Nous avons parlé de son désintéressement. La ville de Reims lui ayant décerné le prix Buirette de mille francs, il vint tout fier recevoir son diplôme, mais s’empressa de distribuer l’argent à diverses institutions de bienfaisance. Déjà médaillé d’honneur depuis 1871, il reçoit l’année suivante, de M. Jules Simon, les palmes d’officier d’académie ; dix ans plus tard, il est promu officier de l’instruction publique. Le conseil de l’Union des Sociétés de Gymnastique de France lui décerne le titre de membre d’honneur. Enfin, à la fête fédérale de Vincennes, le 9 juin 1889, c’est aux acclamations unanimes de six mille gymnastes venus de tous les points de la France, que le Président de la République attache sur sa poitrine cette croix de la Légion d’honneur si noblement et si grandement méritée.
N’a-t-il pas donné son concours à toute œuvre de dévouement et de patriotisme ? Aux sapeurs-pompiers, aux sauveteurs, à la Croix-Rouge, n’a-t-il pas largement payé de sa personne en même temps que des conseils de son expérience ? Il se donnait tout entier et même au-delà de ses forces, lorsqu’il s’agissait de faire quelque chose de bien.
Profondément pénétré de la vérité qu’exprime avec une si heureuse concision la fameuse maxime : mens sana in corpore sano, M. Defrançois voyait dans le gymnase une école libre de discipline, où se développait, en même temps que la force physique, la vigueur intellectuelle et morale, dans un but de perfectionnement humanitaire et patriotique. Car ce qu’il cherchait avant tout, c’était de préparer à la France des enfants vigoureux et de vaillants soldats. Aussi s’ingéniait-il de temps à autre à consigner dans des livres les résultats de sa grande expérience. Il a publié, entre autres, en 1862, le Manuel de gymnastique et orthopédique, et en 1870, la Locomotion dans l’eau, principes élémentaires de natation.
Il venait de prendre sa retraite au Lycée après quarante années de services publics ; mais malgré sa santé chancelante, il ne pouvait se résigner au repos. Il reste debout jusqu’à sa dernière heure, mourant pour ainsi dire « au champ d’honneur ».
Ses obsèques, célébrées aux frais du Lycée, ont eu le caractère d’un deuil public. Le proviseur conduisait le cortège funèbre, suivi de tous les professeurs et des élèves. Toutes les écoles, toutes les sociétés de gymnastique étaient représentées. Toute la ville enfin s’associait à cette triste cérémonie. Et quand sur la tombe le Proviseur, ensuite les docteurs Doyen et Decès prononcèrent d’une voix émue et entrecoupée de larmes les paroles de l’adieu suprême, ce fut dans l’assistance un attendrissement général. Aussi sa mémoire reste vénérée, et longtemps encore restera populaire à Reims et dans la France entière le souvenir du Père de la Gymnastique.
Henri Matot.
Source : AMB 1895.

DEGANNE (Albert).
Chevalier de la Légion d’honneur, ancien ingénieur des Ponts et Chaussées, ancien maire d’Arcachon, né à Vertus le 20 octobre 1817, décédé à Arcachon au mois d’octobre 1886.
Ingénieur distingué, il avait coopéré en 1841 à la construction du chemin de fer de Versailles et de plusieurs autres ; à cette époque, il se fixa à Arcachon et donna la vie à cette station balnéaire qui lui doit son chemin de fer et presque son existence. Il avait acheté d’immenses terrains dont la revente lui donna une immense fortune et dont il usa généreusement en dotant sa ville d’adoption d’un théâtre, d’un gymnase et de divers autres établissements.
Par son testament, il laissa à la ville son château évalué à un million, et 300.000 fr. en argent.
M. Deganne n’a pas oublié qu’il était né à Vertus : de son vivant, il subvenait aux besoins des sociétés de secours mutuels, de musique, et les pauvres connaissaient cet homme charitable à qui on ne s’adressait jamais en vain.
M. Deganne laisse à la ville de Vertus les propriétés et les habitations qu’il y possédait et le cinquième du produit de la vente des terrains qu’il possède à Arcachon, où sont élevées de nombreuses et somptueuses villas.
Ce legs est fait à la condition que la commune de Vertus consacrera la somme nécessaire à la construction et à l’entretien d’un hôpital pour les vieillards, qui portera son nom.
Source : AMB 1887.

DÉGIEUX (Fidèle Stanislas).
Ancien notaire, maire de la ville de La Fère, ancien membre du Conseil général de l’Aisne, chevalier de la Légion d’honneur, né en 1806, décédé à La Fère le 13 septembre 1882.
M. Dégieux a occupé dans le canton de La Fère une situation considérable et au cours d’événements politiques importants, a rendu de réels services à son pays par sa prudence, sa fermeté et son esprit de conciliation.
Source : AMB 1883.

DÉGLAIRE.
Issu d’une famille de cultivateurs, M. Déglaire était resté, à la suite de ses études, profondément attaché à ce qui intéressait l’agriculture et le choix de la profession de vétérinaire le mit en relations constantes avec la grande famille agricole. Il fut lui-même un agriculteur distingué.
L’exemple du dévouement qu’il donna en 1870 et 1871 lorsque le typhus exerçait ses ravages sur nos bestiaux, épidémie qu’il combattit avec tant d’énergie montra ce dont il était capable et l’estime qu’il avait acquise depuis longtemps déjà ne fit que s’accroître dans la population du Chesne, chef-lieu de canton où il s’était fixé en 1847.
À la suite de cet acte, M. le Ministre de l’Agriculture lui décerna une médaille d’or ; ce fut d’ailleurs avec une médaille de vermeil qu’il obtint de la Société des Agriculteurs de France, la seule récompense officielle d’une vie de labeur, d’une vie probe, faite de devoir, guidée qu’elle fut par une conscience droite.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

DEGLAIRE (Philippe Honoré).
Chanoine titulaire, curé-archiprêtre de la cathédrale de Reims, ancien aumônier du lycée de Reims, membre de l’Académie de Reims, né à Dom-le-Mesnil (Ardennes), le 16 janvier 1832, décédé à Reims le dimanche 27 octobre 1889, à l’âge de 57 ans.
La mort subite et inattendue du digne chanoine, archiprêtre de Notre-Dame de Reims fut un coup de foudre pour sa paroisse et pour la ville entière où il était aimé et vénéré.
Le dimanche matin, il venait de célébrer la messe paroissiale à la cathédrale, sans avoir éprouvé la moindre faiblesse. Après avoir donné quelques ordres et avoir reçu quelques personnes à l’église, il était retourné chez lui, lorsque pendant la messe capitulaire, c’est-à-dire une demi-heure après, on vint chercher un prêtre pour lui donner l’absolution : Mgr Péchenard, vicaire général, accourut et le trouva expirant, un médecin appelé à la hâte le trouva mort.
M. l’abbé Deglaire était entré au petit séminaire après avoir commencé ses études auprès de son curé ; sa brillante intelligence et sa nature d’élite laissaient présumer ce qu’il pourrait être par la suite.
En 1856, il fut ordonné prêtre par Mgr l’Archevêque Gousset, et il débuta comme vicaire de la Basilique de Saint-Remi. Dès ce moment, apparurent les brillantes qualités qui devaient lui acquérir l’affection de tous ceux qui l’approchaient et qui ne firent que s’accroître avec les années. Il devint bien vite l’ami de son curé, l’abbé Aubert, dont il écrivit plus tard la biographie.
En 1862, il était appelé comme vicaire à la cathédrale, où il fut distingué par Mgr le cardinal Gousset qui l’appela auprès de lui, en 1865, comme secrétaire particulier, et dont il fut aussi le biographe. Il avait la mémoire du cœur, et il joignait ensemble les noms de son curé de Dom-le-Mesnil, du bon abbé Aubert et du cardinal Gousset.
À la mort de ce dernier, il fut nommé par Mgr Landriot, aumônier du lycée ; c’est là qu’il gagna par son caractère loyal, par son affabilité, les jeunes gens d’une génération qui est actuellement celle des hommes mûrs et qui lui ont conservé une vive affection et une grande confiance dont il se servit pour faire le bien autant en les entretenant dans les bons sentiments, qu’en utilisant leur influence au profit des humbles et des déshérités de la fortune. Il aimait à revoir ses anciens collègues et ses anciens élèves du lycée où il avait passé, comme il le disait lui-même, de si bons jours.
Le 2 février 1875, il était nommé par Mgr Langénieux curé-archiprêtre de la cathédrale. Dans ce poste important, il se montra bon administrateur de la paroisse, et voulut être, comme dit l’un de ses biographes le curé de tous, penchant comme le Sauveur pour la brebis égarée qu’il cherchait par sa douceur à ramener au bercail.
Faire l’éloge de M. l’abbé Deglaire, c’est redire tout ce qui est dans la bouche et dans le cœur de tout le monde : quel est à Reims celui qui n’a pas connu sa bonté ? et ils sont nombreux ceux qui ont eu recours à lui, soit pour des besoins matériels, soit pour des besoins de l’ordre spirituel ou moral.
Membre depuis 25 ans et ancien président de l’Académie de Reims, il était l’un des membres les plus assidus à ses séances ; ses confrères perdent en lui un homme distingué dont l’aménité avait fait l’ami de tous.
Nous n’ajouterons aucun détail à ce qui a été dit déjà sur ses funérailles, qui furent une véritable marche triomphale.
Une souscription a été ouverte parmi ses amis et ses paroissiens pour lui élever un monument funéraire.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DEGOIX (abbé Pierre Amable).
Curé de Vaux-sons-Laon, né à Marle (Aisne) le 17 juillet 1815, décédé le 23 avril 1887.
Il débuta dans la carrière comme vicaire à Mont-Saint-Père, où i1 a laissé de bons souvenirs. Il fut ensuite nommé curé de l’importante paroisse de Vaux-sous-Laon, qu’il administra pendant 40 ans.
On doit à son zèle pour son église la restauration du portail, les verrières, les cloches, le chemin de la croix et de nombreux autres embellissements.
Plein d’ardeur et d’activité, il se dévoua au soulagement de toutes les misères morales et physiques.
Il seconda Mgr Carsignies, son évêque, dans la fondation de l’orphelinat de Prémontré, et il était membre du conseil de l’Œuvre de l’Adoption à Paris, due au zèle de plusieurs éminents prélats, et à laquelle des milliers d’orphelins doivent la moralisation et le moyen de gagner honorablement leur vie.
Il accepta les fonctions d’aumônier de la prison de Laon, où sa bonté, les ressources de son esprit et l’originalité de son langage, faisaient écouter volontiers ses conseils par les prisonniers.
Ses paroissiens lui rendaient l’affection qu’il avait pour eux, et en ont témoigné par leur concours à ses funérailles.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

DELABRUYÈRE (Louis Octave).
Agriculteur, né à Loivre, le 28 mai 1838, y décédait le 1er avril 1903.
M. Delabruyère tenait une place honorable à Loivre et dans la région où il avait été appelé comme conseiller d’arrondissement du canton de Bourgogne. Son père, lui-même, avait, comme maire, administré le village de Loivre. Héritier des qualités paternelles, M. Delabruyère fils les mit activement au service de ses concitoyens, tout en faisant de son exploitation agricole une des plus prospères du pays.
Membre du Comice de Reims depuis 1866, il obtenait cette année même, de cette importante Société, la plus haute récompense réservée à la petite culture ; en 1885, il remportait une grande médaille de vermeil et, en 1894, le prix d’honneur pour l’exploitation la mieux dirigée du canton de Bourgogne.
M. Delabruyère avait été nommé l’an dernier chevalier du Mérite agricole.
Albert Baudon.
Source : AMB 1904.

DELACROIX (Charles Gervais Valentin).
Docteur en médecine, ancien maire de Chauny, né à Chauny le 31 mai 1807, décédé à Chauny le 8 mars 1890.
Fils d’un instituteur de cette ville, il profita d’une des bourses créées par l’abbé Bouzier et se fit recevoir docteur en médecine. En 1832, le registre des délibérations du conseil municipal de Chauny fait mention d’une lettre adressée pour le conseil à M. Delacroix, élève en médecine à Paris, le remerciant d’avoir interrompu ses études pour venir au moment du choléra donner à ses concitoyens le concours de son art.
M. Delacroix n’exerça la médecine que quelques années et depuis consacra tout son temps aux affaires publiques. Conseiller municipal pendant une trentaine d’années, il fit partie en 1870 de la commission municipale, fut nommé maire le 28 mai 1871 et donna sa démission en 1874.
Pendant 48 ans, il fut administrateur de l’hospice de Chauny, fonction qu’il venait de résilier tout dernièrement à cause de sa santé.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

DELACROIX (Dr Henri).
Né à Châlons-sur-Marne le 4 avril 1842, mort à Verzy le 23 août 1890.
Delacroix appartenait à une famille de médecins qui ont exercé depuis plus d’un siècle dans la Marne. Lui-même, après un voyage au Mexique, se fit recevoir docteur à Paris, en 1866, avec une thèse sur les Lésions traumatiques du cristallin. Il s’adonna ensuite spécialement à l’oculistique ; élève de L. de Wecker, à Paris et de Pagenstecher, à Wiesbaden, il fonda à Reims une clinique pour le traitement des maladies des yeux. Pendant plus de vingt ans, cette clinique fut fréquentée par un nombre immense de malades de la Marne et des départements voisins.
« Il avait accepté avec enthousiasme et dès son aurore la méthode antiseptique ; il tenait essentiellement à ce que la propreté la plus minutieuse régnat autour de ses malades. Tenu au courant des travaux étrangers par ses lectures et par ses nombreux voyages il avait acquis, dans l’exécution des plus délicates opérations, une habileté qu'il serait difficile de surpasser ».
Il a publié sur cette partie de la médecine un grand nombre de mémoires dont on trouvera la liste dans l’Union médicale du Nord-Est de septembre 1890. Il mettait la dernière main à un travail sur Jacques Daviel, médecin oculiste du roi, quand la mort est venue le surprendre. Cet ouvrage a été achevé et mis au jour par son confrère le Dr O. Guelliot.
Homme de devoir, il fit comme aide major la campagne de 1870 à Metz, à Sedan et à Paris ; médecin compatissant, il a soigné gratuitement des milliers de malades ; cœur chaud et dévoué, il s'était fait à Reims de nombreuses et solides amitiés ; esprit exceptionnellement élevé, il fut à la fois artiste original, écrivain plein de finesse d’entrain, critique écouté et causeur charmant
Le docteur Delacroix a laissé en mourant 2.000 fr. au Bureau de bienfaisance de Reims ; il a légué au Musée de la ville le buste de sa mère, par Chavalliaud, et un portrait de Michelet, par Couture.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

DELACROIX (Henry Pierre Armand).
Chef d’escadron en retraite, chevalier de Légion d’honneur et du Lion de Perse, membre du Conseil municipal, né à Givry-en-Argonne (Marne) le 8 décembre 1815, décédé à Givet 1e 17 octobre 1883.
Il entre au service comme engagé volontaire en 1832 et devint officier dans l’armée française où il prit son congé pour passer en Perse avec l’autorisation du roi Louis-Philippe, comme instructeur de l’armée persane.
À son retour en France, il reprit du service et parcourut tous les grades jusqu’à celui de chef de bataillon. En 1867, il fut désigné pour commander l’artillerie de la place de Givet dont il organisa les forts.
Après la bataille de Sedan, il sauva les wagons de la ligne de l’Est, renfermant un matériel de 6 à 7 millions.
Lors de l’amnistie, il fut appelé à la commission formée pour la détermination des zones où il eut fort a faire pour résister aux protestations des officiers allemands.
Il exerçait encore à Givet diverses fonctions administratives et gratuites dont il s’acquittait toujours avec une ponctualité toute militaire.
Sa mort est vivement regrettée à Givet.
Source : AMB 1884.

DELACROIX (J.).
Ancien professeur au collège de Châlons, officier d’Académie, décédé le vendredi 18 décembre 1896, dans sa 75e année. Ses obsèques ont eu lieu le lundi 21 décembre, en l’église Notre-Dame.
Source : AMB 1898.

DELAHAIGUE (Étienne Napoléon).
Chanoine titulaire de l’Église de Soissons, né le 1er août 1803, mort le 18 avril 1874, ancien professeur au Grand-Séminaire, et curé-doyen de Vic-sur-Aisne.
Source : AMB 1876.

DELAISSEMENT (Joseph François).
Né le 23 juillet 1832, à Aumetz (Moselle), d’un père cultivateur et petit commerçant, entra à 16 ans à l’École normale de Metz, en sortit trois ans après, le second, avec le diplôme du degré supérieur, et occupa pendant six ou sept ans divers postes d’instituteur. Obligé de quitter l’enseignement pour raison de santé, il fut nommé garde-mines à Chaumont le 17 juin 1858, et fut appelé presqu’aussitôt, à diriger les travaux d’amélioration du débit des sources thermales de Bourbonne-les-Bains. Nous le voyons, en 1868, au contrôle du chemin de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, puis à la surveillance des appareils et bateaux à vapeur, dans le département de la Seine.
De 1869 à 1875, concurremment avec ses fonctions dans le service des mines, M. Delaissement fut attaché au service de l’Inspection du travail des enfants dans l’industrie dans le département de la Seine. En 1875, il fut nommé au poste de Toulouse comme inspecteur divisionnaire, et 4 ans plus tard élevé à la première classe de ce grade.
C’est en 1880 qu’il est nommé au poste de Reims, ayant dans son ressort d’inspection les départements de la Marne, de la Meuse, de l’Aube, de l’Aisne et des Ardennes. Treize ans plus tard, à la suite d’un remaniement édicté par la loi du 2 novembre 1892, il passa dans la 3e circonscription (Aube, Haute-Marne, Côte-d’Or, Yonne, Nièvre, Saône-et-Loire, Jura, Doubs, Haute-Savoie et Belfort), avec Dijon pour résidence.
Dans l’exercice de ses fonctions, M. Delaissement apportait une conviction profonde, et il savait les remplir avec autant de cœur que d’intelligence et de savoir technique. Ses rapports à l’administration, sur les questions d’application si délicate que soulèvent les lois sur le travail des enfants dans l’industrie, peuvent être considérés comme des modèles ; aussi furent-ils récompensés, en 1889 par les palmes d’officier d’Académie, et en 1894 par la croix de la Légion d’honneur. Le mauvais état de sa santé le força à demander sa retraite en 1896, et il se retira dans les environs de Dijon, où il mourut un an après (6 avril 1897), laissant le renom d’un homme de bien et d’un fonctionnaire modèle.
Source : AMB 1898.

DELAISSEMENT (Le Dr Louis Gabriel).
Né à Saint-Léger-au-Bois (Oise), le 3 mai 1841, avait fait ses études médicales à Paris. Il vint se fixer à Saint-Quentin vers 1869 et y conquit rapidement une situation prépondérante. Il fut l’un des médecins dévoués qui prodiguèrent leurs soins aux blessés et aux malades de la guerre dans les ambulances Saint-Quentinoises. Chirurgien de l’Hôtel-Dieu, il était tout acquis à ces fonctions si honorables, qu’il remplissait consciencieusement. Il laisse de profonds regrets parmi les administrateurs et les sœurs. Miné depuis deux ans par un mal implacable, il avait à peu près cessé d’exercer. Il était allé demander un adoucissement à son état au soleil du Midi, puis le repos suprême à son village natal. Ses obsèques ont eu lieu le 25 juin 1897, en l’église basilique de Saint-Quentin.
Source : AMB 1898.

DELAMARE (comte).
Ancien sénateur, commandeur de la Légion d’honneur, décédé à Paris le 30 mars 1873.
Bien que M. Delamare ne soit pas originaire de la contrée dont nous nous occupons, nous ne devons pas moins le citer comme grand propriétaire du département de l’Aisne.
M. Delamare (Achille Joseph), né le 11 février 1790, fit avec distinction les guerres de l’Empire. Il reçut la croix d’officier de la Légion d’honneur pendant la campagne de Saxe, 1813.
À la fin de la Restauration, il était lieutenant-colonel dans le corps royal de l’état-major ; il obtint le titre de comte du roi Charles X.
En 1836, il acquit le château de Marchais et y fit, dit M. Métivier dans son Historique de cette splendide habitation, « non seulement des réparations importantes, mais une transformation complète ». Marchais, fréquemment habité par un homme riche, sortit de sa tristesse et de sa solitude.
Le comte Delamare posséda ce château 18 ans. Il le vendit en 1854 à S.A.S. le duc de Valentinois, prince héréditaire de Monaco, qui sous le nom de Charles III, devint prince régnant en 1856, à la mort de son père, Florestan Ier.
Source : AMB 1874.

DELANCY (Louis Dauphin).
Ancien notaire, ancien conseiller municipal, adjoint de Chauny, né à Coucy-le-Château le 9 août 1805, décédé à Chauny le 23 mai 1893, s’était acquis pendant son passage aux affaires une juste réputation d’intégrité et de courtoisie qui lui valurent l’attachement de tous ses concitoyens.
Nommé conseiller municipal puis adjoint au maire, il administra sous ce titre pendant vingt ans la ville de Chauny, de 1850 à 1870, pendant que M. Hébert, député au corps législatif, maire de Chauny, était retenu à Paris.
Rentré dans la vie privée en 1870, il se consacra à sa famille et à ses amis, et n'oublia point les pauvres qui ne faisaient jamais en vain appel à sa charité.
Au cimetière, M. Brunette, maire, a prononcé un discours dans lequel il a rendu hommage aux éminentes qualités du défunt et rappelé ses services à la ville.
Charles Remy.
AMB 1894.

DELASALLE (Albert).
Ancien officier de marine, préfet de la Marne, commandeur de la Légion d’honneur, né à Paris le 21 septembre 1840, décédé à Châlons-sur-Marne le 31 janvier 1886.
La santé ébranlée de M. Delasalle ne laissait cependant point supposer une mort si prompte et si rapide : Mme Delasalle l’entendit vers deux heures du matin pousser un léger soupir ; elle ne put que constater la mort de son mari, causée par la rupture d’un anévrisme.
M. Delasalle était un homme de valeur ; nous pouvons ajouter que c’était un homme laborieux et d’une fermeté inébranlable dans ses opinions.
Voici ses états de services d’après les notes que nous avons sous les yeux :
Entré au service le 6 octobre 1857 ;
Aspirant le 1er septembre 1861 ;
Médaille de Chine 1860-61 ;
Chevalier de la Légion d’honneur le 18 janvier 1867 ;
Lieutenant de vaisseau le 24 août 1867 ;
Mis en non activité pour blessures graves le 5 mai 1869 ;
Remis en activité sur sa demande le 9 août 1870 ;
Capitaine d’une compagnie de marins au siège de Paris le 18 août 1870 ;
Officier de la Légion d’honneur le 29 janvier 1871 ;
Retraité pour blessures le 2 mars 1874 ;
Nommé préfet de la Corse en 1875 ;
Préfet de la Marne le 12 janvier 1880 ;
Commandeur de la Légion d’honneur en 1885.
Le département tout entier a vivement ressenti la perte éprouvée et il a fait à cet homme dévoué, réellement mort au service de 1a patrie, des funérailles dignes de lui.
M. Brunot, représentant le Ministre de l’intérieur, dans l’allocution qu’il prononça sur sa tombe, s’est fait l’interprète ému des regrets de l’administration supérieure qui appréciait les mérites de M. Delasalle et le classait parmi ses meilleurs serviteurs.
Il fit aussi l’éloge de M. Delasalle comme militaire et comme marin ; à la suite d’une blessure reçue dans un combat naval, il fut obligé d’abandonner le service, mais avide de servir son pays en lui apportant son intelligence après lui avoir donné ses forces, il entra dans l’administration d’abord comme préfet de la Corse, puis comme préfet de la Marne, fonctions qu’il remplissait depuis six ans avec une incontestable supériorité.
Source : AMB 1887.

DELBECK-BARRACHIN (Mme veuve).
Née à Reims le 16 décembre 1805, morte à Cormontreuil dans sa 92e année, le 19 décembre 1896.
Petite-fille de M. le baron Ponsardin, ancien maire de Reims pendant la fin du premier Empire et les premières années de la Restauration, elle avait conservé des souvenirs très précis de toute cette époque, et, servie par une excellente mémoire, allée née à parler de tous ceux qu’elle avait connus au cours de sa longue carrière.
Amie dévouée, mère incomparable, Mme Delbeck laisse une famille de « quatre-vingt-quatorze » enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, dont elle est restée jusqu’au dernier jour le chef vénéré, et parmi lesquels elle a su toujours, par son tact et sa grande bonté, entretenir l’union intime et la plus complète harmonie.
Avec Mme Delbeck, qui était nièce et filleule de Mme Clicquot-Ponsardin, disparaît l’une des dernières et des plus distinguées personnalités de la vieille société rémoise.
Source : AMB 1898.

DELBROUCQ (Joseph).
Né à Reims en 1819, décédé architecte à Paris le 24 janvier 1871.
Delbroucq, ancien élève de M. Gosset, architecte, poussé par l’amour de la science, était allé étudier à Rome les œuvres des grands maîtres.
Source : AMB 1872.

DELÉTANG (Jules Athanase).
Né à Quatre-Champs (Ardennes) le 12 avril 1820, mort à Charleville le 20 octobre 1894, était issu d’une famille très considérée dans la région. Au sortir de l’école primaire, il passa quelques années à l’École normale de Charleville, et entra en 1840 dans le service des ponts et chaussées. Six ans après, nous le voyons sous-chef de section aux chemins de fer de l’Est. Plus tard, il est nommé ingénieur de la construction, puis ingénieur chef de service, avec résidence à Metz, Épinal, Épernay, et en dernier lieu à Charleville, c’est là qu’il prit sa retraite après 40 années de service dévoués à la Compagnie, pendant lesquelles il dirigea nombre de constructions de lignes du réseau, tant aux environs de Metz, qu’à Épinal, Château-Thierry, Longuyon et Amagne-Hirson. En récompense, la Compagnie lui conféra le titre d’ingénieur en chef honoraire. Il était en outre chevalier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre de la Couronne de Chêne des Pays-Bas, ainsi que du Grand-Duché de Luxembourg.
M. Delétang méritait de jouir en paix d’une retraite bien gagnée. Malheureusement en quelques années, la mort lui enleva son gendre, son fils et son neveu. Tant de secousses abrégèrent ses jours, et il est mort universellement regretté.
Source : AMB 1896.

DELHAYE.

Né à Vaux-Andigny le 18 janvier 1821, fut instituteur pendant 43 ans. Resté à la tête de l’école communale de Dizy-le-Gros pendant 20 ans, il en fit l’une des premières écoles du département. En 1869, il recevait le certificat d’aptitude aux fonctions d’inspecteur primaire et l’année suivante, il était nommé officier d’Académie.
Pendant le cours de son exercice, il ne reçut pas moins de 18 récompenses.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DELIGNY (Jean-Louis).
Né à Arrancy, canton de Laon, en 1791, décédé le 27 septembre 1870 à Berry-au-Bac, dont il fut longtemps maire. Soldat à Waterloo, il reçu à la main une grave blessure. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1869.
Source : AMB 1872.

DELIUS (Mme Georges), née Émélie Augustine HEIDSIECK.

Présidente du comité rémois de l’Union des Femmes de France, née à Reims le 29 novembre 1826, décédée à Reims le 29 novembre 1893.
Il fallait une femme intelligente comme Mme Delius pour surmonter les difficultés que présentaient la fondation et la conduite d’une œuvre si difficile et si complexe.
Cette femme curieuse de ce qui intéresse l’esprit humain, avait suivi le mouvement littéraire et philosophique en France et en Allemagne et sa conscience était imbue des sentiments du juste et du vrai, sa devise était : Charité et Patriotisme.
Aussi, grâce à ses efforts, put-elle rassembler autour d’elle un certain nombre de dames rémoises à l’esprit ferme et indépendant et triompher de l’indifférence d’un plus grand nombre d’autres, pour fonder en vue des événements de l’avenir, un comité de secours aux blessés de la guerre ; l’on put bientôt juger de l’opportunité de cette association par les envois faits à nos blessés ou malades du Tonkin et du Dahomey.
Mme Delius, enlevée à l’improviste, aurait pu rendre encore de grands services et le comité a fait à sa mort une grande perte, mais elle n'a point disparue sans laisser un souvenir à sa chère société, à laquelle elle a légué pour ses œuvres une somme de 5.000 francs.
Charles Remy.
AMB 1894.

DELIUS (Paul).
Associé négociant en vins de Champagne, né à Reims, le 2 janvier 1846, décédé à Paris en mars dernier.
Ses études classiques terminées, un brillant avenir commercial s’offrant à Paul Delius, il alla pendant quatre ans étudier l’Allemagne à Brême, l’Angleterre à Londres. Il apprit ensuite, à Épernay, la manutention des vins. Ainsi préparé au commerce, il y entra comme associé de MM. Kunkelmann et Cie, successeurs de MM. Piper-Heidsieck, et y resta vingt ans.
Très libéral de principes et de doctrine, il encourageait le personnel placé sous ses ordres, par des gratifications généreuses qu’il augmentait avec le temps. Intelligence brillante, esprit orné, Paul Delius avait ajouté à ses dons naturels l’expérience et les connaissances puisées dans de nombreux voyages aux États-Unis et spécialement en Californie.
Il avait quitté les affaires depuis 1891 et vivait à Paris en ami des lettres, des sciences et arts. L’Association a appris avec stupeur sa mort récente, à la suite d’une maladie dont les progrès étaient devenus tout à coup foudroyants. Sa perte laisse de vifs regrets à ses amis et surtout à la génération à laquelle il a appartenu.
P. D.
Albert Baudon.
Source : AMB 1903.

DELMAS (Léon).
Connu dans le monde des gens de lettres sous le nom de René de Pont-Jest, dut naître, à Reims, vers 1831.
Entraîné par la politique, puis par la vocation littéraire pour laquelle il était, d’ailleurs parfaitement doué, il fit d’abord du journalisme et ensuite des romans. Son œuvre en ce dernier genre fut considérable et lui amena le succès. Ses publications parurent sous le nom de René de Pont-Jest, qui lui est resté et a fait perdre de vue son véritable nom de famille.
La grande facilité qu’il avait à écrire a nui peut-être à la qualité de son style, mais il avait l’imagination féconde, il savait voir et observer et s’était pénétré des goûts du public, pour lequel il travaillait. Il plaisait ; pour quiconque ne vise pas, par le roman, à réformer les mœurs, cela suffit, le lecteur n’en demande pas davantage.
Léon Delmas avait fait, en 1856, la campagne de la Baltique et pris le goût de la mer.
En 1870, pendant la guerre allemande, sans doute à cause de l’expérience acquise, il embarqua sur le vaisseau-amiral d’une escadre chargée de surveiller les côtes de la Prusse, mais à laquelle, recommandation expresse avait été faite de ne point attaquer les ports de nos ennemis. Au cours de la croisière, arrive de Paris une dépêche prescrivant de bombarder Hambourg. L’amiral, surpris, communique la dépêche à Delmas qui ne peut y ajouter foi, reste convaincu qu’elle est l’œuvre d’un faussaire, que le bombardement de Hambourg sera suivi de représailles terribles en Champagne, particulièrement à Reims, et conseille à l’amiral de se faire confirmer l’ordre. Un télégramme est envoyé au Gouvernement de la Défense nationale qui déclare n’avoir donné aucune instruction semblable. La dépêche reçue par l’escadre française était fausse comme la fameuse dépêche d’Ems, et elle avait le même auteur. Son but était de justifier une action violente dans notre région et sans doute d’y prélever de formidables taxes de guerre.
Ce récit a été souvent reproduit par la presse et Delmas en a affirmé l’exactitude. Il ne paraît pas avoir été récompensé en proportion du service qu’il avait rendu...
Nous regrettons de n’avoir pu nous procurer sur le regretté défunt, mort à Paris, des détails biographiques plus complets. Ce fut un enfant illustre de la ville et nous espérons que celle-ci, un jour, perpétuera son nom par une plaque de rue, une inscription, un monument quelconque, qui empêchera les générations à venir de l’oublier.
P. D.
Source : AMB 1905.

DELMAS (Louis Brutus).
Né à Cordes (Tarn) le 24 mai 1802, décédé à Reims le 18 mars 1882.
Docteur ès lettres, officier d’Académie et ancien censeur du Lycée de Reims ; il avait quitté l’Université pour s’occuper d’affaires commerciales, puis d’assurances. Il était le père de M. Léon Delmas, écrivain bien connu dans le monde littéraire sous le pseudonyme de René de Pont-Jest.
Source : AMB 1883.

DELOYE (Jean-Baptiste Gustave).
Né à Sedan le 30 avril 1838, mort à Paris le 17 février 1899, fut un de nos artistes ardennais les plus féconds.
Venu tout jeune à la capitale, il entra à l’École des Beaux-Arts et obtint on 1862 le second grand prix de Rome, après avoir été l’élève de Jouffroy et de Dantan. Il exposa fréquemment aux Salons où ses envois furent toujours remarqués; l’État lui confia la commande de plusieurs monuments importants.
Ses œuvres sont innombrables, et si comme on l’a dit, sa facilité de production nuisit quelque peu à son talent, il n’en possédait pas moins de véritables qualités personnelles qui se révèlent dans nombre de groupes et de statues. On lui doit les cariatides des châteaux de Chenonceaux et de Boissière, et le beau monument de Garibaldi à Nice, laissé inachevé par Étex.
Il exécuta aussi de grands travaux décoratifs aux deux dernières expositions, et ce fut surtout un de nos artistes ayant le plus contribué au renom de l’École française à l’étranger, notamment à la cour de Vienne, à celles de Rome et de Saint-Pétersbourg.
Deloye était chevalier de la Légion d’honneur.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DELVAUX (l’abbé Auguste Désiré).
Naquit à Thin-le-Moutier (Ardennes), le 6 mai 1863. Sa première éducation fut confiée aux soins d’un de ses oncles M. l’abbé Desoize, mort il y a cinq ans, archiprêtre de Rocroi ; la vocation sacerdotale s’étant révélée en lui, il entra au séminaire, aussitôt son ordination, fut nommé vicaire à Saint-André de Reims et aumônier du Cercle catholique de la paroisse.
L’abbé Delvaux resta à ce poste jusqu’en 1893 et, cette année même, nommé à la cure de Regniowez. C’est là que s’y firent sentir les premières atteintes du mal qui l’emporta le 12 janvier dernier.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.
 
DEMAISON (Alexandre).
Né à Reims, en 1828, issu de deux familles qui comptaient et comptent encore de nombreux représentants dans la ville, les Demaison et les Henriot, il s’était allié à la famille Gardet de très ancienne origine dans le pays rémois.
Il fit ses études au Lycée de Reims, de 1843 à 1847 et y contracta de nombreuses amitiés, qu’il conserva pendant sa carrière de fabricant de tissus, et longtemps après; il connaissait à fond le vieux Reims, et aimait à en parler ; il avait la mémoire remplie de souvenirs relatifs à l’histoire locale, et jugeait en parfaite indépendance d’esprit les événements et les hommes qui y étaient mêlés ; d’ailleurs nullement ennemi du progrès et appréciant à leur valeur les agréments de la vie moderne. Il est décédé à Reims, le 9 septembre 1903, entouré de l’affection des siens, de l’estime et de la sympathie de ses concitoyens.
P. D.
Source : AMB 1905.

DEMAISON (Jules Édouard).
Né à Charleville le 1er avril 1845, président de chambre à la cour d’appel de Rouen, est mort subitement en cette ville, le 1er avril 1896, à l’âge de 51 ans.
Voici quels étaient ses états de service :
Avocat docteur en droit ; 21 décembre 1874, substitut à Nogent ; 1er avril 1879, substitut à Châlons-sur-Marne ; 17 juillet 1880, procureur à Arcis-sur-Aube ; 14 octobre 1882, procureur à Épernay ; 23 septembre 1883, président à Épernay ; 7 février 1890, juge à Paris ; président de chambre à la cour d’appel de Rouen, le 20 juillet 1892.
Source : AMB 1897.

DEMARET (Jean-Baptiste).
Naquit au Mont-de-Jeux (Ardennes), en 1793.
En 1820, son mariage le fixa à Amagne. Une parfaite intelligence des affaires le désignait aux suffrages de ses concitoyens. Maire d’Amagne en 1830, il en exerça les fonctions pendant 42 ans consécutifs.
La croix d’honneur fut la récompense méritée d’une gestion si intègre et si honorable.
M. Demaret s’est éteint à l’âge de 91 ans ; il avait conservé jusqu’au dernier jour toute la plénitude de ses nobles facultés.
C.R.
Source : AMB 1886.

DEMOLOMBE.
Doyen de la Faculté de droit de Caen, célèbre jurisconsulte, était né à La Fère le 22 juillet 1804 ; il avait, on peut le dire, le génie du droit. À 23 ans, il obtenait avec dispense d’âge la place de professeur suppléant à la Faculté de Caen.
Il consacra sa vie à un grand ouvrage sur le droit, le Cours de Code Napoléon, ouvrage devenu classique, et qui sert de guide aussi bien aux magistrats qu’aux étudiants.
Le professeur refusa les honneurs et les postes qui lui furent offerts pour rester auprès de 1a Faculté de Caen, dont il devint le doyen.
Il est décédé à Caen, au mois de février 1887, laissant la réputation d’un savant et d’un homme rempli de désintéressement.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

DEMONCHAUX (Dr Jean Louis Charles Édouard).
Le Dr Demonchaux mourait à Saint-Quentin le 3 mars 1900, dans un âge très avancé, à 83 ans, après avoir rempli une carrière noblement consacrée à la science et à ses concitoyens.
Ayant été appelé à Saint-Quentin auprès de son frère malade, lors du choléra de 1832 – il était à cette époque, interne de la Charité à Paris – son dévouement pendant l’épidémie lui valut les sympathies les plus chères dans la population Saint-Quentinoise.
Sur les instances du médecin en chef de l’Hôtel-Dieu, il accepta les fonctions d’interne et s’étant fixé dans cette ville, il ne tarda pas à s’y créer une nombreuse clientèle.
Ancien vice-président du Conseil d’hygiène, médecin en chef des hôpitaux, médecin des épidémies, médecin en chef de la prison, fondateur et ancien président de la société de Médecine de l’Aisne, fondateur et ancien vice-président de la Société de prévoyance des médecins de l’arrondissement de Saint-Quentin, tels étaient les titres auxquels se recommandait cet homme du devoir.
La croix de chevalier de la Légion d’honneur, distinction bien méritée, lui avait été remise peu après la guerre de 1870.
M. le docteur Demonchaux était né à Beaucourt (Somme), le 18 février 1817.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DÉMONCHY (Eugène).
Vice-président du tribunal civil de Laon, né à Laon le 11 mai 1833, décédé à Compiègne le 2 juillet 1883. Issu d’une famille de magistrats, il débutait en 1862 comme substitut à Vervins. Deux ans après, il était nommé juge à Vervins et en juin 1869 juge à Laon. Ses services lui valurent dix ans plus tard d’être nommé vice-président du même tribunal.
Plein de gravité dans ses fonctions de magistrat, il n’en était pas moins en dehors du tribunal d’un caractère tout d’urbanité et de franchise.
Il usa sa santé à l’accomplissement rigoureux de ses devoirs de magistrat ; il est mort à la tâche, laissant pour voir fermer sa tombe, son vieux père dont la douleur ne peut être adoucie que par le souvenir des bonnes qualités de son fils.
Source : AMB 1884.

DEMOULIN (Gustave François).
Homme de lettres, ancien professeur au lycée de Saint-Quentin, membre de la Société académique de cette ville, ancien délégué cantonal, est décédé le 25 août 1893 à Levallois-Perret et a été inhumé à Saint-Quentin, où il est né le 22 juillet 1817.
M. Henri Souplet, ami du défunt, et M. P. Bernard, au nom de la Société académique, ont pronocé son éloge funèbre sur sa tombe.
Charles Remy.
AMB 1894.


DEMOURY.
Maire de Vauclerc et la Vallée-Foulon, conseiller d’arrondissement, membre de la Chambre d’agriculture pour le canton de Craonne, suppléant du juge de paix, décédé le 27 février 1873.
Source : AMB 1874.

DENANCY (Edgard).
Le 43 novembre 1903, disparaissait, à Avize, un noble cœur et un non moins noble esprit. J’ai nommé Edgard Denancy.
Nul plus que lui n’avait le culte de la petite patrie et n’honora les lettres champenoises.
Il m’était très sympathique personnellement et il fut l’un de ceux qui appuya le plus l’œuvre d’« Académie champenoise d’Épernay » que je tentai de fonder, je dis tentai, parce qu’elle ne dura que cinq ans, faute d’être assez soutenue dans la région même.
Il me demanda même une préface pour un roman politique : « Le Roi des Bagnes », où les péripéties, savamment amenées, décèlent une imagination féconde.
Mais il s’adonna surtout à des œuvres sérieuses, jamais arides à la lecture et toujours élégamment écrites : « Petite Histoire de la Champagne » – « De la Colonisation dans ses rapports avec la production et la consommation ». – « Causeries-conférences ». –« Philosophie de la Colonisation ».
J’allais oublier deux autres romans : « Jacques de Nervas » et « Les Millions de Vaubeden » (en collaboration avec Léo d’Hampol), où ses qualités de romancier s’affirmaient de plus en plus.
Il était poète aussi, à preuve ses odes de belle envergure intitulées : Carnot, Nicolas II, Christophe Colomb, Vasco de Gama, Francis Garnier, à Auban-Moët, Salut au Tsar, France et Russie, Jeanne d’Arc, poème.
Il avait en préparation : « Histoire du Portugal », « Voyages en Indo-Chine » et « Pro-Patria » (poésies). Il y a lieu de croire que la mort a interrompu ces publications qui ne pourraient, j’en suis sûr, que gagner à être connues.
Edgard Denancy était un Champenois d’origine, puisqu’il naquit à Reims, le 18 février 1850. Marié à Avize, à une femme charmante et qui savait le comprendre, il y vécut la plus grande partie de son existence.
On peut affirmer qu’il laisse un souvenir impérissable chez sa veuve et chez ses jeunes enfants qui le chérissaient et que lui aimait si tendrement.
Il fut regretté de tous en un mot, comme homme de bien et à cause de sa bonté et de son aménité.
Il avait été nommé officier d’Académie à l’occasion de son ode : à Carnot.
Armand Bourgeois.
Source : AMB 1905.

DENIS (Auguste).
Antiquaire, libraire, membre de la Société des lettres et arts de Vitry-le-François, né à Saint-Quentin (Aisne) en 1827, décédé à Châlons-sur-Marne le 4 août 1885.
Nous ne devons point laisser passer inaperçue la disparition d’un homme érudit qui, né parmi les ouvriers et élevé comme eux, commença modestement et s’éleva à une grande connaissance des livres et surtout de la bibliographie locale.
Sorti de l’armée avec le grade de sergent-major, il chercha quelque temps sa voie, puis établit à Châlons un magasin de livres anciens et d’antiquités, peu important d’abord, mais qui s’augmenta rapidement, au point qu’il laissa en mourant à sa veuve et à sa fille, l’une des plus importantes librairies anciennes du département.
Vivant avec les livres, il se familiarisa avec eux; il avait su aussi profiter de la fréquentation des personnes compétentes sur chaque genre d’ouvrage, qui venaient chaque jour à sa librairie, et non seulement il devint bon connaisseur, mais nous pouvons dire qu’il acquit une assez grande érudition.
Il sut recueillir de nombreuses notes dont il a tiré la matière de diverses publications, telles que : Recherches bibliographiques, en forme de Dictionnaire, sur les auteurs morts et vivants qui ont écrit sur l’ancienne province de Champagne (1870), ouvrage qu’il se promettait bien de compléter et qui, tel qu’il est, reste encore le meilleur recueil sur la matière.
Notice sur les communautés laïques de la ville de Vitry-le-François, suivi d’un court aperçu sur l’introduction de l’imprimerie dans la même ville (1874) ; – Recherches sur les almanachs et calendriers de la Champagne et de la Brie (1880) ; – Histoire de la petite ville de Suippes ; – Essai sur la numismatique du département de la Marne, sans compter un certain nombre de mémoires couronnés par la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne.
Source : AMB 1886.

DENISOT (Jules).
Journaliste, homme de lettres, né à Reims, décédé à Paris le 29 septembre 1878.
Entre autres écrits qui ne sont pas sans valeur, il a composé un ouvrage humoristique, intitulé : L’Esprit des Anes. Il avait quitté sa ville natale vers 1848.
Source : AMB 1880.
 
DENONCIN (Paul Jean Marie).
Ingénieur des Arts et Manufactures, associé de la maison Poullot et Cie, né à Reims le 2 février 1854, y est décédé le 21 juillet 1904.
M. Denoncin fut un homme modeste. Une belle intelligence et une parfaite courtoisie le distinguaient entre tous les élèves du Pensionnat des Frères comme encore de l’école des Arts et Métiers de Châlons.
Brillant élève à l’École Centrale, il en sortit troisième et premier de la section de mécanique. Il vint alors se fixer à Reims, où il débuta par un stage à la maison Pierrard. Il devint ensuite directeur de l’établissement Grandjean, à Saint-Souplet (Nord). C’est en 1886 qu’il revint à Reims comme directeur de la fabrique de MM. Poullot. Il en était devenu l’associé en 1898.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

DEPERTHES (Pierre Joseph Édouard).
Architecte de l’Hôtel de Ville de Paris, chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’Académie nationale de Reims, né à Houdilcourt (Ardennes), le 31 juillet 1833, décédé à Reims le 23 juillet 1898, âgé de 65 ans.
Son histoire se résume dans ses œuvres : on peut dire que pour lui les « pierres même parleront ».
Fils de cultivateurs, il vint de bonne heure à Reims et fut un des meilleurs élèves de M. Brunette, l’architecte de la Ville. Son premier début fut, en 1855, sa collaboration avec Leblan et Reimbeau, architectes rémois renommés, au projet de l’église « N.-D. de la Treille », de Lille, projet qui obtint le premier prix. Nous le voyons ensuite inspecteur des travaux d’architecture de la ville de Reims, de la reconstruction de l’église d’Argenteuil et de Saint-Ambroise, à Paris.
Architecte en chef de la ville de Brest pendant six ans.
Il a exécuté les travaux suivants :
1° De 1857 à 1862, construction de l’église catholique, à Berne (Suisse), à la suite d’un concours ;
2° De 1865 à 1876, reconstruction de la basilique de Sainte-Anne d’Auray, toujours à la suite d’un concours ;
3° De 1869 à 1873, construction de la nouvelle église Saint-Martin, à Brest.
4° De 1873 à 1886, reconstruction de l’Hôtel de Ville de Paris, en collaboration avec Th. Ballu, à la suite d’un concours ;
5° De 1874 à 1875, exécution du monument de l’abbé De La Salle, à Rouen, en collaboration avec M. Falguière, statuaire ;
6° De 1875 à 1880, exécution de la partie architecturale du Château-d’Eau, de la ville de Rouen, également en collaboration avec M. Falguière ;
7° De 1876 à 1887, reconstruction de l’église paroissiale de Sené, près Vannes ;
8° De 1876 à 1884, restauration de la charmante église de l’ancien prieuré de Saint-Urbain, à Binson (Marne) ;
9° A la même époque, érection d’un monument élevé à Châtillon-sur-Marne, à la mémoire du pape Urbain 11, né dans cette ville (La statue est de M. Roubaud jeune, statuaire) ;
10° De 1890 à 1891, construction de la chapelle de l’Hôpital Auban-Moët; à Épernay ;
11° De 1890 à 1891, construction de la chapelle intérieure du Petit Séminaire de Sainte-Anne d’Auray ;
12° De 1891 à 1892, exécution de la partie architecturale du monument élevé à Sainte-Anne d’Auray au comte de Chambord ;
13° De 1891 à 1892, en collaboration avec son fils, Jean Deperthes, exécution de la partie architecturale du monument commémoratif de la fédération bretonne-angevine de 1790 à Pontivy. La figure et le bas-relief sont de notre concitoyen, le statuaire Chavalliaud.
Il a obtenu au cours de sa carrière :
Cinq premiers prix (Berne, Vannes, Paris, Rouen, Oran) ;
Cinq seconds prix (Rambouillet, Tours, Paris, Milan, Saint-Nazaire) ;
Une médaille au Salon de 1865 ;
Un prix à l’Exposition de 1867 ;
Une médaille d’or à l’Exposition de Lyon, en 1872 ;
Enfin plusieurs autres médailles et mentions honorables à Reims, à Paris, au Havre, à Lille, à Grenoble, à Montpellier, à Amsterdam, etc., etc.
Ayant perdu deux de ses fils, il y a quelques années, sa santé s’altéra. Il poursuivait néanmoins l’exécution de travaux importants à Nantes (palais épiscopal), à Châlons, à Épernay (église Saint-Pierre et Saint-Paul), etc., quand la mort est venue le frapper à Reims, dans sa famille.
Cet habite architecte, qui ne compte pas moins de dix-huit églises faites par lui, laisse deux fils : Jules, qui a obtenu le prix de Rome, il y a quelques années ; Eugène, sorti de l’École polytechnique et officier du génie ; et deux filles, dont l’une a épousé un peintre hors concours, M. J.-J. Rousseau, et l’autre M. Léon Mauroy, de Reims.
La mort de M. Deperthes est une grande perte pour l’art architectural et un fleuron de moins à la couronne artistique de Reims.
L’inhumation a eu lieu le 27 juillet au cimetière Montparnasse.
Au service funèbre, célébré d’abord à Reims, les cordons du poêle étaient tenus par MM. Gosset et Lamy, architectes, Bonnet et Catelin, amis du défunt.
M. Brunette, en qualité de président des Architectes de la Marne, a prononcé l’adieu suprême à l’ancien élève de son père.
Source : AMB 1899.

DEPRÉAUX (Colonel Onésime Barthelemy).
Né à Metz le 11 décembre 1844, décédé à Aix le 6 décembre 1895, à l’âge de 51 ans, inhumé à Épernay, le 8 du même mois.
Successivement sous-lieutenant au 8e bataillon de chasseurs à pied, lieutenant au 11e, capitaine au 26e toujours de la même arme, puis major au 118e d’infanterie, commandant à l’école normale de tir du Camp de Châlons, lieutenant-colonel au 161e d’infanterie, enfin le 5 octobre 1895 colonel au 3e régiment d’infanterie à Aix. C’est là que la mort est venue le frapper après un mois de séjour dans son nouveau commandement. Il fit, à diverses reprises, partie de la garnison d’Épernay, et s’y maria. C’est pourquoi son corps y fut ramené et on lui fit de magnifiques obsèques. M. le colonel Ducos du 161e et M. Fleuricourt, maire d’Épernay, lui dirent le dernier adieu, rendant hommage à ses grandes qualités d’homme et de soldat.
Source : AMB 1897.

DERCHE (Vincent Urbain).
Né à Marest-Dampcourt en 1834, ordonné prêtre à Soissons en 1861, fut successivement vicaire de Braine, curé de Mareuil-en-Dole et Loupeigne, de Quierzy et d’Ognes. C’est là qu’il est décédé, après y avoir exercé 10 ans son ministère.
Source : AMB 1898.

DERLET (Abbé Amand Fidel Constant).
Curé de Mont-Saint-Père, né à Lesquielles-Saint-Germain (Aisne) le 14 janvier 1813, décédé à Mont-Saint-Père le 11 février 1894. Ordonné prêtre à Paris, le 5 juin 1841, M. Derlet fut d’abord professeur de seconde, puis de rhétorique au petit séminaire d’Avon, près Fontainebleau, pendant cinq ans, puis directeur, à Versailles, de l’institution Notre-Dame, pendant vingt-deux ans et enfin vicaire d’une des paroisses de Paris pendant six ans. Le 5 septembre 1874, il devint prêtre auxiliaire à la cathédrale de Laon, où il resta jusqu’au 5 octobre 1876. Il fut nommé, à cette époque, curé de Mont-Saint-Père.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DERMIGNY (Edmond).
Décédé le 5 octobre 1899 juge de paix du canton de Chauny où il était depuis 26 ans, avait rempli précédemment les mêmes fonctions à Crécy-sur-Serre. Son état de santé déjà peu satisfaisant depuis quelques années avait encore été aggravé par la mort de son beau-frère. M. Flamant.
M. Dermigny était né à Clastres (Aisne), le 17 février 1838.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DÉRODÉ.
À ces nécrologies, nous devons ajouter celle de M. Dérodé, avocat, ancien représentant à l’Assemblée constituante, décédé à Ludes, près Reims.
Laissons à M. Henri Paris, son collègue au barreau, le soin de retracer ses qualités :
Messieurs,
Il semble que la parole du psalmiste se réalise : Non videbit interitum, cum viderit sapientes Morientes (Psaume XLVIII. David).
Chaque jour nous apporte un nouveau deuil, et encore bien que celui que nous portons en ce moment ait été prévu, que de regrets néanmoins n’excite pas dans cette ville, parmi tous ceux qui l’ont connu, la mort prématurée de notre excellent confrère Dérodé.
Il a voulu que ses obsèques se fissent modestement. N’est-ce pas, messieurs, que ce n’est pas manquer à ses pieuses instructions, que de lui adresser en votre nom, et plus particulièrement en celui du barreau de cette ville, un dernier et solennel adieu ? Il nous avait tous quittés depuis deux ans, mais nous savions que la maladie l’avait seul éloigné de nous. Sa belle intelligence avait pressenti l’éclipse que lui allaient imposer de longues souffrances, et il avait voulu s’effacer de lui-même, pendant qu’il en avait encore la force et l’énergie, avant que les infirmités lui firent perdre la place qu’il était accoutumé d’occuper.
Son nom, messieurs, réveille des souvenirs que j’hésiterai à rappeler, dans d’aussi tristes circonstances et en présence des terribles enseignements de cette tombe, si les richesses qu’il laisse n’étaient pour ses fils un héritage précieux, devant les éclairer et les guider à leur tour dans leur passage sur cette terre.
Né à Reims le 20 mai 1812, Émile Dérodé appartenait à l’une des familles les plus anciennes et les plus considérées de la cité. L’un de ses ancêtres, Nicolas Dérodé, a transmis son nom à l’histoire des Beaux-Arts, est l’une des rosaces de notre cathédrale, signée de lui en 1581, atteste qu’il fut l’un des dignes interprètes de l’art de la peinture sur verre, qui a produit au XVIe siècle tant de chefs-d’œuvre restés encore inimités. En remontant deux générations seulement, on trouve dans sa plus proche parenté, le célèbre publiciste Linguet, dont quelque chose de l’esprit hardi, novateur, indépendant et fier avait passé dans celui de son petit-neveu. Gendre et petit-gendre de MM. Leroy, qui ont successivement représenté le département de la Marne au conseil des Cinq-Cents et à la chambre des députés ; neveu de M. Dérodé-Géruzez, longtemps membre du conseil général, il était prédestiné par ses traditions de famille aux fonctions publiques comme il allait bientôt s’en rendre digne par ses études et par ses talents.
Après avoir appartenu d’abord au premier barreau de la France où il a laissé de nombreux amis et la réputation d’un talent élevé et d’un esprit libéral, il est venu prendre place, que dis-je, se placer dès le début au premier rang du barreau de sa ville natale. C’est là qu’il m’a été donné de le connaître, de l’apprécier et d’entrer dans sa plus étroite amitié. Quelle reconnaissance ne lui dois-je pas, messieurs, comme tous ceux qui sont venus s’abriter sous son patronage et recevoir de lui les leçons et les enseignements du maître ! C’est à lui qu’on doit cette révolution qui s’est faite à notre barre dans les discussions, auxquelles il communiquait les allures vives, alertes, de son talent à la fois spirituel et pratique. Dans les efforts que nous essayons pour rester fidèles à ses procédés, si bien accueillis des juges et si favorables à la prompte solution des affaires, nous ne sommes que ses imitateurs et ses élèves. Plusieurs fois, nos suffrages l’ont mis à la tête de notre ordre, dont il se montrait aussi ferme à soutenir les droits, qu’exact et scrupuleux à observer ses devoirs. Nos archives conserveront longtemps, alors même que la mémoire des contemporains sera éteinte, les traces de la façon dont il entendait que s’exerçât notre discipline intérieure, et dont il comprenait les rapports d’une confraternité pleine de bienveillance d’encouragement de la part des anciens, exempte entre tous de susceptibilité et de jalousie.
Les qualités personnelles, les connaissances variées, le talent oratoire et les opinions de Dérodé le désignaient tout naturellement aux emplois publics. Le conseil municipal, depuis plus de vingt ans, le compte parmi ses membres les plus éclairés ; le conseil général l’a possédé dans son sein, le comice agricole de l’arrondissement l’a choisi pendant plusieurs années pour son président, et l’académie impériale de Reims le citera toujours avec orgueil parmi ses fondateurs. Deux fois la docte compagnie l’éleva à sa présidence annuelle, témoignant ainsi de l’estime qu’elle portait à son caractère et à son talent.
Enfin, messieurs, dans les moments les plus difficiles, 70.500 électeurs de ce département l’ont envoyé comme député à l’assemblée nationale. Cette phase la plus glorieuse, mais aussi la plus périlleuse dans sa brillante carrière, n’est pas restée étrangère à la maladie qui devait de si bonne heure enlever à son pays l’assistance de ses talents, à sa famille, à ses amis, le bonheur et le charme de son commerce et de ses affections. Jeté, par circonstance peut-être plus que par instinct, dans un parti qui s’est tout au moins mépris sur son heure, il a emporté des vicissitudes politiques, un profond sentiment de désillusion et de regret qui n’a pas été sans influence sur la sérénité de son caractère et la conservation de sa santé.
Dieu, en nous l’enlevant, l’a rappelé à lui : Inclinons nous, messieurs, devant ses décrets, alors même que nos plus intimes sentiments en seraient meurtris. Dieu ne peut que bien faire ce qu’il a fait.
Dérodé qui, dans les années les plus agitées de sa vie, n’a cessé d’entretenir son esprit dans les grandes pensées de l’immortalité de l’âme et d’une vie meilleure, et qui a donné dans les derniers moments à sa famille le consolant spectacle d’une confiance résignée dans les promesses de notre divine religion, nous laisse avec les regrets amers de la séparation, l’espoir de le retrouver un jour – Adieu, cher confrère, adieu !
Source : AMB 1865.

DÉRODÉ (Louis).
Fils de M. Émile Dérodé, avocat rémois, représentant du département de la Marne à l’Assemblée nationale en 1848, M. Louis Dérodé avait lui-même fait son droit. C’était un homme d’agréable conversation qui cachait sous une nature réservée, une grande bonté de cœur. Il connut les amertumes de la vie, de cette vie qui aurait pu être pour lui belle et souriante, mais que le destin lui fit pleine d’obstacles et de luttes.
Lettré, M. Louis Dérodé était un habitué de la bibliothèque municipale où il aimait à se rendre et où sa passion pour les belles-lettres trouvait satisfaction.
Le 14 septembre dernier, la maladie et les tracas avaient raison de cette existence qui emportait l’estime des honnêtes gens et le souvenir ému d’amis sincères.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DES PORTES (Claude Albert).
Contre-amiral, né à Nîmes le 5 janvier 1840, décédé à Paris subitement le 18 mai 1896, venait d’être nommé major-général de la flotte de Lorient : il n’avait que 56 ans. Il était officier de la Légion d’honneur et marié à l’une des filles du général Borsamy de Villemereuil.
L’amiral Des Portes faisait chaque année du domaine de Placard, commune de Verdey, près Sézanne, sa résidence temporaire avec sa femme et ses fils.
L’inhumation a eu lieu à Sézanne, au tombeau de famille.
Source : AMB 1897.

DESAINS (Auguste).
Conseiller à la cour d’appel d’Amiens, chevalier de la Légion d’honneur, officier d’académie, administrateur des hospices de la ville de Saint-Quentin, président du conseil de fabrique à la Basilique, né à Laon le 5 janvier 1817, décédé à Amiens le 19 janvier 1894, avait été successivement notaire à Saint-Quentin, juge d’instruction, puis conseiller municipal et premier adjoint de la même ville, membre du conseil général pour le canton de Saint-Quentin.
Appelé à Amiens comme conseiller la cour d’appel, il fut en 1887, à l’âge réglementaire de 75 ans, mis à la retraite et nommé conseiller honoraire.
Dans sa longue carrière judiciaire, il avait brillé par sa science du droit et de la jurisprudence. Il avait aussi conservé de ses fortes études, la goût littéraire et artistique qui occupaient ses loisirs.
Il voulut être inhumé à Saint-Quentin, dont, après son départ de cette ville, il n’oubliait jamais les œuvres charitables auxquelles il faisait chaque année une part dans ses libéralités.
Aussi les Saint-Quentinois lui firent-ils des funérailles imposantes.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DESBORDEAUX (Jules).
Né à Coucy-lès-Eppes, canton de Laon. Instituteur énergique et patriote : il a essayé à la tête de quelques gardes nationaux de Pasly où il résidait de repousser à coups de fusils les Prussiens qui voulaient rétablir le pont de Pommier que le commandant de Soissons avait fait sauter.
Dénoncé et arrêté avec un autre garde national, ils furent traînés sur la montagne au-dessus de Pasly où ils furent fusillés. Par les soins du maire de Pasly un tombeau a été élevé sur la montagne où Desbordeaux et son compagnon perdirent la vie. Une plaque en marbre a été placée à l’école normale de Laon, en souvenir de ce lamentable événement.
Source : AMB 1873.

DESCHIENS (abbé).
Chanoine honoraire du diocèse de Châlons, ancien curé de Loizy-sur-Marne, décédé à Vitry-le-François le 24 mai 1870, à l’âge de 75 ans.
Bienfaiteur et bon prêtre, M. Deschiens a illustré sa vie par l’humilité la plus pure et par la plus ferme constance à remplir ses devoirs.
Source : AMB 1871.

DESCOTTES (l’abbé Pierre Louis).
Frère du précédent, naquit à Sainte-Ménehould le 10 septembre 1822 et mourut le 10 mars 1895, à Servon-Melzicourt.
Ordonné prêtre en 1846, il fut longtemps curé de Rouvroy, où, pendant quelque temps, il avait quatre communes à desservir, et souvent, à cause de la difficulté des chemins, il dut aller à cheval visiter et consoler les malades. En 1873, il fut nommé à Servon, où il resta jusqu’à sa mort. Sa vie se résume en deux mots : simplicité et vie intérieure ; il aimait la retraite et la solitude. Il avait à cœur le recrutement du clergé. Il aimait surtout les pauvres, auxquels sa bourse était largement ouverte. Il est mort trois semaines après son frère, après une longue carrière de bonnes œuvres et d’édification, vivement regretté de tous. Ses obsèques furent célébrées d’abord en sa paroisse de Servon, puis à Sainte-Ménehould, où il avait exprimé le désir d’être transporté auprès des membres de sa famille.
Source : AMB 1896.

DESCOTTES (le R. P. Ambroise).
Le R P. Descottes, de la compagnie de Jésus, naquit à Sainte-Ménehould, le 26 décembre 1810 ; il est mort à Reims, le 18 février dernier, dans sa 85e année.
Brillant élève du petit et du grand séminaire de Châlons-sur-Marne, il y professa pendant cinq ans la troisième et les humanités. Ordonné prêtre par Mgr de Prilly, il fut mis à la tête de la paroisse Saint-Memmie de Châlons. Le 29 octobre 1840, il demandait à quitter le clergé séculier pour entrer dans la compagnie de Jésus, et sa demande fut agréée deux ans plus tard. À partir de ce moment, son existence est vouée aux labeurs du confessionnal et des retraites. Il résida successivement à Vannes, Metz, Blois, Lille, Strasbourg, Angers, Rouen ; en 1874, il fut envoyé à Reims, qu’il ne quitta plus, consacrant tout son temps à l’étude des Saints Pères et à la méditation : son âme semblait s’élever au-dessus de la terre et ne vivre que de la foi et de la contemplation.
Atteint de l’influenza, il mourut en saint : M. l’archiprêtre de la cathédrale de Reims voulut rendre lui-même les derniers devoirs au religieux qu’il vénérait.
Source : AMB 1896.

DESFORGES de VASSENS (Aimé Saint Cyprien).
Né le 11 janvier 1787, capitaine en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, ancien maire de Chauny, ancien administrateur du Bureau de bienfaisance et des hospices de la ville de Chauny, décédé à Chauny le 6 août 1875. Ancien soldat de la grande armée, il assista aux batailles d’Austerlitz, Wagram et prit comme lieutenant une part glorieuse au blocus de La Fère.
Source : AMB 1876.

DESFOSSEZ (Jean-Baptiste).
Décédé le 12 mai 1901, était né à Caudry (Nord) le 12 mai 1836, mais il se fixa dès son jeune âge à Reims.
Républicain sincère, il fut appelé au Conseil municipal de cette ville alors qu’il jouissait d’une honnête retraite due à son activité dans le commerce. Il mourut dans le mandat de ses fonctions.
Ses qualités d’homme honnête et brave ont été rappelées sur sa tombe par M. Charles Arnould, maire de Reims.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DESHAYES (Désirée Auguste).
Chevalier du Mérite agricole, né à Cuts (Oise), le 20 décembre 1829, décédé à Soissons le 27 janvier 1897. À seize ans, il entrait comme aide-jardinier au château de Fontenois, et quelques années plus tard, lorsqu’il eut acquis les connaissances horticoles suffisantes, il vint se fixer à Soissons, où il reprit en 1854 un établissement d’horticulture. Là, il fut avec M. Deviolaine l’un des fondateurs de la belle Société d’horticulture de cette ville. En 1870-71, la guerre vint dévaster ses cultures et ses terres, et il lui fallut reconstituer en entier son établissement horticole. Son labeur intelligent fut récompensé aux Expositions de Reims (1874), de Soissons (1868, 1881), de Compiègne et enfin au Concours régional de Saint-Quentin et à celui de Laon (1887). En 1894, il reçut de la Société de Saint-Quentin une médaille d’or, et enfin, le 7 août 1896, la croix du Mérite agricole, juste récompense de tant de services rendus à l’horticulture.
Source : AMB 1898.

DESMAREST (Joseph Octave).
Né à Reims le 23 juillet 1804, ancien négociant, décédé dans sa ville natale le 15 mars 1877.
M. Desmarest fut le premier qui en 1830 revint à Reims, rapportant dans la matinée des nouvelles précises de ce qui s’était passé à Paris, dans les journées mémorables des 26, 27 et 29 juillet, où le règne de Charles X venait de cesser et Louis-Philippe d’être nommé lieutenant-général du royaume.
Il raconta devant le Conseil municipal et en présence d’une multitude de citoyens les faits saillants de cette révolution. Ce ne fut que vers 3 ou 4 heures de l’après-midi, après avoir fait plusieurs fois, devant de nouveaux groupes, le récit de son voyage, qu’il put rentrer chez lui et revoir sa famille. La Cité lui a toujours su gré de cette gentillesse. Comme homme de commerce et de transactions commerciales, on peut le citer comme type de délicatesse et d’inté¬grité.
Source : AMB 1878.

DESPREZ (Jean Antoine Nicolas).
Docteur en médecine, né à Reims le 25 novembre 1807, décédé à Reims le 5 janvier 1891.
Il commença ses études médicales à l’École de médecine, fut successivement expectant, externe et interne à l’Hôtel-Dieu. Il fut reçu docteur à Paris en 1833. Dans sa thèse (Dissertation sur le rhumatisme articulaire aigu), il exposa les idées de Chomel dont il était l’élève.
Revenu à Reims, il devint médecin des hôpitaux et appartint quelque peu à l’École de médecine. En 1851, la chaire d’anatomie était vacante ; Alexandre Henrot, après un très brillant concours, fut proposé à la nomination du ministre qui refusa de sanctionner le choix motivé de l’École et ce fut Desprez, l’un de ses compétiteurs, qui fut chargé du cours jusqu’à l’arrivée du Dr Gaillet.
Depuis longtemps, M. Desprez n’avait gardé de sa clientèle d’autrefois, que celle des Sociétés ouvrières de la Ville de Reims ; jusqu’à son dernier moment, il s’est acquitté de sa tâche avec le plus grand zèle.
Le Dr Desprez avait été l’un des membres fondateurs de la première Société médicale de Reims en 1843.
Il fut aussi l’un des fondateurs et longtemps le président de la Société philharmonique. Musicien convaincu, amoureux de son art, bon exécutant, il contribua sérieusement aux progrès de l’art musical dans sa ville natale. Il aimait à rappeler qu’il avait joué du violoncelle au sacre de Charles X ; pendant soixante ans on le vit tenir sa partie dans les concerts ou les quatuor d’amateurs et, arrivé à la vieillesse, la musique l’aida à supporter les chagrins de la vie et les injustices de la fortune.
Union Médicale du Nord-Est.
Source : AMB 1892.

DESROUSSEAUX (Édouard Auguste).
Maire de Vandières, conseiller général de la Marne, né à Vauxbuin (Aisne) le 29 septembre 1833, décédé à Paris le 13 juin 1887, à l’âge de 43 ans.
En 1870, au moment de la guerre, M. Desrousseaux quitta sa jeune famille pour contracter un engagement volontaire. On le trouve à Bapaume, à Pont-Noyelle, à Saint-Quentin, à la tête d’une des compagnies de mobiles de l’arrondissement de Reims. Sa conduite lui valut la croix de la Légion d’honneur.
Envoyé en 1871 par le canton de Châtillon, au conseil général de la Marne, il fut trois fois réélu.
On remarquait en lui un esprit à la fois concluant et ferme, une grande discrétion et un attachement profond aux intérêts généraux du département et aux intérêts particuliers de son canton.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.
 
DESSEIN (Augustin Victor).
Des hommes comme M. Dessein passent inaperçus, même de leur vivant et leur mort ne laisse qu’un vague souvenir dans la mémoire du grand public. Seuls, ceux qui ne recherchent que la satisfaction du devoir accompli, sans souci d’un titre plus ou moins légitimement gagné, ont pu apprécier ce que fut le modeste archiviste.
Victor Dessein entra aux Archives de l’Aisne en 1853 et exerça jusqu’en 1894 les fonctions de commis-adjoint. La somme de travail qu’il déploya dans le classement comme dans la rédaction d’Inventaires, n’est connue que de peu de personnes. Esprit cultivé, il se mit à l’œuvre avec passion. Chargé de la partie des Archives modernes, il entreprit cette tâche difficile, et pendant que l’archiviste, M. Matton, s’occupait des documents anciens, Victor Dessein, durant quarante ans, consacra ses efforts à sa laborieuse besogne.
Il quittait la ville de Laon, en 1896, avec le titre de chef de bureau honoraire de la Préfecture, mais une nouvelle activité devait se déployer chez cet homme que le maire de Saint-Quentin, M. Mariolle-Pinguet appelait pour le classement des Archives modernes de cette grande ville. Il mena à bonne fin ce travail considérable s’étendant de 1789 à 1898 et embrassant, avec la période révolutionnaire, le XIXe siècle presque en entier.
M. Dessein s’éteignit au Catelet (Aisne), le 16 avril 1904, laissant dans le monde des érudits et des chercheurs une mémoire vénérée. Il était né à Mons-en-Laonnois, le 2 février 1836.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.

DESTEUQUE (Pierre Eugène).
Né à Reims le 14 octobre 1816, d’une famille d’ouvriers, fut le fils de ses œuvres, et à force d’intelligence et de travail, il devint l’un des principaux fabricants de la place de Reims. Les qualités supérieures qu’il déploya dans ses relations d’affaires, lui ouvrirent les portes du tribunal de commerce, dont il fut bien souvent l’arbitre écouté. Il fut appelé au conseil municipal en décembre 1874, devint adjoint au maire en 1878, et conserva ces fonctions importantes et délicates jusqu’en 1872, où il rentra dans la vie privée. Le Gouvernement avait récompensé ses services en lui accordant en 1888, la croix de la Légion d’honneur.
Après sa retraite des affaires publiques, il vivait retiré à Villers-Allerand, où la mort est venue le frapper, le 11 juillet 1896, à l’âge de 80 ans. Il a laissé le souvenir d’un homme de bien, s’occupant tout particulièrement d’améliorer le sort des ouvriers.
Source : AMB 1897.

DESTREZ (Élie).
Médecin et maire de Fraillicourt (Ardennes), décédé à Rubigny le 6 janvier 1890.
Né à Doumely le 22 février 1835, Élie Destrez, après avoir été interne à l’Hôtel-Dieu, avait été reçu officier de santé à Reims en 1860. Il appartenait à cette phalange de praticiens modestes, qui, après avoir puisé dans les hôpitaux une solide instruction professionnelle, se livrent à l’exercice fatigant et peu rémunérateur de la médecine de campagne.
Destrez avait été interne de Landouzy ; i1 a rédigé et publié une leçon sur la pellagre sporadique, l’un des premiers travaux du maître sur cette question qu’il avait prise si à cœur.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

DÉTOUCHE (Laurent).
Peintre d’histoire, né à Reims le 24 novembre 1816, décédé à Paris le 29 avril 1882.
Il fit ses études au collège de sa ville natale où il manifesta l’intention d’étudier le droit à Paris, il fréquenta plus assidûment les musées de peinture que la Faculté, ses goûts artistiques changèrent complètement sa première résolution. Il préféra la peinture historique et s’y donna entièrement.
La fortune ne lui fut pas favorable, sa vue qui s’affaiblissait tous les jours et la maladie qui l’accablait brisèrent sa carrière. On a de lui plusieurs tableaux remarqués.
Source : AMB 1883.

DEULLIN (Eugène).
Banquier à Épernay, décédé dans cette ville, le 10 janvier 1897, était né à Avize, 1er septembre 1827. Il avait rempli, à la fin du second Empire, diverses fonctions publiques à Épernay. Il fit partie, durant la guerre, de la Commission municipale, et fut emmené en otage à Magdebourg par les Allemands.
C’était un homme érudit et un bibliophile très distingué.
Source : AMB 1898.

DEVÉDEIX (Antoine Eugène).
Ancien adjoint au maire de Reims, né à Paris en 1828, décédé à Reims, le 22 mai 1897.
Comme entrepreneur de travaux publics, il avait été chargé autrefois de la construction de la gare de Reims. Plus tard, sous l’administration de M. Diancourt, il put consacrer à la direction de la voirie municipale une expérience laborieusement acquise.
Enfin, c’est à lui que l’on doit l’initiative de l’utilisation, pour l’alimentation de Reims, de la source précieuse qui distribue l’eau à tous les quartiers de la ville.
Source : AMB 1898.

DEVILLE (François Félix).
Né à Château-Thierry le 14 mars 1841, décédé le 7 janvier 1896, fréquenta l’école communale jusqu’à l’âge de 12 ans, puis entra comme apprenti à Paris dans une maison de commerce. Doué d’une intelligente activité, il fondait lui-même à 21 ans une maison de commerce dont la prospérité fut telle qu’il se retirait au bout de dix ans et venait habiter sa ville natale. Désormais, son existence fut vouée aux affaires publiques. Il fut nommé successivement conseiller municipal, conseiller d’arrondissement et un peu plus tard conseiller général et maire de Château-Thierry. Il ne s’arrêta pas en si bon chemin, et le vote des électeurs l’envoya siéger au Parlement en 1889 et en 1893. Enfin, le Gouvernement le nomma chevalier de la Légion d’honneur.
A ses obsèques, qui furent d’une solennité imposante (10 janvier 1896), des discours furent prononcés sur sa tombe, par MM. Berger, premier adjoint, Macherez, sénateur, Cuissart, député, Laurenceau, préfet de l’Aisne, Morlot conseiller général, Albert Callou, Rep et Amédée Couesnon.
Source : AMB 1897.

DEVILLERS (Maître Jean-Pierre Ludovic).
Chanoine honoraire de Soissons, supérieur du petit-séminaire de Notre-Dame de Liesse, mourait le 5 décembre 1900, dans sa 54e année.
Né à Nouvion-le-Comte, le 29 décembre 1847, M. l’abbé Devillers avait été ordonné prêtre en 1873.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.


DEVIOLAINE (Paul Auguste).
Chevalier des ordres de la Légion d’honneur et de Saint-Grégoire-le-Grand, ancien maire de Soissons, ancien membre du Conseil général de l’Aisne de 1852 à 1870, ancien président du Tribunal de commerce de Soissons, etc., né en 1800, décédé le 26 novembre 1879.
M. Deviolaine fut surtout un grand industriel et un verrier consommé. Directeur à 18 ans de la verrerie de Prémontré, qu’avait fondée son père, il entreprit avec succès la fabrication des glaces, et après une lutte très vive, la puissante Compagnie de Saint-Gobain dut se résigner en 1863 à éteindre à prix d’argent cette concurrence redoutable.
En 1827, il avait jeté les bases de la verrerie à bouteilles de Vauxrot, près de Soissons, et le succès de cette nouvelle entreprise est attesté par la place considérable qu’occupe cet établissement dans l’approvisionnement de nos maisons de champagne.
M. Deviolaine avait donc fait de la verrerie pendant 62 ans, et était un de nos verriers les plus en renom.
Source : AMB 1881.

DEVIVAISE (Léon Jules Victor).
Ancien vice-président de la Société d’horticulture, ancien administrateur de la Caisse d’épargne, décédé le 8 mai 1901, dans sa 68e année, est connu surtout par sa méthode de culture de la vigne, culture basée sur une découverte qu’il fit de la valeur fructifère du bois d’aileron. Cette découverte dont il entretint les vignerons dans plusieurs articles insérés au « Bulletin » du Comice de l’arrondissement et dans les « Mémoires » de la Société de viticulture de Reims, l’avait fait apprécier de ces associations qui perdent en lui un de leurs plus fervents apôtres.
Albert Baudon.
Source : AMB 1902.

DEVOUGE (Mlle Marie Josèphe).
Née à Rocroi (Ardennes) le 17 mars 1785, décédée à Mézières le 31 octobre 1885.
Elle était fille d’un percepteur et avait été habituée à une certaine aisance ; mais des revers de fortune la laissèrent à la charge d’une nièce, qui lui consacra son existence.
Sa gaieté et sa bonne humeur étaient communicatives et ne la quittèrent point jusqu’au dernier moment.
Tout le monde à Mézières la connaissait, et l’on conservera encore longtemps le souvenir de ses gais propos.
Le jour où elle accomplit sa centième année, elle recevait une grande quantité de bouquets et de nombreuses félicitations auxquelles elle répondait du meilleur cœur.
Cette bonne vieille s’éteignit doucement entre les bras de sa nièce, dans sa cent et unième année.
Source : AMB 1887.

DEZERT (Ernest Léopold).
Né à Sézanne, le 8 septembre 1832, décédé à Épernay le 24 décembre 1899, était premier adjoint au maire de cette ville. Il était aussi directeur de la Caisse d’Épargne, membre du Bureau de bienfaisance et du bureau d’administration du Collège.
M. Dezert ne comptait que des amis. Sur sa tombe, M. Fleuricourt, maire et M. Évard ont retracé la vie laborieuse du défunt.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DIDRON (Adolphe Napoléon).
Chevalier de la Légion d’honneur et de Saint-Grégoire-le-Grand, né à Hautvillers (Marne), en 1806, l’un de nos archéologues les plus distingués, ancien secrétaire du comité des travaux historiques au ministère de l’Instruction publique, ancien professeur d’archéologie française à la Bibliothèque impériale, fondateur des Annales archéologiques, est mort cette année à Paris.
Il s’occupa de bonne heure de littérature, et remporta, en 1830, le deuxième accessit dans le concours ouvert par la Revue de Paris, sur la question assez singulièrement posée en ces termes : De l’influence de la charte sur les mœurs et des mœurs sur la charte. Vers cette époque, il fut mis en relation avec Victor Hugo, et ce furent les conseils du célèbre auteur de Notre-Dame de Paris qui lui ouvrirent la voie qu’il suivit d’une façon si brillante.
M. Didron se consacra dès lors à l’archéologie, et entreprit, à partir de 1830, une suite de voyages en Normandie, dans le centre et le midi de la France, en Grèce, en Turquie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en Italie. M. Guizot le désigna en 1835 comme secrétaire du comité historique des Arts et Monuments. Les Annales archéologiques, fondées par lui en 1844, sont restées jusqu’à sa mort sous sa direction ; elles forment une véritable encyclopédie de l’art au Moyen âge.
D’une activité, sans pareille, M. Didron, qui, en 1845, avait créé une librairie spéciale d’archéologie, longtemps gérée par son frère, établit en 1849 une manufacture de vitraux dont les verrières historiées et grisaillées ont obtenu d’honorables récompenses à diverses expositions, notamment à celle de 1855.
Outre une foule d’articles archéologiques insérés dans divers recueils périodiques, M. Didron aîné a publié : un Bulletin archéologique du comité des Arts et des Monuments (1840-1847) ; une Histoire de Dieu, iconographie des personnes divines ; un Manuel d’iconographie, etc.
Source : AMB 1869.

DOLIGNY (Mme).
Artiste dramatique, née en 1810, décédée au commencement de l’année 1880, à Vitry-le-François, sa ville natale.
Elle avait débuté à l’âge de 16 ans au théâtre de la Porte-Saint-Martin, passa ensuite au Gymnase et au Vaudeville, où elle obtint des succès bien mérités ; elle avait dû quitter le théâtre par cause de sa santé et était venue se retirer à Vitry.
M. Doligny, le mari de la défunte, était le neveu du grand Talma.
Source : AMB 1881.

DOLIVET (Mlle Marie Alix).
Directrice des cours secondaires de jeunes filles à Épernay, née à Fresne le 25 août 1857, décédée à Épernay le 27 mars 1889, était une ancienne élève du cours normal supérieur de l’Enfant-Jésus de Reims.
Elle passa successivement de Reims, où elle fut institutrice adjointe, à Milianah, puis à Aix, d’où elle fut appelée, en 1886, comme directrice des cours secondaires d’Épernay.
C’était une femme de tête toute dévouée à l’enseignement.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DOLLÉ (Maurice).
Né à Laon le 24 octobre 1839, décédé en la même ville le 13 mai 1899, appartenait à une des familles les plus anciennes et les plus honorables de la cité. Ayant senti en lui la vocation des armes, il était entré à Saint-Cyr et à sa sortie de l’école, le 1er octobre 1861, avait été affecté au 86e de ligne où il fut promu lieutenant en 1869. C’est à cette époque qu’il abandonna la carrière militaire pour se consacrer tout entier à l’étude et à la science.
Il avait en effet une grande passion pour les beaux-arts et l’archéologie et dès son entrée, le 12 décembre 1869, à la Société académique laonnoise, il apporta ses services et sa collaboration de tous les instants à cette compagnie dont il fut l’un des membres les plus appréciés. Le président de la Société, M. Ch. Glinel, a rappelé, sur sa tombe, les éminentes qualités du défunt, et, après lui, M. le commandant de la Forest-Divonne a retracé sa brillante conduite pendant la guerre de 1870, durant laquelle Dollé avait repris les armes.
Une assistance considérable assistait à ses obsèques.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DOMINÉ (Jean-Baptiste Dominique).
Ancien maréchal-des-logis en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, né à Faissault (Ardennes), le 22 mai 1821, décédé à Reims le 6 janvier 1894.
Sous-officier d’artillerie, puis de cuirassiers, il était entré dans la gendarmerie ; il fut appelé en 1860 comme maréchal-des-logis à Reims ; il était très considéré dans cette ville, où il prit sa retraite en 1869. Il avait reçu depuis peu la croix de la Légion d’honneur.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DOMMANGET.

Ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, à Metz, né à Sainte-Ménehould d’une des plus anciennes fa¬milles de cette ville, revint y mourir, forcé par la guerre de quitter sa patrie adoptive.
Il jouissait dans les deux villes d’une considération fort méritée.
Source : AMB 1878.

DORIN (Jean Louis Xavier).
Docteur en médecine, membre et ancien président de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, médecin en chef de l’École d’arts et métiers de Châlons, né à Triaucourt (Triaucourt, chef-lieu de canton de Bar-le-Duc, faisait partie, à la naissance de M. Dorin, de la Généralité de Champagne) le 26 septembre 1789, décédé à Châlons-sur-Marne le 29 août 1882.
Avant qu’il n’eut entièrement complété ses études médicales à la Faculté de Paris, Dorin était incorporé dans le service de santé de l’armée, et ce ne fut que vers 1812 qu’il put passer ses derniers examens pour le doctorat ; et aussitôt il vint fixer sa résidence à Châlons-sur-Marne, où il exerça la médecine jusqu’à l’âge de 92 ans accomplis, c’est-à-dire pendant 70 ans. Quelques mois avant sa mort il était encore plein de santé et de vie et il conserva jusqu’à la fin la plénitude de ses facultés intellectuelles.
M. Dorin, pendant sa longue carrière, fut successivement médecin des épidémies, médecins des prisons, de la Maison de santé départementale et médecin en chef de l’École des arts et métiers.
M. le docteur Dorin fut en outre président de la société d’agriculture, sciences et arts de la Marne, de 1873 à 1877, il était encore membre du conseil municipal de Châlons.
C’était un naturaliste distingué ; il possédait une collection de géologie, de minéralogie et surtout le plus beau cabinet d’ornithologie du département. Il était passionné pour cette branche de la science. Outre ses rapports avec tous les ornithologues ou collectionneurs de l’Europe pendant cinquante ans, il ne passa point de marché à Châlons qu’il ne parcourût dès le matin, afin de s’assurer s’il n’en trouvait point quelque espèce ou quelque variété qui n’existât point dans sa collection.
M. le Dr Dorin a laissé à la ville da Châlons ses belles collections d’histoire naturelle et son cabinet d’ornithologie, qui est un véritable musée que l’on continuera à visiter comme on pouvait le faire auparavant dans la maison du docteur qui en faisait les honneurs avec la plus grande affabilité. On a de lui un discours sur l’ornithologie en 1863, publié dans les Mémoires de la Société d’agriculture de la Marne.
Source : AMB 1883.

DORTU (Colonel Édouard).
Né à Châlons en 1813, décédé à Miribel (Ain) le 26 décembre 1894, était un des rares survivants de notre vieille armée d’Afrique où il avait longtemps séjourné et s’était tout particulièrement lié avec le maréchal de Saint-Arnaud. Il prit part à presque toutes les guerres du Second Empire, notamment en Italie, où il se distingua au siège de Rome et à Solférino.
Dans la retraite, il s’occupait de bonnes œuvres, et consacrait une grande partie de ses loisirs aux écoles libres de Miribel, dont il était l’un des grands bienfaiteurs.
À ses obsèques, le curé de Colligny, ancien aumônier des mobiles de l’Ain, rappelait sa devise favorite « Patrie et Religion » qui avait été la règle de conduite de toute son existence ; il rappelait ainsi la campagne d’Italie, et surtout le siège de Paris, où sa vieille expérience militaire avait su organiser en quelques jours le régiment des Volontaires de l’Ain, régiment choisi à cause de sa solidité, pour couvrir la retraite de l’armée après la bataille de Champigny, et occuper en avant-poste la boucle de la Marne, après qu’on eût fait sauter le pont de Joinville.
Le colonel Dortu était officier de la Légion d’honneur.
Source : AMB 1896.

DOUBLEMARD (Amédée Donatien)

Le statuaire Doublemard, né à Beaurain (Aisne), le 8 juillet 1826, est mort à Paris en septembre 1900.
Il était élève de Duret et obtint le 1er prix de Rome, en 1855. On lui doit quantité de bustes de personnages éminents dans les lettres, les sciences et les arts et notamment ceux de toutes les notabilités du département de l’Aisne, tels que Quentin-Bauchart, Odilon Barrot, Victor Suin, Ernest Suin, Le Sérurier, conseiller à la cour de cassation, Henri Martin, Eugène Paillet ; la statue en bronze du maréchal Sérurier, inaugurée à Laon, en 1863 ; la statue de l’éminent avocat Paillet érigée à Soissons.
Doublemard a beaucoup produit. C’était un homme aimable, recherché, qui avait un pied dans tous les mondes. Il a modelé nombre de portraits d’abbés, d’artistes comme Jean Gigoux, de médecins, Dr Ricord entre autres, de comédiens. Parmi ces derniers, ceux des deux Coquelin, de Febvre, de Laroche, Raphaël Duflos, Mmes Sarah-Félix, Dudley, Pierson, etc. Ses œuvres les plus importantes sont : « la France en deuil déposant une couronne sur la tombe des soldats morts pour sa défense, le 19 janvier 1871 », monument élevé par la Ville de Saint-Quentin ; le « maréchal Moncey, défendant la Ville de Paris, en 1815 », monument commémoratif érigé sur la place Clichy, et la statue en bronze de Camille Desmoulins, érigée à Guise (Aisne).
Il exposa pour la dernière fois au Salon de 1899 où il envoya un buste en plâtre d’Octave Feuillet.
Doublemard a légué à l’Institut ses collections d’art et fondé, à l’École des Beaux-Arts, un prix qui portera son nom.
Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1877.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DOUBLIÉ (Joseph).
Né à Bétheny près Reims, le 22 août 1799, mort le 23 avril 1873.
Nous ne pouvons laisser passer dans l’oubli le nom de M. Doublié, qui, par son intelligence et sa perspicacité, avait su deviner l’avenir et le développement du commerce de la ville de Reims : dans la période de 1836 à 1848, il avait acquis la presque totalité des terrains qui entouraient la ville à cette époque.
Avant de mourir, il a eu la satisfaction de voir toutes ses propriétés qui jadis étaient incultes, couvertes de rues, de maisons et d’établissements industriels de toute nature.
Source : AMB 1874.

DOUBLIÉ (Marie Joséphine Amélie).
Épouse de M. Doyen, docteur en médecine, née à Bétheny le 4 janvier 1836, décédée à Reims le 15 mai 1878.
Femme d’un grand mérite, aussi élevée par le cœur que par l’intelligence, nature essentiellement généreuse et surtout modeste, elle a consacré son existence à faire le bien.
Poursuivant son but élevé et généreux, elle fonda elle-même en 1873, de ses propres deniers, une École ménagère pour recevoir les jeunes filles d’ouvriers au sortir des classes primaires ; c’est là qu’en leur inspirant l’amour du travail, on leur inculquait toutes les notions du ménage, des travaux d’aiguille, du blanchissage et de l’économie, afin d’en faire des mères de famille et des épouses modèles. – Elle a écrit pour cette école les nombreux chapitres d’un ouvrage traitant du rôle de la femme et de la mère. – Elle aurait voulu envoyer ce livre à l’Exposition, mais la maladie l’a empêchée, d’y mettre la dernière main. Du moins avant sa mort, elle a eu la satisfaction de voir son oeuvre achevée, car la ville de Reims a pris sous son patronage cette école, qu’elle se propose d’agrandir afin d’en étendre les bienfaits.
Lors de la fête des Sociétés mutuelles de Reims, on lui vota un diplôme d’honneur ; elle apprit cette marque distinguée sur son lit de mort.
Sa générosité se répandait sans bruit ; que de fois n’a-t-elle pas fait parvenir discrètement des secours à de pauvres familles ? Elle avait même chargé le Maire de la ville de donner un prix anonyme de 500 francs destiné à un ouvrier appartenant à l’une des industries du bâtiment qui se serait distingué par son travail, sa conduite, et surtout par l’accomplissement de ses devoirs filiaux. Dans son testament, elle a eu soin de rendre cette fondation permanente.
Tels sont les titres de madame Doyen à la reconnaissance de ses concitoyens.
Source : AMB 1879.

DOUCHY (Médard).
Instituteur en retraite, décédé à Brumetz, le 25 décembre 1896, à l’âge de 66 ans. Il n’eut jamais d’autre poste que Brumetz, où il exerça ses fonctions pendant 42 ans, et qu’il ne voulut pas quitter après sa mise à la retraite. C’était avant tout l’homme du devoir, l’instituteur intelligemment dévoué, ayant une haute idée de son rôle d’éducateur, le conseiller prudent et désintéressé. Il avait puisé dans l’étude minutieuse des méthodes d’enseignement et dans sa propre expérience, une réelle science pédagogique, qui faisait autorité parmi ses collègues. L’administration de l’instruction publique, appréciant sa valeur morale et professionnelle, lui a conféré toutes les distinctions, depuis la mention honorable jusques et y compris les palmes d’officier d’Académie. Ses obsèques ont eu lieu à Brumetz, le 28 décembre, au milieu d’un concours imposant de personnes péniblement affectées. Quatre discours ont été prononcés sur sa tombe par MM. Poard, maire de Brumetz, Dugué ami d’enfance, Bouvier instituteur à Caudelu et Caulet son successeur à Brumetz.
Source : AMB 1898.

DOUÉ (N.).
Né à Warcq en 1863, entra à l’École de Saint-Cyr, le 30 octobre 1884. Sous-lieutenant en 1886, il fut promu lieutenant en 1889 à l’infanterie de marine. Mis en service aux tirailleurs sénégalais, il fut tué au Dahomey dans le combat du 6 octobre 1892.
Charles Remy.
AMB 1893.

DOUET d’ARCQ (Antoine Marie).
Président honoraire du Tribunal civil de Châlons, chevalier de la Légion d’honneur, né à Paris le 20 novembre 1787, décédé à Châlons-sur-Marne le 6 février 1881.
Source : AMB 1882.

DOUILLET (Louis Désiré).
Docteur en médecine, né à Pontfaverger ; jeune médecin sage et prudent, il eut bientôt acquis à Rethel où il s’était fixé l’affection générale par son dévouement au soulagement des pauvres. Il fut enlevé trop tôt à sa famille et à ses nombreux amis le 28 janvier 1871, à 1’âge de 26 ans.
Source : AMB 1872.

DOURLENS (Louis Eugène).
Chef de bataillon en retraite, chevalier de la Légion d’honneur, né à Soissons le 1er janvier 1840, décédé à Crépy-en-Laonnois le 17 novembre 1897.
Entré à l’École militaire en 1859, il en est sorti en octobre 1861, sous-lieutenant au 60e de ligne. Il a servi comme lieutenant au même régiment, et comme capitaine au 9e d’infanterie de marche et au 38e de ligne. Nommé, en décembre 1882, chef de bataillon au 45e de ligne, il a pris sa retraite en 1887.
Il a fait la campagne contre l’Allemagne de juillet 1870 à mars 1871; et à l’armée de Versailles, de mars à juin 1871. Cité à l’ordre du corps de siège devant Paris, pour s’être distingué à la prise du parc d’Issy, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. Cette pénible campagne ayant fortement éprouvé sa santé, il fut contraint de prendre sa retraite prématurément à vingt-huit ans de services, et se retira à Crépy-en-Laonnois.
Ses obsèques furent suivis d’un nombreux cortège, où se remarquaient le lieutenant-colonel Bourgeois, à la tête d’une députation d’officier du 45e d’infanterie ; le général Mathis, attaché au Ministère de la Guerre, et le colonel de gendarmerie Benoist, de Besançon, amis intimes du défunt.
Source : AMB 1899.

DOURS (Mgr Jean Pierre Jacques Armand Cicile).
Né à Alzonne, petite bourgade du Languedoc (Aude), le 4 février 1809. Son père, Jean Dours, était attaché à la brigade de gendarmerie de ce canton ; il la quitta six ans après pour la résidence de Bagnères-de-Bigorre. C’est au collège de cette ville que le jeune Dours fit ses études avec un très grand succès. Entré dans l’état ecclésiastique, il occupa successivement et avec distinction les postes de professeur de grammaire au collège d’Aire, professeur d’histoire et d’éloquence sacrée au Grand-Séminaire de Dax, principal du collège de Saint-Sever, proviseur du lycée de Laval, recteur de l’Académie du Puy-de-Dôme, et enfin inspecteur de l’Académie de Paris, en résidence à Versailles.
Ces diverses fonctions lui avaient fait offrir le titre de chanoine honoraire dans les diocèses d’Aire et Dax, de Clermont et de Versailles, en même temps que la croix de chevalier de la Légion d’honneur. M. l’abbé Dours avait le grade de licencié ès lettres.
De si grands services rendus à l’enseignement méritaient une plus haute récompense. Déjà indiqué pour l’évêché de Laval, il fut définitivement nommé au siège de Soissons par décret impérial du 15 octobre 1863, préconisé le 21 décembre et sacré à Laon le 13 mars 1864 par le cardinal Gousset.
Mgr Dours a occupé le siège de Soissons pendant prés de 12 ans, jusqu’au commencement de 1876, époque où sa santé si compromise le força à prendre sa retraite à Bagnères, avec le titre de chanoine de Saint-Denis.
Jusque dans les défaillances d’une vie qui s’échappait, on voyait chez le prélat combien son esprit était droit, son âme profondément sacerdotale, et son cœur, lorsqu’il se découvrait tout entier, plein de charité et de mansuétude.
Mgr Dours était le 95e évêque de Soissons ; il est mort le 12 décembre 1877, à l’âge de 69 ans. Il portait pour armes : de gueules à la croix d’argent chargée de trois clous de sable avec la couronne d’épines en sautoir de même, et pour devise : Jesum Christum et hunc crucifixum.
Source : AMB 1879.

DOUTTEZ (Remi).
Curé doyen de Grandpré, né à Roizy (Ardennes) le 25 avril 1817, décédé le 12 octobre 1873.
Source : AMB 1874.

DOYEN (Alexandre).
Né à Chaudefontaine (Marne) le 4 janvier 1807, ancien avoué, décédé à Reims le 26 août 1874.
M. Doyen après d’excellentes études faites au collège de Sainte-Ménehould, refusa d’entrer dans les ordres et suivit les cours de la faculté de droit à Paris ; fixé à Reims où il reprit une étude d’avoué, il plaida dans les affaires importantes et fournit plusieurs fois à ses confrères des indications et des idées neuves sur l’interprétation des textes légaux. Ses mémoires judiciaires, remarquables par l’exposé historique des questions, rappellent la manière d’écrire des anciens maîtres du barreau et décèlent des connaissances profondes sur l’histoire de l’ancien droit féodal, ramené à la législation moderne.
On remarque particulièrement le mémoire écrit en faveur de Chaudefontaine contre l’État pour la revendication des bois communaux et ceux qu’il adressa à l’administration des hospices dont il était archiviste.
On rencontrait tous les jours M. Doyen à la bibliothèque, feuilletant, notant et ajoutant sans cesse sur des feuilles volantes des notes minuscules qu’il était seul capable de déchiffrer mais qu’il communiquait avec une libéralité rare à tous les chercheurs.
Philosophe aimable, M. Doyen avait beaucoup lu, beaucoup retenu ; servi par une mémoire heureuse, il cachait sous une bonhomie apparente, une finesse d’observation et des remarques parfois caustiques sur les événements contemporains qu’il rapprochait avec à propos des faits passés, en qualifiant l’histoire de répétitions éternelles.
Mais ses boutades étaient rares, elles ne l’empêchèrent jamais d’aider et d’encourager les études libérales.
M. Doyen a personnellement tiré peu de parti de ses recherches ; nous ne connaissons de lui que des articles signés A. D. dans le Courrier, l’Indépendant, l’almanach des départements de la Marne, l’Aisne, les Ardennes et dans divers journaux. Il est bien regrettable que la mort soit venue si vite pour cet homme qui peut-être eut un jour réuni ses notes et laissé à la postérité d’inappréciables mémoires.
Source : AMB 1875.

DOYEN (Dr Octave).
Né à Reims le 25 mai 1831, décédé dans la même ville le 10 juillet 1895. Il s’y était fait une large place au point de vue professionnel, mais plus large encore au point de vue civique.
Ancien interne des hôpitaux de Paris, le Dr Doyen, presque aussitôt après son arrivée à Reims, fut nommé professeur à l’École de médecine, puis bientôt après médecin de l’Hôtel-Dieu, et dans la suite administrateur des Hospices. Dans les dernières années, il avait abandonné ces divers services et renoncé à la médecine active, n’ayant plus désormais que des préoccupations civiques et philanthropiques. Ainsi il fut avec M. Defrançois, l’un des premiers promoteurs de la gymnastique à Reims, et « l’Ancienne », depuis sa fondation (1868), s’est toujours honorée de l’avoir pour président d’honneur. Élu conseiller municipal en 1868, il n’a pas cessé, jusqu’à sa mort, de participer aux affaires de la ville, et il a laissé dans les délibérations du conseil des traces lumineuses de la virilité de son esprit, de la précision et de la netteté de ses idées. Nommé adjoint en décembre 1874, il fit partie de l’administration de M. Diancourt ; en mars 1878, on lui renouvela le même mandat ; en 1881, il était nommé maire. En 1882, alors que pour la première fois le conseil était appelé à élire le maire, M. Doyen fut proclamé par 34 voix sur 35 votants : unanimité qui est pour celui qui en est l’objet une marque particulière d’estime et de considération. Peu après, il recevait la croix de la Légion d’honneur. Voici la mention de « l’Officiel » à cet égard :
« M. Doyen (Octave), maire de Reims, conseiller municipal depuis 1870, ancien adjoint, maire de Reims depuis 1881, ancien professeur à l’École de médecine de Reims, médecin à l’Hôtel-Dieu depuis 1860 ; 22 ans de services publics ; s’occupe avec un rare dévouement de l’École professionnelle et ménagère fondée à Reims par Mme Doyen, et qu’il a dotée d’une subvention considérable ».
En 1884, pour raison de santé, il déclina ses fonctions de maire, tout en restant conseiller, et devint dès lors un sérieux contrôleur des affaires municipales, parfois même un censeur incommode de tout projet administratif lui semblant dangereux pour l’équilibre du budget.
Inquiété pendant l’invasion, il dut fuir pour éviter une séquestrations. On menaça d’arrêter son beau-père comme otage : ce qui compromis la santé déjà si délicate de Mme Doyen-Doublié, cette bienfaitrice dont le nom est resté cher aux Rémois : il n’est pas hors de propos d’ajouter que le Dr Doyen était de moitié dans tous ses actes de bienfaisance.
Resté très actif, malgré les années et malgré les fréquentes étreintes de l’affection cardiaque à laquelle il a succombé, il menait de front des fonctions multiples : membre du conseil d’hygiène et de salubrité de l’arrondissement, – président-fondateur de la Société de viticulture, horticulture, sylviculture de l’arrondissement de Reims (1887) –, membre titulaire de l’Académie de Reims, etc.
Ses obsèques eurent la solennité imposante que comportait sa situation ; toutefois, suivant sa volonté dernière, ni couronnes, ni discours. La ville perd en lui l’un de ses enfants les plus dévoués et les plus méritants.
Source : AMB 1896.

DOYEN (Mme), voir DOUBLIÉ.

DOYEN-DAVAUX (Magloire).
Négociant, vice-président de la Société de secours mutuels, membre de la Chambre consultative des arts et manufactures, membre du conseil municipal et adjoint au maire de Givet, né à Saint-Lambert le 8 janvier 1821, mort à Givet le 3 avril 1893.
D’une nature droite et généreuse, d’une loyauté et d’une intégrité à toute épreuve, il reçut de ses concitoyens de nombreuses marques d’estime et de confiance. Après la mort de M. Colardeau, il administra comme adjoint la ville de Givet près de 6 mois et refusa le titre de maire.
Plusieurs discours prononcés sur sa tombe ont fait valoir ses mérites comme homme privé, comme citoyen et comme membre des diverses corporations dont il faisait partie.
Charles Remy.
AMB 1894.

DROIT (abbé).
Chanoine honoraire, curé de Courtisols, né en 1806, décédé le 16 novembre 1890.
Il débuta comme curé dans cette importante commune en 1830, et gardera ce poste jusqu'à la fin de ses jours, où il fut entouré de l’estime de tous.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

DROUART (Pierre Célestin).
Curé de Brieulles-sur-Bar, né le 17 mars 1823, à Cliron, décédé le 8 septembre 1873.
Source : AMB 1874.

DROUET (Jules Charles Henry).
Né à Bar-le-Duc le 28 mai 1849, décédé à Épernay le 9 avril 1896.
Juge de paix du canton d’Épernay, M. Drouet avait fait ses études à la Faculté de droit de Paris. Nommé Commissaire-priseur à Châlons, ses goûts pour les études juridiques le décidèrent à entrer dans la magistrature.
Juge de paix à Dormans en 1889 et à Épernay, le 13 novembre 1894, M. Drouet, d’esprit conciliant et éclairé, joint à une grande habileté des affaires, avait su se fait estimer de tout Épernay ; travailleur infatigable, c’est presque dans ses travaux professionnels qu’il a été enlevé à l’affection de tous.
Source : AMB 1897.

DROUET (Ponce Aimable).
Comte d’Erlon, ancien conseiller à la Cour de Metz, né à Reims le 26 janvier 1818, décédé le 16 octobre 1883.
Il était le petit neveu du Maréchal dont la statue orne une des places de Reims.
Source : AMB 1885.

DROUET-BONNAIRE (Ponce Amable).
Négociant en bois, conseiller municipal, adjoint au Maire de la ville de Reims, ancien juge au Tribunal de commerce, membre du Bureau de bienfaisance, né à Reims le 26 janvier 1818, décédé au même lieu le 16 octobre 1883.
M. Drouet, l’un des derniers représentants de la famille du maréchal Drouet d’Erlon, était fils de ses œuvres.
D’abord entrepreneur de charpente, il se fit connaître par une grande honnêteté dans ses transactions qui le suivirent dans 1e commerce de bois qu’il entreprit ensuite ; c’est à cette honorabilité commerciale qu’il dût de s’élever à une position de fortune satisfaisante comme aussi à une grande considération parmi ses concitoyens qui l’élevèrent à toutes les fonctions électives dont ils pouvaient disposer.
Conseiller municipal, adjoint au Maire, juge au tribunal de commerce, il était encore président de l’Union syndicale du bâtiment.
Sa modestie égalait ses mérites, et il faut lui rendre cet éloge, qu’il n’avait que des amis, quelque fussent leurs opinions politiques.
Source : AMB 1884.

DRUBIGNY (l’Abbé Jules César).

Né à La Neuville-aux-Joûtes le 27 janvier 1824, décédé à La Neuville-aux-Joûtes le 19 mars 1897.
Ancien Doyen de Fismes, ancien Archiprêtre de Sedan, chanoine honoraire de Reims, M. l’abbé Drubigny, qui avait commencé son ministère il y a 51 ans. avait débuté à Margut. Il s’était retiré, à La Neuville-aux-Joûtes, où il est décédé dans sa 75e année.
Source : AMB 1899.

DRUGEON (Mme veuve).

Née Blanche Lecart, avait vu le jour à Château-Thierry le 10 janvier 1835 ; elle est décédée au même lieu le 17 mars 1889. Elle a légué aux hospices de la ville 30.000 fr., à la fabrique de Saint-Crépin 1.000 fr., à la ville de Château-Thierry une somme de 10.000 fr. à la charge d’entretenir sa tombe.
Après l’acquittement de ces legs, la ville et les hospices doivent partager le surplus de sa fortune qui pouvait s’élever à 100.000 fr.
Parmi les objets légués à la ville se trouve un manuscrit assez volumineux offrant un grand intérêt pour l’histoire de Château-Thierry, calligraphié et orné de dessins coloriés par M. Lecart, père de Mme Drugeon, maître de dessin, qui y a consacré 15 années de sa vie.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DRUMEL (Étienne Hubert Ernest).
Né à Faissault, le 25 janvier 1844, décédé à Neuvizy, le 22 novembre 1897. Sénateur du département des Ardennes, doyen de la Faculté de Droit de Lille, membre du Conseil supérieur de l’Instruction publique, conseiller général, maire de Neuvizy (Ardennes), M. Drumel, dont le père était percepteur, fut lauréat de la Faculté de Droit de Paris en 1866, docteur en droit en 1868, et agrégé en 1873. Conseiller général en février 1873, il fut nommé professeur à la Faculté de Droit de Douai en 1875.
Élu député en 1876, réélu en 1877 et 1881, secrétaire de la Chambre des Députés en 1879 et 1880, il fit partie de nombreuses commissions, notamment de celle des douanes et du budget. Il fut nommé sénateur en 1893, en remplacement de M. Neveux, et réélu en janvier 1894. Il n’est personne qui n’ait rendu justice à sa loyauté politique et sa profonde connaissance du droit, sa prodigieuse activité étaient précieuses dans l’examen de toutes les questions juridiques ou de celles qui intéressaient l’enseignement.
À ses obsèques, qui eurent lieu le 25 novembre, à Neuvizy, sans pompe et sans apparat officiel, assistaient un millier de personnes venues de tous les points du département pour rendre un dernier témoignage à celui qui leur avait voué sa vie.
M. Drumel était officier de l’Instruction publique et chevalier de la Légion d’honneur. Il avait fait ses études classiques au Lycée de Reims.
Source : AMB 1899.

DUBOIS (Clément Désiré Jean-Baptiste).
Ancien instituteur, officier de l’Instruction publique, décédé à Hermonville, le 4 juin 1898, était né à Savigny-sur-Ardres, le 23 novembre 1819.
Le deuil était conduit par son fils, M. le colonel Dubois.
Le maire, le conseil municipal, des officiers supérieurs du génie et de l’Artillerie, M. Communal, capitaine de vaisseau, officier de la Légion d’honneur, amis de la famille ; MM. Renard, juge à la Cour d’Appel, Villiers, percepteur, Tiret, notaire, André, inspecteur primaire, Andrieux, maire de Pouillon, vicomte Gaston d’Avesnes, des instituteurs des communes voisines et toute la population d’Hermonville ont accompagné, à sa dernière demeure, le vieil instituteur.
Source : AMB 1899.

DUBOIS (Édouard).
Notaire honoraire, né à Cumières le 23 septembre 1821, mort à Épernay le 1er mars 1896, dans sa 75e année. Pendant plus de vingt ans, il exerça les fonctions de notaire avec une rare distinction. Après sa retraite, il mit au service du bien public son activité et son intelligente expérience. Au conseil municipal, au bureau de l’assistance judiciaire, à la justice de paix, dont il fut suppléant, partout en un mot où il put utiliser sa judicieuse entente des affaires, on le vit déployer un zèle aussi désintéressé qu’infatigable.
Après les obsèques célébrées à Épernay, le corps a été transporté à Damery pour y être inhumé dans le caveau de famille.
Source : AMB 1897.

DUBOIS (Jules Léon).

Pharmacien principal de l’armée en retraite, né à Soissons le 17 juin 1844, où son père, avait exercé lui-même la profession de pharmacien, mourut à Paris le 11 mars 1900.
Admis, en 1864, à l’École de médecine et de pharmacie de Strasbourg, puis envoyé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, en 1867, M. Dubois passa l’année suivante à la division de Constantine comme aide-major de 2e classe. Élevé à la première classe, le 1er janvier 1871, il fut successivement nommé pharmacien-major de seconde et de première classe, à Marseille (1881), à la pharmacie centrale militaire de Paris (1886) et, cinq ans plus tard, le 13 juillet 1891, pharmacien principal de 2e classe, à l’hôpital Desgenettes, à Lyon. C’est en cette qualité qu’il demanda sa retraite, et quelques années après vint se fixer à Paris.
Dubois était officier de la Légion d’honneur.
Son corps, ramené à Soissons, fut suivi au cimetière par une nombreuse affluence et inhumé dans un caveau de famille.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DUBOIS de HOVES de FOSSEUX (Marie Eugène Antoine).
Né à Amiens le 16 janvier 1817, mort à Verneuil-sous-Crécy (Aisne) le 10 décembre 1894, était originaire d’une ancienne famille de l’Artois. Il entra à l’École polytechnique. En 1854, après quelques semaines de mariage, il quitta sa jeune femme pour prendre part à la guerre de Crimée, où sa bravoure le fit décorer de la Légion d’honneur. À la signature de la paix, il revint en France, donna sa démission et habita Paris et Verneuil. Il fit partie de toutes les associations charitables, construisit l’église de Verneuil et assura le logement et le traitement du curé. Il était maire de sa commune depuis trente ans quand la mort est venue le frapper. Six semaines auparavant, il venait d’être cruellement éprouvé par la mort d’un de ses fils, officier d’infanterie à Troyes.
Source : AMB 1896.

DUBOURG-MALDAN (Pierre Joseph Camille).
Docteur en médecine, chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’instruction publique, ancien directeur, puis directeur honoraire de l’École de médecine et de pharmacie de la ville de Reims, ancien professeur de matière médicale et thérapeutique, médecin honoraire des Hospices et du Bureau de bienfaisance de Reims, ancien conseiller municipal, membre de l’Académie nationale de Reims, né le 20 mars 1807, décédé à Reims le 11 avril 1881.
Avec tous ces titres et d’autres encore, M. Maldan a voulu qu’aucun éloge ne fût prononcé sur sa tombe. Son collègue, M. le docteur Doyen, qui conduisait le deuil, respectant la modestie du défunt, témoigna les regrets de ne pouvoir dire tout le bien qu’il en pensait et exprima simplement les remerciements de la famille aux nombreux assistants, notables habitants, collègues, anciens et nouveaux élèves qui composaient son convoi.
Comme lui, nous nous inclinerons devant la volonté du défunt, tout en regrettant avec M. Doyen de ne pouvoir parler de l’activité du chercheur et du savant, de l’inépuisable bonté du médecin des pauvres, des relations agréables et sûres de l’homme privé, de la vaste érudition du professeur, de sa clarté d’exposition, de son attachement pour ses élèves.
Il était depuis vingt ans directeur de l’École de médecine ; mais quelques semaines avant sa mort, à la suite d’une longue maladie qui avait respecté sa belle intelligence, il donna sa démission et reçut en échange le titre de directeur honoraire.
Savant bibliophile, il connaissait bien les livres et les aimaient avec passion.
Outre beaucoup d’autres travaux d’érudition restés inédits, il fit à l’Académie de Reims une foule de communications intéressantes, parmi lesquelles nous citerons l’Histoire de l’Éclairage à Reims, le commencement d’une étude historique sur l’Ancienne Faculté de médecine de cette ville, où l’on peut lire la liste fort longue des illustrations médicales qui en sont sorties, et sa conférence sur la Vaccine qui contient des documents curieux.
Pour nous résumer, nous dirons que la grande modestie de M. le docteur Maldan n’empêche pas sa mémoire d’être vénérée de tous ceux qui l’ont connu.
Source : AMB 1882.

DUBUQUOY (Hector Emmanuel).
Colonel de cavalerie en retraite, commandeur de la Légion d’honneur, né à Éparcy (Aisne), le 23 novembre 1827, décédé à Dijon, le 11 novembre 1893.
Sorli de Saint-Cyr comme sous-lieutenant de cavalerie en 1848 ; il faisait, en 1855, la campagne de Crimée lorsqu’il fut nommé lieutenant au choix. Pendant la campagne d’Italie, il passa capitaine encore au choix, et en 1870 était promu major.
En 1877, il fut nommé lieutenant-colonel, et en 1881, il prenait comme colonel le commandement du 3e régiment de chasseurs d’Afrique. Décoré en 1866, il reçut la rosette d’officier de la Légion d’honneur en 1871 et était nommé commandeur en 1885.
Il comptait de nombreuses campagnes. Pendant la guerre de 1870, il servit à l’armée de la Loire comme chef d’escadron, et s’y distingua par sa bravoure, fut cité à l’ordre du jour dans divers combats : à Morée, à Conneré.
M. le général Rousseau, sous lequel il avait servi pendant la campagne de France, resta après la guerre en correspondance avec lui et dans plusieurs de ses lettres, il rend hommage à la bravoure exceptionnelle et au sang-froid du colonel Dubuquoy. Il est cité par le général Chanzy dans son ouvrage l’Armée de la Loire.
Après sa retraite, il se retira à Dijon ; il fut, sur sa demande, inhumé à Avallon, à côté de son épouse.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DUCAUROY.
Secrétaire général honoraire de la préfecture du département de l’Aisne, né à Berthenicourt (Aisne) le 29 août 1824, décédé à Laon, le 1er octobre 1894. Ancien élève du collège royal de Reims, licencié en droit, fut d’abord juge de paix à Marle et au Bourg-d’Eau, puis conseiller de préfecture de la Meuse et du Loiret et enfin secrétaire général de l’Aisne. Il apporta dans l’exercice de ses diverses fonctions une science profonde, une application soutenue, une bienveillance à toute épreuve, un zèle et une ardeur qui ne se démentirent jamais.
En 1873, il fut appelé à Laon comme conseiller de préfecture et devint le collaborateur de M. de Villeneuve, préfet de l’Aisne, qu’il suivit dans sa retraite au 16 Mai. Il échoua comme candidat au Conseil général pour le canton de Moy, où il s’était présenté malgré lui.
Quand M. Sébline, qui avait été son collègue au conseil de préfecture de l’Aisne, eut été nommé préfet de l’Aisne, il rentra comme secrétaire général et se retira en 1885.
Pendant huit ans, travailleur opiniâtre, il donna à tous les détails de l’administration une attention soutenue, et c’est M. Sébline lui-même, sénateur, qui lui rend cet hommage sur sa tombe, qu’il fut, pour une large part, dans les améliorations qui ont eu lieu pendant ce temps. À sa retraite, il fut nommé secrétaire général honoraire, et se fixa à Laon, où il vécut encore pendant dix ans dans un repos bien gagné.
Le département de l’Aisne et la ville de Laon perdent en lui un défenseur ardent et convaincu de leurs intérêts, et ses familiers un ami sûr et dévoué.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.

DUCHÉNOIS (J.-B. Lucien).
Architecte, membre du conseil municipal de Mézières, né à Gruyères (Ardennes) le 2 octobre 1840, décédé à Mézières le 17 novembre 1879.
M. Duchénois était le fils de ses œuvres. Orphelin par un affreux accident arrivé à son père, qui était charpentier et qui fut tué en tombant d’un échafaudage, il s’était trouvé à l’âge de cinq ans sans ressources et sans soutien ; il fut élevé par un oncle qui lui fit apprendre le métier de charpentier. C’est à force d’énergie et de travail personnel qu’il est arrivé à la situation qu’il occupait.
On lui doit un certain nombre de constructions remarquables, et entre autres l’église de Touligny.
Source : AMB 1881.

DUCHÉNOY (Louis Adrien).
Employé principal de la Bibliothèque de la ville, né à Haudrecy (Ardennes), le 21 octobre 1835, décédé à Reims le 30 avril 1893, était à son insu, 1'un des hommes les plus érudits de la ville, et malgré sa modestie qui cherchait toujours à s’effacer devant les autres, il avait gagné l’estime et l’affection de tous ceux qui l’ont approché. Il connaissait à fond la Bibliothèque à laquelle il était attaché depuis nombre d’années. L’Académie de Reims lui décerna du reste en 1884 une médaille d’or pour ses recherches si étendues sur l’histoire rémoise et ardennaise. Il avait dépouillé, outre les divers fonds des Archives municipales, les minutes anciennes de presque toutes les études de notaires de Reims, et il possédait ainsi sur les artistes, les monuments et les hommes célèbres de la contrée, des documents infinis qu’il communiquait avec le plus libéral désintéressement.
Une voix plus autorisée que la nôtre a déjà fait son éloge soit sur sa tombe soit devant l’Académie nationale de Reims, dont il fut l’auxiliaire utile pendant vingt-six ans : c’est celle de M. Jadart, le dévoué secrétaire général de l’Académie et le conservateur adjoint de la Bibliothèque de Reims.
Après lui, nous sommes impuissants à porter plus haut l’éloge de M. Duchénoy ; aussi en exprimant pour notre compte personnel, l’estime où nous le tenions et en renouvelant nos sentiments d’amitié qu’il voulait bien partager, nous nous contenterons de signaler le discours prononcé par M. Jadart, sur sa tombe, qui résume avec beaucoup de cœur tous les mérites de celui que nous regrettons tous. Voir sa notice biographique au tome XCII des Travaux de l’Académie de Reims.
Charles Remy.
AMB 1894.

DUCLOS-GAMBIER (Henry Adolphe).
Né à Jeancourt (Aisne), le 7 novembre 1815, mort à Saint-Quentin le 5 juillet 1897 à l’âge de 82 ans. Il vint se fixer de bonne heure à Saint-Quentin, où la sûreté de ses relations, son caractère et son libéralisme le firent remarquer de ses nouveaux concitoyens. Il fut appelé par M. Anatole de la Forge, en septembre 1870, avec MM. Malézieux, Mariolle-Pinguet, P. Benard, Ed. Dufour, H. Souplet, Ch. Querette, G. Cordier, Ch. Poëtte, L. Lecaisne et Ed. Zolhards, à administrer la ville de Saint-Quentin pendant la douloureuse époque de la guerre et de l’invasion allemande. Duclos fut admirable de dévouement et fit des efforts surhumains pour protéger ses concitoyens contre les exactions et les violences des Prussiens. Grâce au tact et à la fermeté des membres de la Commission municipale, l’occupation allemande fut supportée aussi patiemment que possible par les Saint-Quentinois pendant les jours néfastes d’octobre, de novembre et de décembre 1870, de janvier et de février 1871.
Aux élections municipales d’avril 1871, élu au Conseil municipal, il apporta son dévoué concours à la reconstitution des finances de la ville et à la réalisation de toutes les améliorations réclamées par ses concitoyens. Ses obsèques ont été célébrées le jeudi 8 juillet au Temple de l’église réformée.
Source : AMB 1898.

DUCOS de LA HITTE (Mlle Ernestine Zulma).
Née à Paris le 31 août 1804, décédée à Châlons le 1er janvier 1895, dans sa 91e année.
Cette nonagénaire appartenait à la famille Ducos de la Hitte, qui a fourni entre autres deux généraux à l’armée : l’un commandant l’artillerie au siège d’Alger, fut ministre des Affaires étrangères en 1849-50, et sénateur du Second Empire. Le second était, il y a peu d’années, président du comité d’artillerie : aujourd’hui il est général de division du cadre de réserve.
La famille de la Hitte est alliée au général Boissonnet, ancien sénateur de la Marne.
Mlle de la Hitte, après avoir longtemps habité Épernay, vint se fixer à Châlons où elle mourut quatre ou cinq ans après.
Source : AMB 1896.

DUCROCQ (abbé François Auguste).
Décédé, doyen de Fère-en-Tardenois, le 8 février 1900, dans sa 80e année, était originaire de Mareuil-en-Dôle (Aisne), où il naquit, le 9 novembre 1820. Sa vie sacerdotale se passa tout entière dans ce département. Ordonné prêtre à Soissons, le 17 mai 1845, et d’abord professeur à Saint-Charles de Chauny, il fut nommé directeur du grand séminaire le 25 septembre 1852 et élevé à la dignité de chanoine honoraire le 18 mars 1853.
L’année suivante (1er mars 1854), l’abbé Ducrocq fut appelé prés de Mgr de Garsignies en qualité de secrétaire particulier. Successivement curé de Nogent-l’Artaud (1er juillet 1858), curé doyen de Vermand (1er juin 1862), de Flavy-le-Martel (1er juillet 1865), il avait été nommé au doyenné de Fère-en-Tardenois le 1er mars 1882.
Albert Baudon.
Source : AMB 1901.

DUCROCQ (Alexandre).

Né à Oulchy-le-Château le 12 juin 1821, y est mort le 26 février 1896, après une longue existence bien remplie d’œuvres utiles et durables. Cet homme de bien fut successivement instituteur à Hartennes et à Vic-sur-Aisne, puis agent-voyer cantonal à Saint-Simon, ensuite à Oulchy, délégué cantonal, administrateur de la caisse d’épargne et enfin maire de sa commune.
Source : AMB 1897.

DUFFIÉ (Auguste Achille).
Né à Paris le 4 septembre 1839, membre du conseil général de l’Aisne et du conseil municipal de Braine (Aisne), fabricant de sucre, décédé à Alger le 30 octobre 1873 ; allié à une famille des plus honorables de Reims, M. Duffié repose dans le caveau de famille.
Source : AMB 1874.

DUFOUR (Édouard).
Président fondateur du Cercle des Carabiniers de Saint-Quentin, ancien conseiller municipal, né à Saint-Quentin le 20 décembre 1822, décédé dans sa ville natale le 4 novembre 1883.
M. Dufour était le petit-fils de Dufour-Develle, ancien député sous la Restauration, et le neveu de Th Dufour, député de l’Aisne à la Constituante de 1848. Il fut commandant de la légion communale en 1848, conseiller municipal en 1865 et vice-président de la Commission municipale de la Défense pendant la guerre de 1870-71.
Fort ami des exercices physiques et de sport, il aimait passionnément le tir, dont il fit l’étude approfondie et raisonnée ; aussi devint-il bientôt l’un des meilleurs tireurs du département de l’Aisne et de la région. Il prit part aux différents concours de la Société de Tir de Reims où il remporta souvent de grands prix. Son adresse avait été fort remarquée de nos tireurs rémois. Ses aptitudes l’avaient fait nommer membre de la commission d’instruction militaire au ministère de l’Instruction publique lorsqu’il reçut, en 1881, la croix de la Légion d’honneur.
Il a légué en mourant une somme de 200.000 francs environ à répartir entre différents établissements d’instruction publique et aux asiles de sa cité.
On peut dire sans craindre de contradiction que M. Dufour ne comptait que des amis autour de lui, grâce à son intelligence, à son bon cœur et à son dévouement pour ses concitoyens.
Source : AMB 1884.

DUFOUR (François Antoine).
Né à Ambleny (Aisne), le 14 juillet 1868, décédé à Warmeriville, le 25 octobre 1898.
Reçu docteur en 1834, il exerça longtemps à Villers-Cotterêts, où il se distingua pendant les épidémies cholériques de 1849 et de 1853 ; plus tard, il vint se retirer à Hermonville. Il avait eut, il y a quelques années, la douleur de perdre son fils, le médecin principal Dufour, mort victime du devoir professionnel, à Dijon. Il aimait à raconter ses souvenirs d’études et de pratique médicale ou à relire les livres classiques de littérature et d’histoire ; il s’est éteint doucement, conservant jusque dans ses derniers jours toute l’intégrité de ses facultés intellectuelles.
Source : AMB 1899.

DUFOUR (le docteur François Antoine).
Né à Ambleny (Aisne), le 14 juillet 1868, s’est éteint doucement à Hermonville (Marne), le 25 octobre 1898. Il avait exercé, longtemps à Villers-Cotterêts et s’était distingué pendant les épidémies de choléra de 1849 et de 1854.
Nous aimons à nous souvenir des leçons de dessin qu’il dirigea pendant de longues années à l’Institution Notre-Dame de Rethel, et c’est à regret que nous avons appris la mort du maître estimé, trop tôt enlevé aux siens et à l’art qu’il représenta si dignement dans la région.
Albert Baudon.
Source : AMB 1900.

DUFOUR (Léon François).
Docteur en médecine, médecin principal des salles militaires de l’hospice de Dijon, ancien médecin-major de 1ère classe, chevalier de la Légion d’honneur.
Né à Villers-Cotterêts le 30 mars 1840, il vint prendre à Reims sa première inscription de médecine ; ses goûts le portant vers la médecine militaire, il entra en 1860, à l’école de Strasbourg et compléta ses études au Val-de-Grâce. L’épidémie cholérique qui éclata en Algérie en 1866 ne tarda pas à lui fournir l’occasion d’affirmer son savoir et son dévouement. Une médaille d’or lui fut il décernée en récompense de ses premiers services. En 1870 il fit partie de la campagne avec le 2e tirailleur algérien. Il était sur le champ de bataille de Frœschwiller prodiguant ses soins aux blessés avec son chef de service, le médecin-major Millot, qui fut tué à deux pas de lui. Promu médecin-major de 2e classe au mois d’octobre, il acheva la campagne à l’armée de la Loire, puis à celle de l’Est. La guerre à peine terminée, il repartit pour l’Algérie, où l’insurrection kabyle venait d’éclater, il fut décoré de la Légion d’honneur au mois d’août l871. Rentré en France après un séjour de 10 années en Afrique, il occupa successivement les emplois de son grade dans plusieurs régiments, au 16e d’artillerie, au 138e d’infanterie, et passa au choix médecin-major de 1ère classe au 32e. Il était chargé de l’hôpital mixte de Dijon, lorsqu’il mourut le 31 décembre 1889 victime de son dévouement à ses malades, terrassé par une pneumonie qu’il ne soigna pas à temps.
Dans ces diverses situations, le docteur Dufour se fit remarquer par ses aptitudes multiples, l’amour de sa profession, son zèle, son abnégation, sa sollicitude pour le soldat ; partout il sut se faire apprécier de ses chefs et de ses inférieurs.
Les honneurs lui ont été rendus à Dijon avant le transport de sa dépouille mortelle à Hermonville, où habite son père, docteur en médecine.
Charles Remy.
Source : AMB 1891.

DUFOUR (Marie Marguerite).
Sœur de Saint-Vincent-de-Paul, supérieure de l’hospice de Sedan, née dans le Pas-de-Calais en 1802, décédée à Sedan le 4 avril 1887.
Dès l’âge de 18 ans, elle avait revêtu l’habit des sœurs de la Charité, et fut fidèle à sa sublime mission pendant 67 ans.
Dès ses débuts, elle se fait remarquer à Bernay, par la manière dont elle suppléait la supérieure, fort âgée dans l’administration de l’établissement. On la retrouve un peu plus tard, en Italie, où elle donne, comme visiteuse des couvents de son ordre, de nouvelles preuves de ses hautes qualités.
En 1848, elle fut envoyée, comme supérieure à Sedan, où elle se distingua, pendant 39 ans, par son intelligence et son caractère ferme et généreux, par ses hautes capacités dans l’administration de la communauté.
C’est pendant et après la malheureuse bataille de Sedan, qu’elle montra ce que peut le patriotisme uni à la foi.
On la vit, fouillant le champ de bataille, pour arracher à la mort nos malheureux soldats blessés, se mettant elle-même à l’œuvre, à la tête des travailleurs, pour déblayer ce charnier infect, organisant les secours et les ambulances, faisant passer des vivres aux prisonniers, puis, s’enfermant avec ses sublimes compagnes, dans son hôpital, au milieu de 1.200 blessés, qu’elle pansait, consolait, réconfortait. Ce fut, pendant de longs mois, son nouveau champ de bataille.
Après cela, qu’y a-t-il d’étonnant dans l’affluence de toutes les classes de la société à ses funérailles, maire actuel, anciens maires, administrateurs de l’hospice, généraux, colonels, officiers, médecins et conseillers municipaux, suivaient le cercueil de cette vaillante et sainte femme, avec les enfants des écoles, les vieillards, les pauvres, les orphelins, dont elle avait soulagé si longtemps la misère.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

DUFOUR (Simon).
Chanoine de la cathédrale de Soissons, né en 1805, décédé le 2 novembre 1875, à l’âge de 70 ans. Il avait été curé de Vendeuil et doyen de Condé-en-Brie.
Source : AMB 1877.

DUGUET (Pascal).
Ancien président du Comice central et de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, ancien membre du Conseil municipal de Châlons-sur-Marne et du conseil d’arrondissement, ancien député, chevalier de la Légion d’honneur, né à Paris le 20 septembre 1804 et décédé à Châlons-sur-Marne le 4 mai 1884, à l’âge de 80 ans.
Il vint à Châlons en 1828, où il reprit, de M. Deullin, son beau-père, le brevet de maître de poste.
Agriculteur et viticulteur, il fut toujours à la tète des progrès de toutes sortes apportés à la culture du sol de notre Champagne, et c’est en cette qualité qu’il fut nommé, en 1862, chevalier de la Légion d’honneur.
Il ne resta étranger en rien de ce qui intéressait le pays, car il avait adopté 1a ville de Châlons pour sa seconde patrie.
M. Duguet était un homme de bien, et malgré les luttes ardentes des partis, tout le monde reconnaît les grandes qualités de M. Duguet, sa haute intelligence et la rectitude de son esprit. Au conseil municipal, il défendit toujours avec une grande maturité de jugement et une parole éloquente, les intérêts de la ville.
Mais où nous l’avons connu personnellement c’est à la société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, dont il fut plus d’une fois président ; par son exemple, par sa parole et ses écrits il fit faire à l’agriculture en Champagne d’immenses progrès ; ne bornant point ses conseils à la culture de la terre et à l’élève du bétail, il traitait avec un égal talent les questions commerciales, les questions scientifiques et artistiques qui rentrent dans la sphère de la Société. Au milieu d’une vie si bien remplie, il y eut place pour la douleur : Il perdit successivement plusieurs enfants ; il lui restait un fils, l’espoir de la famille, la joie de ses parents, la consolation de leur vieillesse ; ce fils chéri leur fut enlevé à 24 ans. Il fallut à M. Duguet, pour supporter ce dernier malheur, toute la résignation du chrétien, et pour se consoler, il se livra avec ardeur au travail jusqu’à la fin de sa vie.
M. Aumignon, vice-président du Comice agricole et M. Nicaise, président de la Société d’agriculture, ont prononcé sur sa tombe des paroles émues.
Source : AMB 1885.

DUHAMEL (Charles André Eugène).
Vicomte de Breuil, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis, ancien lieutenant-colonel de cavalerie, membre du conseil général de la Marne, et maire de Rosnay (Marne) depuis 1846, décédé le 2 avril 1870.
Engagé comme volontaire à l’âge de 18 ans, M. le vicomte de Breuil a conquis dans l’armée tous ses grades par son travail. Depuis sa rentrée dans la vie civile, sa bienveillance et son aménité étaient proverbiales dans le canton de Ville-en-Tardenois. Il était le père de M. de Breuil, ancien officier au 8e Hussards, actuellement commandant du bataillon de la Garde mobile de Reims.
Source : AMB 1871.

DUJARDIN (Jean-François Front).
Né en 1794, ancien maire de Neuilly-Saint-Front, décédé en cette commune le 15 février 1873.
L’aménité et la bienveillance du caractère n’excluaient pas la fermeté chez M. Dujardin, et pendant les 20 ans qu’il a été maire, il a rendu de grands services et défendu avec énergie et succès, les intérêts de la commune.
Ses concitoyens n’oublieront jamais l’acte de dévouement dont il fit preuve à l’une de ces époques de tourmentes révolutionnaires que nous traversons en France, trop souvent.
Lorsqu’en 1852, une douzaine de personnes désignées comme dangereuses au gouvernement de l’époque furent menacées de la déportation, M. Dujardin se rendit spontanément auprès de l’administration qu’il conjura de ne pas sévir contre ses concitoyens, s’offrant comme garant de leur conduite et répondant de leurs actes.
Cette généreuse démarche fut couronnée d’un plein succès, et M. Dujardin eut le bonheur de conserver à leurs familles onze habitants de Neuilly.
Source : AMB 1874.

DUJARDIN (Victor).
Né à Neuilly-Saint-Front, ancien rédacteur principal au ministère de la guerre, mort en 1897. Engagé militaire, il fit les campagnes de Chine et d’Italie, et, à l’expiration de son engagement, il entra au ministère de la guerre, qu’il ne quitta que lorsque sonna l’heure de la retraite. Il était chevalier de la Légion d’honneur. Il a publié, sous le titre d’« Histoire du Valois », une description des sites admirables de la forêt de Villers-Cotterêts, tant de fois parcourue avec son premier maître M. Delarue, curé d’Ivors.
Source : AMB 1898.

DUMAS (Augustin).

Chanoine de l’église métropolitaine de Reims, né à Versailles le 20 août 1810, décédé à Reims, le 23 avril 1881.
M. l’abbé Dumas était l’un des membres les plus distingués du clergé de Reims. Il fit d’excellentes études dans notre diocèse, où il fut remarqué par Mgr de Latil, qui voulut l’attacher à son service. M. Dumas développa rapidement ses connaissances et son esprit pratique, sous la direction habile de M. Gros, plus tard évêque de Saint-Dié et de Versailles. Il devint ensuite vicaire de la Cathédrale et aumônier des prisons, puis curé de Saint-Maurice de Reims ; il occupa le premier poste pendant 20 ans et le second pendant 18 ans.
M. Dumas, malgré ses nombreuses occupations, savait encore trouver du temps pour l’étude. Il fut longtemps chargé de la rédaction de l’Ordo du diocèse ; il suivit lui-même les impressions de la Liturgie ; rédigea les notices biographiques sur les archevêques de Reims, qui parurent dans le Bulletin du diocèse en 1868 et 1869.
Nous ne pouvons oublier que c’est surtout à son influence, à ses démarches multipliées et à sa persévérance, que nous devons l’achèvement de l’église de Saint-Maurice. Ce monument gracieux conservera le souvenir du vénérable prêtre aux générations futures.
Source : AMB 1882.

DUMONT (Charles Armand).
Ancien correspondant des Compagnies des chemins de fer du Nord et de l’Est, ancien adjoint au maire de Soissons, décédé en cette ville, le 3 octobre 1898, dans sa 82e année, et inhumé, après un service funèbre célébré le mercredi 5 octobre, en l’église-cathédrale de Soissons. M. Dumont était né à Soissons, le 24 juillet 1817.
Source : AMB 1899.

DUMONT.
Chanoine honoraire de Reims, curé-doyen d’Albert, diocèse d’Amiens, décédé le 17 juin 1871.
Source : AMB 1872.

DUNAINE (Stanislas).
Chanoine honoraire, curé-archiprêtre de Sedan, né à Rimogne le 26 mars 1821, décédé à Sedan le 1er juin 1885.
Ordonné prêtre à Reims le 1er juin 1844, il fut envoyé à Sedan comme vicaire et aumônier du collège ; en même temps il était chargé du service de la paroisse de Glaire.
M. Dunaime était doué du goût des grandes choses, avait le don de la parole et toutes les qualités du cœur et de l’esprit qui devaient faire de lui un prêtre distingué.
En 1849, il fut nommé curé d’Aubigny, puis en 1853, il passa à Revin, paroisse importante, qui fut élevée sous lui en cure de 2e classe. C’est là qu’il écrivit un petit ouvrage intitulé : De la raison dans ses rapports avec la foi, et une brochure sur le théologien dominicain Billuard, enfant du pays. Par ses soins, en 1858, il lui fit élever une statue dans l’église de Revin, ancienne église du couvent des Frères Prêcheurs, où Billuard avait passé sa vie.
En 1865, l’abbé Dunaime fut nommé curé-archiprêtre de Rocroi, et en même temps chanoine honoraire.
Le 1er avril, à la veille de la guerre, il était nommé curé-archiprêtre de Sedan.
Dans ce poste devenu difficile, il eut occasion d’exercer son ministère au milieu des morts et des mourants sur le champ de bataille, puis dans les hôpitaux, où il fut exposé au typhus, auquel succomba l’un de ses vicaires.
Il mourut, après une longue maladie, le 1er juin 1885, jour anniversaire de son ordination ; on dit qu’il allait recevoir, comme aumônier militaire, la croix qu’il avait si bien méritée dès 1870.
Source : AMB 1886.

DUNESME (Charles Léopold).
Curé d’Évigny, né à Vieil-Saint-Remy le 28 mars 1835, décédé le 2 mars 1871.
Source : AMB 1872.

DUNOYER (Charles).
Né à Reims le 8 mai 1799, d’une famille des plus honorables de la ville, élève du Lycée, il entra à l’École normale et fut nommé à vingt ans, professeur de philosophie au Lycée de Marseille.
Adjoint de cette ville en 1830, il reçut en 835, une médaille d’or de ses concitoyens pour son admirable conduite pendant l’épidémie cholérique. Secrétaire général du département, de 1837 à 1848, il devint en 1851, préfet des Hautes-Alpes, recteur du département du Var en 1852 ; il était commandeur de la Légion d’honneur en 1865, et depuis cette époque habitait Marseille, où il est décédé au mois d’avril 1881.
Source : AMB 1882.
 
DUPLEIT (Louis Xavier Alexandre).
Chef de bataillon en retraite.
– Le commandant Dupleit était ardennais de naissance, mais il appartenait à une vieille famille militaire de la Lorraine.
Né à Rocroi le 2 mars 1826, c’est à Charleville qu’il mourait le 19 décembre 1903 après une carrière de grand dévouement à la Patrie. Il était chevalier de la Légion d’honneur.
Albert Baudon.
Source : AMB 1905.


DUPORT (Édouard).
Capitaine au 47e de ligne, né à Mézières le 9 juin 1830, tué à la bataille de Wœrth, le 6 août 1870.
Source : AMB 1872.

DUPUIS (Jules Ernest).
Né à La Chaussée, en 1840, chef de bataillon à Nancy, mort subitement dans cette ville, le 29 mars 1898.
Parti simple soldat, il était officier de la Légion d’honneur et décoré de la médaille militaire.
Pendant la campagne du Mexique, alors sous-officier au 51e, sous les ordres du colonel Garnier, son compatriote, il s’empara, au combat de San-Lorenzo, d’un étendard mexicain, ce qui valut au 51e de ligne d’avoir son drapeau décoré de la Légion d’honneur.
Il a été enterré à La Chaussée.
Source : AMB 1899.

DUPUIS.
Ancien militaire décoré de la médaille militaire et de la Légion d’honneur, décédé à Reims, a contribué à sauver à Gravelotte le drapeau du 3e régiment de la Garde. Né à Paris le 13 octobre 1821, décédé à Reims le 15 juin 1889.
Charles Remy.
Source : AMB 1890.

DUPUY (Louis).
Docteur en médecine, maire de Festieux (Aisne), né à Saumur le 3 Janvier 1806, décédé à Festieux le 30 décembre 1878.
Il avait à peine achevé ses études médicales, qu’il se trouva en face de l’épidémie du choléra de 1832 ; il obtint la faveur d’une mission dans les contrées les plus flagellées, et il s’en acquitta avec une activité et une abnégation sans égales.
Malgré ses talents et les occasions favorables qui s’offrirent à lui de trouver une carrière plus brillante, sinon plus utile, il resta toute sa vie le véritable médecin de campagne, plein de dévouement à ses malades et infatigable pour accourir auprès d’eux la nuit comme le jour.
Dans son poste modeste, son mérite était fort apprécié, et il ne manqua point de distinction.
Il fut nommé vice-président de l’Association médicale des arrondissements de Vervins, Laon et Château-Thierry, et membre du Conseil central d’hygiène du département de l’Aisne.
Depuis longtemps conseiller municipal de Festieux, il en était le maire depuis 1870.
Source : AMB 1880.

DUQUENELLE (Nicolas Victor).
Ancien pharmacien, archéologue, membre des Sociétés de numismatique, d’archéologie, des antiquaires de France, membre fondateur de l’Académie de Reims, est né à Reims le 23 juin 1807, décédé dans cette ville le 21 décembre 1883. Il fit ses études classiques au collège royal de cette même ville.
Fils et petit-fils de pharmaciens, il se mit en mesure d’embrasser la profession paternelle et d’obtenir son diplôme qui lui fut délivré par la commission spéciale à Châlons.
Jeune encore, imbu des traditions de famille, il s’attacha avec ardeur à se tenir au courant de tous les progrès de la science sans abandonner l’esprit d’ordre qui devait faire prospérer sa maison.
Il possédait un goût inné pour les antiquités et surtout pour la numismatique ; sans négliger en rien les travaux de sa profession, il se livra avec ardeur à la recherche et à l’étude de toutes les découvertes qui se rapportaient à l’histoire de Reims, et sut en tirer de savantes déductions qui ont de beaucoup augmenté ce que l’on savait de la ville gallo-romaine.
Sa collection, fruit de longues et méthodiques recherches, était l’une des plus riche et des mieux classées de France ; elle comprenait outre les antiquités gallo-romaines dont le sol de Reims est rempli, une collection de numismatique romaine et rémoise qui faisait autorité dans tout le monde savant.
Cette collection si précieuse est passée en vertu d’une clause de son testament, en la possession de la ville de Reims dont il avait déjà de son vivant enrichi le Musée par des dons nombreux et inappréciables.
Lorsque Monseigneur Gousset voulut fonder l’Académie de Reims en 1841, il fit appel à tout ce que la ville contenait d’érudits, d’amateurs des sciences et des lettres ; M. Duquenelle en fut un des premiers fondateurs et pendant plus de quarante ans il en fut un des membres les plus assidus et des plus laborieux.
Nous n’essaierons pas de donner la nomenclature de toutes les communications qu’il fit au sein de cette société et à la société des antiquaires de France dont il était membre, ou dans les congrès archéologiques.
Nous ne citerons point non plus tous les mémoires et écrits émanant de lui sur l’archéologie, la numismatique, et aussi sur les sciences naturelles et chimiques dont il avait fait une étude approfondie.
L’Académie de Reims lui a consacré par la plume savante de M. Jadart une notice qui énumère tous les titres de M. Duquenelle à la reconnaissance de la ville de Reims, à l’attention des savants et au souvenir de la postérité, car la mémoire de cet homme vivra toujours parmi ceux qui s’occuperont à l’avenir de la science archéologique et de l’histoire de Reims.
Ceux qui l’ont connu comme homme privé, n’oublieront point sa complaisance et son affabilité ; s’il eut avec les savants des correspondances où il traitait des sujets de haute école, nous nous souviendrons toujours avec reconnaissance qu’il aimait à donner avec bienveillance d’utiles conseils à ceux qui désiraient s’instruire.
Source : AMB 1885.

DURAND (Jacques Louis Auguste).
Entrepreneur de menuiserie, lieutenant de la compagnie de pompiers de Mézières, et le plus ancien pompier de France, né à Mézières le 14 février 1801, décédé en cette ville le 20 juin 1884, à l’âge de 83 ans.
Ce valeureux octogénaire n’a cessé de se porter aux appels du tocsin que le jour où la maladie finale l’a jeté brusquement sur le lit où il est mort.
Les états de services du lieutenant Durand sont remarquables.
Il entra dans la compagnie des sapeurs-pompiers de Mézières en 1822, après le tirage au sort.
Nommé caporal en 1831, il conserva son grade jusqu’en 1850, époque à laquelle il passa sergent.
Ce n’est qu’en 1862 qu’il fut promu sous-lieutenant, et enfin lieutenant dans le cours de l’année 1871, après sa belle conduite pendant le bombardement de Mézières.
Dans le cours de sa longue et méritoire carrière, M. Durand fut deux fois blessé ; une fois, en 1833, dans un incendie rue du Pont-de-Pierre, aujourd’hui rue Thiers, et une autre fois en 1871, pendant le bombardement.
N’oublions pas l’acte de dévouement qu’il accomplit en allant retirer des décombres brûlants le nommé Pellu, son camarade des sapeurs-pompiers de Charleville.
Deux médailles d’argent ont fixé le souvenir plutôt que récompensé ces actions d’éclat. L’une fut décernée à M. Durand en 1833, l’autre en 1865, à la suite de l’incendie du bâtiment de l’arsenal, près du magasin à poudre.
Source : AMB 1885.

DURANT de MAREUIL (Mme), voir SCHOTT (Caroline Chrétienne de).

DURANT de MAREUIL, voir MAREUIL.

DUSOLON.
Bienfaiteur de la ville de Vervins, décédé le 17 janvier 1869.
Source : AMB 1870.

DUVAL (Jean-Baptiste Théodore).

Évêque de Soissons et Laon, né au Havre le 6 juin 1824, d’une modeste et honnête famille, étant resté orphelin de bonne heure, fut envoyé à l’Institution ecclésiastique d’Yvetot, où il parvint à conquérir le diplôme de licencié ès-lettres. Ses études ecclésiastiques terminées, il fut ordonné prêtre le 22 décembre 1849, et ses supérieurs l’attachèrent à leur collège comme professeur. Il y resta jusqu’en 1864. Il fut alors envoyé comme vicaire à la paroisse Saint-Godard, de Rouen, et deux ans plus tard fut nommé curé de Gaillefontaine. En 1867, il est curé-doyen d’Aumale, et, en 1873, envoyé au Havre, à la cure importante de Notre-Dame, où l’attendaient bientôt les titres de chanoine honoraire et d’archiprêtre. C’est là qu’il fut apprécié et aimé, mettant ses lumières et son expérience au service de tous. Doué d’une grande facilité pour la parole, il excellait surtout à charmer et à instruire dans ses allocutions et ses discours. La pensée était vive, l’expression toujours juste, distinguée et pleine d’à propos.
Nommé évêque de Soissons par décret du 28 août 1889, en remplacement de Mgr Thibaudier, il fut préconisé le 30 septembre suivant, et sacré dans la cathédrale de Rouen par l’archevêque Mgr Thomas, le 24 février 1890. Ce fut le 16 mars suivant qu’il fit son entrée dans sa ville épiscopale ; et tout de suite, il sut gagner à lui tous les cœurs par la bienveillance de son accueil, le charme de sa parole, la douceur de son caractère et la simplicité de sa vie. Prélat d’un libéralisme prudent et éclairé, il a toujours entretenu, au Havre comme à Soissons, avec les représentants du gouvernement, des rapports non seulement corrects, mais empreints de bienveillance et de cordialité, et a pu rendre ainsi de grands services à l’église. Doué d’une activité prodigieuse, il s’appliquait à favoriser le développement des œuvres catholiques et dirigeait même les pèlerinages. Nous l’avions vu, l’an dernier, conduire au congrès de Reims, une pieuse phalange de prêtres et de fidèles. Il s’occupait surtout de la restauration des édifices religieux, et c’est grâce à lui que la belle basilique de Soissons a été merveilleusement transformée.
Pacifique conciliant, administrateur bienveillant et sage, véritable père de ses prêtres, il sut éviter tout conflit dans le cours de son épiscopat. Il emporte dans sa tombe les regrets unanimes de tous ses diocésains, qui conserveront précieusement sa mémoire.
Mgr Duval était mort le 22 août 1897 : ses funérailles ont été célébrées au milieu d’une immense affluence. En tête du cortège figuraient des délégations de toutes les associations et confréries chrétiennes de la ville. Ensuite environ 300 prêtres et curés du diocèse. Dix prêtres portaient le brancard sur leurs épaules. Les glands du drap mortuaire étaient portés par le sous-préfet, le maire, le président du tribunal et un officier supérieur. Venait ensuite le cardinal Langénieux, archevêque de Reims, auquel s’étaient joints les évêques de Beauvais, de Noyon, de Fréjus et d’Amiens, ainsi que les abbés mitrés des trappistes de Mortagne et d’Igny. Puis venaient de nombreux dignitaires ecclésiastiques, les autorités, les fonctionnaires et les officiers de la garnison. Dans la cathédrale, on remarquait : le général Sonnois, le préfet de l’Aisne, plusieurs députés, de nombreux magistrats, enfin tous les hauts fonctionnaires du département.
La messe était dite par Mgr Fuzet, évêque de Beauvais. À la fin, avant les absoutes Mgr Dizien, évêque d’Amiens, a, dans une improvisation des plus touchantes, retracé rapidement la carrière du prélat défunt, signalant son zèle apostolique, sa foi vive, sa douce piété, sa simplicité, son affabilité, sa dignité et ses hautes vertus.
Ensuite l’inhumation s’est faite dans le caveau des évêques, sous le sanctuaire de la cathédrale.
Source : AMB 1898.

DUVAL (Raoul).
Ancien avocat général, député de l’Eure, né à Laon le 9 avril 1832, décédé à Monte-Carlo le 10 février 1887, à l’âge de 55 ans.
Fils du premier président à la Cour d’appel de Bordeaux, il entra de bonne heure dans la carrière judiciaire. En 1856, il était substitut du procureur impérial à Nantes ; il fut ensuite successivement nommé avocat général à Angers, à Bordeaux et à Nantes.
Au mois de juillet 1874, il fut élu représentant de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale, où il fut rapporteur du budget de la marine. Il échoua aux élections de 1877 et fut élu, en 1884, député de l’Eure.
Quelles qu’aient été ses diverses opinions politiques, il n’en était pas moins l’un des orateurs les plus écoutés de la Chambre.
Ch. Remy.
Source : AMB 1888.

DUVAL de BEAULIEU.

Doyen des généraux de l’armée belge, décédé à Bruxelles, 1er avril 1873, à l’âge de 87 ans.
Entré au service de la France en 1804, il prit pendant dix ans une part active aux mémorables campagnes de l’armée française, dans les rangs de laquelle il passa successivement du grade de sous-lieutenant à celui de chef d’escadron.
Décoré sur le champ de bataille de la Moskova et nommé officier de la Légion d’honneur à Leipzig, il se distinguait parmi les plus braves dans la campagne de France, le 17 mars 1814, à l’affaire d’Épernay, chargeait contre les Russes, que les habitants de la ville tenaient seuls en échec depuis deux jours, il fut atteint d’un coup de feu et de deux coups de lance portés par un cosaque. Rentré dans le service hollandais, il donna sa démission et ne reprit du service qu’après l’affranchissement de la Belgique. Général de brigade en 1830, le comte Duval de Beaulieu avait été mis à la retraite en 1843.
Source : AMB 1874.


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