Hôtels du Boulevard Lundy

Le Boulevard Lundy


Hôtel de Brimont, boulevard Lundy


Celui-ci commence place Aristide-Briand (ex-esplanade Cérès) et se termine place de la République. 800 mètres de long.

Ancien boulevard du Temple, il fut débaptisé en 1887 pour prendre le nom de Jean Pierre Lundy.

(1809-1886). Né à Reims, mort à Paris, 74, boulevard Haussmann, le 27 décembre 1886. Jean Pierre Lundy, négociant en tissus, contribua par un legs important à la construction, en 1890, de la maison de convalescence (rue de Sébastopol) et de crèches. Il fit don de sa remarquable collection de tableaux, dont quelques Corot, au Musée des Beaux-Arts. Jean-Pierre Lundy, reposait avec son frère Jules et leurs deux domestiques au Cimetière de Passy. Leur caveau fut repris par la Ville de Paris, en 1997, pour état d’abandon, l’année même, ironie du sort, où la Ville de Reims lui rendait hommage en exposant La Collection Lundy, 100 tableaux du XIXe siècle.
L’ancien boulevard du Temple fut débaptisé en 1887. Les terrains furent lotis à la suite de la destruction des remparts de 1848 à 1869. Les anciens fossés furent comblés pour faire place à des boulevards plantés d’arbres et bordés de constructions élégantes.


Au 2 : Hôtel Godbert-Deverly, construit en 1875, par l’architecte Édouard Lamy, pour le manufacturier (tissus) Rose-Croix, dit Godbert Jeune (1819-1897), conseiller municipal, et de son épouse Louise Deverly (1824-1909). Leur monogramme GD est gravé dans un cartouche de marbre noir enchassé dans le linteau de la fenêtre du 1er étage de la tour d’angle. Leur fils Céleste Godbert, critique dramatique, occupa l’hôtel jusqu’à son décès en 1913, mais vécut surtout à Paris. L’industriel Léon Paindavoine (1892-1962), racheta la demeure en 1928 et l’occupa jusqu’en 1935. L’immeuble voué à la démolition a heureusement été sauvé par Arlette Rémia et a été divisé en 2 appartements très vastes.

Au 4 : la croix de Saint-Crépin et de Saint-Crépinien, devant la demeure des Mennesson-Duchâtaux.

Ex-6, angle de l'ancienne rue de Bétheny, aujourd'hui 2, rue Camille-Lenoir : Salle Vanny, construite en 1891, par l'architecte Charles Payen, pour la Libre Pensée. Démolie en 1913 pour faire place à l'hôtel construit pour Albert Lorin, des Galeries-Rémoises.

8 : ancien hôtel de la Plume-au-Vent, rendez-vous des messagers qui desservaient les Ardennes. Démoli durant la Grande-Guerre, on construisit sur son emplacement un important immeuble de rapport pour Mme Descubes-Saint-Désir, sur les plans de l'architecte J. Adrien Bastié, en 1923.

10 : Ancienne Maison Lanson, reconstruite en 1897.

13 : Hôtel Raoul de Bary, incendié durant la Grande-Guerre, reconstruit en 1922 sur les plans de l'architecte Jean de La Morinerie. Démoli en 1964 pour faire place à la Résidence Lundy à l'angle de la rue Courmeaux, par les architectes Maurice et Robert Clauzier. Seuls subsiste l'ancien pavillon du concierge et la grille réemployée.

16 : Hôtel Lüling, signé et daté 1863 par l'architecte Julien Godfrin. Les agrafes des cintres des portes ont été ornées de grappes de raisin pour ce négociant en vins de Champagne. Auguste Lüling (1832-…), négociant en vins de Champagne, associé de la Maison Heidsieck & Cie, et Auguste Lüling fils (1859-1950), docteur en médecine, négociant en vins de Champagne, conseiller général, en 1905. Pierre Lelarge (1866-1932), président du Syndicat de l’industrie textile rémoise, vice-président de la Chambre de commerce, et son épouse Marie-Thérèse Stouls (1880-1934), en 1911 et 1934. CAF, en 1953. Aujourd’hui étude notariale.


17 : Hôtel Mignot, construit en 1911, par l’architecte F.A.B. Bocage, pour le propriétaire des Comptoirs Français Édouard Mignot (1867-1949). Divisé en vastes appartements et bureaux en 1957.


18 : Hôtel Lanson-Gerbaux, daté 1863. Henri Lanson (1809-1891) et son épouse Élise Aurélie Gerbaux, en 1876 et 1892, puis par leur fille Mme Boisseau-Lanson (1841-1931), en 1895 et 1931, puis son fils, issu d’un 1er mariage, Raymond Gillotin (1863-1934), en 1934. Immeuble de bureaux, en 1997. Divisé en appartements et agrandi malencontreusement en 1998, sous le nom de « Villa Lundy ».


23 : Hôtel Werlé, pour le Comte Alfred Werlé de Montebello (1837-1907), en 1869 et 1905. Comte Bertrand de Mun (1870-1963), en 1901 et 1905. Léon Olry-Rœderer (1869-1932), en 1909 et 1931. Aujourd’hui Jean-Claude Rouzaud.

24 : Hôtel Pigeon, construit en 1913, par l’architecte Dufay-Lamy, pour l’administrateur des Docks Rémois Paul Pigeon (1862-1920). Deviendra la Clinique Notre-Dame du Dr Bertrand, en 1964. Transformé en immeubles de bureaux, devint le Centre d’Affaires Lundy en 1997. Divisé en appartements de standing, sous le nom de Résidence les Jardins Suspendus, en 1998.


28 : Hôtel Gabreau, daté 1888. Édouard Lamy, architecte. Le manufacturier Georges Gabreau (1853-1890) et son épouse Marie Juliette Poincenet (1858-1927). Étude d’André Jolivet, notaire, de 1930 à 1941. Direction départementale de l’Équipement, Ponts et Chaussées, depuis 1941.


34 : Hôtel de Brimont, daté 1897. Vicomte André Ruinart de Brimont (1861-1919) et son épouse Charlotte Riboldi (1867-1925). Vicomte Gérard Ruinart de Brimont (1902-1975). Groupement Professionnel des Industries du Verre, en 1948. Internat du Lycée Roosevelt, en 1959. DAFCO et CAFOC, depuis 1975, et Service académique d’orientation et d’information.

40 : Hôtel Krug, démoli en 1969, pour faire place à la Résidence de la Commanderie, en 1970.

44: Hôtel Louis Huet, avant 1876. Louis Huet (1798-1881), commissionnaire en marchandises. Jules Burchard-Bélavary, en 1889 et 1901. Georges Charbonneaux, depuis 1905 et sa veuve jusqu'en 1947. Champagne Irroy, en 1947, Claude Taittinger, depuis 1955.


46 : Hôtel Ernest Irroy, dès 1873. Ernest Irroy (1830-1896), consul d’Espagne, et son épouse Aline Sergent (1835-1897). Le négociant en vins de Champagne Fernand Blondeau (1864-1934) en 1897. Frantz Goërg (1860-1910), courtier en vins, en 1900 et 1910. Louis Kiener (1866-1934), négociant en bouchons, en 1911 et 1913. Institution Maintenon, en 1922 et 1925. Société générale coopérative de Reconstruction de Reims (1928-29). Dr Philippe Chatelin, en 1931 et jusqu'en 1946. Dr Max Ségal, de 1947 à 1987. Banque Paribas, en 1997. Aujourd’hui immeuble de bureaux réhabilité par la société Financière Haussmann, dont les Petites Affiches Matot-Braine.


48 : Hôtel Radière. La veuve du négociant Radière-Gouilly (1831-1888), en 1876 et 1885, puis son gendre Camille Rogelet-Radière, en 1888. Charles Brunette-Goërg, en 1897. Iwan Voos, de 1898 à 1904. Édouard Mignot, de 1904 à 1911. Henry Guiot, en 1913. Gaston Blondet, de 1939 à 1956.


50 : Hôtel Tassotte. Émile Tassotte (1841-1896), rentier, en 1895. Émile Wenz-Chaponnière, en 1898 et 1914. Le négociant en vins de Champagne Clovis Chauvet (1862-1942), gendre du Dr Seuvre, en 1921 et 1936. Compagnie Générale des Eaux, Centre régional Brie-Champagne-Ardenne, en 1997. Aujourd’hui S.A. Fouqueray-Jacquet, achitecture-urbanisme.


68 : Hôtel François, construit par l’architecte Dufay-Lamy, en 1914, pour l’administrateur des Docks Rémois Albert François (1860-1930). Aujourd’hui Chambre de Métiers depuis 1938.


16 juin 2003
Jean-Yves Sureau[1]





[1] Extrait du Dictionnaire historique des rues de Reims, en préparation.