Le glossaire


A

 





Absolutisme

Désigne un régime politique dont l'autorité s'exerce sans le contrôle d'instances intermédiaires (assemblée, conseils, parlements ou états). Il est dit "absolu" parce qu'aucune autorité ne peut lui être supérieure, sinon celle de Dieu. Il ne s'ensuit pas cependant que le monarque soit un despote. En effet, s'il est au-dessus de la loi, le roi n'est pas au-dessus du droit : "Le roi peut ce qu'il veut, mais il ne doit pas vouloir tout ce qu'il peut". Il doit par ex. respecter les lois fondamentales du royaume, les coutumes ainsi que les droits et privilèges que possèdent l'Église et la noblesse.

Le modèle de l'absolutisme, et le plus précoce, est celui de la France qui se met en place à la Renaissance (règne de François Ier).
Il atteint sa forme achevée au siècle suivant sous le long règne de Louis XIV (1660-1715) alors que les intérêts de l'État se confondent avec ceux du roi (le fameux "l'État, c'est moi").

Contesté au XVIIIe siècle (notamment par la pensée des Lumières), l'absolutisme sera balayé par la Révolution française. Il sera dès lors, le régime politique de l'Ancien régime (Voir ce mot).

 
Aèdes

Les aèdes sont des poètes itinérants du monde grec des "Siècles obscurs" (XIe - IXe siècles a.n.è.). Ils transmettent par voie orale les récits et les légendes du monde mycénien. Ex. Les poèmes homériques sont issus de cette tradition orale des aèdes.

 
Arbitraire


Le terme arbitraire renvoie à la libre volonté d'un individu. Une décision arbitraire est donc par définition subjective et aléatoire ; elle est prise sans référence à des règles objectives. Ex. : L'État de droit se dresse contre l'arbitraire.

Affranchissement

De "franchise", liberté. Vient du verbe "franchir", (aller au-delà, dépasser un obstacle). L'affranchissement est donc l'acte par lequel est levée une servitude. Au Moyen Âge, les franchises désignent la somme des exemptions et privilèges qui est reconnue à une communauté ou à une personne. Elles sont consignées dans des chartes, documents juridiques qui garantissent ces "libertés".

 
Ancien régime

Ce terme réfère au régime politique et social de la France avant la Révolution de 1789. Il se caractérise par une monarchie absolue de droit divin (voir absolutisme) et une société inégalitaire basée sur les privilèges de la naissance pour une minorité de la population (la noblesse).



Antisémitisme

De anti, contre et Sem, un des fils de Noé. L'antisémitisme est une manifestation de racisme qui s'exprime à l'encontre des Juifs ou du peuple hébreu. On voit des poussées épisodiques d'antisémitisme apparaître en Europe occidentale à partir de la fin du XIe siècle, alors que l'intense propagande contre les "infidèles", lors des croisades, attise le fanatisme religieux. On peut considérer l'Holocauste du XXe siècle comme son ultime manifestation.

 
Arbitraire 

Le terme arbitraire renvoie à la libre volonté d'un individu. Une décision arbitraire est donc par définition subjective et aléatoire ; elle est prise sans référence à des règles objectives.



Aristocratie

Du grec aristoï, les meilleurs, et krateîn, commander. Il désigne le gouvernement des "meilleurs", c'est-à-dire d'une minorité privilégiée, constituée de familles riches et puissantes qui se partagent l'exercice du pouvoir politique. L'aristocratie est dite "foncière" si elle tire sa puissance de la propriété de la terre ; elle dite "guerrière" si la classe dominante est constituée par des hommes d'armes. Par extension, on parle d'une "aristocratie de l'argent" pour désigner la classe des marchands enrichis qui a pris le contrôle politique des villes du Moyen Âge.


Artefact

Du latin artis, art et factum, faire. Un artefact est un objet façonné par l'homme. Son apparition chez les hominidés (voir de mot), il y a deux millions d'années, marque le passage de la nature à la culture, de l'animalité à l'humanité et donc, la naissance de l'homme.



Arts libéraux

De ars, artis, savoir ou métier et liber, libre. Chez les Romains, les arts libéraux constituent un corpus d'enseignement considéré comme dignes de l'homme libre par opposition aux arts mécaniques, qui eux sont réservés aux esclaves ou aux pauvres. Au Moyen Âge, les arts libéraux constituent la formation de base préalable à l'entrée dans les facultés des universités. Ils sont au nombre de sept regroupés dans le trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) et le quadrivium (mathématiques, astronomie, géométrie et musique).


Ascétisme

Du grec askisis, méditation. L'ascétisme consiste à vivre dans le renoncement des choses matérielles et à réaliser la perfection spirituelle par une vie de privations, de mortifications et de contemplation. Celui qui le pratique est un ascète.
 

Autarcie

Du grec autos, soi-même et arkein, suffire. Une société qui vit en autarcie entretient peu ou pas de relations d’échanges avec l'extérieur. Elle produit l'essentiel de ce qu'elle consomme. C'est de l'autosuffisance économique.

 
Autodafe

De "auto" acte et "fe", foi. Un autodafé, ou acte de foi, consiste à détruire par le feu purificateur toute manifestation d'hérésie (hommes ou livres).


B

 

Bourg

Issu d'un mot germanique, burg, il désigne à l'origine un lieu fortifié. À partir du XIe siècle, en lien avec l'essor des campagnes, le bourg médiéval se transforme en véritable ville. Il est dit "suburbain", "monastique" ou "castral" suivant le noyau autour duquel il s'est développé. Ses habitants, les bourgeois (artisans et marchands), commenceront à revendiquer une plus grande autonomie à l'intérieur du cadre féodal. Leurs actions conduisent à la naissance de la commune (voir de mot).



C

 

Capitalisme

Système économique fondé sur la recherche du profit au moyen d'investissements, de spéculations ou de manipulations de capitaux. La première phase du capitalisme sera commerciale (capitalisme marchand de l'ère mercantiliste), la seconde sera productiviste (avec la révolution industrielle).

 

Césaropapisme

Système dans lequel le même personnage incarne le pouvoir politique (césar) et l'autorité religieuse (pape). Le christianisme, en devenant la religion d'État de l'empire romain au IVe s., sert à justifier un ordre politique autoritaire qui s'exerce au nom de Dieu. Au VIe siècle, l'empereur Justinien se fait représenter sur les monnaies tenant dans sa main le globe crucifère pour montrer que son autorité est autant de naturelle temporelle que spirituelle. Le césaropapisme aura plus de mal à s'implanter en Occident où la séparation de l'Église et de l'État finira par prévaloir.


Chalcolithique

De chalco, cuivre et lithos, pierre. Caractérise les sociétés néolithiques qui s'ouvrent de plus en plus à l'usage des métaux, le cuivre et l'or.

 

Chrétienté

La chrétienté est formée de l'ensemble des peuples et donc, des territoires, qui ont en commun un système de croyances fondé sur le message évangélique de Jésus, le Christ (Messie, Sauveur). Son aire géographique s'étend des territoires d'Europe occidentale, aux confins du monde slave, au de là duquel s'étend la civilisation musulmane. La chrétienté médiévale a contribué à faire émerger une première forme d’unité européenne.



Civilisation

De civis, citoyen et civitas, cité. Concept élaboré au siècle des Lumières (XVIIIe) pour désigner une organisation sociale régie par des lois. On peut considérer qu'une société atteint le stade de civilisation lorsqu'elle témoigne d'une structure sociale élaborée, d'une hiérarchie complexe et d'une organisation sociale poussée. L'écriture et l'urbanisme sont généralement considérés parmi les facteurs importants associés à une civilisation.



Commune

La commune désigne au Moyen-Âge, un bourg qui a obtenu une reconnaissance légale. Elle origine du serment commun que les bourgeois (marchands et artisans) ont prêté pour obtentir du seigneur féodal des exemptions et des privilèges, notamment le droit de gérer leurs propres affaires. Obtenus par la force ou la négociations, les franchises sont consignées par écrit dans des documents officiels, des chartes précieusement conservées dans la maison municipale (l'hôtel de ville). Comme le dit un vieil adage, "l'air de la ville rend libre".



Contrat social
 
 
L'idée de contrat social découle de la philosophie du droit naturel qui se formalise pour l'essentiel au XVIIe siècle dans la foulée de la pensée humaniste. Les philosophes anglais Thomas Hobbes et John Locke ont exprimé cette idée que la société résulte d'un "contrat" entre les hommes, qui acceptent de se soumettre à une autorité politique dans la mesure où cette autorité garantit et protège leurs droits naturels (voir ce mot).


Coup d'État

Prise du pouvoir par des voies illégales, généralement avec le soutien de l'armée.



D

 

Darwinisme

Théorie de l'évolution présentée par l'anglais Charles Darwin en 1859 dans son ouvrage De l'origine des espèces. Il y expose que la dynamique d'évolution est régie par la loi de la sélection naturelle, et donc que la survie d'une espèce dépend de sa capacité d'adaptation aux enjeux posés par le changement. Le darwinisme social est l'extension aux sociétés humaines de cette théorie par un autre anglais, Herbert Spencer (1820-1903). 

 

Déclaration

 
Sur le plan juridique, une Déclaration est un texte qui proclame solennellement l'existence de droits fondamentaux inhérents à la nature même de l'homme. Ces droits "déclarés" ou droits naturels sont inaliénables (on ne peut les abolir), sacrés (on ne peut les modifier) et imprescriptibles (que le temps ne peut faire disparaître). Ces droits ont toujours existé, la Déclaration ne fait que les "révéler". Ainsi en est-il de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen, de la Déclaration de l'indépendance américaine ou de la Déclaration universelle des droits de l'homme. 

 
Démocratie

La demokratia vient du grec demos, peuple et kratein commander, pour désigner le gouvernement par le peuple considéré en tant que citoyen, i.e. jouissant du droit de cité.



Domestic system

Système de production qui exploite la main-d'oeuvre des campagnes, abondante et non régie par le système des corporations. Il se développe au XVIe siècle, dans le secteur textile, par des marchands-fabricants qui contrôlent toutes les étapes de la production, depuis le traitement de la laine brute jusqu'à la confection des tissus. Ils paient à la pièce et font leur profit par la vente du produit fini sur les marchés urbains.

 

Droit de cité

Dans la polis gecque, ce sont les droits qui définissent la qualité de « citoyen ». Ils permettent de prendre part à l'élaboration des lois, mais ils obligent également à prendre part à la défense de la cité. Au départ, la citoyenneté est liée à la propriété foncière. Mais avec les crises du VIe siècle a.n.è., la citoyenneté sera définie selon la richesse (réformes de Solon). Au Moyen-Âge, les droits de cités se confondent avec les droits de bourgeoisie reconnus par la commune.

 

Droits naturels


 
Les droits naturels sont au coeur d'une philosophie qui s'épanouit à l'aube des Temps Modernes et selon laquelle des principes immuables et universels, issus de la Nature, définissent la condition humaine. Ainsi, de par sa "nature humaine", chaque individu possède un certain nombre de droits innés : le droit à la vie, à la sécurité de sa personne, à posséder et protéger ses biens, etc. Il en découle que tous les hommes possèdent les mêmes droits puisqu'ils appartiennent tous à la même nature humaine. Cette idée est à l'origine de la promotion et de la défense des droits de l'homme. (voir Déclaration).
   

E

 

Enclosures

Aux XVe-XVIe siècles, en Angleterre, mouvement de clôturage des terres. Les enclosures désignent les terres agricoles qui sont soustraites à la coutume médiévale de la "vaine pâture" ou openfield. Une clôture marque désormais les frontières de la propriété d'où sont exclus les petits paysans pauvres. Les terres encloses sont transformées en pâturage pour les moutons dont la laine est très en demande pour la production textile.

 

État

Le Robert le définit comme « l'autorité souveraine s'exerçant sur l'ensemble d'un peuple et d'un territoire déterminés ». La polis ou cité-État de l'ancien monde grec a laissé place à la République romaine et à son Empire. Au XIXe siècle, le mouvement des nationalités favorise le modèle des États nations dans lequel la légitimité de la structure étatique repose sur une collectivité qui se définit en fonction d'une identité commune. (Voir nationalisme) Au XXe siècle apparaît l'État providence ou État keynésien qui assigne au pouvoir politique le rôle de réguler l'économie et d'assurer, par son pouvoir de législation, une meilleure redistribution de la richesse collective (en anglais, Welfare State).

 
État de droit

L'État de droit se définit par le fait que les rapports entre les membres d'une communauté, de même que l'exercice du pouvoir de l'État, sont régis par des lois (primauté du droit). En ce sens, l'État de droit s'oppose à la dictature, à la tyrannie ou à la monarchie absolue. Les Grecs de l'Antiquité ont inventé ce principe pour s'opposer à l'arbitraire du pouvoir exercé par la classe aristocratique. 



F

 

Factory System

Système de production de la manufacture. Il se généralise en Angleterre au XVIIIe siècle. La manufacture opère sur la base de la division du travail et concentre une abondante main-d'oeuvre peu qualifiée et peu chère. L'introduction de la machine, à la fin du XVIIIe siècle, fera naître l'usine moderne.

 

Féodalité

La féodalité et un système économique et social qui apparaît dans ses traits essentiels au XIe siècle. Il résulte de l'effacement de l'autorité publique en Europe occidentale au siècle précédent. Il prend pour base le fief (d'où son nom) à partir duquel se sont constituées de puissantes familles en conflit les unes avec les autres et assez puissantes pour contester l'autorité du roi. On nomme "féodalisme", ce type d'économie où une minorité de vassaux et de seigneurs grands propriétaires exploitent une paysannerie maintenue dans le servage.



Fief

Du latin feodum, tiré d'un terme germanique, fehu qui veut dire « bétail ». Dans la tradition franque, le fehu est une récompense, un bienfait obtenu auprès d'un chef puissant en échange de services. À partir du XIe siècle, comme ce bienfait devient presqu'essentiellement une terre, le fief en vient à désigner une propriété foncière tenue selon les coutumes féodales et autour duquel se redéfinit la société médiévale.



H

 


Habeas corpus

L’habeas corpus est un principe issu de la common law britannique qui est mentionné dans la Magna Carta (1215) imposée à Jean sans Terre par les barons anglais. Elle commande qu'un individu arrêté et détenu par les autorités soit présenté devant un juge "avec son corps", pour l'examen du bien-fondé des charges qui pèsent contre lui. En 1679, l'Habeas Corpus Act (loi sur l’habeas corpus ) formalise et précise la procédure qui reste le fondement majeur des libertés anglaises.

 
Hellénisme

Vient de Hellên, le nom que se donnaient les Grecs eux-mêmes, d'où Hellade, le pays des Hellens. L'hellénisme se réfère à l'ensemble des éléments de civilisation propres à la Grèce. Un « helléniste » est un spécialiste de la civilisation grecque.


Hégémonie

Du grec, hêgemôn, chef. L'hégémonie est la domination ou le contrôle qu'exerce un peuple ou un État sur d'autres. On peut parler d'une hégémonie économique, politique ou culturelle.

 
Héliocentrisme

De "helios", soleil. Théorie astronomique mise de l'avant par Nicolas Copernic (1543) selon laquelle le soleil occupe le centre de l'univers et autour duquel gravitent les planètes. Elle s'oppose au "géocentrisme".


Hérésie

Du grec hairesis, opinion. L'hérésie est un ensemble d'idées ou de croyances condamnées par l'Église comme fausses et portant atteinte à l'intégrité de la foi dont les dogmes constituent l'orthodoxie (voir de mot).


Hominidé

Représentants de la famille humaine, fossiles ou récents, soit l'ensemble des primates supérieurs. La famille des hominidés se divise en deux genres : les australopithèques et les homos (habilis, erectus et sapiens).


Hoplite

Du grec hoplon, arme. Ce terme désigne, dans la cité grecque antique, le fantassin lourdement armé qui combat au sein d'une formation en rangée qu'on appelle une "phalange".


Humanisme

Doctrine fondée sur la dignité de l'Homme. Elle prend forme à la Renaissance au sein d'une communauté d'érudits italiens qui valorisent l'étude des lettres antiques. Plus qu'un mouvement culturel, l'humanisme propose, dans la seconde moitié du XVe siècle, un nouveau système de valeurs autant qu'une pratique philosophique fondée sur la valorisation de la Raison et du libre-arbitre (voir de mot).



I

 


Impérialisme

Vient du mot « empire » et dérive du concept de l'imperium romain. À l'origine, l'imperium présente un caractère religieux (pouvoir de consulter les « auspices » ou volonté des dieux) mais ensuite le sens s'élargit au pouvoir de commander et de contraindre. La victoire militaire est ainsi le signe de la faveur des dieux, comme le célèbre la fête du triomphe que Rome offre à ses généraux victorieux.
Dans son sens moderne, l'impérialisme désigne la conduite d'un État qui étend sa domination sur d'autres peuples et territoires. Il est synonyme d'hégémonie (voir de mot).

 

Inquisition

Du latin inquisitio, enquête. Instituée sous le pontificat de Grégoire IX (1227-1241), l'Inquisition est un tribunal ecclésiastique dont le mandat est de pourchasser l'hérésie (voir de mot). Ce tribunal d'exception est mis sur pied en 1231, à l'occasion de la croisade albigeoise levée pour réprimer l'hérésie cathare qui s'épanouit dans les pays de langue d'oc (sud de la France). Par la suite, la machine inquisitoriale s'abattra sur tous les groupes suspectés d'entretenir des idées hérétiques (sectes, magiciens, sorcières, savants ou blasphémateurs) qui pourraient mettre en danger la foi chrétienne telle que formulée dans les dogmes (voir orthodoxie).



L

 
Législateur

Du latin lex, loi et lator, qui propose. Au sein des cités-États de la Grèce antique, le législateur est celui qui propose un code de lois écrites pour résoudre les conflits entre le demos et les aristoï (voir de mot). Il est ainsi le fondateur de l'État de droit. (Voir droits de cité).

 
Légistes

Du latin lex, loi. Au Moyen Âge, les légistes sont des spécialistes du droit formés au sein des universités. Ils cherchent à faire carrière dans l'entourage des princes (les papes, les empereurs et les rois). La redécouverte du droit romain au XIIe siècle fera renaître la notion de république et d'empire. Les légistes s'emploieront à établir les fondements juridiques de la monarchie médiévale.


Légitimité

La légitimité renvoie à ce qui est fondé en droit ou en justice. Elle émane du (relatif) consentement des gouvernés, et donc, s'appuie sur un large consensus fruit des traditions et des habitudes héritées du passé.

 

Lettre de change

Ancêtre du chèque, la lettre de change apparaît et se généralise au XIIIe siècle avec le développement de l'activité marchande des républiques et cités-États italiennes. La lettre de change permet d'effectuer un paiement pour une transaction commerciale dans une autre monnaie que celle de l'acheteur. Son apparition est à mettre en rapport avec le développement des mécanismes bancaires. Le taux de change dissimule fréquemment un intérêt sur les prêts consentis par les banquiers mais que l'Église réprouve comme une pratique usuraire. (Voir usure).



Libéralisme

De liber, libre. Philosophie politique fondée sur le primat de l'individu reconnu comme une personne ayant des droits fondamentaux comme la liberté de conscience et d'expression. Au plan juridique, il postule l'égalité devant la loi ainsi que l'habeas corpus (voir de mot) ; au plan politique, la liberté d'association, de presse et des institutions représentatives ; au plan économique, la liberté d'entreprendre et le respect de la propriété privée ; et au plan commercial, le libre-échange.


Libre arbitre

Selon les humanistes l'homme jouit, de par sa nature, de la liberté de choisir, c'est-à-dire qu'il dispose librement de sa volonté pour orienter son destin et assurer son salut. Ce principe s'oppose au déterminisme et à la prédestination (voir de mot).

 

Les Lumières


 
Les Lumières est le nom que l'on donne au XVIIIe siècle français, dit aussi siècle des Philosophes. Héritiers des humanistes, et fils de la révolution scientifique, ces derniers ont pour projet de faire triompher la Raison, seul rempart contre l'obscurantisme, l'ignorance et la superstition. Grâce à cette pensée "éclairée", l'humanité pourra s'engager dans une ère de progrès qui pourra réaliser le bonheur des hommes. Le mouvement des Lumières inspire la Révolution américaine (1776) et annonce la Révolution française (1789).
 


M

 

Martyr

Du grec martur, témoin. Le martyr est celui qui témoigne de sa foi dans le christ en subissant le martyre, c'est-à-dire en souffrant et mourant comme Jésus lors de sa Passion. Le martyre devient un idéal pour certains croyants qui aspirent à la vie éternelle. Les martyrs font l'objet d'une grande dévotion au sein de l'Église chrétienne primitive comme l'attestent le culte des reliques et la pratique du pèlerinage.

 
Mécénat

De Mécène, un riche ministre d'Auguste, célèbre pour son encouragement et son soutien aux poètes et aux artistes à Rome au premier siècle de notre ère. Son nom est resté associé à la protection des arts. Il peut se présenter sous diverses formes, privée ou publique. Au XVe siècle, son rôle fut déterminant dans l'éclosion de la Renaissance artistique.


Mercantilisme

De l'italien mercantile, commerce. Doctrine économique en vigueur entre 1600 et 1850 et qui postule que la puissance d'un État est fonction de ses réserves en métaux précieux (or et argent). Pour protéger et accroître ces réserves, les États européens mettent en place des politiques économiques protectionnistes et enserrent leurs possessions dans un "pacte colonial" contraignant.

 
Mésolithique

Âge de la pierre moyenne. Période intermédiaire entre la fin de la dernière glaciation et la découverte de l'agriculture, soit entre -12 000 et -8 000 ans environ.


Minoen

De Minos, nom d'un roi légendaire de Crète. L'archéologue anglais Arthur Evans s'en est inspiré pour nommer la civilisation crétoise du bronze égéen (- 2000 à -1450) qui est aussi dite palatiale (voir de mot), en raison de l'importance des grands palais qui semblent dominer cette civilisation et dont le rayonnement en Méditerrannée orientale constitue une thalassocratie. (voir de mot).



Monachisme

Du grec monakhos, seul. Retiré du monde, le moine recherche l'extase mystique par la pratique de l'ascétisme (voir de mot). Paradoxalement, c'est cet idéal érémétique (solitaire) qui donnera naissance à la vie en communauté monastique. Les moines vivent selon une règle stricte qui partage leur journée en temps de prière, de travail et d'étude. Les monastères vont se multiplier pour former de vastes réseaux d'institutions qui seront à l'origine d'une première renaissance des arts et de la culture qui culminera au XIe siècle dans l'art roman.



Monarchie

Du grec monos, seul et kratein, commandement. La monarchie est le gouvernement d'un seul. Ce pouvoir est héréditaire. On appelle « dynastie », une lignée de monarques relevant du même ancêtre. Elle est dite de droit divin lorsque qu'elle est sanctionnée par la volonté de Dieu. Elle est absolue lorsque le monarque dispose de la totalité du pouvoir politique. Elle est constitutionnelle lorsque l'autorité politique du monarque est limitée par une constitution.



N

 
Néolithisation

Phase du développement technique des sociétés humaines correspondant à leur accession à une économie productive (agriculture, élevage, artisanat, commerce...)


O

 
Oligarchie

Du grec oligoï, petit nombre et archein, commandement. L’oligarchie est le gouvernement de quelques-uns. On l'utilise également pour désigner une classe d'individus influents comme dans "oligarchie financière".

 
Orthodoxie

Du grec orthos, droit, dans le sens de « correct » et doxa, opinion. L'orthodoxie est constituée par l'ensemble des croyances et des doctrines considérées comme des vérités incontestables (dogmes). Au XIIIe siècle, le pouvoir l'Église dérive vers une dictature pontificale (voir théocratie) qui s'autorise de déclarer, au nom de Dieu, la "guerre sainte" contre toute forme d'hérésie (voir de mot). Pour ce faire, l'Église se dote d'un appareil de répression au service d'un intégrisme religieux intransigeant (voir Inquisition).



P

 
Palatiale

Désigne une civilisation centrée sur un palais, ensemble architectural complexe qui centralise l'ensemble des fonctions d'un État. Il est à la fois centre politique, économique, culturel et religieux. Ex. les civilisations du bronze égéen, Crète (voir minoen) et Mycènes.

 
Paléolithique

Âge de la pierre ancienne qui commence avec l'apparition des premiers outils en pierre il y a environ 2 millions d'années (voir artefact) et qui s'achève vers -12 000 ans avec la fin de la dernière glaciation.


Paradigme

Terme emprunté à la linguistique. Il désigne l'ensemble des éléments qui constitue un champ d'interprétation d'une réalité donnée à un moment donné. Les systèmes de pensée, qu'ils relèvent du magico-religieux ou bien de la pensée rationnelle, finissent par constituer des paradigmes (théories, idéologies, systèmes de croyances...)

 
Patriciat

Vient du latin pater, père. Ce terme réfère aux chefs des grandes familles de propriétaires fonciers qui forment l'aristocratie romaine. Entourés d'une vaste « clientèle », les patriciens exercent leur domination sur la société romaine par leur contrôle du Sénat.



Pax Romana
 

C'est la paix romaine, une période de deux siècles et demi qui commence avec le règne d'Octave Auguste en -27, et où l'empire romain connaît son plus grand rayonnement (apogée). La guerre étant reléguée aux frontières, cette période est favorable à la romanisation des peuples et des territoires conquis par Rome. Les voies romaines et l'armée sont les deux fondements de cette pax romana


Perspective

Terme issu du latin perspicere, "pénétrer par le regard". Au XVe siècle, les peintres et architectes italiens mettent au point les lois de la perspective qui permettent de rapporter sur une surface plane une image en trois dimensions. L'effet de profondeur est obtenu par la convergence des lignes visuelles sur un point de fuite constitué à partir du regard du peintre.


Plèbe


Chez les Romains, la plèbe désigne les classes populaires d'hommes libres, mais exclus des privilèges de la noblesse (le patriciat)

Polis

Ce terme désigne la cité-État pour les Grecs. La polis est une entité indépendante et autosuffisante. Elle n'est pas tant un lieu physique qu'une communauté de citoyens se gouvernant elle-même par ses propres lois.


Prédestination

Conception développée par les réformateurs religieux (surtout calvinistes) du XVIe siècle selon laquelle Dieu aurait déjà, au moment de la création, décidé de ceux qui recevraient sa Grâce et seraient sauvés, alors que les autres seraient damnés, quelque soient leur foi ou leurs actions. Cette conception s'oppose au libre-arbitre (voir de mot).



R

 

République

Du latin res publica, chose publique. La république est un système politique qui conçoit l'État comme devant servir le "bien commun" et non les intérêts privés d'une seule personne comme dans la monarchie. Les institutions républicaines incarnent cette idée en introduisant le principe électif dans le choix des dirigeants.

 
Révolution

 
Une révolution est un changement brusque, rapide, d'un ordre donné (politique, économique, social ou culturel). Ce changement est radical en ce qu'il touche les fondements ou les structures du phénomène concerné. En cela, une révolution se distingue d'une simple évolution dont le changement s'opère de façon graduelle.


Romanisation
 

La romanisation désigne le processus par lequel la civilisation romaine (son mode de vie, ses valeurs, ses traits culturels) se répand dans les territoires conquis par Rome. La romanisation est assurée par la pax romana, elle produit une acculturation des populations conquises et se justifie par la volonté des dieux (culte impérial). 



S

 


Scolastique

La scolastique ou science de l'école est la méthode de raisonnement dialectique mise au point dans les écoles urbaines du XIIe siècle et dont le grand maître fut Pierre Abélard. La scolastique connaîtra son ultime achèvement au sein des universités médiévales. La disputatio est  organisée selon la méthode dialectique :
  • exposé d'un thème à débattre en deux points de vue opposés : le respondens (arguments pour) et l'opponens (arguments contre).
  • La discussion se conclut sur le determinatio qui apporte une synthèse de thème exposé.
 

Serf

Du latin servus, "esclave". Au Moyen Âge, le serf est un paysan attaché à la terre qu'il cultive. Son statut est différent de celui de l'esclave antique en ce qu'il est reconnu comme une personne et non comme un objet, une marchandise. Le serf peut fonder une famille ce qui aura un impact sur la croissance démographique des campagnes à partir du XIe siècle. Cependant on lui déni une personnalité juridique, et il est "corvéable à merci".



Servage

Le servage désigne l'état de servitude ou non-liberté dans laquelle est maintenue une partie de la paysannerie occidentale. Le mot latin servus, esclave, montre bien le lien qui unit l'ancien esclave du monde romain au serf médiéval. Il est issu de l'évolution de la grande propriété gallo-romaine, la villa, à la fin de l'époque mérovingienne (VIIIe s.). Devant la pénurie d'esclaves, les grands propriétaires vont modifier le mode d'exploitation de la terre, en "châsant" leurs esclaves sur une parcelle de terre, le manse, sur lequel, désormais, pèsent les servitudes (redevances et corvées). Avec le développement de l'économie monétaire (XIIe-XIIIe siècles), le servage recule puis disparaît, en Europe occidentale, à la fin du Moyen Âge. (À noter cependant que le servage se maintient et se renforce dans la portion orientale de l'Europe (Russie, Allemagne de l'Est... Il s'y maintient jusqu'au XIXe siècle).

 

Socialisme

Philosophie politique qui se développe au XIXe siècle en réaction aux méfaits de la révolution industrielle. Elle se diffuse à travers le mouvement ouvrier et les divers mouvements d'opinion qui se constituent dans les grandes villes industrielles d'Occident. Le socialisme européen connaît diverses tendances, des plus modérées aux plus radicales, voire révolutionnaires. Il recherche la prise en compte des intérêts du plus grand nombre et prône une meilleure répartition de la richesse collective.



Souveraineté

Du latin "superanus" au-dessus. Définie au XVIe siècle par Jean Bodin dans son livre La République, la puissance souveraine est un attribut essentiel de l'État. Elle est absolue et perpétuelle : aucun autre pouvoir ne lui est supérieur et elle ne peut être anéantie. Elle émane de la communauté politique qui constitue la République. La souveraineté peut résider dans une personne ( monarque absolu, despote, tyran) ou bien dans la multitude (nation, peuple).



T

 

Taylorisme

De Frederick Taylor (1856-1915), ingénieur américain qui a mis au point l'organisation scientifique du travail, l'OST, méthode visant à maximiser la productivité des agents de travail. Chaque opération est chronométrée et étudiée en fonction d'obtenir le rendement optimum. Le taylorisme conduit à l'aliénation du travail.

 
Thalassocratie

De thalassa, mer et kratos, pouvoir. Ce terme désigne l'emprise ou la domination commerciale maritime d'une société donnée. Ex. la civilisation crétoise est une thalassocratie.

Théocratie

Du grec theos, Dieu et krateîn, commander. Dans une théocratie, l'autorité politique est d'essence religieuse. Elle est conférée par la Volonté divine à son représentant sur terre qui en déduit avoir la suprématie sur le pouvoir temporel. Avec la réforme grégorienne du XIe siècle, l'Église de Rome a tenté d'imposer une théocratie pontificale en Europe occidentale.
 
Tyran

Du grec turannos, maître. Dans la cité-État grecque, le tyran est un individu qui a usurpé le pouvoir (pris le pouvoir par la force) et qui l'exerce de façon dictatoriale. En ce sens la tyrannie apparaît vite comme une oppression insupportable, contraire à la liberté.


U

 

Usure

Du latin usura, issu de usus, usage. Intérêt de l'argent. Au Moyen-Âge, il s'attache un sens péjoratif à cette idée. L'usure est dénoncée comme un péché, une faute morale qui entretient la cupidité et l'égoïsme. De nos jours, un taux usuraire désigne un intérêt plus élevé que le taux légal.



V

 

Vassal

Du latin vassus serviteur. Le terme apparaît dès le VIIIe siècle. Il désigne celui qui s'engage auprès d'un seigneur plus puissant pour obtenir un bienfait en échange de services (le service d'ost, l'aide et le conseil). Par la cérémonie de l'hommage, le vassal engage sa foi par un serment, qu'il ne peut renier sous peine de félonie punie par la confiscation du bienfait (ex. un fief).

 
Vassalité

Système de relations de dépendance entre des seigneurs (de senior, vieux) et des vassaux. Le contrat vassalique enserre les relations de pouvoir dans des liens de nature privée basés sur une fidélité et une confiance réciproque. Intégrée dans la structure d'État par Charlemagne, la vassalité va survivre à l'effondrement de l'empire carolingien dans le système féodal (voir féodalité).




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Louise Forget,
24 mars 2012 à 06:29
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