Sculpture

La sculpture de la Renaissance, un art à la mesure de l'Homme

Michel-Ange, David,1501, Florence

L'art de la sculpture connaît à la Renaissance une évolution majeure qui marque la rupture avec l'âge médiéval et la naissance de l'art moderne. À la Renaissance, la sculpture se détache de l'architecture pour devenir un art autonome, une forme artistique en soi qui se suffit à elle-même. Autre trait essentiel de la période est l'élargissement des thèmes qui ne sont plus exclusivement religieux, mais profanes, alimentés par la redécouverte de l'Antiquité. La promotion de l'Homme et de l'individu, chère aux humanistes, se traduit en sculpture par une démarche naturaliste qui recherche l'authenticité et l'exactitude dans l'expression des formes. Les artistes de la Renaissance renouent avec l'idéal antique qui magnifie le corps humain, expression d'équilibre et de beauté.

Naissance de la sculpture moderne

Les historiens de l'art s'accordent à dater le départ de la Renaissance artistique en Italie avec le concours lancé à Florence en 1401 pour doter le Baptistère de la cathédrale d'une seconde porte en bronze. Le concours est remporté par Lorenzo Ghiberti (1378-1455) qui consacrera l'essentiel de sa carrière à la réalisation de deux d'entre elles.
  • La porte nord est constituée de 28 panneaux, sculptés entre 1403 et 1424. [Voir image]. L'admiration unanime dont elle est l'objet lui vaut de réaliser une autre porte, à l'est, à laquelle il consacrera la seconde moitié de sa carrière, de 1425-1452 et que Michel-Ange a appelé la "Porte du Paradis". "Elle fut le modèle même de la réinterprétation, par la Renaissance, de l'Antiquité perçue comme âge d'or (1).

Lorenzo Ghiberti, Le Baptême du Christ, Sienne



L'idéalisation du corps humain

Plus que tout autre, l'art de la sculpture est marqué par le revalorisation de l'homme dans toute son intégrité. Donatello (1386-1466) initie une véritable révolution esthétique avec son David (1440) qu'il représente nu comme c'est l'usage dans l'art gréco-romain. La pose décontractée du personnage permet d'apprécier les formes curvilignes de l'oeuvre dont l'ensemble est d'un très grand réalisme.

[Source de l'image]
Donatello, David, bronze, 1430, détail, Florence

Le génie de Michel-Ange

Michel-Ange Buonarroti (1475-1564) est issu d'une famille aisée de la ville de Florence. Il se définit lui-même comme sculpteur, même s'il fut aussi peintre et architecte, en plus de pratiquer la poésie tout au long de sa vie. Le marbre était son matériau préféré.

Dans les ateliers où il fait son apprentissage, il acquiert les techniques de son métier : la peinture a fresco avec le peintre Ghirlandaio et la sculpture au contact de Bertoldo, mais il se forme surtout de façon autodidacte. Son talent lui fait fréquenter la cour des Médicis en 1489 où il baigne dans l'effervescence intellectuelle de la Renaissance. Cependant, les troubles politiques qui secouent Florence le pousse à Rome (de 1496 à 1500) où il réalisera quelques uns de ses plus grands chefs-d'oeuvre. De retour à Florence en 1501, il sculpte dans le marbre un David monumental (4,10 mètres) commandé par la République de Florence et qui sera fièrement installé devant le palais Vecchio pour symboliser la force invincible de la ville.

Le pape Jules II le rappelle à Rome en 1505 et multiplie les commandes qui vont accaparer l'artiste pendant plusieurs années : notamment son tombeau monumental et la décoration de la vôute de la chapelle Sixtine qui l'occupera de 1508 à 1512. À la mort de Jules II (1513), le nouveau pape, Léon X, un Médicis, le fait travailler dans la chapelle funéraire de sa famille et sur la Bibliothèque Laurenziana dans le cloître de San Lorenzo à Florence. Il se fixe définitivement à Rome en 1534. Il réalise entre 1537 et 1541 dans la chapelle Sixtine son célèbre Jugement dernier peint sur le mur d'autel. Les dernières années du maître sont consacrées à l'architecture et à une recherche esthétique dans le domaine de la sculpture qui témoigne d'un esprit tourmenté qui s'éloigne de la sérénité classique et inaugure le style maniériste et baroque.

Michel-Ange, La Pietà, marbre, chapelle Saint-Pierre de Rome,
[Pour voir l'oeuvre au complet.]
Cette oeuvre fut réalisée entre 1498 et 1501 par un jeune artiste de 23 ans.
Elle fut saluée comme l'expression d'une harmonie parfaite. Vasari est "frappé de stupeur"
et "s'étonne que la main d'un artiste ait pu exécuter rapidement et de façon divine une oeuvre aussi admirable".



Notes
  1. Charles Avery, "Ghiberti, Lorenzo", dans Hale, J.R., dir. Dictionnaire de la Renaissance italienne, Paris, Éditions Thames & Hudson, coll. l'Univers de l'art, 1997, p. 149 et 15


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