Langue des signes
 

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Le braille n'a rien à voir avec

Le braille est un système d'écriture tactile à l'usage des personnes aveugles ou gravement déficientes visuelles.

Les sourds ne sont pas muets

L'expression "sourd-muet" est le plus souvent une erreur, la plupart des sourds ont un appareil phonatoire tout à fait normal (ils peuvent "parler", "vocaliser", "chanter", "crier"...). 

Au niveau international : 

Il existe des centaines de langues des signes dans le monde, dont quelques-unes ont obtenu une reconnaissance légale, tandis que d'autres n'ont aucun statut officiel. 

Hélas, encore aujourd'hui, faute d'information, de nombreuses personnes sourdes ou parents de sourds ne connaissent pas l'existence des langues des signes et considèrent avant tout la surdité comme un handicap. 

Il semble nécessaire d'avoir une approche différente de la simple vision curative de la surdité et de prendre en considération la réalité sociale et linguistique des langues des signes. 

De nombreux pays souhaitent avant tout un épanouissement des personnes et développent l'accès en langue des signes aux lieux publics, aux universités, etc.


 

Langue des signes 

(LS) sont des langues naturelles que les personnes sourdes ont développées pour communiquer. Ces langues assurent toutes les fonctions remplies par les autres langues naturelles dites « langues orales » (LO), ou « vocales ». Ce sont des langues visuo-gestuelles (perçues par les yeux, produites par des mouvements du corps).

Il faut attendre (Stokoe, 1960), (Stokoe, 1972) pour que les LS soient observées comme des langues à part entière grâce la description selon le principe de la double articulation que (Martinet, 1960) développa pour les LO et attesta pour les LS dans l’introduction à la grammaire de (Nève-De-Mévergnies, 1996). Ces descriptions, très souvent menées selon les critères d'analyse des langues orales, ont contribué à faire peu à peu reconnaître à ces langues leur statut de langues naturelles à part entière. Cependant du fait que les langues des signes utilisent une modalité visuo-gestuelle et non audio-orale elles mettent en place des structures spécifiques, bien différentes de celles des langues orales et nécessitent donc une description circonstanciée.

Comme toute langue, une langue des signes nécessite un apprentissage mais il n'est pas nécessaire d'avoir une surdité pour apprendre ou communiquer en langue des signes. Pour exemple de nombreux entendants (enfants de sourds, partenaires, ou interprètes et autres professionnels en contact avec des sourds) parviennent à développer un haut degré de bilinguisme. Selon le Ministère de la Culture[6], "Les langues des signes sont pour les sourds, le seul mode linguistique véritablement approprié, qui leur permette un développement cognitif et psychologique d’une manière équivalente à ce qu’il en est d’une langue orale pour un entendant".

La langue des signes n'est pas une langue universelle

Le site Ethnologue.com (Deaf sign language) recense 121 langues des signes différentes. Il existe en fait autant de langue des signes que de communautés différentes de sourds, chaque langue des signes ayant son histoire, ses unités signifiantes et son lexique. Le développement d'une langue des signes dépend de la vivacité de la communauté des personnes qui la composent, comme pour une langue vocale. Le plus souvent, la langue des signes d'une région n'a aucune correspondance avec la langue orale régionale. En dépit des différences entre les langues des signes du monde, la compréhension et la communication est rapidement possible entre deux personnes maîtrisant des langues des signes différentes. Ceci tient à la grande proximité des structures syntaxiques des diverses LS et à l’existence de structures très iconiques, qui donnent à voir (Structures de Grande Iconicité), caractérisées par l’absence de signes standard (qui sont eux différents dans chaque LS). L’origine de ces structures partagées tient probablement à la nature même de la langue et transfigure l'expérience humaine du monde qu'en ont ses locuteurs.

Des langues particulières

On parle souvent quand on traite des LS d'une "pensée visuelle". Les LS remettent en question ce que nous considérons habituellement comme appartenant au domaine du linguistique. En effet, le seul modèle descriptif circonstancié des LS existant actuellement est proposé par Christian Cuxac. Dans une perspective sémiogénétique, ce modèle, basé sur l'étude de la Langue des Signes Française (LSF), propose une bifurcation de visée entre deux types de structures (fréquemment imbriquées dans le discours) :

  • les structures de grande iconicité (SGI), à visée illustrative,
  • et les structures dites standard, qui utilisent des signes conventionnels ou "signes standards".

Signes standards 

Les signes standards sont décrits par : la configuration de la ou des mains, l’orientation du signe, son emplacement, le mouvement et la mimique faciale, chaque paramètre correspondant à une liste finie d’éléments. Le dénombrement des éléments par catégorie paramétrique varie selon les descriptions. (Par exemple, pour la configuration, on en compte entre 45 et 60 différentes en LSF). Ces éléments apparaissent simultanément et peuvent se combiner au sein d'un signe.

Les SGI ont été peu étudiées dans les langues des signes. L'emploi de la grande iconicité est récurrent dans les conduites de récit, elles sont extrêmement originales et particulières aux LS. L'étude poussée de ces structures a permis de mettre en évidence différents types de transferts possibles dans un discours en LS. 

Par exemple : le locuteur prend alors le rôle d’une personne ou encore, met en situation des formes. Il faut également relever l'utilisation particulières que font les LS de l'espace. En effet alors que les langues vocales utilisent des structures syntaxiques pour le marquage temporel ou encore les relations entre différentes choses, les LS utilisent l'espace. Le temps peut par exemple se dérouler selon un axe arrière-avant dans l'espace du signeur ou encore devant lui, selon un axe gauche-droite. L'espace de signation (là ou la personne signe) peut aussi servir à créer des repères, des marqueurs auxquels on se réfère tout au long du discours (par ex. un repère pour l'école, un pour la maison, un autre pour un personnage). Il suffit alors de pointer du doigt ou du regard l'endroit pour "l'activer" et y faire référence dans le discours.