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L'histoire sourde 

L'histoire sourde est un élément important de la culture sourde. De la même manière que l'histoire commence avec la création de l'écriture, l'histoire de la communauté sourde commence avec la langue des signes. Elle rappelle à ses membres les combats et épreuves qui eurent lieu et ont encore lieu pour la reconnaissance et le respect de la langue des signes et montre la naissance de la culture sourde, de certaines de ses valeurs et de ses mythes.

 

Source: Wikipedia 

Histoire de la Langue des signes Française 

Pendant longtemps, le sourd, isolé de sa communauté, n'a pu enrichir sa langue (la langue des signes) et a dû se contenter d'une gestuelle basique ; de ce fait, ne disposant pas d'une langue élaborée, son esprit ne pouvait se structurer et il lui était donc impossible de développer ses capacités intellectuelles (d'où l'idée répandue que le sourd aurait moins de capacités intellectuelles : au Moyen Âge on le considérait même idiot). C'est dans les familles de sourds qu'ont pu s'élaborer les premiers fondements de la LSF. Et c'est en vivant ensemble que les sourds ont pu enrichir leur langue. 

L'abbé de l'Épee 

L'abbé de l'Épée fut, en 1760, le premier entendant à s'intéresser aux modes de communication des « sourds-muets » en observant un couple de jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes ; il découvre l'existence d'un début de langue des signes. Il décide alors de regrouper les enfants sourds pour les instruire, il apprend lui-même la langue des signes grâce à ses élèves et ira démontrer les progrès obtenus jusque devant la cour du roi. C'est ainsi qu'il pourra ouvrir une véritable école pour sourds qui deviendra l'Institut national des jeunes sourds, aujourd'hui mieux connu sous le nom d'Institut Saint-Jacques (à Paris). À sa mort en 1789, c'est l'abbé Sicard qui lui succédera et qui tentera maladroitement d'imposer un langage gestuel conventionné et agrémenté de « signes méthodiques » qui sera abandonné par la suite.

Le congrès de Milan 

Pourtant, les entendants oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s'intégrer dans la société française. Le congrès de Milan en 1880 — où n'étaient réunis pratiquement que des entendants — décrète l'interdiction de l'utilisation des dialectes patois. La langue des signes est donc supprimée de l'enseignement. Trois raisons sont invoquées : la LSF n'est pas une vraie langue, elle ne permet pas de parler de Dieu et les signes empêchent les sourds de bien respirer, ce qui favorise la tuberculose. Cette interdiction a duré près de cent ans : dans les écoles, les professeurs étaient entendants et utilisaient la méthode oraliste. Mais, pour autant, la LSF n'a pas disparu car, regroupés entre eux dans les écoles, les sourds se la transmettaient de génération en génération, la plupart du temps pendant la récréation, puisqu'il était interdit de signer en classe.
En 1991, la loi Fabius favorise le choix d'une éducation bilingue pour les sourds : LSF et français écrit et oral. En février 2005, une loi décrète la LSF comme langue officielle en France.

Aujourd'hui 

Aujourd'hui, ce sont des instituts plus ou moins privés ou des associations qui ont de nouveau intégré la LSF dans leur enseignement. Les professeurs sourds ne sont pas reconnus de façon officielle par l'Éducation nationale et ce sont des professeurs entendants qui signent, aidés par des éducateurs sourds.