La Sinagoga e il bagno rituale degli ebrei di siracusa - Angela Scandaliato & Nuccio Mulè

En italien, La synagogue et le bain rituel des juifs de Syracuse. 2002, Giuntina - Via Ricasoli 26, IT 50122  Firenze 
www.giuntina.it, 212 pages, ISBN : 88-8057-158-3
Glossaire, riche bibliographie, illustrations et photographies.

L’histoire de la Sicile est compliquée car cette île a successivement appartenu à bien des pouvoirs différents au fil du temps. C’est donc à juste titre qu’Angela Scandaliato a commencé par résumer cette histoire dans les deux premiers chapitres.

Nous avions attaché grande importance il y a quatre ans à son étude sur les juives de Sicile au Moyen-âge,1 dans la LS 32 de Décembre 1999.

Angela, au fil du temps, a étudié diverses communautés de Sicile, les ramenant à la mémoire, car il n’est pratiquement plus de peuplement juif en cette île, plus de mémoire collective.

Lorsque Syracuse devient en 663 la capitale de l’Empire byzantin, des juifs sont sur place depuis longue date. Une première incursion arabe en 651 ou 652 avait déjà détruit leur première synagogue. En 877 l’île est cette fois conquise par les Arabes. Dès 1080 elle est normande. La prééminence espagnole dure deux siècles (de 1415 à 1713). A noter en passant qu’en fin de XVe siècle, au moment de l’Expulsion,2 le lieu de culte des juifs était appelé meschita, minaret ou mosquée selon les interprétations.

Le problème à résoudre pour les historiens du judaïsme local était celui-ci :

Tous les recoupements (registres censitaires, archives notariales etc…) montrent que la population juive de Syracuse avoisinait 3000 âmes en fin de XVe siècle, soit le quart de la population estimée de la ville.
Une telle population juive présumait nécessairement une importante implantation communautaire : synagogue, bain rituel et autres lieux.

Les historiens et archéologues n’ont rien trouvé de probant durant des décennies de recherches, en particulier n’avaient pas identifié avec certitude l’emplacement de la synagogue.

Angela Scandaliato, aidée de Nuccio Mulè, archéologue, ont établi que l’actuelle église  Saint Jean-Baptiste fut la synagogue jusqu’en 1496, c’est à dire quelques années après l’expulsion des juifs locaux.3

L’auteure termine son livre en décrivant les travaux d’excavation ayant permis de retrouver le miqvé traditionnel approvisionné en eau de source comme il se doit. Des photos viennent à l’appui.

Très beau travail de recherche mené avec une grande rigueur.

Jean Carasso



Al ke madruga,
el Dyo le ayuda


Dieu aide celui qui se lève tôt
(L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt).

Extrait du livre de José M. Estrugo, Los Sefardies, publié à la Havane en 1958, page 11

Comments