Caminos de sefarad, Guía Judía de España - (en espagnol) Juan G. Atienza

Ediciones Robinbook Aptdo 94.085  E 08080 Barcelona.   1986, 332 pages.

On ne peut vraiment pas dire que l’auteur cache son jeu... Dans un prologue de huit pages à cette seconde édition1, il nous expose tout à la fois qu’il n’est pas juif (encore ajoute-t-il non sans humour qu’il est bien téméraire pour un Espagnol de s’exprimer ainsi...) qu’il est très courroucé contre le Musée de la Diaspora et nombre d’Israéliens auxquels il a rendu visite, qui ne considèrent Sefarad qu’au travers des tragédies de 1391/1492/1497 et portent trop peu d’attention à la coexistence, à l’Âge d’Or, aux génies issus de cette culture millénaire. Qu’en vertu de quoi sa situation de non-juif lui permet, à lui, de rétablir de justes perspectives. Ce qu’il a entrepris de faire dans ce livre.

Il s’agit ici en effet de bien plus que ce que le titre annonce : d’une véritable étude sur l’histoire de l’Espagne juive, de ses origines, des grands personnages, de la chronologie, du vocabulaire etc., bref c’est une encyclopédie systématique, à la différence d’autres guides que nous avons commentés au fil des éditions, et qui nous offraient de nombreux et fort intéressants éclairages partiels sur notre culture, notre civilisation.



    Le volume commence par une “Histoire incomplète (sic, l’auteur ne manque pas d’humour) des Juifs d’Espagne” comportant de fort pertinentes remarques sur les traces de l’implantation juive en Espagne, architecturalement rares dit l’auteur, car seuls les peuples dominants laissent de telles traces.
Les populations fortement minoritaires n’en laissent guère.

La chronologie de dix pages qui suit est l’une des plus complètes que l’on puisse consulter.

Puis l’auteur étudie la vie quotidienne, avant de se lancer dans des  “Itinéraires” tout à fait dans la manière des guides touristiques les plus modernes, classés par région : le Léon, la Catalogne, etc. La juderia est resituée sur le plan de chaque ville, les photos sont fort bien choisies.

L’auteur a pensé utile de clore son ouvrage par quelques indications sur la situation actuelle des communautés juives dans le pays, adresse des synagogues, etc., et reprend en annexe les biographies des personnages-clés de l’Espagne juive (21 pages de biographies).


    Puis il se donne encore la peine d’expliquer aux Espagnols et hispanisants contemporains les termes d’espagnol ancien, d’hébreu ou d’arabe qui reviennent souvent dans les textes étudiés, et offre quatre pages de bibliographie.

Il serait abusif de conclure que cette véritable encyclopédie vous économiserait le voyage en Espagne, mais, voyage ou non, elle est indispensable à votre bibliothèque.

Jean Carasso

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