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22 propositions du parti socialiste - Les postfaces : “ J’ai demandé à la lune, mais le soleil ne le sait pas.................”

publié le 23 mars 2011 à 13:19 par Jacky Mestries

Deux postfaces aux propositions socialistes contenues dans le livre : SECURITE : le fiasco de Sarkosy, les propositions du P.S. édité chez Jean-Claude Gawsewitch.

Deux avis, en somme, qui bien que suivant le même fil conducteur n’en sont pas moins assez différentes. Différences de vue : le premier, Monsieur Rebsamen, maire de Dijon présente le point de vue d’un maire, le second, Monsieur URVOAS celui d’un député qui petit à petit s’impose comme le spécialiste de la sécurité dans son parti.

Le discours de l’un et de l’autre tient essentiellement de l’horizon qu’ils se donnent, je pense.


François Rebsamen sénateur maire de Dijon est un acteur des propositions du Parti Socialiste par son rôle de président du forum des idées organisé sur le thème de la sécurité.

Pas d’avis socialiste sans citation de Jaurès.

Donc le maire de Dijon introduit sa parole ainsi :

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains, aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Qui va dire le contraire ? Mais il faut aller la chercher, la vérité !!


Le maire de Dijon s’attaque à l’idée que la gauche paraît incapable d’assurer la sécurité dans le pays. Il fait la démonstration de leur efficacité au travers de l’action quotidienne des élus locaux, mais aussi des décisions prises dans le passé.

Je pense qu’il nous explique qu’il faut reprendre la tâche où elle a été abandonnée en 2002, même si ce n’est pas tout à fait formulé comme cela. Pardonnez ce raccourcis, Monsieur le Maire, mais c’est l’impression que j’ai eue.


Tout tourne autour de l’élu local,  pour le maire de Dijon, sans lui,  point de salut.

Ainsi la police municipale est appelée à suppléer la police nationale dans sa mission de proximité de la population.

Je lui demande, que va faire la police ????  

Elle va dépendre de la police municipale, donc du maire,  pour obtenir le renseignement nécessaire à la résolution des crimes et délits !

Il est difficile d’affirmer sa fierté d’avoir voulu rapprocher la police de la population avec une police de proximité dans les années 2000, et venir expliquer aujourd’hui que la police municipale doit se charger de cette mission qui est, rappelons le, la condition nécessaire à une bonne administration de la police.


A ma grande surprise, je vois cet élu introduire les sociétés de sécurité dans le dispositif de la sécurité des citoyens,  vouloir légiférer sur leurs compétences pour assister les maires lors de manifestations.

Mais alors à quoi peut servir une police municipale étoffée souhaitée par M Rebsamen ?

Elle  prend des vacances lorsque le maire en a besoin ! je comprends assez mal.


Sans se soucier le moindrement du monde de ses contradictions, cet élu, en nous annonce trois objectifs :

  • La sécurité est une compétence régalienne de l’Etat : Elle doit le rester

  • Il faut refuser de stigmatiser les populations étrangères

  • Il faut mettre un terme à la dérive sécuritaire et mettre en œuvre une véritable politique de sécurité pour tous.


Plus rentable, puisque M Rebsamen produit de la sécurité ( terme repris plusieurs fois ) ; il replace le citoyen au cœur du débat «  rien ne peut se faire en dehors de nos concitoyens ». Là, j’adhère.

Et il introduit de nouveaux contrats de protection et de tranquillité publique passés entre l’Etat et les collectivités locales.

Autre point fort, rechercher le consensus national sur les questions de sécurité. Sortir la sécurité de la sphère politique et du champ clos des débats de quelques spécialistes.

Il doit apprécier La Grogne, le maire de Dijon !!!! …...........Pas sûr !!!


Il désire construire la maison sécurité sur quatre piliers.

  • prévention dès l’école

  • dissuasion par la présence policière

  • répression sanction

  • réparation due à la société et aux victimes.


Je suis parfaitement désorienté par la postface de Monsieur Rebsamen. Je n’y vois pas la cohérence que j’y cherchais.


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Autre son de cloche du côté de chez Monsieur URVOAS, député Breton. Même si entre Bretons et Auvergnats, on s’est toujours bien entendus, ce n’est pas une raison de survoler sa conclusion.


L’approche du lecteur est différente de celle de son prédécesseur. La lecture facile permet une compréhension nette de la pensée de cet élu.

Il approche la sécurité par les hommes et les femmes chargés de cette mission et au passage ne trouve pas inutile de se mettre un peu à la place des policiers pour décrire longuement leur métier, leurs contraintes, les conséquences de cette vie si particulière sur la vie de famille.

J’applaudis à deux mains, car ce ne doit pas être si facile que ça, pour un élu socialiste, d’éveiller un peu l’attention du citoyen sur des conditions de vie un peu en marge.

Bon, il ne fait pas dans Les Misérables, ni dans Germinal non plus et je suis certain que les policiers vont apprécier sa mesure et sa pudeur.

Il apprécie les policiers, c’est certain.


Mais des gendarmes, nénni ! Peut-être qu’une permanence jour et nuits pendant cinq jours d’affilés, cela ne l’inspire pas, ni la toute puissance d’une hiérarchie qui ne se connaît plus de limite. Il serait intéressant de lui poser la question, ce que je vais faire de ce pas. ( Il me pardonnera peut-être ce qui pourra lui paraître de la mauvaise foi. Nous verrons )


Je vous ai expliqué tout au long de cette lecture l’importance des syndicats policiers dans la conception du projet que nous présente le parti socialiste. En voilà un effet supplémentaire.


Sa postface s’intitule : Bâtir l’efficacité.

Je ne vous cache pas que je partage nombre des idées de Monsieur URVOAS sur le rapport de l’Etat au citoyen dans ce que nous appelons la sécurité.

« ………notre pacte national de protection et de sécurité publique veut tourner le dos à la gesticulation, à cette indigence d’une gestion des forces de sécurité fondée sur le stress et le bâton, gestion dont la perversité des effets est désormais évidente. »

 

Quelques idées fortes :

«  d’un champ d’affrontement dans la société française…… il nous revient d’en faire un champ de rassemblement »

Parlant des policiers et gendarmes : « …. Nous redonnerons toute sa place à l’esprit de responsabilité et d’autonomie…… »

« ……les règles générales doivent pouvoir être adaptées sur le terrain en fonction de la réalité du travail….. »

« ….il appartiendra au gouvernement de gauche de procéder à l’évaluation du rapprochement police/gendarmerie …… »    

Nous arrivons bientôt aux deux ans du vote de la loi sur la Gendarmerie, Monsieur le Député, et il me semble qu’il doit y avoir une évaluation bien avant votre échéance. Nous vous entendrons alors faire ce point. Rendez-vous en début d’été !


« s’il n’est pas question pour nous de revenir sur le rattachement au ministère de l’intérieur, nous refusons évidemment la fusion des deux forces…… » Soit, mais vous faites la démonstration vous-même dans votre projet qu’il manque quelqu’un à la table de discussion.

Ce changement de ministère est une chose, mais le plus important est qu’il s’est accompagné d’une rupture de la chaîne hiérarchique militaire, d’une normalisation de l’emploi des deux forces.

Vous accompagnez la fusion dans les faits.

Vous êtes bien sûr de l’avenir de notre pays et de sa stabilité démocratique. Il ne faut pas s’asseoir trop confortablement, on s’endort.


Vous revenez également sur la rationalisation des forces et voulez une évaluation. Elle est plus qu’urgente. Je vous propose de jeter un coup d’œil sur un échange de correspondance entre un responsable de gendarmerie et un préfet en Guyane. En effet, les gendarmes commencent à grogner pour de bon. Quand les colons s’en mêlent, c’est qu’en dessous ça bouge “grave” comme disent les mômes. Croyez moi, cet officier ne fait pas cela pour se faire plaisir. Il a des éléments objectifs pour justifier ses craintes. Je les connais bien, mes chers officiers, pour les avoir  pratiqués assez longtemps.   


«  pas de prééminence  entre les forces de police et de gendarmerie» Nous sommes bien d’accord là dessus. Il n’est de l’intérêt de personne qu’une force domine l’autre, et pourtant … !!

C’est une constante de tout ce qui est écrit sur ce site.


Les Polices municipales ont beaucoup de mérite. Personne ne le conteste. Mais je vous rejoins complètement, elles ne doivent pas outrepasser leurs missions. Je vous vois en accord avec M HOLLANDE et Mme LEBRANCHU avec qui  j’ai évoqué le problème ces derniers mois.  Respectons les institutions et ramenons les polices municipales à leur travail. D’ailleurs le conseil constitutionnel a mis un coup d’arrêt définitif à leur montée en puissance dans le pays.  


Vient ensuite un projet de contrôle des « sociétés  de sécurité privées inscrit dans une limitation strict de leur emploi, cette fois. Il est grand temps d’y mettre de l’ordre, en effet. ( Je passe ce sujet rapidement,  je compte y revenir en détail )


22 articles pour ramener le calme dans le pays – 22 articles pour ramener la compréhension – 22 articles dont beaucoup sont pleins de bon sens et démontrent une évidente connaissance du terrain – mais 22 articles qui ne vont pas faire l’affaire des Gendarmes, à n’en pas douter.


Ne les entendez-vous pas demander : Arrêtez de jouer avec nous ! Soit on est militaires, soit on est civils ! il faut choisir et ne pas nous demander le lundi d’être militaire pour nous faire travailler sans limites et nous envoyer au casse-pipe  et le mardi nous dire qu’on est fonctionnaires et nous traiter comme tels.

Il faut choisir, soit on est militaires et vous devez veiller vous-même à la justice et l’équité au sein de l’arme, à une représentation honnête et digne complétée par des associations sérieuses et ne pas laisser la hiérarchie abuser d’un pouvoir sans limite, soit on est civil et alors on prend les choses en main au travers de syndicats.


Il va falloir se décider une bonne fois pour toute. Ce n’est pas tenable.


Les gendarmes sont comme les “enfoirés” en ce moment :
“J’ai demandé à la lune, mais le soleil ne le sais pas.......................”

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Ayons assez d’humilité pour ne nous considérer que comme des mammifères et observer avec intérêt le comportement de jeunes éléphants introduits sans précaution dans un parc d’Afrique du Sud.

Ces jeunes éléphants livrés à eux-mêmes se comportaient de manière agressive avec le monde qui les entourait et en particulier trouvaient plaisir à martyriser les rhynocèros.

Les savants se sont penchés longuement sur ce problème inédit jusqu’à ce qu’ils découvrent la raison de ce comportement.

Ces jeunes “voyous” avaient été privés de leurs parents qui assurent normalement leur éducation. Des éléphants adultes ont été introduits à leurs côtés et il n’y a plus eu de comportement déviant.


Ce sera ma fable, en guise de conclusion à ma lecture de votre ouvrage, pour vous affirmer une nouvelle fois que tout ce que vous ferez restera vain si vous persister à construire de magnifiques projets sans impliquer directement et en premier les parents de nos délinquants à nous.

(J’ai trouvé une référence sur le web pour ceux que cela intéresse : ICI )