I . La gestuelle d'Hitler


    Bien qu'il soit aujourd'hui considéré comme un des dictateurs les plus extrêmes de l'histoire, tant bien de son idéologie totalitaire et raciste que dans sa manière de posséder les corps et les esprits de son peuple, Adolf Hitler est vu par la société allemande de 1933 à 1945 ,comme un personnage charismatique, excellent orateur et ayant un pouvoir considérable pour convaincre. Il est d'ailleurs élu Président du NSDAP en 1921, très peu de temps après son arrivée car il est considéré comme « l'orateur charismatique » de ce parti. Hitler est très vite décrit comme une personne sur de soi avec pleine d'ambitions et qui dégage énormément d'assurance. Les mises en scènes dont il fait preuve durant ses apparitions publiques et discours politiques, feront de lui le « souverain idéal ». Il sera alors élu Chef d'État, légalement, en Janvier 1933 avec 33% du pays derrière lui. On essayera ici de déterminer ce qui fait d'Hitler, le personnage charismatique de l'Allemagne entre 1933 et 1945. Nous verrons d'abord les caractéristiques de sa gestuelle qui lui sont propres, puis comment son personnage est-il interprété dans les arts visuels, et enfin, nous nous intéresserons à l'impact de sa gestuelle sur la population allemande.   


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  1. 1. L'ensemble des gestes d'Hitler   


Le geste d'Hitler, connus de tous est bien sur le Salut Hitlérien. C'est geste durant lequel le dictateur allemand a tendance a étendre son bras droit au maximum, sous un angle 45° environ, au dessus de l'horizon. L'extrême fin de sa main est en direction d'un point précis, comme s'il voulait traduire cette expansibilité du bras par l'étendu de ses ambitions. Ce geste est souvent accompagné de l'exclamation « Heil Hitler » ou encore « Seig Heil » qu'on pourrait traduire par
 « Salut à la Victoire », « Seig » voulant dire « Victoire ». Après l'attentat du 20 juillet 1944, il est devenu obligatoire de le prononcer à chaque rassemblement militaire. 






    La photographie au dessus représente le Salut Hitlérien fait par Hitler lui même, lors d'un rassemblement militaire. Cette posture l'oblige à se tenir parfaitement droit, ainsi il donne l'image d'un homme en bonne santé et ayant une bonne condition physique. Il devient donc un exemple a suivre pour les jeunes hommes de la société. On constate que l'expression de son visage est sévère, il semble concentré et ne laisse donc paraître aucune impression comique. Certains affirment que le Salut Hitlérien est fortement inspiré du salut Fasciste de Mussolini. Victor Klemperer, écrivain et philologue allemand dit : « (…) et le salut allemand une imitation du salut fasciste (...) » dans LTI, La langue du Troisième Reich, journal autobiographique dans lequel il livre une réflexion sur le régime totalitaire d'Adolf Hitler. D'après lui, le salut hitlérien, ainsi que la tenue vestimentaire des Nazis auraient la même origine que celles de l'Italie Fasciste de Benito Mussolini.


   En comparaison, voici une image de Benito Mussolini exécutant le Salut Fasciste. Effectivement, on remarque que le Salut Hitlérien est très proche du Salut Fasciste. Ce bras droit tendu en direction de l'horizon à une valeur historique et symbolique. En effet, d'après les historiens allemands, ce salut été destiné aux rois du Moyen Age. Il relève donc d'une inspiration médiévale, d’après eux, il est donc normal de l'attribuer à Hitler, le Fuher. C'est un geste propre au dictateur européen du XX° siècle.

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    Cependant Hitler a l'habitude de mettre en scène son personnage, car en effet, il répète sans cesse ses discours et ses gestes, en compagnie de Heinrich Hoffmann, son photographe personnel dont on reparlera plus tard dans l'étude.

Il existe donc de nombreux clichés montrant le « Führer » lorsqu'il se prépare à discourir, ou lorsqu'il travaille sa gestuelle.




     Ce célèbre cliché de Hoffmann, datant de septembre 1930 nous montre Hitler dans ses débuts. En effet, après sa détention en prison entre 1924 et 1925, Hitler décide de devenir souverain du peuple allemand, mais cette fois légalement car rappelons le, il avait d'abord tenté de prendre le pouvoir par un coup d'état qui avait échoué. Il est donc conscient qu'il doit travailler sa gestuelle et sa rhétorique afin de plaire aux allemands. C'est après ces séances de préparation qu'il se présentera aux élections présidentielles de 1933 et qu'il deviendra Chancelier. Cela nous prouve l'importance du coté esthétique et de la mise en scène des choses pour les hommes politiques. La légende apparaissant habituellement au dessous de cette photographie, dans les manuels scolaires par exemple, est la suivante :

 

  • Première photo : Convaincant
  • Deuxième photo : En colère
  • Troisième photo : Ironique
  • Quatrième photo : Visionnaire

    Hitler s'entraine aussi beaucoup pour ces discours politiques afin d'user correctement de certaines expressions faciales, de gestes particuliers et de toutes autres caractéristiques qui pourraient lui être favorables. On prendra comme exemple trois photographies qui mettent en lumière une expression du visage et un geste souvent utilisés par Hitler durant ces discours, c'est à dire l'utilisation de sa main droite et sa bouche grande ouverte. 


Première photographie 



     Voici Hitler, lors d'une séance de préparation à un discours. Il est photographié par Hoffmann en 1929. On le voit la bouche grande ouverte, avec le point serré et en hauteur. Il donne l'impression d’être sur de soi et se montre ainsi avec beaucoup d'assurance.



Deuxième photographie 


    On retrouve cette même expression durant un discours de 1929 à Berlin. Sa bouche est toujours aussi gigantesquement ouverte et son point toujours aussi menaçant, à hauteur du visage. Il se tient droit, la tête haute. Cela prouve qu'il réutilise les gestes étudiés durant ces séances photos. 



Troisième photographie


    Ici, lors du discours du 1er Février 1933 à Berlin, bien que sa main soit désormais ouverte et étendu au maximum, comme s'il exécutait le salut hitlérien, sa bouche est toujours aussi imposante, c'est la chose qui frappe le plus dans cette photographie. A prés de quatre années de différence, c'est toujours les mêmes gestes qu'il utilise pour convaincre son auditoire. On peut tout de même émettre l’hypothèse que le poing fermé devenu une main grande ouverte est une sorte de clin d'oeil au Salut Hitlérien. On sait que les discours d'Hitler sont suivis par de nombreuses personnes et cela peut avoir un effet particulier afin de tous s'exécutent le Salut Hitlérien


    Ces trois photographies montrent donc qu'Hitler reste fidèle aux gestes qu'il utilise afin de faire mémoriser ces mêmes gestes à la population allemande. Le fait que sa bouche soit grande ouverte lorsqu'il parle est une chose habituelle chez lui, elle interroge et interpèle le locuteur. Klemperer la définit comme étant « une gigantesque bouche ». 


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     Hitler se dit lui même fan d'opéra, c'est pourquoi il a tendance a faire de aussi grands gestes. Les quelques images qui suivent témoignent de ce fait et montrent bien que chez Hitler, l'ensemble des gestes qu'il utilise en public sont précisément choisis et extrêmement travaillés afin de faire naitre l'illusion et faire croire aux gens que tous ces gestes sont naturellement exécutés. 





 
Cette photographie nous montrent un Hitler "combatif". C'est une des rares photos exposant tout son corps, car habituellement, la gestuelle d'Hitler se limite à ses mains et davantage aux expressions du visages. On le voit ici les poings serrés et avec un air déterminé. Il est en position d'attaque, ce qui explique la légende qui accompagne la photo. 

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Cette image rassemble les gestes habituellement utilisés par le dictateur allemand. Il fait l'usage de ses mains, et exprime une expression très travaillée sur le visage. On remarque aussi que sa bouche et entre ouverte, un aspect qui lui est propre. 

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Cette photo a ici pour but de montrer le charisme dont il peut faire preuve. Il se tient donc parfaitement droit, et fait des gestes digne des chanteurs d'opéra. Tout l'aspect esthétique et charismatique de cette image réside dans son expression faciale. En effet il opte aussi pour une expression simple et douce. Ce qui créer un véritable paradoxe avec d'autres clichés le représentant, comme quand il ouvre gigantesquement sa bouche par exemple. 

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Ici, Hitler est dit "Ironique", ce qui témoigne que ces photos ont un but bien précis que celui de la volonté de faire paraître une image positive du dictateur dans la population allemande. L'image donne veut donner l'impression qu'Hitler est un homme bon et simple, qui n'aurait aucun mal à échanger avec son peule, voire même à le divertir si on se base sur la légende. 


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On retrouve ici la même photographie que lorsqu'il est dit "Visionnaire".  Le jeu de couleur confirme bien cette idée de vouloir adoucir l'image du dictateur. Hoffmann a ici utiliser des couleurs claires comme le bleu de sa veste qui renforce le bleu de ses yeux. De plus on voit bien que la lumière à une place importante ici et on remarque qu'elle éclaire parfaitement Hitler par rapport au reste de l'image qui lui est plus sombre. 

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La série de photographie qui suit témoigne de l'importance de la gestuelle manuelle chez Hitler. 

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Tous ces gestes témoignent de la mise en scène de son personnage. Hitler s'exerce donc afin de donner l'impression que sa gestuelle et ses expressions faciales sont naturelles. On constate que durant ces séances, le dictateur allemand utilise l'ensemble de son corps entier. Cependant l'ensemble de sa gestuelle reste manuelle ou faciale.


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     En compagnie de Heinrich Hoffman, son photographe officiel, Hitler pose afin de se donner une image positive aux yeux du peuple allemand. Ce sont donc des photographies officielles qu'on retrouvera un peu partout dans la société allemande. Les photographies et les peintures qui suivent ont pour but d'adoucir l'image du dictateur et le montré comme le Chef d'État idéal.


    

   

    Bien loin des clichés surprenants qu'on peut apercevoir de lui,  Adolf Hitler est ici représente comme le souverain idéal. Les images qui précédentes nous montrent un homme politique traditionnel. Nous savons donc qu'il est souvent sous les projecteurs et représenté dans les arts visuels. On s'intéressera désormais à la façon dont il est mis en scène au cinéma et au théâtre.



2. La représentation d'Hitler dans les arts visuels 



    Hitler est très souvent représenté dans les arts visuels. Le plus souvent, se sont des films. En effet, l'histoire de ce dictateur énigmatique intéresse beaucoup les réalisateurs de films. Afin d'illustrer notre exemple, nous avons ici pris comme exemple un film et une pièce de théâtre. Il s'agit de « Le Dictateur » de Chaplin, film américain de 1940 et de « La résistible ascension d'Arturo Ui » pièce écrite par Brecht en 1941. Les deux mises en scène renvoient au règne d'Hitler entre 1933 et 1945 et offre au public des comédies ayant pour but d'informer tout en apportant un contenu comique à la chose. Nous nous intéresserons d'abord au film de Chaplin puis à la pièce de théâtre de Brecht, mise en scène par Jean Vilar en 1960.


« Le Dictateur » de Chaplin


  

Informations à propos du film
  • Titre original: The Great Dictator 
  • Réalisation: Charlie Chaplin 
  • Scénario: Charlie Chaplin 
  • Acteurs principaux: Charlie Chaplin, Paulette Goddard et Jack Oakie 
  • Pays d'origine: Etats Unis 
  • Date de sortie: 1940 
  • Genre: Drame social, comédie 
  • Durée: 125 minutes.

Synopsis

    Lors de la Première Guerre Mondiale, un soldat maladroit sauve la vie du pilote de chasse Schultz. Après quelques années passées à l'hôpital, ce soldat, devenu amnésique, reprend son métier de barbier dans sa boutique, qui a été incluse dans un ghetto juif.Le dictateur de la Tomanie, Hynkel, qui ressemble physiquement beaucoup au barbier, met en place une discrimination contre les juifs. Or le barbier est lui-même juif.Arrêté lors d'une rafle, le barbier est accusé de comploter contre le régime d'Hynkel, il se retrouve en prison avec Schultz. Tous les deux finissent par s'évader au moment où la Tomanie envahit l'Österlich. Les soldats confondent les deux personnages : Hynkel est arrêté comme fugitif tandis que le barbier pris pour le dictateur est contraint de prendre sa place et improviser un discours à la radio. Dans son discours à la radio le barbier défend la « Liberté, Égalité, Fraternité » de tous les humains.








Voici un tableau comparatif qui témoigne du fait que Chaplin a voulu faire une satire du dictateur allemand Adolf Hitler tout en s'étant baser sur un contenu historique certifié.




Réalité

Fiction

Pays

Allemagne

Tomanie

Chef d'État

Hitler

Hynkel

Pays allié

Italie

Bactérie

Allié

Mussolini

Napolini

Symbole/drapeau



Invasion territoriale

Autriche

Osterlich

Lieu de résidence du dictateur

La Chancellerie

Le Palais

Stratégie de communication

Mise en scène des discours, propagande

Mise en scène des discours, propagande

Média de propagande

Radio

Image sonorisée



  • Le chef d'État dans la fiction se nomme «Hynkel », se qui fait penser à « Hitler », de plus les deux noms comptent le même nombre de lettres, c'est à dire six chacun.
  • Il existe aussi de fortes ressemblances dans les sonorités. On constate alors que « Italie » et « Bactérie » on des syllabes communes et qu'il y'a une allitération en « a » et « i » et une assonance en « t » <--- Italie / Bactérie 
  • Le même phénomène se produit pour le nom des alliés. Dans la réalité historique, « Hitler » est allié à « Mussolini » et dans la fiction, « Hynkel » est lui allié à « Napolini ». Ici aussi il y'a un jeu avec les sonorités qui engendre un effet comique. Il y'a donc des allitérations en « » et en« i », ainsi que des assonances en « l » et « ». De plus, la rime est riche car on compte trois sons communs, c'est à dire le « », le «li » et le « ni ». <--- Mussolini / Napolini 
  • Le drapeau des États sont aussi très similaires. Tous les deux représentent un cercle sur un support carré et dans ce même cercle, on retrouve deux croix. Dans la réalité historique, les deux croix sont entremêles et forment la croix gammée, alors que dans la fiction, les deux croix visibles sont disposées l'une au dessus de l'autre. Cela a plus un effet comique et satirique qu'autre chose. On a l'impression que le drapeau de Chaplin n'est qu'une vulgaire copie de l'original. 
  • On relève aussi chez « Autriche » et « Osterlich » des sons communs. Les sons « o », « i » et « ch » reviennent dans les deux mots et sont disposés dans ce même ordre pour les deux mots. 
  • « Le Palais », lieu de résidence de Hynkel dans la fiction fait lui aussi référence à la réalité car son architecture est fortement inspirée de celle de la Chancellerie.
  • En ce qui concerne les stratégies de communications, elles sont elles aussi très importantes. Dans la fiction comme dans la vraie vie, la propagande est un atout considérable pour le régime antisémite d'Hitler. Les mises en scènes des discours sont aussi inspirés de faits réels car rappelons que Hitler répétait ses discours en compagnie de Hoffmann, son photographe officiel. Ainsi, on retrouve chez Hynkel, des mimiques et gestes identiques à ceux d'Hitler. 
  • On peut aussi affirmer que les médias de propagande se font échos car la radio et l'image sonorisée permettent tous les deux de diffuser un aperçu précis du dictateur, (sonore pour la radio et visuel pour l'image).


Le film de Charlie Chaplin met donc en relation la réalité et la fiction. Il utilise de nombreux faits appartenant au réel tout en n'y ajoutant un aspect comique et satirique du personnage d'Hitler.


Discours de Hynkel dans Le Dictateur


Discours original d'Hitler





    Après avoir visionner les deux vidéos, nous remarquons que Chaplin s'est fortement inspiré du discours d'Hitler pour enrichir la gestuelle de Hynkel. On retrouve même certains gestes entièrement copiés sur le « Fuher » comme :


  • La gestuelle manuelle: Dans son discours, Hitler utilise beaucoup ses deux mains, dès les premiers secondes de la vidéos. Il les gigotent puis les posent sur son torse afin de montrer qu'il se sent extrêmement concerné par ce qu'il avance. Il exécute aussi des gestes qu'ils lui sont propres, comme le bras droit étiré au maximum par exemple, ainsi que certains gestes vus au dessus de l'étude. (cf, voire photos 1 et 2 de la gestuelle manuelle).Chaplin aussi fait preuve d'une gestuelle manuelle. Il utilise des deux bras, tout comme Hitler, bien qu'on remarque que chez Chaplin, cette utilisation à plutôt un effet comique. Il gigote lui aussi son bras droit, avec le poing fermé, tout en criant. On constate aussi que les deux personnages croisent leurs bras à plusieurs reprises, comme s'ils souhaitaient prendre un air plus sérieux.

  • Les expressions faciales: Chez Hitler comme chez Chaplin, les expressions du visages apportent beaucoup au discours. La bouche grande ouverte est la chose qui frappe en premier lieu. Elle est représentée dans les deux discours. Chez Hitler, le visage est serré, l'expression semble sérieuse, alors que Chaplin lui, opte pour des mimiques à connotations comiques, bien qu'il s'inspire de celles du dictateur allemand. Hitler donne l'image d'un homme déterminé. Pour cela, il a le regard fixe alors que celui de Chaplin se balade dans toute la salle. Il donne ainsi l'impression au locuteur qu'il n'est à très persuadé de ce qu'il avance. C'est ici encore une fois un procédé comique qui vise à ridiculiser les discours officiels d'Hitler.

  • Le langage : Le langage est très intéressant à étudier ici. La langue allemande étant une langue forte, on a très vite la sensation que tous les mots prononcés tombent dans l'excès. Hitler part en crescendo et à tendance à augmenter le volume en milieu de phrase. On a donc l'impression qu'il aboie. Chaplin a su retranscrire ce discours ironiquement. En effet, il s'amuse à montrer que la langue allemande est très difficilement prononçable. Dans la vidéo, on le voit monter en crescendo, tout comme le vrai dictateur puis d'un coup perdre le fil de ce qu'il avance parce qu'il tousse, tout cela sert à parodier les discours d'Hitler ainsi que son langage agressif. Le même procédé se répète lorsqu'il parle dans le micro et que ce dernier se pli en deux face à l'agressivité de la voix d'Hynkel. Dans « Le Dictateur », le discours entier est fait à un volume sonore extrêmement élevé, il semble donc plus agressif que celui d'Hitler. En comparaison, nous pouvons avancer que dans le discours final du barbier, le langage est beaucoup plus doux.

  • La posture générale : Les deux hommes se tiennent parfaitement droit, la tête haute et le buste en évidence, surtout chez Chaplin. On remarque qu'ils savent et qu'ils ont l'habitude de parler en public car ils ne sont pas du tout intimider par la multitude de micros se trouvant devant eux. Dans al fiction, l'image nous permet de voir le corps entier de Hynkel et on s'aperçoit qu'il se tient droit à tout moment, et qu'il a même tendance à se grandir. Il existe le même phénomène chez le vrai dictateur qui lui aussi à tendance à se grandir en milieu de phrase, lorsque le volume sonore est le plus important. On remarque aussi chez Hitler, comme chez Chaplin que le peuple allemand est entièrement derrière le dictateur et que ce dernier à une emprise totale sur son auditoire. Pour illustrer cette idée, nous prenons comme exemple la soumission du peuple. En effet, lorsque le dictateur fait le geste correspondant, les applaudissent s'arrêtent aussitôt et reprennent seulement quand il l'ordonne. 

    Pour conclure sur cet axe, nous pouvons désormais affirmer que Chaplin s'est inspiré de l'ensemble des gestes d'Hitler afin d'en faire une parodie et de les rendre moins innées que Hitler voudrait les faire paraître. Cela s'accorde à la problématique générale du fait que Chaplin, tout comme Hitler s’entraînent à systématiquement exécuter les mêmes gestes et que cette mise en scène du pouvoir amène à une emprise totale sur le peuple gouverné. 



"La Résistible Ascension d'Arturo Ui"

de Brecht, mise en scène par de Jean Vilar




Informations à propos de la pièce

Auteur: Bertolt Brecht 

Genre: Théâtre épique

Date d'écriture: 1941


Version Original


Titre original: Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui

Pays d'origine: Allemagne

Date de la première représentation théâtrale: 10 Novembre 1958

Lieu de la, première représentation théâtrale: Stuttgart

Metteur en scène: Peter Palitzsch


Version française


Traducteur: Armand Jacob

Date de la première représentation en France: 8 Novembre 1960

Lieu de la première représentation en France: Palais de Chaillot

Nom de la compagnie théâtrale: Théâtre National Populaire

Metteur en scène: Jean Vilar





Résumé

     Chef d'une bande de gangsters du Bronx, Arturo Ui parvient à s'imposer comme "protecteur" du trust du chou-fleur à Chicago. La terreur, la violence, le mensonge, l'hypocrisie, le chantage, le double discours : voici les armes d'Arturo Ui. En face de lui, c'est le silence, tous ceux qui se sont tus, Ils n'ont rien pu faire pour arrêter cette ascension, par peur ou par lâcheté. Le résultat est que l'on vote partout pour lui, tant à Chicago qu'à Cicero, une ville voisine. D'autres crimes et d'autres conquêtes suivront. Rien n'arrêtera Arturo Ui, hormis les peuples, qui finiront par en avoir raison. Cette pièce, composée de 17 scènes fait échos à l'arrivée et à l'expansion du pouvoir d'Adolf Hitler. La pièce se déroule en Amérique durant la Prohibition et se réfère aussi par certains aspects au célèbre Bootlegger Al Capone. 



   
                                 


    D’après le texte original de Brecht, tout le 6eme tableau traite de la gestuelle d'Arturo Ui. 
Grace aux didascalies et à certaines phrases prononcées, nous pouvons ici montrer que la mise en scène du pouvoir est un fait très important pour Arturo Ui (donc pour Hitler car Ui est inspiré du Führer). Nous allons étudier certaines passages de la scène, en utilisant des citations du texte originale.  


 
TABLEAU 6

Ui: (...) je veux prendre des leçons. Et aussi pour le maintien (...) D'abord pour marcher. Comment faites vous pour marcher, au théâtre ou à l'opéra ? 
Acteur: (...) Pensez au grand style : Jules César, Hamlet, Roméo, les drames de Shakespeare.
Ui: (...) Marchez, comme on fait chez Shakespeare.
L'acteur marche en long et en large
Gobbola: (...) Ca ne fait pas naturel.
Ui: (...) Quand je marche, je veux qu'on s'aperçoive que je marche !
Il imite la démarche de l'acteur
Acteur: La tête rejetée (Ui obéit). Le pied touchant le sol d'abord avec la pointe (Ui obéit) (...) 
Ui croise les mains devant sa braguette 
Ui: (...) Quand je suis debout, je veux qu'on ne regarde pas les deux hommes derrière, je veux qu'on me regarde moi !
Il se met en posture, les bras croisés sur la poitrine.
Acteur: (...) C'est bien banal (...) Croisez les bras comme ceci
Il les croise de telle façon que le dos des mains reste visible, la paume reposant sur les biceps
(...)
Acteur: La position assise, (...) pour un fauteuil avec des accoudoirs. Et maintenant ne accoudez pas. Les mains sur les cuisses, parallèles au ventre, écartés du corps.
(...)
Acteur: Et maintenant l'élocution ! Récitez moi quelque chose !
Il se met en posture et récite (...) mais il conserve malgré tout sa voix brève et rauque.

Apparition d'un écriteau :
"D’après certains bruits, Hitler recevait d'un acteur de province nommé Basil des leçons de déclamation et de maintien."




Pour commencer, nous notons que Brecht s'est réellement inspiré de faits historiques afin de créer cette pièce. Il évoque "Gobbola", qui se réfère à Goebbels en réalité, ministre de la Propagande du Troisième Reich. Il parle aussi d'opéra, et nous savons qu'Hitler était un fanatique d'opéra, car il enviait les grands gestes des acteurs et s'inspirait très fortement d'eux afin de refaire des gestes similaires. L’évocation de Shakespeare, célèbre poète anglais confirme cet idée et accentue l'aspect littéraire de la chose. On remarque aussi que grâce aux didascalies, nous pouvons mettre des certaines images sur la gestuelle d'Hitler comme " L'acteur marche en long et en large / Il imite la démarche de l'acteur ". On constate ici que les gestes de Ui sont exagérés et "ne font pas naturels".  
    A travers cet exemple, nous voyons bien l'importance de la préparation à la gestuelle et à la rhétorique. Cette scène est entièrement inspiré de la réalité historique et l’écriteau qui sert de transition entre le sixième et le septième tableau en témoigne. 




3. L'impact des gestes d'Hitler sur la population allemande


     Nous l'avons constater auparavant, le dictateur allemand Adolf Hitler use d'un vaste ensemble de gestes qui lui seront bientôt propres. Dans son régime totalitaire nommé le III° Reich, la population allemande se doit de prendre exemple sur lui, vu qu'il est considéré comme le « Guide » (Führer) et pour cela, adopter les gestes d'Hitler.



Adolf Hitler est connu pour son fameux salut hitlérien, dont nous avons déjà énumérés les caractéristiques plus haut dans l'étude de sa gestuelle. Des son arrivée au pouvoir en 1933, Hitler initie toute la population allemande à l'utilisation systématique de ce geste.


En voici quelques clichés qui en témoignent :


  


Ici, Hitler rend visite aux jeunesses hitlériennes. La photographie a été prise lors du Congrès du Parti Nazi à Nuremberg en Novembre 1938. On aperçoit le Fuher, dans une voiture, défilant devant des milliers d'enfants et adolescents. Il exécute le salut hitlérien et on constate que la jeunesse le lui rend. En effet, ils sont tous placés en face du Fuher, le droit droit en avant. Ce geste est surement accompagné de l'exclamation « Heil Hitler ! ». Sur la deuxième photographie, Hitler au loin s'apprête à faire un discours à la jeunesse. Cette dernière l'accueil avec le salut hitlérien.  



                                           Voici une autre image prise en Janvier 1934 et montrant de jeunes allemands, ainsi que leur instructrice entrain de faire le salut hitlérien. A cette époque, le salut se faisait automatiquement par l'ensemble des élèves et du corps enseignant à chaque entrée en classe. Il permettait ainsi d'avoir la bénédiction du Fuher. Il été souvent accompagné d'une petite comptine faisant l'éloge d'Hitler, parfois même le comparant à Jésus.



Cette image nous montre des jeunes élèves de maternelle qui font le salut hitlérien. Cela nous prouve donc que l'initiation aux gestes hitlériens se fait dès le plus jeune age.



La photographie prise le 11 mai 1933 expose de jeunes adolescents faisant le salut hitlérien. Cette image st tiré d'une affiche de propagande. Nous pouvons ici affirmer qu'elle vise à convaincre les jeunes allemands de se donner corps et âme pour le III° Reich et le Führer car sur la photo, tous sont alignés, comme militairement et portent l'uniforme marron des Nazis.



  Le salut hitlérien n'est pas fait seulement par les enfants à l'entrée à l'école ou dans les jeunesse hitlériennes. Cette image nous montre que ce salut est aussi exécuté durant des cérémonies religieuses (ici catholique). Tous vénère donc Hitler et le compare ainsi à une divinité.




L'image que nous vous présentons ici à été prise aux Jeux Olympiques d'Été de 1936 à Berlin. Elle pourrait servir comme illustration de l'idée qui affirme que toute la population allemande exécute le salut hitlérien entre 1933 et 1945. Cette image s'accorde parfaitement à la problématique générale de l'étude car elle nous expose clairement une diffusion considérable de l'idéologie du nazisme. Elle nous permet aussi d'affirmer qu'Hitler possède clairement les corps et les esprits des Allemands durant son règne et marque ainsi l'importante et étroite liaison qu'on peut faire entre l'idéologie nazie et les gestes transmis à la population. 




  Cette dernière image nous servira de conclusion de cette sous partie. Nous pouvons désormais affirmer que Hitler est un personnage qui a su séduire la société allemande et qui a une très forte influence sur elle. Dans son journal autobiographique, intitulé « LTI la langue du III°Reich » Klemperer nous informe qu'Hitler est décrit par une grande partie de la société comme « (...) un homme honnête qui cherche à convaincre par sa parole, un homme qui, dans un authentique souci de clarté, s'adresse à la fois au cœur et à la raison de ses auditeurs. »

 Hitler est donc un personnage apprécié par la population allemande.


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        En conclusion générale de cette première grande partie traitant de la gestuelle d'Adolf Hitler, nous pouvons donc affirmer qu'en plus de la propagande dont il est l'image, l'aspect charismatique d'Hitler est du à la préparation rigoureuse de ces discours et apparitions publiques, ainsi qu'à la forte influence qu'il exerce sur le peuple. Grâce à tous ces procédés qui visent à montrer le dictateur allemand comme le souverain idéal, Hitler a su s'approprier la sympathie de tout le pays et ainsi devenir une figure emblématique chez les dictateur du XX° siècle. Il a aussi su développer ses gestes habituels comme le salut hitlérien à travers tout le pays et toutes les générations, allant jusqu'à même être la source d'inspiration du personnage principal de certains films ou pièce de théâtre.  

















        

























































































































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