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L'article 50 (renommé article 49A)

N'espérez pas trop sur l'article 50 du TFUE, vous risquez de déchanter!

Tout d'abord, comment peut-on expliquer la présence d'un tel article lorsque l'on connaît le coté dictatorial des européistes ? Est-ce une bourde de leur part ? Certainement pas. Il y a forcément une stratégie.

Tout d'abord, ils savaient qu'un jour ou l'autre surtout après le refus de la France de 2005, les choses allaient barder. Ne pas mettre un tel article ce serait, à coup sûr, le retrait instantané de l'UE, et l'éclatement de celle-ci. Alors, pour donner un semblant de démocratie, on prévoit cette sortie. Mais quelle sortie !!!

L'article 49A du traité de l'Union Européenne

1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union.

 "Conformément à ses règles constitutionnelles" en d'autres termes, si la constitution française a été modifiée (ce qui est la cas) pour s'adapter aux traités européens, on a là une première contrainte importante : Il faut d'abord remodifier la constitution pour la désolidariser des traités européens.
2. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après
approbation du Parlement européen.

Article 188 N paragraphe 3
La Commission, ou le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l'accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l'ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l'accord envisagé, le négociateur ou le chef de l'équipe de négociation de l'Union.

Parce que le pays en question doit gentiment demander la permission de sortir de l'UE ?
et cela doit faire l'objet d'une négociation, mais au nom de quoi ?

Et c'est le conseil qui décide au final. A la fois juge et partie et à condition que la majorité qualifiée (c'est à dire 72%, presque les trois quarts !!)  soit d'accord.

"En tenant compte de ses relations futures avec l'Union", en clair, l’État en question ne pourra sortir de l'UE que s'il accepte certaines conditions comme rester dans l'OTAN par exemple ?

De plus, le paragraphe 3 de l'article 188 dit qu'il faut l'accord du Conseil pour avoir l'autorisation. C'est l'équivalent de l'autorisation du procureur pour voir si votre plainte est recevable ou pas.
3. Les traités cessent d'être applicables à l'État concerné à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l'État membre concerné, décide à l'unanimité de proroger ce délai.Donc c'est 2 ans A PARTIR du moment où les Conseil a conclu avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait et après approbation de la majorité qualifiée !
Inutile de vous dire que le Conseil et/ou le Parlement européen ne seront pas pressés  de fixer cet accord !
2 ans, c'est court me direz-vous ? mais à l'allure où vont les choses 2 ans c'est très long. Voir un peu plus bas.
4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l'État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.
La majorité qualifiée se définit conformément à l'article 205, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.

Article 238 paragraphe 3 points a et b

a) La majorité qualifiée se définit comme étant égale à au moins 55 % des membres du Conseil représentant les États membres participants, réunissant au moins 65 % de la population de ces États.

b) Par dérogation au point a), lorsque le Conseil ne statue pas sur proposition de la Commission ou du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la majorité qualifiée se définit comme étant égale à au moins 72 % des membres du Conseil représentant les États membres participants, réunissant au moins 65 % de la population de ces États.
Et là, on retrouve la fameuse majorité qualifiée, presque les trois quarts d'une assemblée hostile à la sortie du pays.
5. Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la
procédure visée à l'article 49.
Pourquoi ce paragraphe me direz vous ? Deux ans, c'est plus que suffisant pour renverser un gouvernement, regardez en grèce et en italie (il n'a fallu que 2 semaines pour changer berlusconi et papandréou), et une fois le président changé, il suffit d'utiliser cet article pour gentiment réintégrer l'UE.

En conclusion, les contraintes sont telles qu'il faut deux ans pour sortir de l'UE en utilisant cet article. Et croyez vous que les banksters vont rester statiques durant tout ce temps ? Ils vont attaquer financièrement voire militairement (guerre) le candidat en exemple pour tous les autres qui seraient tentés !

Articles connexes
http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203777783905-le-tabou-du-sort-de-lecosse-dans-lunion-europeenne-1042710.php
http://www.traite-de-lisbonne.fr/Traite_de_Lisbonne.php?Traite=2