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Le parasitisme solidaire

Comme je vous l'ai déjà appris, l'autonomie comme je vous la propose est basée sur la forêt sauvage au travers du concept du parasitisme raisonné. Malheureusement, la plus grande partie des terres de France sont des champs la plupart dévastés par l'agriculture intensive chimique. Alors, comment un groupe d'autonomiste peut-il s'installer dans un tel environnement ?

C'est là qu'intervient le concept du parasitisme solidaire.

Tout d'abord des petites définitions.
Nous nommerons autonomistes un groupe de personnes vivant dans une écollectivité déjà installée dans une forêt.
Nous nommerons pionniers un groupe de futurs autonomistes voulant s'installer dans une zone "désertique" sous forme de champs agricoles rendus stériles par l'agriculture intensive chimique et qui sont voisins de la forêt des autonomistes mentionnés justes avant.

Le parasitisme solidaire consiste à ce que les autonomistes fournissent temporairement aux pionniers tout les fondamentaux dont les pionniers ont besoin jusqu'à ce qu'ils deviennent autonomes. Les autonomistes vont donc "sur-dimensionner" la capacité de leur écollectivité notamment au niveau de la production alimentaire et de la pollution négative.

Les pionniers ont acquis le champ agricole avec une surface suffisante en tenant compte des résultats de la feuille de calcul que vous trouverez en bas en annexe du document du parasitisme raisonné.

Bien entendu, cela sous entend que les autonomistes ont au préalable acheté une forêt capable de prendre en compte un certain nombre de pionniers.

Cela pourrait se passer en plusieurs étapes :

Etape 1 - L'habitation des pionniers : Les autonomistes ont prévu une aire d'accueil pour que les pionniers puissent y installer une yourte ou un mobilhome, le temps de construire la maison définitive sur le champ. Bien entendu, cette habitation temporaire tire son électricité et son eau de l'écollectivité et rejette son eau usée dans la fosse septique de la communauté. Toutefois, pour des raisons d'économie, cet habitat léger peut servir uniquement pour la nuit, les pionniers partageant la partie jour des autonomistes. On en arrive au principe de l'écollectivité, cet habitat léger étant en fait une maison de nuit.

Étape 2 - Rendre la vie au milieu stérile : Une fois logés, même de façon spartiate, il est temps de rendre la vie au champ. Pour ce faire l'idéal serait de recouvrir tout le champ d'une couche de BRF. Malheureusement, la quantité est telle que cela grèverait gravement la forêt de l'écollectivité. La solution plus raisonnable consiste plutôt à se faire livrer d'importantes quantités de compost bon marché de la déchetterie la plus proche. Certes ce compost n'est pas bio et contient des impuretés (qui peuvent être enlevées à la main), mais il a au moins le mérite d'exister et d'être une bonne solution économique de démarrage.
Méthode :
  • retirer les impuretés du compost à la main (plastiques, bouts de métal, etc ...)
  • mélanger ce compost de l'humus de la forêt (proportions 99% compost, 1% humus forêt) pour ensemencer ce compost.
  • répandre ce compost ensemencé sur tout le champ sur une épaisseur de 10 cm environ.
  • labourer le champ sur une faible profondeur de 20cm, c'est à dire les 10 cm de compost + 10 cm de terre d'origine, de façon à mélanger la terre d'origine avec le compost.
  • laisser faire la nature au moins 1 an.
Étape 3 - Se loger définitivement : Une fois le champ préparé au retour à la vie, les pionniers peuvent construire la maison définitive sur leur champ en se mettant en autonomie en électricité, en eau et en assainissement. Ainsi, ils peuvent supprimer leur yourte ou leur mobilhome.

Étape 4 - La forêt : Au bout d'une année, la vie a commencé à se réinstaller sur le champ. Il est alors temps de créer la forêt. Partager la zone prévue pour la forêt en deux partie 2/3 et 1/3. La partie 1/3,  planter des arbres à croissance rapide (frênes), pour avoir du bois de chauffage le plus tôt possible. Les 2/3 restants, planter des arbres à croissance lente, beaucoup moins sensibles aux maladies et meilleurs comme bois de chauffage. Planter un arbre tous les 5 mètres environ. Pour se faire réalisez un trou de 1m x 1m x 1m, et planter l'arbre dans un mélange 50% humus de la forêt et 50% de compost, et n'oubliez pas d'arroser abondamment.

Étape 5 - Le jardin : Au bout de la seconde année, la vie est pleinement installée, et réaliser vos plates-bandes. et atteindre l'autonomie alimentaire.

Étape 6 - Le bois de chauffage : Au bout de 10 ans, les arbres à croissance rapides sont assez grands pour être utilisés pour le chauffage et la cuisine. Remplacer chacun d'eux par un arbre à croissance lente.

Note : Les arbres à croissance rapide sont plus fragiles que les autres. Ayez à votre disposition de produits de traitement naturels comme le purin d'orties, surveillez régulièrement et traitez dès que nécessaire. De plus, ces bois sont plus légers, donc brûlent plus vite. Il vous faut compter au moins deux fois plus de bois de ces arbres là que le bois des arbres à poussée lente pour avoir la même quantité de chauffage.

Étape 7 - L'autonomie définitive : Au bout de 20 ans, tous les arbres à croissance rapides sont consommés et remplacés par des arbres à croissance lente. Désormais toute la forêt est couverte d'arbres à croissance lente.