9-Protestant dans l’action


Au soir de sa vie Ladebat va aussi affirmer ses convictions sociales et religieuses dans toutes sortes d’actions philanthropiques. Dans une famille protestante depuis au moins trois générations et qui a subi les persécutions dans un pays catholique, on n’affichait pas sa religion. Aussi bien sa foi protestante est intériorisée et vécue sans démonstrations de signes extérieurs. Il ne faut pas s’étonner alors de ne pas trouver dans la vie politique de Ladebat – ni plus ni moins que chez d’autres hommes politiques protestants de la Révolution – de manifestations ou proclamations d’appartenance à une religion. On n’en trouvera pas non plus dans son journal de déportation où les considérations ou allusions religieuses sont très rares. Son protestantisme ne se manifeste pas dans le mysticisme mais dans ses règles de vie et dans son souci permanent d’agir sur le présent. La devise du blason familial ne proclamait-elle pas « Soyez utile » ?


La solidité des liens familiaux et la solidarité familiale qui pour lui doivent servir de modèle à la société entière, seront toujours ses préoccupations permanentes ; son mémorial en donne le reflet qui commence ainsi : « J’ai toujours pensé qu’il serait nécessaire que chaque famille conservât un mémorial de ce qui la concerne ; ce mémorial donnerait des indications utiles et des règles de conduite. Je laisserai à mes enfants sur ma famille et sur moi-même toutes les notes que j’aurai recueillies. »


À l’égard de sa communauté religieuse, André-Daniel, comme son père mort en 1797, va participer très activement à l’organisation de l’église réformée à Bordeaux puis à Paris. On l’avait vu s’indigner à Bordeaux contre l’interdiction faite à sa famille d’édifier un temple protestant sur sa propriété de Pessac. Dès 1802 il fait partie du Consistoire de l’église réformée de Paris et on le retrouve membre influent de la Société de la morale chrétienne, de la Société pour l’enseignement élémentaire et de la Société des méthodes. En 1818 il est membre fondateur de la Société biblique protestante de Paris dont il devient vice-président. En 1825 il est nommé président de la Société protestante de prévoyance et de secours mutuel qui sera déclarée établissement d’utilité publique.

En tant que membre de la Société de la morale chrétienne il est, en 1821, au nombre des fondateurs avec Auguste de Staël et Charles de Rémusat du « Comité pour l’abolition de la traite des Noirs et de l’esclavage ».


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