Ocimum sanctum / Tulsi

TULSI (Ocimum sanctum L., basilic sacré)
(copyright Dr Christophe Girardin Andreani)

 Herbe mère de la médecine naturelle, herbe sacrée, épouse de Vishnou, plante de la déesse Lakshmi (Déesse de la prospérité), herbe royale, élixir de vie et de longévité…
Toutes ces dénominations traditionnelles prouvent à l’évidence que le basilic sacré est une plante particulièrement importante pour la santé humaine.
A la fois légume, épice et condiment, cette plante trouvera facilement sa place sur nos tables occidentales, pour notre plus grand bien et le plus grand bien de ceux qui partagent nos repas.

 INDICATIONS EN MEDECINE AYURVEDIQUE, TIBETAINE ET PHYTOTHERAPIE MODERNE 
-       rhumes, rhinites, refroidissements
-       affections virales comme l’Herpès labial
-       fatigue et asthénie, mentales et physiques
-       stress et états dépressifs
-       inflammation aiguë ou chronique
-       états oxydatifs
-       intoxications diverses
-       exposition à tout type de radiations ionisantes
-       diabète et syndrome métabolique (hypercholestérolémie, hypertension, hyperlipidémie)
-       pathologies cardio-vasculaires
-       ulcères gastroduodénaux, dyspepsies
-       troubles intestinaux
-       douleurs, névralgies, céphalées
-       tumeurs, cancer
-       maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer)
-       maladies auto-immunes (notamment sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, spondylarthrite ankylosante).
  
BOTANIQUE :

Plante proche du basilic méditerranéen – base du célèbre « pistou » incontournable de la cuisine du soleil – le basilic sacré appartient à la vaste famille des lamiacées.
Il en existe trois espèces à l’état sauvage :
-       le Krishna tulsi
-       le Rama tulsi
-       le Vana tulsi (qui lui porte le nom latin de Ocimum gratissimum).
 
ORIGINE, REPARTITITION, DISTRIBUTION :

 Le TULSI est une plante qui pousse à l’état sauvage dans les forêts de l’Inde, pays où ses multiples vertus nutritionnelles et thérapeutiques l’ont élevé au rang d’herbe sacrée.
 De l’Inde elle s’est répandue avant l’ère chrétienne dans le monde antique et dans tout le bassin méditerranéen.
 Elle a enfin été introduite en Europe, par le biais de l’Angleterre, au XVIIème siècle de notre ère.

 USAGES TRADITIONNELS :

 L’histoire du TULSI en Inde débute il y a près de cinq mille ans, quand cette plante sacrée a été promue « reine des herbes », vraisemblablement eu égard à ses multiples vertus médicinales mises en évidence par la connaissance empirique.
 Vénérée dans les temples, assimilée souvent à une Divinité ou pour le moins à un attribut divin, le TULSI était employé pour purifier les eaux et les lieux, la Tradition rapporte qu’une feuille dans de l’eau rendait celle-ci aussi pure que les eaux du Gange.
Considérée parfois comme l’épouse même de VISHNOU, elle était respectée en conséquence et les Hindous la cultivaient chez eux en pots devant lesquels ils faisaient brûler une lampe à huile, comme devant un autel sacré.
-       vitamines A et C
-       acide ursolique
-       camphre
-       eugénol
-       de nombreux sels minéraux et oligo-éléments.
 Si la présence de certains principes peut expliquer les multiples intérêts thérapeutiques des feuilles de TULSI, de nombreuses actions non encore clairement expliquées mais dûment observées pourront sûrement être comprises en même temps que la synergie d’action de certaines molécules présentes à très faible dose.

 CAMPHRE :

 Obtenu par distillation des feuilles, des branches et de l’écorce du camphrier Cinnamomum camphora, un arbre de la famille des lauracées, le camphre est connu en Occident depuis que Marco polo en a longuement fait mention dans son « Livre des Merveilles du Monde », ouvrage narrant ses voyages en Orient et notamment en Chine et Mongolie.
 Des générations successives l’ont utilisé sous forme d’huile et alcool camphrée, en baume (le célébrissime « baume du tigre ») pour prévenir les infections et les épidémies, pour soulager les encombrements bronchiques et les crises d’asthme, pour traiter rhumatismes et douleurs diverses.
 Nous retiendrons ses actions antimicrobienne, stimulatrice des défenses naturelles, protectrice bronchique, antalgique et anti-inflammatoire.
 L’huile essentielle du camphrier reprend les mêmes indications et doit être strictement réservée à l’usage externe, et proscrite chez la femme enceinte et en général en quantité excessive.

 EUGENOL :

 L’eugénol est surtout connu comme étant le principal et presque unique principe actif de l’huile essentielle de clou de girofle. On le trouve également en quantité non négligeable dans les feuilles de TULSI auxquelles il donne sa saveur et surtout son arôme si particuliers.
 L’eugénol est largement utilisé en chirurgie dentaire pour ses vertus antalgiques et antimicrobiennes.
 Les praticiens de cette discipline l’emploient par exemple en pâte, malaxé avec de la poudre d’oxyde de zinc et servant à l’obturation des canaux des racines dentaires.
 En urgence, un tampon de ouate imbibé d’eugénol et placé en pansement dans une cavité carieuse permet de soulager quasi instantanément une crise de pulpite aiguë (la terrible « rage de dent »).
Les propriétés largement reconnues par la pratique médicale expliquent en partie certaines des vertus thérapeutiques attribuées aux feuilles de TULSI : action antimicrobienne, action antalgique, action anti-inflammatoire.

 ACIDE URSOLIQUE :

 Chimiquement parlant, l’acide ursolique est un triterpène pentacyclique, un triterpénoïde isomère de l’acide oléanolique et ayant pour effet biologique majeur d’être fortement anti-inflammatoire.
 L’acide ursolique est un membre de la vaste famille des anti-oxydants et on le trouve en quantités diverses dans de nombreux fruits comme la pomme (essentiellement dans la pelure), la canneberge, certaines variétés de prunes, la menthe poivrée, le romarin, le thym, la lavande, et bien entendu et en quantité importante dans les feuilles de TULSI.
 Plusieurs études scientifiques ont mis en évidence une action d’inhibition de la croissance tumorale, une action anti-inflammatoire et une action antimicrobienne.
 Ses diverses actions se manifestent après ingestion mais aussi par usage externe, notamment quand des feuilles de TULSI fraiches sont appliquées pour traiter les brûlures.
 D’autres actions ont été mises en évidence et qui trouvent leurs applications en médecine anti-âge, en cosmétologie, en médecine sportive.
 En effet, l’acide ursolique protège le tissu conjonctif par stimulation de la synthèse de collagène (action cutanée antiride) et par protection et reconstruction de la masse musculaire.
 Une étude récente (juin 2011) réalisée à l’Université de l’IOWA (USA) sur des souris, a démontré que l’acide ursolique favorisait l’augmentation de la masse musculaire et même empêchait la fonte musculaire en cas de jeûne.
 D’après Wikipédia, l’acide ursolique est anti-inflammatoire par blocage et inhibition des enzymes concernées, tonicardiaque et protecteur du système cardiovasculaire, antiviral, anticancéreux et antiangiogénique, protecteur des effets secondaires des radio- et chimiothérapies, anticancéreux parce que anti-inflammatoire et antioxydant, antiprolifératif et inducteur d’apoptose sur les cellules HT-29 du cancer du colon, inducteur d’apoptose des cellules HEC108 du cancer endométrial.

 ACTION ANTI CANCER :

 La richesse en antioxydants aujourd’hui connus pour leur action protectrice contre les mécanismes de cancérisation de la cellule suffirait à expliquer ce rôle majeur exercé et reconnu de la feuille de TULSI.
 Mais d’autres mécanismes protecteurs entrent en jeu.
 En effet, la feuille de TULSI intervient en régulant les mécanismes de l’inflammation qui, s’ils sont mal contrôlés ou excessifs, bloquent les mécanismes de défenses contre le cancer.
Par son action anti-inflammatoire majeure, la feuille de TULSI limite les douleurs parfois intenses de l’inflammation, et permet de ralentir la néoangiogenèse (système vasculaire de nutrition des cancers) tout en stimulant l’apoptose (autodestruction programmée de la cellule cancéreuse).

 POUR EN SAVOIR PLUS

 IMPORTANCE DES ANTI-OXYDANTS :

 C’est en 1954 que pour la première fois, le Docteur Denham HARMAN (chercheur américain né en 1916 et proposé en 1995 pour le prix Nobel de médecine)  a lancé la théorie radicalaire du vieillissement.
 C’était le début d’une longue série de découvertes sur les antioxydants et leur rôle de protection contre le vieillissement cellulaire, la cancérisation de la cellule, l’étiologie des maladies cardiovasculaires et neuro dégénératives, l’apparition et l’évolution des maladies auto-immunes…
 L’oxydation est un phénomène chimique bien connu qui se manifeste par le transfert d’un électron de la substance oxydée vers la substance oxydante.
 Pour être parfaitement clair, l’oxydé perd un électron qui est gagné par un oxydant.
 Cette réaction produit des radicaux libres responsables de réactions en chaînes dévastatrices (le stress oxydatif) pour les cellules vivantes.
 Aujourd’hui les chercheurs ont identifié des milliers d’antioxydants que l’on trouve pour la plupart dans le monde végétal, dans tous les fruits et légumes mais à des concentrations variables et surtout dans des équilibres synergiques plus ou moins efficaces.
 Parmi les principaux antioxydants on citera bien sûr vitamines C et E, caroténoïdes (bêta carotène, lutéine, zéaxanthine…), acide alpha lipoïque (synthétisée par l’organisme à partir de l’acide aminé cystéine), polyphénols (appelés autrefois tannins végétaux), dont les flavonoïdes, flavanols, aurones, chalcones, anthocyanidines, catéchines.
 Il est important de se souvenir que toute tumeur maligne débute par la cancérisation d’une seule cellule, et que la cancérisation de la cellule commence toujours par une agression oxydative du matériel génétique.
 
IMPORTANCE DES ANTI-INFLAMMATOIRES :
 L’inflammation est un mécanisme physiologique complexe indispensable à la vie de tout organisme car elle permet de réagir aux stress et agressions de toute nature, de défendre et reconstruire les structures organiques lésées de quelque façon que ce soit.
 Quand l’inflammation dépasse ses objectifs de restructuration ou qu’elle devient chronique, elle est indissociable de l’étiopathogénie des cancers, maladies cardiovasculaires, maladies auto-immunes, maladies neuro dégénératives.
 Les mécanismes de l’inflammation sont gérés par des chaines enzymatiques complexes qui fabriquent des messagers de l’inflammation à partir d’un acide gras, l’acide arachidonique.
 Comme toute enzyme, les enzymes en charge d’initialiser les mécanismes de l’inflammation sont désactivées une fois leur action exercée, par d’autres facteurs enzymatiques de contrôle, de régulation, d’inhibition.
 Quand ce « feedback » est en dysfonctionnement, la pathologie s’installe, inflammatoire, cancéreuse, neuro dégénérative, cardiovasculaire, immunitaire…

 De nombreuses enzymes participent au mécanisme de l’inflammation.

 L’élastase leucocytaire humaine ou HLE est impliquée dans de nombreux mécanismes inflammatoires et quand sa dégradation physiologique est perturbée, de nombreuses pathologies peuvent être concernées : mucoviscidose, polyarthrite rhumatoïde, psoriasis, bronchite chronique, emphysème et syndrome de détresse respiratoire.
 La 5-lipoxygénase ou LOX intervient dans la synthèse, à partir de l’acide arachidonique, des leucotriènes, des lipoxines et des acides eicosatrétraénoïques, médiateurs de l’inflammation.
 Les leucotriènes jouent un rôle important de protection dans les mécanismes allergiques mais, en excès ou non inhibés, ils peuvent provoquer ischémie, accidents vasculaires cérébraux, maladie d’Alzheimer.
 La cyclooxygénase 2 ou COX-2 permet, toujours à partir de l’acide arachidonique, de synthétiser d’autres agents majeurs de l’inflammation, les prostaglandines et cytokines.
 La COX-2 est indispensable à la défense de l’organisme mais quand elle est produite en excès ou non inhibée, elle provoque des douleurs intenses et facilite la propagation des cellules tumorales.
 Le NF-kappa B ou NUCLEAR FACTOR-kappa B est une protéine agent de transcription impliquée dans la réponse immunitaire et la réponse au stress cellulaire.

 C’est un puissant inducteur de la réponse inflammatoire, par l’intermédiaire de la production des cytokines.
 Mal ou pas régulé, ce facteur bloque les mécanismes de l’apoptose et facilite donc le développement des tumeurs cancéreuses.

 QUELQUES ETUDES RECENTES :

 Première étude :
 Date de parution, 3 août 2011, université de NIIGATA (Japon) :
 Cette étude portant sur des rats a démontré l’intérêt des extraits de feuilles de TULSI comme agent antidémence, agent cholinergique et immunostimulant, ce qui ouvre des axes de recherche pour la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer et de la fibromyalgie (où le facteur cholinergique n’est pas négligeable).

 Deuxième étude :
 Date de parution, 23 juillet 2011, Beckman Research Institute, DUARTE, USA :
 Un nouveau flavonoïde, la VICENINE, a été découvert dans la feuille de TULSI est son action contre le carcinome de la prostate a été démontrée (action anti-proliférative, anti-angiogenèse, pro-apoptose).

 Troisième étude :
 Date de parution, 4 avril 2011, école de pharmacie, BILASPUR, India :
 L’étude a démontré l’action anti-diabétique, hypocholestérolémiante et hypotriglycéridémiante d’un extrait hydro-alcoolique de la feuille de TULSI, un triterpénoïdre tétracyclique.

 Quatrième étude :
 Date de parution, 15 juillet 2011, Département de biotechnologie, GUNTUR, India :
 L’effet anti-oxydant de la feuille de TULSI a été démontré sur des rats en stress oxydatif et se manifeste par une baisse des radicaux libres et une augmentation du taux de certains antioxydants comme la catalase, la SOD et le glutathion dans le foie et les reins.
 On peut en conclure que le TULSI a un rôle antioxydant majeur particulièrement au niveau du foie et des reins.

 Cinquième étude :
 Date de parution, 25 juillet 2011, département de biochimie, COIMBATORE, India :
 Cette étude réalisée sur des rats montre que par un effet antioxydant majeur, la feuille de TULSI protège efficacement les organismes vivants contre les effets d’une substance hautement toxique, ici le cadmium. Les feuilles de TULSI sont donc un élément majeur de la détoxication des métaux lourds.

 Sixième étude :
 Date de parution, 2 février 2011, département de pharmacologie et toxicologie, HYDERABAD, India :
 Cette étude portant sur des groupes de poulets randomisés a démontré que des plantes adaptogènes dont les feuilles de TULSI limitaient la bioaccumulation des métaux lourds et limitaient leurs effets oxydants.

 Septième étude :
 Date de parution, avril 2010, département de microbiologie et immunologie, MATHURA, India :
 Cette étude in vivo a démontré que les feuilles de TULSI inhibent le TNF-alpha, Tumor Necrosis Factor alpha, une cytokine impliquée dans les mécanismes inflammatoires physiologiques responsables des quatre signes cardinaux de l’inflammation mais qui en excès sont impliquées dans de nombreuses maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, la spondylarthrite ankylosante, le psoriasis.
 Le TULSI peut donc soulager ces pathologies sans présenter les effets secondaires des médicaments allopathiques traditionnels utilisés comme inhibiteurs du TNF-alpha.

 Huitième étude :
 Date de parution, juin 2010, Cancer Preventive Material Developpement Research Cancer, SEOUL, Corée du Sud :
 Cette étude sur des souris porteuses de carcinomes pulmonaires induits montre que l’extrait de feuilles de TULSI présente une action positive antimétastatique par augmentation du niveau d’antioxydants et inhibition de la MMP-9 (métalloprotéase matricielle 9).

 Autres études publiées sur PUBMED :
 De nombreuses études – 233 à ce jour – ont été référencées sur la base de données PUBMED, accessibles avec le mot clef « tulsi » ou « Ocimum sanctum », ou encore « ursolic acid ».
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