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Actualités - Agenda

Les révolutions russes et l’historiographie : entretien avec Christian Beuvain et Jean-Guillaume Lanuque

revue Dissidencesà lire ici

« Le tableau présenté au public est en train de changer. Il n’est plus réduit à l’« histoire d’un crime » et à l’« histoire de ses victimes » que je voyais dominer il y a un peu plus d’un an quand je finissais mon livre. Je suis content de constater qu’on présente de nouveau l’histoire des acteurs de la révolution que j’appelais de mes vœux... »


« Lénine, une autre histoire de la révolution russe » de Cédric Tourbe (co-écrit avec Michel Dobry et Marc Ferro) - Critique

Cahiers du mouvement ouvrier, n°73-2017

 Ce film documentaire qui rompt résolument avec le discours dominant en France depuis une bonne vingtaine d’années sur 1917 est à voir et à faire voir, même si certains éléments sont tout à fait discutables... À lire ici.


Dernier cégétiste et premier communiste : Raymond Péricat et la Révolution russe (1914-1921)

Autour de 1917 : la Russie de guerres en révolutions (1914-1921), AFR – La Sorbonne, 25 mars 2017

Secrétaire de la Fédération Cgt du Bâtiment avant 1914, Raymond Péricat a fondé un Parti communiste en France dès le printemps 1919, un an et demi avant le Congrès de Tours. Entre temps, il s'était farouchement opposé à l'Union sacrée pendant la guerre et s'est prononcé pour la Révolution russe dès mars 1917 car il y voit la réalisation de son idéal. Son parcours de 1914 à 1921 éclaire les engagements de tout un milieu d'ouvriers révolutionnaires, mais aussi la politique de l'État français pour empêcher l'extension de l'incendie qui venait de l'Est.


The Revolution of 1848 in Western Ukraine in Soviet Historiography

Constructing Academic History in Soviet and Post-Soviet Countries, Genève, 8-9 Mars 2017

Most of the accounts of the 1848 events in Western Ukraine are written in the spirit of national history, wether it is Polish or Ukrainian. I found only three chapters in a book about 1848 in Europe where all communities were described in their interactions without presenting one as a hero and the other one as a foe, a book where even Jews not forgotten. It was published by the Soviet Academy of Science in Moscow in 1952, a year or so before Stalin’s death, when his dictatorship was turning into complete paranoid craziness.
The aim of this paper is maybe not to explain this little miracle, but to describe what made it possible and to follow onward the historiographical destiny of 1848 in Galicia until the proclamation of Ukraine’s independence.


La Commune soviétique

Gare de l'Est, Cycle 1917, février 2017

Il y a 100 ans, la Révolution de février puis surtout d’octobre 1917 et l’arrivée au pouvoir des bolcheviks emmenés par Lénine allaient profondément bouleverser la Russie, mais aussi le monde entier. À l’occasion de cet événement et des différentes commémorations qui auront lieu cette année, Gare de l’Est consacre un cycle d’émissions dédiées à cette révolution aux immenses conséquences.
Cette émission évoque l’une des premières créations sociales des révolutionnaires, la Commune qui visait à la mise en place d’habitats collectifs communautaires. Cette organisation sociale avait pour objectif d'instaurer un communisme radical touchant tous les aspects de la vie.

1917 vu de France : prudence et méfiance

in L'Histoire, «1917 : les révolutions russes»,  n°432, février 2017


«Pas facile dans un pays en guerre avec l'Allemagne de comprendre les événements qui se déroulent en Russie. Déféction d'un allié pour les uns, libération pour les autres...». Sur la réception des événements en France, entre une majorité hostile, même à gauche, et une minorité enthousiaste qui subit la répression.

Octobre 1917 : sacralisé, fossilisé, détesté

in Politis, « Révolution(s) », Hors-série n°65 (déc. 2016 - jan. 2017)

Les représentations françaises de la Révolution russe ont changé au gré de notre propre histoire politique et sociale.


Parution en ukrainien de La Révolution de 1917 : Un Regard français - Un Siècle d’interprétations et de représentations (éd. Nika Tsentr)

Ouvrage composé de : Les révolutions communardes de 1919 en Ukraine (Thèse, 2007) et La révolution de 1917 : un siècle de débats en France (La Fabrique, 2016)

Sur un sujet encore brûlant, le lecteur ukrainien sera peut-être surpris de trouver ici la contribution d’un historien français, contribution s’inscrivant qui plus est à contre courant de l’opinion dominante. J’espère d’abord, que le public ukrainien qui a déjà eu accès au Livre noir du communisme et au Bolchévisme à la française, deux ouvrages sous la responsabilité de Stéphane Courtois, aura envie de découvrir un point de vue différent. Il trouvera ici un autre regard tant sur les événements qui ont suivi 1917 (Les révolutions communardes de 1919 en Ukraine) que sur les tensions politiques et culturelles provoquées en France par cette révolution (La révolution de 1917 : un siècle de débats en France). Au lecteur de se faire un avis : la confrontation de points de vue opposés est la condition première de toute vie démocratique.


De la guerre civile de 1919-21 à celle de 2014-16 : le destin de quelques monuments prolétariens en Ukraine

Journée d'étude Patrimoines et cultes prolétaires : Monuments, statues et plaques commémoratives du mouvement ouvrier,

Vendredi 23 septembre 2016 à Genève

Canevas illustré de l'intervention à ce lien.


Commemorating an event that never occurred: Russian October in Soviet Ukraine in the 1920’s

International conference The InternationalEchoes of the Commemorations of the October Revolution(1918-1990)

Switzerland, University of Lausanne, Géopolis (Room: 2227) 14-16 September 2016

As a matter of fact, оctober/november 1917 in Ukraine was not a time for revolution nor for upheaval: as the old state apparatus was continually challenged by various self-proclaimed local institutions since february, one could only witness on november 20th the creation of the Ukrainian National Republic by the Central Rada in response to the bolsheviks’ coup. Even though a Ukrainian soviet republic was firstly proclaimed on december the 25th 1917, the communists didn’t take over Ukraine until the beginning of 1919 and their power was only secured in 1920 in the course of a cruel civil war.

Nevertheless October was a crucial part of the identity and mythology for the ukrainian bolsheviks as it was for their russian counterparts. From the very beginning, October was celebrated and commemorated in red Ukraine, regardless to its fairly remote nature.

We would like to emphasize this paradox by studying commemorating practices in the early 1920’s. We will analyze how the Central committee of the Communist Party of Ukraine monitored the anniversaries of October from 1921 to 1927.

Slides of the presentation here.


La Révolution russe, une histoire française – Lectures et représentations depuis 1917

Parution aux éditions La Fabrique, janvier 2016

En France, la révolution russe est devenue un repoussoir, le moment fondateur d'un totalitarisme aussi terrifiant que le nazisme. Elle n'est plus envisagée que sous l'angle de ses victimes, aussi bien dans le discours public que dans les manuels scolaires.

Éric Aunoble retrace la réception de l'événement en France depuis 1917 – comment L'Humanité, aux mains des socialistes d'Union sacrée, vilipende la révolution bolchevique ; comment le Parti communiste, créé dans la foulée d’Octobre, impose une lecture de plus en plus stalinienne, se mariant après la Seconde Guerre mondiale avec le discours déterministe de l’Université. Ainsi sont étouffées les voix dissidentes, celles des premiers communistes français, familiers de Lénine et Trotsky. L’usage politique de 1917 se dessèche et Mai 68 ne voit réémerger que des clichés du bolchevisme (qui témoignent toutefois de l’importance de l’événement dans la culture populaire).

Au long d’un siècle, la révolution russe a été lue en fonction du contexte politique français. Ainsi s'explique le retournement qui s'est joué, de l'engouement au dénigrement et à l'effacement d'aujourd'hui, quand triomphe le conservatisme et son rejet de toute "culture révolutionnaire".

Présentation, table des matières et recensions.

Bonnes feuilles sur le site de la revue Contretemps. 


La Pologne, un sujet soviétique? Itinéraires cinématographiques et personnels (1939-1945)

Journées d’étude 

« Circulations intellectuelles en temps de guerre - Espace européen et Union soviétique (1939-1945) », 

IHTP / Paris 8, 17-18/06/2015

Canevas de l'intervention à ce lien. Sur l'image de la Pologne dans le cinéma soviétique de la guerre et sur la figure de Wanda Wasilewska.


Dix jours en attente de cessez-le-feu

«Kiev, Sainte-Sophie, le 3 février

Une quarantaine de jeunes en treillis sont alignés sur deux rangées sur la place entre le monument à Bogdan Khmelnytsky et l’entrée de la cathédrale, au centre symbolique de Kiev. Ils ont l’air très jeunes ; parmi eux, une fille, qui a encore les joues pleines de l’enfance et des couettes attachées par des boules en plastique. Quelques photographes autour d’eux semblent attendre quelque chose. ...»


Ukraine : Les intellectuels d'ici et la guerre de là-bas

article pour le Comité de vigilance sur les usages publics de l'histoire (CVUH), 22 mars 2015 ;

L’anniversaire de la chute de Viktor Ianoukovitch a montré combien le débat d’idées sur la question ukrainienne était clivé en France. Les prises de positions «pro-ukrainiennes» ou «pro-russes» dans l’espace médiatique sont l’expression d’une réelle fracture dans le monde intellectuel français, affrontement où les historiens et les références historiques jouent un rôle non négligeable en fournissant des arguments à l’un et l’autre camps. En passant en revue les arguments des antagonistes, je n’essaierai pas de me prévaloir d’une expertise, la mienne, qui serait supérieure à celle de tel ou telle ; je voudrais plutôt dégager de façon critique des postures et un rapport au pouvoir au fond aussi semblables d’un bord à l’autre que les déclarations sont opposées.


"Alexandre Parkhomenko" (Leonid Loukov, 1942) : L’usage de la guerre civile en Ukraine pour la mobilisation patriotique

Colloque La propagande de guerre soviétique à l'écran, 1939-1946, Cinémathèque de Toulouse, mars 2015

Le Donbass est à feu et à sang. C'est une guerre civile doublée d'une intervention étrangère. Les représentants de cette grande puissance se livrent aux manipulations les plus cyniques des antagonismes locaux. Heureusement d'héroïques volontaires se sont levés pour défendre leur patrie et les acquis de leur récente révolution. Ils sont dirigés un militant de longue date de la cause du peuple.

Le film qui raconte cette histoire est projeté en 1942. Il s'agit de "Alexandre Parkhomenko" de Leonid Loukov sur un scénario de Vsevolod Ivanov, retraçant la geste d'un bolchevik devenu commandant rouge, combattant largement en Ukraine pendant la guerre civile de 1918 à 1921. Pour mobiliser la population soviétique dans la "Grande guerre patriotique" on utilise paradoxalement des éléments plus liés à l'affrontement des classes qu'à celui des nations. On tentera de voir quels usages de l'histoire révolutionnaire ont été faits pour arriver à cette fin et comment ils participent de la définition d'une identité ukrainienne soviétique.


«Communistes, aux armes!»: les unités à destination spéciale (TchON) au sortir de la guerre civile en Ukraine (1920-1924)


article dans les revues Amnis, Revue de civilisation contemporaine Europes/Amérique, n°14 (2015) et 
Hispania Nova, Revista de Historia Contemporánea, nº 13 (2015), 
Dossier "Les guerres civiles, réflexions sur les conflits fratricides à l’époque contemporaine (Europe-Amérique)",

À partir des archives ukrainiennes, l’article étudie les Unités à destination spéciale (Tchasti osobogo naznatcheniya, TchON, 1919-1924) qui sont des détachements armés composés de militants communistes. Pour répondre aux périls de la guerre civile, le pouvoir bolchevique crée différents types de formations armées, qui se distinguent par leur mission spécifique (protection, contrôle, répression...) et leur institution de rattachement (armée, police politique, Parti). Bien que dépendant de l’institution centrale du nouveau régime, le Parti communiste, les TchON ont du mal à se faire une place. En effet, les responsables communistes les plus portés sur la chose militaire ou policière sont déjà absorbés par l’Armée rouge ou la Tchéka. De plus, le caractère non permanent de ces forces supplétives nuit à leur pérennité et à leur visibilité. Dotés d’un cadre permanent pour répondre à ce problème, les TchON perdent largement alors leur originalité opérationnelle de milice de parti. Elle la préserve par contre sur le plan symbolique : être un « communard » des unités à destination spéciale, c’est faire partie intégrante de la communauté du pouvoir. À cheval sur deux périodes, celle des combats et celle de l’ « édification pacifique », ces formations appartiennent à la fois au champ militaire et au champ politique et constituent un observatoire privilégié du rapport entretenu par le PC et ses militants tant avec la violence qu’avec le pouvoir.
Exposition temporaire au Mémorial de la Shoah,  du 8 janvier au 27 septembre 2015

À l’occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l’ouverture des camps par les Alliés, le Mémorial de la Shoah propose une exposition exceptionnelle consacrée à l’étude des images de la Shoah filmées par les opérateurs soviétiques.

Dès 1941, dans les pas de l’Armée rouge, les opérateurs soviétiques sont envoyés sur le front et captent les traces du génocide. Les images filmiques de ce crime, que l’Occident a pour la plupart oubliées, n’ont pas été exploitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment et dans quels buts ont été tournées, montées et projetées ces images en URSS pendant la guerre ? Pourquoi les Soviétiques ont-ils minimisé, en dépit des faits, la spécificité des Juifs parmi les victimes des exactions nazies ? Que nous apprennent sur la Shoah ces films pour la plupart inédits ?

Entre 1941 et 1945, du fait de la géographie des opérations militaires, seuls les Soviétiques ont pu filmer les traces de Shoah dans toute son ampleur, sa systématicité et la variété des mises à mort. Les centaines d’images montrées dans cette exposition dévoilent l’ouverture des fosses et les traces des exécutions de masse en Europe de l’Est (Babi Yar, Rostov, Krasnodar, Kertch, etc.), la libération des camps de concentration et d’extermination (Klooga, Majdanek, Auschwitz, etc.), ainsi que les multiples procès et exécutions qui suivirent la Libération. Les images réalisées par ces quelque 400 opérateurs, dont le célèbre Roman Karmen, ont permis aux autorités soviétiques de construire une histoire de la « Grande guerre patriotique » au cinéma.

Commissariat scientifique :

Les chercheurs du projet CINESOV - Le cinéma en Union soviétique pendant la guerre, 1939-1949 – Valérie Pozner, Alexandre Sumpf, Éric Aunoble, Victor Barbat, Thomas Chopard, Juliette Denis, Nathalie Moine, Ania Szczepanska, Irina Tcherneva, Vanessa Voisin.

Commissariat général :

Marie-Édith Agostini, Sophie Nagiscarde, Mémorial de la Shoah.


L’Ukraine, une nation impossible entre Russie et Europe ?

Série de cours à l'Université populaire des Hauts-de-Seine (novembre-décembre 2014)

La contestation du «Maïdan» contre un pouvoir autoritaire et corrompu a abouti en quelques mois à une guerre civile entre les nouvelles autorités «pro-européennes» et l’Est du pays, «pro-russe». Indépendante depuis 1991, l’Ukraine est aujourd’hui divisée comme jamais entre ces deux pôles. Devenue ainsi pour son malheur le pivot du continent, l’Ukraine est-elle une nation impossible ? Pour se faire un avis, il faudra le recul de deux siècles d’histoire afin de retracer les aléas d’une construction nationale toujours instrumentalisée par de puissants voisins et peinant à suturer les fractures du tissu social.


Femmes et communistes : Un engagement dans la guerre civile en Ukraine (1918-1919)

dans Laurent Colantonio et alt. (dir.), Genre et Utopie, Autour de Michèle Riot-Sarcey, Presses universitaires de Vincennes, 2014  

Continuant à m’intéresser à l’implication des dominés dans le processus révolutionnaire, j’ai voulu me pencher sur les femmes communistes, c’est-à-dire engagées du côté des rouges, qu’elles fussent à ce moment précis membres du Parti communiste ou pas. Plutôt que de s’interroger sur ce que la guerre civile nous apprend sur la situation des femmes, nous essaierons d’envisager comment l’engagement de certaines femmes éclaire les vicissitudes du processus général d’émancipation pendant cette période d’affrontements et de violences extrêmes. À cette fin, nous étudierons les témoignages des militantes conservés aux archives du PC d’Ukraine. Leur itinéraire, réel, sera ensuite confronté au destin de deux héroïnes nées de la plume du plus grand écrivain ukrainien de la période, Mykola Khvylovy.

Université de Genève 2014-2015 :


Cours : De la "Petite Russie" à l'Indépendance : l'Ukraine du XIX° s. à nos jours

Séminaires :

1er semestre : Lieux de mémoires et figures patrimoniales en Ukraine contemporaine.

2d semestre : L’Ukraine depuis 1991, une société au sortir du système soviétique.

* * *

Le studio d’actualités d’Ukraine (UkrKinoKhronika) à l’épreuve de la guerre

Intervention au Colloque "Surmonter la guerre. L'industrie du cinéma en URSS, 1939-1949"
Bibliothèque Eisenstein, Moscou, 16-17 juin 2014 (dans le cadre du projet ANR CINÉSOV)

Je m’intéresse au studio d’actualités d’Ukraine (l’UkrKinoKhronika) depuis un travail sur « La soviétisation de l’Ukraine occidentale aux actualités filmées (1939-1949) » (présenté en octobre dernier). Le destin des studios d’actualités d’Ukraine présente un double intérêt du point de vue de la guerre qui se déroule : un intérêt objectif (l’Ukraine est une fois de plus sur la ligne de front ce qui implique des problèmes d’évacuation, reconquête, reconstruction) ; un intérêt subjectif (articulation du national et du soviétique dans la « grande guerre patriotique »).

Sur la base de sources sont essentiellement kiéviennes (archives du studio au TsDAMLM, archives de l’État et des syndicats au TsDAVO, archives du Parti  au TsDAGO), j’essaierai de voir comment une institution, l’UkrKinoXronika, réagit à la guerre, tente d’y survivre et de se reconstruire à l’issue. Il s’agit donc d’une histoire collective et non de celle de trajectoire personnelles, comme un essai d’histoire institutionnelle sur la constitution d’un esprit de corps.


Luttes politiques et lutte symbolique dans l'espace public en Ukraine

Article sur le site du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH)
16 mars 2014

Dans les événements qui agitent l’Ukraine depuis la fin de l’année dernière, les symboles et les références historiques sont des armes que les camps en présence utilisent autant que les gourdins et les armes à feu. Il a semblé intéressant d’en faire un début de catalogue à partir de photos et de vidéos de presse.  

Ce texte a fait réagir Perrine Poupin, une chercheuse spécialisée dans les mouvements sociaux en Russie. L'échange que nous avons eu sur la liste de diffusion Monde Russe éclaire quelques autres aspects de la question.

Juif, Soviétiques et Ukrainiens : nationalités et assignations d'identité dans les films d'atrocités, depuis les pogroms de la guerre civile jusqu’à la Shoah 

(avec Thomas Chopart du CERCEC) 
16-17 décembre 2013 aux JOURNEES D’ETUDES 
«FILMER LES CRIMES DE L’ENNEMI : IMAGES SOVIETIQUES», 
Organisées dans le cadre du programme ANR « Cinésov, 1939-1949 », 2013-2015

Making Revolutionary Proletarians out of Ukrainian Peasants : Bolsheviks’ Implementation of Class Struggle in the Countryside in 1919

at Historical Materialism’s Tenth Annual Conference « Making the World Working Class » (7-10 November, SOAS, London) 

Between February and April 1919, tens of agricultural communes (kommuny) are created in the newly conquered Kharkov region. With the support of the bolsheviks’ party, communes became forms of political and social mobilization of the lowest class of the rural society. Landless peasants and day-laborers viewed themselves as proletarians, discussed endlessly about the contribution of their communes to a socialist economy yet to be built or about the revolution in Germany. Hence they showed their willingness to be a part of the great workers’ uprising taking place in Europe then. These first communes were swept away by the advance of the white army within a few months and the coming back of the Reds in 1920 did not bring a new bloom of communes. Both Soviet and western historiography assert that the “communards” are uprooted or outcast, and since 1991 the communes’ rejection by the majority of peasants is unanimously presented as another proof of the failure of the bolsheviks’ implementation of class struggle in the countryside. I would like to challenge this statement on the basis of archival material giving some insight about poor peasants’ self-consciousness.



Faire de l’Étranger un Soviétique grâce au cinéma : L’exemple de la soviétisation de l'Ukraine occidentale (1939-1949)



au colloque Le rapport à l’étranger (groupe de recherche 
La fabrique du ‘soviétique’ dans les arts et la culture), 24-26 octobre 2013, Paris, INHA

Avec la conclusion du pacte germano-soviétique en 1939 puis à la faveur de la victoire, l’URSS a procédé à l’annexion de l’Ukraine occidentale. Or, la Galicie, la Boukovine du nord et la Ruthénie, qui avaient relevé respectivement de la Pologne, de la Roumanie et de la Tchécoslovaquie, n’avaient jamais appartenu à l’ensemble soviétique, ni auparavant à la « Petite Russie ». L’intégration de ces territoires à la République socialiste soviétique d’Ukraine dans une « Révolution de l’extérieur » (selon l’expression de Jan Gross) s’est appuyé sur un discours de légitimation culturelle, discours qui s’est particulièrement exprimé au cinéma. Le canevas de l'intervention est visible à ce lien.

Université de Genève 2013-2014 :

Cours : De la "Petite Russie" à l'Indépendance : l'Ukraine du XIX° siècle à nos jours

Séminaires :

1er semestre : L’Ukraine depuis 1991, une société au sortir du système soviétique.

2d semestre : 1914-1953, quatre décennies de violences à l’Est de l’Europe.

* * *

L’Ukraine dans le siècle soviétique: de la Petite Russie à l’indépendance

Intervention le 28 novembre 2012 à l'UniGe,
canevas illustré à télécharger ici

Prôner l’émancipation, instituer la domination : 
sur l’expérience d'une commune de jeunes en Ukraine soviétique (1924)
Colloque "Penser l'émancipation", Université de Lausanne, le 27 octobre 2012.
On peut à ce lien regarder l'intervention.


Université de Genève 2012-2013, cours et séminaire sur 
L'Ukraine de 1793 à nos jours : 
De la naissance d'une nation aux vicissitudes d'une république.

Second semestre 2011-2012, à l'Université de Genève, 

Cours et séminaire sur 

De l'empire russe à la Russie soviétique : 

une société déchirée

(1917-1921)

    
Entre 1917 et 1921, la révolution puis la guerre civile ont embrasé l’ex-empire tsariste. Au lieu d’un conflit simple opposant deux camps, la dissolution du pouvoir central fragmente la population selon des clivages sociaux, politiques et nationaux mais aussi de genre et légitime une lutte à mort entre les groupes ainsi définis.

Dans le même esprit qui a présidé aux cours du premier semestre, il s’agira de reprendre l’histoire de ces cinq années de bouleversements afin d’en dégager tant les potentialités que les déterminations.

Programme des cours, bibliographie... 

... et documents à lire ici.

Images du travail et des travailleurs en Ukraine et en URSS

        Lundi 16 janvier 2012 aux Lundis de Lunévile (organisés par Didier Francfort - Institut d'histoire culturelle européenne Bronisław Geremek) sur le thème "Et voilà le travail !" : voir un canevas illustré de l'intervention, ici.

La revue Komunarka Ukraïny (1932-1934) : La femme ukrainienne dans la fabrique de l’homme soviétique

vendredi 16 décembre 2011, pour le colloque "La Fabrique du Soviétique dans les arts et la culture" organisé par  Marie-Christine Autant-Mathieu (CNRS, Arias) et Cécile Vaissié (Rennes 2), avec le soutien de la Fondation Maison des sciences de l’Homme et du Centre franco-russe de recherche en sciences humaines et sociales de Moscou.

«Organe de la section centrale des ouvrières et paysannes du PC(b)U», la Communarde d’Ukraine s’adresse à de larges masses de femmes, censément peu conscientes, et tente de faire leur éducation sociale et politique pour qu’elles intègrent à part entière la société socialiste nouvelle. Ce parti-pris pédagogique est patent dans la sollicitation des lecteurs/lectrices à envoyer à la revue leurs poèmes, nouvelles et croquis. Les manuscrits sont lus et critiqués dans le cadre de la «consultation littéraire» et, le cas échéant, publiés. Les archives de cet atelier d’écriture conservent une centaine de manuscrits et leurs recensions, donnant à voir comment se fabrique un imaginaire soviétique. Un canevas illustré est visible ici.


Premier semestre 2011-2012, à l'Université de Genève, 

Cours et séminaire sur 

L’invention du « soviétique » : 

pratiques, discours et représentations

(1917-1929)

    
Il y a vingt ans avait lieu « l’effondrement de l’empire soviétique ». L’expression, désormais consacrée, renvoie immanquablement à la « chute de l’empire romain ». Or, si tout le monde sait où se trouvent Rome et ses ruines, il est plus difficile de définir le « soviétique » et de donner un sens à ses vestiges, encore largement visibles. Cette série de cours et de séminaires propose donc une archéologie un peu particulière, dont l’objet – encore proche dans le temps – est devenu très éloigné dans la conscience collective.
    
Nous tenterons de remonter aux sources de cette étrangeté, dans les années Vingt. L’étude thématique de pratiques sociales, de discours et de représentations en formation entend donner à voir, dans leurs décalages, non seulement ce qui devait arriver mais aussi les possibles qui ne sont pas advenus.

Une histoire rêvée du communisme chez André Kourkov, 

Viktor Pélévine et Valéry Zalotoukha

à la conférence internationale «LES REPRÉSENTATIONS HISTORIQUES ET LA RÉÉCRITURE DU PASSÉ DANS LA RUSSIE POST-SOVIÉTIQUE», les 12, 13 et 14 mai 2011 à l'institut européen de l'Université de Genève. Voir le programme.

Des dernières années du régime soviétique à nos jours, la littérature russe a vu fleurir les dystopies, les uchronies et autres essais « d’histoire alternative ». Ces textes ont déjà fait l’objet d’études et leur volonté de revanche sur un passé et un présent – voire un avenir ! – frustrants est patente. Je voudrais attirer ici l’attention sur un genre bien moins fourni mais peut-être plus subtil, où les auteurs intègrent une fiction à caractère fantastique dans les cadres connus de l’histoire soviétique « réelle », les faits historiques avérés n’étant pas niés mais altérés et / ou réagencés. Dans La Mitrailleuse dargile [Čapaev i Pustota] de Viktor Pélévine, La grande Campagne de libération de lInde [Velikij pohod za osvoboždenie Indii] de Valéri Zalotoukha et la Géographie dun coup de feu isolé [Geografija odinočnogo vystrela] d’Andreï Kourkov, nous observerons au prisme de différents legs culturels le rapport qu’entretiennent ces fictions avec l’histoire russe et soviétique pour tenter de déterminer ce qu’elles peuvent apporter à notre compréhension d’une période révolue.

On peut lire à ce lien un canevas illustré de la communication.


« Cabaret politique » sur l’Ukraine contemporaine : dialogue avec l’écrivain André Kourkov 
organisé et présenté par Didier Francfort, dans le cadre du Festival «Passages» à Lunéville (10 mai 2011).

L'otcherk, genre littéraire ou outil de contrôle social ?


journée d’études le 2 avril 2011 à l’INHA, 2 rue Vivienne, 75 002 Paris.
 

Lors de mes recherches, j'ai été confronté à de nombreux textes littéraires publiés dans la presse. Il s'agit de textes courts, dont le sujet est adapté au public visé par la publication (femmes, étudiants, paysans, milieu cultivé...) et qui véhicule un contenu propagandiste. La majorité d'entre eux appartient au genre de l'otcherk (narys en ukrainien). Empruntant au reportage les procédés du réalisme, il y ajoute la narrativisation. L'apparence de réalité et l'impression d'évidence qui se dégagent des textes participent à la fabrication du consensus et à la conformation des attitudes.
Des écrits qui entendent modeler la vie ne laissent pas d'interroger le rapport entre la création et la réalité. Ainsi le thème de la famine apparaît dès 1930, dans la fiction et sur un mode grotesque, comme si les écrivains ne se contentaient plus d'accompagner les évolutions politico-sociales mais les anticipaient.


« Les succès méconnus d’une agriculture socialiste (URSS, années vingt) »
Une agriculture collectivisée est-elle viable économiquement ? L’expérience soviétique semble prouver que non… Mais il est possible de contester cette idée reçue en s’intéressant aux premiers kolkhozes, dans les années 1920. Fondé sur les archives de la région de Kharkov (alors capitale de l’Ukraine soviétique, région agricole s’il en est), cet article se propose de passer les kolkhozes au banc d’essai économique, après avoir évalué l’intervention de l’État soviétique dans ce secteur.
Article à télécharger ici.

"Apôtres" ou "patrons" : les instructeurs de l'Union des coopératives artisanales en URSS sous la NEP

publié dans Utopies et entreprises : Imaginaires et réalités de la coopération ouvrière en Europe du XIXe au XXIe siècle (éd. Alain Mélo), Presses de l'Université de Franche-Comté, 2015.

Le destin du mouvement coopératif dans la révolution russe a fait l'objet de représentations contradictoires : longtemps présenté comme une des voies menant nécessairement au socialisme, on y a vu plus récemment une forme d'expression de la société civile que le bolchevisme aurait vite bâillonnée. Peut-être faudrait-il d'abord constater que les formes de coopération qui existaient en Russie puis en URSS n'avaient pas grand chose en commun avec leurs homologues occidentales.

Comme le terme de "coopération ouvrière" ne désigne pas en russe une association de production, nous nous pencherons plutôt sur les coopératives artisanales. A la lecture des archives de l'Union des coopératives artisanales constituées dans les années Vingt dans la région de Kharkov (Ukraine), elles apparaissent écartelées entre la modestie des objectifs de leurs sociétaires, l'ambition idéologique des instructeurs qui les encadrent et les exigences impérieuses mais changeantes de l'État soviétique.

Communication le samedi 27 novembre 2010 

aux journées de rencontre
« De l'utopie à l'entreprise : Imaginaires et réalités de la coopération ouvrière en Europe occidentale et orientale. XIXe-XXe s
 »

,  organisées par l'association La Fraternelle à la Maison du peuple de Saint-Claude (Jura, France). L'histoire de La Fraternelle, plus vieille coopérative ouvrière de France, est consultable ici.

        Dialogue avec Olivier Le Trocquer et Michèle Riot-Sarceyvendredi 4 juin 2010, dans le cadre du séminaire "Repenser le long XIX° siècle".
        Dans un texte intitulé "Les fameuses Années Vingt", Theodor Adorno mettait en cause l'aura qu'on donne aux années 1920 dans le domaine artistique : loin d'être une décennie d'innovation et de libération, on constate plutôt la répétition des procédés élaborés juste avant 1914 et ce dans une ambiance de retour à l'ordre.
Adorno écrivait sur l’Allemagne de Weimar, mais la question vaut d’être posée pour l’URSS également. Le propos, centré sur les arts, peut-il d’ailleurs être étendu aux sphères politiques et sociales ? N'y-a-t-il pas là une des clés pour comprendre l'échec de la vague révolutionnaire de 1917-1921 et la marche vers les totalitarismes ? Cela suppose de revisiter l'activité des avant-gardes politiques et artistiques autour de la Première guerre mondiale.

« Entre deux feux » : les dramaturges de la Renaissance ukrainienne et la Révolution (1919-1932)

        Communication pour le colloque « Ecriture/réécriture de l’histoire. La révolution mise en scène », à Rennes 2 du 10 au 13 mars 2010, organisé par Francine Maier, Christiane Page et Cécile Vaissié.

        Comme dans toute l’URSS, la thématique révolutionnaire a marqué l’expression théâtrale en Ukraine dans les années vingt. Une dizaine de pièces sur les événements révolutionnaires ont été écrites entre 1919 et 1932. Elles constituent un corpus significatif qui reflète la complexité historique de la période (succession de guerres plus que rupture révolutionnaire univoque) mais aussi l’histoire personnelle de leurs auteurs (pris entre les engagements nationaliste et communiste et les contraintes de la carrière littéraire). L’esthétique est aussi une question brûlante de la culture ukrainienne du temps, avec l’affrontement entre les avant-gardes et les réalismes, naturaliste d’abord puis "socialiste". 

« Cabaret politique » sur l’Ukraine contemporaine : dialogue avec l’écrivain André Kourkov et l'historien Etienne Thévenin
organisé et présenté par Jean-Pierre Thibaudat et Didier Francfort, dans le cadre du Festival «Passages» à Nancy (17 mai 2009).

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AUNOBLE Éric,
12 déc. 2012 à 08:35