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'Iosele Putzele' 2016



   '' ...Si je ne comprends pas pourquoi je suis un juif pauvre, jimagine que, de votre part, vous ne comprenez pas pourquoi mon récit sintitule Iosele Putzele. Bien compréhensible puisqu’il est en yiddish : Iosele est le diminutif de Joseph, José en espagnol, et Putzele le diminutif de pénis. Petit Joseph petit pénis. En français, ne cherchez pas de rime, mais en yiddish, ça sentend.

     Mais quel est donc le sens de ce nom ? Comme je vous lai dit, je mappelle José Victor Goldberg. Personne ne sait pourquoi je me prénomme José, aucun de mes parents décédés ne s’appelant Joseph, comme cest la coutume chez les juifs. Victor était mon grand-père maternel, mais Joseph ou José, personne ne le connaissait. Dès lors, je commençais ma vie avec le prénom dun inconnu. Tout le monde mappelait Victor, sauf une personne qui mappelait Iosele, un ami d’Isaac, mon père (le Vrai).

     Enfant, vers l’âge de dix ans, je fréquentais un centre juif, le Centre Culturel I.L.Peretz, dans la localité de Lanus (sans apostrophe). Toujours, chaque fois quil me voyait, lami d’Isaac mappelait Iosele Putzele et il cherchait à toucher mon pénis. Jamais il n’y est arrivé. Je sais bien quil plaisantait, même si c’était quelque peu embarrassant pour moi. Je sais aussi quaujourd’huihui on le dénoncerait comme étant pédophile.

     Tout compte fait, Iosele na jamais collé à mon existence. Putzele cependant y est demeuré jusqu’à ce jour. Jallais comprendre ce que signifie avoir un petit pénis dans le monde des hommes où sa dimension représente celle de sa masculinité.

     Je pense que vous avez maintenant compris que je suis un juif pauvre et sans célébrité, en plus avec un petit pénis. Quai-je donc fait dans ma vie ? De grandes nullités du point de vue financier, bien sûr. Je suis un naïf romantique, immoral et idéaliste qui a contrevenu à toutes les règles dune société de droite ou de gauche.

     Dans un monde qui a besoin de vérité de façon urgente, je sais quil existe un public désireux de lire des mélodrames croustillants et faussement véristes. Jentreprends donc de raconter mon histoire, car elle est scandaleuse, remplie derreurs, celle dun jouisseur anonyme. De ce point de vue, ce roman pourrait me donner largent qui me manque tant ou, dans le pire des cas, la célébrité...''

    ''Iosele Putzele'', page 9 et 10, Montréal, Septembre, 2016

      Référence: Bibliothèque et Archives Nationales du Québec (BAnQ)
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