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Midnight's Dawn (part. 1) - 2009.6.26

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Author's notes : Voici la première 'nouvelle' qui compose la 'trilogie' que j'ai intitulée 'Midnight's Dawn (L'aube de minuit). A l'origine, j'ai écris cette nouvelle pour un concours pour un site, concours dont le thème avait un rapport avec un sablier. C'était quelque chose du genre : 'si vous aviez un sablier qui vous permettait de revenir dans le passé pour 24h, qu'en feriez-vous ?'.

J'ai, en quelque sorte, essayé d'apporter une réponse 'originale' et 'personnelle' à cette question très classique, et déjà vue d'inombrables fois. Cependant, je dois avouer que le résultats ressemblent un peu à des lignes qui pourraient être tout droit tirées d'un série diffusée sur AB1. A vous donc d'essayer de voir ce que cette histoire a d'original, et de voir ce qui peut se cacher derrière les images et autres comparaisons assez... clichés.

 (Par contre, j'aimerais que vous m'épargniez les lectures et autres interprétations digne des première lectures 'autobiographiques' des poèmes de Dickinson).

***

  • Merci pour votre soutien. Je sais que vous n'êtes pas obligé de faire ce que vous faites.

L'inspecteur regarda nonchalamment un pigeon qui roucoulait devant la fenêtre de son bureau, avant de répondre sur un ton bienveillant :

  • C'est normal, vous n'avez pas à me remercier M. Lounge.

Puis l'homme sorti du bureau, laissant seul l'inspecteur qui continuait de regarder le pigeon. Ce type qui venait de sortir, sa femme avait été tuée quelques jours plus tôt. L'affaire, des plus sordides, avait fait la Une de pratiquement tous les journaux, qui s'étaient délectés à raconter avec la plus grande précision les détails les plus sordides du meurtre. Sans aucun respect pour la mémoire de cette pauvre femme, et son mari, qui avait d'ailleurs attaqué en justice un journaliste qui était allé trop loin dans l'obscénité. Grâce à son aide, cet homme avait obtenu que l'article soit retiré du site internet du journal, et sans aucune autre compensation que des excuses publiques du journaliste et l'assurance que ce dernier ne recommencerait plus.

C'était normal, car lui-même avait vécu la même chose deux années plus tôt.
En rentrant ce soir là, il se souvint furtivement du sourire de sa femme lors de leur première rencontre, et une fois dans son lit, plongea dans un sommeil doux et reposant.


Le lendemain matin, il trouva un paquet sur son bureau. Davis, son assistant entra alors, et lui expliqua que le paquet était arrivé le matin même. L'inspecteur lu sur le paquet : 'Pour M. Saman, de la part de M. Lounge'

  • Je connais pas de M. Lounge... dit-il en baillant longuement.
    - Moi non plus, répondit l'assistant. Enfin... la sécurité a examiné le paquet, et n'a rien décelé de dangereux. Je pense que tu peux l'ouvrir en toute sécurité.

Et avec un grand intérêt, l'inspecteur ouvrit le paquet. A l'intérieur, il trouva un sublime sablier aux décorations de style baroque, accompagné d'un petit mot :

« Pour vous remercier de l'aide que vous m'avez apportée, je vous offre ce sablier, qui permet de remonter le temps. Il vous suffit de le retourner, et vous pourrez retourner dans le passé, pour 24h seulement. Mais vous pourrez y faire absolument tout ce que voulez, même s' il n'est utilisable qu'une seule fois. »

L'inspecteur avait beau fouiller dans ses souvenirs, il ne voyait vraiment pas qui pouvait être ce M. Lounge, ni ce pourquoi cet homme le remerciait, et par dessus tout, pourquoi il lui avait offert un sablier...

  • Je vois, un petit plaisantin ! Fit Davis après avoir lu le petit message, tandis que M. Saman était occupé à contempler le sablier en question. N'empêche, ajouta-t-il, qu'est-ce que tu ferais si tu pouvais remonter dans le temps ?

Une minute entière s'écoula sans que l'inspecteur ne prononce le moindre mot.

  • Je ne sais pas, fit-il enfin en posant le sablier sur son bureau. Il n'arrivait pas à décrocher son regard de cet objet, qui se démarquait vraiment de ce qu'on a l'habitude de voir sur le bureau d'un inspecteur de police, spécialisé dans les meurtres les plus sordides.
    - Je vois, dit Davis. C'est Julie, c'est ça ? T'aimerais pouvoir la revoir, pas vrai ?

Mais l'inspecteur ne répondit pas.

On pouvait lire une certaine appréhension sur le visage de son supèrieur, comme s'il n'arrivait pas à se décider.

- Je comprends...

  • Non, tu ne comprends pas Davis, dit soudainement l'inspecteur, d'un ton dur qui n'était pas le sien. Bien sûr que je voudrais pouvoir revoir ma femme, même pour 24h. Je pourrais même faire plus, et profiter des ces 24h pour la sauver avant que cet assassin ne la tue.Après tout, le message dit bien que je peux faire absolument tout ce que je veux pendant cette intervalle de temps. Mais tu vois, j'aime ma femme plus que tout. C'est pourquoi, même si ce sablier était réellement magique, je ne m'en servirais pas. Je ne dis pas que je ne voudrais pas revoir Julie. Je ne dis pas que je n'ai jamais souhaité pouvoir revenir dans le temps, et la sauver. Ces deux dernières années furent épouvantables pour moi, car je savais que c'était impossible. Mais j'ai peu à peu repris goût à la vie, et me suis fait à l'idée, après tout ce temps, que Julie était partie, pour de bon, même si je ne sais pas trop où, ni si je la reverrais une fois mort à mon tour. Mais je sais une chose, c'est que je ne supporterais pas l'idée de devoir la perdre une seconde fois. Et imaginons qu'une fois l'avoir sauvée, je venais à mourir avant elle, j'aurais alors été le plus égoïste des hommes, en ayant choisi qu'elle souffre et endure à ma place la même souffrance que j'ai enduré quand elle est morte. J'aime ma femme comme je n'ai jamais aimé quiconque d'autre. Je l'ai aimé chaque jour que j'ai passé à ses côtés, je l'ai aimée chaque jour que j'ai passé loin d'elle, et je continue de l'aimer chaque jour passé depuis que ce meurtrier me l'a arrachée. Je l'aime plus que tout, voilà pourquoi je ne tenterais jamais de revenir dans le passé pour le revoir ou même pour la sauver.

Davis resta sans voix, se sentant honteux de ce qu'il venait de dire, et d'avoir pu froisser les sentiments de son supérieur. Mais à sa grande stupéfaction, celui-ci afficha un large sourire, tel qu'il n'en avait jamais vu depuis 2 ans, avant qu'il ne perde sa femme.

  • Un jour, tu comprendras Davis. Si nous avions tenu cette conversation ne serais-ce qu'un an plus tôt, j'aurais sûrement pensé comme toi. Mais tout comme moi, un jour... Tu comprendras que les souvenirs que l'on garde de ces moments de bonheur pur valent bien mieux que tous les sabliers magiques du monde.

Et depuis ce jour là, le sablier se tenait là, sur le bureau de l'inspecteur, comme une sorte de talisman que l'on garde sans vraiment savoir pourquoi.