Séminaire ENeC : Quand la Nature dérange...

publié le 21 janv. 2012 à 12:05 par Equipe des Doctorants de l'ENeC   [ mis à jour : 21 janv. 2012 à 12:07 ]
Alors que certains idéalisent la nature (romantisme, wilderness, écologisme…), d’autres se méfient des « espèces invasives », des « animaux prédateurs » et ne voient dans la nature qu’un milieu où s’exerce la « loi de la jungle »… D’autres encore regrettent que les communes doivent supporter le surcoût de l’entretien généré par la nature en ville qui, en quelque sorte, devrait être aseptisée : pas de feuilles sur lesquelles on peut glisser, pas de déjection d’oiseaux, pas de pollen pour les allergiques, etc. Nous vivons des temps paradoxaux : les cultures vivrières des villes d’Afrique, si présentes de tout temps en contact direct avec l’habitat, sont désormais considérées comme de la « mauvaise nature » et éradiquées progressivement… Dans le même temps, dans les villes du Nord, des projets de jardins partagés émergent et, dans tous les cas, la « bonne nature » est nécessairement « biologique » ! Les catastrophes naturelles modifient l’environnement et perturbent fortement les activités humaines, mais contribuent parfois aussi à la bonne régulation de celles-ci. Ainsi les pluies diluviennes liées aux typhons au Japon causent chaque année des inondations considérables accompagnées de glissement de terrain, mais sont aussi garantes d’un apport d’eau indispensable à l’agriculture. En Campanie, comme partout au pied des volcans en activité, les populations ont développé une culture du risque vécu et intégré.

Cette ambivalence se retrouve à toutes les échelles. Il suffit de citer le domaine des loisirs et les problèmes inhérents à l’enneigement : les amateurs apprécient de voir tomber la neige sur les pistes de ski, mais pas sur les autoroutes qui mènent aux stations de sports d’hiver. Les Mauritaniens apprécient le vent de sable de février qui féconde les palmiers alors qu’il dérange les touristes et va jusqu’à salir les pare-brise des voitures en Europe...

Notre séminaire interrogera ce rapport équivoque à la nature. Fondamentalement, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise nature, mais une variation du regard sur les phénomènes naturels, leurs usages et leurs conséquences. Quelle est alors « la validité des doctrines qui font de la Nature un critère du juste et de l’injuste, du bien et du mal ou qui d'une manière ou à un degré quelconque approuvent ou jugent méritoires les actions qui suivent, imitent ou obéissent à la Nature » ? (John Stuart Mill, 1874, Three Essays on Religion, p. 55.)

Contacts :

dir.ufr.tes@univ-paris8.fr (Antoine DA LAGE)
anne-marie.frerot@univ-tours.fr (Anne-Marie FREROT)
sguichard_anguis@hotmail.com (Sylvie GUICHARD-ANGUIS)
martine.tabeaud@univ-paris1.fr (Directrice de l’U.M.R. ENeC)

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Equipe des Doctorants de l'ENeC,
21 janv. 2012 à 12:05
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