Paris
 

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Rosemonde est bien entourée par ses enfants et par des amis sincères. L'un d'eux lui avoue : "Tu vois, ton mari, ce qu'il avait d'admirable, c'est qu'il avait un monde d'admirateurs et qu'il ne voyait personne. Il les a toujours gavés de belles choses, jamais il ne les a laissés sur leur faim" (extrait du journal de Jules Renard).

Rosemonde dit un jour à Paul Faure :
"Mon rôle n'a pas toujours été facile, Edmond n'était jamais satisfait de son travail, c'était un vrai poète ; il savait penser et réagir comme un poète, et parfois, je me demande si sans moi, Cyrano, l'Aiglon, la Princesse lointaine, ne seraient pas des manuscrits ignorés".

Les années passent, tranquilles, et heureuse de se retrouver dans la grande capitale, elle écrit : "Paris"

PARIS

Paris, c’est l’esprit, c’est la grâce,
C’est un refrain, c’est un couplet,
C’est l’éternité sur l’espace,
C’est l’heure sur un bracelet.
C’est quelquefois un peu de prose,
Mais c’est bien du lyrisme aussi.
C’est une corbeille de roses
Se promenant sur un taxi.
C’est un moineau parmi la neige,
C’est un pied nu sur un talon,
C’est l’argot qui veut qu’on abrège
Un tas de mots qui sont trop longs.
C’est le dernier métro qui gronde,
C’est le premier muguet fleuri,
C’est une cigarette blonde,
C’est un bâteau mouche : Paris.
C’est la rue où le soleil danse,
C’est le boulevard enchanté,
C’est une leçon de prudence,
Dans tous les passages cloutés.
C’est une fleur au coin d’un châle,
C’est une mode au coin d’un jour,
C’est un petit sourire pâle,
Qui cache un grand chagrin d’amour.
C’est lorsqu’après mille secousses,
On a voyagé n’importe où,
Le premier cri toujours qu’on pousse,
A Paris, c’est plus fort que tout.
C’est la lumière sans rivale,
L’Arc de Triomphe, le Grand Prix,
C’est le silence d’une salle,
Dès qu’on parle à son coeur, Paris.
Lorsque le soleil qui passe
Retarde un peu l’heure d’été,
Toutes les fontaines wallace
Où l’eau fraîche est en liberté,
C’est lorsque la lune apparue
Magnétise, le soir tombant,
Des rêves dans les vieilles rues,
Et des baisers sur les vieux bancs.
Paris ça tremble et ça respire,
C’est tout en fleurs et tout en or,
C’est bleu, c’est blanc, c’est vert, c’est pire,
Paris, ah mon Dieu, qu’est ce encore,
Paris c’est une chose immense,
C’est devant nos yeux attendris
La capitale de la France
Paris c’est, enfin, Paris.