Nature reste telle que tu es
 

La Famille Rostand raconté par Jean Toche

L'accent

L'Hôtel du Clair de Lune

Le Bonhomme aux oiseaux

Dernière chanson 

Hanneton vole 

Les fleurs 

Les châteaux 

Pour étonner les étoiles 

Les photographies 

Le paradis et l'enfer 

Demain 

Paris 

Bye Bye

Depuis mille ans 

Le porte bonheur 

Nature reste telle que tu es 

Contact

Pour lui, ses parents étaient partis, mais n'étaient pas morts : ils étaient toujours "papa" ou "maman".

"L'affreux, en mourant", disait-il, "c'est de disparaître sans avoir rien compris. Le crime de la mort, ce n'est pas de nous tuer, mais de conférer l'éternité à notre angoisse".

Sa maison s'appelait l'Hermitage. Je lui disais : "Jean, tu es un anar ..." ; il me répondait, avec ses yeux tout ronds et sa pipe au coin des lèvres, et en criant très fort : "Ne confonds pas un anarchiste avec un ISOLE. ISOLE, D'ACCORD ?".
Après on en riait lorsque je lui demandais qu'elle était la différence.

Toutes nos conversations étaient très longues. Il était très précis dans les détails, surtout quand on parlait de vins, car il avait une cave de grands crus inimaginable. Il ne buvait que des vins qui avaient au minimum 20 ans d'âge. "Boire peu, mais bon", disait-il.
Comme il était devenu mon maître à penser, je lui demandais souvent son avis. Je venais d'écrire une chanson et il l'aimait bien. Souvent il me demandait de la lui chanter, c'était : "Nature reste telle que tu es"
 

NATURE RESTE TELLE QUE TU ES

Le chant du vent dans les branches
trouble la paix et le silence,
de la campagne endormie,
l’oiseau gazouille dans son nid.
L’hirondelle trouble l’azur
d’un coup d’aile, de son cri aigu,
le ruisseau coule lentement
et vous murmure tendrement :


Nature, reste telle que tu es,
que les hommes ne te détruisent jamais,
garde ton charme et ta douceur,
pour notre plaisir et notre bonheur.


Les montagnes éternelles,
capuchonnées d’un blanc manteau,
et les cascades étincelles
scintillent de mille cristaux.
Ô vous Beauté de la Nature,
dans nos cœurs restez à jamais,
que vous restiez brillante et pure,
dans la clarté pour l’éternité.


Nature, reste telle que tu es,
que les hommes ne te détruisent jamais,
garde ton charme et ta douceur,
pour notre plaisir et notre bonheur.

 

 

J'ai passé avec lui des moments qu'à ce jour je ne peux oublier, et qu'il serait trop long de raconter. J'ai appris avec le temps que c'était un grand homme, qu'il était devenu totalement athée et qu'il en était fier, lui qui avait tant cherché à attirer l'attention sur les risques qu'il y avait à manipuler l'hérédité humaine, lui qui avait écrit en 1924 un de ses plus importants ouvrages :

Deux angoisses, la mort et l'amour

 

Il avait aussi l'art des formules bien frappées et bien pensées, par exemple, à propos de la bombe atomique :

"ce monstrueux produit de la copulation entre la haute physique et l'art militaire" … "les isotopes capitalistes et les isotopes marxistes voisinent à l'amiable dans les os de nos enfants",
ou bien :
"la science a fait de nous des dieux, avant même que nous soyons dignes d'être des hommes",
ou encore,
"l'homme est un miracle sans intérêt",
et aussi
"la mort ne m'inquiète pas, elle m'ennuie, c'est odieux et stupide de mourir, je suis un mauvais moureur ; j'aurai voulu comprendre pendant, puisque je sais que je ne comprendrai pas après".

Mais pour nous aider à mieux comprendre la vie, il a écrit 85 livres qui témoignent de sa passion : la recherche.
Il a 82 ans 10 mois et 4 jours quand son coeur s'arrête, c’était le 3 septembre 1977, mais son oeuvre subsiste et restera dans l'histoire.
C’était le dernier d’une grande famille :


celle des Rostand