L'Hôtel du Clair de Lune
 

La Famille Rostand raconté par Jean Toche

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L'Hôtel du Clair de Lune

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En 1890, Edmond Rostand publie un recueil de poèmes, Les Musardises, et un vaudeville, Le Gant rouge. Mais ces oeuvres ne rencontrent que peu d'écho auprès du public.

Il se marie, cette même année, avec Rosemonde Etiennette Gérard. Née à Paris en 1866, elle est la petite fille du comte Etienne Gérard, Maréchal d'Empire et héros le 6 juillet 1809 de la bataille de Wagram, qui vit la victoire de Napoléon sur l'Archiduc Charles en Autriche, et la nièce du baron François Gérard, grand peintre et restaurateur, puis portraitiste, couvert d'honneurs sous l'Empire.

L'insuccès ne dissuade pas Edmond Rostand de se consacrer exclusivement à l'écriture. Rosemonde partage sa passion pour la littérature et la poésie, tout comme son amour de la nature qu'elle exprime dans ce poème : "L'Hôtel du Clair de Lune"


L’HOTEL DU CLAIR DE LUNE

Fermé le jour, ouvert la nuit,
et gardant son luxe inouï,
pour ceux qui n’ont pas de fortune,
on peut toujours s’y reposer,
et l’on paie avec des baisers,
c’est l'hôtel du Clair de Lune.

C’est le printemps qui nous enlace,
nous conseille l’intimité,
nous n’irons pas dans un palace,
où l’on danse en prenant du thé,
ça va sur les cartes postales
pour attirer les voyageurs,
mais sur un boulevard bleu pâle,
je connais un hôtel meilleur.

Pas de smoking, pas de toilette,
pas de pyjama parfumé,
le soir suffit comme voilette,
quand les yeux sont presque fermés.
C’est une étoile aux doigts de flamme
qui tourne l’électricité,
et puisqu’il faut de la réclame,
l’amour fait la publicité.

Viens avec moi loin du tapage,
partons vers ce boulevard bleu,
quand une chambre est en feuillages,
les cœurs sont bien plus amoureux.
Viens vite, l’hôtel est superbe,
le songe y construit son oubli,
et quand les tapis sont en herbe,
le ciel vaut mieux qu’un ciel de lit.