L'accent
 

La Famille Rostand raconté par Jean Toche

L'accent

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Edmond Rostand est né à Marseille le 1er avril 1868, 14 rue de Montaux, rue qui porte désormais son nom, dans une famille aisée de négociants très cultivés. Il étudie dans sa ville natale puis monte à Paris pour suivre des études de droit. Il les achève à 20 ans tout juste, pour entrer au Barreau de Paris.

Evidemment, il fait sourire avec son accent du midi. Son père Eugène Rostand descend d'un capitaine de vaisseau et sa mère Angélique Gayet, soeur de l'Abbé Barthélémy. Mais les accents ont la saveur des terroirs et Miguel Cocoyannis a eu raison de leur rendre hommage dans un beau texte : "L'accent"


L’ACCENT

De l’accent, mais après tout en ai-je ?
Pourquoi cette faveur, pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort.
Que nous disions de vous du Rhône à la Gironde
« ces gens là n’ont pas le parler de tout le monde »,
et que tout dépendant de la façon de voir,
ne pas avoir d’accent, pour nous, c’est en avoir.
Et bien non, je blasphème et je suis las de feindre,
ceux qui n’ont pas d’accent, je ne peux que les plaindre,
emporter avec soi son accent familier,
c’est emporter sa terre à ses souliers.
Emporter son accent d’Auvergne ou de Bretagne,
c’est emporter sa lande ou sa montagne,
et lorsque loin de chez soi le cœur gros on s’enfuit,
l’accent c’est un peu le pays qui vous suit.
Mais c’est cet accent, invisible bagage,
le parler de chez soi qu’on emporte en voyage,
c’est pour le malheureux à l’exil obligé,
le patois qui déteint sur les mots étrangers.
La, la ,la…….
De l’accent, c’est chaque fois qu’on compte
parler de son pays en parlant d’autre chose,
non je ne rougis pas de mon fidèle accent,
je veux qu’il soit sonore et clair retentissant
et m’en aller tout droit, l’humeur toujours pareille
emportant mon accent sur le coin de l’oreille.
Mon accent, il faudrait l’écouter à genoux,
il vous fait rapporter la Provence avec vous.
Et fait chanter ta voix dans tous nos bavardages,
comme chante la mer au fond d’un coquillage.
Ecoutez, en parlant je plante le décor
du torride midi dans les brumes du Nord.
Il est bon qu’à la fois le feuillage bleu gris
de nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
et le petit village à la treille splendide,
éclaboussent de bleu la blancheur des bastides.
Cet accent là, Mistral, cigale et tambourin,
à toutes mes chansons donne un même refrain,
et quand vous l’entendrez chanter dans mes paroles
tous les mots que je dis dansent la Farandole.