Bye Bye
 

 

La Famille Rostand raconté par Jean Toche

L'accent

L'Hôtel du Clair de Lune

Le Bonhomme aux oiseaux

Dernière chanson 

Hanneton vole 

Les fleurs 

Les châteaux 

Pour étonner les étoiles 

Les photographies 

Le paradis et l'enfer 

Demain 

Paris 

Bye Bye

Depuis mille ans 

Le porte bonheur 

Nature reste telle que tu es 

Contact

Pour Rosemonde, Edmond n'est jamais mort.
C'est une chose qui me frappait quand Jean me racontait cela : elle se revoyait toujours avec lui.

« Douée d'une sensibilité très vive, elle ressentait tout avec intensité.
Elle s’appelait Rosemonde de façon prédestinée, ce prénom lui venait de sa grand-mère, Rosemonde De Valence, étant orpheline de père, elle avait dans son conseil de famille Alexandre Dumas et Leconte de Lisle.
La gloire de papa avait éclipsé maman de sa propre réputation.
Mon frère Maurice ne la quittait jamais, il l’accompagnait partout ».

Rosemonde continua de s'exprimer par la poésie, jusqu'à sa mort à Paris le 8 juillet 1953.

Son ultime poème a pour titre : "Bye Bye"


BYE BYE

Tout d’abord ce sont des images,
des jeux, des rondes, des chansons,
on a dix ans, ce n’est que l’âge
de bien apprendre ses leçons.
On sait des dates éphémères,
des noms des rois, des mots latins,
on a parfois une grand mère
et l’on a tout le temps très faim.
Le ciel est bleu sur les vacances,
le sommeil blanchit l’oreiller,
mais il faut dire à son enfance :
« Bye Bye ! »

Puis voici d’autres paysages,
des fleurs, des danses, des grelots,
on a vingt ans, ce n’est que l’âge
où le champagne coule à flots.
On suit encore d’autres mirages,
on a trente ans, quarante, et puis
voici qu’un jour près du visage,
les cheveux bruns deviennent gris.
On veut la gloire et la richesse,
on poursuit ce qu’on voit briller,
mais il faut dire à sa jeunesse :
« Bye Bye ! »

Un soir, c’est la fin du voyage,
on a passé le pont tremblant,
et voici qu’autour du visage,
les cheveux gris deviennent blancs.
On sait quand vient cette seconde,
combien l’orgueil était trompeur,
et qu’il n’est rien qui vaille au monde,
un peu d’amour et de bonheur.
Le pauvre cœur, par élégance,
voudrait encore battre et brûler,
mais il faut dire à l’existence :
« Bye Bye ! Bye Bye ! »